Avertissement : Trucs médicaux et légère grossièreté dans ce chapitre.

Notes de l'Auteur : Merci à tous ceux qui ont commenté, ajouté cette histoire à leurs favoris ou l'ont mis en alerte. Vous êtes incroyables ! Cette histoire alterne les PDV à chaque chapitre, donc maintenant c'est le tour de John.

B xxx

Notes de la Traductrice : Tous mes remerciements pour les reviews, les favoris et les followers que ce soit pour l'histoire ou moi directement, je suis vraiment surprise par cet accueil enthousiaste ! Un chapitre paraîtra à partir de maintenant chaque semaine sur cette histoire. Pour les pressés, vous pouvez consulter mon compte AO3 (vous le trouverez sur mon profil).


To Light Another's Path : Chapitre Deux

John soupira, jeta un coup d'œil de l'autre côté du taxi alors que le voyage se passait en silence. Ce n'était pas la paix confortable à laquelle il était habitué, celle qui venait quand Sherlock était perdu dans ses déductions privées. Ce calme était bien plus menaçant, et il ne pouvait pas détacher son regard de l'homme blême appuyé contre la fenêtre à l'autre bout du siège arrière. C'était comme si, pour la première fois depuis qu'il le connaissait, Sherlock s'était simplement éteint. Il était encore conscient, fixant toujours les rues tournoyantes au-delà de la fenêtre de ses yeux mi-clos, mais sa concentration semblait s'être éclipsée, laissant John avec un nœud serré d'inquiétude dans les tripes.

C'était probablement la grippe : début soudain, brusque malaise, douleur à la tête, et maintenant les drapeaux jumeaux vifs de la fièvre brûlant sur la crête des pommettes de Sherlock racontaient tous cette histoire, mais le diagnostique simple le rendait simplement plus tendu. Si le con têtu était rentré à Baker Street la première fois qu'il l'avait suggéré, alors il pourrait déjà être au lit à prendre le repos dont il avait besoin pour récupérer. A la place il avait fait traîner l'inévitable. Pire, John n'était pas sûr que Sherlock coopérerait et dormirait sur demande une fois qu'ils seraient rentrés, même si son corps avait exprimé clairement ses exigences.

"Vous y voilà," héla le chauffeur de taxi, acceptant avec gratitude le liquide de John, comptant rapidement les billets et pièces alors que Sherlock faisait l'effort de quitter le taxi par ses propres moyens. Le temps que John contourne la voiture jusqu'au trottoir, il vit que son ami chancelait légèrement sur le trottoir, cireux dans la lueur des lampes de la rue.

"Allez, viens," exhorta John doucement, en tendant les deux bras pour attraper Sherlock au cas où il tomberait alors qu'il vacillait vers la porte de Baker Street. Ils devaient avoir l'air ridicules, et avant qu'ils n'aient fait plus de quelques pas, il poussa un soupir et saisit le bras de Sherlock, l'enroulant autour de son épaule et enserrant l'autre autour de cette taille étroite.

Il pouvait sentir Sherlock trembler à travers la masse du manteau : un frisson sporadique et jusqu'aux os qui en disait long. C'était assez pour lui faire se demander s'ils pourraient arriver jusqu'en haut des escaliers vers le 221B. Sherlock pouvait à peine gérer le trottoir plat, et les dix-sept marches jusqu'à leur porte seraient comme l'Everest dans son état actuel.

"Ça va aller," murmura Sherlock, son baryton profond grondant et un murmure de souffle chatouillant l'oreille de John d'une manière qui fit frissonner une étincelle le long de sa colonne vertébrale, malgré la situation. Elle fut écrasée avec une aisance travaillée et impitoyable, et il survola des yeux vif-argent ternes, détestant la brume qui couvrait ce regard normalement astucieux.

"Pourquoi ne me laisses-tu pas en juger ?" suggéra John, essayant de se concentrer sur mettre la clé dans la serrure. Il avait encore oublié ses gants, et ses doigts semblaient être en ouate, maladroits et inutiles. Le poids de Sherlock appuyé contre son côté, pressé contre lui depuis l'épaule jusqu'à la hanche, n'aidait pas non plus mais finalement il réussit à ouvrir la porte. Ils franchirent le seuil en titubant ensemble, laissant à l'extérieur le tranchant du vent qui essayait de les suivre chez eux et les laissa tous deux haletants dans le hall à la place.

