Encore un merci à tous ceux qui ont pris le temps de lire cette histoire. En relisant les trois chapitres je me rend bien compte que c'est toutes des handicapées des sentiments O_O Mais bon, avant de faire ce chapitre je ne savais pas trop comment amener le personnage de Sugar qui est très peu mis en avant dans la série pour l'instant, donc j'ai un peu ( c'est peu dire ) inventé. Le prochain chapitre devrait revenir sur Quinn. Encore merci =)
POV Sugar
J'avais 7 ans quand j'ai découvert pour la première fois mon pouvoir. Ma mère venait de mourir et il n'y avait pour moi à cette époque rien ni personne de plus triste et seule au monde que celle qui s'effaçait chaque matin devant son propre reflet. « Accident vasculaire cérébral». Trois mots qui ne veulent rien dire quand on est une petite fille. J'avais simplement compris que je ne reverrais jamais ma mère. Ainsi, j'avais essayé de grandir, malgré le vide constant au creux de ma poitrine. Au primaire j'avais été la fille-qui-avait-perdu-sa-mère. De ce statut j'étais passée à celui de « fille un peu bizarre » au collège pour n'être aujourd'hui qu'une vague silhouette effacée.
Assise dans la salle de Cours du Glee Club, je remarque avec une certaine pointe d'envie les sentiments débordants des autres membres du groupe pour Mercedes, leur amie retrouvée. Et je me demande quelle sensation on peut ressentir à recevoir autant d'affection ? Je sens soudain les yeux de Mercedes me fixer d'une façon que je trouve étrangement désagréable. Ce n'est pas un regard chaleureux, ni amical. Mais plutôt le genre où pointe un sentiment dédaigneux. Je le ressens comme si j'avais été un insecte indésirable. Même quand un faux sourire se dessine sur son visage. Gênée je tourne la tête vers Mr Schuester et fait mine de l'écouter.
A nouveau dans la lune, je tourne ma tête vers d'autres membres du groupe avec une discrétion que j'espère efficace. A défaut de pouvoir être une source d'intérêt pour quelqu'un, j'aime observer les autres. Comprendre ce que j'appelle « leur mode de fonctionnement ». Et je suis, sans me vanter, assez forte à ça.
Par exemple, Puck, sous ses airs de gros durs a peur de l'obscurité. Je l'ai su à la façon que son regard fixait l'éclairage des couloirs du lycée lors de l'orage qui avait remué la ville quelques mois plus tôt. Tina déteste être le centre d'attention, au contraire de Kurt. Finn ne peut s'empêcher de se regarder dans une glace si l'une d'elle se trouve sur son chemin. Plus pour se rassurer sur son aspect général physique qu'il n'a parfois pas l'air d'apprécier que par esthétique. Quant à Rachel… elle semble… lointaine. Comme si elle faisait tout pour ne jamais se laisser aller complètement. Comme si elle n'était pas tout à fait elle-même. Et aujourd'hui elle semble particulièrement…préoccupée. Et ce n'est pas difficile à deviner pour moi. L'absence de Quinn Fabray.
J'aime bien Quinn. Derrière ses airs insaisissables et sa manière de se tenir à distance de ceux qui l'entoure, elle est celle pour moi qui se rapproche le plus de ce qu'on pourrait appeler une amie. J'ai l'impression qu'elle aussi n'est pas dupe des faux airs que peuvent se donner les gens. Pour cacher ce qu'ils ressentent derrière l'apparente superficialité qu'ils construisent parfois aux yeux des autres.
