Avertissements : Malpolitesse, possessivité, baisers.
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B xxx
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To Light Another's Path : Chapitre Quinze
Sherlock pouvait voir la tension dans le corps de John. Elle était écrite dans chaque muscle et peinte sur la longueur nette et militaire de sa foulée alors qu'il incitait Sherlock hors du bureau de Monroe et vers l'ascenseur. L'assistant fut salué avec rien de plus qu'un hochement de tête sec qui avait plus l'air d'une déclaration de guerre que d'un doux adieu.
John semblait résolu à faire sortir Sherlock, comme s'ils étaient en territoire ennemi et que son esprit était retombé sur la stratégie de champ de bataille. Son visage était dur, ses yeux concentrés sur les portes de l'ascenseur, et ce fut seulement lorsque Sherlock serra doucement le poignet de John dans sa main que John sembla revenir à lui avec un sursaut coupable. Les yeux bleus luisaient avec une excuse honteuse et quelque chose d'autre – quelque chose qui s'avivait – qui fit se démener une nuée de papillons dans l'estomac de Sherlock.
"Je vais avoir besoin de mon manteau," dit Sherlock, essayant de garder sa voix régulière alors qu'il assimilait l'apparence de l'assistant d'un balayage de son regard. Par réflexe, il absorba les détails, prenant un soin particulier à noter ses lignes de bronzage et ses ongles alors que son manteau et son écharpe lui étaient remis avec un sourire insincère. Le nuage de déductions s'écoula à travers son esprit, recoupé à la vitesse de l'éclair avec l'affaire, et il hésita une fraction de seconde alors que les nouvelles données commençaient à filtrer.
Intéressant, mais pas aussi intrigant que John et son comportement volatile envers Monroe.
Sherlock était hyper-conscient de John se tenant rigide à ses côtés, sa respiration serrée et contrôlée, nasale – en colère – mais pas envers Sherlock. Ses poings étaient bloqués derrière son dos comme un guerrier au repos, mais chaque pore irradiait l'urgence. Fascinant.
Sherlock était très versé en jalousie en tant que motivateur. Combien d'images sanglantes de disputes romantiques avait-il vu barbouillées sur les scènes de meurtres de Londres ? Pour toutes ses protestations du contraire, l'humanité n'était qu'à un court pas des animaux : vile et instinctive. Il avait été la cible de l'envie des autres avant. Les gens cherchaient à le faire tomber, à rendre son intelligence moins menaçante avec des insultes cruelles et l'exclusion sociale, mais personne n'avait jamais été comme ça – agissant comme s'il était une chose méritant d'être revendiquée.
C'était sauvage, bestial, brut – rien à voir avec l'intelligence ou aucune pensée plus élevée – et le cœur de Sherlock pulsa frénétiquement en réponse, envoyant du sang chaud à travers ses veines en poussées visqueuses et enivrantes pour s'accumuler entre ses jambes. Il avait l'impression que quelqu'un avait allumé une mèche sous sa peau, traçant un chemin le long de chaque nerf et capillaire jusqu'à ce qu'il rayonne. Bien qu'il se sente rouge, il mit son manteau : un déguisement nécessaire pour l'érection bourgeonnante piégée dans ses sous-vêtements.
Avec un bref hochement de tête d'adieu à l'assistant, Sherlock permit à John de le mener vers l'ascenseur, remarquant avec un frisson que John le laissa entrer en premier, bloquant la ligne entre le bureau de Monroe et Sherlock de son corps. Il enfonça son doigt dans le bouton 'descendre' impitoyablement, et seulement une fois que les portes de l'ascenseur se fermèrent les épaules de John tombèrent d'une fraction et il leva les yeux pour croiser ceux de Sherlock.
Ils se tinrent en silence, se fixant alors que l'air devenait lourd et épais. Sherlock s'humidifia les lèvres, son souffle se coinçant alors que le regard de John suivait le mouvement. La forte envie de reculer, de pencher la tête en invitation, de laisser John le presser dans un coin et simplement le prendre était presque écrasant. Cela n'avait pas d'importance que les efforts de Monroe aient laissé Sherlock complètement indifférent, ou que la jalousie de John n'ait pas de forte fondation; le fait que John se comportait quand même comme si cet imbécile était une menace laissait Sherlock la bouche sèche et tremblant.
La voix de John fut un murmure, basse et détruite alors que son regard balayait le corps de Sherlock, se déplaçant entièrement en bas jusqu'à ses doigts de pied et remontant comme s'il pouvait le marquer rien que par la vue.
"Devrais-je m'excuser ?"
Les mots remplirent l'air de soie rêche, et Sherlock inspira profondément comme s'il pouvait les inhaler. John ne parlait pas de montrer à Monroe un quelconque genre de remord. Sherlock était conscient que le monde pourrait finir et que John préférerait encore casser le nez de l'architecte que d'offrir quoi que ce soit comme une trêve dans la guerre tacite. A la place il demandait si Sherlock pensait son comportement inapproprié (oui, mais Sherlock adorait l'inapproprié) ou quelque chose qu'il devrait regretter (Non. Jamais).
"Qu'en penses-tu ?" demanda-t-il, intensément conscient du grondement de sa voix dans sa gorge, basse pour correspondre à celle de John. Il se déplaça vers l'avant, baissant le regard vers les yeux de John et lisant le virage du sens moral de John, dévié de son cap par la force indéniable de ses réactions plus basiques. John sentait qu'il devrait s'excuser, mais ça ne signifiait pas qu'il le voulait, ou qu'il ne réagirait pas exactement de la même façon si la situation devait jamais se répéter.
Il sentait l'odeur du shampoing de John et la fragrance légèrement chaude de sa peau : un mélange de mousse à raser, de savon et d'essence-de-John. Ils étaient face-à-face, le manteau de Sherlock s'ouvrant en un rideau sombre autour d'eux alors que l'ascenseur faisait tranquillement son chemin vers le bas.
"Non," murmura finalement John, ses yeux se baissant pour s'attarder de nouveau sur les lèvres de Sherlock comme s'il était hypnotisé. "Non, je ne suis pas désolé de t'avoir éloigné de lui. Il ne peut pas t'avoir." John détourna le regard pendant un moment comme s'il était repentant. "Je veux dire, si tu le désirais je te n'arrêterais pas. Ce n'est pas – je ne suis pas comme ça, mais ce n'est pas le cas, n'est-ce pas ?"
Sherlock cligna des yeux, se demandant si John regardait un monde différent de celui qu'il observait. Il avait vu le regard de Sherlock dans l'embrasure de la porte du bureau de Monroe, l'avait reconnu pour ce qu'il était, pourtant il formulait quand même la question. Comment est-ce que ça devait être d'être normal ? De douter les indications de ses propres yeux si facilement ?
John essayait de bien faire comprendre à Sherlock qu'il n'essayait pas de le contrôler, et qu'il pouvait dépasser ses instincts les plus profonds et possessifs, mais pourquoi ? La société pourrait juger son comportement importun, mais depuis quand est-ce que Sherlock se souciait de ce que les gens – tous des idiots – pensaient ?
