Et voici le second chapitre, en espérant qu'il vous plaise =)


Pov Quinn

- Tu veux que je te dépose ici ? Dis-je en commençant à appuyer sur la pédale de frein.

Son regard est fixé sur moi.

- Continue jusqu'au parking, dit-elle.

- Tu...

Mais je finis par me taire.

Et trouver une place assez rapidement.

Le grondement du moteur s'arrête brusquement. Je me tourne vers elle. Ses lèvres se pincent et ses yeux sont perdus à travers la vitre de la voiture. Quelques mètres plus loin, une foule d'élèves rient, se disputent, et discutent dans un brouhaha qui ne m'atteint pas.

- je le sens maintenant...

Elle se retourne vers moi, ses grands yeux insondables accrochés aux miens.

- il s'est réveillé...

Elle soupire avec un sourire triste.

- Je l'ai repoussé depuis tellement longtemps. Je ne voulais pas être...je n'étais pas prête...

Je l'aperçois alors. Un point brillant grandissant autour des traits fins de l'iris. Sans pénétrer la pupille, la lueur rougeâtre dansant avec douceur.

Elle se rapproche lentement, chacun de ses gestes emprunt d'une étrange langueur.

- Je le sens qui pulse à l'intérieur de moi...

Sa main se dépose avec lenteur sur la mienne, le contour de ses doigts remontant doucement le long de mon bras.

- de l'épiderme jusqu'aux fibres musculaires.

Elle appuie un peu plus son toucher à travers mon haut en atteignant ma clavicule.

- Chaque cellule...

Ses doigts effleurent à nouveau ma peau en remontant jusqu'à ma nuque sur laquelle elle s'arrête.

- Et je ne peux plus m'en défaire.

D'une pression subtile, elle se rapproche de moi.

- Je ne veux plus.

Ses lèvres viennent se poser sur le coin de ma bouche légèrement entrouverte. Chacune de mes terminaisons nerveuses s'affolent invisiblement.

Hors de contrôle.

La pression derrière mon cou s'intensifie. Je sens sa main remonter jusqu'à mon visage qu'elle caresse avec une lascivité qui m'empêche de respirer correctement.

C'est tellement fort.

Et elle m'embrasse à nouveau.

D'une façon plus appuyée encore.

- Tu sais qu'on est sur le parking du lycée, je réussis à murmurer alors que sa bouche arrive à ma mâchoire.

Elle continue à descendre vers mon cou alors que j'essaye tant bien que mal de me contrôler. Mais avec Rachel, me contrôler n'est pas la meilleure chose que je sache faire.

- Rachel...

Son visage remonte vers moi, un air mutin dans les yeux qui me donne envie de lui arracher ses vêtements.

- Il est peut-être un peu tôt pour te demander de traverser le lycée main dans la main ? Je finis par demander.

Sa bouche s'entrouvre dans un moue qui me fait éclater de rire.

- Idiote, lâche-t-elle sans pouvoir s'empêcher de sourire. Et enlève ce petit air satisfait de ton visage avant que je ne le fasse pour toi.

Je hausse un sourcil provocateur.

Ses mains agrippent mon haut et me rapproche d'elle brusquement. Nos visages prêts à se toucher.

Et cette tension palpable.

Une fois la surprise passée, je ne peux empêcher mon regard de laisser s'échapper l'évidence.

- Gagné, dit-elle avec un petit sourire vainqueur.


En rentrant dans le lycée, Rachel et moi restons à une distance tolérable avant qu'elle ne s'éloigne vers Tina et Puck. Les deux me lancent un regard surpris auquel je ne répond pas. Je continue vers les casiers d'en face pour récupérer quelques livres de cours. La sonnerie vrille mes tympans dans un bruit strident dont je me serai bien passé. Du coin de l'œil je surveille mon ancien groupe.

Ils finissent par se diriger vers les cours et j'ai juste le temps de percevoir le regard de Rachel se tourner vers moi et ce léger sourire qu'elle pense que je n'ai pas vu.

