Chapitre 9 : Le veilleur
« Tu pourrais me répondre au moins. Enfin bref... Lève-toi, nous devons partir.
Encore totalement stupéfait parce qui venait de se passer et par l'apparition de son nouvel homologue, Soren était sans-voix. Il ne savait pas quoi dire ou faire en premier lieu. De toute façon il n'en eut pas le temps car son sauveur le saisit fermement par le bras pour le faire se relever.
Une poigne de fer et un regard d'acier… Soren sentit un frisson parcourir son échine.
-Ce n'est pas le moment de rêvasser. Gronda l'autre tout en rengainant son épée.
Le mage cligna plusieurs fois des yeux, de nouveau conscient de la situation. Malgré l'urgence de celle-ci, il n'avait qu'une idée en tête. Comprendre ce que l'homme faisait ici et comment il l'avait trouvé.
Alors qu'il était tiré sans ménagement vers la sortie, un nom s'échappa d'entre ses lèvres.
-Stefan.
-Tu te souviens de moi, comme je suis flatté. Grinça le plus vieux.
-Je… Stefan… Qu'est-ce qui s'est passé ici Déesse ? S'exclama le magicien en constatant le massacre qui avait eu lieu dans le mess. Il força l'homme à s'arrêter et observa la scène les yeux grands ouverts. Les corps des ravisseurs, écorchés, transpercés de toutes parts jonchaient le sol et les meubles, les imbibant de leur fluide vital. Il tourna la tête vers l'épéiste, l'air à la fois effrayé et désappointé.
-C-C'est toi qui a fait ça ? Mais pourquoi ! Tu n'étais pas obligé de les tuer, surtout comme ça ! C'est un carnage abominable ! Ca ne te ressemble pas !
Stefan haussa un sourcil et se pencha vers lui et répondit froidement :
-Je n'ai que faire de ceux qui pourchassent nos semblables comme du gibier. D'ailleurs, ces mots ne te ressemblent pas non plus. Tu es plutôt le genre de personne à tuer un adversaire de sang-froid s'il menace ta vie même quand tu sais que tu peux l'épargner.
-Etais !
-Vraiment ? Tu m'en voies ravi.
-Comment peux-tu prendre ça aussi légèrement je… Je…
Soren vacilla un instant avant d'être étreint fermement par son semblable. La fatigue et la colère accumulé commençait à avoir raison de toute sa volonté.
-Cesse de parler, surtout pour dire des inutilités.
-Lâche-moi…
-Ca non, tu n'iras nulle part sans mon consentement. Déclara l'épéiste, parvenant enfin à emmener le sage hors de ces murs. Il le guida jusqu'à sa monture, patientant calmement derrière un buisson. Rien qu'à son attirail colorée, on pouvait deviner que son propriétaire n'était pas de la région. Il aurait bien sortit une de ses remarques cinglantes qu'il maîtrisait bien, mais il n'en avait pas la force.
Stefan le hissa sur la selle que recouvrait plusieurs tapis. Puis à son tour, monta sur le quadrupèdes, juste derrière lui.
-Tiens-toi bien à la crinière, et je te laisse les étriers. Indiqua le plus âgé.
-Comment vas-tu faire sans?
-Je sais même monter à crue figure-toi.
-Hm…
Stefan soupira profondément, empoignant les rênes.
-Ne t'inquiète pas, je n'essaie pas de me montrer aussi fantastique à tes yeux que ce cher Ike.
-Pardon? »
Le guerrier fit un sourire moqueur, ce stratège était décidément trop prévisible. Vraiment, il s'amusait de l'asticoter. Cependant, il y avait plus urgent à faire que de lui envoyer des piques. Ainsi, donna de l'allure à son cheval pour quitter la forêt.