La réponse lui vint soudain. Fausse extrapolation. John s'inspirait de réactions à son comportement dans des relations précédentes, les appliquant à cette situation et atteignant une conclusion erronée. Une qui était probablement exacerbée par son incertitude sur le statut de leur – quoi ? Amitié ? Relation ? Partenariat ?
Tout ça à la fois ?
"Monroe est un crétin qui traite ses amants comme des possessions, pas parce qu'il se soucie d'eux et craint de les perdre pour un autre, mais parce qu'ils donnent une bonne image sur son statut et son apparence. C'était la raison de l'échec de ses fiançailles avec Mlle Lattimer, j'imagine." Sherlock prit une profonde inspiration, essayant de faire le tri dans les envies chaotiques qui le traversaient – du bourdonnement bas et enivrant du simple désir au soprano compliqué de vouloir réconforter John et de soulager ses incertitudes.
"Son intérêt à mon sujet est superficiel au mieux, et le mien pour lui est non-existent. Il est – Il n'est pas toi."
Le sourire sur le visage de John aurait pu illuminer la moitié de Londres, et Sherlock poussa un soupir tremblant de soulagement à cette vue. Il avait craint son incapacité à communiquer du sentiment à John – être coincé et enchevêtré dans ses mots et aggraver les choses. Cela arrivait si souvent dans des interactions sociales, où la vérité toute nue était inacceptable et disgracieuse, pourtant John saisissait ce qu'il voulait dire.
John comprenait toujours, ou en tout cas faisait l'effort de le faire. Combien d'autres avaient jamais pris la peine de se donner autant de mal ?
Quoi que la réponse de John ait pu être fut interrompue par le coulissement des portes de l'ascenseur, et une voix familière laissa sortir un soupir. "Tiens, vous voilà."
Lestrade n'avait pas l'air le moins du monde surpris. En fait, il y avait un élément suffisant dans ses paroles, comme s'il était venu à Canary Wharf avec l'intention de les retrouver plutôt que de voir Monroe. "Alors, est-ce que vous m'avez fait gagner du temps ou me rendez la vie plus difficile ?"
"Comme si vous aviez besoin de demander," coupa Sally, croisant les bras et fronçant les sourcils vers les deux autres. "Avons-nous interrompu une scène de ménage ?"
Sherlock jeta un coup d'œil vers John, réalisant à quel point ils se tenaient près l'un de l'autre : John toujours irrité de l'entière débâcle avec Monroe et Sherlock dominant par la pure force de sa plus grande taille. C'était un tableau où l'attraction pouvait aisément être prise pour de l'antagonisme par un tiers, et Sally trouverait plus facile de croire que Sherlock avait incité la colère de John plutôt que son affection.
"Non," répondit John avec un sourire vide, sortant de l'ascenseur. Il garda sa voix discrète pour que la réceptionniste ne l'entende pas. "Monroe est un con, mais il dit qu'il était monté à une conférence architecturale à Glasgow au moment des meurtres."
Lestrade hocha la tête, sortant un carnet de sa poche et griffonnant dedans alors que Sherlock ajoutait : "C'était au Hilton. Beaucoup d'assistance et dépendant sur les relations, c'est probablement un ferme alibi." Il plissa les yeux, réfléchissant sérieusement aux détails avant de parler à nouveau. "Prêtez une attention particulière à si oui ou non il a vu des gens dans la soirée. Il est plausible qu'il ait pu descendre à Londres et revenir sur les dernier et premier trains, mais ça signifierait qu'il manquait au bar ce soir-là et au petit-déjeuner le jour suivant."
"Quoi d'autre ?" demanda Lestrade.
"Ce n'est pas le meurtrier."
"Quoi ?" demanda John, donnant à Sherlock un regard incrédule. "Pourquoi pas ?"
Sherlock lut la stupéfaction sur le visage de John, et soupira. "Il a de grandes mains, plus grandes que les miennes." Il tendit sa paume, les doigts écartés en démonstration évidente. "Selon le dossier de police, le couteau trouvé dans Winters était un scalpel à lame large, au manche court. Si Monroe avait poignardé Winters, la résistance de la chair aurait poussé sa main à glisser en avant, hors du manche et sur la lame. Il n'y a aucun signe de blessure sur ses paumes ou ses doigts, donc quiconque a tué Winters aurait des mains pas plus grandes que les tiennes."
"Alors pourquoi est-ce que je vérifie quand même son histoire ?" demanda Lestrade.
"Parce que vous voudrez un mandat pour son ordinateur et ses relevés téléphoniques, et des trous dans son alibi pourraient le permettre," répondit Sherlock d'un ton d'ennui. "Juste parce qu'il ne tenait pas la lame qui a tué Winters ne signifie pas qu'il n'est pas impliqué."
Sally frotta une main sur son front, grattant sa tempe avant de foudroyer Sherlock du regard. "Alors, quoi ? Monroe est le cerveau et quelqu'un d'autre fait son sale boulot ?"
Elle faisait ressembler ça à un de ces films que John aimait tant, avec les gadgets invraisemblables et l'espionnage où le monde était toujours sans vergogne du noir et blanc de la guerre froide. "Peut-être, ou il pourrait avoir involontairement fourni à quelqu'un d'autre une motivation suffisante pour agir drastiquement pour lui. Découvrir s'il est coupable ou non est votre travail, pas le mien."
"Un peu d'aide ne ferait pas de mal," marmonna Lestrade, frottant son œil droit alors qu'il foudroyait du regard son bloc-notes. "Quoi d'autre ?"
"L'ancienne bague de fiançailles. Découvrez si elle est parmi les effets personnels de Lattimer," donna Sherlock comme instruction, plissant les yeux alors qu'il réfléchissait au bijou. Ce pourrait être un détail superflu : un détritus de sentiment obstruant le champ de vision, mais ce pouvait aussi être la clé pour démêler le nœud bizarre de ce meurtre.
"Nous avons écarté le vol comme mobile. Tous ses objets de valeur étaient encore là." Lestrade regarda Sally pour la confirmation, et elle fit un seul hochement de tête. "Son coffre était encore plein et sa boîte à bijoux n'avait pas bougé de la table de nuit."
"Y compris la bague ?" Sherlock soupira quand Lestrade haussa les épaules. "Les familles riches aiment donner des pierreries comme cadeaux parce que ce sont des investissements plutôt que des passifs. Une Ferrari perd de la valeur chaque seconde où vous la conduisez, un pendentif en diamant accroît en valeur," expliqua-t-il. "Elle avait probablement un certain nombre de colliers et d'autres objets, et il est clair que le vol n'était pas le mobile parce que diverses pièces onéreuses étaient encore présentes."
Il agita une main, indiquant vaguement le bureau à l'étage et l'homme entre ses murs. "Cependant, Monroe l'a laissée garder la bague de fiançailles. Si elle a disparu, alors son retrait était à la fois délibéré et ciblé. Rien que ce fait mettrait une plus grande importance sur sa relation avec Monroe en rapport avec l'affaire – suffisamment pour l'interpeller pour un interrogatoire."
"N'oublie pas le re-développement," ajouta John. "C'est ce qui nous a amenés ici en premier lieu. De quelque façon que tu l'observes, Monroe semble être là-dedans jusqu'au cou."
