Chapitre XVI: Bonne année! (1/2)
Je me rappelais tout particulièrement de la bataille de pièce montée; en partie parce que cela ressemblait tellement à Teddy et Victoire de se comporter comme des gosses et de faire ce genre de trucs, et en partie parce que c'était à ce moment-là que j'avais réalisé à quel point je m'était amusée pendant ces vacances, plus que d'habitude.
Au début, je pensais pouvoir me convaincre que c'était simplement parce que tout le monde avait attendu que Teddy et Victoire officialisent, et soient finalement vraiment ensemble, depuis si longtemps qu'avant qu'ils se marient, je savais que leur mariage serait si heureux et génial que j'y avais pensé pendant toutes les vacances. Et puis j'avais presque été touchée par une assiette pleine de gâteau lancée par Al, qui s'était caché derrière une table retournée à quelques mètres de la table sous laquelle je me cachais, et, aussi stupide que cela puisse paraître, je m'ordonnai d'arrêter de me mentir à moi-même alors que j'étais sur un champ de bataille et pouvais "mourir" à n'importe quel moment. Cela m'amena à m'avouer que Scorpius avait été la raison pour laquelle je m'étais tant amusée pendant ces vacances.
Super, pensai-je sarcastiquement, et je fourrai une poignée entière de gâteau dans la bouche de Scor, purement pour l'embêter, alors qu'il se cachait à côté de moi. Bien sûr il protesta, étant donné que nous étions censés être dans la même 'équipe' et élaborer des stratégies pour réussir à traverser la centaine de mètres qui nous séparait du Terrier sans se faire toucher par de la pièce montée rose et mauve.
D'une manière ou d'une autre, (et à un certain moment) pendant cette demi-heure de grand n'importe quoi où même les adultes s'étaient joints à la bataille de gâteau (oui, y compris mes deux parents et Oncle Harry qui étaient, de manière plutôt suspecte, experts en la matière du lançage de gâteau), je réussis à perdre Scorpius et ne l'avais pas vu depuis.
Ne vous méprenez pas. Je ne pensais pas qu'il avait été kidnappé ou quoi, je n'avais juste pas eu de moment seule à seul avec lui depuis le mariage.
Je veux dire, on traînait juste ensemble, notre relation c'était pour s'amuser, alors ça ne m'embêtait pas vraiment qu'on n'ait pas pu avoir un dernier baiser, genre.
Honnêtement.
Ça ne m'embêtait pas.
Enfin, peut-être un peu.
Mais juste un peu.
Cela n'avait pas d'importance de toute façon; on était de retour à Poudlard désormais et nous nous étions mis d'accord pour en revenir aux relations professionnelles entre préfets en chefs, et être juste amis pour les quatre-vingt dix neuf pour cent du reste du temps.
Je réalisai que je n'avais pas parlé à Angie depuis trois minutes entières et m'étais contentée de la fixer, plutôt impoliment, droit dans les yeux, pendant qu'elle me parlait.
Je clignai des yeux dans sa direction, par dessus les sièges de notre compartiment du Poudlard Express, et marmonnai "ouais, c'est sûr", quand elle s'arrêta pour respirer au milieu de son histoire. C'était tout l'encouragement dont elle avait besoin pour continuer à s'enfoncer dans plus de détails concernant un gars qu'elle avait rencontré au mariage.
Le reste de mes cousins étaient bruyants, comme d'habitude: Dom et Louis jouaient à la bataille explosive, encore, et Dom était facilement en train de gagner pendant que Louis lui faisait bruyamment part de ses opinions, en des termes qui auraient pu être interdits aux moins de douze ans; Alice et Al étaient assis dans le coin opposé à moi et lisaient, ou plutôt se moquaient du premier livre qu'ils avaient trouvé dans ma malle, Alice assise confortablement sur les genoux d'Al; la plupart de mes autres cousins étaient en train de débattre pour déterminer si Teddy et Victoire allaient avoir des enfants bientôt, débat qui apparemment nécessitait de faire beaucoup de bruit; et le reste de mes cousins et amis, y compris Scorpis qui avait été forcé de s'asseoir à côté de moi, essayant de ne pas toucher ma peau comme nous portions tous deux des T-shirts à manches courtes, étaient soit en train de plaisanter, soit en train d'essayer de finir leurs devoirs à la dernière minute.
