Une sonnerie s'éleva dans la pièce, sortant Greg du sommeil. Il chercha à tâtons son téléphone à côté de lui sans le trouver, avant de se souvenir qu'il n'était pas dans son appartement et que par conséquent, son portable ne pouvait pas être là où il le déposait avant de se coucher, c'est-à-dire sur sa table de chevet. La musique s'arrêta, signalant que le lieutenant avait été trop long pour décrocher et le policier laissa retomber sa main, prêt à se rendormir. Son interlocuteur n'aurait qu'à lui laisser un message. Après tout, c'était pour ça que les messageries vocales avaient été inventées, non ?

Il ne fallut pas attendre plus de dix secondes pour que la sonnerie retentisse de nouveau, déchirant une nouvelle fois le silence de la chambre. Une voix endormie s'éleva de l'autre côté du lit.

— Je crois que la personne qui cherche à te joindre à un truc important à te dire … Tu devrais lui répondre. Et si tu ne le fais pas, je vais jeter ton téléphone dans la cuvette des toilettes pour pouvoir finir ma nuit.

Greg grimaça et attrapa sa veste, jetée au sol, pour en extraire son portable. Il lut le nom écrit sur son écran, grimaça en découvrant les lettres J.O.H.N et prit l'appel :

— Allô ?

— Désolé de vous déranger, lieutenant, et croyez-moi que je ne vous aurais pas appelé de si bonne heure si Sherlock n'avait pas insisté pour que je vous passe un coup de fil maintenant… Est-ce qu'il est possible que vous veniez à Baker Street ? Je vous promets que ce n'est pas pour un chargeur de téléphone, cette fois-ci.

— C'est pour quoi faire, alors ?

John claqua sa langue contre ses dents et avoua :

— Sherlock ne veut pas que je vous le dise par téléphone …

— D'accord, soupira le policier après avoir hésité un instant. Vous voulez que je vous retrouve quand ?

— Si j'écoute Sherlock, il voudrait que vous y soyez maintenant. Mais le plus vite possible sera le mieux, ne vous en faîtes pas. Il pourra bien patienter quelques minutes, nous ne sommes pas à sa disposition.

Le ton employé par le médecin pour sa dernière phrase indiquait clairement qu'il l'adressait au détective plutôt qu'à Greg. Le lieutenant ferma les yeux avant d'accepter :

— Ok. Je m'habille et j'arrive.

John le remercia avant de raccrocher et le policier resta un instant allongé, fatigué à l'avance par la journée qui s'annonçait. Qu'est-ce que Sherlock pouvait avoir de si important à lui dire pour le contacter de si bonne heure ? Avait-il finalement accepté d'enquêter sur la bijouterie ?

A côté de lui, Jack bougea et lui posa un bras sur le torse.

— Tu me quittes déjà ? se plaignit-il sur un ton boudeur.

— Le travail, encore … maugréa Greg avant d'embrasser le brun sur le front. Et en parlant de ça, tu devrais aller finir d'écrire ton article…

— Je suis trop fatigué pour ça …

— Ton patron va te passer un savon si tu ne le lui présentes pas à midi. Je ne pense pas que l'excuse « je n'ai pas eu le temps de finir parce que je me suis envoyé en l'air toute la nuit » sera acceptée.

— Oh, il me saoûûûûûûûûûûle, râla Jack. J'ai déjà rédigé plusieurs articles sur cette scientifique de mes deux qui passe à la télé. La moitié de ce que j'y raconte est faux et l'autre moitié n'est pas vraie. Mais mon boss ne peut pas l'encadrer et il essaie de la discréditer autant que possible …

— Mon pauvre. Ta vie est véritablement compliquée, se moqua Greg.

— Fous-toi de ma gueule, grommela le journaliste en le lâchant et en lui tournant le dos.

Le lieutenant rit doucement et plaqua un baiser dans le cou de Jack avant de rejeter les draps. Il ramassa ses affaires et s'habilla rapidement.