"Vous avez envie de nous en parler ?" demanda Lestrade, croisant les bras et jetant ostensiblement un regard noir à Sherlock. "Vous ne devriez même pas être ici de toute façon. Comment avez-vous obtenu qu'ils vous voie ?"
"Il est coopératif," mentit Sherlock facilement avant de commencer à expliquer. "Winters avait un dépliant pour un nouveau développement conceptuel sur Admiral Walk, une reconstruction de l'immeuble dans lequel Mlle Lattimer avait un appartement. C'est un des grands projets de Monroe, mais pour qu'il avance il a besoin de racheter les propriétaires actuels et ses occupants."
"Merde." Lestrade hocha la tête d'un air sombre. "Il semble de plus en plus qu'il pourrait avoir un bon mobile après tout."
"A la fois Monroe et son assistant disent qu'une offre a été faite à Mlle Lattimer, mais qu'elle a été assassinée avant d'avoir eu la chance de répondre."
"Vous pensez qu'ils disent la vérité ?" C'était Sally, qui était au moins tout aussi méfiante de tous ceux qu'elle croisait.
"Nous pouvons le découvrir assez facilement," dit Lestrade avant que Sherlock ne puisse offrir aucune sorte de réponse cinglante. "Nous examinerons les relevés téléphoniques de Lattimer, son ordinateur et tout ça. Voir si elle a été en contact." Il soupira, fermant son carnet d'un petit coup et croisant l'œil de Sherlock. "Le couteau que nous avons trouvé hier est définitivement l'arme du crime. Avec les vêtements, c'est suffisant pour en conclure que Winters a tué Lattimer, mais trouver qui l'a achevé s'avère être plus difficile que nous ne le pensions."
"N'avez-vous pas trouvé quoi que ce soit sur le pont ?" demanda John, ses bras croisés alors qu'il déplaçait son poids sur une hanche, très légèrement plus près de Sherlock.
"Nous savons qu'il est tombé dans la Tamise à Chiswick grâce aux dommages sur le pont et à ce que Sherlock a trouvé sur le corps. Il était en bon état pour avoir voyagé en aval aussi loin, mais c'est plus de la chance qu'autre chose. Nous ne savons simplement pas qui a enfoncé le couteau dans sa poitrine." Lestrade ferma les yeux pendant un instant, clairement fatigué. Surmené. Cela fit se demander à Sherlock combien de crimes passaient non résolus parce que les officiers impliqués étaient trop épuisés pour voir les preuves. "Nous n'avons pas de vidéos de surveillance de quoi que ce soit qui cloche à l'appartement ou au pont, et rien que de la merde de la famille Lattimer. Nous venions ici à la recherche de nouvelles pistes – "
"Que nous avons trouvées pour vous," signala Sherlock, jetant un coup d'œil par-dessus son épaule alors que les portes de l'ascenseur se fermaient en vrombissant et qu'il commençait à monter, appelé à un autre étage. "Ce devrait être assez pour vous occuper pendant un moment. Viens, John."
"Je suppose que vous voulez savoir ce que nous trouverons ?" lança Lestrade après lui.
"Vous me le direz," répondit Sherlock, souriant d'un air suffisant pour lui-même alors qu'il poussait la porte. "Vous voulez résoudre l'affaire, après tout."
La foulée de John s'accorda à la sienne alors qu'ils retrouvaient leur chemin à travers le paradis urbain stérile. Les réverbères commençaient à luire maintenant que le soleil avait quitté son arc dans le ciel : une autre journée courte d'hiver arrivée à sa fin.
Là dehors, parmi l'affairement et la précipitation de Londres, Sherlock s'attendait à moitié à ce que la chaude sensation tentante de l'ascenseur se dissipe, déchiquetée par l'apport sensoriel du monde. Pourtant elle s'attardait, un nœud de chaise épais et tendu le liant à John qui s'intensifia lorsque John parla : un sonagramme lisant sa voix en courbes douces et en lignes dentelées.
"Es-tu sûr que Monroe ne l'a pas fait ? J'aurais adoré le voir tomber pour ça." John leva les yeux vers Sherlock, son nez plissé et ses lèvres tordues d'une manière qui fit réprimer un sourire à Sherlock.
"Il pourrait encore se retrouver à affronter une peine de prison. Pendant que vous deux grogniez l'un vers l'autre, je lisais son écran d'ordinateur." Il jeta un coup d'œil à John pour voir une expression ouverte et curieuse. "Même s'il n'a rien à voir avec le meurtre, cette enquête pourrait bien le finir. Il y a plein de preuves de comptabilité créative partout sur ses feuilles de calcul. Il détourne des fonds de son associé."
John souffla. "Ça me surprend pas. Con cupide. Je pense toujours qu'il est derrière les meurtres cependant. Même s'il ne l'a pas fait lui-même, il doit sûrement connaître quelqu'un qui pourrait le faire pour lui ?"
Sherlock roula des épaules en un haussement, levant le bras pour héler un taxi. "Peut-être. As-tu découvert quoi que ce soit d'utile auprès de l'assistant ?"
"Pas grand-chose." John s'avança, grimpant dans le taxi qui s'arrêta au bord du trottoir et attendant que Sherlock soit assis avant de continuer. "Havisham est resté en arrière pour faire tourner le bureau, et les affaires sont bonnes. C'est à peu près tout ce que j'ai obtenu, en dehors du fait qu'il pensait que la mort de Lattimer était un inconvénient parce qu'elle ferait aller plus lentement la vente de son appartement." Il regarda Sherlock avec curiosité, se demandant peut-être s'il allait sortir un lapin de son chapeau avec ces quelques miettes d'informations.
"Autre chose ?"
"Il a beaucoup parlé de la 'vision' architecturale de Monroe – l'habituel baratin de société, tu sais ? Comme s'il pensait que les gens comme nous pourraient espérer acheter un de leurs logements dans le futur. Sais-tu pour combien ils vendent leurs appartements ?" Sherlock lui fit simplement un regard patient, regardant John rouler des yeux et sourire. "Bien sûr que tu sais. Comme si nous pourrions un jour nous permettre de dépenser des millions sur un appartement de Londres."
"Je doute que le discours sur les propriétés ait été pour t'inciter à acheter," répondit Sherlock facilement. "J'en ai entendu une partie – c'est une des raisons pour lesquelles j'ai laissé la porte ouverte. Il essayait de t'impressionner avec le statut de Monroe et de mettre l'accent sur l'écart de niveau social. Essayait de te faire sentir inadéquat."
"Quoi – pourquoi ?" John écarta les mains comme pour se signaler dans son jeans usagé, son pull bleu ardoise et sa veste quelconque. "Je ne suis pas exactement menaçant."
Sherlock se pencha pour se rapprocher, gardant sa voix basse pour que le conducteur ne puisse pas entendre lorsqu'il murmura : "Quiconque t'a vu manier une arme dirait le contraire."
