Greg frotta énergiquement ses cheveux avec sa serviette pour les sécher. Il sortait de la douche et observa un instant son reflet dans le grand miroir de la salle de bains. Il approchait de la cinquantaine et ses cheveux autrefois noirs tiraient désormais sur le gris. Pourtant, son visage n'était pas encore trop marqué par le temps et souvent, on lui donnait dix ans de moins que ce qu'il avait réellement. Jack avait été d'ailleurs très surpris en apprenant son âge.

Le lieutenant détourna les yeux et attrapa les affaires qu'il avait achetées un peu plus tôt. John et lui avaient fait quelques rapides emplettes dans l'une des boutiques de l'hôtel avant de s'installer dans un bar pour siroter un cocktail en attendant le retour des frères Holmes.

Les deux hommes s'étaient découvert une réelle complicité. Ils avaient toujours été polis l'un envers l'autre et s'étaient toujours serrés les coudes lors des enquêtes sur lesquels ils avaient travaillés ensemble, se soutenant lorsque Sherlock leur lançait des piques et les rabaissait. Mais aujourd'hui, ils s'étaient trouvé des points communs et avaient longtemps discuté, plaisantant de tout et de rien.

Greg s'était même laissé dire que le médecin était plutôt séduisant, avec ses yeux bleus et ses cheveux blonds coupés courts, son teint encore hâlé par le soleil d'Afghanistan bien qu'il soit revenu en Angleterre depuis plus d'un an, et son sourire avenant. Le lieutenant avait ensuite repensé à Jack et aux drôles de sous-entendus que le haut fonctionnaire avait faits depuis le début de la journée. Le policier s'était alors efforcé de chasser toutes les idées non chastes impliquant le blond de ses pensées.

Mycroft et son frère semblaient avoir passé un moment moins agréable que leurs deux camarades car quand ils étaient rentrés, ils faisaient tous les deux une tête de six pieds de long. Greg et John s'étaient cependant gardés de leur demander des précisions sur ce qu'ils avaient observés et avaient proposé d'aller dîner. Sherlock avait marmonné qu'il ne pouvait pas manger pendant une enquête – sous prétexte que ça lui ralentissait l'esprit – et une fois encore, il n'avait cédé que devant l'insistance de son colocataire, ne faisant cependant qu'acte de présence.

Ils avaient ensuite regagné leurs chambres et s'étaient souhaités bonne nuit. Avant de se séparer, John avait discrètement glissé à Greg un « bonne chance » appuyé d'un regard significatif vers Mycroft. Le lieutenant lui avait fait un sourire forcé, conscient qu'il risquait de se prendre plusieurs remarques au cours de la soirée et que, plus tôt il se coucherait, mieux ce serait pour lui.

Le policier avait suivi le haut fonctionnaire dans leur suite et avait tenté d'établir le dialogue, histoire que le temps passe plus vite. Mais aux quelques phrases qu'il avait lancées (« Vous voulez dormir de quel côté du lit ? », « Ça vous dirait qu'on regarde la télé ? », « Vous voulez aller prendre votre douche en premier ? »), l'aîné des Holmes n'avait répondu qu'une fois par un regard exaspéré, qui signifiait clairement qu'il n'en avait rien à faire des tentatives de discussion de son colocataire.

Greg avait fini par laisser Mycroft tapoter sur le clavier de son ordinateur et s'était enfermé dans la salle de bains. Mais maintenant, il était temps de sortir – il ne pouvait pas rester caché éternellement dans la petite pièce.

Le lieutenant enfila donc un short et un T-shirt noirs avant de remettre son bras dans son écharpe médicale, veillant à solliciter le moins possible son épaule pour ne pas réveiller de douleur. Il étendit sa serviette pour la faire sécher et revint dans la pièce principale de la suite. Le haut fonctionnaire était toujours penché sur son ordinateur et ne releva pas la tête lorsque le policier sortit de la salle de bains. Greg ne tenta même pas d'établir le dialogue et prit le polar qu'il avait acheté dans l'après-midi avant de se glisser sous les draps.

