La révélation qui n'en est pas une, mais qui fait mal...
Je parcourais silencieusement les couloirs sombres du château, me cachant dans la pénombre dès que j'entendais un bruit. J'arrivais devant le portrait de la Grosse Dame qui dormait profondément après avoir évité Rusard, McGonagall et Peeves. Je soufflai de soulagement et je réveillai le tableau. Elle râla mais ouvrit le passage lorsque je lui donnai le mot de passe. Je pénétrai dans la salle commune discrètement, les maraudeurs étaient toujours là, discutant auprès du feu. Je fus étonnée qu'ils soient encore debout alors qu'il était plus de deux heures du matin. Ils se figèrent tous à mon entrée et se turent. Je leur lançai un regard suspicieux en m'asseyant à côté de Peter.
- Où étais-tu ? me demanda Sirius.
- Dans la salle que je vous ai montrée l'autre jour au septième étage.
- Ah, OK. Qu'est-ce que tu y faisais ?
Je le fixai avec exaspération. J'en avais marre des interrogatoires à répétition ! Je lui répondis cependant en espérant qu'il allait me laisser tranquille ensuite.
- Je voulais du calme, ce château est bien trop bruyant. Tu n'imagines pas à quel point c'est agréable, le silence.
Il fronça les sourcils, me prouvant qu'il avait compris mes sous-entendus. Remus pouffa, James détourna les yeux, ses joues prirent une teinte légèrement pourpre. Je souris et m'enfonçai dans le canapé. Peter changea de conversation et enchaîna sur le cours de métamorphose. Il n'avait pas tout compris. Quelle conversation à presque trois heures du matin ! Les deux rigolos se moquèrent de lui avant d'aider Remus à lui en expliquer les grandes lignes. Je soupirai et décidai de monter dans le dortoir des trois voyageurs pour vérifier s'ils dormaient, enfin du moins dans celui des deux garçons.
Je me levai et je sentis quatre paires d'yeux me suivre avec insistance tandis que je m'engageais dans l'escalier en colimaçon. Je frappai à la porte, les conversations que j'entendais à travers le battant s'arrêtèrent brusquement. De toute évidence les Maraudeurs n'étaient pas les seuls à ne pas dormir. J'actionnai la poignée et entrai dans le dortoir. Je fus reçue par un concert de soupirs.
- Oh, c'est toi. On pensait que ce serait soit MacGo', soit tes quatre amis, dit Jack.
- On a eu peur, enchaîna Anatole.
- Tu étais où ?
Rose soupira devant le manque de tact de ses cousins. Je fermai la porte et m'assis sur le lit de Jack à côté de celle-ci. Je les dévisageai, ils semblaient surexcités, fébriles. Je compris pourquoi ils n'arrivaient pas à dormir. Je souris doucement et baillai sans discrétion.
- Je m'entraînais.
- À quoi ?
- Vous le savez.
Leurs yeux s'écarquillèrent soudainement. Ils commencèrent à haleter en me lançant des regards impressionnés. Je secouai la tête. Je comprenais leurs réactions mais quand même, je n'étais pas à l'aise devant ces regards ébahis.
- Tu es allée dans le futur, notre présent à nous ? demanda Rose comme si elle n'en croyait pas ses oreilles.
- Oui.
- Et... tu as réussi ?
- Bien sûr ! Tu me prends pour qui ? Je vous ai dit que je n'avais pas voyagé depuis longtemps mais je me souviens comment on fait !
- Alors on va pouvoir rentrer bientôt! s'exclama-t-elle.
Ses deux cousins grimacèrent de concert. Ça devait leur plaire d'être ici... Aussi je m'empressais d'ajouter je ne n'en avais aucune idée. Ils semblèrent soulagés, a contrario Rose était déçue.
- Tout ce que je peux vous dire c'est que j'y arrive seule mais je ne sais pas si ça fonctionnera avec quelqu'un. Ce n'était pas si dur de trouver le futur, c'était juste bizarre, je n'y suis jamais allée. J'ai vu vos parents, ils sont inquiets et Teddy se tourmente l'esprit, il pense que c'est de sa faute si vous avez disparus. Je pense qu'il serait bien que je vous ramène avant Noël.
