Chapitre 24

Emily Prentiss : Aide moi à avorter...

La demande avait résonné sourde et grave dans la pièce. Emily n'avait pas regardé son compagnon quand elle avait prononcé ses quatre mots. Le temps avait semblé s'être arrêté. Emily dans un fauteuil était près de la fenêtre. Celle-ci avait été ouverte et une légère brise caressait son visage encore meurtri. Elle sentait le malaise qu'elle avait installé et qui la rendait d'autant plus malheureuse. Elle ne savait pas quoi dire pour se rattraper mais maintenant qu'elle avait dit ce qu'elle avait sur le coeur, il était trop tard pour reculer. Elle, qui ne disait rien depuis des jours avait envie de le silence pesant que sa avait provoqué cesse. Mais Derek ne dit rien, il tournait en rond dans la chambre. Il s'était attendu à ce qu'elle lui reparle de cela vu son était psychologique, il n'imaginait qu'elle puisse mener une grossesse à terme sans se mettre en danger et sans mettre le bébé en danger. Maintenant, il était aussi concerné. L'avortement était la solution de facilité pour le futur mais il n'était pas certain qu'Emily s'en remettrait. Elle était déjà trop dépressive pour supporter un avortement qui mettrait en vrac ses hormones et risque de la faire tomber encore plus bas qu'elle ne l'ai actuellement. Il ne savait pas quoi répondre à ce qu'elle lui demandait. Il aurait aimé connaître son enfant. Il avait été conçu dans l'amour, il pouvait été Emily à remonter la pente, il en était certain. Mais comment pouvait-il lui expliquer en utilisant les mots justes. Actuellement il savait que quoi qu'il dise, les mots ne l'atteindrait pas. Il savait qu'elle était bien trop mal dans sa peau pour réfléchir posément sur ce que cet enfant leur apporterait à tous les deux. Maintenant il comprenait que blessé et fragile, elle ne se sente pas capable de s'en occuper mais Derek serait là pour gérer la situation de son côté, il apprendrait à s'occuper d'un enfant, il prendrait ses responsabilités, il assurerait il le savait. Ce bébé pouvait apporter du bonheur autour de tout ce qui était arrivé.

Cela dit quand il voyait l'état d'Emily, son envie de rien, sa dégradation mental, il se demandait comment elle arriverait à remonter. Elle ne vivait pas, elle se contentait d'exister uniquement et cela faisait peur à voir, même la bonne humeur de Pénélope Garcia n'arrivait plus a donner un sourire sur les lèvres d'Emily. Elle était devenue triste, froide. Emily ferma les yeux mais les images de sa captivité la hantait jours et nuits en permanence. Elle avait nourrit ses angoisses à ne pas parler. Et le silence actuelle lui était insupportable, elle arrivait à y entendre la voix de Mings, à sentir encore les caresses insupportable qu'il lui avait prodigué en parcourant son corps. Elle voulait que Derek dise quelque chose qu'il la sorte d'une réalité qui devenait invivable a chaque seconde. Emily ouvrit les yeux en sursaut dans sa chaise, en laissant échapper un « non » apeuré, elle sentit son estomac se bloqué et une sensation désagréable la prit au plus profond d'elle même. Elle sentait que ça n'allait pas, elle s'emballa. Pourquoi il ne parlait pas ? pourquoi il n'arrêtait pas de faire les cents pas dans cette chambre ? Derek Morgan cessa de faire les cents pas comme s'il l'avait entendu mais en réalité il était inquiet par le comportement d'Emily qui tremblait.

Derek Morgan : Emily calme toi.

Emily Prentiss : Dis quelque chose ?

Derek Morgan s'accroupit le proche qu'il peut de la jeune brune : Je crois... enfin, tu voudrais qu'on en discute tous les deux avant, on est concerné par cette grossesse et tu n'en as plus jamais dis un mot.

Emily Prentiss : C'est la seule solution...

Derek Morgan : Qu'est ce qui te fait penser ça ?

Emily Prentiss : Je ne peux pas m'occuper d'un bébé, je suis pas prête.

Derek Morgan : On pourrait essayer de voir les côtés positifs et les côtés négatifs concernant la venue de cet enfant ? Et tu n'est pas toute seule, je suis là, je ne voudrais pas que tu l'oublies.

Emily Prentiss : ça changera rien...

Derek Morgan : Tu as peur ?

Emily Prentiss : A chaque fois que je penserais au bébé, a chaque anniversaire, j'oublierais jamais ce qui m'est arrivé. Ça me le rappellera sans cesse. Je suis déjà morte Derek.

Derek Morgan : Hé ma puce ! Ne dis pas ça, s'il te plait, tu es là, bien vivante, tu l'as combattu Emily et maintenant tu vas te battre pour t'en sortir, tu vas y arriver. Tu vas mieux jour après jour, tu finiras par remarcher dans peu de temps, ça va aller.

