Chapitre IX: Les réalisations peuvent faire rire... ou pleurer.

Dès que je fus rentrée dans mon dortoir après les rondes, toujours préoccupée par les pensées bizarres qui envahissaient ma tête, Angie, dans une nuisette en soie violet foncé, m'attrapa et m'entraîna sur le sol, dans un coin de la pièce entre mon lit et le sien.

Alice était déjà là, me lança un grand sourire comme si elle était fière de leur plan pour me kidnapper et que c'était l'idée la plus géniale depuis l'invention des balais. Je n'étais pas vraiment surprise, elles me faisaient le coup chaque année. Alice portait le pyjama le plus duveteux, le plus rose et le plus chaud qu'elle avait, avec une image de boursouflet dessus, assorti à ses énormes pantoufles moelleuses. L'espace sur le sol avait été tapissé d'édredons et de coussins venant de nos lits puis recouvert de divers bonbons de toutes les tailles et de tous les goûts. C'était typique d'Halloween, sauf que d'habitude il y avait Dom, aussi. Les autres filles du dortoir aimaient bien rester tard à Pré-au-lard car les parents de Niomi y vivaient.

Alors que j'étais attirée au sol entre Angie et Alice, Dom sortit de la salle de bain, dans son propre bas de pyjama bleu et son haut des Flèches d'Appleby (sérieusement, pourquoi au juste est-ce qu'elle voulait un pyjama des Flèches d'Appleby, ça m'échappait), et nous rejoignit dans le coin. J'ignorai leurs bavardages et desserrai ma cravate, enlevai mon pull et défit les deux premiers boutons de mon uniforme. Je l'avais porté pour les rondes, comme d'habitude.

"Et c'est pas comme s'il n'aimait pas les Serpentards, son meilleur ami en est un", Dom se plaignait encore d'Al.

"Laisse lui une pause, c'était un choc pour lui que vous ayez toutes les deux été invitées par des Serpentards", le défendit Alice.

"Arrête d'être une petite copine loyale, Al", se plaignit Angie.

"Oh, je viens de réaliser", s'exclama soudain Dom, et nous nous tournâmes toutes vers elle. "Ça fait Al et Al."

"Merlin, Dom, tu viens juste de le réaliser?" lui demandai-je alors qu'Angie riait et qu'Alice essayait de leur jeter à toutes les deux un regard signifiant 'la-ferme-où-je-vous-tuerai-dans-votre-sommeil'.

"Vous pouvez pas nous laisser tranquilles?" les implora Alice en lançant violemment un emballage de Patacitrouille en direction de Dom.

"Et bien, c'est pas comme si tu nous avais facilité la tâche", lui dit Dom en lui renvoyant l'emballage. "Vous vous bécotez dans la salle commune et tout - c'est comme demander qu'on se foute de vous. Si Rose avait été là, elle vous aurait mis en retenue tous les deux."

Alice me regarda comme pour me demander si je lui aurais vraiment donné une retenue mais je l'ignorai et me tournai vers Angie alors qu'elle me parlait: "C'était comment tes rondes ce soir, Rose? Y'a eu des blagues pour Halloween?"

"Nan, en fait, c'était plutôt calme", lui dis-je. "Et... agréable." Et je réalisai que je le pensais honnêtement. Je n'étais ni en colère, ni ennuyée par le comportement de Scorpius - en fait, ça me plaisait.

Pourquoi est-ce que ça me plairait? me questionnai-je, sérieusement désorientée. Il n'y avait aucune raison pour que j'aime l'idée de Scorpius Malefoy et moi seuls dans un couloir désert.

Après que j'eus réussi à attraper un paquet de dragées surprise de Bertie Crochue sur le lit d'Angie, derrière ma tête, je reportai de nouveau mon attention sur leur conversation, essayant d'ignorer mes pensées épineuses.

"Et là il m'a juste dit, en quelque sorte, qu'il m'aimait bien et qu'il aurait aimé aller au bal avec moi", dit Alice.

"Alors, sérieux, t'aimes bien Al?" demanda Dom, incrédule. "Honnêtement?"

"Bien sûr que oui", répondit fermement Alice. "T'as pas vu ses yeux? Ils sont tellement beaux, et il est vraiment gentil -"

"- Al? Gentil?" reprit Dom.

"Oui", rit Alice, et son expression changea quand elle se mit à regarder rêveusement par la fenêtre, puis vers nous de nouveau quand Angie claqua des doigts devant son visage. "Il m'a porté mon sac, ma ouvert la porte et m'a embrassé sur la joue, et il ma laissé choisir où s'asseoir. Je trouvais ça un peu bizarre et paresseux mais Al est tellement attentionné. Il m'a juste fait rire et je me sentais si...", elle soupira, alors que Dom faisant semblant de vomir derrière sa main, " si heureuse."

Alice remarqua que Dom levait les yeux au ciel et essayait de ne pas rire dès qu'elle la regarda, un moment plus tard, et elle commencèrent une guerre de dragées surprises de Bertie Crochue, des bonbons volant dans tous les sens, suivis par leurs emballages.

"Alors, Alice..." Angie essaya de commencer une conversation normale environ dix minutes après s'être pris dans l'œil ce qui semblait être un dragée goût grenouille (ne me demandez pas comment elle savait que ça avait le goût de grenouille parce que je ne veux pas le savoir, et oui, ça m'inquiétait). D'après le regard qu'Angie me lança après avoir parlé, je sus que cette conversation n'avérait rien de bon pour moi. "Tu donnerais quelle note à Al, sur dix?"