Scorpius était en train de plancher sur un devoir et, alors que je me penchais pour voir ce qu'il écrivait, il leva les yeux pour me regarder et me demanda "Hé, Rose" -je remarquai l'emploi de mon vrai prénom et pas mon surnom 'Rosie' que j'adorais secrètement- "Qu'est-ce que tu sais à propos des Combats Illégaux de Dragons au XIXe siècle?"
Ce fut la première chose qu'il me dit depuis la bataille de gâteau la veille, c'est-à-dire la première chose depuis qu'on s'était ... séparés.
"Tout", commenta Louis pour moi, apparemment lassé de perdre contre sa grande sœur.
"Comment est-ce que tu pourrais le savoir?" l'interrompit Roxanne. "T'es même pas dans son cours d'Histoire de la Magie."
"Parce qu'elle sait pratiquement tout", les rejoignit Lucy, soutenant Louis.
"En fait, je ne sais pas pourquoi Scorpius fait ses devoirs maintenant alors qu'il a eu des tonnes de temps libres pendant toutes les vacances?" demandai-je directement à l'intention de Scorpius.
"Je ... ben, je..." La plupart de ceux qui avaient parlé de Teddy et Victoire en eurent assez et rejoignirent notre conversation, attendant avidement quelque chose qu'ils pourraient commenter. Scorpius me regarda précautionneusement et dit clairement, "J'étais occupé la plupart du temps."
Je n'avais pas besoin d'être un génie pour comprendre ce qu'il voulait dire.
Je rougis involontairement et essayai de revenir à ma couleur normale rapidement.
Pour être parfaitement honnête avec moi même, ces moments privés avec Scorpius me manquaient. Ils étaient agréables et je pouvais vraiment être moi-même avec lui.
Nos regards se croisèrent de nouveau, et je sus qu'il était en train de penser quelque chose de très similaire.
"Y'a pas eu une sorte de dispute qui a fait que les Moldus les ont presque découverts, ou quelque chose comme ça?" me demanda vaguement Al.
J'acquiesçai. "Tu sais quoi; Hugo a un livre à moi qui en parle. Je vais aller le chercher si tu veux, Scor."
Scorpius ratura violemment une ligne de sa dissertation. "Merci, Rose. Ce serait..." Il ne me regarda pas cette fois-ci, sa voix s'éteignit. Je supposai qu'il n'allait pas finir sa phrase.
Me levant et me dirigeant vers la porte, j'entendis Scorpius marmonner, "Merci."
Je réalisai rapidement que Hugo serait avec Tom, Chris et un tas de filles de son année. Puis je me rendis compte que je n'avais aucune idée d'où il serait dans le train.
Ce serait plus logique qu'il soit dans un compartiment à l'avant, probablement loin du reste de nous, parce que c'était là que son année choisissait généralement de s'asseoir et ce serait l'un des premiers compartiments à avoir accès au chariot de friandises;
Je me dirigeai rapidement vers l'avant du train, regardant dans chaque compartiment devant lequel je passais, au cas où.
Cela me prit presque vingt minutes de trouver le compartiment d'Hugo, en grande partie à cause de tous les élèves qui restaient dans les couloirs pour parler de leurs vacances. Il était en effet à l'avant du train, et était presque aussi rempli que celui duquel je venais, principalement de filles. Hugo était assis entre deux blondes qui étaient en train d'avoir une conversation animée à propos de leurs devoirs de Sortilèges.
J'ouvrai la porte du compartiment et tous les regards se tournèrent vers moi.
"Hey, Hugo", le saluai-je rapidement, allant droit au but pour échapper au regards de personnes que je ne connaissais pas et me grouiller de retourner à mon propre compartiment pour enfiler mon uniforme. "T'aurais ce livre que je t'ai prêté sur les combats de dragons?"
"Heuu", dit-il en se mordant la lèvre. Je mis mes mains sur mes hanches, lui lançant un regard pénétrant.
"S'il te plait, dis-moi que tu ne l'as pas oublié?"
"Non, non", expliqua-t-il rapidement. "Je n'arrive juste pas à me rappeler si je l'ai mis dans ma malle ou non..."
"Et bien, tu pourrais regarder, s'il te plait?" demandai-je impatiemment.
Il soupira, clairement ennuyé, alors qu'il se levait pour atteindre sa malle. "Je vois pas le problème, de toute façon, t'as fait t'as dissert depuis longtemps, tu te rappelles?"
"Je me rappelle", lui lançai-je. Pendant tout le temps où j'essayais d'écrire ma dissertation, il n'avait pas arrêté de me parler de quidditch ou d'essayer de me faire lui apprendre quelque chose de Potions avancées pour qu'il puisse frimer en classe. "Ce n'est pas pour moi. Scorpius en a besoin."