Il commença sa lecture, se régalant d'avance. Le lieutenant n'avait lu que quelques pages lorsque Mycroft éteignit son ordinateur et se rendit dans la salle de bains, sans pour autant adresser le moindre mot ou regard à son colocataire. Le policier se sentait vexé d'être ainsi ignoré mais sachant qu'il ne pourrait rien y faire, il se concentra sur l'intrigue de son roman.

Lorsque le haut fonctionnaire sortit de sa douche, Greg ne put s'empêcher de quitter sa ligne des yeux pour l'observer discrètement. L'aîné des Holmes avait enfilé un pantalon de survêtement gris et un T-shirt bleu, ce qui lui conférait un air moins sérieux que ses costumes stricts. Pourtant, il conservait toujours cet air supérieur, sûrement parce que les vêtements qu'il portait étaient impeccablement repassés et issus de la dernière collection d'une marque renommée.

Le lieutenant retint un soupir et replongea de nouveau dans sa lecture. Mycroft prit son téléphone portable et vint enfin s'installer à son tour dans le lit. Il pianota sur son mobile et le tapotement de ses doigts contre l'écran agaça rapidement le policier, qui avait du mal à se concentrer sur sa lecture.

Soudain, la voix du haut fonctionnaire s'éleva à côté de lui :

— Est-ce qu'il y a un vieux jardinier dans votre histoire ?

Greg fronça les sourcils, à la fois intrigué par l'intérêt soudain de l'aîné des Holmes et surpris par sa question.

— Oui. Pourquoi ?

— C'est lui qui a fait le coup, annonça Mycroft d'un ton plat.

— Pardon ? s'étrangla le lieutenant.

Le haut fonctionnaire lui adressa le sourire impatient qu'on décerne en général à un enfant qui a du mal à comprendre quelque chose que l'on trouve pourtant très simple.

— C'est le jardinier qui a fait le coup, répéta-t-il.

— J'avais bien compris, grommela le policier. Mais ce n'est pas parce que vous avez déjà lu le livre qu'il fallait m'en dévoiler la fin.

— Je n'ai jamais lu ce roman, corrigea l'aîné des Holmes. Mais je connais cet auteur et je sais que le coupable est toujours la personne à laquelle on s'attend le moins, la gouvernante dévouée, le chauffeur simplet, le riche avocat ou encore, le vieux jardinier.

Greg prit sur lui pour ne pas s'énerver.

— Ça vous apporte quoi de me dévoiler la fin du livre ?

— A moi, rien, si ce n'est que vous serez plus concentré sur l'enquête sur laquelle on vous a demandé d'intervenir si vous n'avez pas l'esprit encombré par les inepties de ce polar, admit Mycroft. Disons que je vous fais gagner du temps en vous épargnant la lecture affligeante de ce roman.

— Ce n'est pas parce que vous n'appréciez pas ce genre de livre que tout le monde est du même avis que vous, s'agaça le lieutenant.

Le haut fonctionnaire ne répondit pas et le policier, les dents serrées, décida de poursuivre sa lecture, même s'il savait que le haut fonctionnaire avait probablement raison et que le coupable était sûrement le vieux jardinier qu'il avait croisé quelques pages plus tôt, lorsque l'enquêteur l'avait interrogé pour avoir des détails sur les habitudes de la victime.

— Je sais que vous auriez préféré partagé votre chambre avec John, finit par reprendre Mycroft sans pour autant quitter du regard son téléphone.

— Non, vous croyez ? ironisa Greg. Pourtant, j'adore quand les gens m'ignorent totalement pendant près d'une heure pour ensuite me raconter la fin du roman que je suis en train de lire.

L'aîné des Holmes ne se formalisa pas de l'accusation et poursuivit sa pensée :

— Vous comprenez bien qu'on ne pouvait pas décemment séparer John et Sherlock.

Le lieutenant battit des cils, pas certain de ce que sous-entendait le haut fonctionnaire.