Je gémis involontairement et regardai Angie comme si ma vie en dépendait. "Probablement un dix", nous dit-elle en rougissant.

"Bien..." dit Dom comme si on venait de lui dire le pire ragot du monde. "Nous savions toutes que ça allait arriver."

Je ris. "Personne ne donne dix à quelqu'un à moins qu'il ne l'apprécie vraiment", lui dis-je, puis, lorsque je me rappelai ce que Scorpius m'avait dit aux trois balais, je rougis et regrettai d'avoir dit ça.

"Concernant un certain Monsieur Malefoy..." souffla Angie.

"De quoi tu parles?" lançai-je rapidement.

"Et bien, quand il t'a donné une note -"

Je toussai soudainement et bruyamment pour couvrir ce qu'Angie était en train de dire.

Alice commença à ouvrir sa bouche pour dire quelque chose mais je fus sauvée par Dom, qui n'écoutait pas vraiment.

"Il y a une échelle de 'bien aimage'?" me demanda-t-elle. Après coup, je pensai qu'elle savait qu'elle venait de me sauver d'une conversation embarrassante car elle me lança un clin d'œil quelques secondes plus tard.

"Ouaip", répondit Angie pour moi. "De 1 à 2 - y'a pas moyen. 3 à 4 - t'y réfléchis. 5 à 6 - ils t'attirent. 7 à 8 - tu les trouves sexy. 9 à 10 - ils sont canons et une minute toute seule avec eux ne te dérangerait absolument pas, bien sûr."

"Ça n'a rien à voir avec la personnalité, ce classement?" demanda Dom au milieu de ses rires.

"Seul un génie peut savoir la personnalité de quelqu'un seulement en le regardant", dit Alice.

"Ouais..." approuvai-je, fourrant un autre patacitrouille dans ma bouche. "Certaines personnes sont dures à cerner."

"Scorpius?" demanda Dom et je tournai brusquement ma tête vers elle en m'étouffant avec mon bonbon. Une fois remise, en crachant rapidement le patacitrouille dans la poubelle, je bredouillai, mes phrases se bousculant.

"Qu'est-ce que ça veut dire? De quoi tu parles? J'ai rien dit sur lui... s-si?" Je finis ma phrase pas très sure de moi. J'avais parlé de Scorpius? Je ne croyais pas... A moins que j'aie pensé à voix haute, et ce serait très embêtant.

Alice et Dom échangèrent un regard confus, légèrement amusé.

"Calme-toi, Rose", me dit Angie, et je pouvais sentir qu'elle essayait de ne pas rire. "T'es un peu nerveuse."

"Nerveuse? Jsuis pas nerveuse."

"Je voulais juste dire que Scorpius a l'air, et bien... vraiment arrogant -" commença Dom.

Je reniflai.

"- mais en fait il est sympa, comme on a pu le voir", finit-elle.

"Ah bon?" lui demandai-je.

"Rosie, il s'est fait casser le nez pour toi", me dit-elle fermement, en me regardant dans les yeux.

"Alors?" Je sentis mon rythme cardiaque accélérer. Oh, Merlin, elles savaient que j'aimais bien Scorpius.

Attendez, quoi? J'aimais bien Scorpius? Ah bon? Oh, Merlin, bien sûr que je l'aimais bien.

J'appuyai ma tête en arrière contre le matelas d'Angie, en fermant les yeux et en frottant mes index et majeurs contre mes tempes. "J'dois me faire soigner."

Elle rirent jusqu'à ce que Dom ait la courtoisie de me demander: "Pourquoi?"

"Pour rien", répondis-je rapidement.

Qu'est-ce qu'au nom de Dumbledore n'allait pas avec moi cette année?

Peut-être était-ce le stress des ASPICs, essayai-je de me raisonner.

Ou peut-être l'aimais-je plus que je ne le devrais.

"Allez, Rosie Posie", Dom commença à me chatouiller. "Dis-nous."

"Non", lui répondis-je fermement à travers mes rires. "Dégage!"

"Ya pas moyen, si tu me le dis pas je devrai commencer une autre guerre", me menaça-t-elle.

"Vas-y, alors, Dominique", dis-je en insistant sur son nom.

"Oh", elle arrêta de bouger pendant un instant - je savais qu'elle détestait qu'on l'appelle par son nom entier. "Si c'est comme ça."

Et sur ce, une nouvelle guerre fut déclarée. Et plus violente que la précédente. En moins de quatre minutes, Angie avait, encore, été frappée dans les yeux et les tibias par des baguettes réglisses et une des pantoufles d'Alice avait été balancée par une de nos fenêtres.

Finalement, les cris et les hurlements commencèrent, il était minuit passé à ce moment-là mais nous étions surexcitées à cause de tout le sucre que nous avions ingurgité, et nous ne pouvions pas nous arrêter de courir partout dans le dortoir, sur les lits, dans la salle de bains et, aussi, dans le couloir.

Dom avait essayé de me lancer une poignée de dragées surprise, alors je m'étais cachée derrière Alice, qui s'était tout pris dans la figure. Alors que j'étais encore poursuivie par Dom, j'essayai d'aller me barricader dans la salle de bain. Malheureusement, je n'étais qu'à mi-chemin quand elle s'agrippa à mon uniforme, la seule partie de moi qu'elle pouvait atteindre, puis trébucha.

