Après une longue attente dont je suis désolée, voici le nouveau chapitre…
Merci à tous pour vos comms…
Sans plus attendre, la suite.
Chapitre 6 Resignation and suffering
POV de Kate
2 journées étaient passées depuis ma petite crise… OK ! Grosse crise… Et je remerciais intérieurement Martha de ne pas en avoir fait mention devant sa petite-fille ou quiconque de notre entourage.
Toutefois, son comportement envers moi avait changé. Elle me couvait telle une mère poule... Il y a quelques temps en arrière, je m'en serai fortement offusquée et je l'aurai repoussé... Mais aujourd'hui, j'acceptais enfin le fait que j'avais besoin de cela… J'étais prête à accepter l'aide d'autrui. Et pour le moment, c'était de celle de Martha que j'avais besoin…Je savais que je n'y arriverai pas seule et puis, comme me l'avait dit Alexis, Rick n'aurait pas voulu que je sombre… Je la laissais donc veiller sur moi… Et je dois avouer que c'était agréable d'avoir une présence maternelle à mes côtés... A peine la pensée a-t-elle traversée mon cerveau, que je me fige de stupéfaction attendant la douleur.
Contre toute attente, cette petite constatation, anodine pour certains, n'apporte pas la souffrance que j'étais certaine de ressentir… Surtout quand on sait à quel point j'adorai ma mère... Je songe au fait que c'est elle qui aurait dû être en train de me consoler… Et j'en viens à penser aussi, que si ma mère avait toujours été en vie, je n'aurai jamais rencontré Castle et je ne serai jamais tombée amoureuse de lui… Et j'en viens alors à spéculer, que Rick et ma mère devaient probablement être ensemble maintenant… Et quand je le fais remarquer à Martha et que celle-ci me regarde les larmes aux yeux, je réalise ce que je viens de dire… MON DIEU ! Je venais d'accepter la mort de Rick... Sans pouvoir les en empêcher, mes larmes se précipitent hors de mes yeux et je fonds en larmes dans les bras de Martha. Elle m'accompagne dans ma peine… Et sans la sonnerie du téléphone de la maison, nous aurions pu rester ainsi encore longtemps…
Martha se lève et va répondre pendant que je récupère un semblant d'apparence humaine... Je passe les mains dans ma chevelure embrouillée puis fais disparaitre les derniers vestiges de mes pleurs.
-« Allo ?... Non, je suis Martha Rodgers… Puis-je savoir ce que vous lui voulez ?… Très bien. Ne quittez pas, je vais la chercher. »
Pendant la conversation je m'étais retournée et quand Martha avait demandé qui était son correspondant, je m'étais relevée, prête à intervenir contre un paparazzi ou un fan un peu trop zélé. Mais quand je l'avais entendu dire qu'elle venait me chercher, car ce ne pouvait être que moi, puisque Lex n'était pas là, je m'étais avancée vers elle et elle n'eut qu'à me tendre l'appareil.
Je m'en empare tout en la questionnant du regard. Elle me retourne un haussement d'épaules puis se rend dans la cuisine.
-« Allo ? »
-« Mlle Beckett ? » Me demande une voix masculine à l'autre bout du fil.
