Chapitre XII: Si jusque là c'était une erreur ... (2/2)
Sans hésiter une seconde, je tendis les bras brusquement, repoussant Scorpius et sautant à l'autre bout de la pièce. Ses jambes se cognèrent contre le lit derrière lui et se tordirent alors qu'il s'étalait sur le dos, faisant un roulé boulé pour finir avec un grand bang sur le sol de l'autre côté du lit.
Je me retournai rapidement, me redressant et arrangeant mes cheveux à la va vite alors qu'Alice 'humpfa' à la porte.
"Rose!" L'exclamation irritée de Scorpius s'éleva depuis derrière le lit une seconde avant que sa tête n'apparaisse au dessus du matelas, puis il s'assit.
"Désolée", lui dis-je timidement.
Alice ignora complètement notre conversation. "Pour l'amour de Dumbledore! Je vous laisse seuls moins de", elle regarda sa montre, " moins de vingt minutes et vous êtes déjà en train de vous bécoter dans une pièce vide."
"Elle était vide..." marmonnai-je dans ma barbe.
"... jusqu'à ce que tu arrives ..." ajouta Scorpius d'un ton boudeur.
"Et bien vous feriez bien de remerciez les hippogriffes qui veillent sur vous que ce soit moi qui vous aie trouvés et pas quelqu'un d'autre comme... oh, je ne sais pas... un des nombreux cousins furieux de Rose."
"Pas faux", marmonna Scorpius alors que je penchai ma tête comme pour dire 'C'est un bon argument'.
"Exactement", s'approuva elle-même Alice. Elle était de mauvaise humeur, mais étant donné que son intrusion avait possiblement sauvé Scorpius d'une 'Mort par Testostérone', je l'ignorai. "Maintenant vous allez gentiment retirer vos pattes l'un de l'autre pour plus de trois minutes et aller en bas avec les autres. Rose, ta grand-mère veut que nous descendions tous pour boire du chocolat chaud et écouter Célestina Moldubec avant d'aller au lit."
"Comme chaque année", souris-je.
"Elle n'est pas morte, elle?" demanda Scorpius alors que je m'avançai en lui tendant ma main pour l'aider à se lever.
"Apparemment pas", répondit négligemment Alice alors que nous descendions les escaliers et entrions dans le salon infesté de Weasleys.
"Vous êtes là!" s'exclama Nana Molly par dessus le bruit des applaudissements sortant de la petite radio sans fil posée sur le centre de la table et les discussions de ma famille.
Alice alla immédiatement s'asseoir à côté d'Al; Nana Molly, Tante Ginny et Oncle Harry se regardèrent les uns les autres en souriant. Je me dirigeai vers le coin opposé de la pièce ou Molly (la cousine) était assise, lisant un livre, étant donné que ce serait le dernier endroit où Scorpius irait s'asseoir et ce serait donc moins tentant de regarder dans sa direction toutes les minutes, mais ma mère captura immédiatement mon attention quand elle nous demanda à tous les deux "Qu'est-ce que vous faisiez? On vous a cherché partout."
"Heumm..." Je regardai Scorpius en quête d'aide alors que d'autres membres de ma famille avaient remarqué la scène se déroulant autour d'eux et décidé de la suivre. Apparemment ils nous avaient tous cherchés... certains avaient juste mieux cherché que les autres. "On discutait juste à propos d-de..."
Le silence s'installa quand je n'arrivai pas à finir ma phrase. Essayer de trouver quelque chose d'intelligent à placer dans une phrase en étant sous pression de cette manière et essayer de ne pas avoir l'air gênée était bien au delà des capacités de mon cerveau à cet instant. C'est probablement pourquoi Scorpius et moi sautâmes tous deux sur l'occasion de fournir une réponse, mais malheureusement en optant pour deux mensonges différents, au même instant.
"Du quidditch."
"Des devoirs."
Ma mère haussa un sourcil dans ma direction alors que j'ignorai soigneusement les regards de Victoire à ma droite. Heureusement, Scorpius nous sauva de plus de questions gênantes.
"C'était des devoirs pour le quidditch, Mme H," dit-il à ma mère avec un sourire chaleureux en s'asseyant entre Al et Lily sur le sol près de la table basse. Je devais l'admettre, c'était plutôt convaincant. Je m'assis en face de lui, sur le seul espace libre, ou presque, au sol, heureuse que sa réponse semble satisfaire ma mère et les autres dans la pièce, puis réalisai qu'il y avait un échiquier devant moi.
"Hé, papa," appelai-je mon père, qui était en train de rire à une blague qu'Angelina, la femme d'Oncle George, venait de raconter. "Tu veux jouer aux échecs?"
Ses yeux s'illuminèrent à la mention des échecs mais ma mère l'appela et il me regarda d'un air d'excuses. "Je jouerai avec toi plus tard, Rosie, d'accord?"
