Avertissements : Malpolitesse, jalousie, affaire, fin un petit peu en cliffhanger.
Note de l'Auteur : Nous concluons vraiment l'histoire maintenant. j'estime deux chapitre après celui-ci. Probablement :D
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Avec beaucoup d'amour !
B xxx
To Light Another's Path : Chapitre Dix-Sept
L'odeur de produit d'entretien institutionnel et de café qui n'était plus frais tourbillonna dans le nez de Sherlock alors qu'il entrait à grands pas dans New Scotland Yard, ignorant le bureau de permanence alors qu'il se dirigeait vers le bureau de Lestrade. John marchait à ses côtés, et il était clair à son expression que sa patience pour attendre l'explication de Sherlock s'usait.
Sherlock fit une pause au bord d'une des pièces sans cloisons pour les constables et les sergents moins importants, absorbant les nuances de son dans l'air : des téléphones, du papier qui tournait, des voix étouffées et le vrombissement de la photocopieuse. Parfait.
"Il était temps que vous vous montriez." La voix de Donovan coupa à travers le bavardage, et Sherlock leva les yeux vers elle brièvement alors qu'il tirait son téléphone de sa poche. "Nous ne pouvons pas retenir Monroe plus longtemps, donc si vous voulez lui parler, vous feriez mieux de vous dépêcher." Elle avait l'air tendue et irritée, comme si l'affaire l'avait accablée, et un rapide coup d'œil à ses genoux dit à Sherlock tout ce qu'il avait besoin de savoir.
"Anderson en vacances avec sa femme, n'est-ce pas ?" murmura-t-il, souriant d'un air suffisant lorsque Sally grogna et se retourna, partant d'un pas raide avec les mains serrées en poings à ses côtés.
"Sherlock," murmura John, mais sa désapprobation n'était qu'un faible fil courant sous ses mots. Quand il s'agissait de Donovan et ses insultes, John semblait être de l'opinion qu'elle méritait au moins une partie de ce que Sherlock lançait vers elle. "Est-ce que nous la suivons, ou quoi ?"
"Dans juste une minute." Sherlock composa un numéro sur son téléphone et appuya sur le bouton pour composer, l'écoutant sonner. Le minuscule bourdonnement résonna trois fois avant que le téléphone ne soit décroché, et la voix de Lewis Havisham voyagea sans difficulté le long de la ligne.
"Macmillan et Monroe. Bureau de M. Monroe. Ici Lewis Havisham. Comment puis-je vous aider ?"
"Ici Sherlock Holmes qui appelle de Scotland Yard," répondit Sherlock, sans s'embarrasser de salutation alors qu'il gardait ses paroles distinctes et professionnelles. "M. Monroe nous aide dans nos investigations. Malheureusement, il a laissé son véhicule dans une zone de stationnement interdit, et son moyen de transport privé est indisponible. J'imagine qu'il apprécierait votre assistance pour retourner au bureau."
John lança à Sherlock un regard dérouté, un sourcil un tout petit peu soulevé et ses lèvres entrouvertes alors qu'il écoutait Sherlock mentir par adroite omission. C'était un art, en dire aux gens juste assez pour leur permettre de remplir les blancs incorrectement, et l'appréciation de John fut évidente quand un sourire impressionné courba sa bouche.
"J'y serai aussi vite que possible," répondit Havisham, raccrochant le téléphone avec la plus simple trace d'un au revoir et Sherlock se permit un sourire, en sentant l'affaire commencer à glisser dans la netteté. Elle n'était pas encore résolue, mais ça ? C'était prometteur.
"Est-ce que tu vas me dire ce qui se passe ?" demanda John. "Quelle est cette expérience ?"
Sherlock se détourna, sa main se levant pour faire un geste dédaigneux de la main avant qu'il ne s'arrête, un faible avertissement se déclenchant dans son esprit. John n'aimait pas trop ce genre de choses en général, et cet exercice en particulier pourrait provoquer de la contrariété. Idéalement, il aimerait garder les réactions de John aussi sincères que possible, mais le statut altéré de leur relation était quelque chose qui attirait une nouvelle considération dans le nœud enchevêtré de ses déductions. Ce que Sherlock voyait comme une omission nécessaire John pourrait croire que c'était quelque chose de plus menaçant – quelque chose qui pourrait lui faire reconsidérer les avancées qu'ils avaient faites la nuit précédente.
John était fondamentalement un homme honnête, et pas un très bon acteur, mais peut-être qu'il était temps de l'éclairer sur les plans de Sherlock et de lui permettre de perfectionner ces aptitudes.
"Je soupçonne que Havisham est davantage que l'assistant de Monroe," expliqua-t-il finalement, considérant chaque mot avec soin. "Ou aimerait l'être. Quand tu lui parlais hier, le ton de sa voix a changé quand il discutait de la vision de Monroe pour la ville, et il l'a appelé Michael d'une manière qui suggérait davantage qu'un simple respect. Ça semblait –" Sherlock haussa les épaules. "Intime."
Il regarda John hocher la tête, écoutant toujours attentivement alors qu'il continuait. "Je n'en ai rien pensé jusqu'à ce que l'inscription sur la bague commence à suggérer le potentiel de quelque chose d'émotionnel, plutôt que de financier en tant que cause des meurtres."
"Tu as dit que ce n'était pas un crime de passion – que le meurtre de Mlle Lattimer était tout faux pour ça."
"Clinique, indifférent, presque mercantile," acquiesça Sherlock. "parce que Havisham ne l'a pas tuée. Cependant, il pourrait être la personne qui a persuadé Winters de le faire pour lui. Ensuite il pouvait en finir avec Winters, qui était simplement un outil pour lui, de la même manière désintéressée."
Sherlock plissa les yeux alors qu'il considérait ses propres paroles. "C'est seulement une possibilité, mais Havisham est un joueur qui devrait être pris en considération. La plupart des employés, traînés à l'extérieur pour récupérer leur patron comme un chauffeur, pousseraient un soupir d'irritation au minimum." Sherlock arrangea son manteau. "Havisham se levait déjà, les clés à la main. Sa voix était tendue, inquiète – "
Sherlock regarda la grimace se contracter sur le visage de John, les yeux baissés et sur la gauche alors que son nez se fronçait un peu de réflexion. "Peut-être qu'il n'est qu'un ami ?"
"Leurs différences d'âges et sociales rendent cela peu probable. J'imagine que soit ils sont des amants initialement rassemblés par un sentiment puissant, soit c'est une attraction à sens unique et Monroe en ignore tout." Il fronça les sourcils, ses lèvres se déformant en une grimace. "C'est pour ça que j'ai besoin d'eux deux dans la même pièce, de préférence pendant que je suis là aussi. Si je peux attirer le même genre de comportement de Monroe qu'il a affiché hier, la réaction de Havisham pourrait nous dire tout ce que nous avons besoin de savoir."
La réponse non-verbale de John fut instantanée : épaules arrondies, hargneux, et si il était un chien ses poils se seraient relevés. Une partie de Sherlock était fascinée par elle, tandis qu'une autre était à parts égales ravie et résignée. Clairement coucher ensemble n'avait pas diminué les tendances bestiales de John, mais les accroissait. Avant, il avait protégé une possession potentielle. Maintenant il en défendait une vérifiée.
