Voici le vingtième chapitre de cette histoire. Je tenais à nouveau à remercier tous ceux qui ont continué à la lire, vraiment =) Et un merci particulier pour celles qui ont laissé un commentaire ou envoyer un message ( NayannaR encore plus particulièrement ;) ).


Pov Quinn

Les filles sont reparties. Quelque chose d'étrange flottait entre elles mais j'ai mis ça sur le compte de cette journée un peu folle. Alors que je redescends les escaliers, Mr Schuester est toujours là, assis sur le canapé du salon, une tasse de thé dans les mains. Sans me regarder il me dit :

- Santana ne me pardonnera pas aussi facilement.

- Elle est têtue mais elle n'est pas stupide. Elle comprendra que ce qu'on a fait était nécessaire.

- Ce que j'ai fait et ce que je t'ai demandé, me corrige-t-il.

- Vous ne m'avez pas forcée.

Mr Schuester a toujours été un homme bon. Grâce à son don il nous a retrouvé et nous a aidé. Il a formé notre groupe, l'a soudé.

- J'ai fait une erreur, avoue-t-il. Une grave erreur en te séparant du groupe.

Je tourne les yeux vers la bibliothèque que tient mon père. Elle déborde de livres. Des livres sur l'intolérance et sur l'économie, sur la soi-disant sacro-sainte Amérique authentique. Je longe les étagères jusqu'à Mr Schuester avant de poser une main sur son bras. Il tourne sa tête vers moi et me regarde un long moment.

- Ne vous en voulez pas. Vous faites toujours de votre mieux pour nous tous.

Je voudrais ajouter que particulièrement pour moi, il a plus incarné ces dernières années une figure paternelle que ce père inexistant qui piétine mes idéaux et tout ce que j'essaye d'être. Mais je me tais. Car je sais qu'il sait.

- Vous allez toutes retournées au lycée, dit-il sans préambule.

- Si Mercedes arrive à lire dans nos esprits...

- ça n'arrivera pas, dit-il en pointant sa tête du doigt.

- Je ne peux pas vous laisser faire ça...vous savez très bien combien cela vous coûtera, on ne peut pas continuer comme ça, il nous faut agir, et ne plus nous cacher...

- Je veux lui laisser une chance...Mercedes est quelqu'un qui s'est laissée dévorer par ses peurs. Ça ne fait pas d'elle un monstre et je ne veux pas provoquer quelque chose qui aurait pu être évité.

- Donc c'est ça notre plan ? Qu'on vous laisse user votre pouvoir et vous épuiser ?

- Vous n'êtes pas prête à affronter quelqu'un de sa force...son pouvoir a grandi grâce à toute la rancœur et la colère qu'elle a accumulée. Elle en a fait une arme. Mais la mauvaise décision pourrait entraîner des répercussions catastrophiques et...

Il s'arrête un instant.

- Je ne veux en aucun cas que cela arrive.

Nous nous regardons longuement avant que je ne lâche un soupir désespéré.

- Cela ne peut pas se passer pacifiquement Mr Schuester.

- Il y a une chance, Quinn, que Mercedes montre une faille dans laquelle je pourrais m'engouffrer pour la récupérer.

- Pas si votre pouvoir est accaparé par notre protection.

- Tu me penses trop faible ? Se moque-t-il gentiment.

Nous nous sourions.

Et il finit par se lever, sa tasse de thé flottant à côté de lui aussi naturellement que si elle avait été rattachée à lui par un fil invisible. Le suivant sans jamais renverser le liquide chaud qu'elle contient.

- Bien, lance-t-il à nouveau plein d'entrain. Entraînement !

Et je sais que le sujet est clôt.

- Vous êtes sérieux ? Je suis épuisée...

- Maintenant, dit-il en tapant des mains.

Je m'écarte alors que sa main se tend vers le canapé qui commence à bouger de lui-même, comme empreint d'une vie propre et pendant un instant j'ai l'impression d'être dans un vieux remake de Mary Poppins. Du moins c'est qu'aurait sûrement lancé Santana. Puis simplement en posant son regard il éloigne la table de l'autre côté de la pièce.