Ma jupe se déchira en deux, une partie déchirée inégalement, qui ne recouvrait que quelques centimètres de mes cuisses, et l'autre dans les mains de Dom, étalée par terre, qui riait hystériquement. Alice et Angie s'immobilisèrent au milieu de leur bataille de plumes en sucre sur mon lit, et se tournèrent pour nous regarder. Pour la première fois en trente minutes, il n'y avait aucun bruit.

"Dom..." commençai-je avec une voix mortellement calme. "Je vais te tuer!"

Je m'avançai d'un pas vers elle, prête à tuer ma cousine à mains nues - c'était la seule jupe que j'avais pour le moment, je devrais attendre jusqu'aux vacances de Noël pour en racheter une, mes parents me diraient que c'était ma faute donc que je devais me l'acheter toute seule - mais soudain, nous entendîmes quelqu'un frapper bruyamment à la porte.

J'allai l'ouvrir, me détournant de ma rage meurtrière, toujours avec ma jupe déchirée et n'atteignant que la moitié de mes cuisses.

A la porte ne se tenait nul autre que mon cousin (Enfin, fallait s'en douter, je suis cousine avec la majorité de l'école, après tout).

"Al!" m'exclamai-je, et Alice, quelque part derrière moi, souffla 'vraiment?', et je devinai qu'elle fut rapidement mise à terre par Angie quand j'entendis un énorme bruit. Al me sourit. "Qu'est-ce que tu fais devant ma porte et comment, au nom de Merlin, est-ce que t'as réussi à monter l'escalier des filles?"

"Ah, Rosie Posie", commença-t-il, et je soupirai (toute ma famille s'était mise d'accord pour m'appeler comme ça ce soir ou quoi?), "j'ai mes sources, ne savais-tu pas que je partageais des raccourcis avec mon frère, et ne croyais-tu pas qu'il avait partagé ses petites découvertes avec moi?"

"D'accord, primo, berk", lui dis-je. "Je ne veux pas savoir ce que James fabriquait dans les dortoirs des filles. Et deuzio, pourquoi est-ce que t'es là?"

"Bonne question, Rose, mais je pense que je devrais t'en poser une plus importante: qu'est-ce qui est arrivé à ton uniforme?" demanda-t-il en levant ses sourcils.

Okay, c'était vrai que j'avais l'air ... hm; Victoire-ienne était un bon moyen de le dire. Les deux premiers boutons de mon chemisier étaient défaits, ce qui me faisait un décolleté sérieusement bas, ma cravate était desserrée, ce qui faisait qu'on aurait plus dit un accessoire qu'un vêtement, et ma jupe, comme mentionné précédemment (j'allais tuer Dom), était incroyablement courte (si elle avait été plus courte, on aurait pu voir mes sous-vêtement, sérieusement).

"La ferme, on est pas en cours", répondis-je brillamment."Sérieusement, Al, qu'est-ce que tu fais dans les dortoirs des filles?"

"On pensait que quelqu'un était en train de se faire tuer", dit une voix derrière Al, et Scorpius se dégagea du mur pour rejoindre son ami à la porte. Oups, j'l'avais pas vu.

Je regardai dans ma chambre, essayant d'éviter de regarder directement les yeux de Scorpius, vers Dom, alors qu'Alice arrivait. "Al", l'accueillit-il.

"Quelqu'un allait se faire tuer, avant que vous nous interrompiez", dis-je à Scorpius.

Il me sourit et me dit assez suggestivement, me regardant lentement de haut en bas: "En fait, j'adore le nouvel uniforme."

Je rougis et essayai de tirer ma jupe pour qu'elle soit plus longue. "Et ça, mon cher Scorpius", je le regardai, "est la raison pour laquelle j'étais sur le point de tuer Dominique, ici présente."

"Eh bien, ne te gêne surtout pas pour nous", dit-il en faisant un signe de la main vers l'intérieur de la pièce comme pour nous dire de continuer. Il n'allait pas lâcher le morceau facilement.

Alors qu'Alice et Al redescendaient dans la salle commune, je me tournai vers Scorpius. "Comment est-ce que t'as réussi à rentrer dans la tour de Gryffondor, sans compter les dortoirs des filles?"

"Ah, Rosie, j'ai mes sources", dit-il simplement.

Nous nous regardâmes quelques secondes; il avait un air particulièrement doux. Nous restions là, seuls dans le couloir des dortoirs des filles, sans qu'aucun de nous ne parle. Je savais qu'il était en train de penser la même chose que moi - qu'est-ce qu'il se serait passé, plus tôt, si nous n'avions pas été interrompus? Est-ce qu'il m'aurait embrassée? Est-ce que je l'aurais embrassé en retour? Qu'est-ce que cela signifiait? Ma tête se mit à tourner alors que je cherchai des réponses, n'entraînant que de nouvelles questions encore plus compliquées.

La tension entre nous grandit jusqu'à ce qu'elle soit presque insupportable, j'essayais de trouver quelque chose à dire mais rien ne me venait à l'esprit. Soudainement, Scorpius se rapprocha de moi, comme s'il s'était décidé à faire quelque chose, et ouvrit se mit à parler. "Rose, je -"

" - T'es un petit rebelle, hein, Scorpius", lui dit Dom, alors qu'elle nous avait finalement rejoints à la porte, ayant apparemment décidé que j'avais renoncé à la tuer, interrompant sans le savoir Scorpius.

"J'espère bien", lui sourit-il, se reculant pour s'appuyer de nouveau sur le mur, changeant complètement son expression et sa posture, tout en arrogance et élégance.

