Avertissements : Malpolitesse, une touche de sang.
Note de l'Auteur : Pour ceux qui n'en sont pas sûrs, les "penne" sont une sorte de pâtes, et une "toque" est un chapeau de cuisinier. (Note correcte de ma part à la fin du chapitre)
B xxx
To Light Another's Path : Chapitre Dix-Neuf
La porte du 221B se ferma derrière Sherlock, repoussant le monde et les capturant lui et John dans les confins de leur appartement. Après l'urgence et le mordant de la confrontation avec Monroe et Havisham, la paix semblait presque étrangère – juste une autre soirée à Londres – et Sherlock s'affala en arrière, la tête pressée contre le bois dur alors qu'il luttait pour trier la pagaille enchevêtrée de sentiments qui s'enroulait à travers son corps.
L'adrénaline l'avait enfin quitté, retirant le voile fin qui obscurcissait le bourdonnement des élancements et la brûlure élevée et aiguë de la peau fendue de sa conscience. Malgré tout, ce n'était pas la douleur qui laissait Sherlock se sentir essoufflé, comme si la prison contusionnée de ses côtes était trop réduite pour son cœur et ses poumons. Il ne cessait de se rappeler le son de l'arme claquant contre le crâne de John et l'éclat mourant de la conscience dans ces yeux bleus alors qu'il s'effondrait sur le sol. Pendant une seconde écœurante, Sherlock avait pensé que John était mort, et même maintenant les contrecoups de cette terreur continuaient de s'agiter le long de son corps, écorchant ses nerfs et étouffant son esprit avec des ombres grasses et glissantes.
Désespérément, il chercha John du regard, absorbant l'affalement épuisé de ses épaules alors qu'il retirait sa veste, pinçant le poignet pour le manipuler par-dessus le bandage sur sa main. John était vivant, même si le combat avec Monroe et Havisham avait laissé plus que sa part équitable de marques.
En dehors du trou évident dans sa chair, il y avait la souillure tonnante du coup de crosse contre sa tempe, une qui correspondait à sa compagne sur la pommette de Sherlock. Un autre nuage d'orage de gêne reposait sur sa mâchoire : le poing de Monroe faisant don de sa silhouette à la peau de John. Il y en aurait d'autres, Sherlock le savait, sous la pagaille sanglante du pull et de la chemise de John, et il était rongé par l'envie de toutes les trouver – de dresser la carte de leurs limites et de les apaiser.
"Attends." Sherlock s'avança, défit le bouton-pression sur le poignet de la veste de John pour que la manche puisse glisser sans prendre le pansement soigné de l'infirmière avec. Avec quelques tractions efficaces, il enleva d'un geste le vêtement incriminé des épaules de John, le laissa tomber sur le sol avant qu'il n'effleure des doigts légers le long du menton de John, contournant le bord de la contusion avec un murmure de caresse.
John serra fort le col de la chemise de Sherlock, solide et capable alors qu'il le tirait vers le bas et s'étirait vers le haut en même temps, faisant du baiser davantage une collision désespérée que quelque chose d'aimant. Pendant quelques secondes, tout ce que Sherlock put faire fut de flotter dessus, sentant la poussée de la langue de John et la pression de sa bouche – sentant le goût de la peur et du désespoir, la plus faible trace cuivrée de sang et d'antiseptique – avant qu'il ne rassemble suffisamment ses esprits pour répondre.
Les blessures élançaient, des éclosions distantes de douleur tels des feux d'artifice sur un horizon lointain alors que Sherlock pressait son corps contre celui de John : torse et ventre, hanches et cuisses comme s'ils pouvaient d'une certaine façon fusionner. Le gémissement discret de John était autant de soulagement que de plaisir, et Sherlock trembla en réponse, brièvement perdu parmi une mer de sensation et de sentiment.
Prudemment, comme un homme menant un partenaire timide dans une danse, il ralentit le baiser, en arrondissant le bord frénétique en quelque chose de tendre et de prometteur. Enfin, ils se séparèrent à contrecœur, les têtes penchées ensemble, les souffles partagés alors qu'ils se tenaient simplement dans le cercle des bras de l'autre.
"Je pensais qu'ils allaient te tuer," réussit à dire John d'une voix bourrue, les mots tremblants alors qu'il les libérait. "Tout le temps où tu ne cessais de parler – les poussant comme un imbécile – j'attendais simplement le coup de feu."
Sherlock secoua la tête, ferma les yeux pendant un instant et déglutit péniblement avant de se pencher en arrière pour mieux voir le visage chiffonné de John. "J'essayais de garder l'arme pointée sur moi. Monroe t'a presque tiré dessus où tu reposais sur le sol. Seule la panique de Havisham l'a arrêté. Je devais te garder hors de sa vue autant que possible." Il jeta un coup d'œil vers le bas, observant la loque sanglante du pull de John. "Il t'avait déjà fait assez de dommages. Est-ce que tout ça est à toi ?"
John fronça le nez au chantier d'éclaboussures fractales sur la laine, fermant les yeux avec lassitude avant de hausser les épaules. "Je ne pense pas. J'ai bien réussir à frapper Monroe une ou deux fois. Une partie devrait être le sien."
"Nous pourrions le vendre au Tate Modern," murmura Sherlock, suivant un arc particulièrement intéressant : un uppercut provoquant une blessure à la bouche d'un adversaire.
"Je ne pense pas que tout le monde apprécierait ton goût en matière d'art," dit John, mais il y avait un sourire dans sa voix lorsqu'il se libéra des bras de Sherlock et pinça la laine, puis leva une main vers la balafre à sa tempe. C'était une petite percée dans la peau, retenue par des steri strips, mais la contusion autour était significative. Il était impossible qu'il fasse passer le col serré par-dessus sa tête sans aggraver la blessure.
"Le pull est irrécupérable," promit Sherlock, faisant un geste à la déchirure sur un des poignets et les taches. "Je suis sûr que tu pourras te racheter quelque chose d'autre d'inoffensif en gris écru dans un jour ou deux, mais pour l'instant..." Il ramassa une paire de cisailles de la table : le genre utilisé aux urgences pour retirer les cuirs de moto des victimes d'accidents. Il les avait empruntées à la morgue il y avait des années et n'avait jamais jugé bon de les rapporter. Des ciseaux qui pouvaient couper à travers presque n'importe quoi étaient trop utiles pour les ramener simplement à leur foyer légitime. "Puis-je ?"
John eut l'air surpris que Sherlock se donne la peine de demander la permission, plutôt que de simplement trancher le vêtement. "Vas-y," dit-il avec un soupir résigné, inclinant la tête vers le haut et exposant son cou – si complètement confiant – alors que Sherlock déplaçait les ciseaux du col à l'ourlet, laissant la laine montrer ses fils et se déplacer facilement des bras de John.
"Tu ne t'es pas exactement échappé indemne," signala John, tendant le bras vers le v du revers de la veste de Sherlock. "Je pense que ta chemise est fichue. Tu as saigné dessus." Le regard de John virevolta rapidement sur le visage de Sherlock, un froncement de sourcils se rassemblant sur son front lorsqu'il ne réussit pas à trouver une blessure qui correspondait à la tache.
La prise de conscience fut comme un coup de foudre sur l'expression de John, et les lèvres de Sherlock se courbèrent à un coin lorsqu'il vit le voile d'épuisement exténué changer. Les doigts de John, qui avaient été maladroits sur ses propres vêtements, trouvèrent soudain un élément de finesse lorsqu'il ouvrit rapidement la veste de Sherlock. Il ne se donna même pas la peine de la pousser des épaules de Sherlock avant d'ouvrir les quatre boutons du haut de la chemise, écartant le tissu pour révéler le large pansement scotché au torse de Sherlock.
"Je n'avais pas remarqué ça," réussit à dire John, effleurant d'un contact léger le long du bord du carré blanc vif. Il avait l'air anéanti, comme si laisser une telle chose lui échapper était un péché capital, même en plein combat pour sa vie.
Doucement, pour ne pas blesser John davantage, Sherlock lia leurs doigts ensemble, essayant de transmettre du réconfort à travers un simple contact. C'était l'acte d'une seconde de plier légèrement les genoux, forçant John à croiser son regard en altérant leur tailles relatives. "C'est bon. Ça avait même à peine besoin d'assistance médicale : Trois clous qui n'ont pas pénétré de plus d'un quart de centimètre. Ils n'avaient même pas la force requise pour faire un impact sur mon sternum. L'arme de choix de Havisham était alarmante, mais sa portée était plutôt faible."
