Chapitre XI: Merlin, même si je le voulais, je ne réussirais pas à l'éviter (2/2)

Nana Molly s'agita encore plus que d'habitude quand nous arrivâmes tous au Terrier. Les seuls qui étaient restés derrière pour nous attendre étaient les Potter, Angie et Alice. C'était probablement mieux d'ailleurs, parce que nous aurions été trop nombreux pour que Nana choisisse de qui s'occuper en premier si nous étions arrivés tous ensemble. Cependant, arriver en petits groupes voulait dire qu'on ne pouvait pas s'éclipser discrètement comme Al et moi avions l'habitude de le faire.

"Rosie!" s'exclama-t-elle avant même que je ne passe la porte, et elle m'écrasa dans une étreinte que je n'avais pas vue venir. "Comment vas-tu, trésor? Tu manges bien? Tu es un peu maigre. Ne t'inquiète pas; j'ai un peu de soupe pour toi dans la cuisine."

Nana Molly me sourit, et je lui souris en retour. Après toutes ces années, j'avais appris ne pas contester sa façon de nous nourrir alors je me dépêchai d'aller à la cuisine pendant qu'elle accueillait Al.

Roxanne, Oncle George, Tante Audrey, Oncle Charlie, Dom, Tante Fleur, Teddy et Victoire étaient tous assis autour de la table, mangeant la célèbre soupe à l'oignon de ma grand-mère.

"Weasleys", les apostrophai-je tous et chacun leva la tête à un moment différent. "Et membres honoraires et futurs Lupins", ajoutai-je, lançant un sourire en direction de Victoire.

"Rose!" Elle sauta sur ses pieds et vint m'enlacer, puis quand elle s'écarta et me força pratiquement à m'asseoir sur une chaise avec un bol de soupe, je souris de nouveau. "Quoi de neuf?"

"Victoire", ris-je, pas méchamment. "Tu veux vraiment parler de ma vie ennuyeuse maintenant? Tu te maries dans, genre, une semaine!"

En entendant ça, Teddy quitta sa place près de la fenêtre pour nous rejoindre. "Et ouais, on se marie!" acquiesça-t-il joyeusement, enveloppant ses bras autour de la taille de Victoire.

"Bon, Rose", commença Victoire, et je savais qu'elle était sur le point de dire quelque chose de sérieux concernant le mariage. "Tu sais ce que tu es censée faire au mariage, hein?"

Je mourais d'envie d'acquiescer, mais je ne pouvais pas, alors je ne dis rien. 'Ce que j'étais censée faire au mariage?' Qu'est-ce que ça signifiait?

Elle gémit. "Ok, ok, Tante Hermione t'a au moins dit que tu étais demoiselle d'honneur, hein?"

Comme je restais silencieuse et choquée, Victoire mit sa tête dans ses mains. "Oh, Merlin, ça ne présage tellement rien de bon."

"Calme toi, Tory", murmura Teddy dans son oreille depuis derrière elle. "Tout va bien se passer."

"Non, tout part en n'importe quoi là. Maudites soient toutes les femmes de cette famille, si seulement on organisait un petit mariage."

"C'est juste Rose qui ne sait pas ce qu'elle doit faire, tout le reste est réglé", dit Teddy.

"Et les fleurs - "

" - à l'accueil? C'est réglé."

"Et les robes des demoiselles d'honneur?"

"Réglé."

"Et le groupe?"

"Réglé, aussi. Victoire, s'il te plait, calme-toi." Et c'est ce qu'elle fit, elle se calma visiblement et soupira.

Avant que je ne puisse ouvrir la bouche pour demander ce que j'étais censée faire en tant que demoiselle d'honneur (il me semblait que ma mère me l'avait mentionné dans une lettre) au mariage, qui était seulement cinq jours plus tard, Nana Molly entra dans la pièce, l'air immensément heureuse, suivie par un Al rougissant, une Alice intimidée et un Scorpius hilare.

