[...] Ce ne fut que quand j'eus les mains posées sur le dos de ma chaise, prête à la tirer pour m'y asseoir, que je réalisai que Scorpius était la seule personne assise à la table, et qu'il n'y avait qu'une seule chaise qui nous séparait.
Chapitre X: La meilleure façon de se réconcilier (1/2)
Bon, pensai-je, ça ne l'aurait pas fait si je m'étais juste tournée et que j'étais partie, il était trop tard. Par ailleurs, c'était peut-être le moment de m'excuser.
"Hey", dit-il et mes mains s'immobilisèrent sur le bord de la chaise que je venais de tirer pour m'asseoir.
"Scorpius", répondis-je, un peu choquée qu'il ait parlé en premier, en me laissant tomber sur ma chaise. Aucun de nous deux ne parla pendant un moment. "S'il te plait, ne t'en va pas -" me dépêchai-je de dire, juste au moment où il se mit à parler également.
"Je te dois des excuses, Rose."
" - je ne veux pas - attends, quoi?" Nous nous contemplâmes l'un l'autre un instant, perdus. "Pourquoi est-ce que tu devrais t'excuser? C'est moi qui ai agi comme une idiote, et je n'arrête pas d'essayer de m'excuser, je suis tellement désolée, je ne pensais pas du tout ce que j'ai dit. Tu dois me croire Scorpius."
"Je te crois, Rose", dit-il en tirant la chaise entre nous deux, et il se rapprocha de moi en s'y asseyant. "J'ai juste... j'ai agi comme un idiot, pas toi. J'ai fait des conclusions hâtives. Je veux dire, tout le monde dit des choses qu'ils ne pensent pas quand ils sont en colère. J'ai juste... réagi de façon excessive."
"Non, pas du tout", argumentai-je, me penchant vers lui pour que les gens autour ne puissent pas entendre notre conversation. "Je t'ai lancé la pire insulte qui soit. Et je savais que tu allais mal le prendre, et je l'ai quand même dit, et je ne le pensais pas. Je ne sais même pas pourquoi je l'ai dit."
"Rose, je t'ai traitée de traitre à ton sang - " essaya-t-il de m'opposer.
"Non, tu as dit que tu ferais mieux de me traiter de traitre à mon sang."
"- mais je l'ai dit quand même. C'était stupide. Est-ce qu'on - est-ce qu'on peut oublier tout ça?" demanda-t-il, plein d'espoir.
Pourquoi avait-il l'air plein d'espoir? C'était moi qui devait être pardonnée.
"Si tu peux accepter mes excuses alors j'adorerais passer l'éponge", approuvai-je.
"Définitivement", me sourit-il, et mon cœur rata un battement.
"Tu me pardonnes alors?" m'assurai-je.
"Définitivement", répéta-t-il. Et juste comme ça, nous étions de nouveau amis. Cette dispute incroyablement stupide nous avait poussés à ne plus nous parler pendant un laps de temps tout aussi stupide.
D'une façon assez inattendue, Scorpius se pencha vers moi, remplissant l'espace entre nous, enroula ses bras autour de moi et m'enlaça étroitement. Je répondis après un court instant et nous nous enlaçâmes juste là, au milieu de la grande salle. Ça ne me faisait pas la même chose que d'habitude, parce que nous n'avions pas été en contact l'un avec l'autre depuis tellement longtemps... Non, je savais que ce n'était pas pour ça...
Dans un coin de mon esprit je savais exactement pourquoi cela ne me faisait pas la même chose qu'avant d'être si proche de Scorpius. Si j'avais dû le formuler, sans pour autant reconnaître la vérité qui en découlait, j'aurais dit que je venais juste de réaliser que Scorpius était un gars.
Nous nous séparâmes et nous sourîmes l'un l'autre, séparés de quelques centimètres, quand Al, Lucy, Louis et Roxanne arrivèrent, déposant un Fred très éméché sur l'une des chaises autour de la table.
"Je n'arrive pas à croire qu'il puisse être si stupide. Maman va l'assassiner", dit Roxanne.
"Et Oncle George?" demanda Lucy.
Roxanne haussa les épaules, "Il va probablement le féliciter."