Sherlock se pencha plus près, gardant son visage délibérément vide d'émotion pour quiconque pourrait l'observer, mais posant sa voix bas, uniquement pour les oreilles de John. "C'est toi qui était dans mon lit – en moi – hier soir. Tu as mis ces contusions sur mes hanches, pas qui que ce soit d'autre. C'est pour le Travail. Comprends-tu ?"
Il saisit l'œil de John, absorbant la dilatation de ses pupilles et le faible coincement de sa respiration. Aucun doute que son corps répondait au flot de souvenirs que les paroles de Sherlock avaient invoqués, et Sherlock se retrouva à le regarder, continuellement fasciné.
Finalement, John hocha la tête, la voix tendue à travers ses dents serrées alors qu'il marmonnait : "Il doit y avoir un moyen plus facile de faire ça. Un qui n'implique pas que tu te mettes sur un plateau pour Monroe."
"Tu donnes l'impression que je vais me pencher sur un classeur à tiroirs pour lui," répondit Sherlock, regardant le tic peiné du visage de John et se rendant compte que c'était la mauvaise chose à dire. "Si j'ai raison et qu'il y a quoi que ce soit de plus qu'une relation professionnelle entre Monroe et son assistant, ce sera évident. Le bon mot pourrait être suffisant pour nous donner tout ce dont nous avons besoin, et tu seras juste là avec moi."
"Ça ne va pas mettre la pagaille ?" demanda John. "Ça n'a pas d'importance si je sais que tu n'es pas sérieux. Monroe va penser que si, et je me tiendrai encore là à vouloir lui donner un coup de poing dans la figure. Je ne suis pas exactement un observateur impartial."
Sherlock souleva un sourcil, surpris. Il avait pensé qu'annoncer à John ses intentions le tranquilliserait – le rassurerait qu'il n'y avait rien comme de l'émotion sincère impliquée. A la place il était davantage tendu. Il semblait que John n'aurait pas besoin de feindre une réaction jalouse aux avances potentielles de Monroe. Intéressant.
"Au contraire," répondit-il enfin. "La réponse de Havisham pourrait être augmentée par la présence d'une autre personne dans la même sphère émotionnelle." Les lèvres de Sherlock tiquèrent en un faible sourire quand John eut l'air d'essayer de comprendre ce qu'il voulait dire. "Il se sentira plus à l'aise à montrer un comportement possessif s'il y a quelqu'un d'autre à proximité faisant la même chose. Cela validera sa propre réaction. Maintenant viens, j'ai besoin que Lestrade fasse remorquer la voiture de Monroe, ou ils pourraient soupçonner quelque chose."
"Attends." La main de John jaillit, attrapant le bras de Sherlock et le retournant pour lui faire face. "Ce matin, tu étais perdu avec cette affaire. Je sais que tu fais ça tout le temps – cet éclair d'inspiration – mais qu'est-ce qui l'a provoqué ?"
"Amor Vincit Omnia," répondit Sherlock avec un sourire. "Et toi. Le sentiment sur la bague est puissant, mais très vrai : un stimulant violent. Pourtant c'est toi qui a dit que tout le monde répondait à sa propre jalousie différemment. Ma pensée initiale était qu'il n'y avait pas de partenaire évident dans la vie de Monroe pour se soucier de son comportement, et ensuite je me suis rappelé Havisham te parlant de Monroe hier."
"Tu as eu l'idée par Havisham l'appelant 'Michael' ?" John cligna des yeux, son front se plissa en un froncement.
Sherlock fut un 'hum' d'acquiescement. "Puis il y a ses mains. Nouvelle manucure avec des ongles coupés courts, une tache d'encre sur son index droit d'un stylo à plume et des paumes et des doigts minces et petits. La taille parfaite pour tenir un scalpel à lame large." Sherlock haussa les épaules, gardant sa voix basse alors qu'il tirait la manche de John, l'encourageant à le suivre alors qu'il marchait à travers les corridors. "En soi c'est un détail non pertinent, mais imagine si Havisham a surpris certaines de ces conversations téléphoniques entre Monroe et Lattimer."
"Donc, quoi, il est entré dans une rage jalouse ?"
"Tu l'as dit toi-même, John. Tout le monde réagit différemment. Hier tu aurais assez volontiers donné un coup de poing sur le nez de Monroe au minimum. Violent et viscéral." Sherlock agita une main très largement. "Havisham pourrait simplement avoir été un peu plus progressiste que toi. Davantage enclin à la préparation."
"Et plus prédisposé au meurtre," marmonna John, faisant un mouvement rapide des doigts pour attirer l'œil de Greg à travers la minuscule fenêtre dans la porte et mettant une main restrictive sur le bras de Sherlock pour l'empêcher de faire irruption. Pourtant il y avait quelque chose comme une reconnaissance dans sa voix, comme s'il pouvait imaginer une situation où le meurtre possessif deviendrait une possibilité. "C'est tout en théorie et en supposition, Sherlock."
"Lestrade a arrêté des gens avec moins." Sherlock haussa les épaules. "Si nécessaire je suis sûr que je peux obtenir la preuve. Quoi qu'il arrive, j'ai besoin que tu regardes l'assistant, d'accord ?"
John expulsa son souffle par le nez, un bruit mécontent, mais il hocha la tête finalement lorsque la porte s'ouvrit enfin et que Lestrade sortit, donnant à Sherlock un rapide regard noir alors qu'il marmonnait : "Puis-je me débarrasser de lui maintenant ?"
Sherlock jeta un coup d'œil par-dessus l'épaule de Lestrade, remarquant Monroe se pencher en avant pour attirer son œil. Un sourire dansa le long des lèvres de l'architecte, et Sherlock permit à sa propre bouche de s'incliner en réponse, entrant automatiquement dans son rôle alors que son regard absorbait tout. Rien n'avait changé chez Monroe : costume élégant et repassé, cheveux parfaitement ébouriffés – il n'y avait rien de nouveau à trouver là, mais l'avocat...
Récemment divorcé, à en juger par la bande blanche là où une alliance s'était trouvée, et son visage était composé en ce masque tatillon des avocats partout, mais il y avait des signes de tension sur les bords. Une légère ligne de sueur perlait le long de la naissance de ses cheveux, et ses lèvres étaient entourées de lignes serrées : de l'agacement, ou quelque chose d'autre ? Il ne cessait de tripoter sa cravate comme si elle était trop serrée. Mauvaise couleur pour le costume qu'il portait : un cadeau. Usagée malgré sa teinte à déconseiller – un cadeau significatif de quelqu'un d'important pour lui, mais pas l'épouse. Un ex-amant, qui manquait particulièrement.
L'œil de l'avocat cligna vers Monroe, et le sourcil de Sherlock se souleva d'intérêt.
Oh !
"Malheureusement le véhicule personnel de M. Monroe a été remorqué," dit-il à Lestrade, ajoutant un poids lourd à son regard pour que le DI comprenne. Dans la pièce, il entendit l'avocat soupirer d'agacement et Monroe fulminer en se plaignant. "L'assistant de M. Monroe est en chemin."
"D'accord," marmonna Lestrade, roulant des yeux vers Sherlock avant de déplacer brusquement la tête vers Donovan, sachant clairement qu'elle prendrait les mesures requises pour faire du mensonge de Sherlock une vérité, quoique à contrecœur. "Merci pour votre aide, M. Monroe. Je suis désolé de vous avoir causé du désagrément." On aurait dit que les mots étaient forcés hors de Lestrade alors qu'il reculait, permettant plus de place dans l'embrasure de la porte.