-« Oui. En quoi puis-je vous aider ? »
-« Je pense que c'est plutôt moi qui peux vous aider… Je me prénomme Othman Ubach et je vis à Dortmund en Allemagne. Il y a un peu plus d'un mois et demi, Rick s'est présenté à ma porte. Il avait besoin d'un pied à terre pour quelques jours. Je l'ai invité à rester mais très vite, mon boulot m'a contraint à quitter le pays. Je l'ai donc laissé seul chez moi…I semaines alors que j'étais toujours en Chine, j'ai appris ce qu'il lui était arrivé… Et j'en suis désolé. Là, je viens de rentrer en Allemagne et en revenant chez moi, ayant appris que personne ne savait où il se trouvait, j'ai fouillé ma maison pour essayer de découvrir des indices sur où il avait pu aller… Malheureusement, je n'ai rien trouvé pour le localiser… Mais dans mon armoire, j'ai découvert une boite contenant des photos de vous, une clé USB ainsi qu'un calepin vous étant destiné. Il avait scotché une note me demandant de la brûler... Dans d'autres circonstances j'aurai accédé à sa requête, mais je pense que vu la situation, la décision de s'en débarrasser ou pas vous revient… Si vous souhaitez que je vous l'envoie, je le ferai. Si vous préférez que je fasse ce que Rick désirait, je le ferai également. »
Son monologue m'avait totalement ébranlé… Nos recherches s'étaient justement arrêtées en Allemagne où nous avions été incapables de découvrir où s'était trouvé son point de chute... Et, pour ma part, même si cet Othman ne nous en apprenait pas plus, savoir qu'il n'avait pas été totalement seul me rassérénai quelque peu… En même temps, j'étais un tant soit peu appréhensive par le contenu de cette boite… Et plus particulièrement par ce que pouvait renfermer les pages du calepin…
Surmontant ma crainte, je me reprends et répond
-« Je vous serai reconnaissante si vous pouviez me la faire parvenir… Et… Si ce n'est pas indiscret, pourrai-je savoir comment vous avez connu Cas… Rick ? »
-« Ce n'est pas indiscret du tout… I ans, alors que j'étais en voyage d'affaire à New-York, un homme dans la rue m'a agressé et poignardé dans l'estomac devant des dizaines de témoins. Personne ne s'est interposé à part Rick. Sans son intervention, je serai certainement mort. Il a mis en fuite le type et a fait pression sur la plaie jusqu'à l'arrivée des secours... Il aurait pu s'arrêter là, mais il est venu me rendre visite tous les jours. Puis quand je suis sorti de l'hôpital, comme je ne pouvais pas prendre l'avion pour rentrer chez moi, il m'a hébergé chez lui et à veiller à mon bien-être. Depuis, nous sommes restés en contact. Et quand l'un de nous est dans le pays de l'autre, nous nous rendons visites.»
Je n'étais nullement étonné par le comportement de Rick... Si au début de notre partenariat j'avais pris ça pour de l'inconscience, j'avais très vite découvert qu'il était toujours prêt à aider et protéger les innocents au détriment de sa propre sécurité…Et j'en avais souvent fait les frais ces 4 dernières années…
La voix dans mon oreille me sort de mes pensées
-«Je vous expédie la boite au plus vite. Et j'ai été ravi de faire votre connaissance, même si j'aurai préféré que ce soit dans d'autres circonstances et en personne. »
-« Merci Mr Ubach. Et le plaisir était partagé. »
-« Au revoir Mlle Beckett. »
-« Au revoir Mr Ubach. »
A peine ai-je reposé le combiné sur son socle, que l'actrice s'approche de moi, m'attendant pour lui relater la teneur de ma discussion
-« Martha ? Vous connaissez un certain Othman Ubach ? »
-« Non… Quoi que ce nom me dise quelque chose. Pourquoi ? »
-« C'était lui au bout du fil… Il m'a dit être un ami de Rick et que votre fils s'était réfugié chez lui en Allemagne. »
Ce qui confirmait ce que m'avait appris Martha lors de ma crise. Sauf que cette fois, il avait carrément quitté le pays… Ce qui en disait long sur son affliction… Et j'en étais l'unique responsable.
-« Effectivement, je me souviens de lui… Pauvre homme. Je ne l'ai jamais rencontré car à ce moment-là, j'étais en Californie pour un film, mais à mon retour Richard m'avait tout raconté… On n'en a plus jamais reparlé depuis. Je ne savais même pas qu'il était resté en contact avec lui. Bien que venant de mon fils, ça ne devrait pas m'étonner… Sinon, pourquoi n'appelle-t-il que maintenant ? »
-« Il était à l'autre bout du monde quand il a appris pour Rick. Il vient juste de rentrer chez lui et à essayer de trouver quelques infos qui aideraient à le retrouver… Mais rien. »
Je ne lui parlais pas de la boite car des dire d'Othman, elle m'était destinée. Et je voulais d'abord passer par elle avant de leurs en faire part.
