Chapitre XIX: Toutes sortes de relations (1/2)

"Tu vois, ça s'est pas si mal passé", dis-je à Scorpius avec un sourire alors que nous nous sortions d'Histoire de la Magie.

"C'est facile pour toi de dire ça", marmonna-t-il. "Je me suis fait frapper."

"T'as dit que tu allais bien", remarquai-je.

"Ouais, mais j'ai toujours besoin que tu t'occupes de moi", me sourit-il effrontément.

"Espèce de bébé", souris-je.

Il me sourit également et prit ma main dans la sienne alors que nous nous dirigions vers un escalier. Quelques personnes nous suivirent des yeux, surtout des filles.

Nous marchions main dans la main dans les couloirs. Sans aucun autre membre de ma famille, nous attirions plus l'attention. Les gens ne nous avaient jamais vraiment vus, Scorpius et moi, seuls - ils pensaient seulement que nous traînions ensemble à cause d'Al.

"Les gens nous regardent", me marmonna Scorpius dans sa barbe. Il avait penché sa tête vers moi pour que les gens ne puissent pas l'entendre mais cela ne causa que plus de murmures autour de nous...

J'essayai de ne pas sourire. "C'est comme s'ils ne nous avaient jamais vus."

Scorpius ne put retenir un rire. "C'est toute une situation dans laquelle je n'aurais jamais pensé me trouver.

J'acquiesçai alors que nous nous arrêtions à côté d'un fenêtre pour que Scorpius puisse refaire son lacet. Je m'assis sur le large appui de fenêtre, regardant le vent souffler sur le lac.

"Tu penses que mes parents vont péter un câble?" soufflai-je doucement. C'était quelque chose que je voulais vraiment demander à Scorpius, mais j'avais peur de sa réponse, aussi attendis-je qu'il soit occupé à refaire son lacet.

Il hésita. "Bien sûr que non."

"Tu mens", lui dis-je.

Il leva les yeux vers moi et sourit. "D'accord, je l'ai dit pour te faire plaisir, mais c'est juste parce que je n'ai aucune idée de comment tes parents vont réagir. Ils ont des chances de l'accepter."

"Des chances?" soupirai-je, exaspérée.

"Rose", Scorpius s'assit à côté de moi et posa son bras sur mes épaules. "Ça ira."

"Ouais?" je levai les yeux vers son visage, non loin du mien.

"Ouais", promit-il, avant de m'embrasser tendrement.

Trois filles de Poufsouffle qui passaient devant nous firent un bruit qui aurait pu laisser penser qu'elle venaient de voir un fantôme et se dépêchèrent de partir pour colporter de nouveaux ragots.

"Où est-ce qu'on va, en fait?" me demanda soudainement Scorpius, en m'aidant à me relever de l'appui de fenêtre.

"Tu n'arrives pas à marcher en silence plus d'une minute, hein?" ris-je.

"Non", répondit-il en souriant. "Alors, où on va?"

"Où penses-tu qu'on aille?" Je pensai que cette question allait le faire taire une minute pendant ses réflexions, mais, hélas, il réfléchit à voix haute.

"Et bien, on ne va pas à la grande salle, donc on ne va définitivement pas déjeuner, et on n'a aucun cours pour le moment, alors on doit aller au seul autre endroit où tu passes ton temps, Rosie."

Je levai les yeux vers lui d'un air interrogateur.

"La bibliothèque", souris-t-il. Je lui lançai un regard pénétrant. "J'ai raison?"

"T'as eu de la chance", répondis-je.

Il éclata de rire alors que nous pénétrions dans la bibliothèque. "Tu sais que ta famille et tous les autres vont parler de nous deux au déjeuner, non?"

"Bien sûr", répondis-je. "C'est pourquoi on est ici. J'ai pas envie de faire face aux questions incessantes de Lily, aux regards réprobateurs de Fred, -"

"- et aux regards bizarres de Roxanne?" demanda-t-il.

"Cette fille me fout les jetons, des fois", fut ma réponse.

"Alors, qu'est-ce que tu cherches?"

"Cet article de journal de juste après la Guerre", dis-je en lançant mon sac sous une table et me dirigeant vers la section 'Journaux' de la bibliothèque. Scorpius me suivit, las.

Pendant que je passais l'étagère en revue à la recherche de la gazette du Sorcier et de la bonne année, Scorpius marmonnait. Je mis une minute à me rendre compte qu'il chantait.

"'Girl you been givin' me that line so many times it kinda gets like feelin' bad looks good'*,"

"Qu'est-ce que tu chantes?" lui dis-je en souriant, curieuse. Je n'avais jamais entendu cette chanson auparavant. Je ne l'avais jamais vraiment entendu chanter non plus.