Je me tourne et rencontre un regard sombre. Je n'ai jamais vus des yeux aussi intenses par leur simple couleur. Il y a des regards bruns, bleus , gris ou encore verts. Mais les siens ont un éclat ardent qui me donne toujours cette sensation étrange au creux du ventre. Elle finit par détourner les yeux et je ne peux m'empêcher de me dire qu'elle ne me « verra » jamais véritablement. Pour une raison inconnue, c'est elle pour qui j'ai le plus grand intérêt. Sa manière de réagir, de façon presque agressive est comme un brouillard dans lequel elle sème ceux qui pensent la connaître. Au contraire d'eux, son comportement m'apparait pourtant clairement. Ses faiblesses aussi. Et je ne parle pas seulement de ce qui a l'air d'être sa principale faiblesse : Brittany. Mais des autres aussi. De ce regard qu'elle a parfois quand elle croit que personne ne la voit, où sa solitude ressort parfois comme un poison contre elle-même. Et de la voir ainsi me donne parfois l'envie bizarre de…
- Sugar…
Je sursaute et me retourne sur ma chaise en rougissant furieusement sous le regard réprobateur de Will Schuester. Il m'envoie quand même un léger sourire avant de continuer le monologue qu'il a depuis maintenant plusieurs minutes. Sous l'effet de la gêne, je regarde ma main qui disparait petit à petit devant moi.
Sentir mon corps disparaître est étrange. Ça ne fait pas « rien » comme on pourrait le penser. En faites, c'est plutôt le contraire. L'émotion qui donne corps à mon pouvoir se matérialise sous forme d'un froid étrange et d'un engourdissement agréable. J'ai toujours l'impression que ça part du centre de ma poitrine pour se déverser à des endroits que je ne contrôle pas. Je me concentre et ma main réapparait de nouveau. Je souris. Les efforts que j'ai fournis en arrivant ici m'ont permis de mieux contrôler mon pouvoir. Et j'aime parfois à m'imaginer que je pourrais parler de ça à quelqu'un d'assez proche pour comprendre. Mais je sais très bien que je n'ai personne avec qui le partager réellement. Avec qui partager quoi que ce soit d'ailleurs. Mais, cette solitude dont l'aspect paraît au premier abord d'un négatif sans conteste, a pourtant quelques qualités. Je ne souffre pas de me demander si quelqu'un ne peut m'aimer en retour, je ne me pose même pas la question. Je ne dépends pas d'un quelconque sentiment extérieur qui pourrait ruiner mon moral en un quart de seconde comme je l'ai souvent vu chez les autres. J'ai une certaine stabilité émotionnelle à laquelle m'accrocher.
Je me demande alors pourquoi il m'arrive parfois pourtant d'aspirer à ce genre de choses.
Et en sortant des cours le soir même, le même genre de pensées m'occupe encore l'esprit. Je me dirige vers la sortie quand j'aperçois soudain la silhouette familière de Quinn. Je m'arrête un instant et remarque qu'elle parle avec Mr Schuester. Et leur discussion n'a pas l'air des plus agréables, elle a même l'air un peu tendue, sans paraître pourtant la résultante d'une dispute. Non, ils ont plutôt cet air qu'on les gens quand ils commencent à parler d'un sujet grave. Soudain, Quinn remarque ma présence et honteuse je baisse les yeux et continue à marcher. Je me demande si Quinn a des problèmes.
Quand j'arrive chez moi, après un long trajet de bus, je dépose mes affaires dans l'entrée avant de lancer un « bonjour » qu'un vide immense ne peut que laisser sans réponse. Mon père est inspecteur de police. Autant dire qu'il n'est presque jamais là. Autant dire que je suis souvent seule.
Je remarque le plat posé sur le plan de cuisine. Sans aucun mot à côté. Ce n'est pas vraiment le style de mon père. Mais l'attention me touche tellement que je sens derrière mon sourire, une certaine mélancolie ressurgir. Je m'installe sur l'un des tabourets qui entoure la table de la cuisine et pose ma tête entre mes bras croisés, mon regard se perdant inconsciemment à travers la fenêtre sur laquelle s'étale la lumière des lampadaires au dehors. Et je me sens seule.
Mais je devrais m'y être habituée maintenant. Non ?
