Voici le 22ème chapitre, centré sur Rachel & Quinn ! Je remercie tous ceux qui continuent à lire cette histoire et tous ceux qui prennent le temps de poster un message, c'est toujours génial de vous lire =)
Naze ( je me souviens très bien de ce pseudo si étrange ! ) : je suis contente de te retrouver ici. J'espère que la suite te plaira =)
POV Rachel
- à demain Rach', me lance Kurt avec un petit signe de main que je lui rends.
Sortie d'une autre séance du Glee Club, je commence à marcher dans les couloirs sombres du lycée, les autres prenant la direction de la sortie.
Finn doit sentir que quelque chose n'ait plus comme avant. Il est distant, tout comme je le suis.
Tout cela a assez duré...
Et je ne peux plus continuer comme ça. Plus de cette manière là.
Le peu de courage que je semble avoir doit être plus fort que la peur de ce qui pourrait ensuite arriver.
Et même si cela m'effraie, je ne peux m'empêcher de sentir ce poids en moi lâcher du leste. Me délivrer de cette contrainte que je m'étais assignée.
Mercedes n'était pas là ce soir. Elle n'assiste pas à tous les cours et heureusement maintenant que je sais. J'ai la désagréable impression que chacun de mes regards vers elle pourrait me trahir. Et pas seulement moi. Mais Quinn aussi. Sugar. Santana.
En parlant de Quinn, elle non plus, bien sûr, n'était pas là. Le seul moment où je l'ai aperçu aujourd'hui était ce court moment à la cafétéria. Et encore, je n'ai même pas le droit de pouvoir la regarder comme je le voudrais.
Enfin...ce n'est pas comme si j'en avais vraiment envie...
Je regarde le couloir plus sombre qui mène à mon casier où je dois récupérer des livres de cours. Je pense un instant à toutes ces filles dans les films d'horreur qui pourraient s'en sortir si elles arrêtaient de toujours choisir ce genre de mauvaise situation, du genre « se balader seule, la nuit, dans un endroit sombre ». J'essaye de me rassurer vaguement en pensant qu'au moins j'ai un pouvoir.
Mes pas résonnent à une cadence étrange, comme en écho. J'arrive à mon casier et je ne peux m'empêcher de lancer un coup d'œil à celui de Quinn. Parfois, elle s'amusait à glisser dans le mien un petit mot, une idiotie qui rallumait quelque chose au fond de moi. Quand mes journées s'éternisaient dans un grand vide, je tombais sur l'un de ses mots pliés, et presque immédiatement, un sourire discret étirait mes lèvres. Une petite lueur dans l'obscurité.
Je fais claquer le cadenas de mon casier en l'ouvrant, essayant de me tirer de mes rêveries. Mais en même temps que ce claquement, un bruit sourd derrière moi me fait tiquer.
Une respiration maintenant.
Je me fige.
Mes mains se crispent. Prêtes à devenir incendiaires à tout moment. Je décide de me retourner d'un coup tombant nez à nez avec une silhouette reconnaissable entre toute.
- Quinn ! Je m'exclame, la main sur le cœur, essayant vainement de cacher ma frayeur.
- Je t'ai fait peur ? Demande-t-elle amusée. Quel est le mot de rigueur ? « Bouh » ?
Je lève les yeux au ciel et me retourne.
- Qu'est ce que tu fais là ? Je demande le plus froidement possible.
Elle se met à côté de moi, à l'endroit où se trouve son propre casier, essayant de capter mon regard que je laisse consciemment fixé devant moi, fourrageant dans mon casier, laissant volontairement durer ce moment.
- Tu sais très bien que je veille toujours sur toi...répond-elle avec un sourire qui la résonance d'une claque.
Et ce que je ne lui avouerai jamais, c'est l'émotion que provoque en moi sa dernière phrase.
- Je devais te parler de quelque chose...dit-elle plus sérieuse.
Je ne peux m'empêcher d'apprécier son visage quand elle détourne son regard. Le mouvement de ses cheveux qu'elle a l'habitude de faire remonter avec sa main à chaque fois qu'ils tombent devant ses yeux.
Ce simple mouvement...
Sa simple présence...
Et toujours cette même émotion.
- Je sais que Sugar t'a parlé...
Je retiens mon souffle et le libère silencieusement quand elle ajoute :
- ...de Mercedes. Je la connais, elle ne plaisante pas. L'une de ses plus grande qualité devient pour nous un terrible défaut. Et je ne sais pas ce qu'elle manigance, ajoute-t-elle le regard inquiet, mais quand ça nous tombera dessus, ça fera beaucoup de dégâts.