-« C'est incroyable !… Comment peut-il avoir disparu ! Et que font les hautes autorités pour tenter de le retrouver ! Est-ce qu'au moins ils ont entamés des recherches ? Est-ce qu'ils sont ne ser…. »
Je pose ma main sur son bras pour attirer son attention
-« Je ne sais pas ce qu'il en est des grands pontes, mais je sais que l'équipe de l'agent Jordan Shaw au FBI, continue d'enquêter… Certes ils n'ont encore rien trouvé de nouveau, mais ils n'abandonneront pas... Ca leurs prendra le temps qu'il faudra, mais ils nous le ramèneront. » L'informais-je pour la rassurer autant que moi-même… Parce qu'ils avaient beau avoir un grand pouvoir d'action et être disséminés un peu partout dans le monde, il y avait encore des pays où ils n'avaient aucune autorité ni possibilité d'action… Sans parler des endroits reculés du globe où personne n'osait s'aventurer… Et certainement pas Rick qui avait un minimum besoin de confort… Quoi qu'à bien y réfléchir, dans son état d'esprit actuel, il aurait été capable de n'importe quoi.
Semblant quelque peu tranquillisée par mes paroles, la matriarche me sourit puis grimpe dans sa chambre….
Après une soirée morose et une nuit à me tourner et retourner dans le lit, j'avais fini par me vêtir d'une tenue de sport et sortir de l'appartement dans l'espoir de me changer les idées et de cesser de penser à ce que j'allais bien pouvoir trouver dans cette fameuse boite… C'est donc épuisée par mes 10 km de courses et le corps en sueur, que je franchis les portes du bâtiment pour être interrompue par le portier
-« Bonjour Mlle Beckett… Vous tombez bien. J'allais justement monter chez vous... Je viens de réceptionner un colis pour vous. »
Au mot colis, mon cœur rate un battement. Je pensais avoir un jour de plus pour me préparer mais, comme souvent, rien ne se passait comme je le souhaitais. Avec un léger sourire tremblant je m'empare de la boite
-« Bonjour à vous aussi Daniel… Et merci beaucoup. » Lui dis-je anxieuse.
-« De rien Mlle et passez une bonne journée. » Répond-il en retournant à son poste. Me laissant seule dans l'entrée avec mon colis... Comme si elle risquait de me sauter à la figure, je maintiens le paquet à bout de bras tout le long du chemin jusque dans la chambre de Rick où dort toujours Alexis... Pas encore le courage d'affronter le contenu, telle la boite de pandore, je me rends avec celle-ci dans la salle de bain et passe sous la douche… Contre ma volonté, mes yeux se portent régulièrement vers ce fichu colis… A la fin, je gagne tout de même le combat, parce que lorsque je quitte la pièce, il est toujours intact... Je marche jusqu'au dressing où je dépose la boite derrière mes pantalons. Je ne suis pas encore disposée à l'ouvrir mais je ne veux pas que quelqu'un d'autre l'ouvre non plus… Une fois vêtue, je retourne dans la chambre, jette un œil sur Lex puis me dirige vers la cuisine…
Tout en buvant mon café, je me suis plongée dans la lecture du journal. Pourtant, mon esprit ne cesse de dériver vers l'objet qui se trouve caché derrière mes pantalons. Mais encore une fois je gagne la lutte… Après avoir promis à mon cerveau de passer par le colis dès que la maison serait vidée de ses 2 autres habitantes bien sûr…..
3 heures avant d'enfin me retrouver seule… A pas de fourmi, je m'approche de ma cachette puis me saisis de la boite qui peut, ou me faire aller mieux, ou pire me faire tomber encore plus bas… Je me dirige droit sur le lit ou je me jette plus que je ne m'assoie et dépose la boite devant moi.
Le cœur au bord des lèvres, la respiration courte et les mains tremblantes, j'arrache le ruban adhésif qui retient les pans du carton d'envoi. Je me débarrasse du morceau de chatterton puis écarte les rabats… Et là, sur un lit de petits tubes en polystyrène, une boite en bois rectangulaire… Je m'en saisie délicatement avant d'éloigner le carton inutile. Après 1 grande inspiration, je soulève le couvercle et, comme me l'avait dit Othman, j'aperçois des photos me représentants. Sans m'y intéresser d'avantage, je les sors de leurs prisons de bois puis les délaisse pour me concentrer sur le calepin, portant mon prénom, devant mes yeux. Je l'attrape et l'ouvre avant de changer d'avis.
* Chère Kate,
Je t'écris ces mots bien que je sache parfaitement que tu ne les liras jamais…
Un homme sage m'a dit un jour, qu'au lieu d'utiliser mes poings pour faire partir la douleur émotionnelle, il était plus simple et surtout moins dangereux de l'écrire… Et il avait raison.