Al se détourna de Fred et dit: "Hey, Rosie, tu veux danser?" Il remarqua que Scorpius et moi étions assis ensemble et sourit. "Vous êtes re-amis? S'il vous plait, dites-moi que vous êtes amis?"
Nous acquiesçâmes tous deux. Louis relâcha son souffle. "Merlin merci pour ça."
Les autres rirent alors que je me tournai vers Al. "Alors, on danse?"
Il me lança un grand sourire. "Ouais, allez, viens."
Une chanson calme passait à ce moment là, la dernière des Bizarr'Sisters pour la soirée, et des couples dansaient au milieu de la salle. Al et moi trouvâmes un coin près du bord de la piste et j'enroulai mes bras autour de son cou alors qu'il plaçait les siens autour de ma taille. Je vis Alice nous repérer alors qu'elle s'asseyait près de Fred, alarmée par son expression d'exubérance.
"Je t'emprunte mon cousin préféré pour une minute", lui lançai-je, en faisait allusion à Al, et elle rit en acquiesçant. Tous mes autres cousins se tournèrent pour me regarder.
"Et moi alors?" plaisanta Lucy.
"Je croyais que c'était moi ta cousine préférée?" demanda Dom.
"Hé!" réussit à protester Fred malgré l'alcool.
"Je ne vais plus te laisser m'emprunter mes fringues, Rose", me lança Lily.
"C'est toi qui voles mes fringues", ris-je. Je l'entendis grommeler "C'est pas faux" aux autres, alors que je me retournai vers Al. Il me souriait.
"Quoi?" demandai-je, embarrassée.
"Je suis ton cousin préféré?" me questionna-t-il, rayonnant.
Je le frappai sur le bras. "Bien sûr que oui."
"Gloire à Dumbledore pour ça", rit Al.
"Alors, tu penses que le prochain groupe ce sera qui?" lui demandai-je, alors que nous nous balancions doucement sur la musique.
"J'ai entendu dire que c'était Célestina Moldubec", plaisanta-t-il, gloussant quand je lui frappai de nouveau le bras.
"Elle n'est pas morte?" demandai-je.
"Pas encore", répondit-il négligemment.
"Et bien, elle ne devrait pas tarder."
"Crois-moi, Rose; elle ne mourra jamais pour Mamie Molly."
C'était vrai, Grand-mère Weasley était probablement la plus grande fan de Célestina Moldubec qui ait jamais existé - elle avait même initié mes grands parents moldus à ses chansons. Ma mère répétait à ses parents qu'ils n'était pas obligés d'écouter la même musique que Molly, tandis que mon père riait dès que quelqu'un la mentionnait. Mais apparemment Grand-mère et Grand-père Granger adoraient sa musique.
La chanson se termina et Al et moi retournâmes à notre table où un groupe de six de nos cousins, dont un Fred désormais totalement saoul, étaient en train de jouer à la bataille explosive. Devaient-ils vraiment y jouer partout?
"Où est Scorpius?" leur demandai-je, m'effondrant une nouvelle fois sur ma chaise. Sa veste avait été laissée sur la chaise à côté de la mienne mais je ne le voyais pas.
"Parti chercher à boire", me marmonna Roxanne, sans quitter son jeu des yeux, apparemment profondément concentrée.
Scorpius réapparut quelques minutes plus tard, la cravate desserrée et les boutons du haut défaits - pendant ce temps, le bout des cheveux d'Hugo avait été brûlé et Lucy avait abandonné face à lui; il était le champion de la bataille explosive. Scorpius faisait léviter une dizaine de verres prudemment à travers la foule. Il discutait avec William Jordan et il s'assirent tous deux, chacun se servant un verres après les avoir posés au milieu de la table.
A l'autre bout de la table, il y eut une autre explosion et le reste des cheveux d'Hugo devint noir. Je remuai ma baguette rapidement et négligemment dans sa direction et ils virèrent au vert.
"Rose!" se plaignit Hugo, remarquant immédiatement le changement de couleur - ses cheveux lui arrivaient quelque part entre ses épaules et le bas de ses oreilles, donc ils lui tombaient régulièrement devant les yeux. "Pourquoi t'as fait ça?"
"C'est pour t'apprendre à te les laisser se faire brûler", lui dis-je sévèrement."Au moins ils ne sont plus noirs."
