Chapitre XXI: La vérité éclate (1/2)

Point de vue de Rose

"Scorpius!" criai-je par dessus le vent, en sortant en courant des Trois Balais. Je pouvais voir sa silhouette démoralisée quelques magasins plus loin. "Scorpius, arrête de fuir, espèce de crétin!"

Cela retint son attention. Scorpius se retourna, me vit lui courir après et alla devant Honeydukes pour m'attendre à l'abri de la pluie. Quand je l'eus rejoint, il souriait.

"Quoi?"

"Je pensais que tu resterais avec Al et Alice," admit-il.

Je secouai ma tête. "Ton esprit raisonne bizarrement, Scorpius."

Il sourit légèrement. "Désolé d'avoir crié sur ton cousin."

"Ne t'excuse pas," lui dis-je en prenant sa main. "Al l'a mérité."

"Ouais, mais..."

"Quoi?" lui demandai-je. "T'as le droit d'être en colère contre lui, Scor."

"C'est pas ça," me dit-il alors que nous nous remettions à marcher dans la grande rue, protégés par les stores des magasins. La pluie tombait si fort sur les bâches en plastique que j'étais bien contente de ne pas être sous l'averse. "C'est juste que... Al et moi, on ne s'était jamais disputés."

J'hésitai avant de parler. "Jamais?"

"Jamais," soupira-t-il.

"Alors c'est genre, votre première dispute?" demandai-je lentement. Il acquiesça. "Bon sang, Scorpius!'

Il parut surpris de mon emportement. "Qu-quoi?"

"Tu viens de me dire que tu ne t'étais encore jamais engueulé avec ton meilleur ami, malgré toutes les histoires entre vos familles... et puis vous vous engueulez à cause de moi?"

De toute évidence, il ne comprenait pas ce qui était en train de se passer. "Et alors?"

"Scor!" soupirai-je, Comment pouvait-il ne pas comprendre ce que j'essayais de lui dire? "Vous venez de vous disputer à cause de moi!"

"Et?"

"Et, je suis juste une fille!"

Je me tournai pour le regarder, nous arrêtant juste devant Madame Pieddodu. Scorpius se mit à rire, et ne pouvait plus s'arrêter. Je le fixai les bras croisés. Après une minute ou deux, je perdis patience.

"Scorpius!" Je le poussai sous la pluie battante pour avoir son attention.

"Désolé", parvint-il à prononcer, réussissant enfin à contrôler en partie son rire. La pluie l'avait complètement trempé. Je dus littéralement décoller mes yeux de son torse, sur lequel la pluie avait collé son T-shirt. Il avait sa veste sur le bras. "C'est juste que... tu es la seule fille que je connaisse, Rose Weasley, qui pourrait dire quelque chose comme ça sur toi-même."

Je ne savais pas quoi dire, alors je restai silencieuse. Scorpius me regarda avec attention -sérieusement, cette fois. Il soupira, me tirant doucement vers lui, et leva sa main pour me caresser la joue.

"Tu ne réalises pas ce que tu représentes pour certaines personnes," me dit-il alors que nous étions tous deux sous la pluie. "Alors arrête de dire des choses stupides. Tu vaux la peine qu'on se batte pour toi."

Je rougis. Puis je réalisai le double sens de ses mots - il n'était pas en train de dire qu'il s'en fichait de se disputer avec Albus à propos de moi, il disait qu'il s'en fichait de ce que nos familles pensaient de nous.

"Allez", Scorpius tira doucement ma main. "Allons trouver quelque part où nous sécher."

"On est au bout de la rue", lui répondis-je. "Il n'y a plus rien avant Poudlard."

Scorpius regarda autour de lui. Un chérubin volant retint son attention.

"Tu te fous de moi?" me plains-je.

Il sourit. "Non, jamais de la vie."

Et il me tira dans le petit magasin bien chauffé. La plupart des étudiants était partis, préférant se débarrasser de la partie "romantique" de la journée avant de faire les magasins à Pré-au-Lard. Il n'y avait qu'un seul couple assis à l'autre bout de la pièce. Scorpius et moi nous assîmes à une table près de la porte, ne voulant pas mouiller tout le magasin en le traversant. Un chérubin qui flottait au dessus de nous nous lança une poignée de confettis sur la tête. Scorpius fit semblant de tousser et secoua sa tête en essayant de faire tomber les petits coeurs en papier de ses cheveux, en faisant tomber sur moi et sur la table.

"Arrête!" riai-je, lui renvoyant de poignées de confettis à la figure.