Emily Prentiss : Je me sens si mal de jour en jour.

Derek Morgan : Ne te renferme pas, remange doucement, je sais que ce n'est pas très appétissant ici mais tu pourrais faire cet effort même si tu crois ne pas avoir faim. Tu devrais sortir prendre l'air plus souvent, les infirmières l'approuve, ne reste pas dans cette pièce, ça te fera du bien de descendre dans le jardin. Et parle nous, on est tous là pour t'aider, tu ne nous dis plus rien, tu ne participe même plus aux conversation, même Garcia n'arrive plus à te faire rire. Tu te laisse mourir Emily et je ne veux pas te laisser faire.

Emily Prentiss : Je ne peux pas en parler... Je ne peux pas... Je ne veux pas qu'on me voit... J'ai l'estomac tellement noué...

Derek Morgan : Tu n'es pas laide Emily, les hématomes partiront, tu reste la femme que j'aime et tu es une très belle femme, tu ne dois pas avoir honte.

Emily Prentiss : Je me sens nue face a vous tous... je sens chaque caresse, chaque mouvement... Derek c'est un cauchemar, Et je suis si fragile, j'ai plus confiance en moi, je suis terrorisé a chaque fois que je ferme les yeux que je fais un pas dehors, je suis tellement mal à l'aise, je voudrais me cacher.

Derek Morgan : Personne ne juge tu sais, tu n'as pas a culpabiliser, tu es la victime Emily, tu as subi des atrocité mais en aucun cas tu méritais. Commence par nous faire confiance. Tu n'as aucun raison de te cacher.

Emily Prentiss : Je me sens disséquée a chaque fois qu'on me regarde, qu'un médecin vient me soigner. Aller faire un tour dans le jardin de l'hôpital ou ne serait-ce que dans le couloir et sentir un regard se poser sur moi, c'est une torture...

Derek Morgan : Calme toi respire, personne ne te touchera plus, tant que je suis là, tu ne risques rien.

Emily Prentiss : J'ai faillit mourir dans cet hôpital, i jours... et tu n'étais même pas là.

Derek Morgan : Je sais, il aurait rien du arriver, tout était sécurisé, on ne était pas sur que Mings est un contact de l'extérieur et qu'il se trouve qu'il s'agissait de Karl Hamilton

Emily Prentiss : Pourtant, vous faisiez confiance à la capitaine Jones, comme je vous ai fait confiance...

Derek Morgan : Regarde moi, tu ne risques plus rien.

Emily Prentiss : Tu te souviens de ce que tu m'avais dis si jamais on kidnappait la femme que tu aimes ?

Derek Morgan : Que je remuerais ciel et terre pour la retrouver.

Emily Prentiss : J'ai tout fait pour reculer l'inévitable, je t'ai appelé, j'ai supplié pour que tu viennes à temps... mais... c'est quand même arrivé. Il m'a enlevé ma dignité...

Derek Morgan : J'ai fais mon maximum Emily, je te le promets... J'aurais voulu arrivé bien plus tôt... mais on arrivait pas à te localiser, et la tempête qui sévissait réduisait considérablement les recherches. Je n'aurais jamais abandonné.

Emily Prentiss : Il m'a enlevé ma féminité... tu sais ce que je ressens, je me vois comme un animal, il m'a réduite à ça... Il m'a abandonné seul, encore nue, j'étais trop blessé pour m'habiller mais je ne pouvais pas resté comme ça, je l'ai fait quand même du mieux que je pouvais mais je me sentais si sale, je n'étais plus rien, je suis plus rien...

Derek Morgan : Tu n'es pas un animal, tu n'es pas rien, tu es Emily Prentiss, agent du FBI et la femme que j'ai choisi. Une femme respectable, joyeuse, souriante, avec un grand coeur, tu es quelqu'un de bien Emily.

Emily Prentiss : Je ne me reconnais pas là dedans...

Derek Morgan : ça reviendra avec du temps et des efforts...

Emily Prentiss : Mais je ne peux pas tout faire... si je garde le bébé, je ne pourrais pas m'en occuper et je finirais par me laisser complètement mourir... Mais je veux que tu saches que j'étais soulagé qu'il soit de toi, on pourra en avoir d'autre des enfants plus tard, si je m'en sors... mais pas maintenant... Si je dois renaitre, si je peux avoir une chance d'y arriver, je ne peux pas mettre au monde un bébé...

Derek Morgan : A deux on pourrait s'en sortir...

Emily Prentiss : Je ne peux pas... je n'assume pas...

Derek Morgan : C'est ce que tu veux ?

Emily Prentiss : Oui... je t'en pris...

