Bonjour =)

Désolée pour le retard, j'avais repris un bon rythme mais je viens de partir en vacances ( Oh Paris...Paris...=) ), donc évidemment je manque à mes devoirs ^^

Alors déjà je commence par un grand merci à tous ceux qui suivent encore cette histoire, à tous ceux qui prennent le temps de la lire et de poster des reviews =)

D'ailleurs en parlant de Reviews :

Axou152, Juju2904: J'essaye de lui donner plus de profondeur donc je suis contente que le personnage de Sugar vous plaise =) Merci !

Dororo03 : Oui j'ai tendance à malmener un peu plus ma pauvre petite Quinn =/ Quelque part, Santana est toujours cette petite fille perdue, j'ai essayé de le faire ressortir à travers sa discussion avec Sugar, dans la manière dont elle se livre ^^ Merci pour ta review ! =)

Vilou : merci pour ta review =) Il faudra que j'aille faire un petit tour du côté de tes histoires ;)

Op2line : Merci d'avoir pris le temps de rewiewer, ça fait toujours plaisir de lire ce genre de commentaire. J'espère que l'histoire continuera à te plaire =)

Naze : mdr Crever ?! A ce point là ? La pauvre... ( Tu as bien raison oui ! ha ha ). J'espère que la suite te plaira ! Et encore merci pour ta review =)

Zebulon : Ha ha ha ! Ton histoire m'a bien fait rire ! J'ai aimé me l'imaginer Mouahaha ! =D J'espère que la publication de ce chapitre se fera de manière plus propice à la lecture ;D Merci pour tes reviews en tout cas, c'est toujours un plaisir de les lire =)

Captain Choc...Euh Hana : Ah la la...Tes reviews m'avaient manqué ! J'aime tes "rally-commentaires" Exactement, la vie n'est pas toujours facile, et j'essaye de le faire ressortir à travers leurs épreuves ^^ Je n'ai jamais véritablement apprécié le personnage de Finn, un peu lourdeau, toujours "chiant", et AVEUGLE, je pense que ça ressort vraiment dans ce que j'écris *sifflote*. Mais Rachel n'a ni confiance en elle, ni en d'éventuels sentiments que Quinn pourrait nourrir à son égard...La vilaine ! C'est vraiment ce que j'ai essayé de faire ressortir en écrivant le passage où Mercedes rentre dans les pensées de Rachel, une impression de "viol" de pensées ( pas sûr que ça existe O_o ).

Paori : Oui j'essaye d'en faire quelque chose de cette petiote ! Ha ha ! J'ai vraiment essayé de faire de Sugar un pilier pour les autres ^^ Et tu sais que j'essaye à tout bris de briser leur carapace pour qu'on aperçoive leurs vraies personnalités ;) Et pour ce qui est du fait de "Quiestlaplussadiquedenousdeu x" je pense qu'on peut toutes les deux être dans le "Top 10" finalement ! Parce qu'il n'y a pas que de la douleur physique dans tes chapitres, crois moi ! ;) Ps : En effet, tes reviews flattent particulièrement mon viel égo ! ;D

NayannaR : Merci de continuer à lire cette histoire =) Pour ce qui est de Sugar, je la trouve un peu "vide" dans Glee, et là j'ai essayé de lui donner un peu plus de profondeur, et en fait un tout nouveau caractère. Le souvenir de Santana m'est venu "comme ça", naturellement je dirais, et je suis contente qu'il t'est touché. Bref encore merci, en attendant ton chapitre à toi ;)

Bref, je suis contente car ce qu'il ressort c'est que le personnage de Sugar est apprécié. Pour ce chapitre là, en Pov Rachel/Quinn, la confrontation après un mois d'absence :

Pov Rachel

Le miroir de ma chambre me renvoi une image ternie. Un reflet qui me colle à la peau depuis quelques temps. Malgré tout, je me prépare, essaye de donner à mon teint un faux éclat, à mes yeux une certaine lueur que je suis loin de ressentir. Je lisse mes cheveux avec ma brosse alors que mes pensées s'évadent vers ces dernières semaines. Si vides de sens.