Après une bonne demi-heure de chevauchée, les deux hommes arrivèrent à une auberge un peu isolée, voire paumée, au milieu de la bruyère. L'Auberge du Minet Galant. Drôle de nom se disait le mage. Mais il découvrit bien vite pourquoi ce lieu était ainsi homologué. Comme lui avait expliqué Stefan (très amusé par la situation), c'était le genre d'endroit où se retrouve de bonnes gens, le plus souvent mariés, mais…. Chacun de leur côté. Aux dire de l'épéiste qui ne pouvait que se gargarisé de la gêne du tacticien, c'était bien la seule maison d'hôtes à plusieurs lieux à la ronde. En cette saison, la nuit tombait vite. Il n'était pas question de vadrouiller dans le noir.
Lorsqu'ils franchirent le seuil de la porte, une jeune femme gracile aux boucles blondes quitta le comptoir pour les accueillir, ou plutôt pour l'accueillir lui. Elle aborda Stefan d'un ton suave mais décidée.
« Mon beau Sir du désert! Ha ça faisait si longtemps qu'on ne vous avait pas vu. Alors monseigneur, il n'y avait pas assez de belles dunes dans ton quartier? Questionna-t-elle en battant des cils si vite que Soren en fut plus qu'étonné.
Elle agrippa fermement le kimono du bretteur et plaça rapidement son autre main contre son épaule. Le mage afficha un air presque scandalisé! Et ce n'était plus pour la même raison.
Le pire, c'était que Stefan lui souriait en retour, comme un abrutit. Et il voyait bien que le regard du marqué plongeait dans le décolleté corseté de son hôtesse. Etrangement, il s'en trouva très vite agacé.
-Allons Reetha, vous savez bien que les demoiselles de Criméa sont irremplaçables dans mon cœur. Répondit Stefan, charmeur.
-Dans votre couche aussi j'espère! Lui souffla la jeune femme en ricanant. Soren l'entendit cependant, et décidé de couper court à la conversation.
-Je ne suis pas désolé de t'interrompre Stefan, mais tu vois, je suis comment dire…. Fatigué!
L'épéiste le regarda un instant, observa son expression irrité, ses oreilles rougies puis opina du chef d'un air satisfait.
-Ma chère, je suis navré mais mon jeune ami ici est-
-Oh je l'ai bien compris Beau Sir, il reste plusieurs chambre de libre. Mais… Je n'ai pas de lits séparés.
Soren s'apprêta à dire quelque chose, les yeux écarquillé, mais Stefan le coupa.
-C'est parfait!
-Alors suivez-moi!
Elle les conduisit à l'étage, la chambre se trouvait en bout de couloir. Elle l'ouvrit et confia la clé à l'épéiste.
-Chambre numéro douze les garçons. Allez vous prendre un repas?
-Volontiers. Répondit l'homme tout sourire tendit que Soren allait s'effondrer sur le lit sans demander son reste.
-Très bien. Hey, j'espère que vous viendrez faire un tour derrière le comptoir hm?
-Pour l'instant je dois parler avec mon ami.
Reetha fit une petite moue et croisa les bras, l'air soucieuse.
-Je me disais bien que c'était un garçon, mais dites-moi… Il n'est pas un peu jeune? Enfin… Stefan ne put sérieusement pas s'empêcher de s'éclaffer doucement.
-Je vous expliquerais va. A tout à l'heure.
-Reposez-vous bien! Elle lui fit un clin d'œil et la porte se referma.
Soren, qui avait visiblement tout entendu se tenait sur le matelas, assis contre la tête de lit. Le fixant le plus durement possible malgré sa condition physique.
-Bravo pour ce petit numéro, je suis impressionné.
-Tsss, Stefan ferma le verrou et s'avança dans la pièce. Il déposa sa Vague Katti sur une commode et retira son kimono qu'il posa par-dessus.
-Ne t'emporte pas veux-tu. Nous ne sommes pas amis que je sache? De quel droit devrais-je te justifier ma conduite?
-Grr, tu es… Immature! Grossier et égoïste! Voilà ce que tu es!
Le bretteur ne cilla même pas et le regarda d'un air impassible. Ni vraiment froid ou totalement neutre, mais ce genre de regard qui signifie en gros: Ne me cherche pas . Vous voyez?
Il posa un genou sur le lit, puis une main, puis l'autre et… Soren se recroquevilla.
-Qu'est-ce qu'il y a? Maugréa-t-il.
