Note : Merci à tous ceux qui ont pris le temps de lire ce que j'ai écris et qui ont posté une review. Alors oui il y a une suite, j'essaye d'installer doucement les personnages, donc j'espère que ça ne paraîtra pas trop ennuyeux O_O Alors je sais que tout le monde s'attendait à ce que Quinn ait comme pouvoir celui de "la glace", j'ai hésite avec celui là et finalement au vu de l'histoire je me suis dis que ça collerait mieux pour certaines scènes ;) Encore merci à vous qui prenez le temps de me lire et bon début de semaine à tous =)
POV Rachel Berry
Mon reflet me renvoie l'image d'une fille qui depuis seulement quelques années a largement évolué. Je ne suis plus la petite fille que j'étais en arrivant ici. Et cette évolution a des contours positifs indéniables.
J'ai eu tout ce que je désirais. Des amis formidables. Et un petit ami qui l'est tout autant. Ma vie est parfaite. Du moins elle aurait pu l'être si Quinn Fabray ne s'était pas interposée au milieu de tout ça. Elle est l'imperfection à mon rêve idéal.
J'entends mon père toqué à ma porte pour me prévenir qu'il me reste une demi-heure avant qu'il ne faille partir pour le lycée. Je souris un instant. Si il y a bien quelqu'un pour qui je n'ai pas changé c'est bien mes pères. A leurs yeux je suis encore la petite fille qui peut encore trouver amusant de manger des céréales de différentes couleurs. Évitant le plus naturellement du monde des choses comme une possible vie sexuelle et un développement corporel et mental qui dépasse celui d'une gamine de 5 ans. Mais je ne peux pas leur en vouloir, au contraire. La dernière fois que l'un de mes pères m'a parlé de contraception, j'ai cru qu'il allait faire une attaque.
En attendant, étant déjà préparée, je me concentre à nouveau sur mon reflet en essayant de faire naître à nouveau ce que je n'ai eu aucun mal à faire ressortir l'autre jour en compagnie de Quinn. Des sensations, comme de petites décharges électriques, m'envahissent alors et je sens les paumes de mes mains se réchauffer considérablement.
Ah non ! Il est hors de question que ça recommence. Je rejette son image et tout ce que ça entraîne pour me concentrer sur quelque chose de plus...stable.
Finn. Je pense à son visage. Sa haute stature rassurante. Sa manière de me prendre dans ses bras. Je fixe mes mains. Mes iris que me renvoie le reflet en face de moi. Mais tout reste affreusement normal. Je tape un grand coup sur la table en me relevant. Nerveusement, je commence à marcher en faisant le tour de ma chambre. Je me concentre à nouveau mais je suis tellement énervée par ce qu'il se passe (ou ce qui ne se passe pas plutôt) que j'abandonne aussitôt. Je me jette sur mon lit et essaye de me calmer en fixant mon regard sur le plafond blanc de ma chambre.
A l'époque où j'ai découvert mon pouvoir, j'avais déjà l'âge de comprendre que ça ne rentrait pas tout à fait dans la conception de la « normalité ». Mes pères, habitués eux même à la peur de la différence et à tout ce que ça pouvait engendrer, m'avaient appris à dissimuler ce que j'avais d'abord pris pour une malédiction. Pourquoi cacher quelque chose si ce n'est pour dissimuler une tare affreuse ? Quelque chose de foncièrement mauvais ? Renfermée sur moi-même, le début de mon adolescence fut un véritable calvaire. Quand les autres devaient passer par cette période difficile, elle le devenait un peu plus pour moi, qui devais rejeter tant de parties de moi-même. Comme un puzzle que j'aurais essayé de composer avec ce qu'il me restait. Ce qui voulait nécessairement dire : presque rien. Puis Will Schuester était venu à moi. M'avait trouvé quand il ne me restait plus rien. Et j'avais compris. Et m'étais libérée.
Et tout ce qui m'avait échappé pendant ces années de souffrance, j'avais essayé de le récupérer.
Alors pourquoi me sentais-je parfois si...troublée ? Si incomplète ? À nouveau...
Je sers mes poings sur mes yeux quand un regard d'un vert profond s'impose à moi. Je rejette cette vision à nouveau avec rage.
