Bonjour ! Je tiens tout d'abord à m'excuser du grand retard dans ma publication du fait de mes examens ( enfin terminés... ). Du coup je vais poster deux chapitres au lieu d'un en espérant qu'ils plairont à ceux qui le liront que je remercie encore de prendre ce temps.

Pettiteluciole : Merci pour ton message, c'est vrai que j'essaye de creuser chacun des caractères, je trouve ça passionnant d'écrire et de pouvoir créer un personnage ( de manière tout à fait amateur bien entendu =) ) et de le faire évoluer. Et à vrai dire, c'est sûrement pour ça qu'il est si difficile de finir d'écrire une histoire.

seve2904 : Merci d'apprécier Sugar ! Surtout avec Santana : ce qui n'est pas chose aisée face à Brittany ;) ( ma pauvre petite Sugar... )

McFly76 : Et oui ça commence à tilter chez les gentils...les gentils sont toujours un peu plus lents...C'est une espèce de cliché ;)

malau-chu : Merci de ton engouement ! c'est toujours génial de recevoir ce genre de message !

Kassiopee : Oh c'est trop mignon pour Sugar, j'espère vraiment que la suite te plaira, et encore merci de continuer à me lire !

Zeb410 : ça me fait réellement plaisir de te relire après tout ce temps, tes commentaires m'avaient manqué. Alors merci beaucoup Zeb =)


Pov Rachel

Une lueur vacillante joue à travers mes paupières closes. Mon corps endolori se réveille peu à peu. Je me retourne sur mon lit de fortune et je grimace un instant en appuyant ma tête contre l'un des oreillers du canapé.

Des chuchotements indistincts me parviennent. Se rapprochent lentement. À travers mes yeux presque clos j'aperçois la silhouette de Sugar. Puis celle de Quinn. Elles me dépassent sans bruit avant de reprendre leur conversation à quelques pas de moi.

- J'ai l'impression que cette situation nous échappe, murmure Quinn.

Mes yeux s'entrouvrent avec difficultés sur le salon de Sugar. Du père de Sugar. Peu importe.

Nous avons préféré rester ensemble la nuit dernière.

Liées.

Et plus seulement perdues au milieu du chaos qui entoure dorénavant nos vies.

- Je sais, répond Sugar.

Un silence.

- Mais Quinn...malgré tout...nous devons rester ensemble. Si nous n'avons pas ça, nous n'avons rien.

Le bruissement d'un mouvement puis à nouveau plus rien.

- J'ai un peu peur je crois...

Ses mots, pour on ne sait quelle raison, empoignent ce qu'il y a de plus émotionnel en moi. De plus instinctif. Entendre ce genre de paroles de la part de Quinn Fabray n'est pas chose aisée, surtout venant d'une personne qui se livre aussi peu.

- Moi aussi, répond Sugar.

Je referme les yeux.

- Où cela va-t-il nous mener ? Où va-t-on comme cela ? Nos pouvoirs...nous ne nous sommes jamais vraiment posés de questions sur l'après...

Mes poings se ferment légèrement sur le tissu qui me recouvre.

- Quand on devra répondre à ces questions...alors on fera ce qu'on a toujours fait...on fera de notre mieux.

Et je ne peux m'empêcher de sourire. Même légèrement. Même dans l'obscurité, nous commençons à construire autour de nous une arche. Un réconfort, qui bien que fragile, est immensément rassurant.

Un moment se passe puis Sugar parle à nouveau :

- Je vais me préparer. Tu veux que...

- Non ça va aller, la coupe doucement Quinn. Je vais repasser chez moi avant les cours.

- Et pour Rachel...

- je m'en occupe.

- À tout à l'heure alors...

Le silence envahit la pièce. Je prends soin de refermer à nouveau les yeux. Un long instant s'écoule puis soudain je l'entends qui s'approche. Elle doit voler car seule sa respiration la trahit. Et encore...je dois me concentrer. Un voile se dépose soudain sur la lueur qui éclairait mes paupières.

Le contact de ses doigts. Lentement et délicatement elle caresse mon visage.

J'hésite avant d'ouvrir les yeux.

Mais je finis tout de même par le faire.


Trois ans plus tôt...

«Premier jour » « Nouveau lycée » : ces quatre mots effrayeraient n'importe quel adolescent normalement constitué. Et je ne déroge pas à la règle.

Je marche dans les couloirs d'un lycée bondé. Essayant de me faire une place à travers une foule étouffante. Essayant de ne pas laisser cette solitude qui me hante me poursuivre aussi loin. Alors que je cherche le numéro de ma prochaine salle je me heurte à une silhouette dont le regard meurtrier me transperce.