-Pardon? Le bretteur s'assit et croisa les bras. Ah je vois… Déesse, suis-je vraiment un Casanova qui ne cherche qu'à… Franchement, j'aimerais vraiment que tu arrêtes de me juger en permanence!
-Je.. Ce… Et ces histoires de frivolités hein?
-Rhaaa… Soren, je suis un homme que diable! Et je suis plutôt du genre sans attache. Mais je ne suis pas un goujat irrespectueux où un coureur de jupons! Tu me déçois. Je pensais que tu n'avais pas une très bonne opinion de moi… Mais à ce point! Oh mais tu aurais peut-être préféré finir comme esclave avec ces bandits. Il fallait me le dire tout de suite.
Conscient d'avoir mal interprété la situation, le stratège sentit la honte l'envahit. Mais il n'en dit rien. Il avait toujours été plus où moins injuste envers Stefan, car il avait souhaité se rapprocher de lui et donc, l'éloigner d'Ike. Quoiqu'en y réfléchissant… Même à peine, ça n'était pas le but de l'autre Marqué. Non, probablement pas. Il était bien trop noble et respectueux…
L'escrimeur poussa une profonde inspiration et s'assit sur le bord du lit.
-Excuse-moi, je n'aurais pas du m'emporter ainsi. Il lui tendit son bras et ouvrit la main, révélant sur la paume un petit flacon.
-Tiens.
-Mais Stefan tu n'as pas à… Soren baissa rapidement les yeux. Bien sûr qu'il devait s'excuser! Heu… Qu'est-ce?
-Tu te souviens l'autre jour, ce que je voulais te faire boire? C'était ça.. Il faut absolument que tu le prennes et je t'expliquerais le fin mot de cette histoire… Et ma présence ici par conséquent.
-Bon… Rien que pour enfin connaître les éléments de cette intrigue, le mage allait ingurgiter cette potion. Il prit le philtre et l'avala d'un coup, puis reposa le contenant sur le chevet.
-Je t'écoute.
-Merci. L'homme paraissait réellement soulagé alors qu'une douceur passait sur son visage. Soren en fut réellement étonné. Était-ce donc si grave?
-Ca a rapport avec ces bandits non?
-Tout à fait. En vérité, je suis à Criméa depuis quelques temps déjà. J'étais à la recherche de ces types. Leur organisation, Constel, est en vérité un groupe extrémiste religieux ayant pour intention d'anéantir la relation entre les Beorc et les Laguz. Par extension, d'asservir ces-derniers et d'anéantir nos semblables. Ils ont leur propre interprétation de ce que doit être la religion d'Ashera. Ils considèrent les Laguz comme des sous-humains et les Marqué, comme des erreurs, des créatures nés du péché commis entre deux êtres de race différente.
-C'est… C'est horrible, souffla Soren, presque à court de mot. Bien sûr, je me doutais que de telles personnes pouvaient exister, nous en avons rencontrer à Daein. Mais tout de même. Un groupe entier, guider par la voie cléricale. Tu voulais les arrêter toi-même, seul? Tu es fou!
-Laisse-moi finir, je ne suis pas inconscient à ce point. Tu sais malheureusement comment sont les politiciens. Les Marqués ne sont pas assez reconnus si on peut dire, pour entreprendre quoique ce soit pour les aider. A l'origine, ce groupe est originaire de Daien-
-Cela m'aurait étonné.
Stefan haussa les sourcils et sourit.
-Et là-bas, ils n'avaient pas de problèmes. Ils ont quitté le pays à cause de l'occupation de Begnion. Ici, presque tout le monde ignore leur existence, ou du moins, leur véritable intention.
-Je vois.
-Pour tout t'avouer, je fais moi-même parti d'un groupe qui cherche à les évincer. En majorité des Marqués. Je suis venu enquêter. Mais aussi, je voulais convaincre cette jeune fille qui leur sert de nous rejoindre.
-Ah oui, Spika. Elle s'appelait ainsi. Déclara le tacticien. D'ailleurs, j'ai l'impression de l'avoir déjà vu…
Stefan croisa les bras d'un air satisfait.
