Chapitre III: Super, des rondes...
La première chose que je sus, c'est-à-dire dont j'étais complètement sûre, était qu'il n'y avait pas beaucoup de bruit autour de moi. La deuxième chose était qu'il y avait quelque chose de chaud près de mon visage.
Quelle était la dernière chose dont je me souvenais? Ok, alors j'étais en potions avec Angie, et on parlait de quelque chose. Les fêtes, oui, c'est ça. Et puis quoi?
Même si ça ne faisait qu'environ quatre secondes que j'avais repris connaissance, j'étais encore plus perdue que quand je m'étais réveillée. Pourquoi je n'arrivais pas à me rappeler d'autre chose?
Lentement, ma mémoire revint et je pus me souvenir de plusieurs choses auxquelles j'avais songé. J'avais été contente de battre Scorpius; ça, je m'en rappelais.
J'ouvris mes yeux pour découvrir que ma vision était bloquée par du blanc. Ça ne pouvait pas être bon signe non plus.
"Que..." commençai-je, mais ma gorge était sèche et je n'arrivai pas à parler. Je toussais. "Qu'est-ce qu'il se passe?
"Oh, Rose", dit Lily à ma droite. "Je suis tellement désolée.
"A propos de quoi?" demandai-je, en frottant mon front. Ma question fut suivie d'un silence. Pas exactement le genre de réponse que j'espérais.
"Qu'est ce qu'elle a?" questionna Dom, et je jugeai qu'elle se tenait près de Lily. Je tournai ma tête à droite mais tout ce que je pus voir étaient de larges tâches blanches aux endroits où devaient se trouver leurs têtes. "Pourquoi est-ce qu'elle ne s'inquiète pas à propos d'Hugo?
Je me rappelai soudainement ce qu'il se passait.
"Où est Hugo?" demandai-je, paniquée.
"J-je..." souffla Lily, puis j'entendis Dom dire "Chh... ça va, Lil".
Je tournai ma tête pour regarder droit devant moi alors qu'Albus demanda à ma gauche "Qu'est ce qu'elle a? Elle va bien?"
Agacée de ne pouvoir qu'entendre, je clignai des yeux plusieurs fois et des visages apparurent. Al était debout à ma gauche, et Lily et Dominique à ma droite, tous les trois me regardaient. Angela n'était pas avec eux, et il n'y avait d'ailleurs personne d'autre que nous dans le couloir. La personne assise avec moi par terre, juste en face de moi, était Scorpius.
Typique. Il était partout. Son visage n'était qu'à quelques centimètres du mien, je pouvais sentir son souffle sur ma joue, et sa main était posée sur mon cou, pour sentir mon pouls -du moins je l'espérais- et je sentis mon cœur s'accélérer. Je savais ce que je ressentais: de la colère. Elle était sous contrôle uniquement parce que j'étais complètement à l'ouest, ce qui, d'après mes calculs, faisait de Scorpius l'homme le plus chanceux de la Terre à ce moment-là. Si j'avais pu penser clairement j'aurais probablement lancé le maléfice de chauve-furie préféré de Tante Ginny sur lui.
Cependant, je ne pouvais pas m'empêcher de me dire que je ne me sentais pas si mal que ce que je pensais; que ce que je devrais me sentir. Tout ce que je voulais faire était m'avancer et toucher son visage avec mes mains...
Merlin, qu'est ce que je pensais? Repousse-le, me criai-je à moi-même. Maintenant, Rose. Fais-le maintenant.
"Eugh" dis-je, en repoussant son torse pour lui indiquer qu'il ferait mieux de bouger, et j'essayai de me lever. "Dégage, Scorpius. Je peux y arriver."
Il me repoussa sur le sol. "Il n'est pas conseillé de laisser la victime se relever juste après s'être évanouie", me dit-il et je sus d'après le ton de sa voix que c'était quelque chose qu'il avait mémorisé dans un livre.
"Elle va bien?" demanda Albus.
"Je vais bien, Al", lançai-je. "Bouge ton idiot de pote loin de moi pour que je puisse l'envoyer en enfer avant d'aller chercher mon frère."
Personne ne bougea.
"Je suis sérieuse" menaçai-je, mais ils restèrent tous où ils étaient. Après quelque minutes de silence, je laissai échapper un cri refoulé :"Maintenant je vais devoir tous vous jeter des sorts. DÉGAGE, MALEFOY!" hurlai-je alors qu'il me repoussait encore une fois sur le sol.