- Oh... d'accord... Mais ça ne te laisse que deux jours à peine ! remarqua Anatole.
- Je sais.
- Ce n'est pas bien que Teddy se sente coupable et puis je pense qu'on en a bien assez vu, ajouta Rose.
- Personnellement, je pense qu'on a encore plein de choses à découvrir, et puis il ne faut pas oublier qu'on a la chance de rencontrer notre grand-père et ses amis, les célèbres Maraudeurs ! Même papa n'a pas eu le droit à ça ! Tu crois qu'ils ont déjà créé la carte ? Ce serait trop bien ! J'ai mon exemplaire avec moi mais quand même ! Et puis tu crois qu'ils ont la cape ? Et...
- Albus ! s'écria Rose en me lançant des regards alarmés.
- Ne t'inquiètes pas, je sais tout, ils n'ont pas encore créé la carte du maraudeur mais ils ont déjà la cape de James, ils sont déjà des animagus aussi.
- Vrai ? interrogea Jack avec avidité. Tu sais tout sur tout de notre futur ? Trop la classe !
Rose fronça les sourcils et pâlit.
- Non ce n'est pas bien du tout James ! Tu te rends compte qu'elle doit côtoyer au quotidien des gens dont... dont elle connaît la mort prochaine comme tes grands-parents et même Peter qui deviendra un traître et... et...
Je la coupai d'un geste agacé de la main. Mon visage s'était assombri, je ne voulais pas parler de ça, et encore moins à cette heure. Je regardai le cadran du réveil du dortoir, trois heures et demi.
- Oui, il serait temps d'aller se coucher, bonne nuit !
Je m'enfuyais de la pièce avant que l'un d'entre eux puisse répondre. Je descendis les marches rapidement, croisant au passage Sirius et James qui montaient, je murmurai un vague bonne nuit au passage et continuai mon chemin sans les regarder, espérant qu'ils n'avaient pas vu mon trouble et j'entrai en coup de vent dans la salle commune pour rejoindre tout aussi vite mon dortoir. Je m'effondrai sur mon lit, les paroles de Rose m'avaient perturbée, c'était la première fois que je réalisais pleinement qu'ils allaient mourir. Et ça me faisait mal au cœur.
C'était là, dans mon dortoir faiblement éclairé par la lumière de la Lune que je pris la décision de tout faire pour modifier autant que possible le futur sombre qui s'annonçait pour mes amis.
OoooOoOoooO
Le lendemain, je me réveillai tranquillement. Je pris bien le temps de m'étirer et regardai par la fenêtre. Le soleil était presque à son zénith et la neige étincelait. La nature dans son duvet blanc semblait sereine, elle se reposait. J'entendis un petit bruit dans le dortoir et tournait la tête. Une crinière rousse apparut dans mon champ de vision, Rose était assise sur son lit et me fixait, le visage impénétrable.
- Bonjour, claironnai-je.
- 'jour.
- Comment ça va ? demandai-je en me levant et en me dirigeant vers la salle de bain.
- Très bien...
- Tant mieux !
Je refermai la porte derrière moi avant qu'elle n'ait pu ajouter quoi que ce soit, je ne voulais pas encore avoir de confrontation avec elle. De plus, je savais parfaitement ce qu'elle voulait me demander. Et Merlin savait que je ne voulais pas y répondre ! Je pris donc mon temps pour me préparer et quand je revins près de mon lit, la pièce était vide.