-On peut dire que tu as une bonne mémoire. Tu l'as sans doute croisé lors du bal, elle c'était grimée.
Soren réfléchit quelques secondes et frappa son poing contre sa main.
-La fille au parfum! S'exclama-t-il. L'épéiste pencha légèrement la tête sur le côté d'un air interrogatif. Le sage essaya de ne pas laisser transparaître son embarras.
-Ce- cet élément m'a marqué!
-C'est bon, ne t'inquiète pas. Je me doutais bien que Constel préparerait quelque chose pour un évènement aussi important que celui-ci. Personne ne se méfierait d'une jeune fille non? Le parfum qu'elle portait était un poison pour les Laguz. Constel voulait que ceux-ci soient contaminés afin de répandre la maladie et rendre Criméa responsable de ce coup en traître.
-Et cela aurait envenimé en conflit international, puisque personne ne penserait que c'était elle. Les Laguz penseraient qu'un Beorc à jeter un sort par exemple. Que c'était un piège tendue par Criméa qui souhaitait pourtant fêter la réconciliation de leurs deux nations.
-Tout à fait. Heureusement, des amis m'ont aidé pour cette intervention. Lorsqu'elle les a vu dans la salle de balle, elle a cherché a s'enfuir. Très peu ont été touchés, et nous avons réussi à leur faire boire le remède discrètement. Par chance, il y avait des consommations ce soir là.
-Mais… Qu'est-ce que j'ai avoir là-dedans? Questionna le mage, mais il devina de lui-même. Je vois, c'est parce que je suis à demi Laguz n'est-ce pas?
-Oui, les effets du poison sont moindres et plus tardifs. Le remède sert aussi de vaccin, ainsi tu ne l'aurais pas eu.
-C'est vrai que je me suis sentit mal le lendemain de la fête. Et comme Spika a utilisé un sort de soin sur moi, cela a du atténuer les effets.
-C'est une possibilité en effet.
-Mais… Mais comment l'as-tu su? Je veux dire… Pour tout ça, et pour le reste? Et tu m'as sauvé la vie. Demanda le garçon un peu perdu.
-Il n'existe qu'un seul poison de ce genre et il s'agit de la Peste Laguz. Je l'ai déjà connu, par le passé. Et oui, je suis plus vieux qu'il n'y parait. C'est pour ça que nous avions le remède. Néanmoins, c'est par hasard que Mist s'est trouvé sur mon chemin alors que je cherchais Constel. Elle était paniquée.
Soren se redressa d'un seul coup et cramponna son bras.
-Mist? Tu l'a vue? Elle va bien? Et-
Stefan posa une main rassurante sur son épaule.
-Elle va bien. Je lui ai donné de l'argent et une arme par précaution, puis je lui ai indiqué la route de votre bastion. Elle m'a tout expliqué et indiqué le bois où se trouvait le repère des bandits. Ike n'aura pas a remué ciel et terre pour te retrouver, car j' ai promis à Mist de te retrouver. Je lui aussi demandé de taire mon nom auprès de lui.
-Pourquoi?
-Ike est un homme bon et honnête. Il est du genre à vouloir rendre la pareille à tout le monde. Il pensera que j'ai une dette envers lui.
-C'est normal, dit Soren en se rasseyant au fond du lit, tu ne peux pas l'en empêcher. Mais si quelqu'un a une dette envers toi, c'est bien moi.
L'homme secoua la tête et le regarda droit dans les yeux, se faisant plus sérieux que jamais.
-Mes amis n'ont pas à avoir de dette envers moi. Je ne sais pas si tu me détestes où si tu tolères juste ma présence. Mais… Ecoute, je ne veux plus avoir à faire aux mercenaires après cela. A ces mots, il se releva et se dirigea d'un pas pressé vers la porte.
-Stefan? Attends qu'est-ce que tu veux dire par-
-J'ai beaucoup parlé. Il est temps pour toi de te reposer. Demain, tu retrouveras ta famille. Un dernier sourire qui semblait faux comparé aux autres, et la porte se referma, laissant le mage dans une totale perplexité.