"Vous êtes sûrs qu'elle va bien?" demanda cependant Al une nouvelle fois. "Rose? Tu es là?" Il secoua sa main devant mon visage.
Bien sûr que j'allais bien, je parlais, non? Parfois, Albus pouvait être si stupide.
"Scorpius est arrogant et paresseux et ne mérite pas d'être préfet en chef. Dom est folle de quidditch cette année et elle me rend folle. Lily ne pleure jamais donc elle doit se sentir vulnérable maintenant alors je ne devrais probablement pas lui dire que son mascara se fait la malle. Et toi, Albus," je repris mon souffle. "Tu me fais chier!"
Nouveau silence.
"Elle va bien", dit Scorpius, puis il m'aida à me relever.
"Enfin!" m'exclamai-je en enlevant la poussière de ma jupe. "Et maintenant je vais chercher Hugo."
"En fait, non" dit Scorpius, et il s'avança d'un pas vers moi pour que je ne puisse aller nulle part - il n'y avait qu'un escalier qui descendait derrière moi, et je ne pensais pas pouvoir les descendre sans tomber dans l'état dans lequel j'étais. "Angela est partie chercher les autres pour leur demander de le chercher. Elle va aussi aller voir McGonagall alors toi, tu vas rester où tu es et ne pas t'évanouir encore une fois. Tu. Ne. Vas. Pas. Aller. Chercher. Hugo." me dit-il, plaçant ses mains sur mes épaules, insistant sur ses mots en les disant lentement, me dissuadant de faire autrement.
Encore une fois, il était dans mon espace personnel que j'aimais appeler ma bulle, et j'aimais ça. Je secouais légèrement ma tête pour faire disparaître cette sorte de cauchemar étrange dans lequel je me trouvais.
"Si."
"Pas avant que Madame Pomfresh dise que tu peux y aller."
Je levai les yeux vers lui avec détermination mais il me regardait avec un air sur son visage que je ne reconnaissais pas. Après une minute ou deux comme ça, j'abandonnai l'idée de le forcer par la haine et décidai de lui demander gentiment - quelque chose que je n'avais jamais essayé auparavant. Je m'avançai d'un pas vers lui, rapprochant instinctivement nos corps, et fut plus surprise que lui quand ma voix sortit sous la forme d'un murmure: "S'il te plait, Scorpius. Laisse moi passer."
Le masque qui restait toujours devant son visage, celui qui montrait sa fierté de Serpentard, toute sa confiance et son petit sourire satisfait de Malefoy, glissa et, pendant un court moment, j'avais l'impression de voir sa vraie personnalité dans ses yeux.
Il ouvrit sa bouche pour parler mais rien ne sortit et il n'y eut qu'un peu plus de silence.
Il toussa.
Juste à ce moment, je réalisai que nous étions inutilement proches et reculai d'un pas. Pour masquer la confusion qui régnait dans ma tête, j'utilisai l'émotion la plus commune que je ressentais quand j'étais près de Scorpius - la colère.
"Pour l'amour de Merlin, Malefoy", hurlai-je en tapant du pied. "Pourquoi est-ce que tout doit toujours être fait à ta façon?
"Parce que, Weasley, ma façon est la meilleure façon."
"Bien sûr", grommelai-je sarcastiquement. "Écoute, et si tu me laisser aller chercher mon frère?"
"Non." dit-il simplement, se plaçant devant moi alors que j'essayai de m'avancer. Je craquai.
J'attrapai ma baguette dans ma poche et la pointai sur lui.
"Tu vas le regretter, Malefoy", dis-je, ma voix tremblant de colère. "Si tu ne dégages pas de mon chemin, je te garantis que tu le regretteras."
"Ah oui", répliqua-t-il sèchement, attrapant sa baguette dans sa poche. "Qu'est-ce que tu vas me faire, Weasley, m'insulter?"
Je pointai directement ma baguette sur son torse, sur le point de prononcer le pire sort qui me venait à l'esprit (Je me demande si Oncle Harry et Papa m'auraient tuée ou félicitée si j'avais utilisé un sort du 'Prince' sur lui?) quand Dom et Al attrapèrent mes poignets et les bloquèrent derrière mon dos, puis ma baguette me fut retirée des mains.
