Chapter specially dedicated to Aruyn w
Moi je n'étais rien
Et voilà qu'aujourd'hui
Je suis le gardien
Du sommeil de ses nuits
Je l'aime à mourir
Francis Cabrel-Je l'aime à mourir-
Playlist : Tripping-Robbie Williams
Chapitre 2: A la croisée des chemins
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« Et moi ? Je suis un simple mage. Que pourrais-je bien faire dans un groupe de mercenaires tel que le vôtre. Je ne ferais que vous retarder.
-Qu'est-ce que tu racontes j'ai besoin de toi !
-Mais Ike…
-Il n'y a pas de « mais » qui tienne Soren. Tu es un excellent tacticien, un mage et mon ami de surcroît. Que pourrais-je faire sans toi ?
-Hum… C'est vrai, merci Ike. »(1)
« Ike… »
Le jeune garçon secoua la tête pour chasser ces idées, qui pourraient à la longue, le faire changer d'avis. Mais il n'était pas question pour lui de revenir au fort et d'implorer son pardon à l'épéiste. A ça non ! Tout était entièrement de sa faute ! Evidement… Evidement…
Malgré sa conviction, le mage ne pouvait s'empêcher de jeter parfois quelques coups d'œil derrière lui dans l'espoir d'apercevoir… Quelque chose… Où plutôt, quelqu'un… Même la silhouette éthérée d'un cavalier lui aurait été suffisante.
Il avait beau se dire que fuir ainsi était inutile et qu'il s'en mordrait les doigts, il ne pouvait se décider à faire demi-tour. Obstination où bêtise, il ne savait à quoi se fier.
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« Nous n'avons pas réussi à le convaincre nous ? Quelle chance Ike a-t-il de le faire lui ?
Questionna une jeune fille aux cheveux noisette. Ses yeux turquoise terriblement clair interrogeaient la hallebardière assise devant elle, les bras croisés, imperturbable.
-… Attendons. Faisons simplement confiance à Ike et son sens de l'amitié. Et, elle tourna la tête vers ses autres compagnons, Soren ne serait jamais laissé convaincre par l'un d'entre nous. Vous le savez bien.
-Mais pourquoi Ike n'a-t-il pas demandé ardemment à Gatorie de rester quand il a voulu trouver un emploi de garde-du corps le mois dernier alors que là il se lance à la poursuite de Soren ? Questionna le plus jeune des mercenaires. »
Titannia eut un long soupir. Un si jeune garçon pouvait-il comprendre l'ambivalence et la complexité des sentiments ? Elle choisit donc de ne pas répondre. Trop effrayée à l'idée de parler à tort de quelque chose qu'elle ne connaissait pas en profondeur.
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Voilà des heures qu'il galopait sans relâche, suivant les indices que lui avait laissés ses amis, ainsi que les paysans de la région dont les masures étaient disséminées ça et là sur la plaine à la manière d'oasis dans un désert.
A ce qu'il savait, Soren n'était pas particulièrement excellent cavalier. De plus, sa monture n'était pas vraiment prédestinée aux grands voyages. Contrairement à la sienne qui était un coursier dont la vitesse était sans égal. Le crépuscule pointait à l'horizon, par conséquent, le sage allait bientôt devoir s'arrêter . La ville la plus proche étant un petit bourg, il allait sans doute y faire une halte. D'après ses calculs, Ike pouvait en conclure que son stratège ne pouvait avoir dépassé cette ville. Il espérait sincèrement y retrouver son ami.. Ayant souvenir qu'il n'y avait qu'une seule auberge dans ce bourg, ce serait probablement aisé.
- Parbleu, c'est un cavalier là-bas ? »
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« D'après la carte, le bourg de Solterre n'est plus très loin.
L'étalon à la robe ébène piaffa, attirant l'attention de son cavalier qui avait le nez plongé dans sa carte.
-Et bien alors qu'est-ce qui se passe ? Questionna-t-il dans le vide, repliant la feuille pour la ranger afin de reprendre les rennes.
