70. Réunis
— Harry !
— Les gars, Neville a trouvé Harry !
— Hermione, tu vas bien !
— C'est Potter !
— Ron, je ne peux pas croire –
— Vous allez bien ?!
Seamus se joint à la foule qui engloutit le trio alors qu'il passait la porte qui menait à la Tête de Sanglier. Neville leur demanda de reculer et Harry leur posa des questions sur la Salle sur Demande et sur ce qu'ils avaient fait. Seamus sourit, se sentant heureux et plein d'espoir pour la première fois depuis longtemps. L'atmosphère d'allégresse disparut néanmoins lorsque Harry commença à leur dire qu'ils ne pouvaient pas les aider et que Ron, Hermione et lui devaient faire ce qu'ils avaient à faire tout seuls.
— Dumbledore nous a confié un travail à tous les trois et nous ne sommes pas censés révéler... je veux dire qu'il voulait qu'on s'en charge nous-mêmes, rien que nous trois, dit Harry.
— Nous sommes son armée, l'Armée de Dumbledore ! Nous l'avons formée tous ensemble, nous avons continué à la faire vivre pendant que vous étiez partis de votre côté..., objecta Neville, plusieurs personnes criant leur accord.
— Ce n'était pas vraiment un pique-nique, vieux, répliqua Ron.
— Je n'ai jamais prétendu le contraire, mais je ne vois pas pourquoi vous n'auriez pas confiance en nous, continua Neville. Tous ceux qui sont dans cette pièce se sont battus et ont été obligés de se réfugier ici parce que les Carrow les pourchassaient. Chacun de nous a montré sa loyauté envers Dumbledore... envers toi, Harry.
— Écoute, commença Harry, mais la porte du tunnel s'ouvrit derrière lui. Une fille aux cheveux blonds désordonnés et un grand garçon noir en sortirent.
Seamus eut l'impression qu'on lui avait donné un coup de pied dans l'estomac. La tête lui tourna et il se sentit comme s'il allait s'effondrer. Il cligna des yeux plusieurs fois, ne pouvant pas en croire ses propres yeux. Tout autour de lui avait disparu alors qu'il se concentrait sur ce visage qu'il connaissait mieux que le sien.
Dean.
Dean et Luna se tenaient au pas de la porte. Luna les contemplait tous joyeusement et les yeux de Dean s'étaient rétrécis, parcourant les visages de la foule à la recherche de celui de Seamus. Ce dernier laissa échapper un rugissement de bonheur et il courut vers lui avant de pouvoir s'en empêcher, jetant ses bras autour du cou de Dean. Ça faisait presque un an qu'ils s'étaient vus pour la dernière fois et Seamus devait résister pour que les larmes qui lui brûlaient les yeux ne coulent pas. Il ne voulait pas pleurer en face de toute l'A.D, mais bon sang, qu'il était heureux de retrouver Dean.
— Dean, Dean c'est –, commença désespérément Seamus.
— Chut, Seam, écoute Harry, lui dit-il doucement, ses yeux brillant de bonheur alors qu'il s'extrayait des bras de Seamus noués autour de son cou. Seamus et lui se déplacèrent vers le côté, sa main dans le bas du dos de l'irlandais.
Harry essayait de leur dire qu'ils ne pouvaient pas aider, mais Seamus n'écoutait pas. Il ne fit même pas attention quand Ginny, les jumeaux et Lee sortirent du tunnel. Il fixait juste le visage de Dean, au-delà d'heureux que Dean soit vivant, en bonne santé et ici. Il n'en avait rien à faire du reste maintenant. Il avait l'impression qu'il pourrait s'occuper des Carrow, de Rogue et de Voldemort tous en même temps. Rien ne pouvait mal se passer maintenant qu'il avait Dean avec lui.
— On se bat, non ? lança Dean en sortant son faux Gallion, ramenant Seamus au monde réel. Le message disait que Harry était de retour et qu'on allait en découdre ! Mais je dois me procurer une baguette...
— Tu n'as pas de baguette... ? s'étonna Seamus, fixant Dean avec choc.
— Rafleurs, répondit-il simplement, l'expression sombre.
Seamus blanchit alors que son imagination lui suggérait toutes sortes d'horreurs auxquelles Dean avait pu faire face quand il était en fuite. Il pensait à ça au lieu d'écouter Harry qui demandait quelque chose aux Serdaigle. Harry partit avec Luna et brusquement Seamus était tiré vers le côté par Dean. Ils atteignirent un coin de la pièce où apparurent soudainement deux fauteuils dans lesquels ils s'assirent avec gratitude.
— Dean, comment ça s'est pa...