"Oh, d'accord", répondit simplement Hugo alors qu'il fouillait dans sa malle mal rangée.
Je soupirai ostensiblement pour lui montrer qu'il était lent puis regardai par la fenêtre. "Merlin!" m'exclamai-je. "La nuit est vite arrivée; on doit déjà être vers Dufftown."
Je devais me dépêcher si je voulais retourner au compartiment à temps pour pouvoir me changer avant d'arriver à Pré-au-lard.
"Voilà ton livre", me marmonna Hugo en me fourrant le vieux livre rouge dans les mains et en remettant sa malle en place.
"Merci, Hugh", dis-je en souriant à mon petit frère alors qu'il levait les yeux au ciel.
"Rose?" Scorpius était apparu derrière moi dans l'encadrement de la porte du compartiment. "Te voilà. Tout le monde se demandait où t'étais passée."
"J'arrivais pas à trouver Hugo," expliquai-je. "Et puis, il est vraiment lent."
"Je suis un homme blessé", se plaignit-il à Scorpius alors que le compartiment éclatait de rire.
"Tu t'es pris une figurine de marié en plastique dans l'œil", commenta Scorpius. Et, en effet, Hugo avait un oeil au beurre noir.
"D'accord, d'accord", j'élevai la voix pour couvrir les rires dans la pièce. "Allons-y, Scor."
Nous laissâmes Hugo raconter l'histoire de la bataille de pièce montée à ses amis et nous mîmes à traverser le train. Les rideaux des compartiments étaient tous tirés, sauf ceux des vides, parce que tout le monde avait commencé à mettre son uniforme.
Cela nous prit à chacun trois pas pour réaliser que nous étions seuls.
Je me tournai pour regarder Scorpius alors qu'il marchait à côté de moi.
Il portait un jean slim noir qu'Al lui avait offert à son dernier anniversaire et un T-shirt noir d'un vieux groupe moldu sous sa veste en cuir. Il était canon.
Je lui souris.
"Quoi?" me demanda-t-il doucement alors que nos pas ralentissaient inconsciemment. Il me sourit en retour.
"Rien," répondis-je. "T'es pas mal aujourd'hui, c'est tout."
Son sourire s'agrandit. "Toi aussi."
Je rougis, comme toujours. "Merci."
Après un instant, il me surprit en soupirant bruyamment de frustration.
"Qu'est-ce qui ne va pas?" demandai-je, inquiète. Est-ce que j'avais fait quelque chose de mal? Est-ce que j'avais dit quelque chose de stupide?Il s'arrêta de marcher, moi aussi. "Viens là", dit-il en m'attrapant par le bras et il me tira dans un compartiment vide vers le milieu du train, refermant rapidement les rideaux alors que je posais le livre qu'Hugo m'avait rendu sur un siège.
C'était étrangement silencieux, mais il lança tout de même un 'Assurdiato', puis se tourna pour me regarder dans la semi-obscurité. J'avais raison - il faisait sombre désormais, seules la lune et les étoiles nous permettaient d'y voir quelque chose sans allumer la lumière du compartiment. Aucun de nous ne ressentait le besoin de le faire.
"Qu'est-ce... qu'est-ce qui ne va pas?" demandai-je, et même moi, je pus discerner un accent blessé dans ma voix basse.
Je m'attendais à ce qu'il me signifie la fin de notre relation d'un moment à l'autre.
Son visage s'adoucit automatiquement, et il s'avança vers moi, plaçant ses mains sur mes épaules. "Rien, vraiment, Rose. C'est juste... on ne devrait pas se dire ce genre de choses.
J'acquiesçai. Il avait raison. Plus de 't'es pas mal', plus de proximité pas nécessaire - rien de ça. C'était mauvais pour nous.
"On s'était mis d'accord pour arrêter. On est seulement amis, hein?" continua-t-il. "Je pense qu'on devrait juste arrêter de se dire des choses comme ça. Ça ne veut pas dire qu'il y a quelque chose entre nous, évidemment. Mais ça fait passer le mauvais message auprès des autres gens, non?
J'attendis deux battements de cœur avant de répondre. "Absolument."
"Alors... on est d'accord sur ce sur quoi on s'est mis d'accord avant?" demanda-t-il avec circonspection."Qu'on ne devrait plus se bécoter une fois à Poudlard."
J'acquiesçai, même si cela me prit un moment pour me forcer à le faire. Ce qui était étrange, parce que j'étais d'accord avec lui... non?"D'accord."