"Arrête ça, Dom", lui dis-je, retournant instinctivement en mode-normal. "Il a déjà la grosse tête, pas besoin d'en rajouter".

"Et bien", il se tourna vers moi, "au moins tu cherches de nouveaux uniformes. J'oserai dire que celui-là est un peu trop suggestif, préfète en chef."

"Dom l'a déchiré", marmonnai-je. "Et maintenant je devrai attendre jusqu'à Noël pour m'en racheter."

"Pourquoi tu ne le répares pas?" Je le regardai jusqu'à ce qu'il développe."Avec la magie? Nan? T'es une sorcière, jme trompe?"

"Ça ne restera intact qu'un moment, c'est pas permanent, et très fragile", récitai-je.

"D'accord, alors..." souffla-t-il après une minute. "Reste comme ça pour le prochain mois et demi, alors. Dans tous les cas, tu es divine", dit-il d'un air efféminé avant de sourire de nouveau.

Je soupira d'un air ennuyé, en partie pour dissimuler le fait que j'avais rougi. "Dégage, Malefoy, avant que je te donne six semaines de retenue."

Il s'inclina devant nous deux, comme le gentleman qu'il n'était pas, et dévala l'escalier en hurlant "Al! On doit y aller!"

Quelques instants plus tard, Alice se glissa dans la chambre, refermant la porte derrière elle.


La jupe intacte et d'une longueur décente, tout continua normalement alors que le mois d'octobre laissait place au mois de novembre. Je recevais fréquemment des informations concernant le mariage de Teddy et Victoire, toujours les mêmes choses ennuyantes. Tout ce que je voulais savoir, c'était la date et le lieu, et ça m'aurait suffi, mais, étant donné que nous allions tous aller au Terrier pour Noël, je ne m'embêtais pas à retenir les détails.

Ma relation avec Scorpius était revenue à la normale (en quelque sorte, nous passions moins de temps ensemble mais suffisamment assez pour que nos amis ne remarquent rien, simplement parce que je pensais que je serais susceptible de faire quelque chose de stupide si je restais trop longtemps avec lui) - nous nous taquinions comme le font des meilleurs amis. Aucun de nous ne reparla de cette scène étrange lors des rondes, et il n'essaya pas non plus de continuer ce qu'il avait commencé à dire avant que Dom ne l'interrompe dans le couloir des dortoirs.

Je sortais d'Histoire de la Magie avec Dom un vendredi, et me retrouvai coincée au milieu d'une multitude de personnes extrêmement lentes. Tout le monde était surexcité à propos du prochain match de quidditch, le premier de la saison, entre Gryffondor et Serpentard, mais Dom et moi parlions du cours duquel nous venions juste de nous échapper.

"Merlin, je ne pensais pas que quelque chose puisse être si chiant", se plaignit Dom par dessus les bruits du couloir. "Qu'est-ce qu'on s'en fout qu'un gars ait séduit un peu trop de filles et ait décidé de toutes les faire tuer par des géant et lui avec."

Je laissai échapper un bruit de dégout. "C'est quoi le masculin de salope?" demandai-je sérieusement à Dom.

"Tu penses à quelqu'un en particulier, dis-moi, Rose?" entendis-je Scorpius me demander de derrière.

Je m'arrêtai et me retournai pour le regarder alors qu'il nous rattrapait.

"T'inquiète, Scorpius," lui dit Dom. "Demain, je ferai en sorte que tu te prennes un cognard bien placé pour que que tu n'aies pas ce genre de problèmes avec les filles"

"Comme ça je n'aurai que le problème avec les géants?" demanda-t-il. Dom acquiesça. "D'accord... merci."

"T'es venu ici dans le seul but de nous ennuyer ou c'est juste en bonus?"

"Eh bien, au départ, je pensais que c'était juste en bonus, mais maintenant je considère sérieusement à me barrer fissa."

"Qu'est-ce que tu voulais?" soupirai-je alors que nous pénétrions dans la Grande salle pour le déjeuner. Pour je ne sais quelle raison, il avait recommencé à me taper sur les nerfs - c'était probablement à cause du nombre grandissant de commentaires suggestifs que j'avais essayé, en vain, d'éviter.

"Oh, juste te dire que j'allais te botter le cul demain."

Je reniflai. "Je crois pas, nan", lui dis-je sérieusement alors que j'arrivai à la table où le reste de ma famille était déjà plongé dans une conversation sur le match imminent et ignora complètement notre arrivée, et Dom s'assit à côté de Roxanne. "Je vais attraper le vif avant toi donc tu ne vas surement pas me botter le cul."

"Je peux lui donner une tape, alors?" sourit Scorpius alors qu'il me dépassait pour aller s'asseoir, pour une fois, à la table des Serpentards. Et il le fit, comme ça, il me donna une tape sur les fesses.

Je l'observais pendant tout le cours de Sortilèges.


Est-ce que le stade de Quidditch était plus rempli que ce que je ne m'étais imaginé, ou est-ce que c'était juste une impression parce que j'étais vraiment haut dans les airs et que la foule se confondait en une grosse masse?

Peut-être, me raisonnai-je, pas vraiment dérangée.

Le match avait commencé depuis environ dix minutes, et nous en étions à 60 à 40 pour les Gryffondors. Tout ce que j'avais à faire maintenant était d'attraper le vif avant Scorpius.

Je le regardai voler autour du terrain en cercles quelques mètres plus bas que moi alors que je restai immobile, n'utilisant que mes yeux pour essayer de repérer la petite balle.