- Dégage, dit-elle avec une colère à peine mesurée.

Je recule impressionnée, essayant de ne pas avoir l'air d'une demeurée. Je me cogne à nouveau à quelqu'un et prie silencieusement pour que tous les élèves de cet établissement ne soit pas tous aussi débordant de rage. Mais c'est un sourire que je rencontre. Sincère à ce que je peux apercevoir.

- Ne fais pas attention à elle, me dit-elle en lançant un regard à l'autre fille. Santana est toujours un peu ronchon le matin.

- Ferme-là Mercedes...lance à nouveau l'autre alors que « Mercedes » me prend le bras pour m'emmener plus loin.

- Je peux ? demande-t-elle en regardant le papier que je tiens entre mes doigts crispés.

Je lui tends et elle l'a à peine regardée qu'elle me répond déjà :

- Ta salle se trouve un peu plus loin. Tu tourneras sur ta droite. Et ce sera la première porte que tu trouveras. Mais tu devrais d'abord aller mettre un cadenas sur le casier qu'on t'a accordé sinon il sera pris avant que sonne midi. Crois-moi, dit-elle en riant, ils ne font pas de cadeaux pour les casiers...

Et cette discussion « normale » me détend.

- Je vais devoir y aller. Ton casier est juste...

Elle fait quelques pas puis s'arrête et pointe une rangée de casiers.

- là...

Elle se rapproche à nouveau et me dit :

- ne t'inquiète pas. Le premier jour est toujours le plus difficile.

Elle me sourit à nouveau avant de rajouter :

- à plus tard Rachel...

- à...plus tard, je murmure bien qu'elle soit déjà partie.

Je tique un instant en pensant au fait que je ne lui ai jamais dit mon prénom. Mais oublie bien vite ce détail au vu de la foule qui se bouscule encore devant moi. J'essaye tant bien que mal de me frayer un chemin jusqu'à ce satané casier, et à nouveau j'étouffe. Tous ces gens. Et moi...qui suis tellement « moi ».

On me bouscule à nouveau. Et je le sens au fond de moi...Cette chose qui veut s'emparer de moi. J'essaye de me contrôler mais chaque corps qui me heurtent est une étincelle qui attise des braises encore invisibles.

Les poings serrés je me bats contre moi-même. Mais je finis par y arriver.

Je finis par le faire.

Taisant cette chose qui me contrôle plus que je ne la contrôle. Les numéros se brouillent un instant dans mon esprit.

Le numéro 26b.

Le numéro 26...et...

- Salut...

À ma gauche, une grande silhouette. Habillé de rouge il me fixe, essayant de se donner un genre certainement. Une attitude qui me fait immédiatement froncer les sourcils.

Malgré moi.

Je me reprends assez vite pourtant et décide de l'ignorer en espérant qu'il s'en aille.

- Tu cherches quelque chose ? Ajoute-t-il.

Il n'a pas l'air méchant pourtant. Juste...un peu...lourd.

- Casier, je répond comme une automate.

Mes yeux tombent sur mon numéro. Juste en face. Je souris malgré moi.

- Il est là, je dis en espérant qu'il s'éloigne.

Ce qu'il ne fait pas. Il reste là simplement à me regarder. Comme s'il cherchait ses mots.

- Il est un peu haut, tu veux que je pose le cadenas ?

Un instant, je pense lui dire que «non je ne suis pas une impotente qui ne sait pas lever ses bras d'un demi centimètre pour poser un cadenas » mais je me retiens de justesse. Et alors que je vais répondre, une voix derrière lui me devance :

- Dégage Hudson.

Ses yeux s'écarquillent un instant avant qu'il ne se retourne. Me cachant toujours la fille qui vient sans le savoir de m'éviter une situation gênante.

Et le mot est faible.

- j'essaye de l'aider...se défend-il.

- devant mon casier...élude-t-elle.

- Attend je vais...

Mais après une longue hésitation, il finit par se retourner vers moi. Avec une figure désolée qui se veut de connivence, susurrant un «elle exagère mais on se reverra». Puis il part. Et un court soupir m'échappe alors que mes mains attrapent le cadenas dans l'une des poches de mon sac.

Je dépose mes affaires dans le casier avant de le refermer dans un bruit significatif. Une mission pourtant si facile. Mon faible sourire se fige quand je me tourne vers ma voisine.

Quelque chose.

Infime.