Il s'exécuta et ouvrit le menu. Madame Pieddodu ne servait pas beaucoup de nourriture, et le peu qu'elle proposait n'était pas très bon. Nous optâmes pour deux mugs de chocolat chaud pour réchauffer - ce n'était pas aussi bon que la bièraubeurre aux Trois Balais, mais bon, rien ne l'était.

"Je suis désolée que tu te sois disputé avec Al le jour de ton anniversaire," lui dis-je doucement alors qu'on nous servait nos boissons.

Scorpius parut surpris. Au lieu de parler, il se pencha et m'embrassa. Alors qu'il se reculait, mon corps le suivit un instant, prolongeant le baiser.

"J'ai le droit d'ouvrir mon cadeau maintenant?" demanda-t-il, surexcité. Il ne releva même pas ce que je venais de dire, mais je m'en fichais - on pouvait oublier un peu cette dispute.

Je gloussai. "J'imagine."

Son visage s'éclaira comme celui d'un petit garçon alors qu'il sortait le paquet joliment emballé de sa poche. J'acquiesçai pour indiquer qu'il pouvait l'ouvrir. Scorpius essaya de le déballer proprement mais il n'y arriva pas. Finalement, il me lança un regard d'excuses avant de déchirer le scotch et de dénouer le ruban. Il ouvrit la boîte, puis me regarda, confus.

"C'est vide", constata-t-il, bien que je sache que c'était en fait une question.

"Et bien... oui", répondis-je, essayant de ne pas trop sourire. Il ne savait pas quoi dire. Je pris une gorgée de mon chocolat chaud. Puis, alors qu'il ouvrait sa bouche pour dire quelque chose, je l'interrompis. "Je ne savais pas quoi t'acheter", lui expliquai-je. "Alors je me suis dit que je te laisserais choisir."

"Me laisser choisir?" Il sourit. "Tu te rends compte que je pourrais demander n'importe quoi."

"Je m'en rends bien compte", lui souris-je en retour.

"N'importe quoi", vérifia-t-il une nouvelle fois - je pouvais entendre le sous-entendu dans sa phrase.

"N'importe quoi", murmurai-je séductivement. Je savais que le petit jeu auquel nous jouions l'amusait.

Il réfléchit alors que nous buvions nos boissons. Quand j'eus fini mon chocolat, il eut l'air de s'être décidé, mais ne dit rien. J'étais prête à parier qu'il me traînerait à un match de Quidditch.

"Tu sais," commença-t-il après avoir passé une minute à me regarder dans les yeux. "Je devrais avoir le droit à deux cadeaux, techniquement... vu que c'est aussi la Saint-Valentin."

J'éclatai de rire. "Tu veux quoi pour ton deuxième cadeau?"

Il me demanda de me rapprocher avec son index. Je soupirai d'un air dramatique, comme si j'en avais assez, mais ce n'était bien sûr pas le cas.

Je pensais qu'il allait m'embrasser, et c'est ce qu'il fit. Mais je ne pensais pas qu'il allait m'embrasser, m'embrasser, comme la première fois où nous nous étions embrassés au bal de Noël ou après que nous ayons joué à Action ou Vérité à Noël.

Il me rapprocha de lui, une de ses mains sur ma nuque, l'autre dans le bas de mon dos. Je savais qu'il ne l'aurait pas fait si je ne l'y avais pas autorisé.

Quand nous nous séparâmes, nous étions tous les deux essoufflés.

"C'est mon anniversaire qu'une seule fois par an, non?" dit Scorpius après un instant.

"Sauf si t'es la Reine."

"Et mince", souffla-t-il.

Nous éclatâmes tous deux de rire.

"Mais je suis ta copine toute l'année, pas juste pour les grandes occasions", lui fis-je remarquer. "Et puis, ce n'était pas ton cadeau. Penses-y, et dis-moi."

"Ca risque de prendre du temps, j'ai du mal à prendre des décisions", me prévint-il. Il me prit la main en se penchant par dessus la table.

Madame Pieddodu choisit cet exact moment pour apparaître avec l'addition.

"Faudrait se calmer par ici", commenta-t-elle de manière tout à fait inappropriée. Scorpius se recula, écarlate de gêne, laissant plus d'espace entre nous.

Dès que Madame Pieddodu fut partie, je me tournai vers Scorpius et lui soufflai, "On met les voiles."

Il laissa un peu d'argent sur la table (sa famille était sans doute plus riche que la mienne) et nous nous dépéchâmes de sortir du magasin.

