Chapitre VII: Le quidditch peut s'avérer violent... (partie 2)

J'atteignis les gradins juste à temps pour voir Scorpius se faire frapper à l'estomac par Peter, attraper ses lunettes de soleil sur le banc où il s'était de toute évidence assis plus tôt, et les écraser sur le visage de Peter.

Ses lunettes hors de prix se brisèrent en même temps que la baguette de Peter, qu'il venait de ramasser pour essayer de lancer quelques sorts à Scorpius.

Scorpius réalisa alors qu'il était, en fait, un sorcier et, agrippant toujours Peter par le devant de son t-shirt en le secouant répétitivement d'avant en arrière pour qu'il cogne contre le panneau de bois derrière lui, fouilla ses poches de jean avec son autre main à la recherche de sa baguette.

"Espèce de connard, Maroon!" hurla Scorpius par dessus les encouragements de toutes les personnes qui les regardaient autour. "Tu t'approches encore d'elle et je te tue, et je prendrai mon pied" menaça-t-il, et je suis presque sure que je vis tous les autres mecs qui pouvaient l'entendre soupirer de soulagement à l'idée qu'ils n'étaient pas Peter à ce moment-là.

"Scor!" lui cria Al, me rattrapant près des gradins. "Lâche-le, qu'importe ce qu'il a fait, ça ne vaut pas ta position de préfet en chef!"

"Ça. La. Vaut." répondit Scorpius entre deux coups de pied aux jambes de Peter tout en essayant toujours de trouver sa baguette.

Il réussit finalement à mettre la main dessus et la pointa sur un Peter à l'air terrifié, qui semblait avoir abandonné l'idée de se défendre.

"Scorpius!" le réprimandai-je, et il se retourna immédiatement pour me regarder, contrairement à ce qu'il avait fait avec Al. "N'envisage même pas de lui lancer un sort!"

Il me regarda un moment. Il n'y avait plus de bruit, comme tout le monde attendait de voir ce qui se passerait, essayant de comprendre la situation. "Pourquoi pas?" demanda-t-il finalement.

"Parce que tu es préfet en chef!" lui rappelai-je en descendant de mon balai, et je me précipitai vers les deux garçons au milieu du cercle d'élèves. "T'es supposé donner le bon exemple."

"Allez, Rose. Tu sais que tu veux le frapper pour ce qu'il t'a fait." me souffla-t-il.

Apparemment il n'avait pas été assez discret car Hugo, qui m'avait alors rattrapée, demanda tout haut "Qu'est-ce qu'il t'a fait, Rose?"

Je bafouillai. Je n'avais même pas voulu le dire à ma famille, j'avais l'impression que c'était trop personnel et je n'aimais pas avoir des conversations intimes, mais à ce moment on aurait dit qu'ils voulaient que je le leur dise devant toutes les autres personnes de mon année, et tous les Gryffondors.

"Il ment", entendis-je Peter bredouiller, à terre. "Je n'ai rien fait à Rose."

"Arrête ça!" Scorpius perdit son calme à nouveau et hissa Peter sur ses pieds. "Arrête d'essayer d'embobiner tout le monde comme ça!"

"Scorpius..." soufflai-je. Je ne voulais pas qu'il ait des ennuis à cause de mes problèmes. "Arrête, s'il te plait. Pour moi..."

Il se tourna pour me regarder et, pendant ce temps-là, Peter bondit loin de Scorpius et se retourna pour se tenir à côté de moi.

Je reculai.

Scorpius s'avança rapidement entre nous.

"Hey, Rose, ça va?" demanda faiblement Peter, de nouveau gentil comme avant tout ça, agissant comme s'il était innocent devant tout le monde, comme s'il venait seulement de se rendre compte de mon arrivée. Mes yeux se plissèrent mais avant que je puisse dire quoi que ce soit, Scorpius me devança, mettant fin à cette scène.

"Dégage, Maroon, avant que mes poings ne rencontrent ton visage... encore", ajouta-t-il, et je remarquai que ses jointures étaient rouges de sang. Regardant à nouveau Peter, je réalisai que c'était probablement le sang de Peter sur les mains de Scorpius.

"Qu'est-ce qu'on a là, Weasley", Peter laissa tomber son gentil masque pour s'adresser à moi. "Tu t'es trouvé un petit garde du corps?"

Je ne répondis pas, laissant la parole à Scorpius. "J'ai dit dégage", menaça-t-il de nouveau, implacable. Peter eut l'air effrayé par son ton mais le cacha vite. Il tentait sérieusement sa chance, son visage affichait déjà plusieurs bleus et deux yeux au beurre noir.

"Ouais, ouais, c'est ça", dit -il en faisant vaguement signe en direction de Scorpius, comme s'il contrôlait la conversation, le congédiant. "On se voit plus tard, Weasley."

"Tu ne la verras nulle part, Maroon!" lui hurla Scorpius et, d'un mouvement rapide, il lui envoya son poing dans le nez. Pendant un instant, j'étais sous le choc, jusqu'à ce que Scorpius prenne ma main pour m'entraîner plus loin, Peter serrant son nez entre ses mains pour l'arrêter de saigner.