Quand je suis parti de chez toi, je me suis précipité dans un bar et ai bu plus que de raison. A mon réveil, j'étais allongé dans une cellule avec la tête prête à exploser et le corps en feu… Mais tu sais quoi ?... Malgré la douleur, je me sentais bien… Parce que pendant les quelques heures qui ont suivis, je n'ai pas une seule fois pensé à toi… J'ai donc continué sur ma lancée.
Aujourd'hui, ça fait 10 jours que tu m'as rayé de ta vie et je me suis déjà retrouvé 6 fois en cellule pour avoir déclenché une bagarre… Il n'y a eu aucunes poursuites parce que j'ai utilisé ma notoriété. Et tu sais pourquoi je l'ai fait?... Parce que je sais que tu détestes ça.
Il m'aura fallu une lacération profonde dans la chair de mon bras et un innocent envoyé à l'hôpital, pour me souvenir des mots de cet homme...
Tout ça à cause de toi..*
* Chère Kate,
L'alcool n'a plus aucun effet sur moi…
Je ne peux plus me battre et maintenant je ne peux même plus me souler.
Mon cœur, mon âme, ma vie… Tu m'as tout pris…
J'ai voulu t'oublier dans les bras d'autres femmes, mais même ça tu me l'as enlevé… J'ai eu beau choisir des femmes à ton entière opposée, je n'ai pas pu… Et pendant que toi tu couches avec Dieu sait qui, moi je suis condamné à regarder ma vie pitoyable passée.
Tu peux être fière de toi Beckett, tu as réussi à mettre Richard Castle KO.*
* Kate,
Cet après-midi, je suis parti me balader pour ne pas devenir fou seul avec mes pensées, et au détour d'un chemin, je suis tombé sur un verger de cerisiers… Tout ce que je tentais d'oublier est revenu me frapper en plein visage…
J'ai maudis le propriétaire du verger, j'ai maudis mes pas de m'avoir conduit jusqu'ici et je t'ai maudis. Une odeur et un fruit que j'adorai avant, maintenant, ils me répugnent.
Si tu savais à quel point je te déteste de m'avoir rendu si pathétique… Mais je me déteste encore plus parce que malgré tout ce que j'endure, je continue de t'aimer.*
* Kate,
Je ne sais même pas pourquoi je m'obstine à écrire ton prénom…
Ce n'est pas comme si j'étais encolère furieux contre beaucoup d'autres personnes… Non, ce privilège t'est réservé…
Hier, je suis arrivé chez un de mes amis et je lui ai tout expliqué… A la fin de notre conversation, j'étais si remonté contre toi, que j'ai balancé la bouteille de Whisky, que nous avions entamé, contre le mur la brisant… Oth a voulu me calmer, mais au lieu de ça, je m'en suis pris à lui et lui ai mis mon poing dans la figure…
Reparler de notre dernière dispute m'a empêché de fermer l'œil de la nuit… Des tonnes de questions n'ont pas cessé de tourner dans ma tête…
Combien de temps t'a-t-il fallu pour tourner la page ?
T'es-tu rendue compte du mal que tu m'avais fait ?
Te sens-tu un minimum coupable pour ce qu'il s'est produit ?
Est-ce que tu m'as rayé de ta vie même au poste ?
Est-ce que je suis devenu un sujet tabou ?
As-tu été une seule fois sincère avec moi au cours de ces 4 dernières années ?
Et tellement d'autres… Mais inutile de m'y attarder parce que je n'obtiendrai jamais de réponses.*
J'ai déposé mon cœur à tes pieds en croyant que tu veillerais sur lui. Mais tu l'as piétiné, broyé puis jeté comme on se déleste d'un sac de détritus… Tu as joué avec mes sentiments, tu m'as laissé croire à un possible *Nous*…
Dieu sait que je t'aurai donné le monde si tu me l'avais demandé, j'aurai même pris une balle pour toi sans aucune hésitation.
Je t'ai offert ce que je n'avais jamais donné à aucune autre femme, l'accès total à ma famille.