Derek Morgan fit promettre à Emily de prendre soin d'elle, de réapprendre à vivre avec lui. La jeune femme baissa la tête, elle ne savait pas si elle y parviendrait, elle était beaucoup trop fragile psychologiquement pour prendre une tel décision sur elle même. Derek reformula alors sa demande il lui fit promettre de le laisser prendre soin d'elle. Elle finit par accepter, s'excusant par avance des rejets que son état lui donnerait par moment. Elle en était consciente mais elle n'était pas capable de lui promettre qu'elle ne le rejetterait pas. Derek Morgan comprenait. Son intention était surtout de veiller à ce qu'Emily se nourrisse, s'aère, s'intéresse à ce qui se passait autour d'elle et éviter qu'elle continue de s'enfoncer. Il l'accompagnerait et la soutiendrait alors dans l'avortement. Il savait que ça allait être un moment très difficile malgré l'éviction qu'Emily portait au bébé. Il savait qu'il allait devoir la soutenir dans cette épreuve, parce que s'en était une qui la chamboulerait d'autant plus. Et ça Emily n'en avait pas conscience. Le lendemain, tout serait terminé, le bébé ne serait plus là, mais le malaise lui serait encore profond. Et dans plusieurs jours Emily quitterait l'hôpital, et se serait encore différent, plus difficile à gérer. Il s'occuperait de la jeune femme au quotidien, il n'y aurait plus de médecins, d'infirmiers, de cadre structurelle pour la suivre. Il lui faudrait probablement une psychiatre mais comment Derek Morgan et le reste de l'équipe allaient-ils bien pouvoir la convaincre ? Derek morgan en avait aucune idée mais il essayerait en tout cas.

L'intervention avait été fixé au lendemain en fin de matinée. Emily était encore plus nerveuse que la veille, stressé parce qu'avec le viol qu'elle avait subit, elle refusait qu'on la touche, que ce soit des personnes, qu'elle connaissait ou les médecins. La sage femme allait pratiqué une aspiration de l'embryon directement par les voies naturelle. Emily imaginait déjà le pire, elle serait incapable d'écarter les cuisses pour laisser quelqu'un se pencher sur cette partie de son coeur. C'était juste impensable. Elle n'avait pas partagé ses craintes avec Derek Morgan, elle ne le pouvait pas. Et c'est ce qui provoqua la crise de panique sur les coups de 8h du matin. Elle était seule dans sa chambre, la gynécologue était venu lui expliquer comment allait se dérouler l'intervention. Emily Prentiss n'avait pas supporté l'idée et pourtant elle était certaine de vouloir avorter. Elle avait paniqué, son rythme cardiaque s'était accéléré, son corps c'était mit à trembler, comme si elle était en état de choc, l'infirmière en la calmant avait poser une main sur son épaule, Emily avait hurler de peur. Elle ne supportait plus qu'on la touche. Elle s'était rebellée également. Il fallut attendre l'arrivée de Derek Morgan parti se chercher un café dans la petite brasserie en face de l'hôpital pour qu'Emily se calme. Les médecins étaient sur le point de lui administrer un calmant mais Derek les en empêcha, il savait qu'Emily était perturbé mais la shooter pour ne pas s'occuper d'elle et attendre que ça passe n'était pas la solution. Emily Prentiss s'effondra alors en larme dans les bras de Derek. Il n'avait pas pas demander ce qui avait mit sa compagne dans cet état mais il le devinait un petit peu. Il ne l'a laisserait pas seule pendant l'intervention, et ils convinrent avec l'obstétricienne qu'une aide médicamenteuse pour la détendre ne serait pas de trop. Juste le temps de pratiquer l'avortement. Derek Morgan était certain que c'était ce que voulait la jeune femme et lorsque que le médecin lui posa la question, il affirma qu'ils en avaient parlé et que l'avortement était la décision qu'ils avaient prit ensemble. Elle trouvait cela triste mais l'état de sa patiente étant préoccupant, le couple n'avait peut être pas tord. Elle n'avait pas à juger de toute manière. Elle avait entendu parler de ce qui c'était passé pour cette femme et elle ne le souhaitait pour aucune autre. Elle pratiquerait l'intervention, elle enlèverait ce bébé du ventre de sa patiente le plus naturellement possible, Tout devrait bien se passer, en attendant, Emily devait se reposer.