Scorpius eut l'air hésitant pendant un moment, puis il eut l'air d'abandonner et se retourna vers la porte avec un "Bien..." incertain.
"Enfin..." Je n'arrivais pas à croire ce que j'étais en train de dire, mais ma bouche bougeait d'elle-même. Il se retourna pour me regarder, curieux. "Techniquement, on n'est pas de retour à Poudlard, alors-"
Je n'eus même pas besoin de finir ma phrase. Scorpius n'eut qu'à faire un pas pour entrer dans ma bulle puis ses mains se refermèrent autour de mon cou si violemment et fermement que ce n'était que naturel que je réponde avec autant d'enthousiasme.
Il m'avait manqué. Cela ne faisait qu'un jour, mais les regards persistants qu'on échangeait me manquaient, ainsi que les nombreuses fois où il caressait accidentellement ma peau de ses mains et mes lèvres des siennes.
Je répondis peut-être avec un peu trop d'enthousiasme étant donné qu'il fut forcé de reculer de deux pas à cause de la force avec laquelle je m'étais jetée sur lui, finissant coincé entre moi et l'un des murs du compartiment.
"Désolée", marmonnai-je, mais il coupa court à mes excuses, se retournant pour que je sois celle coincée entre lui et le mur.
"Pas maintenant", souffla-t-il rapidement avant d'emprisonner de nouveau mes lèvres, et nous nous retrouvâmes, encore une fois, nous occupant, seuls, dans un compartiment sombre du Poudlard Express.
Oups.
Nous réussîmes à revenir à temps dans le compartiment pour nous changer et nous dépêcher derrière les autres jusqu'aux carrosses qui nous menèrent à Poudlard.
Heureusement, personne ne nous demanda où nous étions passés, ce qui nous avait pris tant de temps ou ce que nous avions fait pendant ce temps. Cependant, cela ne me rassura pas, ce n'était qu'une question de temps.
Scorpius s'assit à la table des Serpentard pour le banquet de retour, préférant rejoindre ses camarades pour parler de leurs vacances. J'étais presque sûre qu'ils étaient également en train de manigancer de nouvelles stratégies de quidditch.
Le reste de ma famille, sauf Louis qui était allé rejoindre ses camarades Serdaigle, était assis ensemble et bavardait bruyamment, retournant à la conversation sur le temps qu'il faudrait à Teddy et Victoire avant d'avoir des enfants. Fred pensait que ça serait moins d'un an, tandis que Molly disait qu'elle était certaine que ce ne serait pas avant au moins trois ans afin qu'ils puissent s'occuper de leurs carrières.
Connaissant Teddy et Tory comme je les connaissais, je pouvais aisément dire que le travail n'était définitivement pas leur priorité, venant juste de se marier et étant en lune de miel aux Bahamas.
Peu après, Daisy Londubat vint nous voir, étant seulement une petite troisième année, elle n'était pas aussi intimidée par notre groupe d'élèves plus âgés qu'on aurait pu le penser, et se joignit à notre conversation, nous demandant comment s'étaient passées nos vacances.
Elle avait d'incroyablement longs et lisses cheveux noisette qui tombaient jusqu'à sa taille, avec juste une mèche blonde platine, au dessus de son œil droit, qu'elle avait depuis la naissance. Ses yeux, d'un magnifique bleu intrigant, comme sa mère, étaient chaleureux et avenants.
"Alors, vous comptez tous aller à la fête du Nouvel An?" demanda-t-elle joyeusement alors qu'elle entamait un bout de melon.
"Bien sûr", dirent Fred, Hugo et Al en se souriant les uns les autres d'un air qui ne présageait rien de bon. Oh oh.
"Je suis tellement heureuse de pouvoir y aller cette année", dit Daisy, surexcitée. Les troisième années étaient les élèves les plus jeunes acceptés aux fêtes. Les plus âgés à Poudlard se montraient peut-être irresponsables en organisant des fêtes dès qu'ils en avaient la possibilité, mais nous étions tout de même sensés quand on en venait à la présence des plus petits aux fêtes. Parfois, elle dégénéraient et n'étaient plus appropriés aux plus jeunes.
"N'oublie pas d'amener un garde du corps", suggéra Angie. "Des fois, les gars perdent un peu le contrôle et essaient d'embrasser la première fille venue."
"Mais ça ne m'arrivera pas", dit Daisy d'un air blasé.
"Pourquoi pas?" demandai-je.
