Greg croisa les bras sur sa poitrine et fixa Jack d'un air soupçonneux. Il avait fait entrer le journaliste dans son appartement mais gardait un visage fermé. Le brun jeta un regard circulaire autour de lui.
— Ca n'a pas changé, remarqua-t-il.
— Ca ne fait qu'un mois et demi que tu n'es pas venu, lança le lieutenant. Je n'ai pas vraiment eu le temps de refaire la déco.
— Oui, à ce que j'ai compris, tu avais l'air plutôt occupé, ces derniers-temps.
Le policier fronça les sourcils. Faisait-il allusion à Mycroft ? Et dans ce cas, cela voulait-il dire qu'il les avait vus devant l'entrée de l'immeuble ? Jack confirma ses pensées :
— Ca a l'air sérieux avec lui.
— Peut-être, éluda Greg. Ça ne te concerne pas.
— Au contraire, ça me regarde, répliqua le journaliste. Si tu as réussi à te détacher de moi, ça veut dire qu'on peut recommencer à passer du bon temps ensemble.
Le lieutenant en resta bouche-bée.
— Tu m'as pris pour quoi ? s'étrangla-t-il. Tu crois que je vais coucher avec toi juste parce que tu en as envie, là, maintenant ? Je t'ai attendu pendant un mois et demi. Un mois et demi ! Je t'ai appelé, j'ai été au pub, j'ai lu le site internet de ton magazine … Et toi, t'en avais absolument rien à faire de moi !
— Tu crois que ça me faisait plaisir de t'ignorer ? rétorqua Jack, haussant le ton. J'étais malheureux de devoir faire comme si je n'avais pas vu tes appels ni tes messages. Mais si j'avais cédé, tu n'aurais jamais pu te détacher de moi.
— Et en quoi ça te gênait que je sois attaché à toi ? s'écria le policier.
Le journaliste inspira profondément pour se calmer.
— Ecoute, Greg, je t'aime bien. C'est sincère. Tu es un bon coup, mais en plus de ça, tu as un grand cœur. Tu es sensible et en même temps, tu as une force incroyable en toi. Et ce n'est pas ta faute si je ne peux pas m'investir plus. C'est juste que j'ai vécu trop d'expériences qui m'ont blessées. Et je ne sais plus faire confiance.
— Donc, je ne dois pas être si bien que ça, si tu me ranges dans la catégorie des « salauds », fit remarquer le lieutenant.
Jack secoua la tête et fit un pas vers son interlocuteur, mais celui-ci recula, restant hors d'atteinte.
— C'était pourtant clair dès le départ entre nous deux, non ? Tu ne peux pas me reprocher de t'avoir menti …
— Ce n'est pas le cas.
— On ne peut pas juste redevenir comme avant ? Coucher ensemble de temps en temps, passer un bon moment et en rester là ?
Le policier haussa les épaules.
— Je suis sûr que toi, tu arriveras à faire la part des choses. Mais moi, je n'y arriverais pas. J'ai toujours des sentiments pour toi. Alors, si on recommence à sortir ensemble, j'aurais forcément l'espoir qu'on aille plus loin que la simple partie de jambes en l'air une ou deux fois par semaine. Et je n'ai pas envie de souffrir comme je l'ai fait ces derniers temps.
Le journaliste baissa la tête.
— Je ne peux pas t'offrir ce que tu veux …
— Et moi, je ne peux pas t'offrir ce que toi, tu veux, annonça Greg.
Jack soupira.
— Il te rend heureux ?
Le lieutenant comprit qu'il faisait allusion à Mycroft.
— Quand je suis avec lui, oui. J'oublie de penser à toi.
— C'est bien. Tu mérites d'être heureux.
Le journaliste fit mine de partir mais lança :
— Tu sais … Ca va me manquer de ne plus te voir au pub.
— Qui t'a dit que je n'irais plus ?
Jack étouffa un rire.
— Personne … Je me disais juste que … Enfin, laisse tomber.
Le journaliste avança jusqu'à la porte d'entrée et se retourna une dernière fois.
— J'aurais aimé que tout aille bien entre nous, qu'on veuille la même chose ...
— Moi aussi, affirma le policier.