"Mais ils ne sont pas non plus normaux!" dit-il d'un air exaspéré. "Annule ça!"
"Ok", marmonnai-je, remuant ma baguette à nouveau dans sa direction. "Si t'insistes, Hugh."
"Merci", me sourit-il, puis il retourna à son jeu en marmonnant "ah, les soeurs".
"Qui aime bien châtie bien", commenta Scorpius.
Je haussai les épaules. "Quelqu'un devait le faire."
Prenant une autre gorgée de boisson, je réalisai que le nouveau groupe était arrivé, et qu'ils jouaient ma chanson préférée d'Hypogriff High.
"Cette chanson..." commençai-je.
"C'est "Maybe We Should Dance" d'Hypogriff High", m'informa Scorpius.
"Je sais", marmonnai-je, dans les nuages, prêtant plus d'attention à la musique qu'à la conversation. "C'est ma chanson préférée."
"Moi aussi", me sourit Scorpius, puis il se leva. "Tu veux danser?"
"Bien sûr", répondis-je et, attrapant sa main pour que nous ne soyons pas séparés, nous nous frayâmes un chemin jusqu'au milieu de la piste où les gens se bousculaient littéralement les uns les autres tellement nous étions nombreux.
Nous dansâmes un moment sur cette chanson et sur les deux suivantes avant que je ne crie à Scorpius par dessus la musique et les bavardages, "C'est trop bête qu'on ne puisse pas aller devant."
Il me lança un sourire satisfait, "oh que si, on peut."
Agrippant ma main de nouveau, il se faufila parmi les gens, qui se fichaient totalement de se faire pousser, et me tira jusqu'à la scène.
"Tu peux voir?" me demanda-t-il. Je hochai la tête plutôt que de me casser la voix en hurlant.
Nous dansâmes encore sur trois ou quatre chansons, délirant en faisant le robot de mon côté et l'homme qui court du sien, ou dansant le plus collé-serré possible (je suis sure que quelqu'un avait un peu relevé ma boisson, parce que je ne me serais pas permis de me coller autant à Scorpius en temps normal, j'étais un peu ... joyeuse), puis Alice vint nous voir. "Vous ne devriez pas allez vérifier les couloirs, vous deux? Il ne reste plus que quinze minutes avant que The Chosen arrive pour jouer les dernières chansons."
Je fis un signe de la tête à Alice, "Merci. Viens, Scor, on ferait mieux d'aller patrouiller."
Il acquiesça et nous nous dirigeâmes vers la porte de la grande salle alors qu'une chanson très connue commençait et qu'une nouvelle salve d'élève se précipitait sur la piste.
Une nouvelle fois, l'air frais du Hall était juste ce dont j'avais besoin me rafraîchir. Nous sortîmes par les grandes portes et arrivâmes sur les marches, admirant le parc. Étrangement, il n'y avait personne.
C'était une nuit de pleine lune, sa lumière se reflétait sur le grand lac (et ma robe scintillante) et illuminait le parc paisible. Il y avait une légère brise, et le vent faisait bruisser les arbres à la lisière de la forêt interdite. Une légère lueur émanait de la cabane d'Hagrid, ainsi que de la fumée de sa cheminée.
Je frissonnai.
"Tu veux ma veste?" me demanda Scorpius.
Je le regardai un moment. Il oubliait un détail. "Scor, tu ne portes pas ta veste."
Il baissa les yeux comme pour vérifier, au cas où je mentirais ou quelque chose. "Ah ouais", me sourit-il. "Oups..."
"T'inquiètes", me moquai-je.
"On n'a qu'à faire ça", il me rapprocha de lui et enroula ses bras autour de mes épaules alors que je l'enlaçai dans la brise, mes bras autour de son cou et ma tête reposant sur son épaule, contre son cou. L'enlacer me réchauffait beaucoup.
Après quelques minutes de silence, durant lesquelles on ne put entendre que les basses d'une nouvelle chanson résonnant dans la Grande Salle, je levai les yeux vers Scorpius et marmonnai, "On n'est pas vraiment en train de patrouiller, tu sais."
Il sourit, "Ouais, mais ça gâcherait tout de patrouiller."
J'y réfléchis un moment puis réalisai ce que j'aurais dû demander à quelqu'un avant, "Ces règles dont McGonagall parlait tout à l'heure... c'était quoi, exactement?"