Les nuages au dessus de nous nous menaçaient de pleuvoir une averse dans laquelle on ne pourrait rien voir et qui ne nous aiderait pas, surtout qu'il faisait déjà très gris et qu'il y avait beaucoup de vent, mes cheveux volant autour de mon visage, qui s'étaient échappés du bandeau que j'avais perdu au bout de trente secondes de jeu à cause d'une bourrasque particulièrement violente.

Au moment même où je décidai de faire quelques tours du terrain pour voir si ça aurait pu m'aider à trouver le vif, Scorpius décida, de façon plutôt surprenante, de voler plus près de moi, toujours quelques mètres plus bas.

Il m'interpella: "Hey, Rose! Tu trouves le vif?"

"Je ne vais pas te le dire, Malefoy!" lui hurlai-je en retour, à cause du vent. "Gryffondor va écraser Serpentard!"

"Hé, tu sais, tout ce truc à propos d'Angie et Paul, et Dom et Bill... et ben, je... je me demandais si toi, tu avais déjà imaginé sortir avec un Serpentard", me cria-t-il, et je restai sous le choc un moment, baissant les yeux pour le regarder au lieu de regarder le terrain pour trouver la balle dorée que j'étais censée chercher.

"De quoi tu parles?" le questionnai-je. Était-ce ce qu'il avait voulu me demander l'autre fois? Non. Je savais que ce n'était pas ça, il avait eu l'air beaucoup plus sérieux, alors, et plus ... embarrassé? Gêné? Peut-être un peu effrayé?

"Quoi?" cria-t-il.

Je répétai ma question plus fort, et clignai des yeux pour éclaircir ma vison, des larmes se formant dans mes yeux à cause du vent.

Un éclair de lumière attira mon regard.

"Juste par curiosité!" me dit-il tout en cherchant le vif. "Tu sais, les préjugés, tout ça..."

Soudainement, je réalisai ce qu'il était en train de faire - Scorpius essayait de me distraire pour ne pas que j'attrape le vif. L'équipe de Gryffondor, et en particulier Al, voulait à tout prix gagner ce match pour prendre de l'avance dans la saison; cela nous enlèverait un peu de pression de savoir que nous gagnions, et nous donnerait aussi l'occasion de charrier les Serpentards jusqu'au prochain match.

"Bien essayé, Malefoy!" lui lançai-je. Il me regarda d'un air perplexe pendant une demi-seconde puis, me voyant piquer vers l'autre bout du terrain, réalisa ce qu'il était en train de se passer.

"Weasley numéro 12 pique vers le terrain alors que Weasley numéro 3 tire, mais va-t-elle marquer? Oh! Et dix points pour Gryffondor! On dirait bien que potter se débrouille comme capitaine, comparé à Flint" retentit la voix du commentateur dans le microphone du côté du terrain vers lequel je fonçai. " Weasley numéro 12 fonce, on dirait bien qu'elle a vu quelque chose que Malefoy n'avait pas remarqué jusqu'à maintenant. Mais est-ce que c'est le vif? Si c'est le cas, Gryffondor va certainement se retrouver avec une belle avance cette saison. Et c'est le vif!"

Je montai en chandelle en passant devant le commentateur, William Jordan, fils de Lee Jordan, en lui lançant un clin d'œil. Scorpius me suivait de près et nous nous retrouvâmes à faire la course pour attraper le vif à temps. J'éclipsai momentanément tout ce qui se passait dans le reste du jeu en me focalisant sur la petite balle dorée devant moi.

"Et Weasley numéro 8 a marqué! On dirait qu'il essaie de marquer le plus de points possible avant que sa charmante soeur n'attrape le vif. Le score est maintenant de 80 à 50 pour Gryffondor! Et Weasley numéro 12 et Malefoy sont toujours au coude à - Oh là! Tout juste pour Wealsey numéro 29. Heureusement que son coéquipier Nelson l'a rattrapée à temps - beau rattrapage! Ca aurait pu être une vilaine chute. Ces Serpentards jouent vraiment vicieusement! Elle va bien? On dirait qu'elle est inconsciente. Va-t-on siffler une pause? On ne dirait pas. Oh, oh, Weasley numéro 12 tend la main; on dirait bien qu'elle a le vif!"

J'étais assez près du vif pour le toucher (ne m'étant concentrée que sur ce but sans écouter ce que William disait), si ce foutu truc arrêtait de bouger, s'entend. Mon balai accéléra autour du terrain, zigzaguant entre les jours et faisant des loopings alors que je poursuivais ma proie. Je tendis la main. Pas assez près. Je devais me pencher sur mon balai, ce qui était habituellement dangereux, mais à la vitesse à laquelle j'allais... c'était pratiquement suicidaire. Et, non, je ne voulais pas me tuer. Je voulais juste vraiment gagner. Si je manquais cette chance, Scorpius l'attraperait surement.

Je tendis de nouveau la main et eut le plaisir de sentir le métal froid de la petite balle se débattre dans ma main.

Ralentissant, je descendis en spirales (un nouveau truc que j'avais trouvé il n'y avait pas longtemps) vers Al alors que la foule commençait à exploser en applaudissements.

"Et Weasley numéro 12 l'a fait! Elle a attrapé le vif pour Gryffondor qui gagne ce match 230 à 50!", disait William à travers le micro. Je n'y payais attention que maintenant, comme le match était fini.

"Bien joué, Rose!" me lança Al par dessus le vent.

"On a gagné! On a gagné!" chantait Dom en nous rejoignant.

