Greg observait avec intérêt les livres rangés dans la grande bibliothèque de la pièce. Les rayonnages contenaient des ouvrages de droit et de politique, mais on trouvait aussi quelques best-sellers dans un coin d'une étagère. Le lieutenant en attrapa un et le feuilleta.
— S'il vous intéresse, vous pouvez l'emmener chez vous pour le lire.
Le policier tourna la tête vers Mycroft qui venait de le rejoindre, un verre de vin dans chaque main.
— Je n'ai pas trop le temps de bouquiner, fit-il en replaçant l'ouvrage à sa place.
Le haut fonctionnaire haussa un sourcil et lui tendit un verre que Greg accepta. Suite à son appel, l'aîné des Holmes lui avait proposé de se retrouver deux jours plus tard.
— Ce n'est pas possible de se voir demain, plutôt ? avait demandé le lieutenant.
Mycroft avait laissé s'écouler quelques secondes avant d'accepter. Le policier s'était senti fier de cette victoire. Il n'avait pu s'empêcher d'imaginer le haut fonctionnaire en train d'annuler des rendez-vous dans le seul but de pouvoir passer une soirée avec lui.
Après sa journée de travail, il s'était habillé avec une chemise blanche et un pantalon noir et avait attendu qu'une voiture vienne le chercher pour l'emmener chez l'aîné des Holmes. Un majordome l'avait conduit dans un salon luxueux et Greg y avait attendu le frère de Sherlock.
Il porta son verra à ses lèvres, regardant Mycroft droit dans les yeux. Le haut fonctionnaire lui lança un sourire pincé avant de boire un peu de vin à son tour.
— Alors, qu'est-ce que vous nous avez prévus, pour ce soir ? lança le lieutenant.
L'aîné des Holmes plissa les yeux.
— Est-ce que vous me demandez le menu du repas ou le genre d'activités que nous ferons ? Et dans ce dernier cas, est-ce que vous me demandez si j'ai l'intention de coucher avec vous ?
Greg fit une mimique gênée. Lui-même n'était pas très sûr de ce qu'il avait demandé. Il décida de provoquer son interlocuteur, conscient que de toute façon, il n'avait rien à perdre.
— Je parlais du repas. Je ne pense pas que vous soyez du genre à avoir des relations sexuelles dès le premier soir. Ni aucun soir, d'ailleurs.
Mycroft haussa les sourcils.
— Est-ce que vous sous-entendez que le sexe est un domaine inconnu pour moi ?
Le lieutenant ne répondit pas, fixant son verre de vin d'un air éloquent. Le haut fonctionnaire pencha la tête sur le côté et posa son propre verre sur la bibliothèque, avant de s'approcher jusqu'à être à moins de cinq centimètres du policier.
— Parce que si c'est ce que vous pensez, peut-être pourrions-nous sauter le repas afin que je vous montre à quel point je suis loin d'être ignorant ?
Greg plongea ses yeux dans ceux bleu métallique de l'aîné des Holmes. Il se sentit frissonner sous le regard intense que son interlocuteur posait sur lui et se passa la langue sur les lèvres par réflexe. La tension monta d'un cran dans la pièce. Le lieutenant se demanda quand est-ce qu'ils allaient céder à leurs pulsions et se jeter l'un sur l'autre ? La seule chose qui retenait le policier, c'était le souvenir de Jack, encore frais dans sa mémoire, et la douleur qu'il ressentait en repensant à leur désastreuse aventure.
Le majordome qui avait accueilli Greg entra dans la pièce.
— Le dîner est prêt à être servi dès que monsieur sera disponible.
— Nous arrivons, Andrew, lança Mycroft sans se retourner.
Le valet s'inclina avant de repartir. Le haut fonctionnaire fixa encore un instant le lieutenant avant de faire un pas en arrière.
— Vous avez faim ?
Le policier haussa les épaules et but une gorgée de vin.
— Je vais considérer ça comme un oui, déclara l'aîné des Holmes en reprenant son verre. Vous me suivez ?