"'That kinda lovin' sends a man right to his grave'*", chanta théâtralement Scorpius dans un micro imaginaire, pointant du doigt une étagère devant lui.

Les écritures étaient abîmées mais je pus lire les mots 'Gazette du Sorcier: 1998' de l'écriture serrée de Mrs Pince.

"Ah ha", m'exclamai-je. "Exactement ce que je cherchais."

J'attrapai la boîte poussiéreuse et retournai à la table où j'avais laissé mon sac. Scorpius me suivit puis, soudainement, il se remit à chanter, ouvrant grand les bras dans un geste théâtral.

"'I go crazy, crazy, baby, I go crazy!'*," chanta-t-il en tournant autour de moi, comme pour danser.

J'éclatai de rire, Scorpius me tournant toujours autour. "Scor! Tu attires encore plus d'attention."

"'Yeah you drive me crazy, crazy, crazy for you baby!*"

"Scor!"

"Et alors?" sourit-il. "Il n'y a presque personne de toute façon."

Il arrêta finalement de tourner autour de moi et me souleva du sol.

Le visage à quelques centimètres du mien, il sourit. "'What can I do, honey, I feel like the colour blue...'*"

"Pose-moi par terre," ris-je alors que Scorpius me ramenai à la table.

"Désolé", rit-il, l'air absolument pas désolé. "Mais cette chanson doit être chantée avec du cœur."

Ma tête arrêta de tourner et je me reconcentrai sur lui. "Bien sûr."

Nos regards se rencontrèrent et nous nous sourîmes l'un l'autre pendant un long moment.

"Alors, qu'est-ce qu'on cherche?" dit Scorpius en tirant sa chaise pour s'asseoir à côté de moi.

"J'étais curieuse de voir ce que la presse avait publié sur mes parents, alors j'ai pensé que je pourrais venir ici faire quelques recherches", souris-je malicieusement.

"Tu ne pourrais pas juste leur demander?" demanda Scorpius, fouillant dans la boîte alors que je sortais quelques articles intitulés 'Vous-Savez-Qui vaincu', 'Notre Sauveur', ou autres gros titres similaires.

Je passai une partie des journaux à Scorpius pour qu'il les lise, puis fis une pause. La première page suivante montrait une photo animée de mes parents se tenant ensemble devant l'entrée de Poudlard. Ils étaient debout, côte à côte, main dans la main. Ma mère se tournait vers mon père, soufflait quelque chose à son oreille, et ils éclataient tous deux de rire. Puis l'image se répétait.

Je souris au jeune couple sur le journal.

"Tu ressembles tellement à ta mère", me murmura Scorpius à l'oreille. Son visage était si près du mien que je pouvais sentir son souffle sur mon cou.

"Tu trouves?" Je soupirai et me penchai vers lui. Scorpius sourit et posa ses mains sur mes épaules.

"Vraiment. A part que tes cheveux sont aussi éclatants que ceux de ton père et que tes yeux sont vraiment, vraiment bleus."

"Comme mon père", souris-je.

Je lançai un regard par dessus mon épaule pour regarder où était la bibliothécaire et, rapidement, arrachai l'image de l'article.

Scorpius fit semblant d'être choqué. "Mais quelle rebelle", sourit-il.

Je plaçai le journal défiguré en haut d'une pile sur la table et prit le suivant. Dès que je le vis, je m'en voulus de l'avoir choisi.

Scorpius se figea.

"Oh Scor", je me tournai vers lui d'un air d'excuse. "Je suis désolée."

"T'inquiète", dit-il à travers ses dents serrées. "J'ai pas choisi ma famille."

Le journal titrait 'La Honte des Malefoy' et la photo montrait deux adultes, arborant tous deux une expression triste, agitée. La femme essayait de protéger un adolescent blond de la foule de paparazzis autour d'eux. L'homme tenait fermement le garçon et le tirait à l'aveugle à travers la foule.

"Je ne savais pas que quelque chose dans ce genre serait là", m'excusai-je à nouveau. Ce n'était pas ma faute si il y avait des articles sur la famille de Scorpius, mais je me sentais coupable de ne pas y avoir pensé.

"Voilà grand-père", cracha Scorpius amèrement, semblant ne pas m'avoir entendue.

"Écoute, Scor, je vais ranger ça et on va aller déjeuner, d'accord?" offris-je, essayant de lui changer les idées. Je savais qu'il haïssait son grand-père, mais je savais aussi qu'il détestait en parler. Même à Al.

Je n'avais jamais réussi à faire dire à Scorpius quoi que ce soit de sa relation avec son grand-père, sauf qu'il ne l'aimait pas. Scorpius ne disait plus rien dès qu'on le mentionnait.