Le frisson qui traversa le corps de John était entièrement involontaire, et Sherlock regarda alors qu'il frottait son visage, voyant la grimace alors qu'il touchait les ecchymoses et les ramenait à la vie. "Où Havisham a-t-il eu un putain de pistolet à clous de toute façon ?"
"Il assemblait un meuble de rangement dans la cuisine; je l'ai vu en chemin. C'était un simple outil électroportatif ménager utilisé plus cruellement." Il toucha à nouveau le bandage sur la main de John avant de déplacer son attention sur la chemise de John, qui portait une ombre faible de la même éclaboussure de sang qui avait marqué son pull. "Nous devons enlever ça. Je – J'ai besoin de voir que tu vas bien."
L'aveu remonta sa gorge en raclant, tremblant d'une manière dont Sherlock savait qu'elle en révélait trop sur l'état actuel de son esprit. Chaque fois qu'il pensait à Havisham appuyant sur la gâchette ou à Monroe lançant un coup de poing, une vague fraîche de sueur froide fleurissait sur sa peau. Une partie de lui était consciente que ce désir ardent était dirigé par l'instinct : quelque chose de plus bas et animal que son esprit logique ne l'admettrait normalement, mais il était difficile d'en avoir quelque chose à cirer quand ses mains tremblaient du besoin de s'assurer que John ne souffrirait pas de maux à long terme de l'agression de l'après-midi.
Le sourire de John était fatigué, mais sincère, et il secoua brusquement la tête vers le torse de Sherlock alors qu'il tripotait maladroitement ses propres boutons. "Toi aussi. J'étais inconscient pendant une bonne partie du combat. J'ai besoin de voir ce que tu me caches d'autre."
Sherlock fut plus rapide que John, non entravé par des bandages, et il fit comme on lui disait sans vraiment y réfléchir à deux fois, retira de sa veste et effeuilla sa chemise. Le coton murmura sur les égratignures superficielles sur ses poignets, se coinça sur les bords à vif des plus profondes sur le bout de ses doigts avant de tomber sur le sol, le laissant se tenir dans son pantalon alors qu'il s'avançait pour aider John.
"Est-ce que ta main ira bien ?" demanda-t-il doucement. John n'avait rien dit à propos de dommages permanents, mais le docteur n'était jamais particulièrement communicatif à propos de ses blessures. "Le clou n'a pas été exactement retiré par un professionnel médical qualifié."
John leva sa main indemne pour suivre les bords des marques qui jonchaient un côté des côtes de Sherlock; deux coups de poing de Monroe et un fort coup de pied de Havisham. "Il a raté les tendons, ce qui est la chose la plus importante. Tant qu'elle ne s'infecte pas, ça devrait aller. Quant à le retirer, tu as fait du bon travail. Tu ne l'as pas pivoté, tu as simplement tiré. Pas de dommage supplémentaire de fait." Son regard s'attarda sur la preuve de la violence tachetée sur la chair de Sherlock, son visage tiré. "Que s'est-il passé ?"
Sherlock retira enfin la chemise de John du chemin, soupirant au coton fin supplémentaire qui entravait maintenant sa vue. C'était comme une partie particulièrement frustrante de jeu du furet. Au moins l'encolure du t-shirt avait connu des jours meilleurs, et il glissa par-dessus la tête de John facilement alors que Sherlock le retirait pour révéler l'étendue du torse et du ventre de John, essentiellement indemne. Il semblait que Monroe ait concentré ses efforts sur la tête de John à la place.
Ses paumes se déplacèrent de leur propre accord, traçant l'élasticité légère et douce de la chair sur du muscle et traçant les lignes des côtes de John alors qu'il sondait avec douceur, cherchant des douleurs secrètes. John ne fit que souffler un faible soupir de quelque chose comme un rire, roula des épaules et se rapprocha pour pouvoir enrouler ses bras autour de la taille de Sherlock et reposer sa tête sur l'épaule de Sherlock.
Il entendit John prendre des inspirations profondes et régulières par le nez, attirant l'odeur de Sherlock comme si sa vie en dépendait. Vaguement, il se rendit compte que John se rassurait du bien-être de Sherlock autant qu'il prouvait que John irait bien.
En toute honnêteté, tous deux avaient reçu pire durant leur temps ensemble. La mort avait été une compagne plus proche, mais c'était avant qu'ils n'aient reconnu ce qu'ils étaient l'un pour l'autre. Être amants ne changeait pas l'intensité de l'inquiétude – Sherlock savait qu'il aurait été tout aussi effrayé pour le bien-être de John s'ils étaient toujours dans le royaume de l'amitié – mais cela faisait trancher la menace dans une zone plus sensible, d'une certaine façon. Ce n'était pas qu'ils avaient davantage à perdre. Une mort aurait été tout aussi accablante il y avait une semaine qu'elle l'était aujourd'hui, mais il y avait une facette supplémentaire : un immense chagrin qui pouvait être ouvertement reconnu plutôt que caché.
"Parle-moi ?" demanda John doucement, les mots se formant contre la peau sensible de la gorge de Sherlock et lui faisant aspirer son souffle à la sensation. Pourtant les bourdonnements de plaisir venant de ses nerfs furent rapidement rejetés lorsqu'il sentit l'incertitude dans la voix de John. Il ne semblait pas en sécurité et à l'aise à l'oreille. Maintenant, quand Sherlock s'arrêta de chercher des blessures et prêta attention à John dans son entier, il pouvait sentir un côté tranchant de tension dans le corps de John, faisant rouler ses épaules et se tendre sa colonne vertébrale sous le contact de Sherlock.
"Tu es inquiet à propos de quelque chose," déclara-t-il, fronçant les sourcils pour lui-même alors qu'il essayait de lire l'humeur de John sans le support visuel de son expression. "Quelque chose à voir avec moi." Le froncement devint un air renfrogné alors qu'il tentait de comprendre ce qui passait à travers l'esprit de John. Avait-il dit ce qu'il ne fallait pas, ou était-ce quelque chose qu'il n'avait pas réussi à mettre en mots ou en actions ? Il avait été si déterminé à s'assurer que John allait bien, mais est-ce que Sherlock avait négligé quelque chose de l'état de santé de John dans son urgence de se rassurer ?
"Qu'est-ce que j'ai fait ?" Il conserva délibérément ses paroles monotones, grimaçant face à quel point ils avaient l'air froids, mais c'était mieux que le gémissement vibrato qui voulait s'arracher de sa gorge.
"Rien." John recula, leva les yeux vers le visage de Sherlock et y vit clairement une foule d'informations. Secouant la tête, il prit la mâchoire de Sherlock en coupe, soucieux de leurs blessures à tous les deux alors qu'il faisait un faible sourire. "Je ne cesse de m'inquiéter que tu vas décider que c'est – nous sommes – que c'est une erreur; c'est tout."
Sherlock fit la grimace, son nez se fronça et ses lèvres se pincèrent en une moue de dégoût qui fit rire John, puis grogner de douleur lorsque sa tête protesta. "Pourquoi ferais-je ça ? De quelle manière possible est-ce qu'être avec toi serait devenu un désavantage depuis ce matin ?"
Le front de John était plissé d'inquiétude, sa bouche étroitement fermée mais bougeant comme s'il ruminait ses paroles. "Certaines personnes pourraient penser que le combat avec Monroe et Havisham a démontré que notre attachement était plus une faiblesse qu'une force," signala-t-il doucement, entraînant sa lèvre inférieure sous ses dents du haut avant de la libérer à nouveau. "Une distraction."
"Nous ne sommes pas 'certaines personnes'," signala Sherlock impitoyablement, reposant ses mains avec précaution au-dessus de celles de John et donnant un petit coup au front de John. "Nous avions des inquiétudes pour la sécurité de l'autre, mais comment est-ce différent de ce que c'était il y a une semaine, ou un mois, ou davantage ?"
Il sentit John s'effondrer, comme si une grande tension avait été libérée. Depuis combien de temps John traînait-il cette inquiétude avec lui ? Depuis qu'il avait franchi la porte de Baker Street ? Quitté l'hôpital ? L'arrestation de Havisham ?
John ferma les yeux pendant un instant, et le sourire qui courba sa bouche ne pouvait être décrit que comme reconnaissant. "Je n'étais pas sûr que tu le verrais comme ça."
Sherlock tourna la tête, pressa un doux baiser sur la paume bandée de John. "Penses-tu que les choses se seraient passées différemment dans cet appartement si nous n'étions pas amants ? Tu aurais quand même hésité quand Havisham a tenu le pistolet à clous contre ma tête –" Sherlock sourit quand il sentit la prise de John se resserrer un petit peu. "Et j'aurais quand même insisté pour que nous restions nous battre."