"Je suis content d'être utile pour vous et M. Holmes, Inspecteur," répondit Monroe, sa voix mielleuse et cultivée. Son ton était ferme mais poli, avec une touche de chaleur autour du nom de famille de Sherlock.
Derrière lui, l'avocat fit la grimace, l'air un peu malade, comme s'il se rappelait ce ton dirigé vers lui. Pourtant ce n'était pas une expression jalouse, mais une de haine de soi, comme s'il se réprimandait pour des rêveries sans espoir. L'amant éconduit de Monroe alors, mais un qui blâmait ses propres faiblesses pour la fin de la relation plutôt que la nouvelle cible des affections de Monroe.
La pensée que Lattimer pourrait avoir été un store derrière lequel Monroe pouvait cacher ses amants traversa l'esprit de Sherlock, mais alors il se rappela Lestrade mentionnant des textos et des appels téléphoniques provocants à la victime. Il y avait eu clairement quelque chose là, bien que lorsqu'un homme comme Monroe utilisait le sexe comme arme, il était difficile de déterminer une affection sincère d'un jeu de pouvoir. Dans tous les cas, des amants antérieurs rendaient plus probable que lui et Havisham aient une liaison, et augmentaient les chances que l'assistant sente que Lattimer ait besoin d'être retirée de l'équation.
"Pourriez-vous me montrer la sortie, M. Holmes ?" demanda Monroe, tout en sourires séducteurs, et Sherlock entendit le reniflement irrité de Lestrade alors qu'il menait l'avocat dans la direction opposée pour s'occuper de papiers. Cependant, le dédain du DI était loin d'être aussi évident que la tension bourdonnante de John, qui n'avait pas diminué depuis que Sherlock avait mentionné son plan.
L'envie de l'apaiser était écrasante, faisant pulser le sang dans le bout des doigts de Sherlock avec le désir de tendre le bras et de suivre les lignes tendues des épaules de John – pour le rassurer encore et encore qu'il n'y avait rien à craindre. Cependant, la jalousie était loin d'être rationnelle, et Sherlock savait que l'inciter était inévitable. Il devait savoir s'il était sur la bonne voie avec Havisham avant de perdre du temps à poursuivre des pistes non-existantes. Le Travail posait ses exigences, et John devrait attendre.
Plus tard, se promit Sherlock. Une fois qu'ils seraient de retour à Baker Street, en territoire familier, il rappellerait à John que tout cela n'était qu'une mascarade – une imitation d'émotion maintenue pour une recherche de nouvelles preuves.
Il jeta ostensiblement un coup d'œil à sa montre – Havisham devrait être là dans moins de cinq minutes – avant de faire un geste de la main. "Et si nous y allions ?"
Monroe tomba en rythme à ses côtés, syncopant avec l'aisance de quelqu'un pour qui le jeu des signaux sociaux venait naturellement. Cela laissa effectivement John derrière à les suivre, et Sherlock se força à concentrer toute son attention sur l'homme à ses côtés plutôt que de lui permettre de refluer vers la seule personne qui avait vraiment d'importance.
"J'ai l'impression que je dois m'excuser," murmura Monroe, une fausse sincérité épaisse dans ses paroles et sa voix discrète pour que Sherlock n'ait pas d'autre choix que de se rapprocher pour entendre. Tout ce qu'il fallut fut une inclinaison infime de la tête de Sherlock, exposant sa gorge – un intérêt à la fois intellectuel et sexuel exposé – et Monroe continua avec un sourire. "J'aurais dû vous informer du contact de Sophie avec moi, mais j'étais inquiet que cela sème la confusion dans l'enquête si j'insinuais qu'il pourrait y avoir un mobile là où aucun n'existait."
Idiot, pensa Sherlock pour lui-même, mais il garda le mot coincé sous sa la langue alors qu'il lui donnait un lent sourire compréhensif. "Je suis désolé que vous ayez été gêné, mais je suis sûr que vous pouvez comprendre notre besoin d'enquêter sur chaque piste."
"Très rigoureux de votre part," dit Monroe avec une touche de ronronnement, comme s'il essayait de faire d'une conversation ordinaire une invitation. John pouvait faire mieux avec un simple coup d'œil. "Je dois dire, M. Holmes, je n'avais aucune idée que les forces de police prenaient l'habitude de recruter des hommes de votre évidente qualité. Je suis impressionné." Monroe se rapprocha alors que Sherlock s'arrêtait dans l'entrée de New Scotland Yard, remarquant une voiture racée s'arrêtant à la bordure du trottoir. "J'adorerais en savoir plus sur vous. Voudriez-vous –" Il fit une pause, et maintenant l'expression sur son visage était à un pouce d'un regard lubrique, comme s'il pensait avoir déjà gagné. "– vous joindre à moi pour un café un de ces jours ?"
C'était chronométré parfaitement. Il y avait Monroe, vraiment beaucoup dans l'espace personnel de Sherlock, maintenant le contact visuel comme s'il pensait pouvoir l'hypnotiser avec une paire d'iris bleu myosotis (ceux de John étaient plus beaux, plus acier, moins de fausse innocence). Tout en lui, de son expression à sa posture, était cultivé pour captiver l'intérêt de Sherlock – flagrant et évident – alors que les portes s'écartaient pour autoriser Havisham dans le bâtiment.
Tout ce que cela prit fut une petite inclinaison faussement timide de la tête et un coup d'œil à travers ses cils, et Sherlock sentit l'atmosphère se tendre. Il ne voyait pas Havisham de cet angle, et il pria que sa confiance en John n'ait pas été mal placée.
Un, deux battements réguliers de son cœur, et Sherlock se décala, sachant que les dommages étaient faits alors qu'il collait un sourire sur son visage. "Une autre fois, peut-être, M. Monroe."
Un éclair de déception dangereuse glissa sur le regard de Monroe, trop subtil pour qui que ce soit d'autre que Sherlock le voie, et il se sentit se tendre. "Bien sûr, je ne dois pas vous éloigner de votre travail," répondit Monroe avec une touche de sourire condescendant, complètement innocent. Il n'agissait pas comme un homme dont l'amant venait de le surprendre à essayer de draguer quelqu'un d'autre, mais était-ce parce qu'il était ignorant des sentiments de Havisham, ou parce qu'il s'en moquait simplement ? "Bonne journée, M. Holmes. J'espère que je vous reverrai bientôt."
Sherlock prit l'opportunité de jeter un coup d'œil à Havisham, absorbant tout avec le passage d'un coup d'œil et sentant la première éclosion du triomphe dans ses entrailles. John en aurait vu davantage, mais même maintenant que le moment était passé, l'émotion s'était tamponnée sur les bords subtils du visage et du corps raide de Havisham. Ses épaules étaient rigides, et la main autour des clés de voiture était serrée en un poing. Le sourire poli sur ses lèvres était davantage une grimace, et même s'il n'y avait pas eu tous ces petits signes révélateurs, un coup d'œil à ses yeux aurait été suffisant.
Une haine froide et dure – entièrement dirigée en direction de Sherlock.
Dès que Monroe le dépassa, Havisham tomba en rythme sur ses talons, ne prenant même pas la peine de jeter ne serait-ce qu'un regard en arrière. Ses foulées, cependant, étaient nettes et brèves, l'éloignant rapidement du bâtiment sombre de New Scotland Yard et vers la voiture racée attendant juste à l'extérieur. Le moteur vrombit lorsqu'elle démarra : un pied en colère sur l'accélérateur, et Sherlock se permit un rapide sourire triomphant avant de se retourner vers John.