* Qu'a-t-il? Peut-être… Veut-il prendre ses distances? Nous ne sommes pas du même monde c'est vrai mais. Enfin, nous sommes ses amis et il ne veut plus nous voir? *
-Me voir…? Songea le Marqué, les jambes repliés contre son torse. »
Il repensa alors à tout ce que l'épéiste avait entreprit pour lui. Tous les risques pris, toutes les péripéties qu'il avait du entreprendre seul sans jamais rien demandé en retour. Soren réalisa qu'il avait été terriblement injuste envers lui. Il l'avait toujours repoussé, rabaisser. Il avait peur de se rapprocher de lui, comme de n'importe quel soldat. Sauf que c'était un peu différent. Stefan était son semblable. Il pouvait le comprendre, il pouvait l'apprécier sans crainte tout comme… Ike. Le stratège n'avait pas voulu risquer de s'éloigner d'Ike, n'y de se retrouver enchainer au Marqué comme il l'était au commandant. Il s'était rendu compte que cette liaison était possible et avait préféré tout mettre en œuvre pour la ruiner, quitte à blesser le bretteur.
Soren ressentait quelque chose de très particulier qu'il n'aurait su définir, sauf s'il avait été une fille d'après lui. Il s'en voulait, il voulait s'excuser auprès de Stefan, mais cela n'avait plus d'importance puisqu'ils n'allaient probablement jamais cette revoir. Cette pensa l'effraya et l'attrista à la fois. Peut-être que tout aurait bien pu se passer? Il avait mis tant d'énergie à vouloir se tenir à distance du Marqué ou pour qu'il le déteste, que au final, celui-ci s'était visiblement encore plus accroché à lui et sa détresse. Un Acte Manqué en quelque sorte…
Le maître du vent se coucha sur ce lit confortable et s'enveloppa dans les couvertures chaudes. Qu'elle aubaine ce poêle.
Il repensa à un évènement qu'il avait voulu chasser de sa mémoire depuis le jour même où il s'était produit.
Ike était en train de discuter avec la Princesse Elincia. Lui, attendait la fin de leur conversation pour pouvoir enfin lui faire son rapport. Quand les aurevoirs furent prononcés, le sage cru pouvoir saisir l'opportunité, mais un alcoolique surgit dans le décors. C'était Shinon. Il se mit à taquiner l'épéiste comme quoi il était amoureux de la jeune demoiselle, et que bientôt il serait un noble riche et célèbre et qu'il vivrait heureux avec beaucoup d'enfants. Ce à quoi, le commandant n'avait rien répondu!
Et qui ne dit mot consent non?
A ce moment précis, le garçon avait sentit un nœud lui serrer l'estomac comme jamais. Peur? Déception? Tristesse? Quoi d'autre? Une envie irrépressible de pleurer toute les larmes de son cœur, puis crier enfin de ne pas partir. De se laisser tous ses sentiments parler pour la première fois de la façon la plus sincère possible, laissant ce décors être l'exutoire de son âme torturé.
Mais non. Il s'était enfuit, tout couard qu'il était. Il s'était réfugié dans sa tente sans remarquer que Stefan l'avait vu courir comme un fuyard, complètement chamboulé. Il était allé le voir. Cependant Soren ne voulait rien avoir à lui dire. Il n'avait pas envie d'exprimer de façon peu claire des émotions peu limpides pour lui. Il n'arrivait pas dire ce qu'il avait sur le cœur et ne voulait pas le fais. Il ne voulait pas montrer cet état de faiblesse, car il était certain que le bretteur allait en profiter!
Enfaite, ce fut plus ou moins le cas. Tout dépend du point de vue. Stefan n'avait rien fait à part le serrer fort contre lui dans un étau de réconfort et de compassion. Soren s'était battu et avait fini par laisser couler ses larmes. Puis l'épéiste avait dit:
« Vous n'êtes pas obliger de parler. .
Soren s'était laisser aller. Il ne voulait rien d'autre que de laisser couler librement ses larmes.