- Tu m'avais manqué...

Je me crispe immédiatement alors que « sa » silhouette apparaît devant moi.

- Bonjour Quinn...

Sa bouche s'agrandit dans un sourire carnassier alors que la mienne se contracte.

- Tu n'es pas contente de me voir ? Il faut dire que depuis mon retour rares ont été les occasions de se croiser...si je te connaissais pas assez je dirai que tu m'évites ?

Mais je reste silencieuse, espérant que Schuester protège mon esprit comme il faut.

- Je vais finir par y parvenir, dit-elle en se tapotant la tempe. Ne me regarde pas comme ça, rajoute-t-elle avec une fausse mine désolée.

Je lance un rapide coup d'œil autour de nous. La foule s'est dispersée. Seuls deux élèves discutent à quelques mètres de là, sans faire plus que ça attention à nous.

- Qu'est ce que tu veux Mercedes ? Je finis par lâcher.

Elle lève les yeux en faisant mine de réfléchir. Lasse de ce petit jeu je me retourne prête à partir quand ses mots me font stopper net.

- Toi et Rachel alors...

Je sens mon cœur frapper contre ma poitrine, emballé par la colère et mon pouvoir qui ne demande qu'à s'exprimer. Je me retourne sans ciller pourtant, un léger sourire aux lèvres.

- Tu t'intéresses à mes histoires de cœur Mercedes ?

- On est amie, non ? Lance-t-elle avec un peu plus de rudesse.

Nous nous fixons pendant un moment qui me semble s'éterniser. La relativité disait Einstein. Les mauvais moments semblent toujours s'écouler plus lentement.

- Accroche-toi bien Quinn, dit-elle en reprenant le contrôle.

Je me rapproche d'elle et la toise le regard dur.

- Je ne te dirai pas de nous laisser tranquille Mercedes...

Je fais un pas de plus.

- Mais sache que quoi que tu aies en tête...nous serons là. Je serai là.

- Ce sera bien la première fois, dit-elle, ses yeux remplis d'une rage que même ses plus faux sourires n'arrivent pas à dissiper.


- Schuester a dû partir plus tôt ce soir, me lance le concierge de loin alors que je suis à quelques pas de son bureau.

- Un problème ? Je demande en espérant qu'il sache quelque chose

- J'sais pas, me lance-t-il avec agacement. Je suis pas sa secrétaire.

Je hoche la tête avant de me retourner. Je commence à marcher dans les couloirs, consciente que Schuester n'aurait pas annulé la réunion que nous avions prévu pour rien. Je lance un coup d'œil à mon portable qui ne m'indique rien qui pourrait me renseigner.

Puis soudain, au bout du couloir une silhouette silencieuse passe. Je stoppe silencieusement en espérant qu'elle ne m'ait pas vu. Mais elle continue vers l'arrière du lycée, ses cheveux blonds reconnaissables entre tous.

Et je n'hésite pas longtemps avant d'aller dans sa direction.

Je m'enfonce dans une noirceur encore plus grande alors que le bruit d'une sortie de secours grince jusqu'à moi. Puis sourdement elle se referme au moment où je l'aperçois. Je laisse passer trente bonnes secondes pour ne pas en ouvrant tomber nez à nez avec celle que j'essaye de filer.

Je finis par pousser la porte avec toute la discrétion que des gongs vieux d'une éternité permettent. Le froid du soir me saisit alors que mes yeux cherchent une présence qui m'échappe.

Et c'est en avançant de quelques mètres que je comprend l'ampleur de mon erreur. J'entends la porte se refermer violemment derrière moi. Trop violemment pour une simple brise nocturne.

- Je t'ai manqué Fabray ?

En me retournant une demi-douzaine de silhouettes me font fassent. Des têtes non dissimulées qui augmentent la crispation de mes doigts.

- Carter...

Et sa petite clique.

- Qu'est ce que tu me veux ? Je demande en connaissant déjà une réponse qu'il ne me donnera pas.