"Tu avais raison," dit John. Ses bras étaient toujours croisés sur son torse, mais ses épaules commençaient lentement à se détendre alors que Sherlock se déplaçait pour se tenir à ses côtés. "Au moment où il est entré, c'était écrit partout sur son visage."
"Et, comme toi, c'était pointé sur l'intrus, plutôt que sur son partenaire. Monroe n'avait pas de place dans la colère de Havisham." Sherlock plissa les yeux, essayant d'attribuer une pertinence. "Il considère Monroe comme irréprochable. Cela suggère plutôt qu'il n'y a pas de relation établie entre eux."
"Pas nécessairement," coupa John, secouant déjà la tête. "N'es-tu jamais jaloux ?"
Sherlock fit une pause, pensant à la série de diverses femmes qui avaient défilé dans la vie de John, et des hommes aussi, à un certain point du passé, à en juger par son manque d'hésitation au lit. Était-il jaloux d'eux ? L'avait-il été, quand ils avaient l'attention de John et lui non ?
"Oui, mais –" Il essaya de trouver les mots pour expliquer que de telles choses n'avaient jamais repoussé ses pensées ni ne l'avaient réduit à un instinct plus bas au-delà d'une certaine mesquinerie. Il était resté rationnel d'un bout à l'autre, et le sentiment avait bientôt été étouffé. "Pas de la même manière."
"D'accord." John soupira, se grattant l'oreille comme s'il n'était pas sûr de comment expliquer. "Même dans une relation établie, certaines personnes ont une tendance à mettre leur partenaire sur un piédestal. Ils agissent comme si l'autre ne peut rien faire de mal, alors même si c'est l'autre qui flirte, c'est quand même la faute du destinataire. C'est la manière dont Havisham t'a regardé, comme si tu étais à blâmer pour avoir attiré l'attention de Monroe."
"Est-ce ce que tu ressens ?" demanda Sherlock avec curiosité, se demandant trop tard si peut-être John n'apprécierait pas la question. D'autres ne l'avaient pas appréciée, avant, agissant comme si c'était quelque chose qu'il devrait déjà savoir – comme s'il devrait pouvoir non seulement lire leurs esprits mais leurs cœurs aussi. Cependant, John secouait déjà la tête, et la première trace d'un sourire honnête s'épanouit sur son visage.
"Aucune chance. J'ai vécu avec toi pendant trop longtemps. Je sais exactement à quel point tu es humain – et faillible."
Sherlock fit la grimace à cela, son nez se fronçant impulsivement de dégoût, mais l'insulte donnée était minimale. De plus, il était difficile de discuter le raisonnement de John, surtout parce qu'il avait été témoin d'un nombre alarmant d'expériences prenant des tournures inattendues.
"Quelle est la suite, alors ?" demanda John, inclinant la tête alors qu'il attendait une réponse. "Tout ce que nous avons réussi à prouver est que l'assistant est du genre jaloux."
"Nous parlons à Lestrade," répondit Sherlock, son manteau tourbillonnant autour de lui alors qu'il se tournait pour s'enfoncer dans le bâtiment. "Son mandat ne s'étend probablement pas jusqu'à couvrir l'assistant de quelque manière que ce soit, mais peut-être qu'il y aura quelque chose de révélateur au bureau de Monroe." Il sourit à John. "Et pendant que lui et Donovan seront occupés par ça, nous pourrons examiner l'appartement de Havisham."
John poussa une expiration, mi-rire, mi-réprimande, mais il ne prit pas la peine d'exprimer ses doutes. "Sais-tu où il vit ?"
"Donne-moi trois minutes avec l'ordinateur de Lestrade, et je le saurai."
Sherlock jeta un coup d'œil vers John, remarquant la raideur persistante de ses épaules et le serrement spasmodique de son poing. Il souriait, mais il y avait une dureté dans sa mâchoire et quelque chose d'incertain dans ses yeux. Un bref éclair d'inquiétude traversa l'esprit de Sherlock, et il jeta un coup d'œil autour de lui avant de saisir la manche de John, de composer le code d'une des nombreuses portes verrouillées du Yard – évident par la modélisation de l'usure – et de pousser John dans la pièce derrière.
"Sherlock, qu'est-ce que nous –" Les paroles de John moururent lorsque Sherlock baissa rapidement la tête, ses dents éraflant doucement la ligne fine de la bouche de John avant de laper de sa langue. Le baiser était censé être pour John, un rapide répit et un avant-goût de réconfort jusqu'à ce que l'affaire les libère à l'intimité de Baker Street, mais à la place Sherlock trouva son esprit se taisant, passant en veille lorsque ceci – ce simple acte – devint le centre total de son attention.
Il y avait tant à explorer et à cataloguer, de la légère sécheresse des lèvres de John à la première trace du début de barbe sous le bout des doigts de Sherlock. Son goût – du thé, du dentifrice et John – et le poids chaud et fort de son corps contre celui de Sherlock. Il put sentir les muscles tendus s'adoucir, perdant leurs nœuds et devenant languides alors que la main de Sherlock prenait en coupe l'arrière de son cou, se déplaçant en doux cercles taquins.
La langue de John imita le mouvement, glissant contre celle de Sherlock en une caresse hypnotique alors que ses doigts s'insinuaient sous le manteau de Sherlock, saisissant sa hanche et frottant la ligne de sa taille. Le hoquet serré d'appréciation de John quand Sherlock recula fut un feu d'artifice droit vers l'entrejambe de Sherlock, et il reposa son front contre celui de John alors qu'il retrouvait son souffle.
"Merci," murmura John, ses lèvres se courbant en un sourire sincère alors qu'il touchait le nez de Sherlock du sien. Nul besoin d'une explication ici, alors. John pouvait vraiment être étonnamment astucieux. "Je pense que j'avais besoin de ça."
"Tu n'étais pas le seul," répondit Sherlock, surpris par l'honnêteté de sa propre déclaration. Dans ses efforts précédents dans des relations, offrir une sorte de réconfort, verbale ou physique, lui avait semblé presque dénué de sens, mais avec John c'était différent. John essayait de le comprendre – essayait de comprendre les complexités de son comportement et de les apprécier pour toute leur anormalité – et Sherlock se retrouvait impatient d'aider dans l'entreprise, plutôt qu'ennuyé par les insécurités occasionnelles de John.
Le bruit que John fit dans sa gorge était un mélange bizarre de surprise, de bonheur et de quelque chose de plus bas et plus prédateur. "Viens. Avant que je ne décide de prendre ta suggestion de tout à l'heure et de te pencher sur un classeur à tiroirs." Il fit un geste vers les meubles d'archivage autour d'eux, des tons mornes de vert olive dans l'obscurité. "On pourrait se faire arrêter pour ce genre de choses." Sherlock essaya de ne pas sourire d'un air suffisant à John qui s'étira, presque sur la pointe des pieds, pour donner un coup rapide de la langue d'une manière tentante au coin de la bouche de Sherlock, avant de reculer à nouveau et de le pousser légèrement en direction de la porte. "Plus tôt nous résoudrons cette affaire, plus tôt nous pourrons rentrer à la maison et finir ce que tu viens de commencer."
Il ne pouvait pas discuter ce genre de logique, et Sherlock ouvrit la porte, retournant dans le corridor et clignant des yeux de surprise quand il vit Lestrade appuyé contre le mur d'en face, les bras croisés sur son torse et quelque chose d'indéniablement suffisant peint sur son expression.