- Aujourd'hui, demain et plus qu'avant, il va falloir que tu travailles sur ton don Quinn.

Il me lance un regard alors que je me demande comment...

- Je sais Quinn. Tu te demandes en quoi ton pouvoir va-t-il pouvoir t'aider ? Ton pouvoir c'est une partie de toi. Une partie et pas tout ce que tu es, mais un côté important. Ton courage et ton implication pour les autres en sont d'autres. Ne néglige rien. Aucune partie de ta personne, surtout si elles sont toutes aussi désintéressées.

Il a des mots qui ont toujours eu le pouvoir de me rassurer. Je hoche la tête dans sa direction en m'installant au centre de la pièce alors qu'il s'éloigne.

- Tu as travaillé la vitesse ? Me demande-t-il en reprenant la tasse qui flotte toujours à ses côtés.

- Ici ? Je vais tout casser...

- Je te fais confiance.

- Mes parents ne diraient pas la même chose...

- ça tombe bien, ils ne sont pas là !

Je finis par me concentrer au lieu de continuer à me plaindre. Mr Schuester le comprend et me laisse le temps nécessaire.

Cela apparaît soudainement, comme un léger choc à l'intérieur. Je donne une légère impulsion alors qu'une sorte de long frisson me submerge. Et je ne touche plus terre. Je dois le contrôler et tout devient plus difficile dans un endroit aussi petit. Quand dehors je peux le laisser s'exprimer, ici je dois sans arrêt le contraindre. C'est d'ailleurs ce que je déteste dans ce genre de petits endroits étriqués : avoir l'impression d'être piégée. Mais c'est l'une des difficultés que veut m'imposer Mr Schuester.

C'est comme l'automatisme d'un geste allié à un fort laisser-aller mental. Une sorte de coup de départ que l'on donne à son corps. J'emmagasine mon énergie pour qu'elle se décharge aussi rapidement que possible et que ma course dans les airs soit aussi légère que le vide et aussi brusque qu'un coup de feu. Traverser l'air sans pour autant perdre totalement le contrôle. Mes yeux s'ouvrent alors que je projette mon corps dans l'anti-gravité que j'affectionne. C'est à peine si je sens le mur à ma droite m'effleurer l'épaule. Je lance un regard à Schuester qui semble satisfait et qui hoche la tête positivement dans ma direction.

- Vraiment pas mal, dit-il en buvant une gorgée de thé. On continue...

- Attendez...j'ai quelque chose...

Il lève un sourcil interrogateur vers moi.

- Quelque chose ?

- Un nouveau petit « truc ».

- Vas-y, dit-il amusé d'avance

Je commence instantanément à courir vers le mur et avant de le toucher j'avance rapidement mon pied contre et donne assez d'impulsion à mon geste pour qu'il ne s'arrête pas. Je continue ainsi à courir jusqu'à arriver au plafond. Droite, la tête en bas. je regarde l'image inversée de Mr Schuester qui me sourit.

- Pas mal, pas mal... mais est-ce que tu sais faire ça ?

Il se propulse instantanément et sans élan et tourne rapidement sur lui-même avant d'atterrir à l'envers sur le mur. Les genoux repliés et l'air serein et malicieux.

- Frimeur...je dis alors qu'il m'adresse un clin d'œil.

Nous nous laissons retomber tous les deux.

Et cela se passe ainsi. Entraînement de vol dans un espace réduit, maîtrise du self défense que j'ai moi-même demandé à Schuester puis la fameuse endurance. L'entraînement que je redoute le plus. Parce qu'il me demande tant. Lâcher prise. Et dans ces moments, tout m'assaille comme si je ne pouvais plus me cacher de rien.

Au centre de la pièce, je m'élève d'un mètre. Je replie mes genoux sous moi, pose mes mains sur mes jambes et je lance un regard à Schuester.

- On essaye les 5 heures ?

Mon plus beau record est de 4 heures et 52 minutes.

- Je vais déjà essayer de tenir la première minute.

Il rit en reposant sa tasse sur la table du salon.