Cependant, mon attention fut attirée par une forme étrange qui volait vers notre petit groupe au centre du terrain. Alors qu'elle se rapprochait, je réalisai que cette forme était, en fait, Sam Nelson sur son balai, retenant une Lily avachie en essayant de la garder en équilibre.

"Qu'est-ce qu'il s'est passé?" lui demandai-je quand il fut assez près.

"J'ai... erg, j'aide Hugh... match..." marmonna Lily de façon incohérente.

"Qu'est-ce qu'elle a?" lançai-je à Sam.

"Elle est dans les vapes", m'informa-t-il, trop inquiet pour Lily pour daigner me regarder. Je sentis mon sang se glacer.

"Oh mon dieu, Lily!" lui dis-je par dessus le vent. "Lily, réveille-toi!"

"Elle va s'en sortir. Faut juste qu'on l'amène à l'infirmerie rapidement. Hugo est parti chercher son balai." Il se dirigeait vers le sol.

"Pourquoi?" demandai-je. "Qu'est-ce qui lui est arrivé?"

"Il... Il est en pièces." me dit Sam sérieusement. "Il s'est fracassé sur le sol."

Sans lever les yeux de ma cousine, je murmurai sombrement: "Au moins ce n'était pas Lily."


Nous attendîmes tous devant l'infirmerie pendant plus d'une demi-heure. Par 'tous', je veux dire chaque membre de ma famille encore à Poudlard... et d'autres.

Premièrement il y a avait Rich, puis moi, Al, Scorpius, Dom, Hugo, Fred, Roxanne et Louis. Ensuite, les meilleures amies de Lily, Callie Carmen et Sarah Yang arrivèrent, et enfin deux autres membres de l'équipe de Serpentard, Darren Flint (le capitaine, et le fils de Marcus Flint), et Tristan Dale.

Apparemment, Darren et Tristan s'étaient rentrés dedans, percutant Lily dans le processus. Elle aurait pu s'en sortir si ça n'avait été que ça, mais Tristan (un batteur) l'avait accidentellement frappé à la tête avec sa batte, qui lui avait échappé des mains quand il avait été repoussé en arrière par le choc. Darren et lui avait été éjectés de la collision et Sam, qui talonnait sa coéquipière, avait foncé vers le sol pour l'attraper avant qu'elle ne s'écrase dans la boue compacte.

Il avait montré beaucoup de courage en volant à plus de 110 km/h si près du sol pour la rattraper. Non seulement ça, mais Sam refusa catégoriquement de quitter le chevet de Lily. Nous autres fûmes tous virés de l'infirmerie.

Les autres membres de l'équipe de Serpentard avaient aussi voulu rester, mais Darren les avait renvoyés à leur salle commune. Scorpius, au départ, avait essayé d'user de son statut de préfet en chef pour pouvoir rester mais je lui avait sèchement dit qu'il était dans le passage et que ce serait mieux pour tout le monde s'il s'en allait. Je pense qu'il avait senti que j'étais en colère contre lui pour avoir essayé de me jouer un tour pendant que je cherchais le vif car il me lança un regard perdu mais finit quand même par réussir à rester.

Je me retrouvai près de lui, comme d'habitude, et nous nous laissâmes glisser contre le mur pour nous asseoir par terre. J'avais du mal à garder les yeux ouverts et je finis par m'appuyer contre Scorpius pour me réchauffer et trouver une meilleure position dans le froid du château. Il passa un bras autour de moi et je passai, à mon tour, un bras devant son torse pour le poser sur son épaule gauche, ma tête reposant dans le creux de son cou. J'étais épuisée.

L'autre raison pour laquelle Sam avait été autorisé à rester dans l'infirmerie était qu'il était celui qui avait rattrapé Lily, et qu'il avait tout vu de près. Madame Pomfresh avait sans doute voulu qu'il lui raconte ce qu'il s'était passé.

Je crois qu'elle l'aimait bien; comme tout le monde. Il était grand, sombre, beau, et complètement gentleman.

Alors que je pensais cela, les portes de l'infirmerie s'ouvrirent et Lily en sortit, l'air instable dans une blouse rose et des pantoufles, retenue par le coude par Sam.

Nous nous levâmes tous alors qu'elle s'arrêtait devant nous.

"Comment ça va, Lils?" lui demanda Al.

"T'es toute pâle", ajoutai-je.

"Je... je pense que je me suis foulé le poignet, mais ça va. Heureusement que Sam m'a rattrapé", nous sourit-elle faiblement. "Madame Pomfresh a dit que je pouvais retourner à la tour de Gryffondor et me reposer. Je pourrai retourner en cours lundi."

"C'est génial, Lily" dit son amie Carmen alors que Sarah acquiesçait furieusement derrière elle.

"Lily..." Hugo s'avança vers elle. "Je suis tellement désolé. Si je n'avais pas été aussi stupide tu n'aurais pas été blessée."

"T'inquiète, Hugh", répondit-elle en tapotant son épaule. "Je vais bien. Je n'aurais pas dû me mettre dans le chemin."

"T'essayais juste d'aider", raisonna Hugo. J'eus soudain le sentiment que j'avais manqué quelque chose.

Quelqu'un toussa derrière moi et Tristan Dale s'avança. "Lily, je suis tellement, tellement désolé. Je ne voulais pas te frapper. Le vent... il-il y en avait tellement, et je n'ai rien pu faire pour... pour..."