Soren lui tapota doucement l'encolure en lui murmurant de se calmer. C'est alors qu'un bruit attira son attention derrière lui…Des martèlements de sabots. Qui se rapprochaient, se rapprochaient encore, de plus en plus vite…. Le tacticien se retourna comme il put, puis écarquilla les yeux.
-Qu'est-ce que ?! »
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« Bon il se fait tard, je vais aller dormir moi. Annonça la jeune épéiste avant de bailler plutôt bruyamment. De toute façon, même si Ike le retrouve, ils ne reviendront pas avant demain matin.
La rousse opina du chef et Mia quitta la pièce en chantonnant.
-Toi aussi tu devrais allez dormir Mist. Dit Oscar avec un doux sourire. Ne t'inquiète pas pour Ike, il ne lui arrivera rien, fait-moi confiance.
La châtaine voulut rétorquer mais Titannia prit la parole avant elle.
-S'il te plaît Mist. Va. Celle-ci n'eut pas d'autre choix que d'accepter la situation. Elle voulait aussi que Soren revienne parmi eux, mais elle se demandait aussi comment Ike vivrait le fait de ne plus avoir le mage dans leur groupe s'il n'arrivait pas à faire changer d'avis celui-ci. Mist ne pouvait nier leur proximité si particulière. »
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Non dîtes-moi que je rêve ! ? Déesse, il est vraiment...
« Soren attend !
Il pouvait l'entendre malgré le galop de leur monture. Soren n'osait pas se retourner, mais il savait que l'épéiste n'était plus très loin. Pourquoi continuer à fuir, cela n'avait aucun sens, puisque la seule chose qu'il désirait était de se retrouver à ses côtés ? Mais si c'était pour qu' Ike reparte à nouveau…
-Laisse-moi ! Cria le plus jeune en talonnant sa monture. Hélas, le fils de Gawain n'allait pas tarder à le rattraper au vu de son type de cheval. De plus, le sien était déjà éprouvé par le voyage qu'il avait fait jusqu'ici.
En fin stratège, il se devait de trouver une solution sans pour autant perdre son chemin. Il ralentit l'allure de son étalon et bifurqua vers la gauche, empruntant une allée qui menait dans un petit bois. Par là était la rivière, s'il arrivait à traverser le gué avant Ike, il pourrait s'enfoncer dans une forêt plus épaisse et le semer.
Le bois était clairsemé, chacun des deux cavaliers pouvaient maintenir une bonne vitesse sans avoir à se soucier des quelques arbres qui empiétaient sur la route. Soren lui, n'en pouvait plus de devoir entendre les appels de son compagnon qui voulait stopper cette course inutile et vide de sens.
Bon sang, j'ignorais que Soren était aussi bon cavalier !Pesta intérieurement le bretteur qui avait un peu de mal à suivre, où plutôt poursuivre son ami. Son cheval n'allait pas tenir encore bien longtemps à ce rythme. Le sage arriva à l'orée du bois, Ike serra les dents. Rien à faire, il n'arriverait pas à le rattraper avant le gué !
-Merde !
Le tacticien longea la rivière pour trouver le passage qui lui permettrait de franchir . Soulagé lorsqu'il aperçut le passage en question, le stratégiste ralentit un peu et s'apprêta à traverser. Seulement, sa monture ne semblait pas apprécier l'eau. Il était vrai que le niveau d'eau de ce gué était particulièrement important. Cela devait être en partie dû aux pluies automnales. En été, il était pratiquement à sec.
Soren sentit un étrange sentiment l'envahir. Ni vraiment de la peur ou du chagrin, c'était indéfinissable… Son cheval, lui, refusait toujours d'avancer. Le statège ne pouvait pas affronter le regard de son ami, pas maintenant ! Ainsi, il descendit et entreprit de faire traverser sa monture à pieds. Cependant, il s'y prenait bien mal, ses gestes étant maladroits à cause de l'inquiétude qui l'envahissait petit à petit.
Oh non ! Non !
-Soren ?
Le magicien se raidit sur place, entendant nettement l'épéiste qui s'avançaient vers lui.
-Soren.