— Qu'est-ce que vous voulez dire ? finit-il par demander.

Mycroft lui lança un regard condescendant, appuyé de ce sourire si supérieur qui avait le don d'énerver le policier.

— Enfin … Vous n'allez pas me dire que même vous, vous n'avez pas compris ce qu'il y avait entre mon frère et son colocataire ?

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John s'étira avant de s'allonger dans le lit. Sherlock y était déjà installé, le dos contre un oreiller, les mains jointes devant le visage, les yeux fermés, dans sa posture habituelle de réflexion. Le médecin observa un instant le détective. Ses cheveux bouclés d'un noir intense dont quelques mèches éparses tombaient sur son front, sa peau pâle, ses pommettes hautes et saillantes, ses longs doigts fins, sa chemise grise en soie, le blond aimait tout chez son colocataire.

Un sourire attendri se dessina sur son visage. C'était tellement compliqué et pesant de devoir faire semblant de n'être que de simples amis toute la journée alors qu'il mourrait d'envie de le toucher, de lui prendre la main, de s'emparer de ses lèvres, de le serrer contre lui … Mais John n'était pas prêt à assumer leur relation en public, même s'il aimait Sherlock passionnément. La presse était déjà assez sur leur dos comme ça, le médecin n'avait pas envie de faire la une des magazines people parce qu'il sortait avec le détective le plus connu de Londres.

John glissa doucement une main sur le ventre du brun assis à côté de lui pour le sortir de sa réflexion. Le médecin savait qu'il n'aimait pas être tiré de ses pensées, ni s'arracher de son palais mental, surtout pour une séance de papouilles, de bisous, de câlins ou de tout autre démonstration de tendresse. Mais il n'avait pas envie d'être ignoré toute la soirée.

Sherlock ouvrit les yeux, dévoilant deux iris bleu pâle qui firent naître des papillons dans le ventre du blond lorsqu'ils se posèrent sur lui. Le détective l'observa un instant en plissant les paupières, sans rien dire. Son colocataire n'avait pas besoin de parler pour qu'il devine ce qu'il pensait.

John leva la main pour frôler la blessure sur son front, caressant du bout des doigts la peau douce du brun. La plaie avait bien cicatrisé mais sa couleur rouge sombre tranchait énormément avec le visage du cadet des Holmes.

— Tu n'as pas mal ? demanda-t-il.

Sherlock secoua la tête et le médecin suivit le contour de son visage avec son pouce.

— Je t'aime, murmura-t-il.

Le détective pencha la tête sur le côté et un fin sourire lui étira les coins des lèvres.

— Je t'aime aussi.

Le cœur du blond se gonfla d'amour. Il avait été impressionné par les facultés du brun à savoir montrer de l'affection, lui qui était si distant avec les autres en temps normal, allant jusqu'à porter des gants pour éviter le plus possible les contacts physiques et se moquant des sentiments que pouvaient ressentir les gens. Mais en réalité, Sherlock était loin d'être totalement ignorant sur les relations amoureuses. Même s'il n'avait jamais été en couple avant John, il avait un instinct affectif très développé et il n'était pas rare qu'il vienne de lui-même se blottir contre le médecin, ce qui avait beaucoup surpris ce dernier au tout départ de leur relation, lui qui s'attendait à devoir respecter une certaine distance entre eux.

Le brun se laissa d'ailleurs glisser dans les bras du blond, calant sa tête contre son épaule et posant une main sur sa taille. Son colocataire le serra contre lui et passa une main dans ses cheveux bouclés, les caressant doucement.

— Tu sais que Greg commence à se poser des questions sur nous ? lança John. Ton frère n'arrête pas de faire des allusions et il commence à trouver ça louche.

— Je m'en fiche tant qu'il n'essaie pas de te séduire, grogna Sherlock.

Le médecin fronça les sourcils.

— Pourquoi tu dis ça ? Je ne pense pas l'intéresser, il vient de divorcer de sa femme. A mon avis, il ne cherche pas ma compagnie.