Soudain, un bruit sourd résonna dans la tour. J'ouvris la porte à la volée pour voir une tête que j'identifiai être celle de Sirius disparaître en glissant sur les escaliers devenus lisses. Génial ! J'avais la chance de voir à l'œuvre cette magie si spéciale mentionnée dans les livres ! Je me laissai glisser doucement jusqu'au bas des marches et tombai quasiment sur Remus allongé sur le sol. Sirius à côté de lui, ils étaient morts de rire ainsi que toutes les personnes présentes. Je souris en les observant, j'avais été tellement discrète qu'aucun Gryffondor ne m'avait remarquée. Sirius ferma les yeux et j'eus soudain une vision de lui, étendu sur le sol, pâle et mort. Je secouai vivement la tête chassant cette image de mon esprit. Décidément, la venue des petits-enfants de James ne m'aidait pas !
Remus me fixai, les sourcils froncés, il était toujours allongé sur le sol mais de toute évidence, son hilarité était passée. J'esquissai un sourire et me dirigeai vers le portrait sans chercher à savoir pourquoi ces deux olibrius avaient tentés de monter vers le dortoir des filles. J'étais tellement perdue dans mes pensées que je ne remarquai pas que les Maraudeurs me suivaient. Je mangeai rapidement et repartit vers la salle commune avant de me rendre compte que je devrais alors affronter les autres. Automatiquement (ou presque) je me dirigeai vers la bibliothèque en quête de tranquillité.
Lorsque j'arrivai, Mme Pince me lança un regard acéré auquel je répondis vivement puis je pris un livre au hasard et m'assis, cherchant simplement à me distraire. J'eus soudain une idée et retournai dans les rayons à la recherche de livres sur un sujet bien précis. Je n'avais jamais cherché à comprendre mon don, il était grand temps que je m'y mette !
Dix minutes plus tard, je revins à ma table chargée de livres en tout genre sur le sujet qui m'intéressait. J'avisai la table que j'avais utilisée tout à l'heure. Lorsque je fus en face j'eus la grande surprise d'y voir quatre garçons sympathiques qui semblaient m'attendre.
- Salut Mia ! lança James à mi-voix.
Je soupirai et posai, ou plutôt plaquai les livres que je tenais sur la table. Je m'installai en tâchant de les ignorer et ouvrit le premier livre de la pile. Une main pleine de cicatrices me cacha la première page, si ça commençait comme ça, je n'allais pas m'en sortir !
- Eh oh ! On te parle, arrête de nous ignorer Mia, on s'inquiète pour toi, continua James.
Je levai le regard et lui lançai un regard meurtrier ainsi qu'à Remus qui avait toujours sa main sur mon livre. Il soupira mais ne détourna pas ses yeux d'ambre. Nous nous fixâmes ainsi quelques minutes jusqu'à ce qu'un rire étouffé retentisse à ma gauche. Nous tournâmes la tête en même temps vers Sirius qui pouffait en se plaquant la main devant la bouche, il semblait au bord de l'asphyxie. Il lança un coup d'œil à Remus qui fit rougir celui-ci. Je ne comprenais pas, et ne voulait pas comprendre.
- Sirius arrête ! souffla James avec lassitude. Sérieusement Mia, on se pose des questions. Hier quand tu nous as croisés dans l'escalier tu ne nous as même pas regardés et puis ce matin, tu nous as juste jeté un coup d'œil avant de t'en aller comme si tu avais le diable à tes trousses. Nous ne comprenons pas... Qu'avons-nous fait ?
- Désolée que vous ne soyez pas le centre de mon monde les gars, répliquai-je.
Ils échangèrent un regard, comme s'ils avaient prévu ma réaction. Étrangement, ça me mit hors de moi. Je me levai d'un bond, m'emparai de tous les livres, passai en coup de vent devant Mme Pince pour lui signaler l'emprunt et m'enfuis vivement de la bibliothèque. Je parcourais les couloirs sans but précis évitant autant que possible les quelques personnes présentes dans l'enceinte du château. Je me figeai et tournai la tête, une porte était apparue, j'eus un moment de flottement avant de comprendre que c'était la Salle sur Demande. J'entrai précipitamment et me surpris en sentant les larmes affluer aux coins de mes yeux. Il me fallut un moment pour mettre les choses au point dans mon esprit.
Je mis ensuite à profit ce temps de calme dans la salle pour lire les grimoires que j'avais pris.