"Viens, Rose". Scorpius essaya de m'éloigner de Peter et je réalisai que c'était le moment ou jamais de me venger.

Arrête d'être la douce, gentille, attentionnée et fragile Rose Weasley, et prend tes problèmes en main pour une fois, m'entendis-je me dire dans un moment de courage. Peut-être que j'étais à Gryffondor pour une bonne raison.

"Non", dis-je fermement à Scorpius, m'arrêtant net en arrachant ma main de la sienne, et je marchai, déterminée, vers Peter. "Tu n'es qu'un gamin égoïste, Peter, et tu ne mérites même pas d'avoir des amis!" lui criai-je devant tout le monde. "Tu ne mérites rien du tout, si tu veux mon avis. Et tu sais quoi? La seule chose plus chiante que ton nom c'est ta tête, alors je pense que je vais arranger ça pour toi", crachai-je, puis, avant de pouvoir me retenir, je le gifflai violemment en plein sur le visage, laissant une marque de main rouge sur sa joue, sous le sang des coups de Scorpius, et lui donnai un coup dans les tibias.

Peter se renversa, littéralement, et cogna bruyamment le sol de bois. Je le regardai de haut, Scorpius à côté de moi, et sifflai furieusement: "Tu t'approches encore à moins de cinquante centimètres de moi et je m'occuperai personnellement de t'envoyer là où l'âme de Voldemort pourrit."

Le frappant une dernière fois dans les tibias et tirant par la main un Scorpius à l'air légèrement terrifié, je ramassai mon balai et me dirigeai hors des gradins.

Je pouvais entendre tout le monde autour de nous chuchoter entre eux et ma famille m'appeler mais je les ignorai tous. Qu'importe ce qu'ils diraient de ça plus tard, je m'en foutais - Peter l'avait mérité. Et je me sentais beaucoup mieux.

Le silence se fit entre Scorpius et moi; il jouait avec ses lunettes de soleil cassées avec sa main qui ne tenait pas la mienne.

"Je suis désolée que tu aies cassé tes lunettes", marmonnai-je.

Ça le fit rire. "Rose, j'ai cassé plus que mes lunettes" me dit-il. Je le regardai d'un air interrogateur et, pour la première fois, remarquai le flot continu de sang qui s'écoulait de son nez cassé.

"Oh mon... Merlin..." je cherchai mes mots, le regardant me sourire, amusé.

"C'est pas si grave, Rose, ça ne fait pas très mal", m'assura-t-il.

"Pas si grave..." répétai-je, abasourdie. "Scorpius, ton nez est cassé." Je passai rapidement du mode 'choqué' au mode 'réaction excessive'. "On doit aller à l'infirmerie pour te soigner. Ça pourrait s'infecter et j'ai lu quelque part que plus on attend pour soigner un nez cassé, plus ça risque de ne pas se soigner correctement par magie-"

"Rose!" Il secoua sa main qui tenait les lunettes devant mon visage pour me faire taire. "Calme-toi, j'irai à l'infirmerie, t'inquiète."

Je suivis ses lunettes de soleil des yeux puis remarquai qu'il me regardait. "Elles ont coûté cher?" m'enquis-je, culpabilisant. Bien sûr qu'elles l'étaient - tout ce qu'il avait était cher.

Cela le fit rire de nouveau. "Environ soixante gallions", me dit-il, et je crus que j'allais encore m'évanouir.

"Soixante gallions?" demandai-je, en état de choc. Je ne pensais pas qu'elles étaient si chères.

Quelle personne saine d'esprit paierait soixante gallions pour des lunettes de soleil? me questionnai-je, puis je réalisai la réponse.

Scorpius Malefoy le ferait.

"Oui", acquiesça-t-il. "Mais assez de mes lunettes de soleil, je peux en racheter, comment tu te sens?"

"Ca va," lui dis-je.

"Hmm, je ne doute pas que tu ailles bien... maintenant. Mais comment t'iras dans cinq secondes quand ta famille viendra te poser des questions?"

"C'est-à-dire?"

"Tu ne comptes toujours pas leur dire?" me demanda-t-il, l'air choqué. Je secouai la tête.

"Merlin, ton nez saigne vraiment, Scorpius," essayai-je de lui dire, mais il balaya ce commentaire d'un geste de la main.

"Rose, tu dois le leur dire!" Il me suppliait presque alors que je fouillai mes poches pour trouver un mouchoir. "Ça te facilitera les choses si tu - qu'est-ce que tu fais?" demanda-t-il, changeant de sujet au beau milieu de sa phrase.

Je m'étais arrêtée de marcher et me tenait face à lui. "Ne bouge pas." lui soufflai-je, et je m'avançai pour essuyer le sang de son visage.

Ce fut un moment étrange. D'un côté, cela me semblait totalement normal d'être si proche de Scorpius (même si cela accélérait légèrement mon rythme cardiaque), soignant ses blessures, mais, de l'autre, je me sentais un peu perdue et... Effrayée, je suppose. Qu'est-ce qui m'arrivait? Pas si longtemps auparavant, Scorpius était 'Scorpius Malefoy' - le gars qui se foutait de moi tout le temps et de qui je ne pouvais pas supporter d'être à côté plus de dix minutes. Et maintenant, il était 'Scorpius Malefoy' - le gars qui avait tabassé quelqu'un et s'était fait tabassé pour moi, qui me rattrapait chaque fois que je trébuchais et à qui j'avais l'impression que je pourrais tout dire.