Les mains du sage s'usaient sur les lanières de cuir. Que dire ? Que faire ? Il ne pouvait expliquer réellement son geste à Ike. Il avait peur de passer pour un égoïste capricieux, un idiot qui ne sait pas ce qu'il veut.
C'est alors qu'il sentit une agréable chaleur sur son épaule. Le bretteur n'avait aucunement l'intention de l'agresser. Il voulait comprendre . Il savait également qu'il ne devait pas être étranger à tous ces évènements. Spasmodiquement, le demi-laguz se tourna vers le commandant, celui-ci ôta sa main. Il avait honte, tellement honte qu'il n'osait lever les yeux vers les prunelles océan qui lui faisaient face, vers son compagnon à l'expression pourtant si tendre.
-… Je ne te savais pas aussi bon cavalier… Soren.
Ce-dernier avala durement sa salive.
-I-Ike je…Je…
Mais les mots moururent dans sa gorge. Bon sang, il avait vraiment faillit abandonner cet homme pour une raison insensée ?!
-Ne dis rien. Tu n'es pas obligé de t'expliquer maintenant. Ike eut un léger sourire plein de compassion. Soren l'observa, sentant son organe vitale se contracter un peu plus à cette vue.
-Il est… Trop tard pour que tu puisses continuer non ? Ta monture est harassée et tu le sembles tout autant. Dit l'homme en contemplant le visage rougi de son compagnon et ses cheveux à moitié défais.
Il lui prit les rennes des mains, sans le quitter des yeux. Soren n'esquissa aucun geste de refus. Le jeune mage suivit son coéquipier et regagna le rivage, là où Ike avait laissé son propre cheval.
-Solterre est tout prêt. Nous discuterons là-bas, si tu le veux bien.
-Oui. Agréa le stratège en se hissant sur le quadrupède. Le détenteur de Ragnell en fit de même. Puis se fut à une allure moyenne qu'ils gagnèrent le bourg. »
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Malgé l'heure tardive, il n'y avait pas grand monde dans l'auberge « La Croisée des chemins ». Ainsi, les mercenaires purent facilement trouver une chambre pour deux. Cela revenait moins cher et surtout, ils pourraient parler sans se soucier de l'heure du coucher. Soren avait même accepté de venir manger (bien qu'il détestât à proprement parler, toute forme de nourriture cuisinée). Enfin, ils montèrent dans leur chambre en silence. Le mage n'avait quasiment pas ouvert la bouche de tout le repas, la conversation s'annonçait difficile.
Ike avait beaucoup de tact et savait comment se comporter avec Soren pour le faire parler. Une fois dans la pièce, le bretteur retira son équipement, son stratège le regardant sans rien dire, à la fois gêné par le fait de se retrouver seul avec son commandant et de part la situation elle-même.
-Ca va? Tu as l'air ailleurs. Le plus jeune sursauta. L'épéiste s'approcha doucement et s'accroupit devant le garçon, assis sur le lit de droite.
-Heu excuse-moi, je… Hum bref c'est sans importance.
-Je vois.
-… Qu'est-ce que tu attends en fait ?
-Je ne sais pas. Sourit le plus âgé.
-Tsss, idiot. Ne t'attend pas à ce que je me jette à tes pieds pour demander ton pardon !
-Je n'en demandais pas tant. De simples explications auraient suffis. Admit l'homme en prenant place juste à côté de son homologue. Soren lui, fit mine de l'ignorer.
-Et bien ? S'impatienta l'aîné en le secouant légèrement par l'épaule.
-Quoi ? Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? Demanda le plus jeune, même si cela n'avait pas vraiment été posé comme une question. Tu veux que je dise que je regrette sincèrement mon geste, que je suis un idiot d'avoir pensé que tu nous abandonnerais ?! De m'être montré plus orgueilleux que compréhensif en voulant attirer ton attention sur moi ?! Enchaîna-t-il sans se retourner, mais Ike pouvait deviner son visage violacé pas la colère et l'amertume.