Cela me choqua de voir Tristan, ce sixième année grand et musclé, qui aurait pu passer pour un septième année de Durmstrang, avec des larmes plein le visage. Il n'était plus en train de pleurer, mais il avait pleuré plus tôt.

"J'ai cru que je t'avais tuée..." souffla-t-il.

Lily lui sourit. "T'inquiète, Tri, je vais parfaitement bien."

"Allez, on a dépassé le couvre-feu, tout le monde retourne dans son dortoir", leur dis-je et tout le monde grogna. "Quoi?" me défendis-je.

"Est-ce que tu dois toujours être en mode 'préfète en chef'?" me demanda Scorpius alors que nous quittions le couloir. Il balança un bras sur mes épaules pendant que nous marchions.

"Toujours", acquiesçai-je.


Il y eut une fête dans la salle commune ce soir-là. Plutôt que d'être affectés par le fait que Lily avait frôlé la mort, notre maison avait préféré fêter son rétablissement en même temps que la victoire du match... enfin, c'est ce que m'avait dit Fred. Personnellement, je pense qu'il voulait juste une excuse pour piquer plus de bièraubeurre dans les cuisines. Pourquoi est-ce qu'il y avait des bièraubeurres dans les cuisines, je ne le savais pas, les professeurs avaient forcément dû remarquer qu'elle était tout le temps volée.

Je me retrouvai assise sur le plus grand appui de fenêtre de la salle commune, qui laissait voir la lune se refléter dans le lac, calée entre Dom, qui flirtait avec un cinquième année (qu'elle avait apparemment noté 7 sur 10, m'avait-elle dit), et William Jordan et ses amis de l'autre côté.

Je restai silencieuse, regardant le lac, en sirotant tranquillement ma bièraubeurre. La musique qui jouait en fond sonore était inaudible tellement les étudiants faisaient de bruit. Je pouvais entendre Laure et Debbie glousser depuis l'autre bout de la pièce - pourquoi est-ce qu'elle devaient faire autant de bruit? - En tant que préfète en chef, j'aurais probablement dû arrêter la fête, mais j'aurais été haïe par tout le monde pour l'éternité... Et il n'y avait pas de mal à fêter notre victoire. Même moi, je devais admettre que tout le monde avait besoin d'une fête quelques fois (j'ignorai la partie de mon cerveau qui me rappelait qu'il y avait y avoir le bal quelques semaines plus tard et que les gens auraient probablement pu attendre jusque là).

Je sentis quelqu'un me taper légèrement l'épaule et me retournai pour voir qui c'était.

"Hey Will", accueillis-je William Jordan, adressant un bref signe de tête à ses amis que je ne connaissais que de vue.

"Hey Rose, je me demandais si tu allais bien? Tu peux rejoindre notre conversation si tu veux", offrit-il.

"Merci, Will, mais je suis bien là avec.." je me tournai et vis que Dom avait disparu, probablement dans un coin retiré avec son cinquième année mignon. "Ah, on dirait qu'elle est partie."

Il me sourit doucement. "Nous nous demandons quelle équipe de quidditch pourrait battre les Frelons de Wimbourne si on ne pouvait pas tricher", m'expliqua-t-il.

"Personne ne pourrait gagner un match de quidditch sans tricher", leur dis-je à tous.

"Alors comme ça tu triches, Rose? Je n'aurais pas pensé que tu t'abaisserais à ça", me dit Will, et j'eus l'impression qu'il était presque déçu de moi.

"Tout le monde triche, Will", lui dis-je fermement. D'accord, je n'avais jamais triché en rien, et encore moins en quidditch, mais toutes les équipes professionnelles de quidditch trichaient et je pensais qu'il serait idiot d'affirmer le contraire.

"Oh que oui", approuva joyeusement un de ses amis, et il trinquèrent tous ensemble.

Une seconde année à l'air effrayé s'approcha de nous et, vacillant à la vue du grand groupe de septièmes années autour d'elle, marmonna vers le sol: "Rose Weasley? Il y a un garçon dehors qui dit qu'il veut te parler", et elle s'échappa rapidement, disparaissant dans la foule.

"D'accord..." commençai-je alors que quelques gars autours de moi se mettaient à pousser des sifflements et d'autres riaient d'avoir effrayé cette fillette. "Je ferais mieux d'aller voir ce qu'il me veut cette fois."

Je me levai, arrangeant mon uniforme, alors que Will me demandait "Mais comment tu sais qui c'est?"

"C'est toujours la même personne", lui dis-je, secouant ma tête d'un air exaspéré, et je me frayai un chemin jusqu'au trou du portrait, marmonnant dans ma barbe "Stupide Serpentard avec son mauvais timing... Gâche ma fête..."

J'arrivai dans le couloir vide et froid, enveloppant mes bras autour de moi pour me réchauffer, quand le portrait se referma et étouffa une partie du bruit de la fête.

"Ne sois pas trop longue, ma petite", me prévint joyeusement la Grosse Dame, et elle continua à descendre son tonneau de vin avec une amie. Apparemment, elles faisaient aussi la fête.

"Qu'est-ce que tu veux, Scorpius?" lui demandai-je alors qu'il se dégageait du mur contre lequel il avait été appuyé.

Au lieu de blaguer comme il l'aurait fait d'habitude, Scorpius m'étonna en allant droit au but. "Je ne suis pas sur de ce que je veux, Rose", soupira-t-il. Je pensai un instant qu'il y avait un sens caché à cette phrase. "J'ai juste l'impression qu'il y a quelque chose de mal, que j'ai fait quelque chose de mal, mais je n'arrive pas à déterminer quoi... je ne sais pas. Alors je te demande... qu'ai-je fait qui te rende... je sais pas, un peu bizarre avec moi?"