— Si jamais ton copain te fait souffrir, dis le moi. Je m'arrangerai pour trouver un truc à balancer sur lui et lui ruiner sa réputation dans mon journal.
Greg se contenta de lâcher un rire étranglé. Mycroft était loin d'être le genre à laisser traîner ses secrets. Il était assez discret pour ne pas se faire remarquer, malgré son charisme incroyable. Mais connaissant Jack, le journaliste serait bien capable de trouver un ragot croustillant sur le haut fonctionnaire.
Il avait la gorge serrée et lorsque la porte se referma sur son ex-amant, le lieutenant ne put retenir ses larmes. Il avait accepté de tirer un trait sur lui mais même s'il était plutôt fier d'avoir réussi à tenir sa position et de ne pas avoir cédé, le revoir avait réveillé de douloureux souvenirs. Alors, le policier se laissa tomber sur son lit et pleura, laissant son chagrin évacuer les derniers sentiments qu'il ressentait pour le brun.
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Une nouvelle semaine s'était écoulée et Greg n'avait pas revu Mycroft. Le haut fonctionnaire ne l'avait pas contacté non plus et le lieutenant en était soulagé. Il n'était pas sûr de pouvoir lui résister et il avait besoin de prendre de la distance. Il digérait sa rupture officielle d'avec Jack et avait besoin de prendre du temps pour s'en remettre.
Le policier savait que passer du temps avec le frère de Sherlock lui aurait fait oublier le journaliste. Mais il voulait pouvoir faire son deuil de sa relation afin de pouvoir y voir plus clair dans sa vie et, quand il serait prêt, voir s'il pouvait construire quelque chose avec l'aîné des Holmes.
Greg ne pensait donc pas à grand-chose d'autres que ses propres conflits internes et lorsque Sherlock surgit dans son bureau, il eut du mal à suivre le flot de paroles qu'il se mit à débiter :
— Vous aviez tort, mais vous aviez en partie raison ! Je savais bien qu'il y avait un détail qui me chiffonnait dans votre théorie, mais je ne voyais pas quoi … Cependant, si vous n'aviez pas le bon coupable, vous étiez pourtant sur la bonne piste. Je dois avouer que je suis plutôt surpris, ça ne vous était jamais arrivé avant, d'être aussi proche de la vérité, mais apparemment, les miracles existent !
— De quoi vous parlez ? s'enquit le lieutenant qui ne comprenait rien à ce que lui disait le détective.
Il se tourna vers John, qui venait d'entrer à son tour dans son bureau, espérant obtenir plus d'informations de son côté.
— Je vous parle du poseur de bombes ! lui répondit Sherlock. Vous m'aviez dit que vous soupçonniez un journaliste qui décriait Elizabeth Harper d'être notre coupable et je vous avais dit que votre théorie n'était pas la bonne.
— Parce qu'en fait, c'était bien Jack ? s'étonna Greg.
— Jack ? répéta le détective, sourcils froncés.
— Le journaliste, se reprit le lieutenant.
Le brun roula des yeux.
— Bien sûr que non. Mais vous aviez raison. C'était bien Elizabeth Harper qui était visée par notre poseur de bombes ! Devinez qui elle fréquentait, il y a encore quelques mois de ça ?
Le policier haussa les épaules et Sherlock poussa un soupir exaspéré.
— Le directeur de ce magazine people qui la décriait si violemment ! Il n'a pas supporté de se faire plaquer et il a cherché à se venger d'elle en lui menant la vie dure. Au départ, il s'est contenté de la malmener dans son journal mais comme ça ne lui faisait rien, il a commencé à vouloir lui faire peur en lui envoyant des menaces de mort. Pour tenter de brouiller les pistes, il a camouflé ça en menaçant tous ceux qui participaient au séminaire d'écologie et puis, parti comme il était, il s'est dit qu'il pouvait bien mettre ses menaces à exécution, afin que sa vengeance soit encore plus complète. Il a commencé à placer des explosifs dans l'ascenseur de l'hôtel où était descendue Mlle Harper et derrière l'écran de la salle du séminaire et malgré quelques aléas, c'était bien pour lui faire peur à elle qu'il a fait tout ça.