La réponse de John fut à la fois inattendue et instantanée. Un frisson délicat traversa son corps et il aspira son souffle, un faible rougissement chauffant sa peau alors qu'il se tournait pour sourire à Sherlock. Ses yeux étaient cobalt et ses pupilles larges, un désir sans honte, et Sherlock sentit son attraction en réponse s'enflammer à nouveau dans le creux de son estomac. Leurs nez se touchaient presque, leurs souffles se mélangeant, et quand la langue de John sortit furtivement pour humidifier ses lèvres Sherlock put presque le goûter.
Le chauffeur de taxi s'éclaircit la gorge ostensiblement, leur lançant un regard noir impitoyable dans le rétroviseur. Sherlock le rendit avec un rictus glacial alors que John s'éloignait.
Il était tenté de prononcer une remarque cinglante à propos de l'activité secondaire clairement défaillante du conducteur quand un gargouillement de son estomac coupa à travers l'air. Le bruit avait en partie à voir avec l'envie reposant bas dans ses tripes, mais surtout il était provoqué par le fait que le déjeuner avait été des heures plus tôt.
Un rapide coup d'œil oblique vers John lui montra qu'il réprimait un sourire suffisant, et Sherlock soupira. "Chez Angelo ?" demanda-t-il.
"Est-ce que tu vas manger quelque chose ?" Les lèvres de John s'écartèrent en un sourire quand Sherlock hocha la tête. "Tu payes."
"Comme si Angelo nous faisait jamais payer," répondit Sherlock, se penchant en arrière dans son siège et donnant au chauffeur un dernier regard dédaigneux avant de tourner son attention vers la fenêtre. Regarder John était trop tentant. Chaque coup d'œil semblait le tirer, essayant de ramener son malheureux corps, et Sherlock ne souhaitait pas être mis dehors par un des chauffeurs de taxi les plus intolérants de la ville. A la place il regarda le monde passer en tournant : sa métropole coincée dans sa propre danse étourdissante alors que ses pensées se tournaient vers l'intérieur.
Autrefois, cela aurait été si facile de se perdre dans les endroits sombres et oubliés de Londres où le crime reposait encore infect et noir dans chaque ombre. Avant John, il y avait eu des moments de tentation. Il avait voulu partir, disparaître du radar et s'échapper, inconnu mais connaisseur dans les bas-fonds sinistres.
Peut-être qu'il aurait fait briller une lumière dans cette obscurité, mais même maintenant il ne pouvait pas être sûr qu'il ne s'en serait pas simplement délecté. Peut-être, à certains égards, que Moriarty avait eu raison. Ils avaient été semblables, autrefois. Il y avait eu le potentiel pour que Sherlock se tourne vers la criminalité ne serait-ce que pour le défi, mais pas depuis John.
L'ajout d'un seul élément à l'équation la changeait complètement : des propriétés changées par une simple variable. Il aurait dû en éprouver du ressentiment, contre cet impact et cette influence, mais comment le pourrait-il ? Comment pourrait-il en vouloir à John ? Après tout, ce n'était pas que John le changeait, mais qu'il donnait envie envie à Sherlock de se réajuster : une recalibration pour une efficacité intensifiée.
Une remodulation pour une compréhension plus profonde.
Sherlock cligna des yeux, ignorant la lueur rouge des feux de signalisation alors que son esprit continuait à tourner, des fils multiples de pensées s'entrechoquant le long de pistes différentes, se divisant en deux de temps à autre mais ne s'arrêtant jamais. La tempête de l'affaire vacillait encore, presque un bruit de fond dans sa tête alors que le problème de lui et John glissait au premier plan. Il avait examiné l'idée dans son esprit toute la journée, la retournant à chaque moment de libre, pourtant il n'avait pas trouvé de nouvelle perspective.
Tous les mêmes problèmes et doutes s'éternisaient, le tourmentant avec des dents pointues d'inquiétude, et avec chaque heure qui passait Sherlock se rendait compte qu'il était impossible qu'il puisse être certain du résultat. Même avec son esprit brillant, il ne pouvait pas plus dire le futur que n'importe qui d'autre, pas au-delà de la reconnaissance d'un schéma de base, et s'il y avait une chose qui défiait la progression logique, c'était le sentiment.
Il était forcé de conclure que le seul moyen d'être sûr qu'une relation entre lui et John pourrait fonctionner serait de la vivre. D'être rassuré avec chaque jour – chaque moment de paix et de conflit qui passait – que c'était quelque chose qui pourrait durer.
John lui avait dit que c'était à lui de faire son choix, et ensuite avait rappelé muettement à Sherlock à chaque opportunité que vraiment, il n'y avait qu'une seule réponse. Il s'était attendu à des exigences de John à la fois sur son temps et sur sa capacité mentale. Il avait redouté le fait que John voudrait en parler, le triturer et essayer de ne pas prendre les inquiétudes de Sherlock en considération, mais il n'avait rien fait de tel.
Il était resté lui-même, mais encore plus. Inébranlable et fort, mais apparemment renforcé par la confession discrète de Sherlock qu'il y avait quelque chose – un potentiel qu'ils pouvaient tous les deux voir – plutôt qu'une attraction à sens unique.
Puis il y avait la confrontation avec Monroe. Rien que le souvenir enflammait un frisson sur la peau de Sherlock, lui donnant l'impression que ses vêtements étaient brusquement trop serrés et son corps gonflé. Elle lui avait montré un côté de John qu'il ne connaissant pas auparavant.
Oh, John avait été protecteur par le passé, brutal, parfois, dans la quête de la sécurité de Sherlock, mais c'était quelque chose de différent. La menace n'était pas sur sa vie, mais quelque chose de bien plus intime, et la réponse de John avait été un contrôle tendu et une force létale couvant sous une mince apparence de courtoisie. Sherlock n'était pas certain de ce qui était le plus excitant : la retenue intellectuelle de John ou le fait que ses instincts plus primaux avaient clairement été si proches de réduire ce contrôle en lambeaux.
Tout ça pour lui.
"Hé, vous y êtes," lança le chauffeur, tirant Sherlock de ses pensées. Il paya l'homme précisément, n'offrant obstinément pas de pourboire alors que lui et John descendaient et commençaient la courte marche vers Chez Angelo, marchant naturellement de concert alors que les premières gouttes de pluie commençaient à tomber des nuages qui s'étaient renforcés au-dessus d'eux.
Ils venaient de traverser le seuil de Chez Angelo quand les cieux s'ouvrirent, envoyant s'écraser une pluie torrentielle sur les tours de Londres et le sol stérile en béton. "Bien calculé," dit John avec reconnaissance alors qu'on les conduisait à leur table habituelle à la fenêtre, dont les vitres étaient maintenant parsemées de traînées d'eau en cristal qui luisaient en rouge et blanc des phares des voitures qui passaient. "Combien de temps estimes-tu que ça va prendre avant que nous ne recevions une réponse de Greg ?"
Sherlock enleva son manteau, secouant brièvement sa tête. "Cela dépend de la facilité avec laquelle ils pourront obtenir un mandat et d'à quel point le Détective Inspecteur a désespérément besoin de sommeil. Nous pourrions avoir une réponse pour la bague ce soir, mais ce sera probablement demain."