"Prêt ? Plus très loin et ensuite tu pourras t'allonger."

Il n'y eut pas de discussion – pas de répartie cynique et sarcastique – et John retroussa les lèvres. Il n'aurait jamais pensé que ça lui manquerait que Sherlock soit cette personne normale et arrogante, mais cette obéissance impuissante était plus inquiétante que lorsqu'il tirait des balles dans le mur.

Chaque pas était lent et placé minutieusement, comme si Sherlock ne faisait pas confiance à ses jambes pour ne pas le trahir et les lancer tous deux vers le sol impitoyable au bas des escaliers. Ils avancèrent par centimètres, et quand John éleva sa main sur le torse de Sherlock pour le stabiliser, il put sentir le tambourinage trop fort de son cœur. Sherlock n'avait pas l'énergie pour ça, et l'esprit de John retraça rapidement diverses heures de repas, essayant désespérément de se rappeler quand Sherlock avait mangé pour la dernière fois.

"Petit-déjeuner," fournit Sherlock comme s'il avait cueilli la pensée tout droit dans l'esprit de John. "J'ai pris du pain grillé."

"Une tranche," lui rappela John. "Une stupide petite tranche, Sherlock, et c'était il y a presque douze heures. Comment es-tu censé résister à ce que tu as sans aucun combustible ?" Une nouvelle inquiétude s'établit dans le creux de l'estomac de John. La nourriture de Sherlock était aléatoire au mieux. Il n'était toujours pas sûr de comment l'homme réussissait à vivre du strict nécessaire qu'il consommait, mais maintenant son corps avait un besoin sérieux d'énergie, et il attaquerait le muscle pour l'obtenir. La grippe pouvait tuer l'appétit pendant des semaines, et Sherlock n'avait pas le gras en trop pour continuer à faire fonctionner son corps sur une nourriture minimale pendant aussi longtemps.

Avec un juron silencieux, John écarta cette pensée. Il s'occuperait d'une chose à la fois. D'abord, il devait mettre Sherlock à l'horizontale et confortable. Il pouvait déterminer comment faciliter le passage de son rétablissement une fois qu'il n'aurait pas les deux bras plein d'un détective consultant long, mince et clairement souffrant.

Enfin, ils atteignirent la porte de l'appartement et John se fraya un passage à l'intérieur, hésitant sur où mettre Sherlock. Il serait plus confortable au lit, mais la dernière fois qu'il avait jeté un œil à la chambre de Sherlock des livres, des journaux et d'autres choses qu'il ne voulait pas regarder de trop près, s'empilaient sur le matelas. John serait heureux d'abandonner son propre lit, mais cela signifierait déplacer Sherlock sur une autre série de marches. Il n'était pas sûr que l'un ou l'autre ait la force pour ça, et de plus, ce serait mieux de l'avoir dans l'appartement principal pour que John puisse garder un œil sur lui.

"Ce sera le sofa donc," dit-il, guidant Sherlock vers le meuble trapu. Il passait assez de temps à paresser dessus de toute façon – il le percevait probablement plus comme un lit que n'importe quoi d'autre. "Tu descends."

Il s'effondra comme une marionnette aux fils coupés, abandonnant son poids entier au sofa en un tas misérable. Il ne s'allongea pas, mais c'était probablement parce qu'il n'avait pas assez de coordination pour se placer lui-même confortablement sur le canapé. Aucun mouvement ne fut fait pour retirer l'écharpe ou les gants en cuir couvrant ses mains, et alors que John le regardait, Sherlock enroula son manteau un peu plus serré autour de lui, ses paupières tombant d'un air menaçant sur des yeux vitreux.

"D'accord." John soupira, regardant autour de lui pendant un moment alors qu'il commençait à formuler une sorte de plan. "Je reviens tout de suite. Ne t'endors pas."

Il se pressa jusqu'à sa chambre, ses pieds martelant le long des marches qui craquaient avant d'écarter la porte de l'épaule puis de saisir son oreiller, sa couette et le sac qu'il maintenait approvisionné en fournitures médicales de base. Sherlock pouvait avoir la literie de John pour l'instant. Il essaierait de délivrer celle de Sherlock plus tard une fois que le détective serait confortable et moins susceptible de se plaindre du fait que John ait nettoyé sa chambre.