-Je n'aime pas te voir pleurer. Avait dit l'homme en ramenant une mèche de cheveux derrière son oreille. Stefan l'avait tutoyé? Le stratège était devenu encore plus rouge qu'il ne l'était déjà à cause de son chagrin. Son semblable dégageait vraiment quelque chose de… Chaud… Rassurant… Attirant? Le plus jeune cédait, il était en train de le laisser se rapprocher dangereusement de lui. Alors qu'il s'en était rendu compte, Stefan l'avait s'allonger sur son lit de fortune, une main posée contre sa taille. Un frisson était remonté long de son échine lorsque les lèvres du guerrier avaient rencontrés la peau de son cou. Il le serra plus fermement, mais sans y mettre réellement de force. Ni dans aucune de ses autres attentions. Soren, dont le cœur avait été sur le point d'éclater, avait bégayé un refus. Il n'en avait pas fallu plus pour stopper l'épéiste. Celui-ci s'était rapidement levé, lui-même visiblement étonné par son attitude.
-Excusez-moi. Je ne sais pas ce qui m'a pris! Ce furent les mots de l'épéiste. Quant au siens, et bien Soren ne s'en rappelait plus très bien. En tout cas il lui avait hurler quelque chose comme « je ne veux plus jamais vous revoir ». »
Le comportement du Marqué était réprimandable certes, mais pas au point de le haïr. Peut-être était-ce sa façon de faire? Comme certains se noient dans l'alcool lorsqu'ils sont malheureux. De plus, Soren n'était engagé avec personne, Stefan avait tenté sa chance. Il ne lui avait pas dit pourquoi il était triste à ce moment.
Il était peut-être… Lui aussi désespéré de ne pas pouvoir être avec la personne à laquelle il tenait. En l'occurrence, lui. Il avait toujours su pour les sentiments de l'épéiste en quelque sorte, mais ne s'en était jamais formalisé.
Cela devait être douloureux d'être rejeté si violemment par la personne que l'on aime. Stefan ne s'était montrer plus mature que Soren à ce moment, et maladroits. Lui, le maître d'épée toujours si sûr de lui et fiers de son expérience. Le mage ne put s'empêcher d'esquisser un léger sourire.
* On est maladroit qu'avec les personnes qu'on aime vraiment… C'est étrange… J'ai l'impression que je ne lui en veux plus. Il faut que le lui dise… Oui je lui dirais…*
Stefan ne revint que très tard dans la soirée, il devait être minuit. Lorsqu'il s'introduisit discrètement dans la pièce, il constata que le mage était endormit. Il ne s'en montra que plus silencieux, même s'il avait du mal à se retenir de bailler. Le bretteur n'était pas ivre, mais l'alcool lui montait un peu à la tête, il décida alors d'ôter ses bottes et de s'asseoir contre la tête de lit.
*Il ne faudra s'en aller au petit jour, sinon, nous n'atteindrons pas le bastion des mercenaire avant la soirée.* Se dit-il en jetant un coup d'œil au mage endormit.
Il ne put s'empêcher de sourire à l'enfant qu'il veillait. Il semblait si fragile ainsi, alors que c'était tout le contraire. La plupart de leurs ennemis s'était bien fourvoyé à cause de son physique. Et ils continuerons probablement encore, puisqu'il allait vieillir lentement… Stefan se demandait si le jeune homme avait songé à cette réalité. Sûrement, il était assez intelligent pour ça. Qu'en pensait-il? Ca, l'épéiste aurait volontiers aimé le savoir.
Il émergea de ses pensée lorsque de faibles gémissement lui parvinrent. Il vit Soren remuer légèrement, sans doute faisait-il un mauvais rêve.
« Papa… Maman… »
Stefan, le cœur serré, tandis la main vers le garçon et remua ses cheveux. Soren était torturé profondément par d'autres choses moins évidentes que son existence de Marqué. Il n'avait pas eu de véritable famille. Cela avait influé son comportement depuis des années, et continuerais sans doute encore longtemps.
*Ike t'aidera, j'en suis sûr.* Songea-t-il avec un léger sourire.