"Ça me va, papa", lui souris-je en retour alors qu'il était de nouveau appelé par Fred et James, qui étaient de toute évidence en train de préparer un mauvais coup dans un coin.
Soudainement, ma Nana Molly se redressa d'un air excité.
"Chut, tout le monde, taisez-vous. Ils passent Célestina Moldubec!" Elle avait l'air tellement excitée qu'aucun de nous n'envisagea même d'expliquer que nous ne voulions vraiment pas écouter sa musique démodée.
Grand-mère connaissait les paroles de la chanson alors elle se mit à chanter à voix haute tandis que Tante Fleur, Oncle Percy et Grand-père Weasley (qui jusque là s'était caché dans le jardin dans l'espoir de ne pas être obligé d'écouter Célestina) allèrent nous faire à tous du chocolat chaud.
Vers le milieu de la chanson, quand Célestina chantait le plus fort et ma famille était la plus silencieuse, Scorpius se pencha par dessus la table (je vis immédiatement Alice se tourner pour regarder ce qu'il se passait entre nous) et me dit, "Je vais jouer aux échecs avec toi."
Je lui lançai un sourire narquois. "Je vais te battre", le prévins-je.
"Je suis invaincu."
"Il y a une première fois à tout, Scor."
Et nous installâmes le jeu, regardés par la plupart de ma famille, et nous mîmes à jouer. Il était doué. Je remarquai qu'il calculait chaque mouvement avec attention; prenant soin de ne perdre que les pièces qu'il pouvait se permettre de perdre, ou sacrifiant une de ses tours pour sauver sa reine.
"Tu sais, Rose, tu as peut-être fini par trouver quelqu'un pour te tenir tête aux échecs" commenta Victoire alors que je me démenai pour me tirer du pétrin dans lequel je m'étais fourrée sur l'échiquier.
En mordant ma lèvre inférieure, je lui dis, "T'inquiète, Tory, je vais gagner."
Scorpius rit doucement, détachant son regard de mes lèvres, "Oh, vraiment?"
"Vraiment", soufflai-je en retour alors que je trouvai enfin une faille dans ses défenses. Je n'arrivais pas à croire que je ne l'avais pas remarquée plus tôt, même si je pouvais probablement déterminer avec précision la raison pour laquelle j'étais distraite. "Échec et mat."
Il resta silencieux une minute puis, se forçant à quitter l'échiquier des yeux, les leva vers moi. "Ah, et bien, félicitations. J'imagine que tu es vraiment la meilleure aux échecs."
"Je sais", lui souris-je, satisfaite.
"Je plains l'homme avec qui tu choisiras de passer le reste de ta vie, Rosie." commenta Victoire, et je fus blessée un instant à ce commentaire fait au hasard, jusqu'à ce que je réalise ce qu'elle voulait dire.
"Parce qu'il devra vivre avec mon incroyable don des échecs?"
"Exactement", rit-elle. "Je veux dire, regarde-moi. Dans quelques jours je serai Victoire Lupin et je devrai vivre avec ce truc pour le reste de ma vie."
Elle donna un coup de coude blagueur à Teddy. Il fit semblant de se plier de douleur, et quand il se redressa, ses yeux et ses cheveux étaient roux Weasley.
Je ne pus m'empêcher d'éclater de rire, de même que Scorpius, Lucy (qui avait gardé un œil sur Scorpius depuis qu'il était monté dans le Poudlard Express), Al, Alice, Hugo, Victoire et Lily.
"Mais, hé, tu vas devoir t'y habituer, Tory. C'est le prix à payer pour tomber amoureux", lui rappela Alice.
"C'est juste de l'affection, ça passera", plaisantai-je. Tout le monde savait que Victoire et Teddy s'aimaient depuis qu'ils s'étaient rencontrés, même si leur type d'amour avait changé au cours des années.
"Tu ne penses pas que c'est la même chose, Rose?" me demanda Lily.
"Bien sûr que non", les rassurai-je.
"Il n'y a pas d'amour sans affection, ou d'affection sans amour", nous dit Lucy à tous.
"Bien sûr qu'il y a de l'amour sans affection et inversement", argumentai-je tout en enlevant les pièces de l'échiquier.
"Tu peux toujours aimer une personne même si parfois tu ne peux pas la supporter", m'approuva Scorpius, et ses doigts frôlèrent les miens quand nos mains passèrent l'une près de l'autre.
J'attrapai son regard et ce fut comme si nous étions les deux seules personnes dans la pièce pendant un long moment.
"Et ne pas supporter quelqu'un, ce n'est pas de l'affection", soulignai-je.
"Nan", approuva-t-il de nouveau alors que nos regards se détachèrent.
"Et bien, c'est un bon argument", dit Victoire alors que Lucy et Lily acquiescèrent et continuèrent la conversation entre elles.