Portant tout en un paquet peu pratique, il força son chemin jusqu'au bas des marches, le laissant sans ménagement sur le sol avant de se diriger vers le territoire plus étranger de la chambre de Sherlock. Il n'avait jamais franchi le seuil avant, voyant seulement des choses à travers la porte ouverte, mais maintenant il ignora le fouillis de vieux dossiers de police, diverses choses dans des récipients en verre et piles penchées de livres et il marcha vers l'armoire et la commode voisine.

Il hésita, essayant de concentrer sur le fait qu'il était un ami – un docteur – alors qu'il fouillait dans les affaires de Sherlock pour trouver un t-shirt, mais ses mains s'attardèrent sur la soie et le coton de haut compte pendant légèrement plus longtemps que nécessaire avant qu'il ne trouve finalement ce qu'il cherchait. Essayant d'ignorer le bref éclat de culpabilité à l'intrusion dans la vie privée de Sherlock, John battit en retraite, prit un verre d'eau et une tranche de pain dans la cuisine avant de se tourner pour faire face à la tâche de s'occuper de l'homme lui-même.

Sherlock n'avait pas bougé, mais les frissons s'étaient intensifiés en une vibration visible, et la couleur malsaine de son visage avait empiré. John grimaça de pitié, poussa sa collecte d'affaires vers le canapé avant de s'accroupir devant Sherlock et de tendre le bras pour toucher du doigt un genou anguleux.

"Hé, allons. Nous devons nous occuper de toi."

La réponse de Sherlock fut un clignement d'œil vague et lent. Son expression était légèrement perplexe, comme s'il n'était pas sûr de ce dont parlait John, et il fronça les sourcils de contrariété, resserrant ses bras sur son torse alors que John essayait de libérer une des mains de Sherlock en tirant. "Laisse-moi dormir," marmonna-t-il finalement. "Tu dis toujours que je n'en ai pas assez."

"Tu pourras te reposer dans une minute, Sherlock. Dis-moi ce qui fait mal."

Il fronça le nez, une fraction son ancien tempérament transparaissant. Sherlock avait un dégoût marqué du fait d'admettre une faiblesse physique de n'importe quelle sorte, mais cette fois il n'avait pas le choix. "Mon dos, mes articulations. Tout est lourd." Il fit une pause, ensuite ajouta, "Ma tête, ma gorge. Je suis fatigué."

"Je sais. Viens là." John plongea la main dans le sac de fournitures médicales, en sortit un thermomètre tympanique et en gaina le bec. Sherlock tressaillit à l'intrusion, faisant une moue d'inconfort alors que l'appareil bipait son verdict, clignotant entre centigrade et Fahrenheit. "Trente-neuf," murmura John pour lui-même, regardant l'affichage monter d'un autre autre dixième de degré. "Et qui monte. Enlève ton écharpe."

A n'importe quel autre moment, la manière dont Sherlock se cramponna à la bande de tissu autour de sa gorge aurait été drôle. Il avait l'air parfaitement irritable, et plus jeune d'au moins une décennie que son âge véritable. Malgré tout, John sourit, défit rapidement ces doigts maladroits et gantés et enleva la laine pour révéler la colonne longue et pâle de la nuque de Sherlock.

"Peux-tu baisser le menton sur ton torse pour moi ?" Le roulement d'yeux de Sherlock n'aurait pas dû être un signe réconfortant, mais cela montrait qu'il avait conscience de savoir que John vérifiait les signes précoces de méningite, juste au cas où. La lampe stylo passée devant ses yeux fut accueillie avec le même dégoût, mais il n'écarta pas sa tête brusquement, et John fit un rapide hochement de tête de satisfaction.

"Mange ça, et prends ça avec l'eau," dit-il, sortant deux paracétamol de la plaquette et les mettant sur l'assiette près du simple pain. "Peu m'importe si tu n'as pas faim. Tu en as besoin, ne serait-ce que pour métaboliser les médicaments efficacement. Et non, avant que tu ne le demandes, je n'ai rien de plus fort."

Sherlock lui lança un regard sombre mais fit comme demandé, grignotant sans enthousiasme le pain alors que John retirait les oreillers de l'arrière du sofa, donnant à Sherlock plus d'espace sur le canapé avant d'arranger l'oreiller et la couette et de tourner son attention vers le feu. Les médicaments aideraient à garder la fièvre de Sherlock sous contrôle, mais ils ne feraient probablement pas grand-chose pour atténuer l'illusion de froid, et John savait que le confort et la chaleur étaient une haute priorité.