Je t'ai dit que je t'aimais, et même ça tu l'as souillé… Tu as feins l'amnésie pendant des mois… Tu n'as pas même eu le courage de me dire en face que tes sentiments n'étaient pas réciproques… Je ne t'aurai jamais cru aussi sans cœur… Et c'est là que le bât blesse, j'étais tellement subjugué et amoureux de toi, que j'ai tout enduré parce que ça me permettais de rester à tes côtés… Même si c'était dur et douloureux, j'étais prêt à attendre jusqu'à ce que ton mur s'effondre…
*Always* Je le pensais… Seulement voilà, toute notre relation était basée sur le mensonge…*
Ce matin, à mon réveil, j'avais la haine contre toi… Je n'ai même pas cherché à en connaître la raison….. C'est peut-être parce que tout ce qui peux me rappeler toi, me mets en rage.
Et je suis tellement furibond, que j'en viens à espérer que tu ne retrouves jamais le commanditaire du meurtre de ta mère… Parce que ça signifierait que tu passerais le reste de ta vie dans la souffrance. Et rien que d'y penser me mets encore plus en colère… Parce que je réalise quel genre d'homme je suis en train de devenir et ça me dégoute… Je me dégoute de t'avoir laissé avoir autant de pouvoir sur moi…
Tu as pris tout ce que je te donnais. Et en retour, qu'est-ce que j'ai obtenu de toi?... Rien… Tu m'as rabaissé, humilié, ignoré, traité comme de la merde… Jusqu'à il y a peu, je remerciais le tueur de l'affaire Tysdale de nous avoir réuni… A ce jour, si j'avais eu le choix, j'aurai 1000 fois préféré me faire renverser par une voiture ou un bus…
Tu as dit que j'étais nuisible. Eh Bien, je te retourne le compliment !… *
* Katherine Beckett,
C'est la dernière fois que j'écris sur ce calepin. Pour fêter ça, j'ai fait l'effort de mettre ton prénom et même ton nom… De toute façon, c'est aussi la dernière fois que je les écrirais… Dans quelques semaines, toutes traces de toi auront disparu dans le feu…
J'ai enfin trouvé ce qui me permettra à mon tour de tourner la page et d'aller de l'avant.
Après cela, je pourrai alors rentrer auprès de ma fille et de ma mère et reprendre ma vie… En laissant derrière moi la parenthèse Kate Beckett.
Je pourrai te souhaiter de passer le reste de ta vie dans le malheur, mais je ne te ferai pas le plaisir de devenir un homme acariâtre et méchant…
Alors, tout ce que je te souhaite, c'est qu'un jour tu trouves ce que tu recherches.
Adieu… *
Je referme le petit carnet effondrée et les larmes dévalant mes joues… Je savais que je lui avais fait du mal, mais je n'aurai jamais imaginé que c'était aussi profond… J'avais menti pour me protéger. Parce que je n'étais pas prête. J'aurai pu lui expliquer que j'avais besoin de temps pour remettre ma vie en ordre avant de penser à un* Nous*… Mais j'avais choisi d'agir comme si de rien n'était. Et en faisant cela et lorsqu'il avait découvert mon mensonge, ça lui avait donné l'impression que je ne lui faisais pas confiance. Hors c'était tout le contraire. Il était le seul en qui j'avais une confiance totale et aveugle…
Et même après tout le mal que je lui avais fait, il pensait encore à mon bonheur… Dieu ! Je n'étais pas digne cet homme…
Le calepin toujours en main, je m'allonge et laisse la douleur m'envahir… Je mérite de souffrir autant que lui a souffert…
Je me réveille en hurlant, ma main gauche posée sur mes côtes de droite. J'ai du mal à respirer et à reprendre mon souffle... Une main fine et fraiche se pose sur mon épaule, je me retourne pour tomber dans le regard effrayé d'Alexis. Je suis incapable de la rassurer car je manque de souffle… Je me force à inspirer profondément, mais au lieu de m'aider, cette action empire la situation. Je me mets à suffoquer et j'ai comme l'impression que quelqu'un m'a planté un couteau dans le flanc... Je regarde Lex paniquée. Comprenant d'instinct que quelque chose ne va pas, elle saute du lit et se saisie de son portable
-« Lanie !... Viens à la maison vite, Kate ne va pas bien... Elle n'arrive plus à respirer… Je ne sais pas… D'accord mais dépêche-toi s'il te plait. » S'écrie La jeune fille avec frénésie.