Greg lui emboîta le pas et tout en avançant, il lui demanda :
— Si vous me faîtes autant d'avance, c'est que vous considérez que je n'éprouve plus rien pour Jack et que vous ne risquez plus d'être … Comment aviez-vous dit ? Un substitut ?
— Si je pensais que vous aviez définitivement oublié Jack, je vous aurais déjà emmené dans ma chambre pour vous prouver que vos insinuations de tout à l'heure étaient fausses.
Le lieutenant s'arrêta de marcher, non pas parce qu'il était choqué par ce que venait de dire Mycroft, mais parce que ses propos lui faisaient réaliser qu'il n'avait plus envie de jouer à ce jeu de séduction. C'était trop dangereux pour lui. Il ne saurait pas faire la part des choses et il finirait par se faire broyer par le frère de Sherlock.
A quoi avait-il pensé en l'appelant ? Qu'il parviendrait à passer à autre chose ? Voulait-il remplacer une addiction par une autre ? Mycroft n'était pas le genre de personnes qui se laissait dominer. Ce serait lui qui mènerait la danse et Greg ne pourrait pas lutter. Il s'attacherait encore et serait immanquablement déçu, une fois de plus.
Le haut fonctionnaire lui lança un regard surpris en constatant qu'il s'était stoppé et le policier souffla :
— Je … Je ne peux pas.
— Vous ne pouvez pas quoi ? s'enquit l'aîné des Holmes.
— Faire comme si j'étais passé à autre chose. Comme si je ne pensais plus à Jack. Comme si je pouvais faire de nouveau confiance à quelqu'un. Comme si je pouvais vous laisser gagner, vous aussi.
Mycroft se rapprocha de Greg et lui passa une main sous le menton pour le forcer à le regarder.
— Parce que vous pensez sincèrement que j'ai gagné ? murmura-t-il. Je vous ai presque forcé à prendre mon numéro de téléphone et j'ai dû vous supplier deux fois avant que vous ne vous décidiez à m'appeler. J'ai décalé une réunion importante pour pouvoir vous inviter ce soir et je vous sers du Saint Emilion 2002. Alors lequel d'entre nous deux est le plus faible par rapport à l'autre ?
Le lieutenant ne sut quoi répondre. Le haut fonctionnaire reprit.
— Je vois bien que vous n'allez pas bien. Vous êtes plein de colère envers Jack et c'est pour vous venger de lui que vous avez accepté ce rendez-vous plus que par réelle attirance pour moi. Je suis patient. Si vous ne vous sentez pas de rester avec moi ce soir, je peux attendre que ayez tourné la page.
L'aîné des Holmes attendit une réponse et finit par soupirer.
— Je vais appeler une voiture pour vous ramener chez vous.
Avant qu'il ait pu faire un geste, Greg l'arrêta.
— Vous avez tort. Oui, je suis toujours en colère contre Jack. Je lui en veux terriblement et en même temps, je l'aime toujours. Et c'est terrible parce que je n'arrive pas à me faire une raison. Mais si j'ai accepté ce rendez-vous, ce n'est pas pour me venger de lui. Parce que je sais qu'il n'en a rien faire. Il n'est pas du genre jaloux. Il m'avait même invité à voir d'autres personnes que lui. Si je suis ici, c'est parce que j'ai toujours trouvé que aviez un charisme incroyable. Et comme vous avez été là pour moi ces derniers jours, je trouverais bête de refuser de passer une soirée en charmante compagnie.
Un sourire dépourvu de mépris et de condescendance effleura les lèvres de Mycroft.
— Dans ce cas, je vous en prie. Suivez-moi, fit le haut fonctionnaire. Le dîner va finir par refroidir si nous parlons plus longtemps.
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Greg n'en revenait pas. Il avait passé une excellente soirée. Le repas qui avait été servi avait été succulent et il avait pu discuter avec Mycroft sans se sentir rabaissé. Le haut fonctionnaire avait une ou deux fois retenu un commentaire désobligeant sur une remarque naïve du lieutenant et le policier avait apprécié l'effort.