Il tripota les allume-feus et les allumettes, soupirant en réalisant que ce point de la maladie serait probablement le plus facile à gérer. Sherlock serait à la merci du virus et moins sujet aux plaintes. Si John était très chanceux, il ne ferait rien d'autre que dormir. Non, une des incertitudes les plus profondes était comment Sherlock serait quand il récupérerait, toujours trahi par la faiblesse de son corps mais tranchant comme une lame dans son esprit.

Eh bien, il devrait le supporter du mieux qu'il pourrait. Ce n'était pas comme s'il était complètement inexpérimenté avec les abîmes de l'ennui de Sherlock.

Se retournant vers le sofa, il fit un léger sourire à la vue qui l'attendait. Sherlock s'était permis de s'allonger, se renversant simplement à quatre-vingt-dix degrés jusqu'à ce que sa tête soit amortie sur la douceur duveteuse de l'oreiller et de la couette, mais ses pieds chaussés restaient sur le sol. Ses yeux étaient déjà fermés, et son souffle s'approfondissait à chaque instant qui passait. Son corps avait donné l'ordre de dormir, et la désobéissance n'était clairement pas une option.

John se gratta la tête, jetant un coup d'œil au t-shirt qu'il avait traîné de la chambre de Sherlock et ensuite de retour vers l'homme, toujours enroulé dans son manteau, son costume griffé et sans doute une chemise chère. Il ne pouvait pas dormir comme ça. A défaut d'autre chose, John n'aimait pas la pensée de Sherlock revenant enfin à lui et râlant à propos de ses vêtements abîmés.

Cela signifiait qu'il devrait déshabiller Sherlock lui-même. Son estomac se serra en un nœud d'inconfort et de désir inévitable, et il passa une main dans ses cheveux avant de secouer la tête.

"Ce n'est pas le moment pour ça," se dit-il sévèrement, roulant des yeux à la voix intérieure qui ajouta, "et ça ne le sera probablement jamais." Sherlock était marié à son travail, et John...?

John était sans espoir.

Il pensait qu'il avait ça sous contrôle. Il avait digéré le refus sans remords de Sherlock chez Angelo, vu l'impasse totale, et agit en conséquence. Sa suite de rendez-vous durant l'année passée en était assez la preuve, bien que peut-être que leur manque général de succès en dise plus long sur le centre de son désir qu'il n'aimerait l'admettre. Au final, dans une bataille entre la femme du moment et Sherlock, l'homme exaspérant gagnait toujours.

Donc il se retrouvait coincé ici, désirant silencieusement ce qu'il ne pouvait pas avoir et se détestant pour ça.

S'il était raisonnable, il serait parti. Il aurait tué ce désastre dans l'œuf et déménagé de Baker Street, mais chaque fois qu'il pensait à partir, quelque chose de froid et d'inconfortable serrait son cœur. Des souvenirs de sa vie après la guerre mais avant Sherlock tournaient dans son esprit, peints en monochrome et en souffrance. Main dans la main, murmurant à l'arrière de sa tête se trouvait la pensée de Sherlock-avant-John, comme si leur rencontre était le début d'une nouvelle ère pour eux deux.

S'il partait, est-ce que Sherlock continuerait sans lui, inchangé et inébranlable, ou retournerait-il vers les drogues et le désespoir ? Est-ce que ça compterait pour lui, ou continuerait-il simplement à avancer ? Une part de John craignait que tous les petits moments d'importance qu'il amassait comme un idiot passent inaperçus à l'esprit brillant de Sherlock, mais surtout il était conscient des changements qu'il avait vus en Sherlock depuis qu'il était devenu son colocataire. Cette carapace extérieure, celle construite d'intelligence et d'arrogance s'était subtilement adoucie, en tout cas en ce qui concernait John.

Ensuite il y avait ce qui était arrivé à la piscine...

Les épaules de John tombèrent au souvenir, le cocktail instable d'émotions résonnant dans son système. Il haïssait Moriarty de ton son être – le détestait d'avoir attiré l'intérêt de Sherlock et de le retenir avec une aisance aussi hideuse et fatale – mais une partie de lui était encore consciente de ce moment où il s'était avancé en portant la veste de Semtex, et combien l'expression de Sherlock avait été à nu. Il avait vu de la véritable émotion, incontestablement intense, comme si un masque que John n'était pas sûr que Sherlock portait vraiment avait été arraché.