- Je vais rentrer. N'oublies pas Quinn, tout est affaire de patience, de concentration et de maîtrise de soi.

- Je vous assure que la plupart des jeunes de mon âge ne font pas ce genre de choses...

- flotter dans les airs ?

- Rester concentrer plus de trois minutes...

- Tu es encore plus unique que je ne le pensais alors, me lance-t-il en passant la porte d'entrée.

Le silence m'entoure à présent. Et je peux à nouveau entendre mes propres pensées qui s'entrechoquent. Des souvenirs le plus souvent. Mais des désirs aussi. Des aspirations profondes. Je sens toutes ces choses autour de moi, tous les bruits infimes auxquels je ne prête habituellement pas attention. L'absence de pensée arrive à m'atteindre à certains moments. Mais ce n'est que par intermittence. Et ce vide dans lequel j'ai l'impression de me trouver se teinte souvent de mes propres ressentis, comme une musicalité de couleurs jouant autour de moi, flânant, partant et revenant sans se soucier de mes envies.

Cela pourrait bien faire 2 heure ou bien seulement 10 minutes que j'attends, mais cela n'a plus aucune importance car quelque chose vient de s'allumer à travers mes paupières closes. Cela m'arrive souvent de penser à elle dans ce genre de situation. Des sortes de rêveries éveillées. Mon imagination l'impose à moi, même si « imposer » n'est pas vraiment le mot que j'emploierai.

Ainsi Rachel m'apparaît, et comme à chaque fois, elle ne fait que me regarder, aussi éloignée qu'elle l'est réellement. Je me prends à rêver de ce regard sombre qu'elle a et qui s'illumine parfois d'un feu plus vivace qu'elle ne le voudrait. Aujourd'hui pourtant, dans ce demi-rêve elle avance enfin. Elle n'est plus arrêtée par un quelconque interdit. Je mesure chacun de ses pas et quelle portée chimérique ils peuvent contenir. Et quand elle est assez proche, quand je peux sentir en moi se réveiller cette chose incontrôlable qui me lie entièrement à elle, se réveille le souvenir du baiser de ce matin.

C'est quand cette image s'impose à moi que je perd tout contrôle. Je sens ma tête frapper violemment le plafond avant que mes yeux ne s'ouvrent brusquement et qu'une douleur furtive n'imprègne le haut de mon crâne. Mon pouvoir s'échappe subitement sous le coup de la douleur et surtout de la surprise et je retombe sur le sol trop vite pour pouvoir stopper ou même ralentir ma chute. Tout ce que je peux faire c'est croiser mes bras. Mon corps finit par atterrir lourdement sur le parquet dans un bruit sourd.

Je me maudis intérieurement en pensant à ce que dirait Santana si elle était là. Je relève ma tête en maugréant quelques insultes envers ma stupide petite personne. Je tâtonne autour de moi avant de réussir à attraper la montre.

3 heure et 36 minutes.

Je grimace avant de la lancer avec rage de l'autre côté de l'appartement.


Pov Rachel

Je laisse couler l'eau.

Sans vraiment y penser.

La chaleur ne me fait rien. J'y suis insensible. Ou trop sensible. Je ne sais pas comment appeler la polarité qui m'entraîne vers cet élément. Mais le fait est que ce « don », cette « chose » en moi est quelque chose que j'ai longtemps refusé. Car il faisait appel à un côté de moi incontrôlable et sur lequel j'avais si peu d'emprise.

Je penche la tête vers le bas alors que l'eau continue de couler sur ma peau, le long de mes cheveux.

J'entends parfois des grésillements quand mon pouvoir se rallume au gré de l'errance de mes pensées. L'eau s'évapore presque instantanément avant que je ne fasse taire à nouveau ce pouvoir si longtemps brimé.

Quelques bribes de la soirée dernière me reviennent parfois. Quelques mots aussi. Mais surtout elle.

Elle.

Ses yeux.

La manière qu'elle a de me regarder à certains moments.

Personne ne m'avait encore jamais regardé comme ça.

Et je n'avais jamais voulu avant de la connaître qu'on me regarde ainsi.

Je ne l'ai jamais autant voulu que maintenant.