"Et c'est tellement mignon", disait Nana. "Tu ne m'avais jamais ramené de petite amie auparavant, Albus."

"En fait, Nana", dit rapidement Al, "Alice est aussi la meilleure amie de Rose..."

Alice hocha la tête plusieurs fois, se tenant derrière Al.

"Tu étais destiné à avoir un tas de petites amies, Al. N'est-il pas bel homme?" demanda Molly à Alice, qui hocha la tête à nouveau et s'échappa rapidement vers le salon où le reste de ma famille se trouvait.

"Et toi, Rosie? Où sont tes petits amis?"

Je le jure, si j'avais pu tuer Scorpius sans aller à Azkaban, je l'aurais fait. Il avait l'air si... si arrogant. Quel était le problème si je n'avais jamais eu de petit ami à proprement parler?

Je lui lançai un regard méprisant avant de me tourner vers Molly, "Je n'en ai pas... et je ne prévois pas d'en avoir sous peu. J'ai les ASPICs bientôt et entre les révisions, mes obligations de préfète en chef et les entraînements de quidditch, j'ai à peine le temps de dormir."

"Merlin, parfois tu ressemble trait pour trait à Ron mais tu es vraiment la fille de ta mère", me dit-elle avec un sourire, puis elle retourna à la soupe à l'oignon qu'elle était en train de préparer.

"Bien..." commença à dire Scorpius. "Je vais aller voir si Mme Hermione a besoin d'aide avec les bagages."

Alors qu'il quittait la pièce, Nana Molly nous souffla à tous: "Quel gentil garçon".

Je reniflai. "Je ne parierais pas là-dessus, Nana."

Elle rit mais ne fit pas de commentaire. Je repérai Victoire en train de me regarder et me tournai vers elle. Elle me lança un regard bien trop connaisseur et je m'assis rapidement, fourrant une cuillerée pleine de soupe dans ma bouche sans relever les yeux.

Quand j'eus fini, la seule personne restante dans la cuisine était Tante Audrey, qui écrivait un rapport pour son travail sur la table, et, à en juger par le bruit venant du salon, le reste de ma famille était en train de décorer le sapin de Noël.

C'était un événement que j'attendais impatiemment quand nous retournions à la maison pour Noël alors je me dépêchai de nettoyer mon assiette magiquement, me précipitai en haut pour enfiler des vêtements confortables et bondis jusqu'au salon dans lequel je découvris possiblement la scène la plus chaotique à laquelle j'avais jamais assisté.

Mes oncles (oui, ça veut bien dire tous mes oncles) et mon père étaient regroupés autour d'une boîte, en sortant des décorations variées qu'ils jetaient rapidement par terre une fois qu'ils les avaient montrées aux autres hommes autour d'eux. Ma mère devait constamment les ramasser et les passer à mon frère, mais il les plaçait sans réfléchir sur le sapin, trop plongé dans son livre pour remarquer ce qu'il se passait autour de lui. Le résultat des mouvements de baguettes aléatoires d'Hugo était que des décorations volaient partout dans la pièce, et que ma mère lui criait dessus, mais Hugo n'avait de toute évidence aucune idée que c'était lui qu'elle était en train de disputer, et l'ignorait.

James, Al, Alice et Roxanne couraient tous après trois gnomes qu'ils avaient attrapés dans le jardin (comme ils le faisaient chaque année). Sauf que les gnomes ne voulaient pas se retrouver colorés en vert et rouge avec de fausses barbes blanches, stupéfixiés puis placés sur le haut du sapin pour les prochaines semaines. Ils savaient ce qui se passait cette année - et par conséquent couraient partout dans le salon, recherchant désespérément une issue.

Dom, Papy Weasley, Victoire et Teddy se criaient des consignes à travers la pièce, chacun dans un coin, essayant de punaiser sans magie quelques bannières, et ratant à chaque fois: seule une punaise voulait bien aller dans le plafond, les autres refusant de suivre la première.