— Pas très bien, Seam, pas très bien, répondit Dean, son visage s'assombrissant. Mais tu as l'air encore pire que moi, mec. Qu'est-ce qui t'es arrivé ?
— J'ai fait face aux Carrow, répondit Seamus. Les n'veaux directeurs adjoints. Ils n'aiment pas trop quand les gens leur résistent. Ça fait deux semaines qu'on s'cache ici, depuis qu'ils ont décidé qu'ils en avaient assez qu'on mette le bazar.
— Seam, gronda t-il. Je t'avais dit de faire attention à toi !
— T'aurais fait la même chose. Ils nous f'saient torturer des première année, Dean, lui dit obstinément Seamus.
Le visage de Dean se tordit d'horreur.
— Et puis, t'avais promis d'être prudent, dit Seamus. Qu'est-ce que c'est qu'cette histoire de Rafleurs et de baguette disparue ?
Le visage de Dean s'assombrit une nouvelle fois.
— Je voyageais avec Ted Tonks, Dirk Cresswell et deux gobelins quand j'ai déclenché le Tabou. Ted, Dirk et un des gobelins se sont fait tués. Gripsec et moi nous sommes fait capturer par des Rafleurs et peu après ils ont attrapé Harry, Ron et Hermione. On a été emmenés au Manoir des Malefoy, mais Dobby nous a sauvés. Il est mort lui aussi, peu après ça.
— Non ! s'exclama Seamus. Il appréciait beaucoup l'elfe amusant.
Dean hocha de la tête.
— Ouais. Luna et moi sommes restés chez Bill Weasley depuis, attendant un signe pour revenir.
— Et tu n'm'as pas écrit pour m'dire que t'allais bien ? lui demanda Seamus, blessé.
Dean prit les mains de Seamus entre les siennes.
— Je ne pouvais pas prendre ce risque, Seam, tu dois –
— Ouais, j'comprends, marmonna Seamus. C'est juste que... Tu m'as vraiment manqué, Dean, dit-il, la voix se cassant légèrement sur la fin.
Dean se leva et prit Seamus dans ses bras, l'enlaçant fermement.
— Tu m'as manqué aussi.
Ils se serrèrent l'un contre l'autre pendant un long moment, se familiarisant de nouveau avec la façon qu'avaient leurs corps de s'emboîter, avec leur odeur et leurs sentiments. Au bout d'un certain temps, il se séparèrent et se sourirent.
— Dean, j'ai quelque chose à t'dire, dit sérieusement Seamus.
— D'accord, qu'est-ce qu'il y a ? l'interrogea t-il, les yeux inquiets.
Seamus déglutit.
— J'ai trouvé ton père.
Dean le fixa avec choc, ne s'attendant clairement pas à entendre ces mots sortir de la bouche de son ami.
— Tu... Tu quoi ?! s'exclama t-il.
— J'ai trouvé ton père, répéta t-il. Ton père biologique, j'veux dire. J'ai utilisé la Salle sur Demande. Neville m'a aidé. Tu m'manquais et j'ai pensé que si j'pouvais trouver si t'étais vraiment un Né-Moldu ou non, j'pourrais te le dire et tu serais d'nouveau en sécurité. Mais je n'savais pas comment t'trouver et je n'voulais pas t'écrire une lettre et te mettre dans le pétrin, et je n'savais pas si tu voulais savoir.
— Mais tu l'as trouvé, dit lentement Dean, comme s'il testait ses mots.
Seamus acquiesça.
— J'l'ai trouvé.
— Et... ? dit Dean, invitant Seamus à continuer, l'expression nerveuse et effrayée.
— Tu veux le savoir ? demanda Seamus.
Dean y réfléchit. Est-ce qu'il voulait le savoir ? Est-ce que ça ferait une différence ? Est-ce que ça changerait quelque chose ? Est-ce que c'était important, même ? La guerre allait se terminer ce soir, tout le monde le savait. S'ils gagnaient, le statut de son sang n'importerait plus. S'ils perdaient, Dean serait persécuté, quelque soit son sang parce qu'il n'avait jamais arrêté de se battre.
— Ouais, je veux savoir, dit Dean.
— T'es sûr ?
Dean hocha de la tête et déglutit difficilement.
Seamus prit une grande inspiration.
— C'est un sorcier.
Dean inspira brusquement.
— Son nom est Roger Harris. C'était un journaliste pour la Gazette. Ses parents sont Mark et Thalia Harris. Ils ont travaillé pour le Ministère. Roger est allé à Poudlard. J'l'ai trouvé sur une plaque dans la Salle des Trophées. Préfet à Gryffondor.