"On va où maintentant?" demandai-je, exténuée par cette journée.

"Poudlard," répondit Scorpius en m'attrappant la main pour m'entraîner sur la route menant au château.

Scorpius et moi passâmes une partie du reste de la journée dans la salle commune des Gryffondor et le reste à nous promener dans les couloirs.

Nous vîmes seulement quatre autres étudiants au dessus de la Troisième année pendant toute la journée, alors nous étions plutôt tranquilles dans la tour de Gryffondor.

On joua à la bataille explosive, bien sûr, à une partie d'échecs sorciers (que je gagnai), et Scorpius essaya même de m'apprendre quelques paroles de vieux groupes moldus qu'il aimait. Finalement, nous allumâmes la radio et parlâmes doucement en écoutant la musique.

On entendit plus d'une fois "Un Chaudron plein de passion" de Célestina Moldubec, mais Scorpius ne réussit à me faire danser qu'une seule fois.

Quand les étudiants commencèrent à rentrer, le ciel s'était assombri et Scorpius et moi étions comme chez nous sur le canapé.

Mes cousins arrivèrent tous ensemble, formant un groupe particulièrement massif et bruyant - ce fut le premier groupe à revenir. Un instant, Scorpius et moi étions seuls sur le canapé, occupés, et l'instant d'après, ils étaient tous là - même Louis.

"Faut vraiment que vous arrêtiez de faire ça," nous lança Alice en se laissant tomber dans l'un des fauteuils.

Nous sursautâmes tous les deux, Scorpius reboutonna sa chemise qui s'était déboutonnée par magie, et se retourna pour leur faire face. Presque tous les membres de ma famille me fixaient avec un mélange de déception et de choc, mixés avec un peu d'amusement.

"On était là les premiers", leur dit Scorpius, pas embarrassé pour un sou.

"Ce qui m'amène à "Où est-ce que vous étiez passés tous les deux?"," sourit Lily.

"Ici", dit Scorpius avec un sourire satisfait.

"On a fait des... trucs", dis-je en mettant à sourire face à l'expression innocente de Scorpius.

"Comme si on voulait savoir ça", ris Angie.

"Où est... Al?" demandai-je lentement, remarquant qu'il n'était pas apparu avec tout le monde.

"Il est parti se promener," soupira Alice. Puis elle sourit, "Mais regarde tous les trucs cools qu'il m'a achetés!"

Nous éclatâmes tous de rire alors qu'elle sortait quatre ou cinq sacs remplis de choses et d'autres.

"T'as de la chance qu'il ait envie de t'acheter des trucs", lui dit Roxanne.

"Je sais," souris Alice. "Mais tout n'est pas pour moi."

Elle sortit un petit paquet qu'elle lança à Scorpius.

"Merci", Scorpius eut l'air surpris. Il l'ouvrit et découvrit de la cire à balai et des lunettes de quidditch. Scorpius éclata de rire. "Comment tu savais que j'avais besoin de ça?"

"C'est Al qui les a achetés", lui dit Alice.

Scorpius redevint sérieux immédiatement. "Vraiment? Je devrais peut-être aller lui parler..."

"Non, laisse le venir à toi", grogna Fred depuis le sol. Il était allongé sur le tapis devant le feu, les yeux fermés, comme s'il dormait.

"Mais... comment est-ce qu'il va me trouver si je suis ici, dans la salle commune des Gryffondor, alors que je suis un Serpentard?"

Personne ne put lui donner de réponse. Il avait raison - ce serait le dernier endroit où Al le chercherait, si il était en train de chercher Scorpius.

"Vas-y", soupirai-je, poussant Scorpius. Il me releva avec lui. En se penchant pour attrapper son sac par terre, il prit mon visage dans une main et m'embrassa violemment. "Vas-y", marmonnai-je à nouveau, à contre-coeur cette fois.

"A plus tard", me dit mon petit ami avec un sourire, puis il sortit rapidement de la salle commune.

"Sans commentaire", marmonnai-je à l'intention de toute ma famille avant même de me retourner vers eux.

Comme d'habitude, Lily et Roxanne ne purent s'empêcher d'ouvrir leurs grandes bouches.

"Tu t'es vraiment dévergondée récemment, Rose."

"Ce mec est canon."

Je leur lançai un regard pénétrant à toutes les deux en me laissant tomber dans le canapé.