— Il sort avec un garçon en ce moment, annonça le détective.

— Comment tu sais ça ? s'étonna le blond avant de se souvenir qu'il était difficile de cacher ce genre d'informations au brun.

Sherlock se contenta de marmonner :

— Plein de petits détails le crient à qui sait les lire. La façon dont il pose son regard sur toi, sur moi ou sur d'autres hommes en est un flagrant. Et Mycroft n'a pas manqué de me rappeler combien vous sembliez complices tout l'après-midi …

John haussa un sourcil et retint avec difficulté un sourire.

— Oh. C'est pour ça que tu faisais la tête. Tu as peur que je te quitte pour Greg ?

Le détective ne répondit pas mais ses doigts se resserrèrent sur la taille du médecin. Celui-ci embrassa le front du brun avant de lui chuchoter :

— Il est hors de question que je me sépare de toi. Jamais. Tu es le seul avec qui je veux être. Personne ne m'avait autant bouleversé jusqu'à ce que tu arrives dans ma vie. Tu as su apaiser mes angoisses, me redonner goût à la vie et confiance en l'avenir. Ce ne sont pas les hommes que j'aime, Sherlock. C'est toi et uniquement toi. Les autres ne m'intéressent pas, sois en sûr.

Le détective leva la tête pour croiser le regard de John et lui sourit avant de capturer ses lèvres entre les siennes. Il se recula ensuite légèrement, une lueur amusée dansant dans ses iris bleus.

— Je sais tout ça, déclara-t-il, son souffle chatouillant le menton du médecin. Mais j'aime t'entendre le dire.

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Greg resta interdit, ne sachant quoi répliquer. John lui avait affirmé ne ressentir rien d'autre que de l'amitié pour Sherlock, mais Mycroft semblait si sûr de lui que le lieutenant avait finalement de sérieux doutes sur la relation entre le détective et le médecin. Décidant que ça ne le regardait pas, le policier haussa les épaules et tenta de se replonger dans son livre. Le haut fonctionnaire ne lui laissa pas l'occasion de reprendre sa lecture.

— Comment va Jack ?

Cette fois-ci, Greg se permit de lancer un regard noir à l'aîné des Holmes. Passe encore qu'il se croit supérieur à lui, qu'il l'ignore ou qu'il lui dévoile la fin de son roman policier. Mais s'il commençait à se mêler de sa vie privée, ça n'allait pas plaire au lieutenant. Alors que le frère de Sherlock lui avait paru plutôt séduisant jusque lors, il était désormais descendu au rang de personne exécrable.

— Ca ne vous regarde pas, décréta-t-il sans desserrer les dents.

— Il ne vous a pas donné de nouvelles, n'est-ce pas ? J'ai cru comprendre que vous aviez une relation un peu particulière …

Le policier referma sèchement son livre et le balança sur la table de chevet à côté de lui.

— Ecoutez, j'ai essayé de démarrer une conversation cordiale avec vous il y a une heure. Mais vous avez refusé de me répondre, considérant que votre ordinateur était plus intéressant que moi. Alors je ne vais certainement pas vous faire le plaisir de vous raconter ma vie personnelle sous prétexte que vous vous ennuyez et que vous avez envie de me rabaisser. Allez chercher quelqu'un d'autre si vous voulez jouer à ce petit jeu-là. Moi, je me couche.

Greg tourna le dos à Mycroft et tendit le bras pour éteindre sa lampe de chevet. Il entendit le haut fonctionnaire tapoter sur son téléphone portable encore quelques minutes avant qu'il ne le pose et n'éteigne à son tour la lumière.

— Vous devriez vous trouver quelqu'un d'autre. Jack n'est pas fait pour vous.

— Et si vous vous occupiez de votre propre cul avant de donner des leçons de psychologie aux autres ? cracha le lieutenant.