Ils étaient maintenant de retour dans le salon, assis sur le canapé, buvant un nouveau verre de vin et parlant d'un ton léger et poli. Alors qu'ils achevaient leur conversation, Greg se décida à poser une question qui le tracassait depuis un moment :
— Est-ce que vous voulez bien me dire ce qui vous plaît chez moi ?
Mycroft le jaugea du regard avant de répondre :
— Physiquement, je n'ai jamais pu résister à vos yeux.
— Mes yeux ? répéta bêtement le lieutenant.
— Oui, confirma le haut fonctionnaire. Ensuite, je suis fasciné par votre faculté à faire dix ans de moins que votre âge réel. Vous êtes vraiment plaisant à regarder. Et puis, j'aime votre volonté et votre sens de l'honneur. Ce sont des qualités que j'aime beaucoup.
Le policier hocha la tête, ne sachant quoi répondre, et l'aîné des Holmes se leva du canapé.
— Je vais devoir vous laisser. Il faut que j'aille boucler un dossier et même si je préfère parler avec vous, il y a certaines tâches que je ne peux pas repousser trop longtemps. Andrew va vous raccompagner.
Greg remercia Mycroft pour la soirée et hésita. Pouvait-il se permettre de lui donner une accolade ou devait-il se contenter de lui serrer la main ? Le haut fonctionnaire mit fin à son embarras en s'approchant de lui et en l'embrassant sur la joue.
— N'hésitez pas à me rappeler, murmura l'aîné des Holmes avant de quitter le salon.
Son majordome ne tarda pas à apparaître pour mener le lieutenant jusqu'à la sortie. Le policier se caressa pensivement la joue puis, mû par son instinct, fit mine de se frapper le front.
— Oh, j'ai oublié de dire quelque chose d'important à M. Holmes. Est-ce que vous savez où il peut être en ce moment ?
— Il doit être dans son bureau au premier étage, supposa Andrew.
— Merci. Ne m'attendez pas, ça pourrait prendre un moment et je saurais retrouver mon chemin tout seul.
Greg tourna les talons et revint sur ses pas. Il monta le premier escalier qu'il trouva d'un pas rapide et poussa la porte qui se trouvait juste à côté des marches. Il s'agissait bien d'un bureau, d'après ce qu'il aperçut rapidement, mais il n'y avait pas de trace de Mycroft. Le lieutenant referma la porte et poursuivit ses recherches. Il lui fallut visiter trois autres pièces avant de trouver le haut fonctionnaire.
L'aîné des Holmes se retourna d'un air surpris en entendant la porte grincer et fronça les sourcils en découvrant le policier sur le pas de sa chambre.
— Vous avez oublié quelque chose ?
— Je … Je voulais savoir si je pouvais dormir ici, bredouilla Greg.
Mycroft resta muet avant de hocher lentement la tête.
— D'accord. Je vais demander à Andrew de vous préparer une chambre et …
— Non. Je voulais dire … Dormir avec vous ?
En voyant l'air contrarié qui s'affichait sur le visage du haut fonctionnaire, le lieutenant s'empressa de préciser :
— Pas pour coucher avec vous, mais plutôt pour … Ne pas être seul.
L'aîné des Holmes fixa quelques instants le policier avant de murmurer :
— Vous savez à qui vous me faîtes penser ?
Greg secoua la tête.
— A Sherlock. Il avait exactement le même air perdu que vous lorsqu'il y avait de l'orage en pleine nuit et qu'il venait me demander s'il pouvait dormir avec moi.
— Sherlock avait peur de l'orage ? s'étonna le lieutenant.
— Quand il avait cinq ans et qu'il croyait que l'orage annonçait la venue d'un géant qui mangeait des enfants. Après, il a découvert ce que c'était en réalité et il n'en a plus eu peur. Il trouvait même ça fascinant.
Le policier laissa échapper un petit rire et Mycroft désigna une porte derrière lui.
— Il y a une salle de bains si vous voulez faire un brin de toilette.