— Vous avez des preuves de ce que vous avancez ? demanda Greg, bien qu'il connaisse déjà la réponse.
— Des images des caméras de surveillance de l'hôtel et de la salle de conférence ainsi qu'un relevé de compte bancaire montrant que notre homme a acheté au moins une partie du matériel utilisé pour fabriquer les explosifs, ça vous suffit ? fit le détective. Au cas où, vous pouvez toujours rajouter les nombreux articles qui critiquent Mlle Harper depuis leur rupture.
Le lieutenant soupira.
— Ok. Je vais aller procéder à son arrestation, alors.
— Parfait. Oh, tant que j'y suis, le braquage de la bijouterie sur lequel vous vouliez que j'enquête il y a quelques semaines ? C'est le propriétaire qui a simulé un cambriolage. Il voulait toucher l'assurance pour couvrir ses dettes de jeux.
Le brun quitta la pièce sans plus attendre et John, qui était comme toujours juste derrière son colocataire, fit une grimace au policier avant de le suivre. Greg siffla entre ses dents. Les déductions de Sherlock le surprenaient toujours, même après plusieurs années de collaboration.
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Juste après que Sherlock lui ait résolu l'affaire du poseur de bombes, Greg était allé arrêter Ted Barner, le directeur du magazine pour lequel travaillait Jack, et l'homme n'avait opposé aucune résistance. Il avait quasiment revendiqué ce qu'il avait fait et le lieutenant s'était demandé comment l'ego d'un homme pouvait le mener à faire ce genre de choses, mettant en péril la vie de tiers pour assouvir sa propre soif de vengeance.
Pour se défouler et pour ne pas repenser à Jack, qu'il avait recroisé dans les locaux du journal, le policier avait enfilé son survêtement dès qu'il était rentré chez lui et était allé courir. Il n'était pas allé loin mais ça lui avait fait du bien. Il s'était assis dans un parc et était resté un long moment au calme, le regard perdu dans le vide, sans réfléchir.
Puis, Greg s'était étiré, s'était levé du banc et avait appelé Mycroft. Le haut fonctionnaire avait comme d'habitude bousculé son emploi du temps pour trouver un moment à accorder au lieutenant. Ils avaient passé la soirée ensemble, se retrouvant pour la première fois depuis plus d'une semaine. Ils n'avaient pas parlé de Jack, bien qu'ils aient discuté de l'affaire du poseur de bombes, se concentrant sur des sujets moins sensibles. Et puis, l'aîné des Holmes avait raccompagné le policier jusqu'à chez lui, comme d'habitude, refusant d'entrer chez lui, prétextant encore une fois avoir du travail à faire. Ils étaient maintenant l'un en face de l'autre, à côté du digicode de l'immeuble de Greg.
— Appelle-moi quand tu seras libre, lui lança Mycroft avant de tourner les talons.
Et alors que le lieutenant le regardait retourner vers sa voiture, un sourire étira ses lèvres. Il attrapa son téléphone et composa le numéro du haut fonctionnaire. L'aîné des Holmes chercha son mobile dans la poche de sa veste, une main sur la portière de son véhicule, et décrocha.
— Allô ?
— Je suis libre, ce soir. Tu fais quoi ? demanda Greg.
Les yeux brillants, le lieutenant observa Mycroft se pencher vers son chauffeur pour lui parler. La voiture redémarra et le haut fonctionnaire resta sur le trottoir, son téléphone contre l'oreille.
— Je viens de me libérer. Que me proposes-tu ?
— Fais une dizaine de pas en arrière et on verra ensuite.
L'aîné des Holmes raccrocha et rejoignit le policier.
— Alors ? Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? s'enquit-il avec son sourire hautain qui agaçait tant Greg.
Le lieutenant tapa le code d'entrée de l'immeuble sur le digicode et attrapa Mycroft par la main pour l'entraîner à sa suite. Il le guida jusqu'à son appartement et une fois la porte fermée derrière eux, le policier agrippa la veste du haut fonctionnaire pour l'attirer contre lui.
— Je vais t'embrasser, prévint-il.
— J'aimerais bien te voir essayer, souffla l'aîné des Holmes.