"Occupé comme toujours, Lestrade," dit-il d'une sorte de voix froide et indifférente, qui aurait été bien plus efficace si ce n'était le fait que John était devenu rouge vif à ses côtés.
"Je pourrais dire la même chose de vous." Le DI souleva un sourcil, regardant John de manière significative avant d'attirer le regard de Sherlock et de rouler des yeux. "Je suis fatigué, pas aveugle."
"Tout comme moi," répondit Sherlock, faisant une secousse de la tête vers le dossier dans la main de Lestrade et coupant délibérément la conversation. "Qu'est-ce que c'est ?"
Lestrade se redressa, tapotant le dossier de papier kraft contre sa main pendant un instant avant de le tendre en abandon. "Trouvé dans la poche de Winters. Il n'en reste pas grand-chose après le plongeon dans la rivière, mais peut-être que vous pourrez en faire quelque chose." Il recula le dossier alors que Sherlock tendait la main, le sourire suffisant qui avait menacé de s'étendre sur son visage s'épanouissant à pleine puissance. "Ça vous a pris suffisamment longtemps."
"Je ne sais pas ce que vous voulez dire," répondit Sherlock avec désinvolture, repensant à sa conversation avec John dans la salle de bain. Il aurait dû se rendre compte que Lestrade relèverait le changement aussi rapidement. Bien sûr, être surpris à sortir d'une pièce sombre avec l'air – il jeta un coup d'œil à John – rouge et assez ébouriffé rendait ça plutôt évident.
"Ne faites pas l'idiot; ça ne vous va pas," dit Lestrade fermement, fourrant le dossier dans la main de Sherlock. "Regardez-le dans mon bureau." Il se gratta le sourcil alors que Sherlock commençait à s'éloigner, examinant déjà la photo sous la couverture unie avant que la voix de Lestrade ne le fasse hésiter. "John, un mot ?"
Sherlock jeta un regard noir par-dessus son épaule au DI, qui lui donna simplement un sourire faiblement énigmatique en retour. "Prévisible," marmonna Sherlock. "Je suis sûr que Mycroft mettra John en garde bien assez tôt. Vous n'avez pas besoin de vous déranger."
"Qu'est-ce qui vous fait penser que je vais le mettre en garde ?" demanda Lestrade. "Il sait mieux que n'importe qui dans quoi il s'engage. Il sera avec vous dans une minute."
Sherlock croisa les yeux de John, le regardant faire un haussement d'une épaule. Lestrade s'entendait bien avec John. Ils se retrouvaient au pub pour boire parfois, des amis en quelque sorte, mais Sherlock était encore gêné d'être sommairement exclu d'une conversation qu'il n'avait aucun doute tournerait autour de lui dans une certaine mesure.
Après un bref moment, il poussa un soupir et se détourna, écarta de l'épaule la porte vers le bureau de Lestrade et la ferma derrière lui. Le départ était vraiment sa seule option. Il devait simplement espérer que John partagerait librement ce que Lestrade avait senti nécessaire de communiquer. Au moins avec de la chance ce dont ils discutaient lui donnerait tout le temps dont il avait besoin pour s'introduire dans l'ordinateur de Lestrade et obtenir l'adresse de Havisham.
Gardant un œil sur les fenêtres du bureau de Lestrade, Sherlock se mit au travail, ses doigts coururent sur les touches alors qu'il devinait des mots de passe. Ce n'était pas un défi. La police de Londres était plus stricte que la plupart, mais il y avait beaucoup d'affaires personnelles dans le bureau de Lestrade, suffisamment pour donner à Sherlock le travail de déduction logique dont il avait besoin.
Il était dans le programme pertinent en moins de deux minutes, et il remplit rapidement les détails avant de griffonner la dernière adresse connue de Havisham. Une partie à loyer intermédiaire* de la ville, et sans comparaison avec les appartements d'élite qu'il aidait à vendre. Pas inattendu. Un rapide coup d'œil à son passé résidentiel fit soulever un sourcil à Sherlock. Il avait été listé comme étant sur un campus universitaire il n'y avait pas plus de cinq ans, pourtant son séjour là-bas était bref. Un abandon d'études, peut-être. Intrigant.
Des voix approchant du couloir firent ressortir Sherlock sur l'écran de mot de passe avec quelques clics brefs et il mit l'adresse dans sa poche. L'envie d'espionner à la porte et prendre les réponses à toutes ses questions dans l'air était presque irrésistible, mais Sherlock serra les dents. Un peu pas bien. Pas qu'il s'en souciait pour Lestrade, mais John avait droit à quelque chose comme de l'intimité, même si Sherlock détestait cette pensée.
Se détendant dans le fauteuil de Lestrade, il posa ses pieds sur le bureau alors qu'il forçait son attention à retourner sur la photographie que Lestrade lui avait donné. Elle montrait un morceau de papier, abîmé et fibreux autour des bords là où la Tamise avait submergé ses fils. Les lignes de pli étaient évidentes, suffisamment petit pour aller dans la poche arrière du pantalon de quelqu'un, et il y avait un lavis bleu pâle sur le papier où il s'était trouvé dans le jean de Winters. Les mots étaient de simples ombres sur la page, illisibles et pour l'instant non-traités, mais il en disait assez à Sherlock. Le papier était simple mais épais, avec une mesure dense de grammage. Haute qualité.
Elle ressemblait à une sorte de lettre, écrite à la main, ce qui était insolite, et suffisamment importante pour que Winters la garde dans sa poche. Il y avait eu des indications qu'il attendait quelque chose dans le courrier, et à l'époque d'aujourd'hui d'e-mail et de communication instantanée, le service postal était une manière étonnamment discrète de distribuer des messages plus compromettants. Une piste de papier pouvait être détruite, tandis que des e-mails étaient étonnamment tenaces.
La porte du bureau s'ouvrit, et il leva les yeux pour voir John et Lestrade entrer, tous deux avec des postures ouvertes et détendues. Le sourire sur le visage de John était un tout petit peu embarrassé, mais bon enfant, et Lestrade avait simplement un air entendu, comme s'il pouvait lire la curiosité désespérée de Sherlock d'un simple coup d'œil. Il poussa les pieds de Sherlock de son bureau et fit une secousse du pouce en une claire indication pour que Sherlock quitte son fauteuil, qu'il ignora.
"Est-ce que votre mandat s'étend au bureau de Monroe ?" demanda-t-il, ne donnant délibérément pas à Lestrade la satisfaction de demander ce dont il avait discuté avec John. C'était assez évident, de toute façon : une touche de 'faites attention' avec un morceau de bonne taille de 'je savais que ça arriverait un jour' et une trace de vague réconfort semblable à 'peu m'importe avec qui vous couchez'. Aucune n'étant nécessaire, mais toutes étant probablement attendues.
"Ouais, pourquoi ?"
"Ce papier est distinctif." Il fit un geste vers le coin en bas à droite, où la décoloration de la rivière avait révélé un faible motif dans le tissage. "Filigrané. Pourrait valoir la peine de voir si ça vient de chez Macmillan et Monroe."
Lestrade grogna, prenant la photo et plissant les yeux dessus avant de hocher la tête. "OK, je verrai ce que nous pouvons trouver. Vous avez autre chose pour moi ?"
"Redemandez-moi à la fin de la journée," répondit Sherlock, qui se mit sur pieds et se dirigea vers la porte. "Oh, et ne vous donnez pas la peine de faire un rapport à Mycroft à propos de John et moi; je suis certain qu'il sait déjà."