T'es sérieusement atteinte, Rose, me dit cette partie de mon cerveau teeeellement utile.

Heureusement, elle fut interrompue par plusieurs voix bruyantes, que je reconnus immédiatement comme être celles de ma famille. Personne d'autre à Poudlard ne se déplaçait en groupe si nombreux.

"Qu'est-ce qu'au nom de Dumbledore est-ce qu'il s'est passé?" s'exclama Alice alors qu'elle, Al, Lily, Dom, Hugo, Angie, Fred, Roxanne, Molly, Lucy et même Louis s'approchaient de nous en courant.

Je secouai la tête. "Rien."

"Allez, on est pas si stupides. Qu'est-ce que Peter a bien pu faire de si mal? Il est plutôt gentil, quand t'y penses."

"J'essaie de ne pas y penser", lâchai-je à Dom.

"Il... Il a attaqué Rose", leur dit à tous Scorpius.

"Quoi?"

"Nan!"

"De quoi tu parles?"

"Attaqué?"

"Jvais le tuer!"

"Scorpius!" Je le poussai légèrement et il recula. "Pourquoi t'as fait ça?"

"Désolé, mais ils ont le droit de savoir", répondit-il alors que je continuai d'essuyer le sang de son visage. "Ce connard mérite d'être haï par tout le monde, Rosie, et c'est ta famille, après tout."

Je lui lançai un soupir, frustrée. "Bien!" abandonnai-je.

"Attendez", nous arrêta Hugo. "Il a quoi?"

"Il l'a, presque littéralement, attaquée. Sérieux, tout allait bien et une minute plus tard il la coinçait contre le mur et avait sa main sous son t-shirt", fulmina Scorpius.

Je rougis. "Il n'avait pas sa main sous mon t-shirt", marmonnai-je faiblement.

"Oh, si." me dit Scorpius, et les garçons eurent soudain l'air de vouloir tuer quelqu'un tandis que les filles avaient l'air choquées. Je vacillai de surprise à cette nouvelle information.

Si? Je me dis que je devais être trop concentrée à ne pas embrasser Peter pour avoir remarqué quoi que ce soit d'autre.

"C'était dégoutant. Il est si... si..." Je regardai Scorpius à court de mots. Cela ne lui ressemblait tellement pas. Scorpius Malefoy savait toujours ce qu'il allait dire, avait toujours tout prévu pour que rien n'échappe à son contrôle, et il était toujours impeccable et sans défauts, et jamais... et bien, jamais comme il était à ce moment là: négligé et confus.

Pour être honnête, c'était plutôt sexy.

Merlin, est-ce que je venais de penser ça? D'accord, je ferais mieux de dire la vérité. Ouais, je venais de le penser, parce que... bah, Scorpius était beau, charmant et tout à fait convenable.

A sa façon, évidemment.

Qu'est-ce qui n'allait pas avec moi!

J'essayai rapidement de me changer les idées en rejoignant la conversation. Néanmoins, cela ne fit que me rappeler des images de la nuit à la bibliothèque et j'eus rapidement envie de revoir Scorpius torse nu comme j'en avais rêvé la nuit précédente.

N'allez pas penser que c'était une chose à laquelle je rêvais souvent.

"Il a essayé de m'embrasser, et il... il m'a en quelque sorte poussée contre le mur et - et..." Je m'arrêtai et frémis, me remémorant vivement l'autre nuit à la lumière de ce que Scorpius m'avait dit. Je sentis que je commençai à pleurer et regardai hâtivement le sol.

Scorpius me prit dans ses bras; je me tenais déjà près de lui, et caressa mes cheveux boueux, me murmurant dans l'oreille que tout allait bien. Ça me faisait du bien, plus que du bien, même, de l'avoir là, près de moi, quand je me sentais vulnérable et effrayée, à prendre soin de moi et me protéger, alors j'enroulai mes bras autour de lui et lui rendit son étreinte. Les autres ne parlaient plus.

"Tu vas bien, petite fleur?" demanda doucement Al, utilisant le surnom que mon père me donnait, la voix pleine de tendresse. Je vis Alice, qui se tenait près de lui, pratiquement fondre d'entendre ainsi ses émotions.

Je m'écartai de Scorpius et reniflai, essuyant mon nez sur ma manche. "Merci, Al, mais je vais bien."

Il acquiesça. "D'accord, maintenant, je vais aller retrouve Maroon et je vais lui exploser la gueule."

Je ris en tremblant alors qu'Hugo, Scorpius et Dom acquiesçaient avec force.

"Je vais lui écraser les doigts jusqu'à ce qu'il ne puissent plus les sentir', menaça Dom.

"Je pense que, peut-être, il recevra quelques beuglantes sous peu de la part d'un tas de gens furieux..." dit Alice, sa voix s'estompant, nous laissant tous légèrement effrayés.