— A la prochaine, si ton patron te laisse en vie !

Un grognement endormi lui répondit et le policier quitta la chambre, un sourire flottant sur ses lèvres. Il ne croyait plus aux âmes sœurs et au conte de fée depuis longtemps. Pourtant, malgré le fait que leur relation soit basée avant toute chose sur le sexe, Greg trouvait que Jack se rapprochait quand même de l'idée qu'il se faisait du prince charmant, parce qu'il le rendait heureux et qu'il le faisait se sentir bien dans sa peau.

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Greg n'en revenait pas. Il s'était pincé discrètement plusieurs fois pour vérifier qu'il ne rêvait pas mais bien que la douleur qu'il avait ressentie lui confirme que ce qu'il vivait était réel, il n'arrivait toujours pas à y croire.

Lorsqu'il était arrivé au 221B Baker Street, le lieutenant avait à peine eu le temps de dire ouf qu'il s'était retrouvé embarqué dans une voiture de location par Sherlock. Le détective ne lui avait donné aucune explication et il avait fallu que le policier insiste lourdement pour que John finisse par l'éclairer.

Il y avait un séminaire important sur l'écologie qui avait lieu à Birmingham et plusieurs des intervenants de cet événement avaient reçu des menaces de mort assez explicites par le biais de lettres anonymes. Mycroft Holmes avait donc demandé à son petit frère de se rendre sur place pour empêcher le moindre attentat de survenir. Sherlock avait d'abord refusé et John avait reproché à Mycroft de les mettre en danger en leur demandant de mener cette enquête.

— Pourquoi avez-vous accepté d'y aller, alors ? avait demandé Greg.

— Le dédommagement proposé était intéressant, avait lancé évasivement John.

— Je croyais que l'argent ne vous intéressait pas ? avait relevé le lieutenant en jetant un regard en biais au détective, installé derrière le volant.

— En effet, mais il intéresse John, avait répondu Sherlock.

— Il faut bien payer les factures, avait marmonné le docteur.

Le policier n'avait pas renchéri mais il ne pouvait que partager l'avis du blond.

— Et moi ? Qu'est-ce que j'ai à voir dans tout ça ?

— J'ai besoin de toutes les paires d'yeux possibles sur place, même si vous n'êtes pas le plus perspicace pour ce qui est d'observer, avait daigné dire Sherlock.

John s'était retourné pour faire une grimace désolée à Greg.

— Mais je ne peux pas m'absenter comme ça, j'ai un travail …

— Je me suis arrangé avec Mycroft, vous avez des congés tout le temps qu'on aura besoin de vous.

— Parce que ça va durer plusieurs jours ? s'était plaint le lieutenant. Mais vous auriez pu me prévenir ! Je n'ai pas pris d'affaires de rechange !

— Comme si passer quelques jours dans la même chemise et le même caleçon vous dérangeait … s'était moqué le détective.

— Pardon ? s'était offusqué le policier.

Le brun avait soupiré bruyamment, exaspéré de devoir se justifier, et lui avait jeté un regard à travers le rétroviseur.

— Vous êtes arrivés ce matin avec les mêmes affaires qu'hier, au détail près qu'elles ont l'air plus chiffonnées. Cela veut donc dire que vous n'avez pas dormi chez vous. Nuit plutôt agitée, d'après vos traits fatigués et votre teint pâle qui indiquent tous les deux peu de sommeil. Le fait que vous ayez été attendu par quelqu'un explique donc le fait que vous ayez été si pressé de nous quitter, hier. Mais bien que je n'aie aucune certitude pour le caleçon, je doute que vous ayez pu changer de sous-vêtements. Je pense donc pouvoir vous faire remarquer que vous ne prenez pas trop soin de votre apparence et que quelques jours dans les mêmes habits ne devraient pas vous gêner.