Ses yeux se concentrèrent à nouveau sur l'homme allongé sur le sofa, passant sur l'éventail sombre de ses cils et la ligne aiguë de ces pommettes. John avait pensé que c'était un tournant, que la chose incertaine autour de laquelle ils dansaient depuis des mois serait résolue, mais il aurait dû connaître Sherlock mieux que ça. Une fois que tout fut fini, le status quo revint, laissant John se sentir déséquilibré et pas à sa place, comme si ça n'avait été rien d'autre qu'un rêve.

Et donc ils continuèrent, attendant que l'insaisissable Moriarty revienne troubler leurs orbites une fois de plus.

Tordant ses lèvres en une grimace, John éloigna ses pensées. Très rarement, il voyait pourquoi Sherlock était si moqueur du sentiment. Si ça désarçonnait John, alors il pouvait seulement imaginer le désordre que de tels sentiments pourraient amener dans cet esprit soigneusement organisé. Ce ne serait pas quelque chose que Sherlock savourerait, c'était certain, mais John doutait que l'homme soit vraiment au-dessus de tout ça. Il le connaissait trop bien pour croire ça.

Se forçant à avancer, John se rapprocha du canapé et tendit une main hésitante vers l'épaule de Sherlock. Reprendre tous ces vieux espoirs et peurs ce soir était inutile. Sherlock avait besoin de lui, pour l'instant en tout cas, et John ne pouvait pas être celui qui le laisserait tomber.

"Hé, allons," murmura-t-il, donnant à Sherlock une secousse légèrement plus forte. "Tu ne peux pas dormir comme ça."

La seule réponse fut un grognement non verbal de souffrance. John se souvenait avoir eu la grippe, il y avait des années maintenant. Il se rappelait de la reddition misérable et absolue de son corps et combien chaque mouvement avait été un effort gargantuesque. Maintenant Sherlock était bloqué dans le même endroit, trop faible pour même s'occuper de la tâche de changer de vêtements.

Prenant une profonde inspiration, John le redressa à nouveau, les doigts bougeant rapidement le long des boutons qui retenaient le manteau de Sherlock autour de son corps et décollant la laine lourde et sombre. Le temps était suffisamment frais pour que Sherlock porte une veste de costume dessous, et John en vint rapidement à bout, ses paumes effleurant la ligne anguleuse des épaules de Sherlock alors qu'il encourageait les manches sur ces longs bras.

John était douloureusement conscient de la brûlure fiévreuse de la peau à travers le fin tissu de la chemise de Sherlock et du tambourinage rapide de ce pouls lourd dans le creux de sa mâchoire. Il ne cessait de devoir se rappeler qu'ils étaient le signe de la maladie – une fièvre – et pas du désir. Son esprit le savait, clair et logique, mais son corps s'emmêlait les pinceaux : gorge sèche, lèvres desséchées et une chaude brûlure coupable sous sa peau qui refusait de s'estomper.

Ses doigts tombèrent sur les boutons de la chemise de Sherlock alors qu'il forçait son corps sous contrôle brutalement. Il était habitué à la nudité, peu importe combien elle était attirante. Ressentir autre chose que de la compassion à cet instant était au-delà d'inapproprié. Fin de l'histoire.

"John." Le murmure de Sherlock était rouillé, l'enrouement de sa voix dangereusement intime, et les yeux de John montèrent furtivement : un cerf attrapé dans les phares du regard plissé de Sherlock. Il n'avait même pas réalisé que Sherlock était encore réveillé, mais maintenant l'arc de ses lèvres était tordu en un sourire légèrement contrit : à moitié embarrassé de sa propre faiblesse, à moitié reconnaissant de la présence de John.

"Ça va faire jaser."

La touche de très faible humour fit renifler John de rire. Ses propres mots répétés de la piscine – la première allusion que Sherlock avait faite qu'il se rappelait même de ce moment d'adrénaline et de soulagement.

"C'est à peu près tout ce que les gens savent faire," répondit-il doucement, savourant le souvenir partagé alors qu'il laissait tomber ses doigts sur les manchettes de Sherlock et les libéraient, ignorant le battement du pouls radial sous le bout de ses doigts alors qu'il enlevait la chemise et saisissait le t-shirt. "Peux-tu lever les bras ?"