Scorpius avait l'air si suffisant, et trop beau dans la lumière de l'après midi à mon goût, que je fis la seule chose que je pus faire en face de la personne la plus chiante de l'univers. Je me dégageai de l'emprise de Dom et Al et arrachai ma baguette des mains glacées de Lily. Je marchai droit sur Scorpius et je pouvais dire qu'il pensait que j'allais lui jeter un horrible sort. Au lieu de ça, je lui mis mon poing dans la figure.
"Bordel, Rose", hurla-t-il en tenant sa figure pleine de sang. "Pourquoi est-ce qu'au nom de Merlin t'as fait ça?"
Il pensait que c'était ma faute? Comment n'avait-il pu pas voir le voir venir? Ça me paraissait évident. Ma colère, qui avait momentanément été remplacée par la satisfaction d'avoir fait quelque chose pour enlever cette suffisance de son visage, refit surface et je l'approchai encore d'un pas.
"Qu'est-ce que c'est que ce remue-ménage?" demanda Madame Pomfresh alors qu'elle arrivait avant que j'aie pu arracher la tête de Scorpius.
"Rien", dis-je rapidement mais Lily, Dominique et Al dirent tous au même moment:
"Rose s'est évanouie."
"Oh ma chérie", dit Madame Pomfresh, "tu peux marcher ma petite? Bien, alors on va t'amener à l'infirmerie et vérifier tout ça." Je leur jetai à chacun un regard malfaisant bien mérité avant de la suivre dans le couloir.
"Rien de très grave", me disait Madame Pomfresh pendant que j'observais Lily regarder dehors et vérifier la grande pendule du mur toutes les quelques secondes. Un peu plus tôt, nous avions reçu un patronus du professeur McGonagall pour nous dire qu'elle avait localisé Hugo mais Madame Pomfresh ne m'avait pas laissée partir, elle avait insisté pour que je reste jusqu'à ce qu'elle me laisse y aller.
Et ma patience s'amenuisait.
"Ça devrait aller; tu pourras partir bientôt. Juste le temps que je fasse un autre bandage à cette main", dit -elle, puis elle alla dans son bureau.
J'étais tombée sur mon poignet et me l'étais foulé, et n'avais rien arrangé en frappant Scorpius, mais sinon j'allais bien. Toute ma famille, y compris Angie qui avait été chercher madame Pomfrey et avais organisé un groupe de recherche (elle était trop géniale parfois), avait dû sortir de l'infirmerie et retourner en cours dès que nous étions arrivés. Ou ils pouvaient aider à chercher Hugo, tout dépendait de ce que Mcgonagall allait dire, nous ne savions pas encore où il était- après tout, elle ne pouvait pas nous laisser tous courir dans les couloirs en appelant Hugo au beau milieu des heures de cours. Seules deux personnes furent autorisées à rester avec moi.
Lily était là parce qu'elle était assez secouée a propos de toute cette histoire avec Hugo - il était son cousin préféré (sans me compter, évidemment), ils avaient pratiquement toujours été dans les mêmes cours depuis leur première année- et que je pensais qu'une pause dans ses cours ne lui ferait pas de mal, et Scorpius était là parce que... Pourquoi est-ce que Scorpius était là?
Son visage allait bien; Madame Pomfresh l'avait soigné en un instant (mais seulement après avoir vérifié mon poignet), ce que j'aurais pu faire moi même si je l'avais voulu... ce qui n'était pas le cas.
"Pourquoi t'es là?" lançai-je au garçon assis sur le lit à ma droite, sans me préoccuper d'avoir l'air grossière. Scorpius avait insisté pour rester comme il était préfet en chef et avait usé de son pouvoir pour faire taire les protestations de tous les autres membres de ma famille.
"Eh bien, Rose, je suis préfet en chef, non?" demanda il comme si c'était la chose la plus évidente au monde. J'eus du mal à me retenir de dire quelque chose mais lui lançai un regard pour lui montrer que ce qu'il disait n'avait aucun sens.
"Alors c'est mon devoir de rester", ajouta-t-il.
"Et tu ne voulais pas retourner en cours", dis-je. "Leçon ennuyante, Malefoy?"
"Histoire de la magie" admit-il après une légère hésitation, en rougissant légèrement avec un sourire penaud. Je gloussai en entendant son commentaire. "Tu vois... N'importe quelle excuse."