"Bien sûr que oui," répondit Lestrade avec un soupir. "Faites attention l'un à l'autre. Et Sherlock ?" Il sourit quand Sherlock jeta un coup d'œil par-dessus son épaule. "Félicitations. Soyez bon pour lui, voulez-vous ?"
Sherlock soupira simplement, donna un hochement de tête abrupt avant de glisser dans le corridor. Il attendit alors que John disait au revoir à Lestrade et le suivait. Ces yeux croisèrent ceux de Sherlock avec une touche de sourire dans leurs profondeurs avant de s'éloigner en glissant, comme s'il avait peur qu'un coup d'œil signifierait que le monde entier saurait tout ce qu'ils partageaient.
"C'était assez embarrassant," dit John après un moment, lâchant un profond soupir et trottant pour rattraper Sherlock alors qu'il avançait dans le corridor.
"Laisse-moi deviner : il voulait s'assurer que tu savais dans quoi tu t'engageais, promis d'être là si jamais tu avais besoin de parler à quelqu'un, et t'a rassuré que coucher avec un homme ne serait pas un problème."
John s'arrêta, et l'expression sur son visage était taquine, amusée, et plus qu'un petit peu joyeuse – pas du tout ce à quoi Sherlock s'attendait. "Je pense que c'est la première fois que je te dis ça, mais tu as complètement tort." Un rire enjoué s'échappa des lèvres de John quand Sherlock s'arrêta brusquement, le regardant fixement de surprise. Le son fut rapidement étouffé, et John secoua la tête. "Est-ce que tu as vraiment déduit ça, ou est-ce que tu as fait simplement des suppositions ?"
"J'essayais de déduire un meurtre," signala Sherlock, son irritation s'aplanissant en quelque chose de plus calme quand l'épaule de John toucha la sienne. "Qu'a-t-il dit, alors ?"
"Eh bien, tout ce que tu viens dire y était, mais inexprimé. Greg est un ami; il n'a pas à me le dire." Le sourire de John glissa un peu, et il s'éclaircit la gorge. "Il m'a juste dit d'être prudent, c'est tout, et que je devrais te passer le message."
"Prudent avec l'autre ?" demanda Sherlock, "Ou prudent avec les personnes qui pourraient utiliser ce que nous avons contre nous ?"
"Les deux, je pense." John arrondit les épaules, tirant sa veste plus près alors qu'ils sortaient du bâtiment dans l'air froid et humide de Londres.
"Ce ne serait rien de nouveau," dit Sherlock alors qu'il hélait un taxi. "Moriarty savait déjà exactement comment nous blesser tous les deux."
"Ouais, mais c'est quelque chose que la plupart des gens n'ont pas à affronter," signala John, et maintenant il y avait une note tendue dans ses paroles. "La plupart des couples n'ont pas à s'inquiéter que leur partenaire va être kidnappé, ou attaché à des explosifs ou..."
Sherlock se tourna vers John, ignorant le beuglement impatient du klaxon du taxi qui attendait alors qu'il saisissait les épaules de John. "Ce serait un souci que nous soyons colocataires ou époux, John. Cela fait partie de nos vies depuis l'instant où tu es entré à Baker Street, et même si je m'arrête maintenant et ne résous jamais une autre affaire, la menace ne nous quitterait pas."
"Je sais. Mon Dieu, je ne te demande pas d'arrêter." John secoua la tête, rapide et féroce, et cette fois son sourire avait plus de puissance : impitoyable et létal. '"Je ne te demanderai jamais ça, et je ne pense pas que c'est ce que Greg escomptait non plus."
"Oh, avez-vous besoin d'un taxi ou pas ?" cria le chauffeur qui attendait, et Sherlock ouvrit la portière avec force, donnant sèchement ses instructions alors que John s'installait à côté de lui.
"Il veut simplement s'assurer que nous prenions soin de l'autre, c'est tout," dit finalement John, jetant un coup d'œil par la fenêtre. "Je suis son ami et tu es son –"
"Ticket repas," coupa Sherlock avec mauvaise grâce, soupirant quand John lui donna un regard noir.
"Tu sais que ce sont des conneries, Sherlock. Il se peut que les affaires vous aient réunis tous les deux, mais il se soucie de toi, et pas seulement en tant que chemin vers sa prochaine promotion. J'ai vu son visage quand tu es blessé." Le poing de John se resserra sur son genou, comme si la pensée même d'une blessure était trop dure à envisager. "Il panique, purement et simplement."
Sherlock ne répondit pas; il n'y avait aucun intérêt. John avait raison, et ils le savaient tous les deux. L'ingérence de Lestrade, et ses avertissements, étaient bien intentionnés. Un petit coup pour leur rappeler que peut-être lui et John avaient davantage à gérer dans leurs vies que la plupart des nouveaux couples.
En surface, le conseil de prendre soin de l'autre semblait quelque peu banal, mais Sherlock doutait que ce que Lestrade voulait dire soit aussi superficiel qu'on pourrait s'y attendre. C'était une indication de quelqu'un qui pouvait les voir de l'extérieur. Un signe de la tête pour Sherlock de se rappeler qu'il y avait quelque chose d'autre dans sa vie que le Travail – d'essayer de ne pas oublier John dans ces moments grisants et étourdissants et de se rappeler que John avait des besoins qui devaient être satisfaits, comme de la nourriture, du sommeil et de la simple affection.
Pour John, le conseil avait probablement des connotations différentes. Après tout, John prenait déjà soin de lui dans le sens physique, s'assurant de la nourriture et du repos à chaque fois que c'était possible. Non, le DI avait plus probablement donné à John un rappel franc que Sherlock était différent de la population en général émotionnellement, de même qu'intellectuellement, et que les modèles des relations précédentes allaient peu probablement avoir beaucoup d'influence sur le futur.
Comme si John n'avait pas déjà compris ça tout seul.
Un petit coup contre son poignet lui fit détourner les yeux de la fenêtre vers John, qui le regardait avec la tête inclinée sur le côté. "Tu penses à l'affaire ?"
Sherlock secoua la tête, retournant sa main pour serrer rapidement les doigts de John. "Non. A Lestrade."
"Est-ce que que ça t'ennuie qu'il ait compris ?" Le pouce de John frottait d'avant en arrière contre la peau de Sherlock, pas particulièrement érotique ou séduisant, mais chaud et confortable d'une manière dont Sherlock se rendit compte qu'il pourrait finir par apprécier énormément. Il n'avait jamais eu la chance de voir John être particulièrement démonstratif avec un amant autre que lui-même, mais le besoin d'un contact physique allait dans les deux sens. Comportement d'attachement des débuts.
C'était... agréable.
"Non. S'il n'avait pas été aussi fatigué ce matin et luttant contre un mal de tête, il s'en serait rendu compte dès que Mme Hudson a attendu à la porte plutôt que de faire son entrée. Il est doué pour les lire les changements dans les habitudes." Sherlock fronça les sourcils aux feux de signalisation actuellement bloquant l'avancée du taxi, se déplaçant avec agitation (et avec un faible élancement d'inconfort à cause des activités de la nuit précédente) dans son siège.
"Il ne le dira à personne d'autre. Il a dit que ce n'était les affaires de personne, pas même celles de Mycroft." Le faible sourire de John était entièrement approbateur. "Peut-être qu'il n'est pas autant sous la coupe de ton frère que tu le penses ?"