John tendit la main vers le menu alors qu'Angelo les accueillait avec sa bonne humeur bruyante habituelle, et Sherlock remarqua qu'il n'y eut pas d'objection à la bougie. Toutes les anciennes protestations s'étaient éteintes, il semblait, et Sherlock jeta un coup d'œil par la fenêtre pour cacher son sourire.
"Je sais que tu veux mettre ces meurtres sur le dos de Monroe," murmura-t-il, gardant sa voix basse alors qu'il se souvenait des requêtes précédentes de John de garder toutes les discussions de crime, de sang et de morceaux de corps hors de portée d'oreille des autres clients, "mais je pense que nous regardons dans une autre direction."
"Tu as des soupçons ?" demanda John, son regard se déplaçant du menu pour se concentrer attentivement sur Sherlock. "Alors allons-y, qui penses-tu qui l'a fait ?"
Sherlock secoua la tête. "Non, je peux te dire qui ce n'était pas, mais pas qui c'était. Pas assez –"
"De données," finit John pour lui. "Eh bien, si ce n'est pas Monroe alors je refiche mon billet sur quelqu'un de la famille. Peut-être qu'ils ont entendu parler de l'offre généreuse pour l'appartement." John déplaça ses couverts sur le côté, le métal carillonnant doucement. "Avait-elle un testament ? Si non alors tout va automatiquement à son parent le plus proche. Peut-être qu'ils ont décidé qu'ils pourraient absorber sa fortune indépendante dans la leur." Il leva les yeux avec un sourire de remerciement alors qu'Angelo leur versait à tous deux du vin et prenait leurs commandes. "Ils ont un autre héritier, après tout, et je parie qu'ils n'ont pas bien pris son éloignement."
Sherlock regarda une goutte de pluie dévaler le verre de la fenêtre avant de se tourner pour regarder John. "Vrai, mais la richesse de Mlle Lattimer était insignifiante en comparaison de celle de son père. Quelque soit la manière dont on regarde ça, le risque du scandale si leur meurtre était découvert l'emporte sur le bénéfice. Si la famille était impliquée, alors c'était purement émotionnel, plutôt que motivé par le financier." Sherlock déplaça son poids alors qu'il soupirait de frustration. "J'ai l'impression de rater quelque chose."
"Tu la résoudras," répondit John, sa voix forte d'une confiance totale alors qu'il prenait un petit pain du panier et le mettait ostensiblement sur l'assiette de Sherlock. "Mange ça, ton estomac dérange les autres clients."
"Il n'est pas si fort," marmonna Sherlock, mais il fit comme on lui disait. C'était comme si ses doigts et ses mains, ses lèvres et sa langue étaient sous le contrôle de John plutôt que du sien, brisant du pain et le mangeant pour calmer la menace croissante de son estomac. "C'est de ta faute de toute façon. Avant je pouvais passer des jours sans nourriture."
John roula des yeux. "Ce qui est si merveilleusement sain." Son sarcasme s'évapora alors qu'il continuait : "Tu te remets encore de la grippe, tu te rappelles ? Juste parce que tu te sens bien ne signifie pas que ton corps est de retour à cent pour cent, pas encore."
"J'ai réussi à survivre la journée sans paracétamol, et je ne me sens pas en mauvaise condition." Loin de là, en fait, bien que Sherlock suspectât profondément que cela avait davantage à voir avec la présence constante et tentante de John que la bonne santé globale de Sherlock. Le faible tourment de douleurs persistantes avait peu d'emprise sur lui quand il avait l'impression que du fer en fusion coulait dans ses veines, vif et brûlant et l'attirant toujours plus près de John comme s'il était magnétisé.
John émit un bruit de bourdonnement de doute, scrutant le visage de Sherlock comme cherchant un signe qu'il était moins qu'honnête. Cela aurait pu être un regard de docteur si ce n'était la chaleur sous-jacente, les feux contenus pour l'instant mais oh-si-faciles à attiser à nouveau à la vie.
Le cœur de Sherlock tressauta dans sa poitrine lorsqu'il réalisa à quel point ce serait facile – combien de pouvoir John lui avait abandonné avec chaque simple admission muette de désir. Tout ce que cela prendrait serait un léger contact, ou une inclinaison de la tête et les bons mots murmurés et John serait dans la paume de sa main, affalé sur son lit, mené aveuglément à travers la danse la plus ancienne du monde...
Pourtant peut-être que abandon n'était pas le bon mot. Cela suggérait une force dominante, un vainqueur et un vaincu, ce qui ne pourrait pas être plus éloigné de la vérité. Non, ce n'était pas une guerre, mais une allégeance. Il n'y avait pas de dessus à prendre, et Sherlock essaya de se rappeler s'il avait déjà ressenti ça pour quelqu'un avant. Leur avait-il déjà fait assez confiance pour se placer aussi entièrement entre leurs mains qu'ils le faisaient avec lui ?
Il n'y aurait pas de retenue avec John, même s'il le voulait. Ce serait simplement impossible. John était trop doué pour voir tout ce que Sherlock montrait au monde et tout ce qu'il cachait. Parfaitement observateur.
Et Sherlock se retrouva à nouveau essoufflé avec le besoin d'être connu.
Il voulait rentrer à toute allure à Baker Street et mettre John derrière des portes fermées. Pour lui dire, lui montrer de chaque manière irréfutable que, finalement, il comprenait. Il n'y avait pas de bonne réponse, pas de vrai choix à faire, mais même s'il y en avait un, alors la réponse de Sherlock était devenue claire : oui, oui, oui.
L'envie était presque irrépressible, un feu d'artifice courant le long de sa colonne vertébrale et saturant ses veines. S'ils n'avaient pas déjà commandé, il pourrait avoir succombé, mais à la place Sherlock se déplaça sur son siège, cherchant sa patience alors qu'il prenait une gorgée de son verre. La saveur enivrante du vin – du raisin, du soleil et la plus petite touche de terre Méditerranéenne cuite – explosa sur sa langue, ne faisant rien pour atténuer l'effet de vertige qui tourbillonnait à travers lui.
Sous la table, son genou frôla celui de John. C'était un contact passager, innocent mais d'une certaine façon chargé de sens, disparu en une seconde. Sauf que, avant peu, il sentit la jambe de John presser contre la sienne, une chaude longueur de chair à travers le tissu jumeau de leurs pantalons : un reflet dans un miroir étant donné leurs positions l'un en face de l'autre.
Un coup d'œil à John fut suffisant pour lui montrer que c'était délibéré et significatif. L'approbation était écrite dans la douce courbe étroite de ses lèvres et la lueur de ses yeux, augmentée qu'elle l'était par la lumière séductrice de la bougie.
Sherlock ne fit rien pour s'éloigner. En fait, on aurait dit que son corps bougeait tout seul, suivant une chorégraphie implicite sans aucune pensée consciente, bougeant pour refléter la posture détendue de John alors que son esprit bourdonnait de sa révélation. Une partie de lui voulait la lâcher sur le champ, mais les mots avaient l'air maladroits dans sa tête, et il se retrouva à les ravaler, se tournant vers une conversation plus prudente alors que son cœur s'emballait.