Il rit dans mon oreille, "Tu n'écoutais pas?"
"Ça dépend ce que t'entends par 'écouter'."
"Oh, Rosie... Je ne savais pas que tu étais une rebelle."
Je fis semblant d'avoir l'air choquée par ce qu'il venait de dire. "Bien sûr que si."
"Ah vraiment?"
"Vraiment", lui assurai-je.
"Prouve-le, alors", me répondit-il dans un murmure séduisant.
Je ne sais pas ce qui m'a poussée à le faire. Peut-être était-ce le peu d'alcool que j'avais avalé (même si cela n'aurait pas été assez pour faire mal à une mouche). Peut-être était-ce le clair de lune et la tranquillité que je sentais quand j'étais près de Scorpius. Peut-être était-ce simplement inévitable. Enfin on s'en fiche, toujours est-il que je le fis.
Je poussai Scorpius légèrement pour lui faire faire quelques pas en arrière, arrêté par les solides portes en bois de Poudlard, et pressai mon corps contre le sien. Sans même hésiter, j'écrasai mes lèvres sur les siennes brutalement. Ses bras se resserrèrent autour de ma taille alors qu'il répondit, presque immédiatement, en approfondissant le baiser.
Mes mains s'emmêlaient dans ses cheveux alors que je m'accrochai à lui, une passion dont je n'avais jusque là pas connaissance bouillant à l'intérieur de moi et jaillissant dans ces baisers que Scorpius et moi partagions. Il aventura ses lèvres le long de ma mâchoire et de nouveau sur les miennes alors que j'enroulai une de mes jambes autour de lui.
J'étais dans un état de totale béatitude jusqu'à ce que j'entende mon nom, crié par quelqu'un juste de l'autre côté de la porte. Nous nous séparâmes au moment même où Alice sortit du Hall et nous aperçut.
"Hey..." dit-elle, rompant le silence. "Qu'est-ce que vous faites?"
"Rien", répondîmes-nous en chœur.
Alice nous regarda, je me passai la main dans les cheveux, Scorpius toussa. "D'accord, alors, McGonagall vous cherche tous les deux. Elle dit qu'elle veut que vous disiez quelques mots avant la dernière danse qui est dans, genre, deux minutes."
"Oh, d'accord, merci Alice", lui souris-je, et elle me sourit en retour.
"Sérieusement, qu'est-ce que vous fichez dehors dans le froid?" demanda-t-elle de nouveau, en nous observant, Scorpius, moi, et l'espace nous séparant, inhabituellement important.
"On était juste en train de ... euuh, tu sais... prendre l'air", bafouillai-je.
"Ouais, il fait vraiment chaud à l'intérieur", ajouta Scorpius un peu trop rapidement.
Pendant un moment, je crus qu'Alice n'allait pas nous croire, mais elle acquiesça et dit, "il crève de chaud, Al n'arrête pas de se plaindre."
"Bon allez, venez", leur dis-je. "On ferait mieux de rentrer."
"Bonne idée", approuva Scorpius.
Merlin merci, Alice ne nous avait pas vus. Je soupirai intérieurement de soulagement alors que nous nous tournâmes pour rentrer dans le château.
Le soulagement ne dura qu'une seconde cependant, puisqu'elle se tourna vers Scorpius pour lui dire "Et en fait, tu as un peu du rouge à lèvre de Rose juste..." elle indiqua un endroit sur le coin de sa propre bouche, "là."
Et elle retourna à l'intérieur alors que Scorpius marmonnait une série de jurons en essayant de l'essuyer avec le dos de sa main.
Nous nous regardâmes l'un l'autre pendant un moment puis nous éclatâmes de rire.
"Au moins c'était Alice et pas McGonagall; on aurait été en train d'enfreindre une de ses règles."
"Ouais, au moins", approuvai-je alors que mon rire se calmait.
"Rose, ton rouge à lèvres ne veut pas s'en aller", se plaignit Scorpius, en frottant désespérément son visage avec ses mains.
"Mais si, viens là", je le tirai vers moi et effaçai précautionneusement toutes les traces de maquillage.