"Le travail de Lestrade est de dire à Mycroft si j'arrive sur une affaire défoncé, finis blessé ou suis autrement souffrant," répondit Sherlock. "Il a lui-même deux frères plus âgés. Il n'en dit pas plus à Mycroft qu'il ne voudrait que ses propres frères en sachent sur lui."
"C'est drôle comme tant de gens que tu connais sont trop loyaux pour accepter de l'argent de ton frère pour t'espionner," songea John.
"Hummmm, bien que seulement un ait allié son destin au mien dans les heures suivant notre première rencontre," ajouta Sherlock, regardant John lever le menton en fierté morale. "Les autres ont pris du temps, et il y a encore ceux qui me vendraient en un clin d'œil pour un billet de cinq livres."
"Anderson et Donovan ?"
"Le premier, certainement." Sherlock récupéra son porte-feuille alors que taxi s'arrêtait au bord du trottoir. "Donovan a une puissante morale et une intelligence modérée. Elle pourrait y réfléchir à deux fois. Peut-être."
John grogna alors qu'il sortait du taxi, attendant que Sherlock paie avant de lever les yeux vers le bâtiment peu inspirant devant lui. "Ni elle ni Lestrade ne penseront à toi en bien quand ils comprendront que tu les as envoyés au bureau de Monroe à la chasse au dahut pendant que nous sommes venus ici."
"Et ils auraient été encore plus agacés si je les avais menés dans une impasse." Resserrant son manteau autour de ses épaules, Sherlock fit un geste pour que John passe en premier. "Nous ne faisons que confirmer quelques suspicions, rien de plus. De plus, nous savons que Havisham est au travail, alors nous ne devrions pas être interrompus."
"Bien, parce que mon fichu pistolet est à l'appartement."
Glissant sa main sous son manteau, Sherlock en sortit la forme grossière du Browning de là où il était niché à la base de sa colonne vertébrale. Un mouvement rapide de ses doigts le glissa prudemment dans sa manche, bien hors de vue de piétons ou de caméras de sécurité. Il déplaça sa main vers le creux des reins de John, sous sa veste, et transféra l'arme dans son foyer plus familier à la taille du jean de John.
John sentit le glissement du métal réchauffé par la peau et envoya à Sherlock un regard vif de surprise. "Quand as-tu pris ça ?"
"Pendant que tu te rasais. Je sais que tu te sens toujours mieux d'aborder une situation armé." Sherlock tira la manche de John, le priant de le suivre alors qu'ils approchaient de l'immeuble quelconque sur le coin de la rue. "Je te l'aurais donné plus tôt, mais je pensais que tu pourrais être tenté de tirer une balle dans la tête de Monroe. Il s'enfonce dans mon dos depuis des heures."
"Chargé ?" demanda John, souriant lorsque Sherlock lui lança un regard incrédule. "Désolé, je fais que vérifier. Alors tu ne t'attends pas à des problèmes, mais tu as emmené le pistolet quand même ?"
"Les problèmes ont tendance à faire une apparition que je m'y attende ou non." Sherlock regarda la porte de l'immeuble, remarquant la serrure basique. La liste de sonnettes montrait clairement que L. Havisham vivait au numéro six, et les autres noms avaient tous l'air usagés et établis.
Entrer avec des faux-semblants était probablement déconseillé, car Havisham pourrait être du genre à bavarder avec ses voisins, et Sherlock sortit ses crochets avant de se mettre au travail. John se déplaça instinctivement pour le protéger nonchalamment de la vue de passants, son visage sans doute innocent et ordinaire alors que, une par une, les gorges se libérèrent en glissant.
Ouvrant la porte, Sherlock entra dans la petite entrée, observant les carreaux crème et ocre – originaux de la fin de l'époque Victorienne – et les étroits escaliers montant sur la gauche. Les fenêtres étaient étroites et hautes, et il y avait un parfum intéressant et vieux d'huile de moteur dans l'air.
"C'est un peu sans comparaison avec les appartements d'élite de Monroe, n'est-ce pas ?"
"C'est un aménagement. Quelque chose de vieux et d'industriel, à en juger par l'odeur et les piliers." Il fit un geste vers le large poteau de fer peint qui montait en s'incurvant vers le toit, davantage une question de fonction que de design. "Pourrait être une quelconque vieille usine transformée en appartements, compte tenu de l'odeur d'huile qui est probablement imprégnée dans le briquetage."
"Pas d'ascenseur," marmonna John, jetant un coup d'œil autour de lui. "Pas de caméras de surveillance non plus. De quel étage avons-nous besoin ?"
Sherlock partit monter les marches, répondant par le mouvement alors qu'ils grimpaient au-delà de fenêtres élancées donnant sur des ruelles louches et d'occasionnelles mosaïques néo-vintage placées dans les murs par les rénovateurs. La cage d'escalier résonna de leurs bruits de pas discrets, mais il n'y avait pas d'autre son dans le bâtiment. Il était probablement vide, ses occupants plus susceptibles d'être des jeunes professionnels que des familles, mais Sherlock vérifia quand même le corridor avant de mettre les pieds sur l'étage de Havisham.
La serrure sur la porte d'entrée fut rapidement expédiée, et il chercha dans sa poche ses gants avant de prudemment l'ouvrir, pointant tous ses sens sur les pièces devant lui alors que la présence de John réchauffait son dos.
Le silence pesait épais et lourd : pas de robinets qui gouttaient, pas de tuyaux qui cliquetaient et pas de sons évidents d'occupation humaine. La porte d'entrée s'ouvrait sur un vestibule/bureau, avec un bureau d'ordinateur et une chaise mis dans un coin et des étagères remplies de livres tapissaient les murs. Des planchers nus en bois portèrent son premier pas comme la membrane d'un tambour, et Sherlock avança son poids posément, essayant de rester discret alors qu'il regardait autour de lui.
Quoi que Havisham puisse être ou ne pas être, il avait du goût. C'était présent dans ses choix de design : palettes de couleurs complémentaires, bonne utilisation des textures... Il semblait avoir raté sa vocation en design d'intérieur. Le long des livres se trouvaient divers bibelots : un flotteur en verre brillant vert émeraude dans la lumière de la fenêtre, un morceau de bois flotté intéressant, une vieille boussole, depuis longtemps obsolète...
"Il souffre d'une obsession spatiale," murmura Sherlock, faisant planer un doigt sur les livres, remarquant un éventail de sujets. Pour un linguiste, il n'y avait ni rime ni raison à son rangement, mais dans un sens esthétique il y avait un niveau clair d'organisation. "Ils sont classés par taille croissante vers la porte pour donner à la pièce une faible illusion de taille."
"Un peu un rat de bibliothèque aussi," répondit John. "Il y a tout ici depuis les livres de voyage et la fiction à certains sur l'anatomie."
"Des classiques ?" Sherlock regarda par-dessus son épaule, voyant John secouer la tête. "Quoi alors ?"
"Des livres de cours. Périmés depuis quelques années, mais assez modernes."
Sherlock hocha la tête pour lui-même, poussant un soupir de soulagement alors qu'une autre pièce du puzzle s'emboîtait parfaitement en place. "Il vivait en résidence universitaire il y a cinq ans. Les livres suggèrent qu'il étudiait la biologie, ou peut-être même en première année de médecine. Je devinerai qu'il n'a pas réussi le second semestre. Le coup qui a tué Winters était propre et rapidement fait – pas de perte de temps. Cela suggère une connaissance basique de l'anatomie."
