Moment entre amis et arrivée impromptue...
- ... comme ça, elle ne se doutera de rien et on pourra tout organiser rapidement !
James n'arrêtait pas de parler depuis une demi-heure. Je continuai à hocher la tête comme si j'étais passionné par ce qu'il disait mais j'avais décroché depuis longtemps déjà. Je fixais la cheminée sans la voir en listant toutes les bizarreries encore inexpliquées du château, à commencer par Mia, alias Plumdor ou Plum'. Son surnom venait de la petite tâche dorée qu'elle possédait sur chacune de ses transformations ainsi que sa préférence marquée pour les volatiles.
J'entendis vaguement James se taire, soupirer, il y eut un éclair de lumière et je me retrouvai suspendu dans les airs par la cheville.
- Ahhhh ! Corndedrue, descends-moi tout de suite ! hurlai-je sous les rires de la dizaine de Gryffondor présents.
- Bien sûr mon cher Patmol, si tu me cites la dernière phrase que je viens de dire, dit-il ses yeux rieurs fixés sur moi.
- Désolé mais tu es tellement passionnant que j'ai tout oublié...
- Alors tu vas rester ici jusqu'à ce que je me décide à te descendre.
- James, s'il-te-plaît, suppliai-je.
- Non.
Ce traître se détourna et se dirigea tranquillement vers l'escalier du dortoir. Je dégainai ma baguette qui se trouvait dans ma manche et visai soigneusement -notez l'exploit la tête à l'envers- je marmonnai ensuite une formule et la peau de mon meilleur ami prit une délicate teinte verdâtre. Les autres éclatèrent de rire mais il monta sans se rendre compte de rien. Je souris, fier de mon coup et annulai le sort qui me retenait suspendu d'un petit coup de baguette. J'atterris souplement sur le tapis et repris ma place dans le gros fauteuil moelleux que j'affectionnais particulièrement.
Lunard entra dans la salle commune suivi de Queudver, ils portaient chacun deux ou trois livres. Je baillais longuement tandis qu'ils s'installaient sur le canapé en face de moi.
- Où est Mia ? demandai-je.
- Une fois le devoir de potions terminé, elle est partie se promener dans le château en nous laissant ses affaires, dit Lunard en désignant le troisième sac qu'ils avaient rapporté.
- James est parti où ? demanda à son tour Peter.
- Il...
Je fus interrompu par un horrible hurlement, à la limite du cri suraigu typiquement féminin. Mon sourire satisfait fit froncer les sourcils de Remus alors que Queudver se tassait dans son siège, apeuré. Il n'y avait plus un bruit dans la pièce. On entendit une cavalcade dans les escaliers et James apparut, littéralement vert et en colère. Je m'écroulai de rire avec plus de la moitié des autres élèves devant les regards stupéfaits de Remus et Peter.
- Sirius Black ! vociféra mon ami en avançant à grandes enjambées vers moi.
Il sortit sa baguette d'un geste brusque et je fis de même tranquillement en le défiant du regard.
- Sirius, enlève-moi cette horreur tout de suite !
Je lui fis mon sourire le plus arrogant et secouai la tête de gauche à droite le plus lentement possible, histoire de l'exaspérer encore plus. Il rugit et je vis du coin de l'œil Lunard amorcer un geste pour se lever.
- Tu vas rester comme ça jusqu'à ce que je me décide de te rendre ton apparence normale, minaudai-je, reprenant ses propres mots.
Il ouvrit la bouche avec l'intention très claire de me jeter un sort, je me tenais prêt.
- Mais pourquoi tu ne l'as pas tout simplement annulé Cornedrue ? demanda Peter avec l'air docte qu'il prenait quand il se moquait de nous.
Je soupirai de déception mais ne pus m'empêcher de rire devant la mine dépitée de mon ami. Pris dans l'énervement de l'instant, il n'avait de toute évidence pas pensé à cette solution. Il pointa sa baguette sur son visage et marmonna la formule. Sa peau redevint normale mais il garda une certaine rougeur au niveau des joues. Il s'affala sur le fauteuil rouge à côté de moi.
- Ne me refais plus jamais ça Patmol, susurra-t-il, ou ma colère sera terrible...
Je pouffai. Peter prit un livre dans son sac et se cacha derrière. Remus semblait perdu dans ses pensées, il fixait la danse du feu d'un air absent comme souvent ces dernier temps. J'échangeai un regard complice avec James.
- Eh, Lunard reste avec nous ! lançai-je.
Il sursauta et me jeta un regard ahuri.
- C'est pas le moment de dormir, ou de rêver, ajouta James avec un sourire moqueur.
Notre ami devint rouge pivoine et détourna la tête.
- Vous ne pouvez pas arrêter s'il-vous-plaît ? chuchota-t-il.
- Non, et si tu nous en parlais enfin ? demandai-je.
- Il n'y a rien à dire...
- Bien sûr que si !
- En parlant de ça, vous avez réfléchi à l'anniversaire de Mia ? intervint Peter.
- Oui, j'en parlais avec Sirius avant qu'il ne me transforme en feuille de chou géante, il faudrait organiser une fête.
- En plus, si on en parle devant elle, elle ne se doutera de rien, elle pensera que c'est pour le Nouvel An. Quelle idée de naître le 2 janvier !
Je souris d'un air entendu, Remus avait pris la perche que lui avait tendue Peter mais on reviendra sur le sujet un jour ou l'autre... Surtout que c'est drôle de le voir se tortiller de gêne quand on en parle.
- Dans ce cas, il faut aussi organiser un truc pour le premier de l'An, sinon, elle comprendra rapidement, dis-je.
- Oui, mais ce sera une toute petite fête vu qu'on est à peine quinze Gryffondor... Et puis, si on a eu du mal à lui faire cracher le morceau c'est parce qu'elle redoutait qu'on lui fasse quelque chose donc il faut être super discrets, remarqua Peter.
- Et si on fêtait les deux en même temps ? Ça serait une fête surprise sans en être une ! Non ? suggéra James avec enthousiasme.
- Cornedrue, des fois, je me dis que tu es un génie ! m'écriai-je.
Les autres approuvèrent. James se leva et salua avec de grands gestes avant de se rasseoir. Nous éclatâmes de rire au moment où Mia entrait en trombe dans la salle commune.
- Salut les gars ! lança-t-elle à la cantonade en montant les escaliers menant à son dortoir quatre à quatre.
Nous échangeâmes des regards interloqués.
- Qu'est-ce qu'il lui... ? commença James mais il fut interrompu par Mia qui redescendait déjà les escaliers, sa baguette à la main. Elle ouvrit le portrait de la Grosse Dame et eut un mouvement de recul en voyant McGonagall dans l'encadrement accompagnée de trois élèves aux visages inconnus. Le silence se fit dans la pièce.
- Ces élèves nous arrivent directement de l'Institut de Salem et vont vivre au rythme de notre école durant un temps indéterminé. Veuillez les accueillir avec la politesse que j'attends de mes élèves, clama-t-elle en nous lançant à tous un regard acéré.
Elle s'en alla, laissant les nouveaux plantés en plein milieu du carré. Mia s'approcha d'eux et ils échangèrent quelques mots à mi-voix. Elle se tourna ensuite vers nous avec ce regard si énigmatique qui n'appartenait qu'à elle.