Je marche dans les couloirs de l'école, ma main habituellement accrochée à celle de Finn. Comme si je ne pouvais pas faire trois pas sans lui...
Qu'est ce qu'il me prend ? Je suis heureuse qu'il soit là, qu'on soit ensemble !
Tout le temps...
Mes yeux se perdent dans la foule lycéenne et je m'aperçois avec stupéfaction que je « la » cherche du regard. Cela fait trois jours que Quinn ne vient pas au lycée. Et bien sûr, aucunes nouvelles. J'ai bien son numéro, mais ça ferait de nous des êtres intimes que nous ne sommes absolument pas. Et que je n'ai absolument pas envie que l'on devienne.
Pas intime, si on oublie le côté physique de notre relation.
Relation ? Pourquoi je me mets à parler de relation ?
- ça ne va pas ? Me demande Finn avec un air inquiet.
Je lui envoie un sourire rassurant auquel il croit avec son innocence habituelle. Même avec sa main dans la sienne, même avec la certaine culpabilité qui devrait m'écraser le cœur, je ne peux m'empêcher de penser à elle et au sourire qu'elle a souvent quand elle sait où les petits échanges de regards, qu'on a l'habitude de s'envoyer dans la journée, vont nous mener. J'ai presque l'impression de sentir encore le goût de sa peau sur mes lèvres.
- Aie !
Je lâche instantanément la main de Finn quand je comprends ce qu'il se passe. Inquiets nous regardons autour de nous. Mais personne ne semble rien avoir remarqué. Je soupire de soulagement alors que Finn regarde un instant sa paume rougie.
- Oh mon dieu, désolée Finn, je ne sais pas...
- ça va, ne t'inquiète pas. Mais la prochaine fois, contrôle mieux tes émotions, me dit-il avec un clin d'œil malicieux que je lui renvoie avec un sourire crispé qu'il ne remarque même pas.
Il y a tellement de choses qu'il ne voit pas. Et quelque part, j'ai mal pour ça. J'essaye de me convaincre que ce n'est pas le tromper, que cette chose avec Quinn s'arrêtera un jour. Quinn et son foutu regard impénétrable. Quinn et son air d'être là sans l'être.
Alors que nous pénétrons dans la salle du Glee Club, l'attroupement de nos amis autour d'un point qu'ils nous cachent, nous fais stopper net. Je penche ma tête à droite puis à gauche pour apercevoir ce qui les rend si euphoriques quand je l'aperçois. Un sourire apparait sur mes lèvres et je cours vers elle avant de me jeter dans ses bras avec une joie plus que débordante :
- Mercedes !
Je l'embrasse bruyamment sur les deux joues en la tenant à bout de bras. Elle me sourie largement. Je laisse ensuite d'autres membres de notre groupe la serrer dans leurs bras, rire avec elle. Tous, nous retrouvons un pilier essentiel de notre club, mais plus que ça : une amie. Après son déménagement qui nous avait été annoncé abruptement par le principal du lycée, nous n'avions plus eus de nouvelles. Inquiète, j'avais à de nombreuses reprises essayé de la contacter. Mais mes appels et mes messages étaient restés désespérément sans réponses. J'avais bien remarqué un comportement plus distant et une morosité étrange mais je l'avais mis bêtement sur le coup d'une baisse de régime au lieu de m'y attarder comme je l'aurais dû. Comme l'aurait fait une amie.
Chacun d'entre nous est tellement heureux de la retrouver que je mets un petit moment à remarquer quelques erreurs à ce tableau de retrouvailles. Mr Schuester est en retrait et regarde la scène calmement, un sourire étire son visage mais il n'atteint bizarrement pas ses yeux. Sugar, quand à elle, est restée dans un coin de la salle et regarde la scène de loin. Seulement là depuis quelques mois, elle n'a jamais connu Mercedes, mis à part dans les discussions que nous pouvions peut être avoir sur elle. Je la sens perdue et je veux aller vers elle mais quelque chose me gêne à nouveau. Et je comprends. Quinn n'est toujours pas présente. Et quelque part au fond de moi, Je sens quelque chose naître. Quelque chose qui ressemble désagréablement à de l'inquiétude.