"Ce n'est pas comme si nous avions beaucoup le choix là-dessus," signala John. "Et tu avais raison. Havisham, au moins, était déjà en chemin pour quitter le pays. Si nous nous étions détournés, alors il y aurait une bonne chance que l'affaire serait restée non résolue."
Sherlock, qui secouait déjà la tête, recula et serra rapidement la bonne main de John. "Elle aurait été à moitié résolue," corrigea-t-il alors qu'il tournait le dos, accrochait maladroitement leurs manteaux et grimaçait lorsque ses côtes douloureuses protestèrent. "J'en aurais su assez à propos de l'implication de Havisham. La culpabilité de Monroe, cependant –" Il soupira, passa une main à travers ses cheveux et grimaça lorsqu'une autre bosse inaperçue sur son crâne l'élança. "Je pourrais ne jamais avoir réalisé son rôle entier dans toute l'histoire."
"Tu avais des suspicions, cependant. Tu en avais depuis le début." John se frotta à nouveau les yeux irrégulièrement, l'air trouble et secoué maintenant que Sherlock avait quitté ses côtés. "Je ne pense pas que qui que ce soit aurait deviné ce qu'il faisait exactement. Ce n'est même pas comme s'il y en avait une preuve."
"Non, c'était simplement là dans chaque mot qu'il disait à Havisham." Sherlock soupira, se retourna vers John et força de côté le tour en colère et haineux de lui-même de ses pensées. Il y aurait du temps pour revoir les aspects de l'affaire plus tard – pour essayer de trouver les indices qu'il avait ratés – mais pour l'instant il y avait des choses plus importantes pour occuper son esprit.
John avait passé presque chaque moment éveillé durant la semaine passée à prendre soin de Sherlock, le soignant sans faute à travers le flux et le reflux de l'attaque de la grippe et ne quittant jamais ses côtés. Maintenant il voulait rendre la faveur. Peut-être qu'il ne pouvait pas faire disparaître la douleur que les blessures avaient causée, mais il pouvait encore apporter du réconfort. C'était facile de voir le clash tintant, chaotique et épuisé de l'humeur de John, et une simple extrapolation de savoir ce qui l'apaiserait. Une proximité rapprochée offrirait du réconfort, et les chaudes profondeurs du lit de Sherlock apporteraient du répit.
"Viens," exhorta Sherlock doucement, prenant John par les épaules et le guidant vers la chambre, sentant l'homme plus petit se détendre dans sa prise alors qu'il fermait la porte d'un coup de pied dans leur sillage. "Veux-tu quoi que ce soit ? Quelque chose à manger ou à boire ? As-tu besoin de comprimés ?"
John s'assit sur le bord du lit docile comme tout, aucun signe de combat en lui alors qu'il secouait la tête et retirait ses bottes du bout du pied. "Peux-tu – veux-tu rester avec moi pendant un moment ?" demanda-t-il, et Sherlock y voyait le besoin, à moitié caché derrière un air léger d'apathie, comme si John ne voulait pas le forcer à s'attarder s'il avait d'autres endroits où se trouver.
"Je n'avais aucune intention d'être ailleurs," l'assura Sherlock, il se déshabilla jusqu'aux sous-vêtements et inspecta une ecchymose sur le côté de son genou qu'il ne se rappelait pas avoir reçue. Il y avait le motif de la structure d'une chaussure isolé sur sa peau pâle – un autre coup de pied, alors. De Havisham, à en juger par la taille plus petite. Il se pouvait que l'homme ait été utilisé par Monroe, mais il y avait suffisamment de preuves qu'il était brutal à part entière, et la faible pitié de Sherlock pour lui déteignait rapidement en du dédain.
Avec un grognement, il réorganisa les oreillers, fit un petit talus contre la tête de lit avant de se détendre contre eux, à moitié allongé. Son corps était fatigué, mais son esprit était aiguisé comme une rapière et bien réveillé. Il ne trouverait rien comme du sommeil dans les heures à venir, mais il était cruellement évident que le repos était ce dont John avait besoin.
S'emparant d'un oreiller en trop, il le disposa pour qu'il repose entre ses jambes et sur son ventre avant de faire un geste pour que John grimpe au-dessus de lui.
"Et tes côtes ?" demanda John. "Je vais t'écraser."
"Installe-toi simplement," ordonna Sherlock. "Mon torse ira bien. Tu veux dormir, et je veux te serrer sans te faire mal. Ça fonctionne."
Pendant une minute, il pensa que John argumenterait. La guerre à trois d'inquiétude doctoresque, de fierté soldatesque et du simple désir d'être aussi proche de Sherlock que possible était écrite partout sur les lignes de l'expression de John. A la fin il sembla que le dernier n'avait réussi qu'une victoire limite. "Si ça fait mal –"
"Ça ne le fera pas," promit Sherlock, grognant légèrement quand le poids de John s'installa contre lui, d'abord hésitant, son dos contre l'oreiller et sa tête reposant au niveau du cœur de Sherlock. Cela rendait parfaitement facile de glisser ses paumes sur les épaules de John et sur son torse, les doigts étendus et errants, paresseusement curieux, à travers la fine couche de poils sur la peau de John.
Progressivement, il sentit John se détendre, tournant la tête légèrement pour presser une oreille sur le rythme régulier du pouls de Sherlock alors que les muscles se détendaient, lui permettant de se fondre contre le corps de Sherlock. L'oreiller les séparait légèrement, mais il fournissait un matelassage supplémentaire et s'assurait que les côtes Sherlock le tiraillaient simplement, plutôt que l'élançaient. Cela signifiait aussi que John serait probablement suffisamment à l'aise pour s'endormir.
"Tu n'as pas répondu à ma question tout à l'heure," murmura John, sa voix grondant à travers son torse et se transmettant à travers la peau des paumes de Sherlock.
"Hummmm ?" Sherlock était occupé à tracer des cercles lents et pensifs autour du mamelon gauche de John, ne s'arrêtant que lorsque la paume de John reposa doucement par dessus le dos de sa main, le piégeant.
"Que s'est-il passé pendant que j'étais assommé ? Tu as clairement continué à te battre." John se retourna pour que son ventre soit pressé contre l'oreiller, accordant un autre baiser sur le carré de pansement qui cachait les trois trous minces et décolorés à la vue.
Sherlock grimaça, se rappelant la chute brutale et sans force du corps de John et l'éclair vif d'horreur/furie qui avait décrit un arc à travers son corps, le forçant à l'action. "J'ai attaqué Monroe, en laissant une bonne quantité de mes cheveux derrière moi dans la prise de Havisham au passage, mais il était trop surpris pour tenir bon ou tirer avec le pistolet à clous. J'ai réussi à toucher Monroe d'un bon coup de poing avant qu'il ne me saisisse."
L'évasement chaud d'une paume large autour du poignet de Sherlock était un souvenir fantôme, mais il se rappelait clairement le regard lubrique tordu sur l'expression de Monroe et la manière dont l'homme avait ronronné dans son oreille alors qu'il luttait. Son esprit avait été trop plein de désespoir – le besoin de s'échapper et d'obtenir le Browning – n'importe quoi pour rendre la situation sécurisée pour pouvoir vérifier que John allait bien.
"Nous avons lutté avec l'autre," continua-t-il finalement. "J'ai fini par faire face à Havisham avec Monroe qui ne bloquait que partiellement le tir. Nous étions de l'autre côté de la pièce par rapport à lui, de l'autre côté près de la fenêtre quand il a appuyé sur la gâchette." Il tendit le bras vers le bas, traçant la bande adhésive au bord du pansement avant de laisser sa main retomber sur l'épaule de John.
John, cependant, était captivé par la compresse en coton, la fixant comme si c'était un serpent attendant pour frapper. Lentement, ses doigts se déplacèrent à un coin du ruban adhésif, tirant dessus légèrement au début, puis augmentant la pression. "Je veux voir," dit-il, brusque et ferme alors que Sherlock laissait tomber ses mains à ses côtés. "Je sais que tu dis que ce n'est rien, mais –" Il haussa les épaules en un mouvement saccadé et se mordit la lèvre, attendant la permission de Sherlock pour continuer.
Avec un hochement de tête, il la donna, regardant John décoller régulièrement le ruban adhésif sur le côté et enlever le pansement pour révéler trois trous. C'était pire à voir qu'à ressentir, des cavités noires parmi des fossettes de rouge et de violet vilains, mais il n'avait aucun doute qu'ils étaient plus petits que la blessure de John.