Point de vue de Scorpius

Je n'arrivais pas à trouver Albus. Ca faisait vingt minutes que je marchais dans le château, mais je ne l'avais toujours pas trouvé. J'avais cherché à tous les endroits plausibles - alors où était-il?

Je m'arrêtai de marcher. Ca ne me mènerait nulle part.

Pourquoi est-ce que j'étais celui qui cherchais Al? C'était lui qui avait commencé la dispute en m'engueulant à propos de Rose.

Certes, peut-être n'aurais-je pas dû avoir mes mains partout sur elle dans un lieu public où je savais qu'il viendrait... mais quand même! Pourquoi est-ce qu'Al n'arrivait pas à voir qu'on était heureux ensemble, et qu'on s'en fichait de ce que l'on pouvait dire de notre relation?

Enfin, je me fichais de ce que l'on pouvait dire de notre relation... Je ne pouvais pas en dire autant de Rose. Elle m'avait dit qu'elle voulait simplement ignorer les avis du reste du monde, mais c'était elle qui avait essayé de cacher notre relation depuis le début et qui ne l'avait toujours pas dit à ses parents.

Toi non plus , me siffla une petit voix énervante dans un coin de mon esprit.

Ok, donc je ne l'avais toujours pas dit à mes parents mais... je savais comment ils allaient réagir. Ma mère serait toute "comme c'est mignon, Scorpy à une copine", ce qui n'était pas ce que je voulais que ma mère pense de moi. J'avais dix-huit ans désormais et elle me traitait toujours comme un bébé la moitié du temps. Peut-être que le fait de lui expliquer que j'étais dans une relation sérieuse pour une fois lui montrerait à quel point j'étais mature.

Et c'était juste ma mère. Mon père allait complètement exploser. Tout le monde pense qu'il ne faut pas énerver Ron Weasley... mais Drago Malefoy? Il avait vécu avec Lucius... et, s'il y avait bien une chose que mon père avait hérité de son père, c'était son tempérament.

Et son physique magnifique, j'imagine.

Je dépassais la porte d'une salle de classe vide avant de faire une pause, et de retourner sur mes pas pour me retrouver devant la porte de la salle à nouveau.

Il y avait une vitre qui me laissait voir à l'intérieur de la salle. Al était était assis sur le bureau du prof, jambes croisées et yeux fermés.

Doucement, sans faire de bruit, je poussai le battant, priant pour qu'il ne grince pas. Il ne grinça pas.

Après m'être faufilé derrière Al, qui n'avait pas du tout bougé, j'attrapai ses deux épaules soudainement.

Comme prévu, il sauta de la table et se retourna vers moi aussi vite que l'éclair. Al avait sa baguette pointée vers moi, au cas où je serais un ennemi (pas qu'il ait des ennemis), mais je m'étais préparé - la mienne était sortie également.

Secoué de rires hystériques, je baissai ma baguette.

"T'as fait une de ces têtes," riai-je. Al ne trouva pas ça drôle.

"Qu'est ce que tu veux?" me lança-t-il sèchement.

Je me calmai immédiatement."Et bien, j'espérai recevoir des excuses et peut être même un joyeux anniversaire de la part de mon meilleur ami, mais on dirait qu'il est aux abonnés absents. Qu'est-ce que t'as aujourd'hui, Al?"

"J'ai rien du tout", répondit-il, vexé.

"T'as fais la tête toute la journée."

"Ecoute, Scorpius, c'est pas parce que je t'ai 'fait la tête' que j'ai été comme ça avec tout le monde." Je ne savais pas à quel point il était énervé, mais il avait fait des guillemets avec ses doigts - mauvais signe.

"Pourquoi moi, alors, Al?" demandai-je. "Parce qu'il se trouve que je suis celui qui sort avec ta cousine?"

"Ben, ouais."

"C'est tellement hypocrite de ta part, Al. T'es mon meilleur ami, mais je n'ai pas le droit de sortir avec ta cousine parce que je suis pas un mec bien. Je suis surpris que tu t'autorises à être ami avec moi."

"J'essaie pas de rendre ça bizarre-"

"Mais tu rends ça bizarre. Et ça ça n'a aucun sens. Pourquoi je ne peux pas sortir avec Rose? Pourquoi pas? Qu'est ce qui est si mal là dedans?"

Al hésita, puis dit dans un murmure, "Parce que tu vas la blesser, Scor."

"Non, je-"

"Tu as blessé toutes tes autres soi-disant 'copines' en les trompant." Encore des guillemets.

"Ce n'étaient pas mes copines", rétorquai-je. "Elles voulaient juste me chopper pour la frime."