Greg le remercia et se dirigea vers la pièce d'eau. En passant à côté du haut fonctionnaire, il lui effleura la main et se pencha vers lui pour poser ses lèvres sur sa joue. Le lieutenant fila ensuite se débarbouiller dans la salle de bains. Quand il revint dans la chambre, l'aîné des Holmes s'était installé dans son lit, un dossier à la main.
Le policier s'approcha presque timidement du lit et Mycroft daigna lever les yeux de ses papiers pour le regarder s'installer à côté de lui.
— Vous n'avez besoin de rien ? s'enquit-il.
— Si je te dis que j'ai juste besoin de toi, tu vas répondre quoi ? chuchota Greg sur un ton enjôleur qui le surprit lui-même.
Le haut fonctionnaire haussa un sourcil.
— Je dirais que je ne me rappelais pas que nous ayons convenu de nous tutoyer.
Le lieutenant continua de le fixer et l'aîné des Holmes consentit à donner une autre réponse.
— Je pense que tu n'es pas totalement sincère et que tu as besoin de quelqu'un, de préférence, Jack, mais pas forcément de moi.
Le policier baissa les yeux.
— Et si j'étais en train de tourner la page ?
Mycroft fit la moue.
— Et bien, tu devras attendre que j'aie fini de travailler sur mon dossier pour avoir une autre réponse.
Greg se cala confortablement contre l'oreiller et observa le haut fonctionnaire qui lisait un papier, les sourcils froncés. Lorsque l'aîné des Holmes jeta un nouveau coup d'œil vers le lieutenant, celui-ci s'était endormi. Un sourire attendri naquit sur le visage de Mycroft qui régla les derniers détails de son dossier avant de le ranger. Il se pencha ensuite sur le policier et lui caressa la joue avant d'éteindre la lumière.
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Greg sursauta en entendant le réveil de son portable sonner et se redressa d'un bond dans son lit, le cœur tambourinant contre ses côtes. Il fronça les sourcils en ne reconnaissant pas sa chambre avant de se rappeler de la soirée qu'il avait passé la veille. Mycroft sortit de la salle de bains au même moment, déjà habillé et prêt à partir travailler.
— Je t'ai réveillé ? s'enquit-il.
— Non, soupira l'inspecteur. Mon réveil s'est déclenché.
— Je vais travailler. Andrew va te faire préparer une voiture pour te ramener chez toi ou pour te déposer directement au commissariat. Moi, je ne peux pas rester, on m'attend.
Le haut fonctionnaire lui fit un signe de tête et se dirigea vers la porte, mais avant de sortir, il se retourna vers le policier.
— Appelle-moi quand tu seras libre.
Greg le regarda quitter la pièce et se laissa ensuite tomber en arrière, sa tête s'enfonçant dans l'oreiller. Il se passa une main sur le visage, n'en revenant pas d'être dans la chambre de l'aîné des Holmes, après avoir passé la nuit avec lui. Bon, d'accord, il ne s'était rien passé du tout entre eux ! Mais tout de même, ce n'était pas tout le monde qui pouvait se vanter d'avoir partagé le lit de Mycroft.
Au fond de lui, le lieutenant finit par ressentir de la culpabilité. Est-ce que c'était parce qu'il avait l'impression de trahir Jack ? Pourtant, le journaliste lui avait assuré qu'il pouvait fréquenter d'autres garçons. Et surtout, il ne lui donnait plus de nouvelles, alors le policier se morigéna. Il ne devait pas se sentir coupable. Il n'avait rien fait de mal.
Mais le sentiment ne quitta pas Greg de la journée, même lorsqu'il dut faire face au décès de la machine à café du commissariat et à la mauvaise humeur de Sally Donovan. Le lieutenant prit donc le temps d'y réfléchir entre deux dossiers à remplir, trouvant qu'il serait plus utile de réfléchir à ce qu'il ressentait plutôt que de faire le travail pour lequel il était payé.