"Si il survit au weekend", lâcha Hugo et nous fûmes tous choqués de l'émotion qui bouillait en lui. Hugo était probablement le pire d'entre nous. Il s'énervait rarement mais quand il le faisait, Merlin, c'était comme écouter nos deux parents hurler. Nous savions tous qu'il vallait mieux ne pas l'embêter.

Pour changer rapidement de sujet, Al ignora les autres qui étaient toujours absorbés par leurs propres idées de meurtres, se tourna vers moi et me demanda: "Qu'est-ce que tu vas faire, maintenant?"

"Rester loin de Peter", grogna Scorpius à côté de moi, son bras toujours posé sur mes épaules.

"Merlin, j'avais oublié" m'exclamai-je alors que je regardai son nez et le mouchoir plein de sang dans ma main, le replaçant doucement sur le visage de Scorpius. "Infirmerie."

"C'était de la bagarre, ça, Scor", dit Al à son meilleur ami alors que nous nous dirigions tous vers le château.

"Heu, merci", marmonna Scorpius.

"Tu l'as frappé plus d'une fois", commenta utilement Louis.

"T'es tellement dans la merde avec McGonagall", dis Molly à Scorpius.

"Je sais", soupira-t-il.

"Oh, non" m'exclamai-je tristement alors que je réalisai quelque chose de terrible. "Et si j'avais des ennuis pour l'avoir giflé-"

"Et frappé", commenta Lily.

"Et menacé", ajouta Dom également. Je leur lançai un regard pénétrant avant de continuer.

"Et si j'avais une retenue? Je n'ai jamais eu de retenues. Et si McGonagall me reprenait mon insigne de préfète en chef?" Je crois que j'étais devenue un peu hystérique.

"Eh bien", commença calmement Scorpius. "Elle n'est pas obligée de le savoir."

"Mais Peter dira que je l'ai frappé", argumentai-je.

"Et je dirai à McGonagall qu'il ment et que c'est moi qui l'ai frappé."

Je levai les yeux vers Scorpius: "Tu dirais ça?" Il acquiesça et nous nous regardâmes l'un l'autre pendant un instant.

"Oh, Merlin" commenta soudainement Lucy. "Malefoy, t'as l'air totalement... heuu, bah..."

"Il ressemble à rien, Lucy", lui dis-je, me détournant de Scorpius.

"Et ben, merci, Rose", rétorqua-t-il sarcastiquement.

"Quand tu veux", souris-je. "Tu peux me remercier avec des cadeaux hors de prix.", lui dis-je en blaguant. Tous les autres rirent.

"Hé, je crois pas que ce sera possible", plaisanta-t-il. "Je dois toujours m'acheter de nouvelles lunettes de soleil." Il brandit sa paire écrasée.

"Tu ne peux pas les réparer avec un reparo?" demanda Lily.

"Non", soupira Scorpius. "C'en n'est que la moitié, le reste est en plein de morceaux dans les gradins et, en plus, elles sont censées être incassable alors reparo n'aura pas d'effet sur elles.

"Le vendeur pourra probablement te les réparer..." commenta Angie.

"Et, Merlin!" ajouta Lily. "Elles t'ont coûté combien?"

"Soixante gallions", leur dis-je, et Scorpius me lança un regard.

"T'avais besoin de le dire à tout le monde?" demanda-t-il, incrédule. J'acquiesçai.

Nous continuâmes de nous moquer de Scorpius sur tout chemin jusqu'à l'infirmerie comme si tout allait bien mais je maintenais toujours le mouchoir sur son nez cassé, n'osant pas le soigner moi-même de peur de perdre ma concentration et qu'il ait à passer le reste de sa vie dans la peau d'un gobelin ou d'un demi hippogriffe ou quelque chose comme ça. Je pouvais sentir les regards d'au moins un membre de ma famille sur moi en permanence, même s'ils détournaient les yeux quand je les regardais.

Nous entrâmes dans l'infirmerie, tous les treize, en attirant l'attention de Madame Pomfresh en un temps record.

Elle se précipita vers nous et accueillit Scorpius en reculant d'un pas, lui disant de but en blanc "Mon dieu, Monsieur Malefoy, vous êtes hideux."


Le mois de septembre se termina ensuite rapidement avec deux semaines normales - j'allais en cours, étudiais des heures à la bibliothèque et traînais avec ma famille, Angie, Alice et Scorpius les soirs où je n'avais rien à faire.

J'avais fait attention d'éviter Peter autant que possible, mais mes précautions étaient inutiles, vu qu'il ne m'approchait plus. La centaine de beuglantes que lui avait envoyé Alice un matin y étaient certainement pour quelque chose mais cela devait aussi être dû aux regards assassins que mes cousins lui envoyaient quotidiennement, au fait que Dom lui avait effectivement écrasé tous les os de sa main droite pendant leur cours de soin aux créatures magiques (elle avait dit à McGonagall que c'était un 'accident'), à l'attaque d'une vingtaine de cognards qui avaient miraculeusement réussi à sortir de leurs boîtes un samedi quand il était passé par là, à la mystérieuse raclée qu'il s'était prise par un étrange groupe de garçons un soir en rentrant à son dortoir, à la potion qu'il avait avalée sans le savoir à un déjeuner qui l'avait transformé en grosse boule de poils rose et verts et l'avait fait chanter "un chaudron plein de passion" de Celestina Moldubec dès qu'il ouvrait sa bouche, ou encore au maléfice que quelqu'un lui avait lancé de telle sorte que dès qu'il s'asseyait, il ressentait le besoin soudain de se relever, ce qui était terriblement amusant à regarder à chaque cours et à chaque repas pendant ces deux semaines.