- Ce qui m'inquiète d'autant plus c'est que j'ai l'impression qu'on attend ce moment sans rien faire, je réplique en me tournant vers elle.
- Monsieur Schuester ne veut pas agir et...
- Et quoi ? On va rester là sagement et attendre que son plan nous tombe dessus ?
- Rachel...
- Quoi...Ce n'est plus Berry maintenant ?
Elle lève les yeux au ciel. En redescendant son sourire me happe alors que je fais toujours mine de chercher quelque chose à l'intérieur de mon casier. Un casier qu'elle s'avance pour refermer, se plaçant juste devant moi.
- Je sais que je ne peux t'obliger à rien Rachel, dit-elle gravement. Mais je fais confiance en Schuester quand il me dit qu'il va nous protéger. Ça ne veut pas dire qu'on ne peut pas essayer de glaner des informations discrètement ou de se préparer. Mais ça ne veut pas dire se jeter dans la gueule du loup...
- Parce que tu t'inquiètes pour moi, Quinn ?
Alors que je pense qu'elle va prendre un air goguenard, elle se contente de baisser les yeux. Moins confiante tout à coup. Plus fragile. Une timidité qui m'a toujours étonnée venant d'elle. Toujours touchée aussi.
Je fais un pas vers elle.
- Pourquoi es-tu revenue pour la soirée de Karofsky ?
Cette question la déstabilise immédiatement. Et je sens qu'elle voudrait fuir. Échapper à ce en face de quoi je suis en train de la mettre. D'un aveu qui m'effraie. Mais que j'espère.
- Pourquoi...tu me poses cette question ? Demande-t-elle.
Son air inquiet donne des soubresauts à mon cœur.
- Pourquoi es-tu revenue Quinn ?
Alors qu'elle tourne son visage, essayant de fermer son regard, il se rallume instantanément quand le pas de plus que je fais vers elle me permet de remonter ma main jusqu'à son visage et de le retourner délicatement vers le mien. Si je m'écoutais ce serait beaucoup plus que simplement prendre son visage entre mes mains, mais pour avoir quelques réponses, je me retiens de ne pas faire ce que cette chose entre nous, presque instinctif, me pousse à faire.
Respectant une limite que chaque partie de moi veut transgresser.
Mais alors qu'elle va parler, nous nous figeons.
Quelqu'un vient vers nous.
POV Quinn
J'attrape sa main instinctivement et l'emporte à ma suite alors que j'entends les pas se rapprocher de nous. J'atteins rapidement la porte de la bibliothèque que j'ouvre avec précaution avant d'y faire rentrer rapidement Rachel, moi lui faisant immédiatement suite. Je finis à peine de refermer la porte sans la pousser complètement que la voix de celle qui vient vers nous s'élève plus fortement. Plus proche.
Je finis par reconnaître la voix de Brittany. Et si au début je suis presque soulagée, je finis par à nouveau me figer. Elle parle au téléphone à ce que je peux voir et continue à marcher vers nous. Sa voix nous parvient enfin clairement:
- Rien inhabituel. Comme d'habitude. Santana est revenue ce soir.
Un silence avant qu'elle reprenne.
- Il sait ce qu'il a à faire.
Je vois sa silhouette passer devant la porte de la bibliothèque, je pousse légèrement Rachel contre le mur pour être sûre que Brittany ne puisse pas nous voir.
Mon corps, instinctivement se rapproche sensiblement du sien.
Quelque chose en moi a été surpris instantanément en entendant la voix de Brittany. Ce n'est pas celle que j'ai l'habitude d'entendre. Je deviens peut-être paranoïaque mais quelque chose n'est pas comme d'habitude. Sa voix commence à s 'éloigner mais on peut encore entendre quelques bribes de ce qu'elle dit.
- Elle reste absente.
Et le reste m'est impossible à comprendre. Brittany disparaît et ce n'est qu'après avoir entendu le bruit de l'une des portes principales de l'établissement claquer que je me détends enfin. Je me rends soudain compte combien je suis prêt de Rachel. Nos deux corps se touchent presque complètement. Je m'écarte en m'excusant, ses yeux ne me quittant pas.
- Elle semblait...commence-t-elle.
- ...étrange, je finis.
Un silence apparaît pendant lequel mon esprit essaye de rassembler les morceaux de ce qu'elle a pu dire. Rien de forcément extraordinaire mais quelque chose surtout dans le ton de sa voix ne semblait pas comme d'habitude.