Je fixe un instant le fond de mon regard. Et la flamme qui l'éblouissait parfois semble s'être envolée définitivement. Loin de moi. Ou peut être avec cette partie de moi qui donnait à mes sourires une vérité qui n'est plus. Je baisse la tête et regarde longuement mes poings serrés l'un contre l'autre sur mes genoux.

Bizarrement, au fond de moi, je voudrais me battre. Sans savoir contre quoi. Et pourquoi. Mais je sens que cette force qui brillait au fond de mes yeux n'est pas encore totalement partie. Ou du moins je ne peux que l'espérer.

Un coup se fait soudain entendre à la porte de ma chambre. Je me redonne une contenance alors qu'un faux sourire vient ornée mes lèvres d'un masque construit sur le mensonge.

- Oui ?

Mon père, Hiram, pénètre dans ma chambre, un sourire calme sur les lèvres.

- Chérie, une de tes amies attend en bas, je peux la faire monter ?

- Bien sûr, fais donc.

J'hésite un instant avant d'ajouter :

- Une amie tu as dis ? Pas Kurt ?

- Non, pas Kurt, répond-t-il évasivement.

Je hausse un sourcil interrogateur mais il échappe à mes questionnements en ressortant rapidement. Je reste fixée sur la porte quand elle s'ouvre à nouveau. Laissant passer une silhouette qui manque de me faire tomber de ma chaise.

La jeune latino-américaine s'avance d'un pas décidé vers moi, regagnant une assurance dans le regard qui lui avait été enlever depuis quelques temps. Une fois la surprise passée, une véritable curiosité s'empare de moi.

Nous nous faisons face. Deux étrangères aux personnalités si différentes. Mais reliées par la même tristesse.

- Il y a un problème avec Quinn...

Je me fige à l'épellation de son prénom.

- Je ne vois pas en quoi cela me concerne.

Je me retourne ensuite vers mon haut miroir, essayant de faire bonne figure en recommençant à me coiffer. Les gestes emprunts d'une rigidité qui me donne l'air d'une automate.

- Ce n'est pas mon problème. Et je ne pense pas que ce soit le tien non plus après ce qu'elle a osé te faire, Santana.

Son regard tranchant me coupe instantanément.

- C'est cette chose qui « n'est pas ton problème » qui t'a donné l'air d'une pauvre chose morte ces dernières semaine, Berry? Me lance-t-elle, la voix vibrante d'une colère évidente.

Elle fait à nouveau un pas vers moi. Et cette faiblesse qui l'habite encore ne semble plus aussi forte. Aujourd'hui, Santana Lopez semble avoir retrouver l'envie de vivre.

- Quinn t'a transpercé le ventre avec un couteau Santana ! Le problème c'est elle !

- Le problème c'est qu'on l'a laissé tomber !

Et cette réponse me glace, donne à mes peurs un éclat nouveau. A cette idée affreuse qui me donne l'impression que Quinn n'est pas la personne à blâmer, et que je suis celle qui a trahit sa confiance.

- ça ne me concerne pas...

Mon entêtement sonne tout autant stupide à mes oreilles qu'il doit l'être pour Santana.

- c'est quoi ça ? La réponse toute faite que ton copain t'a mise dans la bouche ? Ou tu peux encore essayer de réfléchir par toi même ?

Je me fige sous l'attaque et sous cette vague négative qui ne fait qu'aller et venir à l'intérieur de mon esprit depuis quelques semaines. Depuis ce fameux jour. Depuis que Quinn est partit.

- C'est pour ça que tu es venue ? Pour m'insulter ?