— S'il ne s'était pas fait réveillé aux aurores et ordonné de nous rejoindre aussi vite que possible, il aurait peut-être pu se changer et emporter quelques affaires pour le voyage, était intervenu John pour défendre le lieutenant.

Sherlock avait pris un air vexé et le blond s'était de nouveau tourné vers le policier.

— Si j'avais su qu'il comptait se mettre en route dès que vous arriveriez, je vous aurais prévenu d'emmener des affaires. Mais on vous achètera le nécessaire en arrivant sur place, avait-il promis.

Greg l'avait remercié et la discussion s'était arrêtée là. Le détective boudait derrière le volant et son colocataire observait le paysage par sa fenêtre, la joue appuyée contre sa main. Le lieutenant s'était fait une raison, conscient qu'il ne pouvait plus faire marche arrière, même s'il l'avait voulu.

Ils arrivèrent à l'aéroport de Birmingham après deux heures de route et Sherlock gara sa voiture de location sur le parking d'un hôtel assez luxueux. A la question muette de Greg, John répondit « C'est Mycroft qui paye. ». Les trois hommes entrèrent dans l'hôtel et se dirigèrent vers la réception.

Un homme les attendait dans le hall, appuyé nonchalamment sur un parapluie. Il était tel que le lieutenant s'en souvenait. Grand, mystérieux, impressionnant, sûr de lui. La seule chose qui avait changé, c'était peut-être ses cheveux, son crâne étant plus dégarni qu'à l'époque où le policier avait croisé pour la première fois Mycroft Holmes. Mais ses yeux d'un bleu métalliques étaient toujours aussi froids et intelligents et il avait toujours la même prestance un peu écrasante.

— Mon frère. John. Lieutenant, les salua le haut fonctionnaire.

— J'espère ne pas m'être déplacé pour rien, grogna Sherlock avant que l'un de ses amis ait pu répondre.

— Ne fais pas semblant d'être agacé, se moqua son aîné. Je sais que tu es heureux d'être ici. Tu t'es d'ailleurs déjà amusé à annuler ma chambre, n'est-ce pas ?

Le détective prit un air innocent qui ne dupa personne. John adressa un regard exaspéré à son colocataire, comme s'il le jugeait pour son comportement puéril.

— Je suis désolé de t'annoncer que ça ne m'a pas pris plus d'une minute pour en obtenir de nouveau une. Mais je tiens à te prévenir que je me suis permis de modifier ta propre réservation : au lieu d'une chambre simple, tu auras une chambre double que tu partageras avec John. Enfin, je ne pense pas que ça te dérange tant que ça, je me trompe ?

Une mine agacée apparut sur le visage du médecin. Il fusilla du regard son meilleur ami qui n'eut pas la décence de paraître désolé. Le brun avait toujours le même air ennuyé sur le visage et il ne s'en départit pas quand son frère les invita à le suivre jusqu'à leurs chambres.

— Est-ce que vous pouvez nous en dire un peu plus sur notre rôle ici ? demanda John alors que Mycroft appelait l'ascenseur.

— Oui, mais pas tout de suite, déclara le haut fonctionnaire. Il y a trop d'oreilles indiscrètes. Nous ne voulons pas que des informations confidentielles tombent entre les mains de personnes mal avisées.

Une mimique irritée apparut sur le visage de John. Greg partageait exactement le même sentiment que lui. Si Mycroft et Sherlock ne se ressemblaient pas trop, physiquement parlant, ils avaient en revanche le même ton hautain lorsqu'ils s'adressaient aux autres et le même dédain pour les intelligences qu'ils considéraient comme inférieures. Le séjour risquait d'être plutôt fatigant pour le lieutenant et le médecin, qui allaient devoir faire face au mépris des frères Holmes.