Ça faisait mal, c'était évident. Peut-être que Sherlock ne se donnait pas la peine d'essayer de cacher son inconfort, mais il ne manqua pas la grimace alors qu'il tirait le poids de plomb de ses bras à peu près droit, faisant bouger les muscles élégants de son torse et de ses épaules alors même que sa peau tremblait.

John tira le coton sur lui rapidement, forçant le fil admiratif de ses pensées en une estimation plus médicale du poids actuel de Sherlock basé sur ce qu'il avait vu. Pas suffisamment lourd était la conclusion évidente, et il mit prudemment une main sur l'épaule gauche de Sherlock, le remettant avec précaution sur l'oreiller et il libéra la couette en tirant là où elle était piégée sous son corps.

"T'es toujours avec moi ?" demanda-t-il doucement, hochant la tête alors que Sherlock réussissait un hum d'acquiescement. "Bien. Plus très longtemps, ensuite je te laisserai te reposer."

Il vint rapidement à bout des lacets des chaussures de Sherlock, et les enleva. Il laissa les chaussettes en place. Elles avaient l'air ridiculement chères – John dépensait probablement au moins autant pour ses pulls – mais elles garderaient les orteils de Sherlock au chaud si ses pieds glissaient de sous le duvet. En dernier vint le pantalon du costume, et John se força à ne pas hésiter alors qu'il libérait la ceinture de Sherlock et défaisait la braguette, saisissant la taille pour l'enlever.

"Tu portes des sous-vêtements, n'est-ce pas ?" La question tomba de ses lèvres avant que son cerveau n'ait eu une chance de la rattraper, et il ignora la légère brûlure de l'embarras qu'il pouvait sentir aux bouts de ses oreilles. Docteur, se rappela-t-il fermement. Ça ne devrait pas avoir d'importance.

Pourtant Sherlock ne sembla pas le remarquer, réussissant seulement un bref hochement de tête brusque alors qu'il soulevait ses hanches un petit peu – probablement tout ce dont il était capable – et John tira son pantalon, le long de longues jambes pales avant de l'enlever. Il saisit juste un aperçu de boxers noirs bien ajustés, en soie, connaissant Sherlock, avant qu'il ne retourne la couette et ne couvre tout à la vue.

Il laissa échapper un souffle qu'il n'avait pas réalisé retenir, bloqua ses mains sur ses hanches alors qu'il regardait Sherlock remonter ses genoux, se pelotonnant dans le nid de fortune comme si c'était la chose la plus confortable du monde. John réussit tout juste à capter le "Merci." étouffé, à peine plus qu'un murmure, mais c'était suffisant.

C'était tout, venant de Sherlock.

"De rien," murmura John, reposant sa main brièvement sur les boucles abondantes de Sherlock avant de reculer. "Maintenant dors un peu. Je serai juste là."

Il n'y avait pas d'argument sur ce chapitre, et John vérifia l'heure sur sa montre, assemblant un programme de médication dans sa tête alors qu'il marchait vers la cuisine. Sherlock n'aurait pas faim; il avait à peine mangé plus de la moitié de la tranche de pain que John avait forcée, mais John avait besoin de nourriture. Il avait le sentiment que la semaine à venir serait pénible pour tout le monde. De plus, s'il attrapait la même chose, alors ils étaient tous deux foutus.

Bien sûr, même en tant que suppléant on lui avait fait la piqûre contre la grippe et il avait passé trois jours à se sentir léthargique et pas dans son assiette en conséquence, mais ces choses n'étaient pas infaillibles. Le virus mutait rapidement, et ce serait justement sa chance que Sherlock permette à quelque chose de nouveau et de dégoûtant d'évoluer : un autre genre inconscient d'expérience.

Sauvant des restes du frigo, il ignora consciencieusement le truc semblant clairement humain dans un récipient Tupperware sur le rayon du bas avant de se tourner vers le micro-onde. Pas de globes oculaires, d'entrailles ou quoi que ce soit d'autre d'insalubre ne l'accueillit quand il ouvrit la porte, et il chauffa rapidement le Dongpo et le riz frit à une température volcanique avant de le laisser refroidir un peu sur le côté.