Il s'imagina un instant dans la peau de son père. Après tout, il était bien en âge. Il pourrait ainsi le protéger pendant très longtemps. Il ne savait pas trop pourquoi il pensait à ça, mais il arrivait bien à se l'imaginer, les yeux fermés. Vraiment, il aurait aimé le connaître avant et pouvoir l'aider à s'ouvrir aux autres. Malheureusement, cette place lui avait été ravie pas Ike, et Stefan avait bien du mal à discerner ses sentiments pour le mage à présent.
« Mmm… Stefan?
L'escrimeur enleva rapidement sa main et le regarda avec douceur.
-Excuse-moi, j'ai dû te réveiller. Tu veux que j'éteigne les chandelles?
Soren réfléchit quelques secondes et secoua la tête.
-Non. Si je me rendors, je crains de refaire ce cauchemar… Ce cauchemar ou je suis seul… Comme toujours…
-Soren, tu es loin d'être seul à présent. Tu as tous les mercenaires de Greil, et surtout Ike.
-Je-
-Ecoute, j'ai bien compris que tu l'aimais. Tu ne veux pas le perdre donc tu ne veux pas te rapprocher des autres pour ne pas t'éloigner de lui.
-Tu es toujours aussi perspicace que moi, et cela m'énerve. Mais tu sais… Je ne te déteste pas enfaite.
Stefan souffla doucement.
-Je suis plutôt heureux de te l'entendre dire .
-Mais comment sais-tu pour Ike? Je veux dire. Je ne comprends pas très bien ce que je ressens.
-Tu l'aimes beaucoup non? C'est-ce qui compte. Peu importe qui quoi ou comment. Ce que tu dois te demander c'est de quoi tu as envie, ce que tu souhaites partager avec lui.
-C'est difficile… Je sais que j'ai besoin de lui comme les plantes ont besoin de soleil… Déesse, je n'arrive pas à croire que j'ai dis ça! S'exclama le tacticien aussi rouge que ne l'étaient ses iris.
-Je comprends tout à fait ce que tu ressens. Soren, tu es amoureux. Je sais que cela peut paraître très étrange, surtout pour toi. Et ne va pas croire que tu n'es pas assez bien pour lui, ce n'est que de la justification. Tu es un être humain comme un autre.
-Peut-être mais…. Est-ce que lui… Quoique, il m'a embrassé.
-Vraiment? S'enquit le bretteur qui fit de son mieux pour masquer la peine que lui faisait d'entendre ces mots. C'est plutôt bon signe, Ike n'agit jamais à la légère.
Soren ne dit pendant un petit moment. Puis sa mine dubitative disparue, ses lèvres s'étirèrent doucement en un grand sourire éclatant. Si rare.
-Ce serait tellement bien… Je me sens ému. Ha! Ce n'est vraiment pas normal!
-L'amour nous rend souvent irrationnel et idiot, tu n'es pas une exception. C'est quelque chose qu'on ne peut contrôler ou interpréter. Ce n'est pas logique. Fais-toi à cette idée.
Le sage laissa échapper un léger rire. Il se redressa et s'assit à côté de Stefan. Après un bref silence, il demanda:
-Pourquoi fais-tu ça?
-Pardon?
-M'aider ainsi, même me pousser dans les bras d'Ike, si j'ose m'exprimer ainsi.
-Ah… Hum, tu sais… Je veux simplement que tu sois heureux, quoique tu puisses en penser.
-Je te crois. Juste… Je pensais que tu…. Enfin.
Stefan tourna la tête vers lui, la sincérité de ses propos était lisible dans ses yeux.
-C'est le cas. D'ailleurs, je regrette mes actes de ce jour-là. Tu pleurais à cause d'Ike, et je ne l'avais pas compris. Enfaite non, je n'en étais pas certain, et cela m'a suffit à me faire agir comme un idiot, je suis désolée.
-Non, comme tu l'as déjà dit, tu n'as rien fait de grave. Tu sais j'y ai réfléchit, j'ai réfléchit à tout ce qui c'est passé, à tout ce que tu as fais pour moi. Et… Merci. J'aurais dû te le dire avant.