"Parce que je ne suis pas si jolie", dit-elle comme si c'était évident.
"Daisy", dit Al en la regardant. "T'es facilement une des filles les plus jolies de ton année."
Elle rougit et en lâcha presque sa tasse comme une vraie Londubat - nous savions tous qu'elle en pinçait pour Al.
"Bref," attirai-je l'attention loin d'elle. "Où est la fête et quand?"
"La Salle sur Demande, évidemment, et c'est demain, vers huit heures."
"Super", rayonnai-je. Peut-être pourrais-je avoir un peu de temps seule avec Scorpius... J'étais tellement confuse. Nous n'étions pas supposés faire ce que nous faisions, mais nous le faisions quand même. Alors, est-ce que c'était juste cette fois dans le train, ou est-ce qu'on continuerait à se voir à Poudlard?
"Pourquoi tant d'optimisme, Rose?" me demanda Roxanne en haussant le sourcils.
"Elle doit embrasser un gars ce trimestre," dit Angie pour moi. Hugo et Al recrachèrent soudainement tout ce qu'ils avaient dans la bouche.
"Elle quoi?" s'exclamèrent-ils d'un air protecteur en même temps. "Je quoi?"
"Oh, la ferme, vous deux", les réprimanda Lily avant de se tourner vers moi. "Angie a raison, Ro. T'as besoin d'un mec."
"Je... " Et immédiatement, j'inventai un mensonge. "Je vois quelqu'un en ce moment, en quelque sorte."
Je pouvais voir l'incrédulité gravée sur tous leurs visages.
"Enfin, je ne suis pas sûre..." marmonnai-je, souhaitant soudainement retirer ce que je venais de dire...
"Et bien, si tu n'es pas sûre alors ce n'est pas sérieux, Rose", me dit Lucy.
"Ouais", acquiesça Angie, se liguant contre moi avec les autres. "Ce qui veut dire que si tu embrasses quelqu'un d'autre ce ne serait pas grave..."
"Pourquoi est-ce que j'irais embrasser quelqu'un d'autre?" demandai-je, le sujet de la conversation me faisait rougir. Je n'étais pas douée pour parler de ma vie personnelle avec ma famille.
"Parce qu'on jouera à Baiser ou Vérité", dit Alice d'un ton d'évidence.
"Est-ce que c'est censé exister?" répliquai-je alors qu'un corps trop familier s'asseyait à côté de moi et me vola quelques chips. Je repoussai sa main et il prit un air blessé, avant de me sourire.
Angie me lança un regard à la 'tu ne connais rien à la vie ou quoi?' alors que Scorpius demandait "Qu'est-ce qui n'est pas censé exister?"
"Baiser ou Vérité", l'informa Angie.
Scorpius gémit, se cognant la tête contre la table pour rire. "Après ce qu'il s'est passé à Noël, je ne jouerai plus jamais à ce genre de jeux."
Nous éclatâmes tous de rire alors que Molly parlait à Daisy de notre traditionnel Action ou Vérité de Noël.
"Alors, qu'est-ce que t'en penses, Malefoy?" demanda Roxanne.
"De Rose embrassant n'importe quel gars?" lui demanda-t-il, clarifiant ses propos. Elle acquiesça alors que nous nous levions et marchions vers le Hall. Il répondit en haussant les épaules et rejoignit un groupe de Serpentards de septième année qui partaient vers les cachots.
Je n'étais pas sûre, mais on aurait dit qu'il avait évité de répondre à la question.
"Allez," soupirai-je, tirant Lily pour passer plus vite du Hall à l'escalier. "Allons-y, on a cours demain."
"Super," marmonna-t-elle sarcastiquement. "Des cours... avant même que la nouvelle année ait commencé."
"Dites-moi encore pourquoi on est revenus si tôt à Poudlard?" grommela Fred, et il se prit le pied dans la marche cassée devant lui, finissant presque écrasé par la foule d'élèves.
"Vous savez quoi?" dit Roxanne d'une voix ennuyée et fatiguée. "On aurait dû rester faire la fête avec Teddy à la place."
"Quoi, comme la fois il y a deux ans quand il a fini pourchassé depuis la porte de derrière du Terrier et dans les champs par ces deux jumeaux?"
"Ouais", rit Al. "C'était hilarant."
"Il n'avait même pas réussi à atteindre la barrière de derrière quand ils l'ont changé en champignon," commenta Lucy.
"Quoi, un vrai champignon?" dit Scorpius en s'arrêtant dans un dérapage à côté de Lily et moi alors que nous arrivions à un escalier menant à la salle commune de Gryffondor.