Il devrait ramener plus de nourriture, quelque chose de fade et doux sur le système, mais de préférence chargé de calories. Il savait qu'il serait chanceux de faire manger quoi que ce soit à Sherlock durant les prochains jours, et si la grippe allait dans son estomac, ce serait même encore plus long. Il devait exploiter chaque bouchée. Des boissons sportives aussi, seraient une bonne idée.

John jeta un coup d'œil à sa montre; trop tard pour sortir maintenant, et de plus, il ne pouvait pas laisser Sherlock seul comme ça. Première chose demain, il ferait le plein, même si ça signifiait vider les expériences de Sherlock du frigo pour faire de la place. Il ne se souciait pas des plaintes que cette conduite provoquerait. La santé de Sherlock avait la priorité sur la moisissure, la décomposition et le meurtre.

Saisissant une fourchette, il mangea les restes de chinois sans vraiment le remarquer passer ses lèvres. Il était trop occupé à faire une liste de courses, interrompant son écriture à quelques minutes d'intervalle pour jeter un coup d'œil vers la forme endormie de Sherlock.

Il ne remua pas alors que John faisait la vaisselle et essuyait les surfaces, jetant le vieux pain rassis et les fruits laissés à l'abandon depuis longtemps qu'il avait achetés sur un coup de tête. Il vérifia le four pour quoi que ce soit que Sherlock aurait laissé se décomposer dans un espace clos, et déplaça prudemment l'équipement de laboratoire de Sherlock vers un bout de la table avant de frotter l'autre.

Le frigo se vit offrir un nettoyage approfondi aussi, le docteur en lui tout aussi fasciné et dégoûté par certaines des choses qu'il trouva. Par le Christ, c'était un miracle qu'aucun d'eux ne soit mort d'une intoxication alimentaire, ou de quelque chose de pire. Certaines, si elles étaient à base de nourriture, furent faciles à jeter. Quoi que ce soit d'humain fut déplacé dans le tiroir du bas du congélateur. John ne se souciait pas si ça invalidait les résultats. Sherlock pourrait toujours flatter Molly pour davantage de doigts plus tard.

Enfin, il se tourna vers la chambre de Sherlock, un sac poubelle dans une main et une détermination sombre le remplissant à ras bord. Il ne toucherait à rien sauf ce qui reposait sur le lit, se promit-il. Ce n'était pas une expédition pour fouiller les profondeurs de l'espace personnel de Sherlock; ça concernait l'aspect pratique, rien d'autre.

Allumant la lumière, il inspecta le chaos pour la seconde fois ce soir-là et regarda le lit suspicieusement. En tout cas, il présumait que c'était le lit. C'était de la bonne forme, approximativement, mais le simple niveau d'affaires dessus rendait difficile d'en être certain. Un crâne de mouton souriait vers lui depuis l'oreiller, et il y avait des livres partout. De l'adhésif pour colis, quelque chose d'enroulé dans du plastique qui avait l'air infâme, et ce que John espérait être un cintre en métal plutôt que des électrodes fusionnées reposait aussi au sommet des montagnes de bric-à-brac.

"Dort-il jamais là-dedans ?" murmura John pour lui-même, en se grattant la tête avant de se mettre au travail. Les livres semblaient plutôt sans risque à toucher, bien que la feuille séchée qui en tomba et atterrit sur son pied lui donna une peur indigne avant qu'il ne réalise qu'elle était inoffensive. Il était préparé pour l'horreur, et ce fut presque une déception quand la pire chose qu'il trouva hors d'un récipient fut une moitié de pomme, en train de devenir suffisamment poilue pour être brièvement prise pour un rongeur.

Finalement, après probablement environ une heure, John put voir la couette et les oreillers. Le lit double semblait complètement gâché avec un genre de décharge de la science, et John sentit un pincement de jalousie en pensant à son lit une personne à l'étage. Pas que ça avait particulièrement d'importance, mais c'était le principe de la chose. Laissant tomber le sac poubelle près de la porte, il saisit l'oreiller et la couette – crème pâle, tous deux et étonnamment propres – avant de faire une pause pour considérer ses options.

Où exactement avait-il l'intention de dormir ce soir ? Sa chambre était trop loin. Si Sherlock avait besoin de lui rapidement, il pourrait se briser le cou dans la course pour arriver à ses côtés. Le lit de Sherlock semblait bien, bien trop personnel. Plus qu'un simple pas par-dessus la frontière compliquée qui cheminait entre eux, et cela ne laissait qu'une seule option. Le sol dans le salon.

