65. Misérable

Seamus était d'encore plus mauvaise humeur que d'habitude lorsque Neville et lui se glissèrent dans la Tour de Gryffondor après avoir peint des slogans de l'A.D. sur des murs au quatrième étage.

— Qu'est-ce qui ne va pas, Seam ? l'interrogea Neville.

— M'appelle pas comme ça, claqua Seamus.

— Désolé, marmonna Neville d'un air coupable.

Seamus s'affala sur l'ancien lit de Dean qui était devenu son nouveau lit et fixa le plafond avec colère.

— Si seulement –, il s'interrompit en soupirant. Si seulement on pouvait faire quelque chose d'plus utile que des stupides graffitis sur les murs.

— Comme quoi ? demanda Neville. Seamus, tu te fais déjà passer à tabac tous les jours par les Carrow. Si tu les mets encore plus en colère, tu vas finir mort.

— C'est juste que Harry, Ron et Hermione sont quelque part à faire quelque chose d'important, mais au moins on sait qu'ils sont vivants parce que s'ils n'l'étaient pas, ce seraient dans tous ces maudits journaux, grogna Seamus. Alors que Dean pourrait être –

Seamus s'arrêta et se tourna sur le côté, le dos tourné vers Neville.

— Il n'y a pas qu'à toi qu'il manque, tu sais, dit Neville. C'était mon ami, à moi aussi.

— C'est peut-être ton ami, mais il est mon meilleur ami, cria Seamus en s'asseyant. Et c'n'est pas seulement qu'il me manque. J'suis misérable sans lui, finit-il doucement.

Neville le fixa un moment, l'air ébahi et son visage montrant qu'il venait de réaliser quelque chose.

— Il te plaît, non ?

Seamus sursauta.

— Je me suis toujours posé des questions sur vous deux, tu sais, continua Neville d'un air conspirateur.

— Neville –

— Vous avez toujours été super proches, encore plus qu'Harry et Ron. Et puis partager un lit, tout ça ...

— Neville, j'pas envie d'en parler, dit Seamus laconiquement. Alors tais-toi, d'accord ?

— D'accord, d'accord, répondit Neville alors que Seamus retournait dans son lit. Mais j'ai raison, non ?

Seamus tourna le dos à Neville qui sourit d'un air triomphant.

— Tu le reverras, Seamus, je te le promets, dit Neville en se mettant lui aussi au lit.

Seamus pinça des lèvres.

— Merci, Nev.

— Pas de problème. Maintenant, endors-toi.