- On devient complètement folle, on parle de Brittany...
Je soupire en tâtonnant vers une table près de nous, juste avant d'allumer une petite lampe de bureau. Je m'assois sur la table, Rachel tout à côté de moi.
- Je n'étais jamais venue la nuit dans la bibliothèque... J'adore cet endroit...avoue-t-elle en regardant les longues rangées de livres s'élevant devant nous.
- J'y viens régulièrement.
- Je ne t'y ai jamais vue...
- La nuit...
- Ah...
Elle se tait un instant, regardant ailleurs.
- Seule, j'ajoute.
- Ça ne me concerne pas, réplique-t-elle avec irritation.
- On ne sait jamais.
Elle me lance un regard en biais et je lui souris. Et je ne peux m'empêcher d'aimer ce caractère. Si certains pensent que Rachel est juste une gentille fille ils se trompent lourdement. Elle est et sera toujours tellement plus que cela.
- Tiens, dit-elle en revenant vers moi.
- Oui ?
Alors que je suis toujours assise au bord d'une des tables, elle se met en face de moi et s'avance, écartant mes cuisses avec un petit sourire qui me fait hausser un sourcil.
- Tu n'as pas répondu à ma question, dit-elle sa voix tout à coup plus sourde.
- Une question ? Je dis en déglutissant malgré moi.
Elle a l'air faussement pensive. Avant de se rapprocher un peu plus.
Je peux maintenant sentir son bassin contre le mien. Et son souffle chaud sur mes lèvres quand à nouveau elle parle.
- Tu sais très bien de quoi je parle...
Je ne réponds pas, essayant de fuir un regard qui ne me quitte pas. C'est certainement ainsi que cela se passe quand la seule envie qu'on ait c'est d'y céder.
- Alors ?
- J'avais oublié quelque chose...
- La vérité, exige-t-elle.
Elle est tellement proche maintenant. Sa bouche presque sur la mienne, ses yeux à moitié fermés. Mes mains se détachent de la table sur laquelle elles étaient appuyés pour venir se poser sur sa taille. Je n'ai qu'à la pousser un peu plus vers moi pour que nos lèvres se touchent. Et sachant mon taux de résistance quand cela la concerne, je ne suis pas sûre de tenir encore trois secondes.
- Dis le moi, murmure-t-elle si près de ma bouche que je pourrais bien croire que c'est moi qui l'ait dit.
- Je...
Je sens le bout de ses doigts se presser sur mon ventre, une légère tension qui me fait frissonner.
- Tu ? Dit-elle.
Alors le geste que je retiens depuis ce qui me paraît un si long moment se détend et je l'attire petit à petit vers moi.
Mais c'est elle, qui, d'elle-même, se rapproche complètement. Comblant le vide entre nos deux corps. Ses lèvres trouvent les miennes alors que ses mains remontent rapidement vers ma nuque qu'elle pousse un peu plus vers elle. Notre baiser est comme une explosion. Quelque chose d'infiniment libre, sans contrainte et explosif. Je sens son ventre se presser contre le mien alors que je la pousse pour me relever, sa bouche bougeant sensuellement contre la mienne, laissant des sensations chaudes et impétueuses sur chaque parcelle de peau qu'elle touche.
Électriques.
Volcaniques.
Je m'empresse d'inverser les rôles, la renversant complètement sur la table alors qu'elle enroule ses jambes autour de ma taille, ses ongles griffant légèrement le bas de ma nuque, l'orée de mon dos. Mes doigts effleurent ses cuisses alors que dans la semi-obscurité dans laquelle nous sommes plongées une lueur chaude s'allume brusquement.
Un feu qu'elle seule peut faire naître.
Elle panique un instant avant que nos deux regards ne se croisent à nouveau.
- N'aies pas peur de cela...je lui dis.
Je me penche vers son cou que mes lèvres caressent avant de descendre vers son chemisier légèrement entrouvert.
- N'aies plus peur Rachel...je murmure alors que je sens son corps se tendre vers moi.
Soudain je sens ses doigts brûlants qui cherchant mes mains, les trouvent, les pressent, et sans qu'elle ait besoin de parler, je comprends.
Elle ondule sous moi, sa peau nue contre la mienne.
Nos deux regards s'accrochent.
Alors je lui dis.
« Je ne veux pas... »
Nos deux souffles se trouvant, s'emmêlant.
« Je ne veux pas te perdre ».
« Jamais ».
Et le feu nous embrase entièrement.