-Soren… Murmura Stefan, estomaqué.
-J'ai été injuste envers toi dés le début. Je m'en excuse sincèrement, et je comprendrais tout à fait que tu ne puisses pas me pardonner.
L'homme secoua la tête et le décoiffa gentiment.
-Allez c'est bon va. Et puis je n'ai pas été très agréable non plus à Mélior. Repartons sur de bonnes bases… Bonjour, comment t'appelles-tu?
-Pfff, idiot. Le stratège se mit face à lui. Mon nom est Soren et j'appartiens aux Mercenaires de Greil. Il lui tandis la main.
Stefan la serra et répondit.
-Je m'appelle Soanevalcke, mais tu peux m'appeler Stefan.
Soren fronça légèrement les sourcils.
-Soanevalcke? Soan…Mais alors, tu es de la lignée des rois de Gallia n'est-ce pas?
-Mais je suis aussi un Marqué, alors mon destin ne s'est pas avéré aussi glorieux que le leur.
-C'est incroyable et scandaleux à la fois! Mais… Pourquoi me le dire maintenant?
-Tu viens de m'ouvrir ton cœur, il est normal que j'en fasse de même. Puis, une bonne relation ne peut être basé sur le mensonge. Autant te dire la vérité.
-Ce… Certainement. Hésita le mage visiblement embarrassé. Le regard du bretteur était à la fois bienveillant, peut-être même troublant. Il lâcha rapidement sa main.
-Je, hum, je crois que j'ai un dette envers toi. Tu m'as sauvé la vie deux fois dans la même journée, c'est beaucoup.
-Oh, je ne te savais pas aussi généreux.
Soren toussota.
-C'est juste que je n'aime pas être le débiteur de quelqu'un. Mentit le tacticien. J'aurais l'impression de te devoir constamment quelque chose. Et puis, Soren baissa les yeux, tu as dit que tu ne voulais plus me revoir après, non?
Stefan regarda lui aussi ailleurs.
-Tu comprends pourquoi n'est-ce pas? Il a des choses que je ne pourrais pas supporter. Et puis, nous n'étions pas sensés nous revoir de toute façon. Il hésita un court instant et posa sa main sur l'épaule du mage.
-J'appartiens au passé maintenant. Toi tu dois aller de l'avant, tu n'as pas besoin de moi pour ça. Jamais tu n'en as eu besoin.
-Stefan!
-… Je ferais de mon mieux pour vous protéger toi et les autres Marqués, dans l'ombre. Tu ne le sauras pas, et tu n'auras pas à t'en faire.
-…
-Crois-moi, ça ne me fait pas plaisir de dire ça.
Après un long silence durant lequel le mage avait tenté d'assimiler tout ce qui venait d'être dit afin d'en prévoir les conséquences, il prit la parole.
-Il n'empêche que… Je te suis reconnaissant. Si c'est la dernière chose que tu peux me demander alors…
Stefan emprisonna fermement ses mains dans les siennes.
-Ce que je désire vraiment le plus, tu ne peux me le donner.
-Et bien…
L'épéiste soupira légèrement et le libéra, ensuite il ajusta son oreiller sur le matelas.
-Allez, il est temps de dormir tu ne crois pas?
Soren le regarda, l'air grave.
-Je n'ai pas sommeil.
-… »
Mouahaha 8D j'adore ce genre de fin. Merci a vous qui me suivez encore, vous êtes bien courageux! Merci pour vos gentil et constructifs commentaires. Chapitre un peu pépère, pas trop d'action mais pas mal d'explications (enfin o/), j'ai essayé de pas trop faire de OC XD, bien qu'on en sache pas tellement sur le caractère de Stefan par exemple, mais le côté un peu galant homme me plait bien!
Je vous promets que les emmerdes ne sont pas finis pour Ike et Soren! (Comment ça cruel? Il faut une histoire non?) En même temps c'est triste pour Stefan, et Mist. Vous avez vu, lui qui pensait ne pas être aimer^^.
Ce chapitre n'a pas été entièrement corrigée, mais je le post avant de faire encore plus attendre T T.