-Je… Chuchota le commandant après quelques secondes de silence. Je sais que ma conduite n'a pas été correct avec vous tu sais. Je pensais m'en excusez auprès de vous tous mais, tu as réagi avant. Il eut un petit soupir, se frottant nerveusement la nuque. 'Fin, tu as eut raison de réagir ainsi car il m'est facile de t'avouer tout ça après coup. Le mal est déjà fait… Je ne suis pas très doué avec les mots, alors regarde-moi au moins.
Même s'il n'en avait pas très envie, le stratégiste obéit. Visiblement, les propos de l'épéiste n'avaient rien changé à son humeur. Où si c'était le cas, il ne le montrait pas.
-Je te demande de me pardonner, reprit le plus âgé, mais j'essayais de nous assurer un avenir au sein du royaume, et j'en ai complètement oublié le souhait de mon père. De nous battre simplement quand c'est nécessaire et quand nous voulons aider notre prochain et surtout… De construire notre futur nous-mêmes.
-… Ike…
Le chef des mercenaires se passa une main dans les cheveux, riant nerveusement.
-Bon je le sais, ce n'est pas terrible de sortir des propos si formels et sérieux maintenant. Mais… J'ai du mal à formuler ce que j'ai sur le cœur.
Soren eut un léger rictus.
-Oui, ça me fait souvent cet effet là.
-Je vois. Alors je vais te dire les mots comme ils viennent. Dit le guerrier en plongeant son regard dans celui de l'autre mercenaire. Le dit mercenaire se figea instantanément, déjà happé par les iris saphir de son ami. A bien y réfléchir, ou sans même y réfléchir, Soren devinait à quel point le regard si pénétrant d'Ike lui aurait manqué. Le bretteur reprit à voix basse, comme s'il avait peur de dire une bêtise :
-Je ne veux pas que tu partes. J'ai réellement besoin de toi… Non, en fait je ne veux pas que tu partes pour la simple et bonne raison que tu es mon ami. Et, ne plus t'avoir à mes côtés m'est inconcevable. Il sourit avec malice, posant le bout de son index sur le front du sage qui fut un peu déstabilisé par ce geste. D'ailleurs, n'avais-tu pas dit toi-même, à la fin de notre bataille contre Ashnard, qu'il n'y avait qu'auprès de moi que tu savais où était ta véritable place ?(2)
Effectivement, il avait marqué un point.
-Je ne peux pas te contredire, admit le cadet alors qu'il sentait le sang affluer dans ses joues, mais mon acte était trop peu réfléchi. Excuse-moi de m'être comporté de manière aussi stupide alors qu'en vérité, je voulais rester avec toi.
-Tu n'as pas besoin de te justifier, je suis entièrement fautif. J'ai manqué à tous mes devoirs. De commandant certes, mais surtout d'ami.
-Non, non. C'est moi qui ai mal réagi. Et comme tu l'as dit, j'ai manqué à ma parole. Pas seulement à celle-ci d'ailleurs.
Ike interrogea du regard son compagnon, ne semblant comprendre. Que pouvait donc bien lui avoir promis Soren qu'il ne se rappelle pas ? Le magicien se massa les tempes, un souvenir douloureux lui revenant en mémoire. Il avait toujours souhaité en parler avec Ike, mais s'était abstint par peur que cet évènement ne lui fasse plus de peine qu'autre chose. Ses lèvres remuèrent légèrement, l'épéiste se pencha pour mieux entendre les propos de son ami.
-Tu veux vraiment le savoir ?
-Oui.
Le mage ferma les yeux un court instant, puis amorça son récit.
-Ce jour-là, où la pluie avait admirablement bien choisi son jour pour se répandre sur la région, quelque chose de terrible s'est produit…
Le guerrier comprit rapidement à quoi le garçon faisait allusion, c'est-à-dire, à la mort de son père. Il n'osa pas parler, mais opina, encourageant Soren à poursuivre.
-Lorsque tu l'as ramené à la base, il était mourant. Son visage se fit plus grave, Greil était celui qui l'avait recueillit lorsque tout le monde l'avait rejeté. Pour cela, il lui serait éternellement reconnaissant. Grâce à lui, il avait pu trouver la famille qu'il n'avait jamais eue.