J'essaye de me défendre, mais au fond...je ne peux m'empêcher de penser qu'elle a raison. Elle semble pourtant se calmer, apaiser la colère qui, je le sens, n'est pas dirigée simplement contre moi. Mais contre ce tout qui a mit son amie en retrait de nous tous et d'elle même.

- Je suis venue parce que je pense que Quinn a un problème. Et je veux que tu m'aides à découvrir cette chose qui l'a éloigné de nous. Je veux que tu m'aides à la faire revenir.

Problème ou pas, je ne peux pas y faire face. Je n'ai pas la force qu'elle attend de moi. Je ne suis que Rachel Berry. Je ne suis rien.

Mon regard a l'air d'être une réponse suffisante. Elle recule, le regard voilé.

- Elle m'a aidé...à faire face. Elle m'a relevé. Quinn a été l'amie que je n'aurais jamais pensé avoir. À travers les bons et les mauvais moments, elle a été là. Alors...comme elle l'a toujours fait pour moi, c'est à mon tour de lui tendre la main. Alors, quoi que tu essayes de paraître Berry, toi et ta putain d'image parfaite, je sais qu'au fond tu as la force de te battre...

- Pourquoi...

Et ma voix déraille.

- Pourquoi je me battrais ?

Et les larmes qui strient mes joues ne peuvent mentir à ma place.

- Pour elle.

Je lève mes yeux embués vers le reflet qui me fait face.

- Je ne peux pas.

Et pour la première fois, comme l'image d'une victoire, aussi petite soit-elle, Santana sourit. Léger mais visible, il déforme son visage d'une bonté intérieure qui m'apparaît enfin, cachée derrières des airs durs.

Et ce sourire est une réponse bien suffisante. Elle le comprend, car le moment d'après elle ouvre ma porte et repart, comme si cet échange n'avait jamais existé. Laissant pourtant derrière lui les sillages de ce qu'elle avait voulu me transmettre. Du doute qu'elle avait tenté d'insinuer en moi.

En route pour la fête que donne Karofsky, où tout le lycée a été invité, je me laisse bercer par les accents mélodieux de la radio de la voiture de Kurt. La tête collée contre la vitre, je laisse l'obscurité alentour s'insinuer en moi, essayant d'y trouver un certain oubli.

- On est arrivé, s'extasie Kurt alors que la maison déjà bruyante de Karofsky se profile devant nous.

Une fois la voiture garée, il descend et m'ouvre la porte galamment en me tendant son bras.

- Je suis tellement excitée par tout ça ! Même si Karofsky est un mufle il arrive quand même à avoir un certain goût pour donner les meilleures fêtes.

Le reste de son discours m'échappe dans un concert assourdissant. Les gens autour de nous sont déchaînés sur ce qui semble être la piste de danse, d'autres rient. Autour de nous, le monde se mélange à travers une myriade de visages qui s'effacent l'instant d'après.

Je m'accroche à Kurt pour ne pas me laisser emporter par le mouvement autour de nous. Conscient que je ne me sens pas à l'aise, il me prend par la main pour nous emmener dans le couloir de l'entrée où la foule se disperse en des petits groupes distincts. Nous nous mettons contre l'un des murs, bercés par des accorde légèrement moins forts.

Je les entend venir bien avant de les voir descendre les longs escaliers de la demeure. Bruyants et sans douceurs, ils grognent des propos que je ne regrette pas de ne pas pouvoir entendre. Ils sont quatre. Quatre footballeurs. Et au moins, deux d'entre eux sont saouls. Les autres sont simplement en passe de le devenir. Et en me retournant vers Kurt, je devine son regard. Comme tous ceux qui ne peuvent vivre leur différence sans se voir laisser tranquille, il est la cible principale de ces gros idiots sans cervelles.