"Ça n'a pas d'importance, tu vas faire la même chose à Rose, Scor, et je ne veux pas que tu lui fasses du mal. Jamais."

"Je ne vais pas lui faire du mal", rétorquai-je à nouveau. "Je l'aime."

"Tu penses que je vais te croire juste parce que tu le dis?" se moqua Al.

"Eh bien, qu'est-ce que je pourrais faire de plus?"

"Je sais pas", dit Al en s'asseyant sur un des bureaux. "Cherche."

Je fis un pas. "Ecoute-moi, Al. J'aime Rose. Et pas ce stupide truc d'ado, je-t'aime-mais-dans-une-minute-je-te-détesterai, mais vraiment. C'est-à-dire, je lui dirais tous mes secrets si elle me le demandait, ou je me taperais la honte pour la faire sourire. Je... je m'enfuirais avec elle si elle me le demandait."

"C'est un exemple stupide," protesta Al.

"Pourquoi?" demandai-je rapidement. "C'est la vérité."

"Ecoute, Scor, tu dois juste te poser une question, et si la réponse est non alors fais ce qu'il faut - Est-ce que tu vous vois ensemble pour longtemps? Parce que sinon vous êtes en train de vous embarquer dans pas mal d'emmerdes pour rien parce que quoi que tu dises à propos de vous en foutre de l'opinion des autres, vous n'aurez aucun futur."

"Pourquoi est-ce que tu traites cette relation aussi sérieusement?" soupirai-je. "Est-ce que toi, tu commences toutes tes relations en te demandant si tu vas te marier avec l'autre personne?"

"C'est pas pareil," rétorqua-t-il. "Toi et Rose, ça va être un chaos pas possible quand tout le monde le saura, alors si c'est pas sérieux, c'est pas la peine. Oncle Ron..."

"Oui. J'ai entendu des millions de fois à quel point il allait être furieux et tout le reste, mais tu veux que je fasse quoi à propos de ça?"

Je n'espérais qu'à moitié qu'Al me réponde. Il ne dit rien pendant quelques instants.

"Ecoute, je suis vraiment désolé de m'être emporté plus tôt, Scor", dit-il finalement. "Et désolé d'avoir gâché ton anniversaire."

Je souris. "T'as pas gâché mon anniversaire."

Al et moi nous enlaçâmes. Et ça y était - le problème était résolu. Alors que nous retournions vers la tour de Gryffondor, on commença à parler comme si rien ne s'était passé.

"Tu viens chez moi pendant les vacances?"

"Je peux pas," soupirai-je. Al me regarda, curieux. "Un cousin éloigné à moi se marie et je dois y aller. Pour être honnête, je crois que mon grand-père veut juste m'obliger à sortir avec une sang-pure."

"Punaise, il va péter un câble quand il saura que tu sors avec une Weasley." Al eut l'air de vouloir sourire pendant une minute, puis il se reprit.

"Et bien, je ne vais définitivement pas lui dire", souris-je. "Ça le regarde pas, de toute façon."

"Tu le hais vraiment, hein?" me demanda Albus, précautionneusement. Mon visage se durcit et je ne répondis pas. "Allez, Scorpius, tu vas pas m'ignorer à chaque fois que je parle de lui."

"Pourquoi pas?" répondis-je. Ça m'allait très bien d'ignorer toutes les questions en rapport avec ma relation avec mon grand-père.

"Parce que c'est pas sain de garder toutes ses émotions pour soi." Al avait préparé sa réponse et j'avais l'impression qu'il avait déjà préparé la conversation entière.

"Ok, Dr Phil* ", soupirai-je avec sarcasme. Heureusement, nous arrivâmes alors au grand escalier. Je laissai Al retourner à la tour de Gryffondor et me dirigeai vers les donjons.


*Dr Phil: talk show américain qui "prodigue des conseils sous forme de 'stratégies de vies'" selon wiki :)


Petite mise à jour! Je suis débordée de travail alors bien sûr c'est maintenant que je choisis de m'y remettre... Non mais ça me donne l'impression de faire quelque chose d'utile mais qui n'est pas du boulot... (je suis en train de finir mon Master 1, pour ceux qui se demanderaient). J'ai pris un peu d'avance dans la traduction, alors a priori la deuxième partie de ce chapitre devrait pas trop tarder...

Profitez bien, ceux qui sont déjà en vacances... Plus que quelques jours pour moi! Et ceux à qui il reste encore plus de temps, ou qui auront pas de vacances, bon courage :)