-Nous l'avons amené dans une chambre pour tenter de le sauver. Mais même Rhys n'a rien pu faire. Je pense qu'à l'époque, son niveau de magie n'était pas aussi élevé que maintenant. Enfin bref. Peut-être te souviens-tu que ton père a voulu nous voir moi et Titannia en privé.
-Hum oui, vaguement.
-Il voulait demander à Titannia de s'occuper de toi. Comme elle était un peu une grande sœur pour toi, et puisque tu étais comme son petit frère, elle fut expressément d'accord. Elle a promis de veiller sur toi jusqu'à ce que tu deviennes un commandant expérimenté.
Le guerrier acquiesça lentement. Il n'aurait jamais pensé que son père ait pu établir cette promesse juste avant de mourir. Jusqu'au bout, il n'avait cessé de s'occuper de lui et de lui assurer une meilleure destinée que la sienne.
-Et… Ensuite, que t'a-t-il dit à toi ? Demanda Ike d'une voix particulièrement faible.
-Bien…Soren leva les yeux vers lui, déterminé. Il m'a demandé si je pouvais rester auprès de toi aussi longtemps que je le pourrais, en gage de ce qu'il avait fait pour moi. Cependant, je lui ai dit que ça n'était pas nécessaire de me le faire promettre et que quoiqu'il en soit je resterais à tes côtés. Il m'a même dit je crois, à moins que ma mémoire me fasse défaut… « Ne le perd pas, Soren ».
Ses yeux se baissèrent, incapable de masquer son remord
-Et moi j'ai…
-Mais tu ne m'as pas perdu ! S'exclama le garçon aux cheveux bleus. Instinctivement, sa main alla chercher celle de Soren, dont les doigts étaient crispés sur la couverture. Le plus jeune se redressa.
-Ike…
-C'est vraiment dure de tenir ses promesses, je le sais bien. Puis, je ne peux pas te forcer à rester indéfiniment avec moi. Ce que tu m'as apporté est déjà si important. Tu as aussi ta vie.
Le sage se mordit la lèvre inférieure.
J'ose... Où pas ?
-Mais... Ma vie, elle n'a de sens qu'avec toi ! A quoi bon rester avec les mercenaires si tu n'y es pas !
Je l'ai dit !
-… Soren.
Le visage du garçon devint presque écarlate, il tentait vainement de le dissimuler en tournant la tête. Ike resta interdit, à la fois stupéfait que Soren lui exprime si ouvertement ses sentiments, et attristée de savoir le mal qu'il lui avait sans s'en rendre compte.
-Je suis vraiment désolé. Dit-il en dépit. Je t'assure que je ne t'en veux pas, tu peux me faire confiance. Dés à présent, je vais tout faire pour récupérer la place qui est la mienne.
-C'est une promesse ?
-Oui.
-… Tu es beaucoup plus loquace qu'avant.
-Oh… Heu c'est un compliment ?
-Oui bien sûr. Sourit le demi-laguz. Il se sentit comme libéré d'un poids après tous ces aveux... En réalité, ce simple litige entre eux était dû à un manque de communication.
-Alors... Peut-on dire que nous sommes quittes ? Le mage eut un petit soupir de dédain tout en balançant sa tête sur le côté.
-Mouais, je te pardonne de t'être comporté comme un imbécile.
-Hey merci !! Râla le chef des mercenaires avec une petite moue. Puis il lui donna un léger coup d'épaule tandis que le tacticien riait doucement. Au moins, Soren recommençait à le taquiner, signe qu'il ne devait plus lui en vouloir. Ike pouvait traduire cette moquerie par quelque chose comme « oui nous sommes quittes et tous les deux fautifs ».
-Et toi, tu me pardonne aussi ? S'enquit le demi-laguz d'un air un peu embarrassé.
-Bien sûr voyons. Je ne pourrais jamais t'en vouloir. Le rassura l'épéiste, attendri par la réaction de son bras droit. Il lui frotta affectueusement le sommet de la tête en souriant. Soren n'en revenait pas de se retrouver dans une situation aussi… Idyllique ! Il ne put s'empêcher de clore ses paupières pour apprécier la tendresse de l'instant.