"Merci", dis-je sarcastiquement, continuant à rire un peu alors que Lily revint de la fenêtre et s'assit à côté de moi sur le lit. "N'importe quelle excuse n'est pas exactement ce que j'appellerai le meilleur compliment."
"Je n'arrive pas à penser à où il a pu aller", me dit Lily, redirigeant la conversation vers Hugo.
"Ce n'est pas de ta faute Lily", essayai-je de la rassurer. "Personne ne pouvait attendre de toi que tu regardes partout.
"Je ne peux toujours pas croire que tu te sois évanouie", me dit Scorpius et il laissa échapper un petit rire."
"De toute façon, Malefoy, tu ne comprendrais pas ce que ça fait quand ton frère disparait. En fait, j'aime mon frère, et je fais complètement confiance à Lily" je serrai sa main doucement, "Si elle dit que quelque chose ne va pas, alors quelque chose ne va pas."
"Ouais, mais quand même..." il cherchait ses mots. "Tomber dans les pommes?"
"Malefoy, c'est mon seul frère, et c'est mon petit frère. Je dois le surveiller", lui dis-je, sans savoir pourquoi je le lui expliquai -je savais que Scorpius ne comprendrait pas, de toute façon. "C'est mon devoir."
Scorpius réfléchit pendant un moment, puis répondit simplement:
"Ok"
"Attend... Ok?" demandai-je, incrédule.
Il ne put pas répondre car Madame Pomfresh revint de son bureau avec le bandage de rechange qu'elle avait trouvé. Je ne sais pas pourquoi elle n'avait pas juste utilisé un sortilège d'attraction, sans doute parce que cela aurait semblé paresseux. Ma mère m'avait toujours dit que nous ne devions pas toujours utiliser la magie, et ce dans le but de nous rende compte de comment vivaient les moldus. J'étais tout à fait d'accord avec ça, même si d'autres ne le comprenaient pas. C'est pourquoi elle avait obligé mon père à passer son permis de conduire moldu, pour ça et parce que c'était le moyen le plus facile et le plus rapide de nous déplacer quand nous étions plus jeunes sans utiliser la magie ou le transplanage.
'Obligé' n'était sans doute pas le bon mot. Mon père ferait n'importe quoi pour ma mère; il avait de toute façon déjà prévu de passer son permis de conduire quand elle le lui avait suggéré.
Le nouveau bandage était enroulé autour de mon poignet droit et Madame Pomfresh déclara que j'allais survivre et que je pouvais partir. Scorpius nous raccompagna, Lily et moi, au portrait de la Grosse Dame et à l'entrée de la salle commune de Gryffondor.
"N'oublie pas", me dis-il alors que je suivais Lily dans le trou du portrait. "Ronde ce soir à sept heures."
Je marmonnai quelque chose qui m'aurait sans doute apporté des ennuis s'il l'avait entendu et m'engouffrai dans le trou du portrait.
Nous marchâmes jusqu'à la cheminée et j'étais sur le point de demander à Lily où tout le monde était alors que nous nous approchions de notre coin habituel, quand une silhouette se leva de mon fauteuil préféré et se tourna vers nous.
Je regardai cette personne pendant trente bonnes secondes avant de m'avancer d'un pas.
"HUGO ARTHUR WEASLEY!" criai-je, en attirant probablement l'attention de toute la salle commune, mais je m'en fichais. "Où diable étais-tu? Est-ce que tu réalises à quel point je me suis inquiétée? Est qu'au moins t'en as quelque chose à faire? Et Lily! Tu aurais au moins pu dire à une personne où tu allais avant de disparaître complètement!" Hugo recula mais je continuai à laisser ma colère sortir, "Merlin, tu es si puéril. Je ne sais pas ce que je vais faire avec toi. Je devrais enlever vingt points à Gryffonodr mais je ne le ferai pas parce ce serait injuste pour la maison. Je devrais te mettre en retenue! Qu'est ce que tu as à dire pour ta défense?"
"Hmm, je suis... désolé?" demanda-t-il comme une question.
"J'espère bien!" hurlai-je encore. "Où étais-tu?"
"Je... je parlais au professeur Ward."
"Toute la matinée?" demandai-je, sans vraiment croire qu'il avait tant à dire à son professeur d'astronomie.
"Ben, ouais..." son visage s'illumina alors, "Il m'a parlé de l'alignement des planètes et de leurs significations, et m'a même dit que j'étais doué. Moi, doué! Je n'arrive pas à le croire, tu sais."