"Les clous sont tombés d'eux-mêmes quand Monroe m'a jeté contre le mur."
"Ensuite quoi ?" John était devenu très, très immobile, levant les yeux de son examen de la blessure avec les yeux plissés. "Que t'a-t-il fait ?"
"Rien, il m'a simplement tenu en place," répondit Sherlock, libérant le pansement des doigts de John et la re-scotchant en place. "Eh bien – il se peut qu'il ait dit quelque chose, mais j'étais trop occupé à essayer de lui donner un coup de genou dans l'aine pour prêter attention." Sherlock laissa traîner ses doigts le long de la colonne vertébrale de John, l'apaisant inconsciemment avec de petits grattages et tiraillements. Le mouvement faisait piquer les coupures, mais cela en valait la peine pour sentir la force tendue de John bourdonner avec tant de puissance sous son contact.
"Monroe avait laissé tomber l'arme, et Havisham était à court de clous," continua Sherlock. "Tu as vu la pièce. Elle était jonchée avec. Il voulait me toucher mais avait peur de blesser Monroe, donc sa visée était médiocre au mieux. C'était seulement quand Havisham a ramassé le Browning que j'ai été à court d'options."
"C'est là qu'ils nous ont attachés ?" demanda John, se ré-installant finalement contre le torse de Sherlock, ses mains effleurant comme des plumes en allers et retours les côtes de Sherlock avant de se baisser pour s'installer à la taille de son boxer possessivement.
"J'étais surpris," avoua Sherlock. "Je pensais qu'ils étaient bien plus susceptibles de nous tuer et d'en terminer, mais Havisham avait besoin d'être convaincu, et Monroe devait nous sécuriser pendant qu'il le faisait. C'est à peu près le moment où tu t'es réveillé. Tu as raté dix minutes, et encore. A peine quoi que ce soit."
"C'était suffisant," marmonna John, son soupir tremblant murmura dans l'air alors que Sherlock frottait des cercles sur la nuque de John. Il effleura la texture dichotomique des cheveux de John – les mèches blondes plus douces, plus fines, les quelques grises parsemées plus drues au toucher. "Et s'ils t'avaient tué pendant que j'étais inconscient ? Et si je m'étais réveillé pour te trouver mort ?"
Des questions maladroites se battaient pour la dominance dans l'esprit de Sherlock, ni sensibles ni particulièrement intelligentes, mais il les poussa rapidement sur le côté. C'était trop facile d'imaginer l'inverse être vrai – trop bouleversant de s'imaginer retourner à la conscience pour trouver John un cadavre au regard fixe, plutôt que la créature essentielle qui vivait et respirait qu'il était maintenant. Bien qu'un fragment de Sherlock voulusse analyser les peurs de John, tester et cataloguer ses réactions, une autre se rendit compte qu'il y avait des choses pour lesquelles il n'y avait ni moment ni endroit – pas d'expérience nécessaire et pas de théorie à prouver.
"Tu ne l'as pas fait," dit-il à la place, baissant la tête maladroitement pour essayer de reposer sa joue sur la couronne de John. "Je ne l'étais pas. Nous allons bien."
"J'aime mieux les affaires quand elles ne se terminent pas avec plus de corps morts qu'elles n'ont commencé, pour être honnête," dit John, une faible trace de rire dans la voix. "Je devrais être reconnaissant que ce soit seulement Monroe qui ait terminé avec une balle dans la tête."
"Il a eu ce qu'il méritait." Rien au monde ne pourrait avoir enlevé la brutalité de la voix de Sherlock, et il traça du pouce la courbe de l'oreille de John. "Les tribunaux ne l'auraient jamais déclaré coupable d'actes répréhensibles à part de détournement de fonds."
"Tu es – en colère pour ce qu'il a fait à Havisham ?" demanda John, fronçant les sourcils vers Sherlock de perplexité.
"Non." Sherlock secoua la tête, tenant dans ses bras le corps de John lorsqu'il se trémoussa vers le bas dans le lit et s'étira, traîna son pantalon de là où il reposait sur le sol et sortit son téléphone de la poche. "Havisham était un idiot de se laisser mener, bien que peut-être il y ait quelque chose d'autre là-dedans – des problèmes sous-jacents qui pourraient aller en sa faveur durant le procès." Il se mordit la lèvre, ouvrant un nouveau message pour Lestrade et tapant du pouce alors qu'il se repositionnait.
'Obtenez une évaluation psychiatrique pour Havisham avant les poursuites - SH'
Ce n'était pas grand-chose, mais Sherlock vit le sourire de John lorsqu'il tendit le cou pour lire le message avant que Sherlock ne l'envoie. "Au final, Havisham a placé sa confiance dans la mauvaise personne, et il a été utilisé en conséquence," expliqua Sherlock. "Je souhaiterais simplement qu'il y ait une preuve. Quelque chose pour montrer au monde que Monroe était un manipulateur – un meurtrier à part entière – pas simplement un escroc mesquin, et définitivement pas une victime. Il utilisait les gens. Je commence à me demander si Lattimer était la seule à avoir vu ça."
"La justice ne fonctionne pas par degrés de séparation," signala John doucement. "Surtout parce qu'on ne peut pas prouver l'influence que les gens ont sur les autres. Monroe n'a jamais blessé directement ni Winters ni Lattimer."
"Je sais," répondit Sherlock.
"Et au final, il a obtenu la punition ultime – un autre meurtre sur la liste de Havisham."
"J'aurais appelé ça une exécution," murmura Sherlock. "C'est ce qu'on fait aux criminels, n'est-ce pas ?"
John s'était tu, ses cils projetant de brefs éclairs de sensation sur la peau de Sherlock avec chaque clignement d'yeux, mais il pouvait discerner un froncement de sourcils perplexe sur le front de John, un paysage intéressant de chair ridée depuis cet angle au-dessus de lui. Quand il parla finalement, ce fut avec le rythme prudent et hésitant d'un homme dans un champ de mines, incertain si oui ou non le sol sous ses pieds exploserait en courroux mortel ou resterait stable.
"Tu – tu as dit que Havisham était facilement mené." Il s'humidifia les lèvres, et un éclair de souffle chaud dériva sur le torse de Sherlock alors qu'il attendait impatiemment que John continue. Quand il le fit, on aurait dit que les mots étaient traînés hors de lui : une lame libérée d'une blessure pour le laisser sanglant et brisé.
"Savais-tu qu'il tirerait sur Monroe ? Est-ce – est-ce pour ça que tu as continué à parler ? Est-ce que tu le poussais pour que Monroe ait une sorte de punition ?" John se souleva, une grimace dansant sur son visage alors que sa main protestait sans doute, mais son regard croisa celui de Sherlock sans tressaillir lorsqu'il s'installa sur ses talons, douloureusement distant même s'il n'était qu'à une longueur de bras.
Peut-être que certaines personnes seraient indignées devant une telle accusation, mais bien que la peur tremblât le long des nerfs de Sherlock, il savait que John n'exprimait pas une notion irréaliste. Plus que n'importe qui d'autre, John connaissait la manière dont Sherlock fonctionnait. John savait qu'il n'avait aucun problème à manipuler les autres personnes pour obtenir ce qu'il voulait; la seule chose qui le séparait de Monroe était là où ils fixaient les limites. Il y avait une vaste différence entre flirter avec Molly pour des morceaux de corps et jouer avec la jalousie d'un amant pour pousser au meurtre.
"J'ai continué à parler pour que tu puisses t'échapper, et pour retarder le moment où l'arme serait tournée sur nous," répondit Sherlock, s'asseyant en avant et tendant le bras vers l'épaule de John, caressant la forte courbe solide. "J'ai essayé de pousser Monroe, pas Havisham. C'était lui que j'essayais de perturber." Il déglutit nerveusement, ramenant sa main pour se gratter l'oreille avant de lever le menton. "Cependant, je ne vais pas feindre pendant même une seconde que je suis désolé que Monroe soit à la morgue."
Pendant un instant, John ne fit que le regarder fixement, douloureusement immobile. Seuls ses yeux bougeaient, balayant le visage de Sherlock et cherchant une trace de mensonge. Il avait l'air de vouloir le croire, comme si sa confiance était désespérée de faciliter l'avancée, mais cela prit quand même quelques instants pour que le doute disparaisse.
Enfin, John inclina la tête, ses épaules se soulevant avec un souffle profond alors qu'il pinçait l'arête de son nez. "Non, non moi non plus. Je suis – Désolé – je –"
Sherlock l'interrompit en saisissant l'avant-bras de John et tirant jusqu'à ce qu'ils soient affalés ensemble de nouveau, toujours appuyés sur les oreillers. Ses côtes l'élancèrent sous le mouvement, mais Sherlock écarta la douleur. Il était heureux de subir de la gêne si ça signifiait qu'il pouvait rassurer John.