Est-ce que le policier se sentait coupable de donner de faux espoirs à Mycroft ? Le haut fonctionnaire lui avait quand même fait comprendre qu'il était potentiellement intéressé par lui. Mais Greg ne savait pas s'il se sentait capable de se mettre en couple avec quelqu'un. Pas après Jack. Pas après ce qu'il lui avait fait. Pas après qu'il lui ait brisé le cœur comme ça.
Alors, dans ce cas, pourquoi le lieutenant était-il resté chez l'aîné des Holmes la veille au soir ? Mycroft ne lui avait rien proposé. C'était le policier qui avait demandé à dormir avec lui. Est-ce que cela voulait dire qu'il commençait à surmonter sa peine ? Ou est-ce que c'était simplement parce qu'il se sentait seul ? Il ne pouvait nier qu'il avait toujours éprouvé de l'admiration pour le haut fonctionnaire. Mais est-ce que ça suffisait pour entamer une relation avec lui ?
Greg réfléchit pendant plusieurs jours, et pendant ce temps-là, il pesa le pour et le contre, pensa à Jack et à tout ce qu'il ressentait pour lui, se demanda s'il appréciait Mycroft pour ce qu'il était ou parce qu'il lui faisait oublier le journaliste, se posa mille et une questions. Le lieutenant se rendit également dans le pub où il avait l'habitude de retrouver son ex, espérant le croiser, lisant les nouveaux articles qu'il avait publié sur le site web du magazine pour lequel il travaillait.
Et puis, au bout de plus d'une semaine de réflexion, il en eut marre. Le policier ne voulait plus espérer. Il voulait qu'on lui prouve qu'on tenait à lui. Alors si Jack pouvait se passer de lui, Greg ne voulait pas lui accorder plus d'intérêt que ce qu'il méritait. Le lieutenant savait qu'il éprouvait encore des sentiments pour le journaliste. Mais il voulait l'oublier parce qu'il n'en pouvait plus de souffrir à chaque fois qu'il pensait à lui.
Alors le policier attrapa son téléphone et appela Mycroft. Lorsque le haut fonctionnaire décrocha, Greg ne lui laissa même pas le temps de dire « allô » :
— Tu es libre ce soir ?
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La voiture se gara devant l'immeuble et Greg sortit du véhicule, suivi par Mycroft. Le haut fonctionnaire demanda à son chauffeur de l'attendre quelques instants et accompagna le lieutenant jusqu'au digicode.
— Tu veux entrer ? proposa le policier, conscient que l'aîné des Holmes n'avait pas besoin de son autorisation pour s'inviter.
— J'ai passé une excellente soirée et j'adorerais la prolonger, mais j'ai du travail qui m'attend, refusa Mycroft.
Greg pencha la tête sur le côté et insista :
— Allez. La nation peut bien attendre quelques heures.
Le haut fonctionnaire secoua la tête.
— Si tu veux que je reste, la prochaine fois, préviens-moi plus tôt, que je puisse m'arranger pour te consacrer toute ma soirée.
— Parce qu'il y aura une prochaine fois ? lança le lieutenant.
— Ça dépendra de si tu me rappelles ou pas, fit l'aîné des Holmes.
Il tourna les talons et retourna à sa voiture. Le policier le suivit des yeux et lorsque Mycroft jeta un regard par-dessus son épaule, Greg lui fit un petit signe de la main. Il se sentit ridicule mais il n'avait pas pu se retenir de le faire. La voiture démarra et le lieutenant la suivit du regard jusqu'à ce qu'elle disparaisse à l'angle de la rue. Un sourire flottait sur ses lèvres lorsqu'il tapa le code qui lui permettait de rentrer chez lui, mais il se figea lorsqu'il découvrit une forme sombre, assise dans le hall de l'immeuble.
— Salut, lui lança-t-on d'une voix timide.
Jack adressa un pâle sourire au lieutenant. Le policier eut l'impression que son cœur s'était figé, glacé par la surprise. Et lorsque le journaliste se releva et s'approcha de lui, Greg le sentit exploser en éclats qui se logèrent dans sa cage thoracique, lui causant une vive douleur dans la poitrine.
— J'espère que tu n'es pas occupé ? J'aimerais te parler.