Je commence à peine à comprendre ce lien entre nous. Cette prégnante envie qui m'habite. Cette chose qui pousse les barrières que je me suis imposée.

Derrière son regard solitaire, presque impalpable à certains moments, je voulais savoir.

Je ferme les yeux et penche la tête en arrière. L'eau qui tombe sur moi suit mes mouvements avec toujours la même fluidité. Toujours le même rythme. Je finis par fermer le robinet avant de sortir de la douche.

Je lance un regard à la glace emplie de buée. Je ferme les yeux un décharge, douce mais puissante. Mon corps s'embrase instantanément et en ouvrant les yeux je regarde mon reflet flou s'auréoler d'un rouge orangé agréable.

L'eau sur mon corps s'évapore presque immédiatement. Mes cheveux sont presque secs. Et les mêmes questionnements me taraudent.

Je finis par m'habiller en sortant de la salle de bain attenante à ma chambre. Cette dernière est plongée dans un noir réconfortant légèrement éclairée par quelques rayons lunaires. Je vais jusqu'à mon bureau pour regarder mon portable.

3 message de Kurt : « devine avec qui je suis en ce moment-même ! » suivi d'un « je te donne un indice : ça commence par un B » pour finir par « Tu n'es pas marrante, sauf si tu es chez les flics à cause d'hier. Si c'est le cas dis le moi j'essaierais de me téléporter jusque dans ta cellule pour notre debriefing quotidien !».

Je souris en reposant le portable. Aucun message de Finn pour la soirée d'hier. Je masse mon bras en me souvenant de la poigne qu'il a exercé contre moi. Et de tout ce qui nous sépare. De ce gouffre entre nous. Il n'y a plus rien qui nous unit lui et moi. Et je crois bien qu'il n'y a jamais rien eu qui ait pu nous rapprocher.

Je m'assois sur mon bureau comme j'aime toujours à le faire, les genoux repliés vers moi. Mon corps tourné vers la fenêtre qui me fait maintenant face. Je finis par baisser les yeux vers le petit carnet noir. Un petit carnet que je tiens comme on pourrait tenir un journal intime mais qui retient juste des petits moments, des mots, des citations surtout, des instants fugitifs résumés et conservés par écrit. Je l'ouvre en son centre pour y trouver quelque chose fané par le temps mais toujours empreint du moment qu'il détient. Le bout de mes doigts caressent la fleur séchée avec douceur alors que quelque chose en moi s'incline devant cette vérité.

Un bruit sourd résonne soudainement.

Mon regard se relève immédiatement vers la vitre de ma fenêtre.

Vide.

Quelque chose se pince à l'intérieur de moi alors que je comprends que le bruit venait de ma porte.

- Rachel ?

- Rentre Papa...

La porte s'entrouvre alors qu'il passe sa tête à travers l'embrasure.

- Tout va...bien ? Me demande-t-il avec un regard vers l'obscurité dans laquelle je reste.

Je hoche la tête avec un pauvre sourire qui ne doit pas valoir beaucoup.

- Une de tes amies est là.

- Qui ça ?

- À vrai dire...tu peux me rappeler ton prénom ? Lance mon père en se tournant vers l'angle du couloir que je ne peux voir.

- Sugar, monsieur, Sugar Motta, lance une voix douce, presque musicale.

Elle pénètre dans la pièce alors que mon père s'écarte pour la laisser passer.

- Je vous laisse dit-il en poussant l'interrupteur de ma chambre avant de refermer la porte derrière lui.

La lumière chaude de la lampe ne me fait même pas cligner des yeux.

- Bonjour Rachel, lance Sugar avec timidité.

Je referme doucement mon carnet avant de descendre de mon bureau.

- Bonjour Sugar, dis-je surprise de sa présence.

Nous restons toutes les deux silencieuses pendant un court moment.

- Euh...tu peux t'asseoir, dis-je maladroitement en pointant mon lit du doigt.

Je regarde sa silhouette bouger puis se laisser tomber sur le matelas.

- Tu dois te demander ce que je fais là ? Demande-t-elle.

- À vrai dire...oui...