Les autres adultes revinrent, en faisant léviter plus de chocolat chaud que je n'en avais jamais vu devant eux.
"Hé", leur demandai-je à tous alors que les chansons de Célestin Moldubec s'arrêtaient finalement à la radio. "Où est Angie?"
Toutes les personnes regardèrent autour d'elles, remarquèrent qu'Angie n'était pas la personne assise à côté d'elles (cette fille était sure de laisser une impression), et répondirent par la négative.
"Je ferais mieux d'aller la chercher", annonçai-je en me levant.
"Je vais t'aider", dit Scorpius, se levant également. Il me lança un regard qui signifiait qu'il ne serait probablement pas vraiment concentré sur notre mission mais voulait vraiment être seul avec moi.
Alice, qui fut heureusement la seule autre personne à le remarquer, se leva aussi. "Moi aussi, je crois qu'elle a dit qu'elle ne se sentait pas très bien. Je vais aller me coucher, de toute façon, alors je vérifierai."
Nous dîmes bonne nuit à tout le monde et nous dirigeâmes vers les escaliers. Dès que nous atteignîmes la porte de la chambre des filles, Alice nous dit finalement ce qu'elle avait voulu nous dire depuis qu'elle nous avait trouvés plus tôt.
"Vous n'êtes que des idiots", sourit-elle puis elle rentra dans notre chambre, refermant la porte derrière elle et me lançant "Magne-toi, Rose".
Je me tournai vers Scorpius de nouveau. Il m'embrassa une fois légèrement, doucement et gentiment, puis se recula, gardant ses bras enroulés autour de ma taille. Je me lovai contre lui, aspirant son odeur et me délectant du calme que m'apportait sa présence.
"On est sérieusement dans la merde, hein?" marmonnai-je contre son torse.
Je le sentis vibrer de haut en bas quelques fois alors qu'il riait silencieusement. "Un peu, je l'admets."
"Alors qu'est-ce qu'on fait, maintenant?"
Il se tut une minute. "Je ne pense pas qu'on doive le décider maintenant, si? Je veux dire, tout le monde a des amours de vacances, non?"
"Si", approuvai-je, en souriant. "Ce sera juste une de ces petites histoires qui durent le temps des vacances, et quand on retournera à l'école ça s'arrêtera et nous serons juste... comme avant. Des amis."
"Meilleurs amis", me corrigea-t-il.
"Meilleurs amis", approuvai-je.
Une minute passa en silence et, finalement, ce moment dut prendre fin. Scorpius s'écarta de moi et regarda mon visage, dégageant une mèche de cheveux de devant mes yeux pour la coincer derrière mon oreille.
"Alors, je... heu, j'imagine que je te verrai... je te verrai demain, alors?" me demanda-t-il avec tant d'espoir que je fus perdue un instant. "Ou... ou pas?"
Je lui lançai un sourire rayonnant. "Bien sûr que tu me verras demain.
Je savais qu'il y avait un sens caché dans cette phrase mais y répondit comme si je ne l'avais pas saisi, même si je crois qu'il comprit que je l'avais vu.
En hésitant un peu cette fois-ci, Scorpius posa ses lèvres sur les miennes de nouveau pour un court baiser, mais je ne voulais pas qu'il finisse si rapidement alors, agrippant le devant de son t-shirt, je le tirai vers moi pour un baiser plus long, plus intime.
"J'admets que c'était plus que trois minutes, mais sérieusement?" La voix d'Alice nous parvint de derrière la porte dans mon dos. "Angie ne t'avait-elle pas prévenue, Rose, que tes émotions prendraient bientôt le dessus et que tu sauterais sur un pauvre garçon qui n'a rien demandé?"
"Si", lança la voix désincarnée d'Angie depuis les profondeurs de notre chambre.
"Je n'avais pas fini de dire bonne nuit", marmonnai-je, irritée, en me reculant d'un pas pour me tenir près d'Alice, dans l'encadrement de la porte, qui s'était tournée pour répondre à Angie.
Mes doigts toujours entrelacés avec ceux de Scorpius, je le regardai et murmurai doucement, "Bonne nuit, Scor."
Il sourit gentiment, d'un sourire différent de son sourire narquois habituel, et répondit doucement d'un "Bonne nuit, meilleure amie."
Alors qu'il se retournait et se dirigeait vers l'escalier menant à sa propre chambre, je laissai échapper un éclat de rire, et le vis se retourner et me lancer un dernier petit sourire avant de disparaître en haut des marches.
"Qu'est ce qui te fait rire?" entendis-je une voix me demander dans l'obscurité de notre chambre.
"T'es là, Angie!" répondis-je, me concentrant enfin sur ma meilleure amie.