Gryffondor, pensa Dean, ses yeux brûlant légèrement. Comme moi.
— Ils vous a quitté ta mère et toi pour vous protéger des Mangemorts, continua Seamus. Il n'lui a pas dit pour la magie parce qu'il n'voulait pas vous mettre tous les deux en danger.
— Pourquoi il n'est pas revenu ? demanda Dean avec urgence. Pourquoi il n'est pas revenu nous chercher ma mère et moi après que Voldemort se soit fait tué la première fois ?
Seamus se balança inconfortablement.
— Il n'est pas rev'nu parce qu'il s'est fait tué par des Mangemorts quelques mois après vous avoir quittés ta mère et toi. Pareil pour tes grands-parents.
Dean sentit une vague de froid le traverser et son corps se figea. Seamus agrippa son bras.
— J'suis désolé, Dean. J'aurais pas dû t'le dire, dit-il.
— Non, non, je suis content que tu l'ai fait, répondit Dean, secouant la tête. Au moins je sais qu'il ne nous a pas juste abandonnés. Il nous protégeait.
Seamus hocha de la tête.
— J'suis désolé.
— Ne le sois pas, dit Dean. Ça peut sembler méchant, mais... Je ne changerais rien à ce qu'il s'est passé si je pouvais. J'aime mes sœurs et mon père. Qui sait comment les choses auraient été différentes si mon père biologique était resté ?
— Une chose serait toujours la même, dit Seamus.
Dean l'observa.
— Quoi ?
— On s'rait toujours meilleurs amis.
Dean sourit et acquiesça, éloignant son regard de son ami en y réfléchissant. Oui, Seamus et lui auraient terminé meilleurs amis quoi qu'il se soit passé. Ils seraient allé à Poudlard et auraient été répartis à Gryffondor et seraient devenus meilleurs amis, qu'importe comment les cartes étaient mélangées.
Seamus tira doucement sur sa main.
— Dean, dit-il, attirant son attention. Dean, je dois t'dire –
— L'Ordre est arrivé ! dit joyeusement Fred, interrompant Seamus.
Ils laissèrent échapper des cris de joie à la vue de Lupin, leur ancien professeur de Défense Contre les Forces du Mal, rejoint par la majorité de leur équipe de Quidditch de première année, les parents de Ron et quelques autres.
A ce moment-même, Harry et Luna débarquèrent dans la salle.
— Harry, qu'est-ce qui se passe ? interrogea Lupin.
— Voldemort est en route, on barricade l'école... Rogue a pris la fuite, expliqua t-il.
— Par quoi on commence, Harry ? demanda George. Quel est le programme ?
— Ils évacuent les élèves les plus jeunes et tout le monde doit se retrouver dans la Grande Salle pour s'organiser. On va se battre.
Un rugissement sonore s'éleva de la foule et tout le monde commença à courir dans tous les sens pour se préparer. Dean prit la main de Luna alors que Seamus et lui se joignaient à la cavalcade qui montait les escaliers en direction de la Grande Salle. Quelques professeurs dirigeaient les élèves les plus âgés, leur expliquant les préparations tandis que d'autres mettaient des protections en place autour du château. McGonagall, de retour en charge, parcourait le château, réveillait les armures et les statues et aboyait des ordres.
Il y avait quelque chose de presque excitant à se préparer pour une bataille. Particulièrement pour cette bataille, étant donné qu'ils savaient que ce serait la dernière. Celle qui déciderait de l'issue de la guerre. Ils allaient écrire l'histoire ce soir.
Mais soudainement, quelque chose tua l'excitation dans l'œuf et leur rappela la réalité.
La voix de Voldemort résonna dans les airs et fit frissonner tout le monde alors qu'il les avertissait sur ce qu'ils s'apprêtaient à faire.
— Livrez-moi Harry Potter et vous serez récompensés. Vous avez jusqu'à minuit.
La Grande Salle se remplit des voix de tous ceux présents dès que celle de Voldemort disparut. Seamus tira sur le bras de Dean et son ami baissa le regard vers lui.
— T'restes avec moi, tu m'entends ? demanda t-il, le visage sérieux. Peu importe c'qui arrive, t'restes avec moi.
Dean hocha de la tête d'un air grave.
— 'Sûr.
Notes de l'auteur : plus que quelques chapitres ! Merci d'avoir lu cette histoire et de m'avoir écrit des reviews aussi formidables, je vous aime !
Notes de la traductrice : Pareil, vous êtes géniaux ! Plus que deux chapitres et un épilogue. J'ai fini la traduction, maintenant je vais m'attaquer à vos reviews pour les transmettre à Kicon :)