"Ne t'excuse jamais de savoir comment je suis," ordonna-t-il. "Tu es le seul qui le sache vraiment."
"Pour avoir insinué que tu es quelqu'un comme Monroe ?" demanda John. "Si je sais comment tu es alors je devrais avoir plus de jugeote, n'est-ce pas ?"
Sherlock plissa les yeux pensivement vers la fenêtre, encadrée qu'elle était par la chute blanche des rideaux : le déclin urbain de Londres piégé dans une toile en verre. "Je suis comme lui." Il fit taire la protestation automatique de John. "Les gens peuvent être tellement faciles à pousser et à tirer dans la bonne direction. Je sais que je suis capable de tuer quelqu'un, de la même manière que je sais exactement quoi dire pour que tu m'aides à cacher le cadavre. La différence est que je ne fais pas usage de cette connaissance. Juste parce que tu peux faire quelque chose, ne signifie pas que tu le devrais."
Le silence remplit la chambre alors, pas tendu ou accusateur, mais doux de soulagement. Il y avait de la compréhension coincée dans ses plis, et quand John leva les yeux vers Sherlock un sourcil était levé. "Tu sais, si je ne savais pas déjà que ce truc de 'sociopathe de haut niveau' était des conneries, tu viens essentiellement de te trahir avec ça."
"Maman serait contente," répondit Sherlock d'une voix léthargique. L'effleurement régulier de ses paumes autour des épaules de John et le long de son dos continua alors que les battements de cœur de Sherlock retournaient à la normale : la vive crainte s'affaiblissant en quelque chose de raisonnable. Il n'était pas sûr de ce qui l'avait le plus secoué, le fait que John avait lu la possibilité qu'il manipule Havisham pour appuyer sur la gâchette, ou la connaissance que, pendant quelques secondes, Sherlock l'avait envisagé.
Pourtant à la fin, secouer Monroe avait secoué Havisham de façon égale. On avait tiré avec l'arme, le fait était accompli, et si lui et John avaient survécu en conséquence, alors Sherlock ne pouvait pas se résoudre à regretter quoi que ce soit de ce qui était arrivé.
"Je suis désolé," murmura John, se nichant contre lui. L'effleurement de ses cils contre le torse de Sherlock suggéra qu'il avait fermé les yeux, et régulièrement son poids commença à s'affaisser contre le corps de Sherlock, le clouant au lit alors que les mots ensommeillés se répandaient. "Pas sûr que je m'en soucierais même si tu avais fait tuer Monroe par Havisham."
"Bien sûr que si," répondit Sherlock, fermant les yeux et se forçant à se détendre. "C'est qui tu es."
Il n'y eut pas de réponse, et Sherlock sourit lorsqu'il baissa les yeux vers le profil placide de John. Peut-être que ce n'était pas la meilleure position dans laquelle dormir – Sherlock était assez sûr qu'il aurait le dos raide dans les deux heures suivantes, mais en cet instant il n'y avait rien au monde qui ne pourrait l'éloigner de cet homme.
Au-delà de la fenêtre, le crépuscule du début de soirée de Londres céda le passage à la vraie nuit, grêlée comme toujours par le mouchetage des lampadaires et le vacillement des phares de voiture sur la route en bas. La seule ampoule que Sherlock avait allumée projetait suffisamment d'illumination pour qu'il lise, mais le traité ancien sur les premiers poisons du monde ne retenait pas son attention comme il aurait dû. Il ne cessait de se retrouver captivé par l'homme dormant contre son torse. L'oreiller avait glissé, les laissant peau contre peau, et il sentait chaque souffle profond et régulier et le martèlement du cœur de John comme un métronome.
Chaque heure environ, il s'assurait que John pouvait être réveillé, laissant ses yeux trouver leur netteté avant de l'inciter à se rendormir. Cette fois, cependant, il semblait que John revenait de lui-même. Probablement parce que l'estomac de Sherlock avait commencé à grogner, devenant de plus en plus bruyant alors que les minutes passaient.
Il sentit le sourire de John avant de le voir. La rondeur chaude de la joue de John gonfla contre son torse, et un murmure de baiser dériva sur la peau de Sherlock suivi d'un éclair brûlant de langue. "J'pense que tu as besoin d'alimentation," marmonna John, sa voix craquant alors qu'il s'étirait et clignait des yeux pour se réveiller. "As-tu dormi un peu ?"
"Je ne suis pas fatigué," répondit Sherlock. "De plus, quelqu'un devait s'assurer que tu n'allais pas glisser dans un coma." Il donna doucement un petit coup aux côtes de John, éloignant délicatement son poids sur le côté. "Tu dois manger quelque chose aussi, et prendre des médicaments. Comment va ta tête ?"
John s'affala sur le dos, grattant distraitement son ventre nu de sa main indemne alors qu'il regardait le plafond de travers. "Mieux que c'était." Il s'appuya sur ses coudes, et Sherlock put sentir le poids du regard de John de haut en bas de son dos alors qu'il se mettait sur pieds, s'étirant et grimaçant lorsque ses côtes gémirent vers lui avant de tendre le bras vers la robe de chambre bleue. "Tu prends de la nourriture à emporter ?"
Sherlock émit un son évasif en réponse, jetant un coup d'œil par dessus son épaule et voyant la considération sur le visage de John. Il se demandait clairement s'il allait suivre Sherlock, réticent à le laisser hors de sa vue. Sherlock pouvait partager le sentiment, mais John faisait bel effet à paresser là dans le nid des draps de Sherlock. Le tissu blanc était enchevêtré autour de sa taille, lui donnant un air débauché. Pour l'amour de Dieu, le lit de Sherlock n'avait jamais eu l'air aussi joli, complètement transformé par la présence de John en quelque chose de séduisant.
Se penchant en avant, Sherlock glissa sa main le long du cou de John et sur son oreille, s'emmêlant prudemment dans des courts cheveux blonds alors qu'il guidait le visage de John vers le haut. La fine pression ferme de la bouche de John s'écarta de manière languide, et le gémissement qui se coinça dans sa gorge fut suffisant pour que Sherlock se penche inconsciemment en avant, se pressant plus près alors que la prise de John se faufilait dans ses boucles, changeant l'angle et approfondissant le baiser.
Une main, celle sans le bandage, se déplaça vers le bas, glissa sur le bord de la robe de chambre de Sherlock. Des doigts forts l'écartèrent, déclenchant de la chaleur sur la peau de Sherlock lorsqu'ils tombèrent plus bas sur son boxer vers la longueur durcissante piégée dans ses confins.
"Hummm," ronronna John, reculant avec un sourire alors que sa prise s'enroulait et pressait, faisant chanceler Sherlock. "Je pourrais m'habituer à ça. Peut-être que je devrais avoir une commotion plus souvent."
"N'ose même pas," dit Sherlock d'une voix rauque, essayant péniblement de rassembler autant de son esprit que possible. Incroyable, vraiment que John puisse lui faire ça, le briser avec autant de facilité. "Cette commotion est la raison pour laquelle tu ne tires pas profit de ça." Il regarda de manière significative son propre entrejambe avant de retourner son regard vers John. "Je pourrais te briser."
Un sourire diabolique courba les lèvres de John et un sourcil se souleva en défi. "Est-ce une promesse ?"
"Ne me tente pas," grogna Sherlock, reculant avant que John ne puisse remettre ses mains enchanteresses sur lui et lui faire tout oublier des choses telles que les blessures à la tête, les médicaments et la nourriture. Avec un mouvement rapide et hautain de sa robe de chambre, il sortit à pas feutrés dans la cuisine, sa sortie dramatique plutôt gâchée par le vacillement dans son pas. Le rire chaud de John le suivit, et il réprima un sourire alors qu'il essayait de se concentrer sur quoi que ce soit d'autre que l'attrait parfait et magnétique de son attraction.
Un paquet près de la porte d'entrée attira son œil, et il fronça les sourcils au logo de Harrod's sur le côté avant de traverser à grands pas et de scruter le contenu. Il y avait des miels et confitures de haute qualité, une boîte trapue et marron uni à moitié cachée parmi le rembourrage, et un dossier avec des détails gouvernementaux sur la couverture : Mycroft.
Une note avec le nom de Sherlock dessus reposait à la place d'honneur, et il la saisit d'un geste, regardant l'écriture élégante de son frère de travers comme si c'était un message crypté bizarre et primitif.