Elle termine la conversation puis viens me rejoindre sur le lit
-« Le Dr Parrish arrive. Elle a dit de ne pas forcer. Essaie juste de prendre de petites inspirations. »
Je parviens à hocher la tête et je fais ce qu'elle m'a conseillé… Ca fonctionne, mais la douleur dans mon abdomen, elle, ne diminue pas…
Lanie frappe enfin à la porte qu'Alexis s'empresse d'aller ouvrir. Et c'est ensemble qu'elles reviennent à mon chevet... Mon amie ne perd pas de temps
-« Ta respiration s'est améliorée ? »
Je secoue la tête de droite à gauche. Elle ouvre sa sacoche que je n'avais pas même remarquée et se saisit d'un stéthoscope qu'elle applique sur ma poitrine puis mon dos.
« Maintenant, inspire le plus profondément possible. »
Je fais ce qui m'a été demandé mais très vite, je ressens une sensation de brûlure là où se trouve ma main et une quinte de toux me secoue violement accentuant un peu plus la douleur… Lanie me laisse le temps de calmer ma toux avant de reprendre
-« Tu as mal autre part ? »
Je suis tentée de lui répondre par la négative, mais la douleur qui se rappelle à moi m'en empêche. J'hoche donc la tête dans l'affirmative puis baisse mon regard sur mes mains maintenant jointes sur mes côtes.
-« Allonge-toi que je regarde ça. »
J'obtempère et, délicatement, elle relève mon T-shirt exposant ainsi mon estomac. Elle commence à le palper où il n'y a aucune réaction puis quand elle appuie sur mon flanc, je ne peux retenir un cri de s'échapper de ma gorge et mon regard se voile. Elle se stoppe puis rabaisse mon haut et tout en rangeant son stéthoscope m'ordonne
-« Habille-toi, je t'emmène aux urgences. »
J'écarquille les yeux
-« Quoi ! Pourquoi ! » S'exclame Lex. Exprimant par là même ce que je ne peux faire.
Elle détourne son regard de l'adolescente puis me fixe
-« Il n'y a rien à la palpation, mais la douleur est bien là… Je te connais assez pour savoir que tu ne crierais pas pour rien... Ta respiration est mauvaise mais je n'entends rien hors de l'ordinaire. On doit te faire passer des examens plus approfondis pour savoir ce qu'il se passe. »
Pendant qu'Alexis s'habille, Lanie récupère un pantalon et une chemise dans la commode puis m'aide à me vêtir. Une fois fait, nous quittons le loft et nous rendons à St Andrews…
Grâce à l'intervention de mon amie, je suis prise en charge dès mon arrivée. Je suis conduite dans un box et à peine ai-je ôté mes chaussures, qu'un médecin, lisant un dossier, pénètre dans la pièce
-« Bonjour Mlle Beckett, je suis le Dr Rizla... Pourriez-vous enlever votre chemise s'il vous plait que je puisse vous examiner. ? » Me demande-t-il après avoir relevé la tête.
Avec difficulté, je me déshabille puis l'attend pour commencer l'examen. Il effectue les mêmes gestes que Lanie, me demande d'effectuer les mêmes actions tout en me posant des questions sur ma santé. Ne parvenant toujours pas à parler sans manquer de m'étouffer, je secoue ou hoche la tête pour répondre.
-« Très bien. Je ne vois rien qui pourrait expliquer votre état, mais comme votre difficulté respiratoire est réelle et pour plus de sécurité, je vais vous faire passer une batterie de tests… Mais en attendant que ceux-ci se fassent et qu'on en apprenne plus pour que je puisse poser un diagnostic, je vais vous mettre sous oxygène.» M'explique-t-il avant de quitter la pièce.
Quelques secondes plus tard, Lex et Lanie pénètrent dans la chambre pour me tenir compagnie…
4 heures et 38 mn plus tard, tout est enfin terminé. Je suis installée dans une chambre où je dois attendre le retour du médecin. L'oxygène que l'on me donne m'aide à respirer mieux, on m'a aussi donné un anti douleur pour mes côtes. Lanie et Alexis sont assise de chaque côté du lit. L'adolescente s'est saisie de ma main et a fermé les yeux. Lanie, quant à elle, a le nez dans mon dossier d'admission. Je ferme à mon tour les paupières puis me laisse bercer par les bips du moniteur cardiaque…
A bientôt pour le prochain chapitre….