Je pense un instant qu'ils vont passer directement au salon. Et c'est ce qu'ils manquent de faire. Mais l'un des derniers croise soudain mon regard puis celui de Kurt. Un sourire carnassier et caractéristique étire ses lèvres alors qu'il attrape l'un des trois autres pour l'emmener vers nous. Je croise mes bras, un air dur le visage alors qu'ils se rapprochent, savourant d'avance ce que je ne comprendrais jamais.

- Tu es venue avec une amie à toi Rachel ?

Je soupire en levant les yeux aux ciels.

- Tu n'as pas autre chose en réserve ?

- Laisse tomber Rachel. Comment veux tu que les mots arrivent jusqu'à lui ? Il lui faudrait un cerveau pour ça.

- Élémentaire mon cher Watson ! Je m'exclame d'un air faussement enjoué alors que Kurt me sourit.

Sourire qui disparaît malgré lui quand l'une des deux brutes l'agrippe par le col pour l'envoyer contre mur.

- Répète ça un peu lopette !

Poussée par un instinct naturel, je m'avance vers lui et l'agrippe pour qu'il lâche Kurt.

- Laisse le espèce de sale imbécile bouché !

Il commence à serrer la gorge de Kurt, aveuglée par sa colère, son idiotie et surtout par l'alcool.

- Laisse le !

Inquiète, je commence à lui frapper le dos, répétant mon geste sans qu'un seul de ceux-ci ne semble réellement l'atteindre.

- Lâche le !

Cette fois-ci j'utilise une technique que mes pères n'ont pas tardé à m'apprendre pour me défendre contre d'éventuels agresseurs. Une technique simple.

Je balance mon pied le plus fort possible entre ses jambes écartées. Instantanément ou presque il lâche Kurt qui retombe lentement contre le mur. Il lance un cri aigu en retombant sur le sol, se tenant l'entrejambe comme si il venait de subir une blessure grave.

Une technique simple. Et efficace. Je vais vers Kurt. Il se tient la gorge à deux mains, essayant d'aspirer l'air autour de lui, difficilement.

- Viens Kurt...

Mais je me sens soudain happée en arrière alors qu'une poigne féroce empoigne mon bras. Ses deux mains serrées sur mes deux bras, il me soulève pour me cogner fortement, à mon tour, contre le mur derrière moi. La douleur derrière mon crâne explose les bruits autour de moi, les faisant se taire à un simple murmure. Je ferme les yeux alors que je le sens crier contre ma bouche des mots incohérents. Quand je reprend conscience, il me tient toujours au dessus du sol.

- Tu veux encore faire la maligne Berry ?

Et c'est quand il se décale légèrement que je la vois.

Pov Quinn

La rage qui me tord le ventre n'a jamais été aussi forte. Je ne réfléchis plus, aux conséquences, à ce que je « dois » faire, à ce que je pourrais éventuellement « ne pas faire », j'agis. Car rien n'a plus d'importance, mis à pars elle.

Je me jette contre son flanc si brusquement que ses mains lâchent instantanément Rachel. Je profite de sa surprise pour le pousser à nouveau avec force loin d'elle, avant de me mettre entre eux.

Quand il se retourne vers moi, il semble stupéfait. Et je ne sais exactement ce qui doit le surprendre le plus. Que je défende Rachel ou que j'ai l'air autant déterminée. Il essaye de reprendre contenance devant moi et ceux qui assistent au spectacle autour de nous.

- On peut savoir ce qui te prend Fabray ?

Mais je ne répond pas, mon cœur battant la chamade au rythme de mon emportement.

- Tu défends Berry maintenant ? Rit-il en s'avançant légèrement.

Sans tarder, j'envoie ma main le plus fort possible contre sa joue avant d'attaquer à nouveau mais avec mon poing. La douleur fuse à travers mes doigts alors que je les ramène vers moi.

Qu'il est pu la toucher...lui faire mal m'est intolérable.