Peut-être sa manière de se tenir. Ou de me regarder. La façon dont ses cheveux jouent sur son visage. Ou cette impression intime qu'elle n'appartient à aucune chose que j'ai pu connaître jusqu'à alors. Mais là...je le sens.

Alors nous nous regardons. Comme connectées à la même sensation. Avec insistance, elle détaille mon visage.

Je ne comprends pas ce qui m'arrive.

Des petites vagues chaudes naissent au bout de mes doigts.

C'est la première fois qu' « il » se comporte ainsi. Qu'il est aussi...doux. Il n'apparaît que très légèrement. Je peux le sentir plus que réellement le voir. Je n'ai même pas besoin d'essayer de l'éteindre. Car pendant un très très court instant, il n'est plus aussi douloureux.

Puis, comme sortie d'une rêverie, elle semble reprendre une contenance avant de poser les yeux sur mon cadenas.

- Tu l'as mal mis, me dit-elle sans méchanceté.

Je regarde le bout de métal qui est mal enclenché. Je ferme un court instant les yeux en me traitant d'idiote.

- Je peux ? Me demande-t-elle.

Je ne peux qu'acquiescer bêtement. Elle se rapproche lentement.

C'est cette sensation la première fois que vous rencontrez quelqu'un que vous savez être spécial pour vous.

Cette impression incompréhensible au premier abord.

Vous ne savez pas pourquoi. Vous ne savez pas ce qui fait que cette chose vous agrippe si fort à l'intérieur.

Mais c'est là.

Une partie de moi juge pourtant durement mon comportement de fille transie. Ça ne m'empêche pas de continuer à fixer ses mains qui appuient sur le cadenas. Finissant par faire céder son engrenage récalcitrant. Elle s'écarte et je suis si près qu'on se heurte un instant, l'une en face de l'autre.

Ses yeux d'un vert sombre me fixent comme je dois moi-même le faire. Être comme ça. Aussi près de quelqu'un comme elle est grisant.

- Ne les laisse pas t'embêter, d'accord ? Me dit-elle avec un sourire gentil.

Je le sens soudainement plus fort. Ce plaisir brûlant qui enflamme le contour de mes doigts. Je sers le poing rapidement. Et assez fort pour le faire disparaître presque instantanément.

- Je m'appelle Rachel, je lui dis sans trop savoir pourquoi.

Son sourire prend légèrement plus d'ampleur et je sens que ce moment m'échappe. À contre cœur je la vois se retourner, hésiter juste avant de murmurer :

- Je m'appelle Quinn.

Ce n'est qu'une fois qu'elle a complètement disparu que je recule contre le casier derrière moi.

Les élèves se bousculent toujours.

La sonnerie est d'autant plus forte.

Mon premier jour.

Un nouveau lycée.

Terrifiant.

Et pourtant...


Mais rien ne s'est passé comme je l'imaginais.

J'ai rapidement voulu quelque chose pour contrebalancer ce pouvoir incontrôlable qui me donnait la douloureuse impression d'être un monstre de foire. Pour me protéger, je me suis construit une image.

Rapidement je suis sortie avec Finn. Un Quaterback.

Et ce premier contact avec Quinn n'a plus été qu'un lointain souvenir que je gardais secrètement en moi, comme pour me rappeler, pendant certains moments d'égarement, qu'un jour j'avais été différente. Et que si j'avais eu un tant soit peu de courage, mon monde aurait pu être différent.

Et peut-être un peu moins vide.

Quinn et moi ne nous sommes plus vraiment reparlées après ça. Pas avant cette fameuse soirée pendant laquelle elle m'avait surprise essayant de faire naître un pouvoir qui devenait de plus en plus «capricieux ». Cette soirée où elle m'avait aidée à faire naître quelque chose de nouveau, à ressentir quelque chose de moins pré-fabriqué. Et ce naturel que je chassais tant bien que mal, elle me l'a imposé malgré elle.

En corrélant intimement ce pouvoir à l'empreinte de Quinn, j'essayais tous deux de les éloigner de ma vie.

Avec échec.

Mon pouvoir ne comprenait pas. Ne comprenait pas les choix irraisonnés de mon esprit embrouillé qui voulait se construire une vie « parfaite ». Un pouvoir qui avait fini par s'éteindre quand je le forçais à se matérialiser, et à se rallumer quand il sentait poindre une émotion plus honnête.

Moins contrôlée.

Je finis par ouvrir les yeux.

Et elle est là. Juste au dessus de moi.

Et comme ce premier jour...

Exactement de la même manière...

Elle me sourit.