Sans compter toutes ces choses qui m'avaient occupée, les devoirs de préfète en chef me prenaient également beaucoup de temps. Je n'avais dû faire que deux rondes après l'incident des gradins de quidditch, mais sans Scorpius.

Il avait temporairement été démis de ses fonctions par le professeur McGonagall, ce qui globalement signifiait qu'elle lui avait enlevé son badge de préfet en chef jusqu'à ce qu'il ait fait assez de retenues à son goût. Heureusement, elle ne l'avait pas renvoyé. Apparemment, les parents de Scorpius n'étaient pas très contents de lui après avoir reçu une lettre concernant son comportement, mais ils ne lui coupèrent les vivres que durant une semaine, et refusèrent de laisser sa soeur lui écrire pendant ce temps-là. Scorpius m'avait dit que ce qui l'avait le plus dérangé avait été de ne pas pouvoir parler à sa soeur; rien d'autre ne lui importait vraiment.

Je me sentais incroyable coupable de sa rétrogradation temporaire dès que je le voyais, comme il avait été puni parce qu'il me défendait. Je l'avais, en vain, dit au professeur McGonagall. Scorpius lui avait même dit que je n'avais rien à voir avec la bagarre. Elle m'avait simplement dit que 'peut-être M. Malefoy n'aurait pas dû être si galant", et ignoré mes autres protestations.

L'information concernant le 'bal' qu'on organiserait pour Noël s'était répandue presque aussi vite que l'histoire de la raclée de Peter. Tout le monde était ravi, malgré ce que mes amis en avaient pensé en premier lieu. Les conversations autour du bal redoublèrent quand le premier week-end à Pré-au-lard fut annoncé début octobre. Comme d'habitude, il était prévu pour Halloween.

Même si nous ne faisions plus de rondes ensemble à ce moment, Scorpius et moi continuions à nous retrouver dans un coin de la bibliothèque la plupart des soirs (je disais aux autres que je devais étudier, ce que je faisais la plupart du temps, d'ailleurs) pour parler comme nous le faisions avant, comme pendant notre première ronde.

C'était agréable de décharger ma colère ou partager mon bonheur avec quelqu'un qui n'irait pas immédiatement voir les autres membres de ma famille pour leur répéter tous mes secrets, comme si un secret était toujours secret s'il restait dans le cercle familial, parce que ce n'était pas le cas.

J'étais assise à la bibliothèque un soir, lisant calmement un livre que j'avais trouvé dans la réserve, qui s'appelait "La Peur de la Mort", qui expliquait pourquoi exactement certaines personnes avaient peur de mourir, quand le livre fut soudain tiré de mes mains par Scorpius alors qu'il s'asseyait à côté de moi.

"'La Peur de la Mort'?" demanda-t-il, en regardant la couverture. "D'accord, Rose, t'es officiellement devenue bizarre."

Je lui arrachai des mains, puis le fourrai dans mon sac que je repoussai loin sous la table. "C'est pas bizarre, c'est intéressant. Et il y a une suite - "

"Oh, joie" marmonna-t-il sarcastiquement.

"Elle s'appelle 'La Conquête la Mort', mais en fait c'est pas vraiment à propos de conquérir la mort, c'est à propos de pourquoi les gens veulent conquérir la mort. Et il y a trois chapitres entiers sur Voldemort, mon oncle et mes parents", lui dis-je.

"Et tu veux lire ça pour en apprendre plus sur ce que Voldemort a fait avec ses horcruxes et comment ça a affecté ton oncle?" m'interrogea-t-il, en se penchant sur la table, en appui sur ses coudes.

"Exactement", et je l'imitai, tournant ma tête vers lui pour mieux le voir. "Tu penses que je suis bizarre maintenant?" demandai-je.

Il gloussa. "Non, juste intéressée par le passé, c'est tout." Sa voix se refroidit.

"Qu'est-ce que qui ne va pas?"

"Rien..." marmonna-t-il, puis son regard rencontra le mien. 'Les gens changent avec le temps, Rose."

"Tu penses à ton père", dis-je gentiment.

Il acquiesça et répondit, même si ce n'était pas une question et que je ne lui avait pas demandé de me dire quoi que ce soit. "Certaines personnes le voient toujours comme le mal en pesonne ou pensent toujours qu'il croit en Voldemort et toute cette histoire de pureté de sang mais il n'est pas comme ça, Rose, il est juste comme n'importe quel autre parent... N'importe quel autre parent avec une marque des ténèbres sur le bras, s'entend."

"Scorpius", lui murmurai-je doucement, posant ma main sur la sienne. "Tu n'as pas à me dire tout ça."

"Je crois que je me sentirais mieux si je le disais à quelqu'un", me souffla-t-il, et il me regarda comme pour me demander si j'étais d'accord pour être ce quelqu'un.