Nous nous tenions là, près l'un de l'autre, en silence pendant quelques secondes. C'était en fait un peu gênant, nous commencions à réaliser dans un coin de notre esprit que nous avions l'impression d'avoir fait quelque chose de mal, mais sans réaliser pourquoi c'était mal. Puis nous haussâmes en chœur nos épaules et nous jetâmes dans les bras l'un de l'autre pour continuer notre bécotage passionné. Je glissai une de mes mains dans la poche arrière de son pantalon et l'autre dans son dos alors que l'une des siennes jouait dans mes cheveux et l'autre était doucement posée sur mon épaule.
Scorpius nous retourna pour que je sois calée entre les portes en bois froid de Poudlard et son corps chaud et fort. Pour être honnête, j'adorais ça. D'accord, alors c'était le même Scorpius dont le nom de famille était 'Malefoy' et sur le front duquel j'avais inscrit 'J'aime les hommes' quelques semaines plus tôt. Et à ce moment là, je m'en fichais royalement. Une nouvelle fois, je sentis ses lèvres glisser sur mon cou (Merlin, j'allais avoir quelques marques le lendemain), et de plus en plus bas. Je glissai une de mes mains dans ses cheveux et le rapprochai de moi avec l'autre alors que ses lèvres capturaient les miennes de nouveau et que ses mains prenaient doucement mon visage en coupe.
Nous fûmes encore une fois interrompus par Alice, cinq minutes plus tard, lorsqu'elle s'éclaircit la gorge. Nous ne l'avions pas entendue approcher cette fois-ci.
"Merlin, je vais devoir vous jeter un seau d'eau ou quoi?" grommela-t-elle furieusement. "Rentrez avant que les gens commencent à s'imaginer des choses, tout le monde vous attend."
"Oups", tentai-je, en souriant.
Scorpius attrapa ma main et me tira vers les portes, à travers le Hall, réarrangeant ses cheveux et ses vêtements pendant qu'il marchait, et je l'imitais. Alors que nous pénétrions dans la Grande Salle il me lâcha la main, s'assurant qu'il y avait une distance évidente entre nous, et nous nous frayâmes un chemin à travers la foule jusqu'à la scène.
Scorpius s'essuya discrètement la lèvre inférieure avec sa main alors que j'amplifiai une nouvelle fois ma voix par un 'sonorus', et je m'adressai à la salle remplie d'élèves.
"Salut tout le monde, j'espère que vous vous êtes bien amusés ce soir. Vous avez, pour la plupart, été supers - super comportement et respect des règles. Il y a eu quelques exceptions, vous savez de qui je parle, qui ont été mis en retenue et qui avec un peu de chance se comporteront mieux la prochaine fois qu'on organisera quelque chose comme ça. Sinon, dans l'ensemble, vous avez été géniaux et .. euuh, j'espère que vous vous êtes tous amusés ... et joyeux Noël. Scorpius?" Je me tournai vers lui et annulai le sort pour faire revenir ma voix à la normale. Je remarquai le clin d'œil discret qu'il me lança juste avant de se tourner vers la salle.
"Ouais, Rose a tout dit alors, juste joyeux Noël!"
Les autres élèves dans la salle répondirent en chœur "joyeux Noël" gaiement alors que les membres de The Chosen s'avançaient sur scène pour jouer la dernière chanson de la soirée.
Scorpius et moi retournâmes à notre table.
"Ah, voyez-vous ça", s'exclama Scorpius, baissant les yeux vers les chaises. "Ma veste."
Je répondis d'un sarcastique "Ha, ha" en m'asseyant sur ma chaise. Les autres membres de ma famille étaient également là.
"M'accorderais-tu cette danse, Alice?" lui demanda poliment Al, et elle attrapa sa main joyeusement, me lançant un regard du genre 'j'ai-deux-mots-à-te-dire-Rose-Weasley', puis ils se dirigèrent vers la piste de danse au son d'une chanson lente dont la mélodie principale était jouée par un magnifique piano.
"C'était un de mes rêves", soufflai-je, plus à moi-même qu'à Scorpius, mais il m'entendit quand même.
"De quoi?"
"Jouer du piano", répondis-je.
"Ce n'est plus un de tes rêves maintenant?" me demanda-t-il, toujours en chuchotant.
"Je ne sais pas comment je pourrais apprendre", soupirai-je.