Greg sourit et franchit la distance qui séparait son visage de celui de Mycroft. Leurs lèvres se rencontrèrent pour la première fois et leurs langues ne manquèrent pas de rejoindre rapidement le ballet de leurs bouches qui s'unissaient langoureusement. Quand le haut fonctionnaire se recula pour reprendre son souffle, le lieutenant plongea dans son cou pour y déposer des baisers rapides.
— Et Jack ? demanda l'aîné des Holmes.
— C'est fini pour de bon, répondit le policier.
— Tu es sûr ?
Greg releva la tête pour fixer Mycroft.
— Oui. C'est fini. C'est toi que je veux.
Le haut fonctionnaire haussa un sourcil, comme s'il restait dubitatif. Pourtant, il n'insista pas et se laissa embrasser par le lieutenant, qui l'entraîna jusqu'à sa chambre. Ils se laissèrent tomber sur le lit et bientôt, leurs mains glissèrent sous leurs vêtements, déboutonnant les chemises et faisant tomber les pantalons à terre. Les doigts se lièrent quelques instants avant de repartir à la découverte de l'autre corps dénudé. Les peaux se réchauffèrent, le rouge leur monta aux joues, leurs respirations s'accélérèrent et leurs bouches n'en finirent pas de s'embrasser. Les derniers morceaux de tissus furent ôtés, un emballage de préservatif fut déchiré et bientôt, les halètements de plaisir remplacèrent les soupirs de bien-être.
Et lorsqu'il se laissa tomber à côté de Mycroft, haletant, le front emperlé de sueur, Greg se sentit étrangement entier, comme s'il avait toujours manqué une partie de lui-même et qu'il venait de la trouver à ce moment précis. Le lieutenant observa le haut fonctionnaire, dont les yeux étaient clos, et sourit. Toutes ces conneries d'âme-sœur, c'était peut-être vrai, au final ?
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Un épais manteau blanc recouvrait déjà le paysage mais le ciel déchargeait encore de gros flocons sur l'Angleterre, comme s'il estimait que la couche de neige n'était pas encore suffisante. Greg avait le regard perdu dans le vide, observant sans les voir les flocons. Des éclats de voix retentissaient au-dessus de lui mais il n'y prêtait pas attention.
John, assis près de la cheminée, finit par se racler la gorge.
— On devrait peut-être aller voir ce qu'ils font ? Ils vont finir par s'étriper …
Le lieutenant haussa les épaules mais avant que l'un des deux hommes ne se soit levé, une voix féminine couvrit celles qui se disputaient, leur ordonnant de se calmer et de descendre. Quelques instants plus tard, Sherlock déboula dans le salon où se trouvaient Greg et John. Il fonça s'asseoir dans un fauteuil libre, relevant ses genoux contre lui, une moue boudeuse sur les lèvres. Mycroft ne tarda pas à le suivre et à se laisser tomber à côté du lieutenant, un air pincé sur le visage.
Ni le policier, ni le médecin ne chercha à savoir ce qu'il s'était passé. Ils étaient habitués aux disputes entre les deux frères Holmes, qui ne semblaient pas savoir communiquer autrement qu'en se provoquant et s'insultant.
Le blond se leva pour aller ranger le livre qu'il était en train de lire mais quand il passa à côté de Sherlock, le brun l'attrapa par la taille pour l'attirer contre lui, le faisant s'asseoir sur l'accoudoir. John leva les yeux au ciel mais passa ses bras autour du détective pour le serrer contre lui. Il posa ses lèvres contre sa tempe et lui chuchota quelque chose dans l'oreille, ce qui illumina brièvement le visage du cadet Holmes.
Greg posa sa main sur la cuisse de Mycroft, qui était toujours renfrogné, et recommença à observer la neige tomber. Une vieille dame finit par arriver dans son salon, les sourcils froncés.
— Ha, j'aime mieux vous voir plus calme. Au lieu de passer votre temps à vous disputer, vous pourriez peut-être aller vous balader dehors, pour profiter du grand air.
Le haut fonctionnaire ouvrit la bouche pour répliquer mais le lieutenant lui vola la parole.
— Bonne idée, Mme Holmes. Tu viens, Myke ?