-Merci Ike.
-Ne t'en fait pas. Comment aurais-je pu en vouloir à mon meilleur ami ?
Le stratège soupira silencieusement et s'écarta du bretteur pour se redresser, et enlever de ce fait, la longue toge noire qui l'encombrait.
-Je suis fatigué, dormons.
Le commandant agréa d'un simple signe de tête, puis, s'allongea sur l'autre lit après avoir retiré ses bottes. Soren était prêt à souffler sur la dernière chandelle lorsqu'il se rendit compte que Ike l'observait attentivement.
-Et bien ? Tu ne dors pas ? Questionna le plus jeune les sourcils froncés.
-Hum… J'aurais trop peur de découvrir ce lit –il désigna celui de Soren- vide en me réveillant demain matin. L'autre secoua la tête avec exaspération, les yeux levés au ciel.
-Mais non, je ne vais pas m'enfuir en pleine nuit comme un voleur !
-Peut-être, mais je préfère prendre mes précautions.
Joignant le geste à la parole, Ike se leva de son matelas et avança vers le mage, tout en lui faisant signe de quitter sa couche.
-Mais-mais qu'est-ce que tu fabriques bon sang !? S'écria Soren avec stupéfaction lorsqu'il vit le guerrier pousser le meuble pour l'amener juste à côté de son lit. Satisfait lorsque tout fut en place, Ike regarda son ami avec détermination et se recoucha.
-Voilà, comme ça je serais obligé de le remarquer !
Le tacticien se frappa le front du plat de la main.
Oh Déesse !
-Quel idiot tu fais ça n'est pas possible !
-Tais-toi un peu et viens te coucher ! Ordonna le jeune homme d'un ton sans réplique.
Soren ne pouvait même pas protester car en vérité, la perspective de passer la nuit aux côtés d'Ike ne lui était pas tout à fait désagréable. Il souleva les pans de sa robe et prit place sur le matelas avant de ramener la couverture sur eux. Ike se retourna pour l'observer. Ils restèrent ainsi quelques longues minutes à se regarder sans rien dire. L'épéiste contemplait les orbes vermillon qui lui faisaient face. Avec le temps, il lui semblait qu'elles devenaient de plus en plus rouges. Ce qui rendait le mage à la fois plus austère, mais aussi plus mystérieux, fascinant… Quand au stratège, celui-ci se félicitait de réussir à soutenir le regard d'Ike aussi longtemps. Lui laissant tout le soin et le temps d'admirer les traits de son visage changeant. Dur, et pourtant délicat avec ces mèches cobalt qui lui tombaient devant les yeux et un léger sourire empli d'une candeur rare.
-Bonne nuit Ike…
-Toi aussi.
Le bretteur s'endormit très rapidement, probablement éreinté après son trajet du palais de Crimea jusqu'au fort, et celui qu'il avait fait en le poursuivant. Et pourtant, il avait réussi à rester éveillé jusqu'ici. Le stratège expira profondément, fixant le plafond avec nostalgie.
-Pourquoi me suis-je attaché à toi de la plus curieuse et impensable des façons ? Se demanda le demi-laguz à haute voix.
Comme le silence ne pouvait lui répondre, il finit par s'assoupir à son tour. »
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(1)Dans path of radiance, c'est une conversation que vous avez lorsque Soren arrive dans votre équipe. A peu de chose près. XD
(2)Si vous avez A en soutient avec Soren à la fin de ce jeu, il vous dira ce à quoi Ike fait allusion.
Voilààà enfin le chapitre 2 est posté, je sais je mets du temps pour publier, mais pardonnez-moi je suis en période de bac. Merci à mes deux commentateurs ^^, merci à toi mon Caïn d'amour et j'espère que ce chapitre 2 t'a plus ! o/ A partir de maintenant je vais mettre des musiques thèmes pour les chapitres^^, je trouve ça sympa. Et oui j'aime Cabrel (pas taper !)
