Bonjour à tout le monde =) et voici le chapitre 5 de l'histoire. Je remercie encore les gens qui continuent à suivre ma fanfiction ( si tant est qu'il y en est encore O_o ) et à ceux qui prennent la peine de poster des reviews ;)
POV Santana Lopez
Je sens une lueur légère jouer sur mes yeux. Je souris quand la nuit précédente s'insinue à travers la brume de mes pensées. Durant ces instants où mon esprit n'est pas assez clair pour tout évaluer, je me glisse dans cet état cotonneux avec délice. Mais ce matin-là, le bruit particulier de doigts jouant sur les touches d'un téléphone m'empêche de me perdre dans un oubli réconfortant. J'ouvre les yeux et m'étire avec un bruit caractéristique. Puis je me tourne vers elle. Et cette vision, qui devrait m'être agréable, m'est au contraire pénible. Depuis quelques temps déjà, j'ai senti ce changement s'insinuer froidement à travers ma peau jusqu'à mes sentiments les plus profonds.
Assise sur le bord du lit, habillée d'un pyjama bleu qui a la couleur de ses yeux, elle sourit. Et ce sourire me donne la nausée. Parce qu'il ne m'est pas destiné. Et parce qu'il est si sincère. Je regarde un instant ses cheveux blonds dans lesquels j'ai envie de passer ma main. Au lieu de ça, ma fierté excessive s'insinue lentement à travers une colère bouillonnante que j'essaie tant bien que mal de réfréner.
- Salut.
Ma voix est plus froide que je ne le veux au départ. Et j'aurais voulus la saluer d'une autre façon. D'une façon qui aurait pu aussi me donner le droit à ce sourire si spécial qu'elle n'a maintenant plus que pour lui. Elle se tourne vers moi rapidement.
- Hé San !
Un court silence s'installe avant qu'elle ne reprenne la parole avec un engouement exagéré qui me fait mal au cœur. Depuis quand doit-elle faire semblant avec moi ?
- Tu veux aller manger quelque chose ? Ma mère a fait des pancakes en bas !
- Bien sûr, je meurs de faim ! lançais-je en essayant de contrôler la pointe malveillante qui s'était réveillée au creux de mon être.
- Commence à descendre, je te rattrape !
Cette dernière phrase finit de me glacer. Quand quelque chose change entre deux personnes, de façon négative, cela se fait souvent de manière lente et insidieuse. Des moments qu'on ne partage plus, des sourires forcés, des empêchements curieux, des disputes. Et surtout : ces malaises. Je n'avais pas besoin de chercher de sujets de conversations avant que tous ces signes apparaissent. Maintenant il m'arrivait de me perdre à la recherche de quelque chose à dire qui pourrait réveiller son intérêt ou son rire. Comme si cette pratique, si naturelle auparavant, m'avait été enlevée.
Je me lève sans un mot et commence à m'habiller. Et je suis blessée quand je vois que c'est à peine si elle me lance un regard. Il me semble que je pourrais bien me mettre à faire la roue, nue comme un ver en chantant « Petit papa noël » qu'elle ne s'en rendrait même pas compte. Exaspérée, je descends les escaliers et me retrouve dans la cuisine avec pour seule compagnie la mère de Brittany. Le fait qu'elle me laisse seule en présence de sa mère prouve bien qu'elle ne se soucie plus vraiment de mon bien être. Nous ne nous aimons absolument pas. Elle a toujours trouvé mon caractère insolent et mes manières indignes de ce qu'elle aime appeler une « jeune fille bien élevée ». Et j'imagine que le fait qu'elle soupçonne une certaine proximité avec sa fille qui va au-delà de la simple amitié n'a fait qu'accentuer l'image qu'elle avait de moi. Bien que nos « pratiques », qu'elle trouverait sûrement perverses et malsaines, aient diminué considérablement ces derniers temps.
- Bonjour Santana.
Je hoche la tête dans sa direction pour lui faire comprendre que je n'ai pas spécialement envie de parler ce matin. Et encore moins avec elle.
- Brittany ne descend pas ?
- Téléphone.
J'ai tendance à me comporter comme ce que les gens attendent de moi. Si par exemple, ils ne voient en moi que la moitié d'une garce, il est fort probable que je me comporte comme tel.
- Ah…dit-elle sur un ton que j'appréhende avec la désagréable impression qu'elle va enchainer sur quelque chose qui ne va pas me faire plaisir. Elle doit encore être en train de discuter avec Artie. Quel charmant garçon…
Elle voit très bien que je me crispe. Et cela semble la satisfaire et mon avis qu'elle ne va pas s'arrêter en si bon chemin.
- Je ne sais pas ce que tu en penses, mais je trouve qu'ils iraient parfaitement bien ensemble. Il est intelligent et agréable.
Face à mon air interrogateur, elle semble se délecter de la situation.
- Brittany ne t'a pas dit ? Elle l'a invité à venir manger à la maison la semaine dernière.