L'aîné des Holmes plissa les yeux et se leva, le dos raide, sans se départir de son air pincé. Il n'avait pas envie d'aller se promener sous la neige mais si c'était le policier qui le lui demandait, il se voyait mal refuser.
La mère de Sherlock et Mycroft secoua la tête.
— Si je ne vous aimais pas autant, je souhaiterais avoir John et Greg comme fils, menaça-t-elle ses deux garçons. Ils sont beaucoup plus polis et calmes.
Ni l'aîné, ni le cadet ne sembla s'offusquer et la vieille femme retourna s'affairer dans la cuisine. Le lieutenant enfila son manteau et pendant qu'il le boutonnait, le haut fonctionnaire lui passa une écharpe autour du cou, les sourcils toujours froncés.
— Tu es fâché après moi ? chuchota Greg.
— Non, répondit sèchement l'homme d'état.
— On dirait, pourtant, insista le policier.
— Et bien, tu te trompes ! s'agaça Mycroft en attrapant son propre manteau et en sortant dehors.
Le lieutenant le rattrapa alors qu'il avançait dans l'allée et glissa ses doigts entre ceux du haut fonctionnaire
— Tu sais que, peu importe ce que vous vous êtes dits, Sherlock et toi, tu seras toujours le plus intelligent pour moi ? lança Greg.
L'aîné des Holmes se détendit et serra la main du policier contre la sienne avant de lui adresser un sourire.
— Je suis content que tu sois là avec moi. Je n'aurais pas supporté de passer Noël entre mes parents et mon frère, avoua-t-il d'un ton exaspéré.
Le lieutenant ne répondit pas. Il savait qu'en dépit de ses propos, Mycroft aimait sa famille. Il ne l'avouerait jamais, bien entendu, et les considérait souvent comme s'ils étaient bêtes, mais il était attaché à eux. Et à lui.
Le cœur gonflé de joie, Greg tira doucement sur le bras du haut fonctionnaire pour le tourner vers lui et enroula ses bras autour de sa taille. L'aîné des Holmes posa son front contre le sien, leurs nez se frôlant et leurs souffles se mêlant l'un à l'autre.
— Je t'aime, murmura le lieutenant.
— Moi aussi, je t'aime, répondit Mycroft, pourtant avare de ce genre de démonstration de tendresse.
Le policier fondit sur la bouche du haut fonctionnaire sans plus attendre. Après tant d'années, il avait enfin trouvé l'équilibre auquel il aspirait, le point d'ancrage qui lui permettait de se sentir en sécurité, loin des gouffres de solitude et de tristesse dans lesquels il s'était longtemps senti tomber. Il n'aurait jamais cru que l'aîné des Holmes serait celui qui le comblerait mais le fait était que depuis bientôt deux ans, il était toujours là pour lui, parfois de façon discrète, souvent de façon plus marquée. Il lui avait redonné l'envie de vivre passionnément, le goût d'aimer, la force de croire en ses rêves et la volonté de les réaliser. Et c'était une sensation délicieuse, aussi douce que puissante.
— Tu ne me quitteras jamais ? demanda Greg alors qu'ils s'étaient reculés pour pouvoir reprendre leurs respirations.
— Pas tant que tu voudras toujours de moi, déclara Mycroft.
Le lieutenant sourit et serra le haut fonctionnaire contre lui. L'aîné des Holmes brisa le silence qui s'était installé entre eux en lançant :
— Tu trouves que Sherlock et John sont un meilleur couple que nous ?
Le policier laissa échapper un rire et rejeta la tête en arrière pour pouvoir regarder Mycroft. Il passa sa main sur le haut de son crâne pour chasser les flocons de neige qui s'étaient posés dans ses cheveux.
— Peu importe. On pourrait leur décerner des centaines de prix du plus beau couple de l'année que je m'en ficherai. Je ne t'échangerai pour rien au monde.
Le haut fonctionnaire adressa un sourire sincèrement ravi à Greg. Ils reprirent leur route et la neige crissa sous leurs pas. Ils ne parlèrent plus, profitant de la magie du moment, leurs doigts liés, le cœur battant au rythme de leur amour.
Le monde pouvait bien s'écrouler. Ils s'en moquaient. Ils étaient ensemble et c'était tout ce qui comptait.
FIN