'Très cher frère,
Il semblerait que des félicitations soient requises. Je savais que tu y arriverais un jour. Prends bien soin du Docteur Watson. Je sais qu'il ne te décevra jamais.
Mycroft.'
Sherlock roula des yeux, lança la note vers la poubelle avant de libérer le récipient uni et de soulever le couvercle, élevant un sourcil. Mycroft donnait normalement en cadeaux des choses sucrées, une chose à laquelle Sherlock objecterait s'il n'appréciait pas autant le miel, mais les pots brillants ressemblaient maintenant à une couverture pour quelque chose de bien plus méritant.
Retournant à la chambre, il traversa la porte d'un pas tranquille et posa la boîte aux côtés de John. "Mycroft est passé. Il a laissé ça pour toi."
John la regarda d'un air de doute, pesant probablement la probabilité que ce soit quelque chose d'agréable ou de mortel à l'intérieur. Techniquement, c'était les deux, mais Sherlock secoua simplement la tête. "Ça ne va pas mordre. J'ai déjà vérifié."
Il hésita sur le seuil alors que John retirait le couvercle, le froncement de sourcils fondant en un sourire entendu alors qu'il libérait le Browning de ses confins. Ce n'était pas le même que Havisham avait utilisé pour tirer sur Monroe, mais il n'était pas non plus brillant et neuf. C'était une arme fonctionnelle, une qui avait l'air d'avoir vu sa part équitable de bataille, et il était clair même à distance qu'elle s'accordait à la prise de John comme une pièce de puzzle correspondante.
"C'est incroyable ce qu'un fonctionnaire mineur dans le gouvernement britannique peut faire," dit John, retournant le pistolet dans ses paumes, apprenant ses lignes de plus belle avant qu'il ne remarque quelque chose d'écrit sur un bout de papier au fond de la boîte. Il le sortit, le lut avec un sourcil soulevé avant de le tendre pour que Sherlock le voie.
'Prenez soin de lui, John.'
"Penses-tu que ça signifie que je ne vais pas avoir à subir 'la discussion' avec lui ?" demanda John avec espoir, rangeant le pistolet et se penchant pour le glisser sous le lit de Sherlock avant de s'effondrer à nouveau dans les oreillers.
"Peut-être. Il sera suffisant d'une manière écœurante quand nous le reverrons."
"Alors peut-être que nous devrions être reconnaissants qu'il nous laisse en paix, pour l'instant en tout cas." John jeta un coup d'œil à travers la pièce sombre vers Sherlock, sa tête penchée sur le côté. "Est-ce que tu vas bien ?"
Sherlock cligna des yeux, s'arracha à de vagues pensées sur la meilleure manière d'irriter son frère à leur prochaine rencontre et sourit à John. "Oui, je vais bien. Dîner."
Sortant en faisant volte-face vers la cuisine, il donna au contenu du frigo un regard critique. La nourriture que John avait achetée qui savait il y avait combien de jours, pendant que Sherlock reposait au bord de la fièvre, avait passé sa fraîcheur. Cependant, il y avait des lamelles de steak qui avaient toujours l'air bonnes, et il envisagea rapidement ses options avant de rassembler des ingrédients.
Il était tenté par la pensée de plats à emporter. C'était plus facile et moins de pagaille, mais tout ce à quoi il pouvait penser – tous leurs favoris habituels – ne le tentait pas. De plus, il avait faim maintenant, et qui savait combien de temps la livraison prendrait ?
Tendant le bras vers la poêle à frire, il vérifia qu'elle était propre avant de la poser sur la plaque. Il se déplaçait sans vraiment réfléchir, hachant l'oignon légèrement flétri et les champignons vaguement humides et les ajouta au beurre fondu. Les pâtes furent mises dans l'eau bouillante et la viande ajoutée avec des épices, libérant une odeur légère et succulente qui fit grogner à nouveau son estomac.
Cela lui rappelait les nuits tardives avant John, à faire ça : des fois où même le plus loyal fournisseur de nourriture gratuite l'aurait éconduit et les hurlement de plainte de son transport ne pouvaient pas être ignorés. Il avait cuisiné des choses dans un effort d'empêcher une intoxication alimentaire, ne se souciant pas du goût que ça avait. Ce n'était pas qu'il ne connaissait pas la chimie de la saveur et de la texture – il y avait quelque chose de scientifique à propos du repas parfait : des composés chimiques artistiquement arrangés – mais l'acte l'ennuyait avec son caractère prévisible.
Maman insinuerait probablement que ça signifiait qu'il ne poussait pas les horizons de sa cuisine, mais il n'y avait aucun mystère à trouver au fond d'une poêle à frire, pas à moins qu'elle ait été utilisée comme une arme de meurtre.
Se retournant pour saisir une boîte de lait concentré, il agita légèrement la poêle, déplaçant le contenu avec un mouvement rapide et net de son poignet pour empêcher qu'ils brûlent. Retirant le poêlon de la chaleur, il compta jusqu'à trente : juste assez de temps pour laisser la poêle refroidir avant d'ajouter l'épais liquide. De la vraie crème fraîche serait mieux, mais à moins que le lait n'ait accompli des miracles non toxiques, ils n'en avaient pas.
Des bras forts autour de sa taille le firent tressaillir, et il regarda par dessus son épaule pour voir John regarder fixement ce qu'il faisait.
"Tu cuisines," dit-il, donnant à Sherlock un rapide regard interrogateur. "Je vis avec toi depuis plus d'un an. Je ne pensais pas que tu savais à quoi servait une poêle à frire."
"Je ne m'en donne normalement pas la peine," répondit Sherlock, faisant la grimace lorsque John saisit une fourchette et planta un morceau de viande. "Ne peux-tu pas attendre cinq minutes ?"
"J'vérifie que c'est comestible," dit John sans une trace d'excuse, faisant goutter de la sauce crémeuse sur la robe de chambre de Sherlock alors qu'il soufflait sur la lamelle de steak pour la refroidir. "En gardant à l'esprit que je t'ai surpris à faire du thé dans un bécher que tu avais utilisé pour des échantillons de sang seulement une heure avant."
"Je l'avais lavé au préalable," signala Sherlock, regardant le visage de John changer de quelque peu sceptique à un délice surpris alors qu'il mâchait. Sherlock roula des yeux, vérifia que les pâtes étaient cuites avant d'évacuer l'eau. Rapidement, il remua les penne dans le repas, qui cuisait encore dans la poêle à frire, avant de le distribuer dans des plats et d'en presser un dans la prise en attente de John.
"C'est un Stroganoff basique," expliqua-t-il. "Rapide, facile, et un des quelques plats que je peux prendre la peine de composer. Ne t'attends pas à ce que je devienne un maître culinaire juste parce que tu as découvert que j'en suis capable."
John mâchait déjà sa première bouchée, son expression déchirée entre un regard noir menaçant et quelque chose de bien plus flatteusement enthousiaste. "Tout ce temps nous avons mangé des plats à emporter," dit-il après avoir avalé, "et j'aurais pu avoir des trucs comme ça. Pourquoi ne m'as-tu pas dit que tu savais cuisiner ?"
"Sans intérêt," apporta Sherlock, un sourire penchant ses lèvres alors qu'il tendait le bras pour essuyer de la sauce de la joue de John avant de saisir son propre bol. "Maman aime cuisiner. Elle nous a enseigné à moi et mon frère suffisamment pour survivre. Mycroft est trop occupé, et j'ai des choses plus intéressantes à mélanger dans des récipients que des ingrédients."
"Comme du sang et de l'acide ?" demanda John, se coulant dans une des chaises à la table de la cuisine alors qu'il continuait à manger avec tous les signes du plaisir. Sherlock devait admettre que ça – préparer un repas pour quelqu'un d'autre et voir son appréciation – était une facette auparavant inexplorée de tout le processus. Il n'était pas sur le point de mettre une toque et de se consacrer à l'art culinaire, mais peut-être qu'il pourrait être persuadé de cuisiner plus de deux fois par an si cela signifiait ressentir tant d'enthousiasme de la part de John.
Se penchant contre le plan de travail, il attaqua son dîner, appréciant brièvement la trace de paprika et l'épaisse sauce crémeuse. C'était un bon repas, mais titiller ses papilles gustatives n'était jamais vraiment l'intérêt de manger. Tout ce qu'il voulait faire était faire taire son estomac exigent.
Un silence confortable s'installa sur la cuisine, à la fois lui et John trop occupés à manger pour parler, et d'ici peu leurs bols étaient vides. "C'était brillant," dit John avec un sourire, aussi sincèrement que si Sherlock venait de résoudre un triple meurtre compliqué juste devant ses yeux. "J'peux pas croire que tu m'aies caché ça."