"C'est rien, Scorpius", marmonnai-je. "Oublie."

"Non!" s'exclama-t-il, puis il baissa d'un ton. "Qu'est-ce qu'il y a? Je veux le savoir, autrement ça va me rendre fou."

"C'est juste..." je dis ma phrase le plus vite possible. "C'est juste ce que tu as dit, sur le terrain de quidditch... t'sais, à propos de sortir avec un Serpentard..."

"Ouais... et donc?" demanda-t-il, l'air complètement perdu.

Je lançai furieusement mes bras en l'air, ma colère surgissant d'un coup. "Et donc? Sérieusement, Scorpius, tu me demandes ça? Tu l'as dis délibérément pour me distraire assez de temps pour pouvoir trouver le vif."

"Quoi? J'ai pas fait ça!"

"Si tu l'as fait, et de toute façon, ça n'a pas marché", lui lançai-je.

"Écoute, Rose, c'est quoi ton problème? Peut-être que je t'ai demandé ça parce que je voulais vraiment savoir la réponse. Peut-être que je savais pas comment tu allais réagir. Peut-être que je ne réfléchis pas toujours avant de parler quand je suis avec toi. Tu t'es jamais dit ça? Je ne pense pas, tu ne penses jamais que d'autres personnes puissent avoir des problèmes. On n'est pas tous parfaits comme toi! Et on n'est pas égoïstes comme toi, on ne pense pas qu'à nous!" me cria Scorpius, s'avançant d'un pas de telle sorte que nous étions pratiquement nez à nez, sauf que j'étais légèrement plus petite que lui.

"Excuse-moi? Tu te prends pour qui?", lui hurlai-je en retour, mon instinct de défense surgissant sans que j'y pense. "N'essaie même pas de me dire qui je suis. Tu ne me connais pas!"

"Bien sûr que je te connais, Rose. Je sais plus de choses sur toi que je ne le devrais!" explosa-t-il. "Et je sais à quel point les filles peuvent être compliquées!"

"C'est des stéréotypes, je pensais que toi, au moins, tu saurais à quel point c'est horrible!"

"Oh, je suis désolé", dit-il sarcastiquement, réunissant sa colère de sorte qu'il me hurla sa phrase suivante à la figure. "J'avais l'impression que j'étais en train de t'appeler une fille et pas un bon-à-rien, égoïste, prétentieux, arrogant, méprisant Mangemort!"

"Et bien c'est ce que tu es!" Je me tus jusqu'à ce que je réalise ce que j'avais dit. Je ne le pensais pas, pas du tout.

Je me sentis extrêmement mal quand Scorpius se recula simplement, me fixant d'un air blessé, choqué.

Je m'avançai vers lui avec les mains levées. "Scorpius", murmurai-je. "Je ne le pensais pas, bien sûr que je ne le pensais pas. S'il te plait, je suis désolée - vraiment et profondément désolée."

"Tu penses que je suis aussi mauvais qu'un Mangemort..." se souffla-t-il à lui même.

"Non, bien sûr que je ne le pense pas", essayai-je de lui dire mais on aurait dit qu'il ne m'entendait pas.

Scorpius me regarda jusqu'à ce qu'il, finalement, se retourne pour retourner à sa propre maison. "Tu sais quoi, Rose..." souffla-t-il avant de partir "Tu n'es qu'une égoïste et je n'arrive pas à croire que j'aie pu penser que tu étais sympa. Si tu comptes rester là et me traiter de Mangemort, alors je ferais mieux de te traiter de stupide petite traître à son sang."

Et sur ce, il se retourna et me laissa, seule, dans le couloir glacial. Des larmes se mirent à rouler sur mes joues et je pus presque sentir un bout de mon cœur se déchirer. Je m'effondrai sur le sol, je n'aurais pas réussi à rester debout tellement j'étais étourdie. Ma poitrine me faisait mal, à cause de mes pleurs ou de quelque raison sentimentale que je ne connaissais pas, et je me roulai en boule, collant mes genoux à mon buste et enterrant ma tête sous mes cheveux.

Le son de mes sanglots résonnait dans le couloir -ce fut le seul son pendant ce qui me sembla être un bon moment -, puis j'entendis des bruits de pas. Je savais que ce n'était pas Scorpius, parce qu'il ne serait pas revenu; je venais de trahir sa confiance et lui avait lancé la pire insulte que j'aurais pu lui dire. Il me haïssait.

La personne se laissa tomber sur le sol à côté de moi et m'enlaça étroitement, caressant mes cheveux et me consolant. Sans même le regarder, je savais qui c'était.

"Tout le monde a entendu, hein?" soufflai-je à travers mes sanglots.

"Ouais..." soupira Al. Ses mots entraînèrent une nouvelle salve de larmes alors que je me sentais encore plus démolie. Je venais peut-être de ruiner une de mes plus belles amitiés. Je me tournai de sorte à pouvoir serrer Al dans mes bras pendant que je pleurais.

Puis, accompagnée d'encore plus de larmes, arriva la vraie réalisation. Peut-être que je venais juste de ruiner beaucoup plus que de l'amitié.


Drame, drame! Vos pronostics pour la suite? :)

MERCI, merci merci à tous ceux qui on reviewé, vous n'imaginez pas à quel point ça peut faire plaisir et motiver! Continuez comme ça :p

La suite très bientôt!