"Je ne suis pas le seul à avoir été en mauvaise condition cette semaine," signala-t-il, changeant la concentration de son regard pour examiner John à un niveau plus physique, cherchant des ombres fatiguées ou des lignes de lassitude. Pourtant il n'y avait rien à voir. John était son moi normal, fort et fiable, et seule la faible empreinte du stress de la rencontre avec Monroe faisait quelque chose pour gâcher sa sérénité évidente. "Tu étais épuisé hier." Sherlock détourna le regard. "Trop de temps passé à prendre soin de moi et pas assez à t'occuper de toi."
"Je suis docteur," répondit John, se penchant en arrière alors qu'une assiette de pâtes fumantes était placée prudemment devant lui. "Et ton ami. Quelques heures de sommeil en moins n'est rien que je ne puisse gérer. Tu m'y as entraîné davantage que l'école médicale et l'armée combinées."
"Je ne t'entends pas te plaindre," répondit Sherlock avec un sourire, pensant à toutes les fois où eux deux avaient réduit les heures de ténèbres à la recherche de preuves. "A moins que tu doives être au cabinet le matin suivant, bien sûr."
"Ouais, c'est étonnant à quel point les gens sont contrariés quand leur généraliste s'assoupit au milieu d'un rendez-vous." Le sourire de John était contagieux, une lueur brillante d'hilarité. "Je ne sais pas comment tu fais. Comment t'es-tu entraîné pour survivre avec aussi peu de sommeil ?"
Sherlock prit sa fourchette et commença à manger son repas, un coude appuyé sur la table d'une manière qui aurait fait Maman siffler vers lui à propos de ses manières. Il avala une bouchée alors qu'il réfléchissait à la réponse. "Ce n'est pas une question d'ajuster un comportement pré-établi. Je n'ai jamais eu besoin d'autant de sommeil que tout les autres. Tu sais que les huit heures de sommeil par nuit sur lesquelles les gens déblatèrent est un idéal toujours changeant."
"Ouais, mais je t'ai vu passer des jours sans poser ta tête, et tu n'es pas en plus mauvaise condition à la fin." John copia la position de Sherlock, tous deux se penchant en avant en travers de la table. C'était un ajustement infime, mais Sherlock pouvait tout de même en sentir l'intimité, le rétrécissement du monde vers juste eux deux, comme si Angelo et tous les autres convives n'étaient pas là du tout. "Un peu plus frénétique, plutôt."
"Comportement normal," signala Sherlock, couvrant sa bouche de sa main lorsqu'il se rendit compte qu'il mâchait encore. "Tu devrais le savoir. Je ne peux imaginer que tu avais des heures régulières de sommeil en Afghanistan."
John secoua la tête, tournant le manche de sa fourchette dans sa main gauche pour que le métal envoyât de petits éclairs de lumière danser sur la vitre avant de répondre. "Des heures d'ennui abrutissant interrompues par des poussées d'adrénaline folles. On s'y habituait après un moment – être toujours à vif comme ça."
"Alors tu sais que quiconque privé d'un rythme de sommeil régulier passera à travers des cycles décroissants d'éveil et de léthargie, croissants en intensité mais diminuant en durée jusqu'à –"
"Jusqu'à ce que la personne s'arrête quelque part de peu pratique, comme effondré sur un microscope." John fit un regard amusé à Sherlock. "Au moins cette semaine m'a montré que ton corps est encore parfois aux commandes. La grippe t'a complètement assommé."
Sherlock grimaça. "Malheureusement. J'aurais pu résoudre l'affaire il y a des jours si je n'avais pas été coincé sur le sofa." Il pouvait prétendre tout ce qu'il voulait que si John n'était pas là, il aurait continué à se traîner sur des scènes de crime, mais la réalité était indéniable. Il avait été complètement impuissant dans les affres de la fièvre, et la pensée d'affronter ça sans l'attention de John était suffisante pour envoyer une vague de froid à travers lui.
"Tout le monde a le droit de tomber malade parfois. Ça arrive aux meilleurs d'entre nous," John prit une gorgée de son vin. "Tu as récupéré rapidement. Plus encore que je ne l'avais pensé."
"Grâce à toi," répondit Sherlock, offrant à John un doux sourire qui fut volontiers rendu. "Je – Je l'apprécie. C'était – bien. Je sais que je ne suis pas un patient facile."
Le souffle de rire de John fut étouffé, mais sincère, et Sherlock lui lança un regard noir sans enthousiasme. "Un peu un euphémisme, mais, croie-le ou non, j'ai eu pire. Bien pire."
Sherlock inclina la tête en demande d'informations, écoutant avec intérêt alors que John lui parlait de différents patients, à la fois sur le champ de bataille et en dehors, qui faisaient toujours jurer les docteurs et les infirmières de frustration. C'était fascinant de l'écouter parler avec autant d'enthousiasme et d'animation, passant de la pierre fouettée par le sable d'Afghanistan aux salles d'hôpital stériles de Bart avec une aisance fluide, englobant le kaléidoscope de ses expériences. Plus d'une fois Sherlock posa des questions à propos des cas les plus inhabituels, se perdant avec bonheur dans une conversation qui, il y avait quelques mois, il aurait pu rejeter comme inutile.
Pourtant comment pouvait-il l'ignorer quand chaque phrase rehaussait le détail de John, améliorant la compréhension de Sherlock de lui par la plus minuscule et la plus précieuse augmentation ? Il se retrouva à écouter, captivé, alors que John parlait, remarquant à peine alors que son assiette se vidait et que la bougie diminuait entre eux, se roulant dans sa propre cire.
Le sujet changea et se déplaça, coulant avec une aisance confortable de la médecine aux scènes de crime, des jeux taquins de déduction et des petits rires étouffés à certaines de leurs suppositions. Le flot de clients fluctuait, leur fournissant une arène changeant constamment, mais Sherlock leur accordait seulement un coup d'œil, glanant tout en une seconde avant de ramener son regard sur John pour prononcer son verdict.
Peu à peu, le vin fut épuisé, et leur conversation prit un ton plus feutré et discret. John jouait avec son verre presque vide au milieu de la table, et avec chaque tour du pied, ses jointures frôlaient les doigts de Sherlock là où ils reposaient près de la salière : un espace partagé dans le no man's land entre eux. Le contact minuscule envoyait des chocs d'électricité le long du bras de Sherlock, mais ce n'était rien comparé au flot brut de satisfaction venant de l'admiration évidente dans le regard de John.
"La pluie s'est arrêtée," dit finalement John, regardant par la fenêtre puis jetant un coup d'œil circulaire dans le restaurant, qui commençait à se vider régulièrement alors que la nuit se fatiguait. "Prêt à rentrer à la maison ?"
Sherlock hocha la tête, se mettant sur ses pieds et tendant la veste de John, l'aidant à la mettre avant de tendre la main vers son propre manteau. L'au revoir joyeux d'Angelo les suivit par la porte alors que l'air froid de Londres s'incurvaient autour d'eux. Sherlock doutait que le froid ait grand-chose à voir avec le déplacement de leurs corps plus près l'un de l'autre, l'épaule de John touchant son bras avec chaque enjambée alors qu'ils trouvaient leur chemin le long de la chaussée tachetée de pluie.