Nous nous regardons encore avant que chacune de nous ne se mettent à sourire. J'aime bien Sugar. Au contraire de certaines personnes, sa présence douce et rêveuse ne me gêne absolument pas. À vrai dire je suis contente qu'elle soit là.

Je viens m'asseoir à côté d'elle et je devine qu'elle se sent un peu plus à l'aise.

- Quelque chose ne va pas ? Je lui demande.

- Non...enfin oui, mais...ça va...

- Je ne compr...

- Il y a quelque chose que tu dois savoir, me coupe-t-elle.

Les yeux de Sugar se relève vers moi avec cette chose au fond des yeux qui n'appartient qu'à elle.

- Quelque chose d'important.

Alors je l'écoute.

Attentivement.

Et bien après, quand la dernière phrase de sa longue explication se termine, nous nous regardons longuement. Je sens mes mains se décontracter légèrement en même temps que la tension qui crispe ma poitrine.

- Quinn...

Son nom m'échappe comme s'il pouvait répondre à toutes les questions qui me brûlent déjà la bouche. Je tourne le regard en essayant de reprendre une contenance.

- Quinn...a fait ça pour nous protéger ?

Elle hoche une première fois la tête.

- Et Mercedes...est devenue...

Sans me laisser terminer elle hoche une seconde fois la tête.

Je soupire.

Et sans m'en apercevoir mon regard ne fait que revenir à la fenêtre de ma chambre. Cherchant quelque chose qui ne vient pas.

Quelqu'un.

- Quel est le plan ? Je demande avec une voix plus maîtrisée.

- Grâce à son pouvoir, commence-t-elle, Mr Schuester va pouvoir protéger nos pensées, les détourner pour en créer de nouvelles. Ainsi Mercedes, si elle cherche, ne se doutera de rien.

- Il peut faire ça ? Je lance, presque ébahie et consciente du chemin qu'il me reste à parcourir.

- Oui, dit-elle aussi surprise que je peux l'être, ce qui me rassure un petit peu.

- Mais...Sugar...quel est le plan ? On ne peut pas juste attendre. Si Mercedes passe à l'action, il nous faut un vrai plan.

- Tant que Mercedes n'attaque pas, Mr Schuester ne veut rien tenter. Il ne veut pas provoquer quelque chose.

- Je lui fais confiance mais j'imagine que filtrer nos pensées va lui demander énormément d'énergie...Il ne pourra pas faire ça indéfiniment.

- Je crois qu'il ne le dit pas mais qu'il s'en veut pour ce qu'il a fait faire à Quinn. Il prend tout sur lui maintenant. Il nous demande juste de nous entraîner.

Je me relève lentement sans perdre Sugar de vue.

- Nous entraîner ?

- Plus que les simples séances qu'on a eu ? jusque là...Schuester est pacifique mais pas idiot.

- Je vois.

- Tu vas pouvoir le faire ?

- Oui je devrais y arriver.

Sugar jette un regard à la pile de vêtements carbonisés entassés dans l'un des coins de la chambre. Moi qui pensait qu'elle ne l'avait pas vu. Derrière ces airs ailleurs, Sugar est une incroyable personne. Qui devine beaucoup de choses sans avoir besoin que les mots soient prononcés.

- Je vais y arriver, je la rassure.

Elle hoche la tête dans ma direction avec un sourire.

- Moi aussi, j'ai quelques soucis avec mon pouvoir...

Elle se lève et pose une main réconfortante sur mon épaule.

- Ensemble, nous y arriverons.

Je pose à mon tour une main sur la sienne en hochant la tête positivement.

Je ne sais pas où cela nous mène, mais au moins nous sommes ensemble.

Et tout me paraît soudain si sombre et paradoxalement plus clair.

Sugar laisse redescendre sa main le long de son corps et je comprends qu'elle va partir. Nous nous adressons un signe de tête complice avant qu'elle n'aille vers la porte. Et alors qu'elle va sortir, elle stoppe quelques secondes sans pourtant se retourner.

- N'aie plus peur, Rachel, me dit-elle.

Et je sais bien que ses paroles vont bien au delà de cette situation.