"Il aimait ses parents et faisait ça pour eux, il avait l'impression qu'il n'avait pas le choix, et il était vraiment jeune - plus jeune que nous -, c'est la seule raison pour laquelle il a fait ça. Je veux dire, il aurait pu être tué s'il n'avait pas obéi aux souhaits de Voldemort. Tu sais, des gens disent qu'il appelle toujours Voldemort 'le Seigneur des Ténèbres' comme s'il le suivait toujours, comme s'il aimait toujours ses idées, mais ce n'est pas le cas. Il l'appelle 'Voldemort' comme n'importe qui d'autre, ou 'Tom Jedusor' parfois, quand il est particulièrement en colère contre lui."

Scorpius releva la tête vers moi, son regard s'étant auparavant baissé sur nos mains jointes. "Je suis heureux qu'il ait changé, Rose, autrement je n'aurais jamais été autorisé à te parler."

Je remarquai qu'il voulait dire moi, spécifiquement, pas les autres. Scorpius n'aurait pu parler à aucun de nous si ses parents avaient toujours eu ces préjugés contre les sang-mêlés ou les nés-moldus, mais il parlait de moi en particulier cette fois-ci.

"J'en suis heureuse aussi", soufflai-je.

Il soupira, "Désolé, je viens probablement de vraiment te déprimer."

"T'inquiète", lui dis-je, avec un sourire. "Tu peux me parler."

Il me rendit mon sourire, et devins beaucoup plus joyeux. "Jouons à notre jeu."

"Ok, c'est toi qui commences", soupirai-je, et je fermai les yeux.


Je pénétrai dans la Grande Salle, un après midi de la deuxième semaine d'octobre, pour découvris Lucy, Angie, Alice, Lily et Roxanne en train de discuter, par dessus leur déjeuner, des tenues qu'elles allaient porter au bal. Je les rejoignis, et m'assis près d'un Fred mourant d'ennui qui semblait vouloir ne pas s'être assis là, mais ne pouvait pas se lever sans attirer l'attention sur lui et être embarqué dans une conversation sur le shopping et les fringues.

"Donc je me suis finalement décidée pour de l'argenté, parce que ça va avec tout, et je pourrai acheter des accessoires à Pré-au-lard, en choisissant mes préférés sans me préoccuper de leurs couleurs", disait Alice.

Au cours des dernières semaines, elle était devenue un membre à part entière de notre groupe, tout le monde l'adorait et s'entendait bien avec elle. Je comprenais pourquoi Al l'appréciait, parce que c'était évident qu'il l'appréciait, elle avait l'air mystérieuse avec ses inhabituels yeux violets et ses cheveux noirs, épais et aujourd'hui bouclés.

"Tu t'es trouvé un rencard, Alice?" lui demandai-je alors que je me penchai sur la table pour attraper les pommes de terre.

"Nan", soupira-t-elle tristement, "pas encore."

"Demande-lui", soupira également Angie, d'un air las cette fois.

"Qu... Quoi?"

"Al", développa Angie. "Demande-lui."

"Qui a dit que je voulais y aller avec Al?"demanda timidement Alice, en essayant, sans succès, de se défendre.

"C'est tellement évident", m'exclamai-je, attirant quelques regards sur moi.

"Tu vois", ajouta Lily. "Même Rose l'a remarqué."

"Qu'est-ce que c'est censé vouloir dire?" demandai-je, blessée par son ton.

"Je veux dire que tu es celle qui est le moins souvent avec nous, parce que tu es toujours en train d'étudier ou de faire des rondes ou je ne sais quoi, mais tu l'as quand même remarqué."

"Oh."

"Comment se passent les rondes, Rose?" me demanda Alice, sautant sur l'occasion de changer de sujet. Je décidai de l'aider un peu.

"Ça peut aller", répondis-je. "En fait, c'est assez chiant maintenant que je dois patrouiller avec James Falcon."

"Scorpius est toujours en sursis?" plaisanta Roxanne.

"Ouais", boudai-je.

"Il ne peut pas être si intéressant que ça", dit Fred en nous rejoignant. Tous me regardèrent d'un air interrogatif.

"Non, non, c'est pas ce que je voulais dire", bredouillai-je. Fred déformait mes paroles. "Je veux juste dire que je... vous savez, j'aime bien parler avec lui... quand je n'ai pas envie que toute ma famille sache ce que je ressens..."

Il y eut un moment embarrassant durant lequel aucun de nous ne dit un mot. Je crois qu'ils venaient tous de réaliser à quel point Scorpius et moi étions devenus amis depuis le début de l'année.

Je fus sauvée, encore une fois, par l'arrivée d'Al et Scorpius, qui avaient tous les deux l'air ennuyé, mais quelque chose dans leur manière de rire et de blaguer m'indiqua qu'ils se moquaient d'un prof.

"Foutu Londubat", grommela Scorpius, ce qui fit rire Al.

"Qu'est-ce qu'il s'est passé?" leur demanda Fred.

"Oncle Nev va nous changer de place en botanique", nous informa Al, et nous poussâmes tous un gémissement. "Il a dit que nous devrions être capables de travailler avec d'autres gens que nos amis."