"Qu'est-ce que tu fais?" soupirai-je, ignorant complètement sa question. "Ta salle commune est dans l'autre sens."
"Je, heuu..." Tout le monde le regardait désormais, se demandant ce qu'il faisait à marcher avec nous vers notre salle commune tard dans la nuit, alors qu'il aurait vraiment dû, en tant que préfet en chef, être en train de guider sa propre maison vers leur salle commune. "Je vou - dois te dire un mot... à propos des rondes pour ce trimestre et tout..."
C'était amusant de voir Scorpius dans l'embarras parce qu'il ne le montrait jamais vraiment devant les gens. Je lâchai un rire, "D'accord, à tout de suite", dis-je aux autres.
Je laissai mes cousins suivre la foule grandissante des Gryffondors, dont la plupart regardaient Scorpius, se demandant ce qu'il faisait du côté de notre salle commune.
Alors que la foule montant en face de nous augmentait et nous poussait, je perdis l'équilibre et trébuchai. Heureusement pour moi, Scorpius était habitué à ma maladresse et son bras fusa pour m'attraper avant que ma tête n'ait une chance de se claquer au sol. Afin de m'empêcher de retomber et d'être piétinée par des Gryffondor pressés et chahuteurs de tout âge, Scorpius me prit la main et se fraya un chemin à travers la foule jusqu'à ce que nous réussissions à rentrer dans une salle vide, hilares.
Je respirai profondément quelques fois en m'asseyant sur le bureau le plus proche de la porte. "Merlin, je hais les élèves pressés."
"Je suis d'accord", sourit Scorpius alors que je levais les yeux et le regardai dans les siens.
"Alors..." commençai-je. "De quoi est-ce que tu voulais me parler?"
Il ouvrit sa bouche pour répondre à ma question mais je repris la parole avant qu'il ne puisse parler. Soudainement, je ne pouvais plus supporter l'idée qu'il me dise que nous devions arrêter. Scorpius me plaisait, honnêtement. Il était intéressant et beaucoup plus amusant que n'importe quel gars avec qui j'aurais même envisagé de sortir.
"Je pensais que l'organisation des rondes du trimestre dernier était plutôt bien, en fait",commençai-je. Je parlais pour ne rien dire, je le savais, mais je continuais, espérant le distraire pour l'empêcher de me dire que nous devions arrêter de nous voir, parce que je savais qu'il serait totalement indifférent à moi avant la fin du lendemain. Je n'arriverais pas à me remettre du rejet d'une relation si rapidement. "Je veux dire, ça marchait bien et personne ne s'est plaint de devoir faire ses rondes avec son coéquipier, à part Tara, d'ailleurs, elle, je ne l'aime pas. Et, non, c'est pas parce qu'elle est jolie, parce que, eh, elle n'est pas si jolie que ça. Lily est plus belle qu'elle! Enfin, Lily est probablement plus belle que n'importe qui à Poudlard mais-"
"Rose!" Scorpius sourit alors qu'il s'avançait et plaçait ses mains autour de ma taille. "Arrête de parler. Merlin, ça me rend fou."
Il se pencha pour m'embrasser mais je détournai le visage. Je supposais que cela voulait dire qu'il n'allait pas "rompre" avec moi.
"Quoi?"
"Maintenant qu'on est de retour à Pouldlard, on devrait établir quelques règles."
S'il pensait qu'on ne devait pas être ensemble, il me reprendrait.
"Alors... j'imagine que ça veut dire qu'on va continuer tout ça..."
"Si tu le veux", le laissai-je décider. Il sourit en réponse. "Alors on a besoin de règles."
Il soupira et leva les yeux au ciel. "Bien sûr..."
"Sérieusement, Scor, il y a beaucoup plus de personnes susceptibles de nous attraper."
"Je sais", dit-il en s'asseyant à côté de moi sur le bureau. "Y compris les profs", plaisanta-t-il.
"Les profs?" Je dus avoir l'air totalement choquée à l'idée d'être attrapée par un prof en train de faire quelque chose, quoi que ce soit, à l'encontre du règlement, parce que Scorpius éclata de son vrai rire ( et pas ce faux rire à la 'je-suis-si-populaire' qu'il prenait avec les autres Serpentard) et m'ébouriffa les cheveux.
"Relax, Rose", sourit-il. "Le pire qu'ils puissent nous faire est de nous mettre en retenue."
"En retenue?" parvins-je à couiner.