Pratique, mais pas exactement confortable.

John soupira, haussant les épaules. Il était soldat, un qui avait réussi à croire qu'un sac de couchage et des dunes de sable étaient un lit convenable. Quelques nuits sur un sol tapissé ne seraient pas une épreuve, surtout s'il devenait inventif.

Les coussins qu'il avait retirés de l'arrière du sofa plus tôt pour donner à Sherlock plus d'espace firent un matelas passable. Un peu court, même pour lui, mais il pouvait tenir le coup. Il considéra brièvement échanger avec Sherlock ses propres oreillers et affaires, mais d'un regard à l'homme endormi, il écarta l'idée. Il était complètement parti, les lèvres roses entrouvertes et ses cils ne battant même pas alors qu'il dormait. Si ce n'était les faibles ronflements émanant de lui, John aurait tendu le bras pour vérifier qu'il respirait encore. Tel quel, il se retrouva debout au milieu du salon, lit de fortune à moitié assemblé et fixant Sherlock.

C'était si rare de le voir comme ça. Les quelques fois où John l'avait en fait surpris à se reposer il avait soit été étendu sur le dos le long du canapé, aussi sous contrôle et inflexible qu'une statue, ou affalé faiblement sur sa dernière expérience : une victime de son épuisement. Les deux en disaient long sur la dérision de Sherlock du sommeil.

Maintenant ses instincts plus basiques prenaient le contrôle, enroulant le corps atteint de fièvre en quelque chose comme une position fœtale et empaquetant la couette autour de son corps. C'était à la fois humain et bestial : un rappel puissant que, sous le flash et le déclic de la déduction, Sherlock n'était pas vraiment si différent de qui que ce soit d'autre.

S'arrachant à ses pensées, John retourna son regard vers les coussins sur le sol, drapa l'oreiller et la couette dessus avant de nourrir le feu un peu plus. Il était encore assez tôt, mais l'effort de prendre soin de Sherlock tirait sur ses réserves d'énergie. Il valait mieux dormir maintenant pendant que Sherlock était calme. Dieu seul savait combien de temps il resterait comme ça.

Avec des mouvements nés d'une nature pratique, John organisa son lit à angle droit par rapport à Sherlock, pour que sa tête soit sur le sol au bout du sofa là où les pieds de Sherlock étaient bordés. De cette façon Sherlock aurait toujours l'essentiel de la chaleur du feu, et s'il vomissait dans la nuit, au moins il était improbable que ça atterrisse sur John.

Avec cette pensée à l'esprit, il fouilla sous l'évier pour trouver un seau, en tira un et le plaça près de la tête de Sherlock. Avec de la chance, son estomac resterait non touché par la grippe, mais John avait vu assez des symptômes de cette saison pour le savoir peu probable. Il valait mieux être préparé, en tout cas. Ça signifiait moins de chance pour lui de frotter du vomi sur le tapis à trois heures du matin.

Ramenant le feu à la vie en le remuant, il lui donna une autre bûche avant d'éteindre toutes les lampes sauf une et il s'installa sur le sol. Les coussins cédèrent avec un soupir sous son poids, et il remonta la couette jusqu'à son menton. Une profonde inspiration par le nez lui fit ouvrir les yeux de surprise. Peut-être que Sherlock dormait dans son lit plus souvent qu'il ne le pensait, parce que l'oreiller sous sa tête et la couette enserrant son corps sentait son odeur : du shampoing et du déodorant coûteux, une faible touche de produits chimiques et cette autre fragrance plus profonde qui était entièrement celle de Sherlock.

Tournant sur le côté, John essaya de ne pas penser à la rapidité avec laquelle son corps se détendit, soulagé et calmé bien plus rapidement qu'il ne l'avait jamais été dans son propre lit. En toute logique, son nid sur le sol ne devrait pas être plus confortable qu'un matelas convenable, pourtant il était là, glissant déjà dans un assoupissement où les sons prenaient une qualité surnaturelle, et la lueur vacillante du feu derrière le garde feu se réduisit peu à peu à rien.

Il dormit, et pour une fois ses rêves ne furent pas de sable et d'effusion de sang. A la place il y avait l'excitation de la poursuite, la bouffée de succès et l'éclat à couper le souffle du sourire sincère de Sherlock.

Entièrement pour lui.


A la semaine prochaine ! ;)