"Ou il l'a Googlé," signala John, se rapprochant du côté de Sherlock et examinant les divers bibelots sur les étagères avant de passer à autre chose. "Si on peut trouver comment fabriquer une bombe atomique en ligne, un meurtre rapide ne va pas être un gros défi, n'est-ce pas ?"
"Non," admit Sherlock, un sourire apparaissant sur ses lèvres alors que son regard se posait sur une boîte en bois ciré, hautement décorative et en évidence. Il y avait un sceau en métal discret pressé dans le couvercle, portant les formes de serpents entrelacés du caducée. "Ceci, cependant, pourrait être un peu plus accablant."
Il l'ouvrit avec soin, révélant l'ensemble de scalpels contenus à l'intérieur. Ils étaient de bonne qualité, neufs, plutôt que vintage, et sans aucun doute un cadeau pour être exposés à une telle place d'honneur. Cependant, il y avait un intervalle visible dans la rangée d'instruments qui murmurait à propos de davantage qu'un meurtre. "Le scalpel à lame large est manquant. J'imagine que nous le trouverons dans le local de preuves au Yard – celui qu'ils ont retiré du torse de Winters."
"Et il a laissé la boîte à la vue de tous ?" murmura John de confusion. "Je croyais que tu avais dit qu'il était progressiste. C'est une erreur stupide à commettre. Est-ce qu'il est devenu trop sûr de lui ?"
"Non," murmura Sherlock, touchant ses mains brièvement contre ses lèvres avant de se tourner vers John. "Non, il a commis une erreur. Ils sont entretenus et on en prend soin. Quiconque les lui a donnés était une personne importante dans sa vie." Il fit à nouveau un geste vers les livres. "Quelqu'un fier de sa place à l'université. Il savait que c'était de bonnes lames avec lesquelles tuer quelqu'un, aiguisées et solides. Il aurait aussi su que la laisser dans le corps signifierait qu'il n'y aurait pas d'éclaboussures de sang à proprement parler, mais il avait l'intention de récupérer le couteau. C'était trop sentimental pour le laisser derrière lui."
Il se retourna, ses yeux se déplaçant vers la courte volée de marches qui menait au reste de l'appartement avant de retourner comme une flèche vers John. "Je ne pense pas que Winters était jamais censé tomber dans la rivière. Il n'était probablement même pas censé mourir au pont. Quelque chose a fait paniquer Havisham." Ses yeux tombèrent sur le bureau, propre et vide du fouillis habituel, et il fit un geste vers le reste de l'appartement. "Cherche dans les autres pièces. Vois si tu peux trouver cette bague."
John hocha la tête et se déplaça avec la discrétion entraînée d'un soldat lors d'une patrouille dangereuse alors que Sherlock commençait à ouvrir des tiroirs, ses doigts dérivant au-dessus mais ne touchant pas le contenu. Tout était soigneusement aligné et parfaitement organisé, méticuleux, tout comme le nettoyage de l'appartement de Lattimer. En fait, il y avait la même impression chez Havisham – impeccable.
Le dernier tiroir qu'il ouvrit était vide en dehors d'un bloc de papier : épais, consistant et luxueux. Sherlock alluma rapidement la lampe du bureau, le sortit et l'inclina vers la lumière. Il était difficile d'en être certain, car il n'avait pas pu examiner la lettre trouvée dans la poche de Winters directement, mais il semblait être une bonne correspondance. Encore mieux, il pouvait voir des empreintes de la dernière chose écrite sur la page manquante : un stylo appuyé fort de colère établissant son message à travers plus d'une feuille.
Un crayon taillé se tenait près d'un stylo à plume dans le pot à crayons, et Sherlock se rappela brièvement la tache d'encre sur le doigt de Havisham alors qu'il saisissait le crayon et plaçait le graphite à plat contre la page. Il ombra le papier avec de fermes coups larges pour que le message écrit dessous apparaisse en relief : Une lettre sèche à Gareth Winters prévoyant de se retrouver au pont pour discuter de ses 'exigences financières supplémentaires'.
"J't'ai eu," murmura Sherlock avant de lever la voix. "John ?"
"Sherlock, tu dois voir ça !" La voix de John était forte et suffisante, et Sherlock se détourna, marcha à travers la cuisine où un meuble de rangement en kit reposait à moitié construit et laissé à l'abandon. Il y avait divers tournevis et marteaux éparpillés, y compris deux ou trois outils électriques à piles. Ils semblaient avoir été abandonnés précipitamment, sans doute quand Havisham s'était rendu compte que Winters était devenu un handicap.
Poursuivant vers ce qu'il supposa être la chambre, il observa les murs fades et le lit intact d'un balayage de son regard. "Winters a fait chanter Havisham. Il a clairement décidé qu'il devrait en obtenir davantage pour avoir tué Lattimer. Si Havisham n'avait pas prévu de le tuer avant, il l'a certainement fait après ça." Son regard s'attarda sur les oreillers lisses, un froncement planant sur son front. "Il semble que Havisham dorme ailleurs," fit-il remarquer alors qu'il approchait aux côtés de John. "Les draps sont fraîchement repassés, mais légèrement poussiéreux. Il n'est pas revenu depuis quelques jours."
"Probablement pas depuis qu'il a tué Winters," acquiesça John, pointant du doigt l'intérieur du tiroir qu'il avait ouvert près du lit. Il n'avait pas dérangé le contenu; il n'en avait pas eu besoin, parce que nichée dans le coin se trouvait une boîte en velours vert sombre avec le nom de Garrard's gaufré dessus. D'un rapide mouvement de ses doigts gantés, Sherlock l'ouvrit, révélant la bague de fiançailles disparue brillant comme une étoile au milieu.
Le bourdonnement du téléphone de Sherlock dans sa poche coupa à travers la paix de l'appartement, et il le tira du pli de tissu avec un froncement de sourcils, ouvrant le message alors que John se penchait par-dessus son épaule pour le lire.
'Monroe et Havisham ont quitté le bureau cinq minutes avant que nous n'y arrivions. Ils ne sont pas à l'appartement de Monroe non plus. Aucun signe de papier correspondant. Où êtes-vous ? - GL'
Lui et John se tenaient silencieusement, côte à côte, fixant le petit écran et le message qu'il contenait. Des secondes s'écoulèrent alors que leurs pensées emballées s'arrêtaient avec un frémissement, se re-concentrant sur le ici-et-maintenant, plutôt que la théorie en mouvement constant de l'affaire.
"S'ils ne sont pas au bureau, alors où diable sont-ils ?"
Sherlock leva les yeux pour croiser le regard perplexe de John, ses yeux se fermant avec une fraction de seconde d'incrédulité alors qu'un autre bruit atteignait ses oreilles. Dérivant dans l'air à deux pièces de là se trouvait le tintement caractéristique de clés dans la serrure, et le bruit ferme et solide d'un loquet de porte se libérant brusquement.
"Ils sont ici."
* : Le Loyer Intermédiaire (GB) est la pratique de louer une propriété pour un loyer subventionné auprès d'une Association de Logement ou d'un Propriétaire Social Enregistré. Le produit a été conçu pour permettre à des ménages sans l'argent pour un acompte d'acheter une maison d'avoir l'opportunité d'obtenir un logement tout en mettant de l'argent de côté pour un acompte. On peut très vaguement le comparer à un HLM dont on peut devenir propriétaire.
A la semaine prochaine, les loulous ! ;)