"Ouais," acquiesça-t-il, en passant sa jambe droite par dessus le bureau pour me faire face. "Mais ça vaudrait totalement le coup."
Je lui souris en retour alors qu'il se penchait pour m'embrasser doucement sur les lèvres. Il essaya de s'éloigner après un moment mais j'enroulai mes bras autour de son cou, lui rendit son baiser avec plus de force et le rapprochai de moi. A la façon dont ses lèvres hésitaient, je savais qu'il ne savait pas quoi penser de mon comportement, mais après un instant il répondit également et mit ses bras autour de ma taille.
"Tu sais..." lui soufflai-je doucement après quelques minutes, les bras toujours à son cou. "Ce serait vraiment parfait si on n'était pas... tu sais, nous."
"Qu'est-ce que tu veux dire?"
"Malefoy et Weasley, Serpentard et Gryffondor -"
"Ne dis pas ça", souffla-t-il, l'air soudainement blessé.
"Pourquoi pas? C'est vrai."
"Ouais, mais c'est aussi plutôt triste."
"Triste?" demandai-je.
"Ouais," dit-il en s'éloignant de moi. "Si on était juste deux personnes ordinaires dont les familles ne se détestaient pas, on pourrait être..." Il évitait mon regard. "Un couple... Officiellement. Je pourrais t'envoyer des fleurs, te défendre ouvertement et on pourrait se donner la main en cours."
"Tu..." J'essayai de faire une phrase mais cela me prit quelques secondes. "Tu veux qu'on soit un couple?"
Comment étions-nous passés d'un déni total de sentiments mutuels à parler d'une vraie relation?
Les yeux de Scorpius regardèrent le sol, puis la porte, puis mes yeux. Dans un souffle, il murmura "Oui."
"Tu..." J'en étais toujours au même point. "Mais pourquoi? Pourquoi le voudrais-tu?"
"C'est dur de faire semblant, Rose," soupira-t-il, entrelaçant nos mains.
"Mais on devra toujours faire semblant, on ne serait un couple officiel qu'entre nous", fis-je remarquer.
"Es-tu particulièrement opposée à ça?"
"Est-ce que tu... Est-ce que tu es en train de me demander si je pense qu'on devrait être un couple?" répondis-je vaguement. S'il voulait me demander d'être sa petite amie officielle, alors il devrait le demander.
Franchement, toute cette situation était bizarre. Scorpius Malefoy me demandant à moi, Rose Weasley, d'être sa petite amie.
"Je-"
La porte s'ouvrit d'un coup et nous sursautâmes tous deux, nous tournant pour voir qui était là.
"Oups, désolée." C'était Kellie, la fille du Bal de Noël. Elle eut un air d'excuse pendant une seconde jusqu'à ce qu'elle remarque à qui elle était d'adresser ses excuses, et son expression changea. "Oh, s'il vous plait, ne me mettez pas en retenue. J'étais juste en train de retourner à ma salle commune..."
Scorpius et moi échangeâmes un regard amusé. Aucun de nous n'avait envie de la mettre en retenue tant qu'elle ne remarquait pas à quel point nous étions proches où la manière dont nos mains étaient entrelacées.
"T'inquiète, Kellie", lui souris-je. "On ne va pas te mettre en retenue."
Elle expira bruyamment. "Dieu merci!"
Ce ne fut qu'à ce moment-là qu'elle cligna des yeux et nous regarda vraiment. Scorpius s'éloigna rapidement de moi, aussi loin qu'il le put, et je me levai. "Ok, alors... je vais y aller."
Je me dirigeai rapidement vers la porte, sans me tourner vers Scorpius au cas où mon expression serait parlante.
Je ne savais plus quoi penser. On était amis, puis on était plus qu'amis, puis on n'était plus censés être plus qu'amis mais nous l'étions et désormais... quoi?
La question principale était: Est-ce que je plaisais à Scorpius? Était-ce la raison pour laquelle il venait en quelque sorte de me demander d'être sa petite amie?
Je dus me mordre la lèvre inférieure pour m'empêcher de crier alors que je me dépêchais dans le couloir menant à la tour de Gryffondor. Je n'eus pas à attendre longtemps avant d'entendre des bruits de pas derrière moi. Je savais que c'était lui avant qu'il ne me rattrape et ne se mette dans mon chemin.
"Rose, on n'a pas fini de parler."
Je soupirai, "Je m'en doutais."