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Après s'être rapidement installé dans leurs chambres respectives, les quatre hommes s'étaient rassemblés dans la suite de Mycroft pour parler de l'affaire. Greg essayait de rester concentré sur ce que racontait le haut fonctionnaire, mais la courte nuit qu'il avait eue ne l'aidait pas à se focaliser sur les informations qu'on lui présentait. De plus, il ne pouvait s'empêcher de penser à Jack. Le lieutenant avait pris une photo de sa chambre et avait hésité à l'envoyer au journaliste par texto, avant de renoncer.

Il avait très envie de partager ce qu'il vivait avec le brun, mais les règles étaient claires entre eux : ils n'étaient pas en couple et ils n'utilisaient leurs numéros de téléphone qu'en cas d'urgence. Le policier trouvait qu'il commençait à s'attacher beaucoup trop à Jack et s'il ne voulait pas le perdre, il avait tout intérêt à se forcer à conserver une distance de sécurité.

Alors qu'il repensait au visage endormi du journaliste, un raclement de gorge le fit redescendre sur terre. Mycroft le toisait, les lèvres pincées.

— Si je vous ennuie, vous pouvez le dire, lieutenant, décréta d'un ton sec le haut fonctionnaire.

— Désolé, mais … commença à s'excuser Greg, sans trop savoir quoi dire pour justifier son manque d'attention.

— Mais c'est compliqué de savoir de qui vous parlez alors que vous nous ensevelissez sous des noms qu'on ne connaît pas, termina John, volant une fois de plus au secours de le lieutenant.

Le policier lui adressa un regard reconnaissant. Sherlock fit la moue, d'un air de dire qu'il suivait parfaitement ce que son frère expliquait et qu'il ne voyait pas quels étaient les obstacles qui gênaient la compréhension des deux autres hommes. Il se garda cependant bien de faire le moindre commentaire, trop content de voir son aîné se faire reprocher quelque chose.

Un sourire impatient se peignit sur le visage de Mycroft mais il consentit à sortir une tablette tactile de la pochette qu'il avait emmenée avec lui. Il pianota dessus quelques instants avant de montrer la photo d'un homme au crâne chauve, aux traits marqués par l'âge et à la barbe blanche pointue.

— Voici Henry Ferguson. C'est un éminent scientifique qui a beaucoup travaillé sur les énergies renouvelables et qui a souvent mis l'écologie en avant au cours de sa carrière. Il a été professeur dans une université pendant un temps avant de se tourner vers la recherche, rédigeant de nombreuses thèses et ouvrages sur ses sujets d'études et puis, récemment, il a recommencé à enseigner. Il est très respecté dans le milieu et le discours qu'il va donner au séminaire est très attendu.

Le haut fonctionnaire fit glisser son doigt sur l'écran de sa tablette pour changer de photo et montrer un quinquagénaire aux cheveux blonds coupés au carré et aux petits yeux noirs.

— Sergio Mombelli est un italien aussi réputé pour ses travaux sur l'écologie que pour son caractère. Il a le sang chaud et s'énerve rapidement lorsque quelqu'un n'est pas d'accord avec lui. Il a du mal à s'ouvrir aux avis différents du sien et est très têtu, ce qui fait que même lorsqu'il a tort, il ne le reconnaît pas.

— Ca me rappelle quelqu'un, railla Serlock.

— Moi aussi, mais je ne pense pas qu'on parle de la même personne, répliqua son frère.

Avant que la conversation ne dégénère, John intervint :

— Temps mort, les garçons. Des vies sont en jeu, à ce qu'il paraît, et nous sommes là pour éviter un drame, pas pour échanger des piques. Alors si vous voulez bien remettre à plus tard votre petite querelle …

Le détective renifla pour montrer son dédain mais n'ajouta rien. Mycroft poursuivit ses explications comme si rien ne s'était passé.

— C'est Heidi Kurt, ancienne maire écologiste, annonça-t-il alors qu'un visage rond encadré par des cheveux d'un rouge flamboyant s'affichait sur sa tablette.