"Ça ne te prend vraiment pas longtemps pour déduire quelqu'un, n'est-ce pas ?" demanda John. "Dans le restaurant tu regardais seulement les gens pendant un battement de cœur. Une seconde et tu vois tout."
"Pas tout," répondit Sherlock, pensant à l'erreur de Harry/Harriet – une parmi d'autres. "Ce n'est qu'une impression. Il y a tellement d'informations exposées que la plupart des gens les bloquent dès un très jeune âge. Ils le doivent, ou il seraient submergés."
"Tu n'as juste jamais appris à les ignorer ?" demanda John, ayant l'air incertain à ses propres paroles, comme s'il ne pouvait pas croire qu'il y ait une compétence que Sherlock ne puisse pas souhaiter développer.
"Je ne l'ai jamais voulu. J'ai trouvé mes propres moyens de gérer l'apport, et alors que je grandissais j'ai appris comment le lire." Il pensa à ces quelques années intermédiaires où il avait lancé sa curiosité juvénile à comprendre tous les minuscules détails qui lui étaient disponibles, démêler leur signification pour son plaisir et son amusement dans un effort franc et sincère de tout comprendre autour de lui. "Sans mes méthodes, il n'y aurait rien de tel qu'un détective consultant, et rien pour que tu blogues." Sherlock fit la grimace. "Je travaillerais probablement pour Mycroft."
"Non, tu ne le ferais pas," dit John avec un sourire suffisant. "Tu ferais quelque chose de tout aussi brillant quelque part ailleurs." Il rougit alors, une faible teinte rose qui était davantage que le vin alors qu'il baissait subitement la tête et se grattait l'arrière du cou. "Tout de même, je suis content que c'est là que nous ayons fini." Il agita une main, indiquant tout Londres et ses éléments criminels. "C'est dur de m'imaginer faire autre chose maintenant."
"Tu aurais trouvé quelque chose," répondit Sherlock, lisant le doute sur le visage de John – y voyant la possibilité de ce qui aurait pu être : un cabinet calme au-delà de l'agglomération de Londres, une demi-vie émaciée à essayer de se sentir concerné. Peut-être qu'il aurait été heureux, mais il n'aurait jamais été à nouveau l'entier John Watson. Sherlock lui avait donné cela tout autant que John lui avait offert sa propre admiration et son soutien, permettant à la brillance de Sherlock de s'épanouir à la lumière de son appréciation.
Tendant la main, il serra les doigts de John brièvement des siens, s'éclaircissant la gorge et détournant le regard alors qu'il murmurait : "Je suis content que tu n'aies pas eu à le faire, cependant. Ceci – je ne pensais pas que trouver un colocataire pourrait mener à ceci."
La main de John se serra autour de celle de Sherlock, l'arrêtant net et le faisant se tourner, reliés le long de la longueur de leurs bras par leur prise unie. Le visage buriné de John portait une expression incertaine, mêlée de désespoir et de détermination en mesures égales. Il s'humidifia les lèvres, levant le menton alors qu'il croisait le regard de Sherlock.
"Qu'est-ce que ceci – exactement ?" Il déglutit péniblement, une secousse rapide de la tête faisant reculer doucement Sherlock vers lui, se tournant pour lui faire face complètement. La petite étendue de chaussée trempée de pluie se réduisit à rien entre eux, avalée par la seule foulée nécessaire pour refermer la distance. "Je comprends si tu as besoin de plus de temps pour réfléchir, je le comprends. C'est juste –" Il secoua la tête, clairement perdu dans un bourbier de mots inexprimés, mais Sherlock pensait pouvoir remplir les blancs.
Après tout, il avait pu voir tout l'espoir, le désir et le besoin possessif et désespéré de John, et il n'avait aucun doute que quelque chose de similaire avait brossé son tableau sur ses propres traits. Peut-être que John ne pouvait pas lire l'identité d'un meurtrier dans l'histoire silencieuse d'un cadavre, mais si la semaine passée n'avait rien enseigné d'autre à Sherlock, il savait que John avait tous les pouvoirs d'observation nécessaires quand il s'agissait de Sherlock. John le connaissait mieux que n'importe qui d'autre, et il devait avoir vu le choix de Sherlock maintenant – inexprimé qu'il était. Tout ce dont il avait besoin était une confirmation.
"C'est – je –" Sherlock se maudit intérieurement lorsque les mots lui manquèrent, coincés derrière le nœud irrationnel de peur âpre et d'espoir vociférant et geignard qui se nouait sous sa cage thoracique. Impossible.
Finalement il laissa sortir un souffle tremblant et leva sa main vers le menton de John. Il ne fallut que la plus légère pression pour que John incline sa tête vers le haut, naturel et conciliant, ses yeux écarquillés et sombres alors que Sherlock baissait la tête et pressait un baiser contre la bouche de John : doux mais pas exactement chaste. C'était un prélude et une requête, une réponse et une question en même temps, et l'anticipation trembla le long de la colonne vertébrale de Sherlock au hoquet de souffle inspiré de John, suivi d'un gémissement bas qui fila droit vers la bas entre ses jambes.
Les doigts de John s'emmêlèrent dans le manteau de Sherlock alors que ses lèvres s'écartaient, sa langue sortant furtivement pour tracer la courbe de la bouche de Sherlock. L'éclair de chaleur fut suffisant pour tenter les lèvres de Sherlock à s'ouvrir, pour goûter John correctement – du vin, des herbes et la saveur unique de John qui d'une certaine manière remirent à zéro tous les boutons dans la tête de Sherlock, lui apportant la sorte de concentration calme et isolée que seule la cocaïne lui avait donnée par le passé.
Sauf que maintenant ce n'était pas une affaire qui retenait son attention, mais John. Son corps puissant était plaqué contre lui, piégé alors que le bras libre de Sherlock glissait autour de la taille de John. L'autre s'attardait à la mâchoire de John, n'appliquant pas de pression mais reposant simplement contre le pouls palpitant de John – une autre ancre – insignifiante en comparaison du contact fluide des lèvres et de la langue, le pincement vif de dents sur sa lèvre inférieure le faisant grogner d'appréciation.
Les doigts de John se déplacèrent vers le haut à l'arrière du cou de Sherlock, faisait un tunnel à travers ses cheveux et emmêlant les boucles dans sa prise, suffisamment fermes pour guider et déplacer, mais pas pour tirer. Le mouvement simple fut suffisant pour les presser encore plus près l'un de l'autre, le corps de John se forçant vers le haut contre celui de Sherlock alors que la précipitation de Londres disparaissait autour d'eux. Le bruit de la ville fut effacé dans la non-pertinence alors que la sensation submergeait l'esprit de Sherlock, le laissant perdu et essoufflé, ayant besoin d'air mais désirant John davantage.
Enfin, il recula un petit peu, clignant des yeux pour les ouvrir et les baisser vers John, absorbant son visage rougi et sa bouche gonflée, ses épaules se soulevant un peu avec chaque souffle.
"Merde."
Un souffle de rire s'échappa de la bouche de Sherlock, volé par les lèvres de John alors qu'elles pressaient à nouveau contre les siennes, tâtonnantes et tentantes. C'était comme s'il ne pouvait pas tout à fait croire ce qui arrivait et qu'il devait se rassurer par le goût et le toucher, par la résistance du tissu séparant leur peau et la pression furtive et désespérée des mains.