Quelques unes de mes tantes étaient en train d'emballer des cadeaux pas très loin de moi, avec le papier cadeau étalé sur le sol et les ciseaux, le scotch et la colle éparpillés autour d'elles également. Chaque objet étant identifié dans mon cerveau comme quelque chose sur lequel je pourrais trébucher et qui pourrait me faire m'étaler par terre.

Enfin, Nana Weasley et Scorpius étaient assis sur le canapé près du feu allumé, plongés dans une conversation calme et polie alors que les autres se démenaient tous autour d'eux.

Je décidai de les rejoindre - c'était la situation la moins dangereuse de la pièce.

M'asseyant à côté de Scorpius, j'entendis Nana s'exclamer "Et elle devint tellement rouge que c'en était choquant!"

Scorpius se mit à rire et me lança un regard qui m'indiqua immédiatement qu'ils étaient en train de parler de moi.

"Qu'est-ce qui te fait rire, Scorpius?" lui demandai-je poliment, mon regard lui disant cependant que je n'avais pas du tout envie d'être polie.

"Désolé", marmonna-t-il au milieu de ses rires, "Mme Weasley était juste en train de me raconter quelques histoires te concernant."

"C'est ce qu'elle faisait, hein?" Je lançai un long regard à Nana Weasley mais elle se contenta de me sourire et se leva.

"Et bien, c'est bien que tu sois là maintenant, Rosie, pour occuper Scorpius pendant que je finis ma cuisine". Elle me sourit chaleureusement, me lança un clin d'œil discret, dirigea sa baguette vers la cheminée pour que les flammes se ravivent, puis sortit du salon, réprimandant mes oncles et mon père en passant à côté d'eux.

Je regardai ma grand mère partir puis me tournai vers Scorpius. Il avait replié ses pieds sur le canapé et s'appuyait sur le dossier, me faisant face, pour pouvoir parler par dessus les cris occasionnels des adultes ou les rires continus et les jurons d'Al, Alice et Roxanne, qui n'arrivaient toujours pas à attraper les gnomes courant à travers le salon.

Scorpius avait aussi mis des vêtements plus confortables. Il portait un pull chaud gris foncé et un jean noir avec de grosses chaussettes qui portaient l'emblème de Serpentard. L'effet était assez plaisant, pour être honnête.

Pour me débarrasser de ces pensées plus qu'amicales, je lui dis, alors qu'il se tournait vers moi, détournant son attention d'Al qui trébuchait sur les pieds de Roxanne, "Hé, Scorpius, est-ce que tu connais celle-là - "

"- Je parie que je la connais", murmura-t-il avec confiance, et il me lança un sourire à faire fondre le cœur que je savais que j'aimais secrètement.

"Combien faut-il d'égo-maniaques pour changer une ampoule?"

Il eut l'air un peu perdu mais le masqua en souriant de nouveau, et me souffla intimement "Combien?"

"Un seul", me forçai-je à lui répondre alors que ma bouche s'asséchait. Involontairement, nous nous rapprochâmes l'un de l'autre de telle sorte que nous étions cachés aux yeux de ma famille par le canapé, de plus en plus proches.

Je me rappelai qu'il y avait quelque chose que j'étais supposée dire.

"Et pourquoi ça?" souffla-t-il, à seulement quelques centimètres de moi.

"Il reste là à attendre que le monde se mette à tourner autour de lui."

Et, juste comme ça, l'atmosphère entre nous changea et il lança sa tête en arrière en riant alors que je lui souris comme nous en avions l'habitude quand nous étions meilleurs amis.

Son rire attira l'attention de tout le monde dans la pièce, stoppant momentanément le chaos et permettant aux gnomes de s'échapper rapidement de la pièce et de passer par dessus la barrière du jardin.