Le haut fonctionnaire leur montra encore une multitude d'autres visages et Greg finit par se perdre dans les noms et les biographies des invités du séminaire. Certains lui semblaient familiers et le lieutenant supposa qu'il avait déjà dû les apercevoir à la télévision ou en couverture d'un magazine car comme le précisa l'aîné des Holmes, la plupart des intervenants de l'événement étaient plutôt populaires. Mycroft leur précisa aussi que chacun des invités dont il leur avait parlé avait reçu des menaces de mort.

— Ca représente l'ensemble des intervenants, soupira Greg.

— Je comprends que certains comme Mombelli puissent s'attirer les foudres d'opposants à ses idées, commenta John. Mais d'autres sont beaucoup plus discrets. De plus, il s'agit simplement d'un séminaire, sur l'écologie, qui plus est. Il ne s'agit pas d'une proposition de loi ou d'une manifestation.

— Tuez les têtes pensantes et leurs idées ne se répandront pas, déclara lyriquement Mycroft.

Son frère lui lança un regard plein de mépris mais le haut fonctionnaire ne s'en formalisa pas.

— Tu en penses quoi ? demanda le médecin à son colocataire. A ton avis, qui voudrait s'en prendre à des écologistes ?

— J'ai plusieurs théories mais aucune ne me plaît vraiment. Peut-être qu'il vaudrait mieux que nous allions sur les lieux pour faire un repérage plutôt que de brasser du vent ? suggéra Sherlock.

Le détective se leva sans attendre d'avoir l'avis des autres. Greg et John le suivirent, trop heureux d'avoir une occasion de bouger un peu et d'arrêter d'entendre parler de personnes qu'ils ne connaissaient pas. Mycroft parut vexé mais il quitta lui aussi la pièce pour suivre son petit frère.

Sherlock appuya sur le bouton d'appel de l'ascenseur et croisa les mains dans le dos en attendant que les portes ne s'ouvrent. Son aîné tapota d'un air impatient sur le dos de la tablette, qu'il avait gardée à la main. Greg consulta la boîte de réception de son portable pendant que John regardait l'écran qui indiquait à quel étage l'ascenseur se trouvait.

Ils attendirent quelques secondes que la machine s'arrête à leur niveau et ouvre ses portes. Le quatuor s'effaça pour laisser sortir un homme et le lieutenant reconnut l'un des intervenants du séminaire que Mycroft leur avait présenté. Le policier ne se souvenait plus de son nom et n'osa pas le demander, de peur que les deux frères Holmes le regardent avec mépris. John le soutiendrait probablement mais Greg n'avait vraiment pas envie de voir une lueur condescendante dans les yeux bleus du détective et de son aîné.

Il y avait encore un petit garçon, aux yeux verts et à la tignasse bouclée, qui détailla du regard les quatre hommes qui montèrent dans l'ascenseur. Le lieutenant lui adressa un petit sourire avant d'aller s'adosser contre une des parois. John lui fit un signe de tête en s'arrêtant à côté de lui mais les deux frères Holmes l'ignorèrent totalement, considérant sûrement que l'enfant ne valait pas la peine qu'ils lui accordent de l'importance.

Les portes se refermèrent et la machine se remit en route vers le hall d'entrée. Pas pour longtemps. Un bruit assourdissant se fit entendre alors que la descente reprenait, comme si le tonnerre s'abattait directement sur la cage en métal. Au même moment, l'ascenseur fut secoué par une force inouïe. Il se mit à trembler et à vibrer et soudain, il tomba en chute libre.

Greg voulut se jeter sur le petit garçon pour le protéger lors de la chute, mais avant d'avoir pu faire le moindre geste, il fut projeté contre l'un des murs de la cage de métal, la joue collée contre la paroi que son front avait heurté violemment une seconde avant. Un poids lui tomba dessus, lui coupant le souffle, et une violente douleur lui vrilla l'épaule, se répandant ensuite dans tout son bras. Un voile blanc s'abattit devant ses yeux et il perdit connaissance.