"Ouais", marmonnai-je en me laissant tomber dans un des fauteuils près du feu avec Lily, je ne pouvais plus rien faire pour l'embêter, Hugo était heureux. Il continua son histoire sur les étoiles, les arcs-en-ciel et les licornes... ou que sais-je. Je ne pense pas que j'écoutai très attentivement, vu que je m'endormis très vite.
"Rose... Bonjour, Rose..."
"Elle est vivante?"
"Tu ne penses pas qu'elle s'est encore évanouie, hein, Dom?"
"Non, Lil, mais peut être qu'on devrait ma monter au dortoir?"
"Peut-être qu'on devrait l'attacher à la tour de Serdaigle en sous-vêtements?"
"Berk, Fred, sois pas dégueu!"
"Tu me fais ça, Fred Weasley", marmonnai-je en ouvrant les yeux, "et je fais tout pour que tu aies des retenues tous les jours jusqu'à tes ASPICS."
Fred déglutit.
"Désolé, Rosie."
"Ça va", lui dis-je, et je regardai autour de moi pour situer mes alentours.
Lily et Dom étaient assises par terre avec Lucy, Molly et Fred et jouaient à la bataille explosive. Hugo était assis dans le fauteuil dans lequel il était déjà lorsqu'il me racontait sa fascinante discussion avec le professeur Ward. Le reste de la salle commune était extrèmement bruyant; apparemment, dans un coin éloigné, un groupe constitué de quatrième, cinquième, sixième et septième années jouaient à Action ou Vérité.
Je me frottai le front en m'asseyant.
"Quelle heure il est?" demandai-je.
"Hmm... Sept heures dix", répondit Lucy.
"Oh", criai-je, en attirant l'attention de quelques personnes autour de nous. "Fait chier, je devais rejoindre Malefoy il y a dix minutes pour les rondes."
Tous se turent alors que je rajustai mes cheveux, mon uniforme et essayai de me réveiller.
"Ooh, t'es en retard", dit Fred, et je lui lançai un regard.
"Tu crois?" lui demandai-je sarcastiquement, et Fred retourna vite à sa bataille explosive pour éviter une dispute.
"Salut tout le monde", criai-je par dessus mon épaule alors que je me ruai hors de la salle commune. J'entendis un brouhaha de 'salut' qui me répondaient, puis le portrait pivota et il n'y eut plus aucun bruit. Je courus dans les escaliers jusqu'au Grand Hall.
Quand j'atteignis le bas des marches, je vis Scorpius Malefoy appuyé contre un poteau, regardant sa montre. Je trébuchai à moitié sur la dernière marche mais repris mon équilibre et m'arrêtai approximativement devant lui. Je devrais vraiment arrêter de courir dans les escaliers, ils ne m'aiment pas.
Il releva la tête:
"Enfin!"
"Je m'excuse", marmonnai-je. "M'suis endormie."
Scorpius sembla vouloir répliquer, ou au moins commenter la manière dont je m'étais excusée, mais il y pensa à deux fois et haussa juste les épaules.
"Ok, bref, t'es là maintenant. Allons-y."
Il se poussa du mur et commença à partir, se dirigeant vers la la salle commune des Poufsouffle et les cuisines. Je me précipitai pour le suivre et nous marchâmes côte à côte.
"Quoi?" le questionnai-je, confuse. "Pas de cris? Tu vas juste oublier que j'étais en retard?"
Après quelques autres couloirs, et deux escaliers, il s'arrêta de marcher, se tourna face à moi et soupira.
"Qu'est-ce que tu veux que je te dise, Rose?" demanda-t-il.
Je remarquai pour la première fois qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas. Pourquoi n'était-il pas arrogant et suffisant comme d'habitude? Est-ce que quelque chose le tracassait? Est-ce que sa famille allait bien? Est-ce qu'il s'était disputé avec Al?
Je me rendis compte que je m'inquiétais.
Reprends toi, Rose, me dis-je encore. Ce n'est que Malefoy.
"Hmm.. je ne sais pas", répondis-je maladroitement. "Je pensais juste que tu serais, tu sais... énervé."
"Je ne suis jamais énervé contre toi, Rose", souffla-t-il, puis il se remit à marcher.
"Quoi?"
"Rien."
"Dis-moi, Malefoy?"