"Nous devrions –" John gémit lorsque Sherlock le coupa, avalant les paroles comme si elles étaient la nourriture la plus douce et caressant la langue de John de la sienne avant de le libérer à nouveau. "Oh, mon Dieu, si nous ne retournons pas à Baker Street nous allons nous faire arrêter."
"Pour un baiser ?" murmura Sherlock, ses lèvres s'inclinant en un sourire suffisant alors qu'il saisissait le regard dans l'œil de John et sentait la température de son sang faire un pic, augmentant la pression dans son pantalon et envoyant un nouvel essaim bourdonner le long de sa colonne vertébrale.
"J'ai l'intention de faire bien plus que t'embrasser," promit John sans ménagements, ses sourcils se soulevant en une brève question. "Si c'est ce que tu veux ?"
Sherlock lapa la bouche de John, attrapant la fine ligne rougie entre ses dents en un pincement doux et taquin. "Qu'en penses-tu ?" Il pencha ses hanches vers l'avant, sachant que John pourrait probablement sentir le dur contour de chair qui s'était élevé à son injonction à travers la laine épaisse du manteau. Il pouvait certainement sentir la réponse de John au milieu de la tempête qui avait grandi entre eux.
"Je vais – Je vais prendre ça pour un oui," réussit à dire John, un sourire brillant passant sur son visage alors qu'il s'éloignait finalement, attrapant la main de Sherlock fermement dans la sienne et lui donnant une traction significative le long de la rue.
L'impatience de John était facilement partagée, tempérée seulement par l'envie bouillonnante et évoluante de se toucher mutuellement. Leurs pas étaient maladroits et ivres, pas détonnants dans Londres à ce moment de la nuit, mais le vin que Sherlock avait consommé n'était clairement pas aussi enivrant que l'incandescence chatoyante et tremblante qui menaçait de le submerger.
C'était comme si son corps avait échappé à sa laisse, rejeté ses chaînes et s'était accordé complètement au corps plus petit et équivoque de John. Ses doigts le démangeaient de suivre les lignes des os et de muscle, la chair et les routes cachées des veines, d'apprendre et de dresser la carte de chaque contour du corps de John, mais en même temps ses mains tremblaient, des cartographes peu fiables actuellement retenues par bien trop de vêtements.
John n'était pas mieux, Sherlock pouvait sentir la tension le traversant comme une corde de violon tirée au point de rupture sur l'arche de son chevalet. Paume contre paume et doigts entrelacés était seulement le plus minuscule fragment de soulagement, et les baisers affamés volés dans leur progression chancelante ne servaient qu'à faire se coincer le souffle de Sherlock et à assombrir son esprit.
Enfin la porte noire familière de Baker Street se tint devant eux, et Sherlock chercha dans sa poche de ses doigts engourdis pour en tirer les clés, douloureusement conscient de John pressé contre lui comme si la distance était un péché capital. Un rire haletant et incrédule rebondit entre eux alors que Sherlock luttait pour déverrouiller la serrure, tombant presque dans le vestibule lorsque la porte céda enfin et fut fermée derrière eux par le coup du pied de John, bloquant le monde.
En un battement de cœur, Sherlock se retrouva pressé contre le mur, le corps de John dur et urgent contre le sien. Ces mains de chirurgien ôtèrent les boutons du manteau de Sherlock et tirèrent sur son écharpe dans un effort désespéré d'arriver à la peau en dessous.
Sa bouche retraça une ligne humide le long de la mâchoire de Sherlock, et Sherlock glissa un peu sur le mur, inclinant son corps pour que John soit plus facilement à portée et qu'il puisse capturer cette parfaite langue furtive de la sienne et laisser John installer sa possession. Des souffles arrachés et des sons doux, humides et obscènes se coincèrent entre eux alors que ses mains luttaient avec la fermeture de la veste de John avant de glisser dessous, s'escrimant avec la masse du pull.
"Les garçons, c'est – oh !" L'exclamation de Mme Hudson trancha l'air, et Sherlock étouffa un rire alors que John se dérobait, ayant l'air à la fois mortifié et parfaitement ébouriffé. Ses cheveux étaient hérissés du passage des doigts de Sherlock et sa veste glissait d'une épaule. Loin d'être aussi débauché que Sherlock aurait aimé, mais l'impression était prometteuse néanmoins.
"Oh, vous deux !" Mme Hudson rougissait, son expression bloquée fermement entre un rictus de réprimande et un sourire d'une sorte enchantée et babillante qui suggérait que Mme Turner entendrait parler de tout ça demain. "Vous avez un appartement et deux chambres pour ce genre de chose !"
"Désolé, Mme Hudson," marmonna John, sauf qu'à en juger par le sourire plissant ses lèvres il essayait de ne pas rire, et la main emmêlée dans le manteau de Sherlock tenait toujours bon, ferme et sans honte. "Nous allons, euh, nous allons juste –"
"Je vous vous y laisser, et s'il y a des taches suspectes sur mon papier peint demain, ça sortira de votre loyer."
Elle disparut de retour dans son appartement, les laissant tous deux s'effondrer l'un contre l'autre, coincés sans pouvoir rien y faire entre le rire et le désir.
"Oh mon Dieu," murmura John, jetant un coup d'œil vers la porte fermée de Mme Hudson avant de tirer Sherlock vers leur appartement. "Allons, montons avant que qui que ce soit d'autre n'interrompe."
Sherlock n'avait pas besoin d'encouragement. Les dix-sept marches passèrent sous leurs pieds inélégants alors qu'ils se dépêchaient vers leur porte. L'appartement se tenait parfaitement vide, sombre excepté la lueur des réverbères au-delà des fenêtres, et Sherlock appuya sur le bouton, l'ampoule remplissant la pièce de sa lumière et les laissant lui et John se regarder, captivés.
On aurait dit une dernière chance, une dernière opportunité de changer d'avis, mais Sherlock était heureux de la laisser glisser, ignorée, alors qu'il tendait le bras vers John, le plat de sa main passant sur la colonne de son cou et la courbe de son épaule pour pousser la veste sur le sol.
"Est-ce que tu es sûr ?" demanda John d'une voix rauque, ses doigts tournant autour du ruban bleu de l'écharpe de Sherlock où elle pendait en désordre autour de sa gorge. "Nous pourrions – Nous n'avons pas à –"
Les pensées et les peurs de tout ce qui pouvait mal se passer persistaient encore : des ombres floues et pâles dans la lumière de son esprit étincelant. Pourtant elles étaient éclipsées par le potentiel de tout ce que lui et John pourraient avoir ensemble – tout ce qu'ils pourraient être l'un pour l'autre, à la fois maintenant et dans le futur – et cette fois les mots vinrent facilement.
"Oui. Si c'est toujours ce que tu veux ?"
Sherlock regarda alors que John souriait, l'éclat dans ses yeux brillant alors que la chaude promesse de sa réponse atteignait les oreilles de Sherlock.
"Mon Dieu, oui."
A la semaine prochaine, les loulous ! :)