"Ça ne semblait pas pertinent," expliqua Sherlock. "Nous avons de la nourriture gratuite dans tout Londres, et nous n'avons pas à faire la vaisselle ensuite." Il lança un regard de dédain vers les ustensiles sales avant de tourner le dos, se concentrant à la place sur le sac en papier que John avait ramené de l'hôpital. L'ouvrant, il observa le contenu : des paquets de comprimés et de pansements sous film plastique pour traiter la blessure de John.
"Prends ça," donna-t-il comme instruction, faisant sortir un anti-douleur et un antibiotique. "A quelle fréquence es-tu censé changer le bandage ?"
"Au moins une fois le matin et une fois le soir," répondit John, jetant un coup d'œil vers sa main et tripotant le tissu enroulé autour. "Normalement je le laisserais un peu plus longtemps, mais les perforations sont difficiles. Il est facile d'entraîner une infection dans la blessure."
Avec un faible soupir, il accepta le verre d'eau que Sherlock lui versa et descendit les comprimés, les faisant suivre d'un dernier coup de langue de sauce qu'il récolta sur le plat du doigt. Le goût fut récompensé d'un 'hum' appréciatif, et Sherlock se rendit compte qu'il regardait fixement, ses pensées temporairement déraillées par la séduction innocente de voir John lécher son doigt.
"Arrête," avertit-il, sa voix un grondement profond qui fit s'assombrir les yeux de John alors que Sherlock lui enlevait le bol et retournait à la table de la cuisine. Elle était encore relativement propre et libre de toute expérience, comme il n'avait pas eu la chance d'en mettre une en route depuis son rétablissement. Elle serait bien à utiliser comme surface de travail pour traiter la main de John, en tout cas pendant un moment.
Prudemment, il déposa tout ce dont ils auraient besoin avant de se déplacer à l'évier et de frotter ses mains aussi minutieusement qu'il put sans approfondir les coupures sur le bout de ses doigts. Enfin il décida qu'elles étaient suffisamment propres et se retourna, tendant la main vers le bras blessé de John. "Dis-moi quoi faire ?" demanda-t-il, pinçant prudemment le bandage et le dévidant.
Centimètre par centimètre, la peau de John fut révélée, des bleus sombres et des noirs marbrant leur chemin sur les tendons et les jointures. Sherlock grimaça de sympathie, sentant une fureur fraîche et vive à la fois envers Havisham et Monroe avant qu'il n'éloigne avec délicatesse le pansement. La blessure elle-même était presque mineure en comparaison des marques autour : un trou irrégulier et profond parmi des teintes tumultueuses.
"Antiseptique," dit John, tendant la lingette scellée pour que Sherlock la défasse. "Puis sèche-la et bande-la à nouveau. Suffisamment facile."
"Mais difficile à faire par toi-même," ajouta Sherlock, manipulant chaque doigt de la main de John avec le plus léger des contacts et regardant les tendons bouger. Il tamponna la blessure perforante avec la lingette antiseptique, gardant sa prise sûre et réconfortante lorsque John siffla de douleur. "Désolé."
"Non, il faut que ce soit fait," répondit John, les mots sortis à travers ses dents serrées alors que Sherlock épongeait le fluide en trop et ouvrait un pansement et un bandage propres. "Commence à mon poignet pour le fixer en place, puis remonte vers ma main."
Sherlock fit comme John avait donné comme instruction, regardant les couleurs vilaines de la blessure disparaître régulièrement sous l'enveloppe blanche et propre du bandage. Il pressa un contact sur le bord nu de la paume de John, se déplaçant inconsciemment en spirales minuscules et apaisantes avant qu'il ne termine et ne jette le pansement sale.
"Merci," dit John avec un sourire. "Pas simplement pour ça, mais pour le dîner et –" Il fit un geste vers la chambre en une indication muette de leur nid et du confort qu'il offrait. "Je, euh, j'avais besoin de tout ça."
"Moi aussi," promit Sherlock, souriant d'un air suffisant lorsqu'il remarqua tardivement que John portait la robe de chambre rouge de Sherlock. Les manches étaient roulées pour dévoiler ses avant-bras et l'ourlet s'agitait près de ses chevilles. Ça avait l'air ridicule et brillant tout à la fois.
"Tu sais que ce ne sera pas comme ça après chaque affaire ?" demanda Sherlock, regardant le visage de John attentivement pour un quelconque signe de déception. "N'est-ce pas ?"
John hocha la tête, donnant à Sherlock un sourire en coin alors qu'il tendait le bras pour attraper son poignet et rapprocher Sherlock. "Je sais. Pour être honnête, je ne m'attendais pas à autant. Je pensais que tu filerais lire le dossier de l'affaire ou chercher le prochain puzzle à résoudre, et c'est bon." John resserra sa prise comme s'il pouvait instiller la confiance de Sherlock par le simple contact physique. "Je ne sais pas ce que je peux faire pour que tu me croies, mais je suis sérieux quand je dis que je ne veux pas que tu changes. Je veux ce que tu veux, que ce soit des poursuites sur les toits, le violon à trois heures du matin, ou partager un lit. D'accord ?"
La chaleur s'enroula sous les côtes de Sherlock, faisant venir le souffle suivant un peu plus facilement alors qu'il hochait la tête en reconnaissance muette. John avait raison, il était dur de croire que qui que ce soit puisse être content de prendre le précieux peu que Sherlock avait à offrir. Pourtant John avait toujours été différent, soufflant 'incroyable' où les autres personnes crachaient 'taré', et cela faisait que Sherlock ne l'en désirait que davantage.
Il jeta un coup d'œil vers la chambre, pensant avec envie à retourner dans des draps parfumés par lui et John, à des bras chaud et à des baisers encore plus chauds. Cependant, avant qu'il ne puisse suggérer qu'ils ne se retirent, un coup à la porte en bas résonna à travers l'appartement.
Un rapide coup d'œil à l'horloge lui fit froncer les sourcils, et il échangea un regard avec John alors que Mme Hudson gazouillait son accueil. Il reconnaîtrait le bruit des pas de Lestrade n'importe où, et il souleva un sourcil en direction de John. Il n'était pas inquiet que le DI le voie dans sa robe de chambre, mais John pourrait se sentir différemment d'être trouvé drapé dans le double de Sherlock et pas grand-chose d'autre.
"Vas-y," incita John, tirant la ceinture plus serrée autour de son corps. "Ce n'est pas comme s'il ne savait pas que nous sommes ensemble, de toute façon."
Sherlock ouvrit la porte de devant avant que le coup ne vienne, regardant Lestrade chanceler sur le seuil de surprise. Il avait l'air d'un homme dont la nuit était passée de mauvaise à pire. Pourtant il y avait une trace de sourire sur ses lèvres lorsqu'il observa la vue de Sherlock et John. "Je déteste interrompre," dit-il avec une trace de sourire, "mais j'ai besoin de vous parler."
"Vous ne pouvez honnêtement pas être passé ici à neuf heures du soir pour ma déposition ?" demanda John d'incrédulité.
Sherlock regarda Lestrade secouer la tête et s'appuyer contre la chambranle, passant sa main dans ses cheveux. "Non, non. Havisham a tout avoué," leur dit-il. "Tout : Winters, Lattimer, Monroe... le tout. J'aurais encore besoin d'avoir votre côté des choses, mais ça peut attendre."
"Est-ce qu'il va avoir une évaluation psychiatrique ?" demanda Sherlock, attendant que Lestrade hoche la tête. "Pensez-vous que ça lui servira un peu ?"
"Pas dans le sens traditionnel. Il est lucide et logique, avec aucune marque évidente de problèmes mentaux sérieux. Peut-être que s'ils peuvent trouver une preuve de quelque chose qui le rend plus facile à manipuler que d'autres, ça pourrait réduire sa sentence d'un an ou deux, mais c'est un gros peut-être."
Lestrade secoua la tête comme s'il essayait d'éloigner le bourdonnement de ses pensées et frotta une main sur son front. "En fait, la raison pour laquelle je suis passé est que j'aurais besoin de votre aide. Nous avons eu un meurtre il y a environ cinq jours, horrible, mais rien que nous ne pouvions gérer." Il haussa les épaules, les lignes autour de ses yeux s'approfondissant alors qu'il grimaçait. "Nous pensions avoir attrapé le gars, mais nous venons de trouver deux cadavres de plus de la même manière. Découpés et emballés dans des récipients à glaces."
"Un tueur en série ?" demanda Sherlock.