Vers 13h, la salle gynécologique était prête, pas la patiente. Derek était en train de la rassurer, de l'apaiser, il savait que c'était quelque chose de difficile, il savait qu'Emily allait devoir prendre sur elle. Une infirmière passa dans la chambre pour injecter un tranquillisant à Emily, elle se sentirait planer et ça l'aiderait à supporter l'intervention. Elle allait se sentir beaucoup mieux, mais elle ne serait pas non plus elle même. Derek Morgan resterait à côté d'elle, il lui prendrait la main et il lui parlerait. Il lui avait promis. Emily fut déplacé en fauteuil roulant jusqu'à la salle d'examen. Derek avait insisté pour pousser sa compagne et l'accompagner. Emily avait revêtu la blouse bleu et blanche qui caractérisait si bien les malades. Elle avait été allongé sur la table d'examen, les jambes écarté, un drap blanc les recouvrant. Elle avait appuyé sa tête sur le dossier et elle regardait dans le vide. Derek Morgan debout tout près d'elle lui caressait le front et ses cheveux d'un noir d'ébène. Il l'a regarda droit dans les yeux et avec douceur en constatant l'abattement de la jeune femme, il lui demanda si elle était sur de ce qu'elle faisait. Il suivit du regard sa réponse manifesté par un geste de la tête affirmatif, timide mais clair. Emily d'elle même monta sa main à la rencontre de celle de Derek, elle trouva son bras et elle le serra. Elle avait besoin de lui, elle avait peur. Derek S'accroupit un peu pour être à sa hauteur. Il ne l'a lâchait pas des yeux, le temps s'était arrêter entre eux, il se passait quelques chose d'indescriptible, de subtil de beau de suspendu. Aussi près l'un de l'autre comme une bulle qui les extirpait du réel, pour leur donner un moment d'intimité, un moment d'amour. L'obstricienne était arrivée et elle n'interrompit pas ce moment. Elle effectua son boulot, les laissant dans leur bulle. Il était peut être mieux ainsi, c'était le meilleur moment pour agir. Emily continuait de regarder Derek Morgan, elle finit par cligner subtilement des yeux, et Derek vit une larme aussi fine qu'un grain de poussière s'échapper du coin de son oeil droit et glisser discrètement sur sa joue. Derek Morgan comprit qu'elle savait qu'il n'y avait plus de bébé à cet instant précis. Il sentit également les doigts frêle de sa compagne serrer un peu plus sa peau. Il ne cessait de caresser ses cheveux et de lui transmettre beaucoup d'amour rien qu'en un regard long et incassable. Il sentit l'agent Prentiss devenir fébrile, il l'entoura de ses bras et il l'a laissa deverser son chagrin silencieux contre son épaule brisant ainsi le lien visuel qui les unissait. Mais le contact physique de ces deux être déchiré réchauffait leur coeur dans cette grande douleur. Emily n'avait pas pensé ressentir cette sensation de tristesse, de manque. Elle avait ressentit dans son bas ventre le froid l'engourdir, et une pression lui arracher l'être qu'elle portait en son sein. Ils n'étaient plus qu'Emily et Derek. Ils avaient fait un choix qui aujourd'hui leur brisait le coeur aussi bien l'un que l'autre. Emily se dit simplement que Derek avait peut être eu raison en pensant que cette enfant l'aiderait dans son combat vers la guérison, elle se sentait plus triste encore après avoir perdu leur enfant. L'enfant de l'amour. Elle devrait y réfléchir plus tard, elle était épuisé et faible. Elle avait besoin de s'endormir pour oublier. Sentir la chaleur du corps de Derek contre elle la réconforta, elle refusait qu'il ne se sépare d'elle, elle refusait de le perdre lui aussi. Elle devait faire en sorte de le garder. Elle l'aimait de tout son coeur, elle l'aimait au plus profond d'elle même. Il était prêt à lui donner de l'amour, il était prêt à lui redonner l'amour qu'elle avait perdu. Elle réapprendrait à s'aimer grace à cet homme qui était aujourd'hui toute sa vie. Emily Prentiss n'avait jamais aimé autant quelqu'un dans sa vie. Pourquoi cette enlèvement, ces tortures et ce viol devait tout gâcher, tout arrêter ? Pourquoi ne pouvait-elle pas aussi être heureuse ? Beaucoup de question taraudait son esprit torturé, beaucoup de doute, d'incertitude mais beaucoup de vérité lui faisait face. Elle avait des certitudes, et elle ne les oublierait jamais, elle devait s'y accrocher. Elle devait s'en sortir. Mais il y avait une seul chose qui apparraisait comme un trou noir face à elle qui entrait dans son longue ligné de cauchemar : Comment y parviendrait-elle ? Comme réussirait-elle à sortir de l'engrenage terrifiant qui l'habitait ? Comment ferait-elle pour dissimuler les cauchemars de ses nuits ? Parce que en elle trop bien installer ses démons étaient là, ses visions, ses images, ses angoisses, les choses qu'elle avait vécu et supporté, et celle qui l'avait détruite, avait une place trop importante, imposante et increvable. Elle était perdu comme une enfant qui ne savait pas nager et qu'on lâchait dans le grand bassin. Elle n'avait qu'une chose à quoi s'accrocher : Derek Morgan.