Et le petit rictus que je vois apparaitre au coin de sa bouche me donne envie de me servir de son assiette comme frisbee. Je me lève soudainement et la regarde durement. Outre le fait qu'elle soit sensée être une adulte présentant une certaine forme de maturité, nous savons toutes les deux qu'ici, la seule personne sans manière se trouve être elle.
- Vous direz à Brittany que j'avais des affaires à récupérer chez moi. Au revoir Madame Pierce.
Et je pars, sentant la satisfaction même se déployer derrière moi en un sourire hypocrite.
- A bientôt Santana.
Je claque presque la porte. Espérant, peut-être de manière idiote, que Brittany va soudainement descendre les escaliers et me rattraper. Mais au bout de quelques mètres, je me fais à l'idée que personne ne viendra. Mon pas se fait plus rapide et dans ma tête, il sonne même de manière agressive.
Je suis Santana Lopez. Les gens me craignent. Ont peur de ma verve, de mon passé dans le quartier le plus chaud de la ville, de ma force de caractère cachée derrière une féminité au ton espagnole. Ce pouvoir que j'ai sur les autres arrive parfois à me griser sans me tromper pourtant. Je parais tellement de choses. Mais au fond, qui suis-je vraiment ? Le sais-je moi-même ? Ces questions me taraudent quand le reflet de ma glace me renvoie l'image d'un visage triste qui ne sait plus où il va. Depuis que l'une des rares personnes à qui j'ai ouvert mon cœur, l'a piétiné sans le moindre égard. La simple évocation d'une chose aussi niaise me fait me rendre compte combien j'ai laissé mes barrières s'effondrer. Je voudrais pouvoir en parler à quelqu'un. Mais le saurais-je seulement ? Saurais-je comment faire ? D'exprimer quelque chose d'aussi difficile que mes propres sentiments ? Avouer ces choses- là à quelqu'un ? Je me suis tellement battue. Et tout ça pour quoi ? Pour être asservie par mes propres faiblesses ? Je m'assois sur mon lit sans perdre mon reflet des yeux. J'ai peur que les choses changent. D'avouer des choses que je sais déjà en marche. Avec elle à mes côtés, j'avais l'impression de ne plus être aussi seule qu'avant.
Brittany est quelqu'un d'insouciant, de merveilleux et d'assez gentille pour avoir vu au-delà de l'apparence que je reflète. Mais par certains côtés, elle a une forme d'amour que je savais depuis le début ne pas pouvoir me convenir. Je suis peut-être la pire des antipathiques mais ça ne m'empêche pas d'aimer de façon exclusive et intense. Alors que Brittany passe vite à « autre chose ». Et je m'accroche pourtant, car au-delà de cette relation aux limites non définies, elle a été l'une des meilleures personnes que j'ai eu la chance de connaître.
Je pars pour le lycée. Des milliers d'idées en tête et aucune pour régler le problème qui se pose. Je sais ce que j'ai à faire depuis plusieurs semaines déjà…Mais il m'est impossible d'y penser véritablement. Je marche dans les couloirs du lycée et je vois les gens s'effacer d'eux même devant moi. Et cette distance entre moi et les autres, qui d'habitude me rassure, aujourd'hui me laisse juste une impression de froid étrange.
Alors que je relève la tête, je sens une forme se heurter à moi brusquement. Très bien ! Ma colère va pouvoir enfin trouver une victime. Je me prépare avec un rictus mauvais à laisser ma langue de vipère agir quand je croise un regard d'un brun profond s'ancrer au mien. Elle reste là, à me regarder et les autres autour de nous attendent tous que je me déchaine sur elle. Mais le fait que je n'ai pas envie. Elle balbutie quelque chose en baissant les yeux instantanément sur le sol. Mais la peur ne prédomine pas chez elle. C'est plutôt une gêne exacerbée. Et je comprends que les regards autour d'elle ne doivent pas l'aider. Alors je fais quelque chose qui cette fois-ci ne me pose aucun problème.
- Vous n'avez pas autre chose à faire peut être ? Comme vous cassez très vite ?
Et le pire c'est que la plupart des personnes présentent s'en vont alors que d'autres détournent simplement le regard. Je lève les yeux aux ciels, excédée.
- Bande de crétins…
Et je remarque alors son sourire timide. Elle est amusée.
- Je suis désolée, je ne t'ai pas vu, j'étais…
- Dans la lune, comme toujours, lui dis-je sans méchanceté.
Et cette remarque semble la surprendre pour une raison qui m'échappe un peu. Son manque de confiance qui pourrait me la rendre désagréable n'attise pourtant en moi aucune forme d'impatience. Mais au contraire, il y a quelque chose, chez elle, que je trouve bizarrement attendrissant.
- On se voit plus tard…
- Oui.
Elle m'adresse un sourire et se retourne. Elle marche et pour elle, personne ne s'écarte. C'est à peine si les gens font attention à elle. Je me retourne alors à mon tour et part dans l'autre direction.