Alors que les autres marmonnaient et se plaignaient tous à propos des changements en botanique, Scorpius attrapa mon regard et me sourit comme s'il y avait quelque chose que je devais comprendre. Je lui rendis son regard et nous eûmes une conversation silencieuse. Je pris un air perdu, secouant ma tête, déconcertée, alors qu'il souriait simplement, jusqu'à ce qu'un éclair de compréhension me frappe et que je remarque quelque chose de différent sur lui.

Interrompant la conversation autour de moi, je sautai sur mes pieds, mon regard faisant des aller-retours entre le visage de Scorpius et l'insigne brillant sur son torse. "Ça y est?" demandai-je. Il acquiesça, rayonnant.

Sans y réfléchir, je me jetai en avant et lançai mes bras autour de lui. Il répondit après un moment, probablement de choc, et me rendit mon étreinte, gloussant dans mon oreille.

Alors que nous nous séparions, il me dit: "McGonagall a décidé qu'il était temps que l'école retrouve son préfet en chef."

"Juste comme ça?" questionnai-je.

"Et bien...", il hésita, puis lança rapidement: "J'ai peut-être suggéré qu'elle ne voudrait pas te stresser trop, avec les ASPICs et tes devoirs de préfète en chef et tout. Surtout en considérant le temps que tu passes à étudier."

Je le frappai gentiment sur le bras et nous nous sourîmes.

"Ça me fait penser..." lui dis-je mystérieusement, puis je levai un doigt pour lui indiquer de me donner un moment, fouillai mon sac de cours, et en sortis un grand parchemin enroulé et retenu par un ruban bleu.

Je le tendis à Scorpius, sous les yeux du reste de mes amis, qui avaient l'air complètement perdus. "Qu'est ce que c'est?" demanda-t-il.

"C'est un cadeau", l'informai-je.

"Je sais", marmonna-t-il.

"Pour Claire..." développai-je.

"Oh", dit Scorpius, surpris. "Merci Rose. Mais maintenant je me sens un peu mal, tu n'aurais pas dû. Tu n'as même pas rencontré Claire."

"Je sais assez de choses sur elle pour lui acheter un cadeau d'anniversaire", lui répondis-je fermement.

"Euuuh..." dit Al, pour attirer notre attention. Les autres nous regardaient comme si notre conversation n'avait aucun sens. En fait, elle n'en avait probablement aucun. Je n'étais même pas sûre qu'Al savait que Scorpius avait une petite soeur. Les mots qui sortirent de sa bouche juste après confirma cette théorie. "Qui est Claire?"

"La soeur de Scorpius", leur dis-je à tous.

Al se tourna vers son meilleur ami. "T'as une soeur?" Scorpius acquiesça. "Comment ça se fait que tu me l'aies jamais dit?"

"Jsais pas..." répondit calmement Scorpius. "Pas important, j'imagine."

"Comment elle s'appelle?" demanda Roxanne.

"Clarinda."

Personne ne parla jusqu'à ce qu'Al demande, en pleine confusion et, probablement, un peu blessé que Scorpius ne lui en ait pas parlé: "Comment ça se fait que Rose soit au courant et moi pas?"

"Je sais pas... Rose a demandé, j'imagine, donc je lui ai dit", lui répondit honnêtement Scorpius et nous nous sourîmes, nous rappelant certaines choses que nous nous étions demandé l'un l'autre. Nous avions créé un jeu, qui consistait à poser le plus de questions possible en une minute à l'autre, et à y répondre uniquement par la vérité.

"Alors, Scorpius..." demanda lentement Lucy, nous sortant de notre bulle. Nous nous tournâmes vers ma famille, un peu gênés de cette démonstration flagrante d'amitié. "Je me demandais avec qui tu allais au bal."

"Moi?" bredouilla-t-il. Lucy acquiesça en lui souriant. "Heeu, j'avais pas vraiment prévu d'y aller."

"Pourquoi pas?" lui demanda Al.

"Tu sais...", grommela-t-il, lançant un regard à quelques filles dans la salle. "On pourrait me tuer."

Cela nous fit tous rire, sauf Lucy, qui semblait déçue, et Al, qui avait l'air contrarié. Il était de notoriété publique que Scorpius avait un paquet d'admiratrices dans l'école (et hors de l'école aussi, pour être honnête), mais il n'était sorti avec personne depuis le milieu de l'année précédente.

"Je pensais qu'on allait y aller ensemble..." marmonna-t-il.

Nous nous tournâmes tous vers lui, sourcils levés. Apparemment il n'avait pas réalisé ce que cela pouvait laisser entendre. Il comprit finalement, probablement après avoir rejoué la scène dans sa tête.

"Non, non" modifia-t-il. "Je veux dire entre potes", il regarda ostensiblement Fred et Roxanne, qui rigolaient le plus, ayant hérité du sens de l'humour de leur père, "et traîner, quoi."

"D'accord", approuva Scorpius. "Ça me parait bien."

"Tu ne cherches pas de cavalière?" bafouilla Alice à Al, apparemment incapable de retenir sa question plus longtemps.