"Tu sais quoi, là tu commences à m'énerver", me dit-il, mais je savais, en quelque sorte, qu'il ne le pensait pas. Nous continuâmes de marcher et il y eut un silence durant lequel je lui demandai silencieusement si je l'irritai. Il se tourna et me sourit légèrement, et je sus que nous n'étions pas en train de nous disputer.
Je répondis immédiatement à son sourire alors que nous tournions au coin du couloir et passions par une porte cachée et un escalier.
Pourquoi n'étions-nous pas en train de nous disputer? me demandai-je à moi-même. Cela ne nous ressemblait pas du tout de bien nous entendre tous les deux.
"Rose?" demanda-t-il, me ramenant à la réalité. Scorpius s'arrêta et s'assit sur le rebord d'une fenêtre, en face de moi, et je m'appuyai contre le mur.
"Mm?"
"Ce que tu as dit tout à l'heure, à propos de 'ne pas comprendre ce que ça fait quand ton frère disparait'..."
"Ouais, j'ai dit ça. Et alors?"
"Qu'est-ce que tu voulais dire?"
J'hésitai: "Qu'est-ce que tu veux dire?" le questionnai-je, embrouillant la conversation.
"Et bien..." il cherchait ses mots, alors je décidai de l'aider un peu.
"Je voulais juste dire que parce que tu n'as pas de frères et sœurs, tu ne pourrais pas comprendre ce que c'est de s'inquiéter pour eux tout le temps."
"Qu'est-ce qui te fait dire que je n'ai pas de frères et sœurs?"
"C'est le cas?" demandai-je, choquée. Je n'aurais jamais pensé que Malefoy avait des frères et sœurs.
"En fait," me dit-il, sa voix se teintant de fierté," oui. J'ai une sœur."
"Tu l'aimes?" l'interrogeai-je, sans avoir besoin d'une réponse. Bien sûr qu'il l'aimait.
"Plus que tout", me dit-il, puis il commença à sourire et j'eus l'impression que nous étions pour la première en train d'avoir une vraie conversation, malgré toutes les fois où nous avions parlé auparavant. Enfin, en y pensant, nous n'avions jamais fait que nous disputer. "C'est la meilleure. Et elle est si jolie, exactement comme ma mère.
"Quel âge a-t-elle?"
"Quatre ans, cinq bientôt. Son anniversaire n'est pas dans longtemps; le dix octobre", répondit-il avec un petit sourire, et je ne pus m'empêcher de sourire aussi."Elle s'appelle Clarinda."
"Clarinda", répétai-je. "Ça veut dire belle, vive et brillante", lui dis-je.
"Ouais", répondit-il, et son regard se perdit. "C'est tout elle."
Je haussai les sourcils, mais Scorpius était concentré sur autre chose. Je pouvais déjà dire, à partir d'une seule petite conversation, que Scorpius adorait sa petite sœur. Je n'arrivais pas à croire que, jusque là, je ne savais même pas qu'elle existait.
Je décidai, après trois minutes, qu'il était temps de ramener Scorpius dans le 'vrai monde'."Scorpius? T'es là?"
Il ne répondit pas, alors je me rapprochai et posai ma main sur son front, mon visage à la hauteur du sien. "T'es vivant?"
Il cligna des yeux et fis le point sur mon visage.
"J'suis là" murmura-t-il.
"Bien", dis-je, "parce qu'il nous reste encore deux heures et demie de rondes."
"Brillant", gémit-il.
Le silence se fit alors que nous nous regardions l'un l'autre. Je me rendais de plus en plus compte qu'il était encore très proche. Qu'est-ce qu'il m'arrivait aujourd'hui? Je n'arrêtai pas de le voir et de finir plus près de lui que je ne le devais.
Après une autre minute, je baissai ma main et il se leva.
Je toussai pour combler ce silence embarrassant.
"Allons-y."
"Bonne idée", approuva-t-il, et nous nous remîmes à marcher dans les couloirs en silence.
"Alors..." demandai-je, gênée par ce blanc. "Quelle est la couleur préférée de Claire? Je peux l'appeler Claire, hein?"
"Elle aime tellement être appelée Claire", me dit-il en souriant une nouvelle fois, puis il se tourna pour regarder où il allait. "Et c'est le bleu."
"Pourquoi bleu?"