"Un qui dégénère," confirma Lestrade. "Et nous n'avons pas le bon homme. Vous pensez que vous êtes en état ?"
Sherlock acquiesça presque sans réfléchir, son esprit déjà parti et emballé, mais la pensée de John l'arrêta net. Il ne retiendrait jamais Sherlock – n'insisterait jamais pour qu'il reste à la maison quand le Travail appelait – mais s'il y allait ce soir alors John l'accompagnerait.
Un rapide coup d'œil lui montra que John regardait déjà vers la chambre, pensant probablement aux vêtements, à une arme et à l'air froid de la nuit de Londres. Il était déjà préparé à suivre où que Sherlock mène malgré une commotion et pire.
Pourtant il ne voulait pas traîner John dehors dans les côtés durs de la ville de nouveau, pas aussi vite après une échappée belle – seulement quelques heures après être revenu de l'hôpital en sang et dans la douleur. Le Travail exigeait son attention, mais c'était John qui en avait besoin.
Un compromis, alors.
"Je ne suis pas en état de ramper partout sur une scène de crime," déclara-t-il impassiblement, réfléchissant rapidement. C'était seulement un mensonge partiel. Si ce n'était pas pour John il ignorerait ses côtes, mais eux deux étaient difficilement à leur meilleur. "Apportez les dossiers de l'affaire demain. Tous. Je regarderai et verrai si je peux attraper votre tueur. Anderson n'est pas sur le médico-légal, il est en vacances avec sa femme, alors il y a une chance que les photographies soient intelligibles pour changer."
Il s'attendait à un argument de Lestrade, un appel désespéré au nom de la justice ou quelque chose de banal. Ce à quoi il n'était pas préparé fut la brève mais flagrante approbation qui traversa le visage du DI, comme s'il lisait chaque pensée dans le crâne de Sherlock et était content de ce qu'il voyait.
"Vous êtes sûr ?" demanda-t-il, et il y avait une trace de quelque chose d'intelligent dans cette voix fatiguée : un autre petit test inexprimé. "Nous n'en avons pas eu un comme ça depuis un moment."
Sherlock retroussa les lèvres, son esprit dansant de sang, particulaires, puzzles, meurtre à John, en sécurité, chaud, foyer, mais à la fin son choix était évident. Il y aurait toujours plus de crime, plus de haine et d'assassinats. Peut-être pas comme celui-là, mais il y aurait toujours un mystère à résoudre. John était moins une certitude – l'amour un événement bien plus rare dans la vie de Sherlock – et quelque chose à chérir en conséquence. Il pourrait partir n'importe quand, tandis que le Travail ne serait jamais terminé.
"J'en suis sûr," dit-il fermement. "Dormez un peu, Lestrade, si vous le pouvez. Je regarderai l'affaire à la première heure demain."
Le DI hocha la tête, ses épaules se redressant alors qu'il relevait doucement son poids. "Très bien, Sherlock, merci. Je serai là dans la matinée. Dormez bien, vous deux." Avec un sourire en coin, il se tourna et redescendit les escaliers en trottant d'un pas lourd.
Sherlock entendit son au revoir à Mme Hudson et, une minute plus tard, le vrombissement du moteur de la voiture lorsque Lestrade démarra, parti essayer de donner un sens à la toute dernière brutalité. Il s'attendait à se sentir frustré, bridé d'une certaine façon par son propre refus, mais à sa surprise il n'y avait même pas la plus faible trace de culpabilité.
Il avait pris la bonne décision.
Se tournant pour regarder John, il se rendit compte qu'il était le sujet d'un examen intense, pas dur ou calculateur, mais stupéfait, comme s'il avait fait quelque chose de fantastique. Les yeux bleus de John étaient écarquillés, les lignes d'épuisement diminuées maintenant et les coins de ses lèvres inclinés en un sourire alors qu'il se rapprochait. "Je croyais que tu avais dit que tes côtes ne te faisaient pas mal."
"C'est vrai. Pas assez pour m'écarter d'une scène de crime, en tout cas. Cela semblait simplement la meilleure excuse."
"Alors, pourquoi est-ce que nous ne – ?" John fit un geste vers la porte, cligna les yeux de surprise lorsque Sherlock referma le reste de la distance entre eux, ses doigts planant au-dessus de la balafre sur la tête de John avant de les laisser tomber pour tracer la ligne fine de la bouche de John.
"L'affaire n'a pas besoin de moi. Pas tout de suite. Toi si." Sherlock déglutit, s'humidifia les lèvres alors qu'il regardait fixement dans les yeux de John, y voyant tant d'émotions qu'il ne pourrait jamais commencer à toutes les nommer. "J'ai besoin de toi. Ça. Ici." Il fit vaguement un geste vers Baker Street, leur foyer, leur sanctuaire. "Ce qu'il y a dehors peut attendre jusqu'à demain."
Ce n'était pas grand-chose, en terme de déclarations, mais tout depuis les lignes s'intensifiant au coin des yeux de John à l'inclinaison de bonheur de ses lèvres lui donnait l'apparence de bien davantage. Il entendait les mots que Sherlock prononçait, et il savait ce qu'ils signifiaient. Il ne leur donnait pas d'implication plus profonde que Sherlock n'en proposait, et pas moins de crédit qu'ils n'en méritaient.
"Merci," murmura John, son bonheur lui donnait une apparence dix ans plus jeune alors qu'il s'étirait pour capturer la bouche de Sherlock de la sienne. Ses mains tracèrent la colonne de la gorge de Sherlock et l'étendue de ses épaules comme s'il essayait de mémoriser le moment pour toujours, et tout ce que Sherlock put faire fut de se perdre, permettant au reste du monde de disparaître – sans importance pendant un temps.
Il s'était toujours inquiété qu'un jour, le Travail perdrait son attrait. Il craignait que les crimes deviennent banals et répétitifs et que le frisson s'efface. Puis John était arrivé dans sa vie, un mystère déguisé en un homme très ordinaire, et ils étaient tombés dans l'orbite de l'autre comme si c'était la manière dont ils étaient censés être.
Maintenant il se tenait là, son corps chantant, son esprit brillant comme un diamant et calme alors qu'il léchait les lèvres de John et pressait son chemin à l'intérieur, sentant les fils de son existence se dénouer et se tisser en quelque chose de nouveau – quelque chose de mieux.
Il y aurait toujours le Travail, pas l'opposant de leur force mais la colle qui les maintenait ensemble, mais maintenant il y avait davantage dans la vie que le prochain crime. Ce que lui et John étaient l'un pour l'autre – ce qu'ils en étaient arrivés à partager – était le plus grand mystère, et le cœur de Sherlock frissonna à la pensée de passer le reste de ses jours à essayer de le résoudre.
Il se pouvait que la route qui reposait devant eux soit sombre et inconnue, mais, ensemble, lui et John pouvait éclairer leur chemin mutuellement.
Notes de l'Auteur II : Je ne peux pas vous laisser sans tous vous remercier d'avoir lu. Ça a été génial de vous avoir sur la route. De remerciements particuliers vont à tous ceux qui ont fait des commentaires (anonymement ou non !), ont mis cette histoire en favorite, ont donné des kudos etc. J'ai la ferme intentionde continuer à écrire dans ce fandom et vais me concentrer sur Electric Pink Hand Grenade. Pour rester en contact avec des avant-premières et des idées futures d'histoires sur Sherlock, le meilleur endroit est mon tumblr (beautifulfic tumblr com)
J'espère faire encore un ou deux one-shot dans cet univers. S'il y a quelque chose que vous voudriez que vous voudriez y voir, alors faites-le-moi savoir. Je ne garantis pas que ce sera écrit, mais je le garderai bien à l'esprit.
Encore merci à tous. Cela a été à la fois un plaisir et un honneur de vous rencontrer.
B xxx
Note de la Traductrice : Tous mes remerciements à mes fidèles lecteurs/trices qui m'ont suivi chaque semaine depuis le début de cette aventure. Je remercie également toutes celles qui se sont données la peine de me laisser des reviews, que ce soit régulièrement ou juste une fois... Cela fait une énorme différence de savoir que des gens apprécient suffisamment ce que vous faites pour vous laisser un message, qu'il fasse trois mots ou que ce soit un pavé ! ;) Merci également pour les kudos !
Évidemment cette aventure-ci est terminée, mais l'aventure de la traduction continue pour moi donc j'espère vous retrouver prochainement pour une autre histoire !
Pour vous tenir au courant de la suite et des sorties, mon tumblr (lunaticfrenchfangirl tumblr com). Et pour mes autres traductions : ma page AO3 (lien sur mon profil).