Alice me fit un clin d'œil et Al et James, derrière elle, se mirent à chuchoter entre eux avec des expressions identiques d'agacement gravées sur le visage. Heureusement, ma mère décida de faire un commentaire avant que je ne puisse vraiment m'inquiéter à propos de la raison pour laquelle ils étaient agacés.

"Tu ne devrais pas aider un peu, Rosie?" me dit ma mère avec un regard désapprobateur.

Je me levai et marchai jusqu'à la plus petite boîte de décorations dans un coin de la pièce, près du sapin, et commençai à les trier. Le niveau de bruit revint à la normale alors que je me mettais à arranger les guirlandes lumineuses.

Du coin de l'œil, je vis Scorpius me sourire d'un air narquois jusqu'à ce que la voix de ma mère ne s'élève, "Pourquoi n'aides-tu pas Rosie, Scorpius?"

"Bien sûre, Mme H", lui sourit-il gentiment puis, quand elle se fut tournée et que personne ne le regardait plus, il se leva avec réticence du canapé pour m'aider.

Ce n'était pas que Scorpius ne voulait fournir aucun travail pour notre famille ou pour Noël, c'était plutôt parce que nous allions devoir travailler ensemble dans un espace réduit où nous pourrions parler. J'espérai qu'il trébuche sur son chemin et se casse la jambe, ou qu'il attrape soudainement avec une migraine, mais je n'eus pas cette chance.

Scorpius fouilla dans la boîte sur le sol entre nous et enroula une guirlande autour de moi, tenant un bout dans chaque main, de sorte que je ne pouvais plus bouger que dans l'espace restreint entre nous deux.

En soupirant, je me retournai pour lui faire face, réalisant que nous étions plus proches que je ne le pensais.

Pourquoi est-ce que je me retrouvais toujours dans ce genre de situation? Je lâchai un soupir.

"S'il te plait, Scorpius?" lui demandai-je brutalement.

'Pas de problème."

Aucun de nous deux ne parla après cette remarque, et je lui lançai simplement un long regard pendant qu'il me regardait en retour dans les yeux, l'air de s'amuser furieusement.

Je n'avais jamais remarqué à quel point sa peau était parfaite... Je sentis mon visage devenir écarlate quand cette pensée traversa mon esprit et regardai immédiatement mes pieds.

Je ne devais pas penser des choses comme ça. Enfin, c'était mon meilleur ami auquel j'étais en train de penser. Mais penser ces choses dans les bras dudit meilleur ami était un tout autre problème. Cela rendait les choses entre nous tellement plus réelles et ... possibles.

"D'accord, désolé... désolé..." marmonna Scorpius, reculant d'un pas et tirant la guirlande d'une main de façon à ce qu'elle traine sur le sol devant lui. "Je m'amusais juste."

"C'est ce que tu faisais aussi la nuit dernière?" Alice nous lança un sourire narquois en passant à côté de nous, tenant un gnome se tortillant dans chaque main, à bout de bras, comme s'ils étaient atteints d'une maladie mortelle contagieuse.

Alice partit rapidement, avant même d'avoir fini sa phrase, et Scorpius et moi nous retrouvâmes bloqués les yeux dans les yeux. Je ne savais pas quelle expression son visage exprimait à cet instant; en fait, je crois qu'elle n'exprimait aucune émotion, aucune pensée. Mais je savais que je devais m'éloigner de lui et de sa sorte de 'charme d'abruti' aussi vite que possible ou je me retrouverais à faire quelque chose... quelque chose comme la nuit précédente.

Ce qui n'apporterait rien de bon.

Surtout devant toute ma famille.

Au lieu de ça, je m'enfuis en courant.


Enfin la suite! Désolée, j'étais en vacances et j'ai eu des problèmes d'ordi donc je n'ai pas pu poster avant de partir. Encore merci pour vos reviews, ça motive :)

La suite bientôt!