Il eut l'air choqué et confus un instant, puis essaya de trouver la bonne réponse. "Non... je veux dire, si, bien sûr... enfin, pas, genre, désespérément ou quoi - non pas que je sois désespéré ou quoi... Je veux dire, ça me dérangerait pas si j'étais... tu vois, invité par quelqu'un - ou si j'invitais quelqu'un, je veux dire..." Il s'arrêta finalement de parler.

Je regardai Alice qui semblait être sur le point de pleurer. C'était vraiment bizarre, Alice était toujours de bonne humeur, je ne croyais pas l'avoir vue pleurer une seule fois, et cette fois-ci elle était au bord des larmes juste parce qu'Al avait dit qu'il ne cherchait pas de cavalière.

Je toussai, attirant l'attention de tout le monde, sauf Alice et Al, qui continuait de la regarder. "On devrait aller en botanique..." marmonnai-je, attrapant le sac d'Alice et le mien, puis je l'emmenai hors du hall avec Angie avant qu'elle ne pleure.

"M-mer... Merci, Rose..." réussit-elle à dire avant de fondre en larmes et que je ne comprenne plus rien de ce qu'elle disait.

Alice s'effondra par terre devant la porte d'entrée de Poudlard et Angie et moi nous assîmes de chaque côté d'elle alors qu'elle continuait à pleurer pendant quelques minutes. Je frissonnai; il faisait un froid de canard et j'avais oublié mon manteau. J'attrapai ma baguette dans ma poche et lançai un sort qui me réchauffa temporairement.

"Je suis désolée..." bredouilla Alice dans sa main. "C'est stupide d'en faire tout un plat. C'est juste que... juste que je pensais que peut-être, il y aurait une chance, qu'il m'aime bien."

"Il t'aime bien, Alice" essaya de la réconforter Angie.

"Peut-être qu'Angie a raison", lui dis-je, pressant son épaule. "Peut-être que tu devrais juste demander à Al au lieu de tourner autour du pot."

"Je pense que je ferais mieux de ne pas y aller du tout", confessa Alice tout bas, son murmure emporté violemment par le vent.

Nous nous levâmes et nous dirigeâmes rapidement vers les serres où nous avions botanique en premier cours après le déjeuner, en essayant de notre mieux de faire rire Alice. On aurait dit qu'il allait bientôt pleuvoir alors, au lieu d'attendre dehors, nous entrâmes, pour trouver notre classe déjà dans les serres, les gens assis à des places inhabituelles.

Je repris notre précédente conversation alors que je m'asseyais avec Alice à sa table. "Au moins, viens avec moi, j'aurai pas de rencard mais j'y vais quand-même, surtout pour suivre Dom et la surveiller, mais ça me ferait plaisir que tu m'accompagnes." Je souris quand Alice, heureusement, rit, et Dom me lança un regard.

"Je pense que c'est ce que je vais faire, alors, si t'as pas de cavalier", dit-elle.

"Je n'en aurai pas", j'étais sûre de ça.

"Comment le sais-tu?"

"Ai-je jamais eu de copain?"

"Et Billy Johnson, il y a deux ans?"

"Ai-je jamais eu de copain normal?" rectifiai-je, et Alice pouffa à côté de moi en mettant ses gants. "Et à autre chose que le "Club de Slug Reformé" d'Oncle Neville cette fois-ci?"

Scorpius m'appela depuis sa table à l'autre bout de la salle avant qu'Alice ne puisse me répondre. Je levai les yeux au ciel, ce que seule Alice remarqua, attrapai mon sac et me dirigeai vers lui.

"Oui, M. Malefoy?" le taquinai-je.

"Tu veux être ma partenaire aujourd'hui?" me demanda-t-il, souriant gentiment.

"Pourquoi...?" demandai-je prudemment. "Ça ne t'embête pas de travailler aujourd'hui?"

Il fit semblant d'être choqué que je suggère une telle chose. "En fait, je pensais que tu voudrais peut-être ne pas avoir à travailler avec Billy pour le reste de l'année."

Je me retournai rapidement et regardai la salle. Effectivement, la seule chaise encore disponible était celle à côté de Billy Johnson, à part celle à côté Scorpius.

Billy Johnson ne me dérangeait pas plus que ça; la plupart des gens l'évitaient car il avait tendance à s'attacher étrangement à vous en moins d'une heure de cours si vous travailliez ensemble, et à vous suivre ensuite jusqu'à ce que vous le menaciez de faire apparaître le cadavre de Dumbledore pour le hanter.

Non pas que ça ne soit déjà arrivé.

Je souris à Scorpius et m'assis à côté de lui. "J'adorerais."

Oh, pensai-je. Comme les choses ont changé.


Et ça se rapproche, ça se rapproche! ;)

Merci aux rares reviewers du chapitre 6, ca me fait vraiment plaisir de voir que je ne passe pas des heures à traduire cette fic pour rien et que ça fait plaisir à des gens :) J'ai remarqué qu'il y avait aussi pas mal de gens qui suivaient l'histoire sans laisser de review, j'imagine que ça veut dire que ceux-là apprécient aussi la fic, et je les remercie aussi, mais je ne serais contre un petit mot, ça motive ;)