"Elle dit que c'est la couleur du ciel... la plupart du temps, tu sais, parce que la nuit il fait sombre et - et il y a des étoiles, enfin j'imagine qu'il ne fait pas sombre quand il y a des étoiles, mais..." je lui jetai un drôle de regard pour lui montrer qu'il s'égarait, et il se reconcentra sur ce qu'il était en train de dire. "Mais ça la fascine." Il y eut un nouveau silence pendant quelques couloirs, puis il dit: "Pourquoi tu me demandes ça?
"Et bien, on peut dire beaucoup de choses sur une personne à partir de sa couleur préférée. Comme, le bleu... ok, alors le bleu signifie...", j'essayai de me souvenir d'un livre que je me rappelai avoir lu en quatrième année, trouvé dans la bibliothèque alors que j'étais supposée faire mes derniers devoirs de l'année. "Paix, tranquillité et loyauté. Quelle est ta couleur préférée?"
Il me regarda pendant un moment et je voyais qu'il hésitai à me le dire, sûrement au cas où je commencerais à en sortir quelque chose d'embarrassant. Finalement, sous mon regard pénétrant, il soupira: "Rouge", puis ajouta rapidement "mais ne le dis à personne parce que tout le monde penserait que ça a quelque chose à voir avec Gryffondor.
"Ok, ok", le rassurai-je, croisant mes doigts sur mon cœur, "promis".
Il avait toujours l'air inquiet alors je levai mon petit doigt, "Pinkie promis", lui dis-je, mais comme il avait l'air de ne rien comprendre, je continuai: "C'est un truc moldu anglais où on doit se serrer les 'pinkies', les petits doigts. Comme l'équivalent moldu d'un serment inviolable. Sauf que tu ne meurs pas si tu le violes", ajoutai-je après réflexion.
"Ok", approuva-t-il en me serrant le petit doigt, et mon cœur s'emballa quand nos peaux se touchèrent. "Pinkie promis. Alors qu'est-ce que le rouge veut dire? Suis-je secrètement amoureux du Poulpe Géant? Vais-je faire carrière dans la fabrication de vitraux? Chanter fabuleusement de l'opéra?
Je ris avec lui, "Rouge signifie... charmant-"
"Ça, je le suis", m'interrompit-il en riant.
"Je n'ai pas encore fini", lui dis-je, avec un léger sourire sur mon propre visage. "Charmant, ambitieux, énergique, passionné et ... " je bredouillai le dernier mot.
"Quoi?" demanda-t-il, curieux. "C'était quoi le dernier?
Je soupirai, sachant que je devrais le dire de toute façon, il était trop déterminé. "Séduisant."
Il rit et je le rejoignis vite. "Ok... Alors qu'est ce que l'orange veut dire?" me questionna-t-il, en croisant son bras au mien alors que nous continuions à marcher dans le couloir. Je soupirai, en partie de frustration mais surtout de bonheur parce que nous nous touchions une nouvelle fois.
J'étais officiellement en train de devenir folle, me dis-je à moi-même, avant d'ignorer ce sentiment.
"Je vais devoir te parler de toutes les couleurs?
"Ouaip."
Ce ne fut que quand je fus arrivée à mon dortoir à dix heures et quart et que je pus enfin m'écrouler sur mon lit et repenser à ma journée que je réalisai que quelque chose avait changé entre nous. Je ne savais pas quoi, mais je savais que nous nous voyions différemment.
Le lendemain allait être intéressant.
3 jours de retard! Désolée désolée désoléée! Je ne vous ai pas abandonnés, vous mes nombreux (si si) lecteurs, je n'ai juste VRAIMENT pas eu le temps d'updater plus tôt... (Vive la Terminale S et les profs qui se rendent compte que, oulala, les vacances c'est déjà dans une semaine, c'est pas tout ça mais on manque de notes, un ou deux ptits devoirs avant Noël ça vous fera pas de mal (multipliez ça par le nombre de matières)... Et puis bon, hier pas tellement d'excuses mais j'ai été entraînée contre mon gré (presque) pour aller fêter les vacances dignement :p)
Un ENORME merci à tous ceux et celles qui ont reviewé le chapitre 2, et je vous dis à la semaine prochaine, sans retard cette fois :)
Et une petite review à ce chapitre-ci ne serait pas de refus non plus :D Bonnes vacances à ceux qui ont la chance d'en avoir, et tâchez de ne pas mourir ensevelis sous la neige d'ici le prochain chapitre ;)