"J'ai une migraine", m'informa-t-elle. "Et je ne pense pas que j'aurais pu supporter Mme Moldubec avec ça."
Je ris à nouveau alors qu'Alice refermait la porte derrière elle.
"Ce n'est pas si nul", témoignai-je en la faveur de Nana Molly, en m'effondrant dans mon lit entre ceux d'Alice et d'Angie.
Angie me sourit au lieu de me répondre, puis ses yeux se fixèrent sur mon visage et elle déclara d'un ton accusateur, "Tu viens de bécoter quelqu'un."
Je me mis à m'étouffer en toussant tandis qu'Alice commença à rire hystériquement. Merlin, cette fille avait un sixième sens ou quoi?
Tante Audrey nous demanda du bas des marches si tout allait bien. J'ouvris la porte pour lui dire que c'était le cas puis m'assurai qu'elle était correctement refermée, lançai un 'assurdiato' avant de me rasseoir sur mon lit et de me tourner vers Angie.
"Non, je n'ai bécoté personne", dis-je en évitant de la regarder dans les yeux, essayant de m'occuper en me mettant en pyjama.
Son sourire se fendit d'un immense sourire, remarquant en l'espace de quelques secondes que je lui mentais.
Elle commença à sauter de haut en bas sur son lit comme si elle avait ingéré trop de sucre. "Oh que si!"
"Non", dis-je fermement.
"Oh que si!" Voyant que je n'acquiesçai pas, elle se tourna vers Alice. "Oui, hein?'
"Ouais" réussit à dire Alice à travers ses rires.
"Alice!" me plaignis-je bruyamment, heureuse d'avoir lancé un 'assurdiato' sur la pièce.
"Je suis désolée", dit-elle, en ayant l'air de s'en foutre royalement.
"Alors sur quel gars Rose a-t-elle finalement sauté?" demanda Angie avec désinvolture.
Je tournai si brusquement ma tête vers Alice que je l'entendis craquer. Je lui lançai un regard pénétrant et elle reçut facilement le message - n'envisage même pas de lui dire.
Angie lâcha un rire. "Quoi? C'est un secret?" Aucune de nous ne répondit. Alice se remplit simplement un verre vide d'eau et en avala une gorgée pour avoir quelque chose à faire. "Est-ce que c'est Al?" plaisanta Angie.
Alice recracha son eau alors que j'éclatai de rire. "Est-ce que je serais en vie si c'était le cas?" fis-je remarquer à Angie et Alice se reprit et me rejoint sur mon lit. "Et deuxièmement, berk. C'est dégueu, c'est mon cousin."
"Et bien..." Je pouvais entendre travailler les rouages de l'esprit d'Angie. "Ce sont tous tes cousins..." Elle s'approchait de la réponse et je ne voulais désespérément pas qu'elle le sache.
"Tu sais... On devrait se mettre au lit... Il se fait tard", essayai-je de distraire Angie.
"Bonne idée", approuva immédiatement Alice. Je ne voulais pas que qui que ce soit d'autre sache pour ce truc entre Scorpius et moi.
Nous grimpâmes chacune dans notre lit et je baissai les lumières pour qu'elles soient presque éteintes, mais pas totalement (Alice avait peur du noir).
Après quelques instants de silence total, pendant lesquels j'avais pratiquement sombré dans le sommeil, Angie nous demanda dans un souffle, "J'ai manqué quelque chose à la 'Convention Célestina'?"
"Nan", souffla Alice en retour, et je sentais mes yeux se fermer et mon esprit se déconcentrer de sa voix. "Juste Rose qui a écrasé Scorpius aux échecs."
"Oh, d'accord..." répondit doucement Angie. Je crus, pendant une minute, qu'elle allait se redresser sur son lit et m'accuser de la vérité, mais ce ne fut pas le cas.
Poussant un profond soupir de soulagement, je me retournai sur mon ventre et découvris qu'il ne me fallait aucun effort pour m'endormir.
Alors? :)
Un énorme merci aux revieweurs et à tous ceux qui mettent cette fic dans leurs alertes, ça fait plaisir! :) Je rappelle par contre que je ne suis que la traductrice, je n'ai aucun mérite quant à l'histoire...
Et vous avez vu? Pas de retard :) J'essaie de prendre de l'avance en ce moment, mais je vous avouerais que là j'essaie quand même de me mettre aux révisions du bac (enfin, je dis ça...) et que je suis en pleine période d'entretiens pour des écoles tout ça donc j'aurai pas mal de choses à faire ces temps-ci. D'ailleurs priez pour moi, demain matin entretien pour l'école que je veux faire... Enfin bref, merde à tous ceux qui sont dans leurs concours tout ça, et d'ailleurs aussi tous ceux qui ont besoin de chance en ce moment pour tout ce que vous voulez :p Bonne semaine lecteurs (revieweurs...? (a)) chéris!