Il y eut un silence entre nous pendant un moment, aucun de nous ne sachant quoi dire. Nous restâmes juste debout au beau milieu d'un couloir glacé de Poudlard jusqu'à se que Scorpius prenne la parole. "Je t'ai fait flipper, hein?" Il avait l'air d'avoir peur, comme s'il pensait qu'il avait poussé le bouchon trop loin.
J'adorais quand il s'inquiétait comme ça - il était si mignon.
Je lui souris faiblement pour lui montrer que je n'allais pas flipper alors que sa main balaya quelques cheveux de mon visage.
"On se parlera demain, d'accord?"
Il acquiesça. "D'accord, bien sûr."
Je me tournai pour me diriger vers le portrait de la Grosse Dame mais il attrapa mon bras. "Rose... Je ne te mets pas la pression... Je voulais juste que tu saches ce que je ressens."
Je hochai la tête au lieu de parler, laissai Scorpius devant le trou du portrait, me dépêcha de traverser la salle commune presque vide pour aller me coucher.
Bien sûr, Scorpius voulait qu'on soit un couple, avait-il dit... mais il ne m'avait pas vraiment dit ce qu'il ressentait.
Je savais avant d'entrer dans mon dortoir que les autres filles étaient toujours réveillés. Elles auraient vraiment dû aller se coucher il y avait longtemps. Il se faisait tard et on avait cours le lendemain. Est-ce que je devais vraiment être la seule personne sensée par ici?
Je me ruai dans le dortoir, soudainement en colère. Pourquoi est-ce que Scorpius devait parler de manière si cryptée? Pourquoi ma famille et mes amis devaient avoir des préjugés qui faisaient que je devais être si secrète concernant Scorpius? Pourquoi est-ce que Alice devait savoir avant moi que j'en pinçais pour Scorpius?
Tout ça était une vraie pagaille.
"Quoi de neuf, Rose?" me demanda Angie alors qu'elle grimpait dans son lit.
"Rien", soupirai-je.
"Niomi et moi t'avons vu partir avec Scorpius tout à l'heure-" commença Polly, apparemment incapable de le garder pour elle, mais elle fut rapidement coupée par un énorme oreiller sur sa tête.
"Calme, Pol," la réprimanda Niomi.
"Ouais..." Je décidai de m'en tenir au stratagème 'je-ne-suis-pas-amoureuse-de-Scorpius'. Après tout, ça m'avait bien réussi depuis Noël. "On devait parler des rondes des préfets pour ce trimestre."
"Oh, d'accord," nous rejoignit Dom alors qu'elle sortait de la salle de bains. "Vous avez fait beaucoup de changements? Parce que tu sais qu'Al voudra savoir si tu as des rondes quand il a prévu du quidditch."
"Non, rien", l'informai-je en me mettant au lit.
"Vous avez pris je sais pas combien de temps juste pour en rester au même point..." commenta Polly.
"Je..." Je n'avais pas de réponse à ça.
"Rose..." commença Dom. "Dis-moi honnêtement, est-ce que tu as embrassé Scorpius Malefoy?"
Je crus que mon cœur s'était arrêté.
"N-Non," me défendis-je. C'était un piètre mensonge.
"Même nous, on sait que tu mens," rit Niomi en montrant Polly et elle. "Et on n'a presque aucun cours avec toi."
"Oh, mon ..." La voix de Dom s'éteignit, et elle me fixa la bouche ouverte. A en juger par le ton qu'elle prit ensuite, elle n'avait pas été sérieuse plus tôt, mais elle l'était désormais. "Est-ce que tu as embrassé Malefoy?"
"Merlin, Ron va péter un cable," ajouta Angie.
"Non!" criai-je un peu trop fort. "Je veux dire, à Noël il nous a presque toutes embrassées..."
C'était ma seule défense. Je l'admets, c'était plutôt nul, mais jamais, jamaisje ne m'étais attendue à ce qu'elles le gobent.
"Oh, pas faux,"
"Je pensais que tu voulais dire que..."
"Est-ce qu'on pourrait dormir maintenant?" leur demandai-je.
Elles acquiescèrent toutes rapidement, probablement réticentes à l'idée de me mettre en colère, et Dom éteignit les lumières alors qu'elle retournait dans son propre lit. Après quelques secondes de silence, je marmonnai dans l'obscurité, "Pourquoi est-ce que ça doit toujours être de ma vie personnelle qu'on parle?"
Voilà :) Encore merci à ceux qui suivent cette fic, qui la mettent dans leurs favoris ou la reviewent (surtout!). J'espère que vous passez de bonnes vacances, ou au moins un bon été :) A bientôt!