À nouveau touché, il s'avance et je lui envoie mon autre main contre la joue. La claque semble résonner un instant contre mes oreilles, me rendant son son presque aussi fort que la musique autour de nous. Puis les gestes s'enchaînent, et cette fois-ci je sais qu'il n'aura aucun regret à laisser parler son agressivité. J'esquive l'une de ses prises avant d'envoyer mon genou entre ses jambes et de le plaquer contre le mur, laissant mon bras appuyer le plus fort possible sur sa pomme d'Adam. Et tout se passe si vite que je doute un instant qu'il est pu pleinement prendre conscience de ce qui lui arrive.

- Ne la touche plus jamais...

Mon murmure menaçant s'étend jusqu'à lui seul. Et j'entends encore les paroles rieuses de Santana quand elle s'amusait à commenter mes accès de colère. « Tu caches bien ton jeu derrière ton petit air de fille sage Quinn. Quinn la Lionne ! ». Et c'est exactement l'image que je dois donner à cet instant.

Je relâche mes muscles et le laisse respirer à nouveau correctement. Les entraînements de Schuester n'auront pas été vains. Vaincu, pour la première fois de sa vie, il fait quelque chose d'à peu près intelligent et part, emportant avec lui des relents d'alcool et de grognements. Faisant se disperser les gens autour de nous.

Lentement je me tourne vers Rachel. Je l'inspecte du regard pour savoir si elle n'est pas blessée. Mais la seule intensité de ses deux yeux sombres, fixés sur moi, me font instantanément tourner la tête vers Kurt.

- Merci Quinn...me lance-t-il en hochant la tête, reconnaissant.

Et un instant, même si il n'est qu'infime, je crois retrouver cette confiance qui m'a été enlevé. C'est quand je vois Finn traverser la foule de danseurs que je décide qu'il est temps d'y aller. Sans un mot je me retourne et part, alors que ma seule envie est de m'imprégner toute entière d'elle, de son image.

L'air froid du soir s'insinue à travers mon haut quand je sors dehors pour aller jusqu'à ma voiture. Je pénètre à l'intérieur et laisse reposer un instant ma tête contre l'appuie-tête derrière moi. Il n'y avait que moi pour avoir la fameuse idée de venir à cette fête. Qu'un être aimant souffrir pour s'infliger la vision de Rachel inaccessible et enfermée dans une colère légitime. Je soupire avant de poser ma main sur la clé du contact. Mais avant que j'ai pu démarrer, la portière coté passager s'ouvre brusquement, laissant entrer l'une des seules personnes que j'ai envie de voir. Et la seule qu'il m'est interdit de voir.

Je regarde un instant son visage. Ses traits. Ses yeux en forme d'amande où se déverse la couleur sombre de ses iris. Son visage déformée par la colère.

- c'était quoi « ça » ? s'exclame-t-elle soudain.

- De quoi tu parles ?

- Je n'ai pas besoin de ton aide tu m'as compris ? Je peux me débrouiller toute seule !

J'ai rêvé de la revoir. Dès l'instant où j'ai été condamnée à ne plus pouvoir que l'apercevoir au détour d'un couloir, c'est mes rêves qui se sont chargés de m'imposer son image. Une image emplie de la frustration de ne pas pouvoir l'approcher. Je voulais...non...je devais la voir. J'avais besoin de ça. Comme une alcoolique après sa bouteille.

- Oh et bien la prochaine fois je laisserais le premier con venir t'emplâtrer contre un mur et je m'éclaterais à faire un puzzle avec ce qui restera de toi !

- Je n'ai pas besoin de toi ! S'écrie-t-elle soudain, nous surprenant toutes les deux.

Et la blessure que m'inflige ses paroles glace un instant le cœur que je pense encore avoir.

- C'est très clair.

Un long silence s'étire pendant lequel la voiture n'est chargée que de son parfum, de sa présence. Et même si ce moment n'est qu'une plaie béante, je ne peux que rester là, la laissant s'imprégner de moi.