"Non, non, ça va", il plongea sous la table pour récupérer son sac, alors que je commençais à récupérer les journaux pour les ranger. "Continue de chercher, je vais ... faire un truc."

Et il se leva pour partir.

"Scor", dis-je, pas très fort, mais il dut m'entendre car il s'arrêta et se retourna pour me regarder. "Regarde ça."

Le journal que je venais de trouver était daté du 3 juillet 1998. La photo sur la première page montrait mon oncle Harry et le père de Scorpius, Drago, se serrant la main. Oncle Harry serrait la main de M. Malefoy de sa main droite et, de sa main gauche, lui tendait une baguette. J'avais entendu l'histoire comme quoi c'était la baguette de Drago Malefoy qui avait été utilisée pour vaincre Voldemort, mais cet article était la première preuve que j'en avais. Bien sûr, l'article ne parlait pas de ça, c'était juste destiné à attirer l'attention des lecteurs. Il titrait 'Malefoy et Potter' et la photo prenait une grande partie du reste de la page.

Je souris alors que Scorpius revenait. Dès qu'il vit la photo, il lâcha son sac et se laissa tomber dans le fauteuil qu'il occupait quelques minutes plus tôt.

Prenant doucement le journal de mes mains, il le porta plus près de son visage. "Je n'arrive pas à croire que c'est mon père", dit Scorpius, l'air plutôt choqué.

"Tu ne devrais pas avoir honte de qui tu es, Scorpius", dis-je précautionneusement, ne voulant pas le contrarier.

Je pensais que mon incrimination allait l'embêter, mais en fait, il soupira. "Je sais, mais parfois je ne peux pas m'en empêcher."

"Et bien, si j'étais une Malefoy je me ficherais de ce que les autres pensent", souris-je alors qu'il remettait le journal dans la boîte et me regardait avec une expression bizarre sur son visage. "En fait, j'aimerais être une Malefoy rien que pour prouver aux gens qu'ils ne devraient pas juger les autres à cause de leur famille."

Il y eut un long moment de gêne entre nous deux.

"Qu'est-ce que tu -"

"Hypothétiquement", clarifiai-je rapidement.

"Bien", dit Scorpius,avec un signe de tête formel.

Et nous éclatâmes tous deux de rire.

"Allez, on va manger", j'attrapai mon sac alors que Scorpius remettait la boîte de vieilles Gazettes du Sorcier sur l'étagère, et nous allâmes déjeuner.

La Grande Salle n'était qu'à moitié pleine mais toute ma famille et le reste de notre groupe habituel étaient assis à la table de Gryffondor ensemble, en train de faire des commérages.

Comment est-ce que je le savais? Dès que Scorpius et moi nous approchâmes, ils arrêtèrent tous de parler. A leur image, toute la Grande Salle parut plus calme que d'habitude.

"Quoi ... de neuf?" Scorpius brisa le silence, me souriant par dessus la table alors qu'il s'asseyait près de Roxanne et Lily.

"Oh, rien, on était juste en train de-" commença Dom.

"On était en train de parler de vous deux", l'interrompit Lily.

"Lily!"

"Bien joué", rit Fred avec sarcasme.

"Ouais, enfin, ça, on le savait," leur dis-je.

"Ouais, c'était assez évident", ajouta Scorpius la bouche pleine.

"Alors... depuis combien de temps vous sortez ensemble?" demanda Roxanne.

"Roxie!"

"Quoi, si Lily peut dire les choses directement, pourquoi je pourrais pas le faire?" se défendit Roxanne.

"Pas longtemps", marmonnai-je, embarrassée.

"Oncle Ron va te tuer", rit Fred. J'étais contente qu'il n'essaie pas de tabasser Scorpius, mais cela m'énervait qu'il rie de la réaction qu'aurait inévitablement mon père.

"Lequel d'entre eux?" le rejoignit Al, amusé également.

"Les deux", approuva Angie. Je réalisais que je ne l'avais pas vue depuis un moment. Elle avait l'air particulièrement malade à ce moment.

"T'étais passée où, toi?" lui demandai-je.

"Infirmerie", dit-elle dans un haussement d'épaules. "On dirait que la Botanique est en fait une matière assez dangereuse quand tu mets ta main dans une plante carnivore en ayant oublié de mettre des gants de protection."

"Angie, t'es débile", ris-je.

"Et toi?" répondit-elle, se servant de tarte et de jus de citrouille. "Pourquoi tu ne m'as pas dit que tu avais déjà un copain? Ça m'aurait évité des mois de recherche pour t'en trouver un."

"On n'est pas ensemble depuis des mois", clarifiai-je rapidement.