Il attendit que l'aîné des Holmes lui réponde, mais celui-ci resta muet. Bientôt, sa respiration devint si légère et si régulière que le policier comprit qu'il s'était endormi. Fulminant, lui-même eut beaucoup de mal à trouver le sommeil.

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Greg était appuyé contre un mur et observait d'un air distrait la foule qui se massait dans la salle de conférences. Les chaises placées en longues rangées dans la pièce étaient presque toutes occupées et les organisateurs essayaient d'en caser d'autres là où il restait un peu de place. Il y avait des journalistes dans la pièce, quelques figures politiques, des enseignants et des scientifiques.

Une partie des intervenants s'était déjà présentée sur la scène pour exposer son point de vue et défendre l'écologie. Il en restait encore quelques-uns à passer avant que la journée ne se finisse et le lieutenant avait hâte que cela se termine. Discrètement, le policier se massa l'épaule gauche. Il ne savait même pas ce qu'il devait faire. Sherlock l'avait posté ici en début de matinée et lui avait dit d'observer attentivement la pièce. Mais la salle était vaste et plus le temps passait, plus l'attention de Greg avait décliné. A sa décharge, il était ardu de rester concentré quand on ne savait pas ce que l'on attendait.

Mycroft était assis à trois rangées de l'estrade centrale, juste devant une toute petite dame. Le lieutenant s'était fait la réflexion que la femme devait être heureuse qu'un grand écran repasse en direct ce qu'il se passait sur scène, car elle ne devait pas voir grand-chose. A l'autre bout de la salle, John et Sherlock étaient l'un à côté de l'autre. Malgré la distance, le policier devinait que le regard du détective balayait toute la pièce, passant au crible fin le moindre petit détail, tout comme il devinait la moue d'ennui peinte sur le visage du médecin.

A un moment, Greg avait cru voir la main de John effleurer celle de Sherlock, au moment où le blond décroisait les bras de devant son torse pour les mettre dans son dos, et ce, en dépit du fait que les deux hommes étaient assez éloignés pour éviter tout contact physique maladroit, mais le lieutenant avait secoué la tête. Mycroft lui avait décidemment mis de drôles d'idées dans la tête. Il refusait de donner raison au haut fonctionnaire.

Pourtant, un peu plus tard, il était certain d'avoir vu le détective attraper les doigts du blond pour les serrer contre les siens, son regard perdu dans le vide. Quelques secondes plus tard, John avait retiré sa main, sortant Sherlock de sa torpeur. Le brun avait croisé ses mains dans son dos et avait repris une observation attentive. Cela avait fait naître de nouvelles questions dans la tête du policier, des questions qu'il trouvait bien plus intéressante que celles que soulevaient les intervenants du séminaire.

Des applaudissements retentirent lorsque trois nouvelles personnes se présentèrent sur la scène et Greg se ré-adossa au mur, cachant un bâillement avec sa main droite. Il fronça soudain les sourcils en reconnaissant Erik Svilkint, l'homme qu'ils avaient croisés juste avant que l'ascenseur ne chute à leur premier hôtel.

Avec lui, il y avait une femme aux longs cheveux blonds qui semblait familière au lieutenant, bien qu'il n'arrive pas à se souvenir de son nom. Enfin, le troisième homme, un brun au ventre rebondi, ne lui disait rien du tout. Mycroft le lui avait probablement présenté, mais le policier ne le reconnaissait pas.

Erik Svilkint commença son discours et Greg tenta de se concentrer. Il en avait marre d'être debout et rêvait d'une chaise. Son épaule le lançait légèrement et il regrettait de ne pas avoir emmené ses médicaments antidouleurs avec lui.

L'image qui passait sur l'écran placé au-dessus de la scène s'estompa, ce qui attira l'œil du policier. Elle revint presque aussitôt à la normale mais trois secondes plus tard, les pixels se remirent à clignoter. Le lieutenant fixa l'image avec plus d'attention, se désintéressant du contenu du discours de Svilkint.

Alors que l'homme était en train d'exposer son point de vue sur une réforme écologique, l'écran situé au-dessus de lui explosa.