Brisant cet instant, elle sort soudain de la voiture. Alors je reste là, les yeux fixés dans le vide. Vide moi même.

Et puis, prise d'une pulsion plus forte que ma raison et tout ce qui a pu contraindre à me faire laisser les choses ainsi, je sors à mon tour et commence à marcher vers sa silhouette qui s'éloigne déjà.

- Je ne vois pas ce que j'ai fais de mal !

Rachel stoppe aux premiers mots qui s'échappent de mes lèvres. Elle se retourne brusquement avant de revenir vers moi, ses joues striées par une tristesse qui me met à genoux. Elle me fait face.

- Ce qu'il y a c'est que je me demande comment j'ai pu tromper mon petit ami avec la moitié d'une garce immorale, siffle-t-elle soudain en se rapprochant tellement de moi que je pense un instant défaillir.

Et comme pour contrer cette colère. Et surtout parce que ces mots me font réellement mal, je ne peux m'empêcher de lui répondre une horreur.

- ce n'est pas ma faute si ton copain n'arrive pas à te baiser correctement !

Sa gifle part instantanément. Et ce contact, aussi brusque soit-il, n'en reste pas moins un contact. C'est la première fois depuis un mois qu'elle me touche à nouveau. Et même si c'est pour me faire mal, mon corps voudrait à nouveau la voir aussi près qu'elle vient de l'être. Et pour avoir ce genre de pensées, je dois être devenue folle.

Ma main remonte naturellement vers ma joue pour y caresser la douloureuse chaleur qui s'en échappe encore. Et bouleversée par la dure réalité de ce moment, mon visage se fissure et laisse apparaître celle qui se cache derrière le masque.

Je laisse le temps passer, s'éterniser, attendant avec appréhension le moment où elle s'en ira. Mais elle reste simplement là.

Et je la trouve tellement belle.

Soudain, son premier mouvement me fige. Et au lieu de reculer...Au lui de fuir, et à nouveau, comme ce dernier jour, elle s'avance. Elle fait face. Ses mains chaudes prennent mon visage entre ses mains. Et si le premier toucher était agressif, celui-ci n'est plus que douceur. Elle rapproche doucement mon visage du sien, s'accroche à moi.

Je dois rêver.

Je ne peux que rêver.

Car dans mes rêves, elle est ainsi. Dans mes rêves, je peux sentir ce sentiment que je ne peux faire qu'espérer.

Oui, à l'intérieur de mes songes, tout finit irrémédiablement par s'arranger, et elle ne fait plus demi-tour. Ainsi je laisse mon rêve perdurer à travers ce moment.

Elle frotte son nez contre ma joue, puis ses lèvres m'électrisent, caressant ma peau de leur forme. Et à travers cette douceur, je perçois encore l'humidité de ses larmes que sa peau me transmet en sillons salés. Alors délicatement, je l'embrasse. Et ce baiser bat furieusement jusqu'à mon cœur, si fort que je pense un instant qu'il s'est peut être arrêté.

Après tout, dans les rêves, c'est peut être possible.

Mes lèvres remontent à travers les traces légères de ses larmes. Elles vont jusqu'au coin de ses yeux, alors que ses cils les caressent en se fermant.

- Rachel ! Rachel !

Et soudain, le rêve se brise. S'étale en milliers de morceaux entre nos deux corps, à nouveau séparer par le cri de Finn. Nous nous regardons. Elle semble désemparée et je sens qu'elle voudrait faire quelque chose...mais qu'une autre la retient encore. Alors, je me recule, avant que Finn ne nous trouve. Je commence à marcher vers ma voiture quand je me retourne, une dernière fois vers elle.

Et elle a ce regard. Et il y a tellement de choses que j'aimerais pouvoir faire à ce moment. Mais que je ne peux même pas envisager.

Alors je fais la seule chose que je peux encore. Je pars.

Car, après tout, ce n'était peut être qu'un rêve...