Scorpius ne dit rien pendant un moment et je pensai qu'il devait penser que j'étais stupide de vouloir jouer d'un instrument moldu. Et puis il murmura, si bas que je dus me concentrer pour l'entendre, "je sais jouer du piano."
"Ah oui?" Je me dis que mon choc avait dû être évident dans ma voix et dans mes mouvements: je relevai la tête soudainement pour le regarder.
Il hocha la tête. "Je peux t'apprendre si tu veux."
Je souris mais ne pus lui répondre comme Roxanne, Lily, Al et Louis apparurent et s'assirent en face de nous.
"Sérieusement, Albus, tu ne peux pas me laisser tranquille?" De toute évidence, Lily était en colère contre Al mais, heureusement, elle ne lui criait pas dessus. Pas encore.
"Je n'arrive pas à croire que ma petite sœur de quatorze ans était en train d'embrasser un Serpentard de seize ans au milieu d'un couloir et qu'elle me dise le la laisser tranquille", répondit Al, haussant la voix. Alice n'était pas avec lui.
En soupirant, je me tournai vers Roxanne et demandai, "A propos de quoi est-ce qu'ils se disputent, cette fois?"
"Lily était en train d'embrasser Tristan et maintenant Al se la joue 'grand-frère-protecteur'", me dit-elle.
"Mais Lily sort avec Tristan, non?" fis-je remarquer.
"Je m'en fiche!" s'exclama Al. "Elle ne devrait pas bécoter des Serpentards!"
"Oh, Al", lui dis-je. "Laisse tomber, si ça peut te consoler Lily sortira probablement avec un Gryffondor la prochaine fois."
"Qu'est-ce que tu veux dire?" me demanda soudainement Lily.
"Et bien", commençai-je. Je savais que je devais faire attention aux mots que j'utilisai. "Si tu casses avec Tristan, genre, cette année, c'est assez évident que Sam te demandera de sortir avec lui."
Heureusement, toutes mes cousines m'approuvèrent en hochant la tête ou verbalement.
"Sam?" demanda doucement Lily. Je hochai la tête en guise de réponse. "Sam m'aime bien?"
"Ouais", soupira Dom. "Plus que bien, Lils."
"Vraiment?" nous demanda-t-elle à nouveau pour confirmer. Quand nous acquiesçâmes, elle se leva. "Je vais aller lui parler."
"Et Tristan?" lui demanda Louis.
"On a... On a rompu il y a quelques minutes."
"Pourquoi?" m'enquis-je.
"Je n'étais pas vraiment sure, mais maintenant je sais que c'est parce que, et bien... parce que moi, j'aime bien Sam", dit-elle et elle se retourna, disparaissant dans la foule pour le retrouver alors que la dernière chanson de la soirée se terminait.
Nous avions tous l'air un peu déçus alors que nous remontions les escaliers en traînant des pieds tous ensemble, la famille Weasley, les Potters et quelques autres amis.
"C'est bête que ce soit déjà fini", déclara Dom. "C'était bien."
"Bien est définitivement un mot pour décrire cette soirée", approuva Scorpius, me lançant discrètement un regard. Je rougis et Alice me regarda d'un air de dire 'c'est ton problème'.
"Mais vous savez quoi..." commença Roxanne et nous la regardâmes tous, nous demandant ce qu'elle allait dire. "C'est bientôt Noël, et après, qu'est-ce qu'il se passe?"
Je sus directement de quoi elle parlait et lui répondit tandis que les autres la regardaient d'un air perdu. "Teddy et Victoire vont se marier!"
Nous allâmes tous nous coucher avec le sourire.
Le mien resta sur mon visage jusqu'à ce que je sois allongée dans mon lit, avec le silence qui me laissa clarifier mes pensées et débarrassa mon esprit de la confiance que l'alcool m'avait donnée.
Oh Merlin. Et maintenant? Scorpius Malefoy n'était pas le genre de gars qu'on n'embrasse 'qu'une fois comme ça' (ou deux... ou plus). Du moins, pas dans mes livres.
TADAM! Le chapitre que vous attendiez tous :D Et moi j'attends avec impatience vos réactions... et vos hypothèses ;)
Encore une fois merci à tous les revieweurs (de plus en plus nombreux...!), et à la prochaine!