"Depuis le Nouvel An, c'est ça?" demanda Fred. Scorpius et moi évitâmes son regard et nous concentrâmes tous les deux sur notre nourriture. "C'est ce qu'Alice m'a dit..."

"Heuu.." commençai-j.

"Avant le Nouvel An?" s'exclama Molly. "Merlin, et on pensait que tu ne savais pas garder un secret."

"Ouais, enfin, je ne le savais pas vraiment jusqu'au bal", marmonnai-je.

"Noël?" Al avait irrité à présent. "Vous êtes ensemble depuis Noël?"

"Pas 'ensemble'," lui dit rapidement Scorpius, la question lui étant adressée. "On va dire que c'est juste... arrivé."

"Les choses n'arrivent pas juste, avec Rose", rit Dom.

"Ouais, elle prend des décisions réfléchies pendant au moins une semaine", approuva Lucy.

"Sauf quand elle est sous l'influence de l'alcool", marmonna Alice, pas aussi doucement qu'elle ne l'avait pensé.

"Tu as fait boire ma sœur?" explosa Hugo, qui était resté calme jusque là. Al et Fred avaient également l'air très énervés sur ce point. Je lançai un regard pénétrant à Alice pour avoir mentionné le fait que j'étais bourrée.

"Hé, elle s'est jetée sur moi!" Scorpius leva ses mains, pensant sans doute que c'était un moyen de s'en sortir.

Fred, Al et Hugo tournèrent leur regards réprobateurs sur moi, épargnant Scorpius, mais lui en faisant gagner un de ma part.

"Scorpius!" Je le frappai à la tête.

"Enfin, c'est le cas!"

"Scorpius Hypérion Malefoy", il eut l'air effrayé. "Tu vas avoir de gros ennuis."

Il y eut un silence pendant un instant. Fred, Al et Hugo me fixaient d'un air de dire 'je n'arrive pas à croire que tu aies pu faire quelque chose comme ça'. Les filles avaient toutes l'air amusées. Dom, Lucy et Roxanne me regardèrent chacune d'un air de dire qu'elles auraient fait la même chose à ma place - se jeter sur Scorpius.

Et puis Al ricana. "Ton deuxième prénom, c'est Hypérion?"

Tout le monde éclata de rire. Ce fut au tour de Scorpius de me lancer un regard pénétrant. "Rose!"

"Désolée!" souris-je à la 'pardonne ta petite amie qui t'aime'. Il se renonça après une minute, secouant sa tête.

"Bien", dit Scorpius en m'embrassant sur le front. "Tu es pardonnée."

Al et Hugo le fixaient.

"Ce n'est pas parce qu'on sait que vous êtes ensemble qu'on a envie de le voir", dit Al en regardant Scorpius.

"Faudra que tu t'y habitues, Al", lui lâchai-je, et, pour appuyer mes propos, je tirai le visage de Scorpius vers moi et l'embrassai. Scorpius, de même que tous les autres, fut plutôt choqué de mon attitude pour le moins inhabituelle, mais répondit néanmoins à mon baiser.

"Je n'avais jamais pensé que je verrais ça un jour", dit Dom, qui était la seule, à part Alice, qui n'avait pas l'air complètement choquée.

"Quoi, vous pensiez tous qu'on mentait quand on disait qu'on était ensemble?" lâchai-je aux autres.

Pour une raison obscure, je me sentis soudain vraiment agacée par toutes leur questions, jugements et autres attitudes du genre 'Merlin, quel choc'. Si je voulais être avec Scorpius, ils allaient devoir faire avec.

La cloche sonna alors, signalant la fin du déjeuner. Au lieu d'être contrariés que je leur ai répondu de la sorte, ma famille se leva en silence, pour une fois, et partit en cours.


*Paroles tirées de 'Crazy' de Aerosmith :) (... j'dis ça j'dis rien, mais youtube, deezer &co sont vos amis! :p)

traduction (approximative :p): "Chérie tu m'as dit ça tant de fois que je commence à avoir l'impression que j'aime me sentir mal ; Ce genre d'amour envoie un homme droit dans sa tombe ; Je suis en train de devenir fou ; Tu me rends fou ; Qu'est-ce que j'y peux, j'ai le blues" (oui, cette traduction est nulle, je sais :D La dernière phrase, littéralement, ça aurait été 'je me sens comme la couleur bleue', mais ça faisait un peu trop schtroumpf à mon goût ;] )


Désolée pour le retard, merci pour les reviews, blabla habituel :) J'espère que vous passez de bonnes vacances, que tout va bien pour vous, tout ça tout ça, et...

* * * * * JOYEUX NOËL! * * * * *

(on remarquera l'art de la chose exprimé par les astérisques censées rappeler les flocons de neige qui font cruellement défaut à ce 24 décembre là où je suis... :B)