Je maugrée silencieusement contre moi-même pour ne pas y avoir ne serait-ce que pensé. Mercedes n'a pas seulement besoin de cerveau à son service. Mais surtout de bras. De gros bras dénués d'intelligence qu'elle peut manipuler à sa guise.

- Tu sais ce qu'on dit ? C'est dangereux pour une fille de se promener toute seule le soir...

Ils se séparent et essayent lentement de couper toutes les maigres solutions de fuite auxquelles j'aurais pu penser. La vérité c'est que malgré la peur qui me tord le ventre, je ne peux pas fuir. Je ne peux pas ne rien faire pour essayer d'effacer le stupide sourire de son visage.

- On commence à danser ? Me dit-il alors que chacun de ses acolytes commencent à se rapprocher pernicieusement.

Je me tourne dans tous les sens, fixant un à un leurs regards. Y décelant toujours la trace invisible d'une Mercedes avide d'une vengeance qu'elle s'apprête à entamer.

- Venez, je lance, prenant appuie sur mes deux jambes et essayant de cacher le tremblement de mes mains.

L'un d'eux s'approche, les deux mains en avant en essayant de me saisir.

Je recule avant de faire un pas sur le côté. Me retrouvant à sa hauteur, je tends mon bras au maximum à la verticale avant d'envoyer mon avant-bras brutalement contre sa pomme d'Adam. Sans le regarder je prends place dos à lui alors qu'il s'étouffe, coupant pour un court instant l'accès arrière par sa présence encombrante et inutile. Je regarde deux autres s'avancer plus prudemment vers moi.

Je lève un très court instant les yeux vers le ciel.

Je pourrais.

Je le veux de toutes mes forces. Le laisser agir et m'emmener loin d'ici. Mais je suis obligée de le brimer.

Pour les autres.

Pour Santana et Sugar. Pour Mr Schuester.

Pour Rachel.

Plutôt mourir que les mettre en danger en révélant cette chose qui nous unit tous.

L'un des deux vient vers moi, un sourire déformant sa bouche dans un affreux rictus alors que je jette un rapide coup d'œil à la barre de fer qu'il tient fermement dans l'une de ses mains.

Bande de lâches.

Concentre toi.

Concentre toi...

La barre frôle mon visage alors que je fais un pas en arrière en heurtant celui qui s'étouffe toujours derrière moi. Je l'agrippe fermement avant de le balancer de toutes mes forces sur mon assaillant qui trébuche en arrière. Puis sans réfléchir plus longtemps j'avance vers son voisin.

Profitant de la surprise, je concentre mon pouvoir dans mes pieds et en le frappant au ventre, la force contrôlée me permet d'augmenter ma capacité de frappe. Si bien qu'il a un mouvement de recul qui me permet d'attaquer à nouveau.

J'avance puis...

Une douleur affreuse me vrille soudainement l'arrière du crane.

« Le plus dangereux... » m'a toujours répété Schuester « c'est un coup à la tête. Cela embrumera ce qui te permet de te défendre ».

Et voilà que je viens de laisser faire la seule chose qu'il ne fallait pas.

Mon corps bascule vers le sol et s'y écrase avec violence. Les oreilles qui bourdonnent douloureusement. Et l'arrière de ma tête comme une pierre. Mon regard tâché de points noirs arrive à se tourner vers un ciel sans étoiles.

« Envole toi » me murmure la voix invisible de Schuester.

Mais je ne peux pas.

Le visage de Carter au dessus de moi. Qui me sourit d'une façon qui me donne envie de m'achever moi-même. Je vois son pied se relever comme au ralenti avant de venir s'écraser sur mon visage.

L'explosion de la douleur.

Et ce sang.

Tout ce sang.

Une première fois.

Et les rires se mêlent à l'affreuse souffrance qui contorsionne mon corps.

Tout devient presque indistinct au second coup. Et pourtant le craquement est presque aussi fort que les battements de mon cœur affolé. Mon nez se fracture.

Et l'envie de vomir est proche.

Les coups se font plus puissants et dépassent mon visage. Mais je ne sens presque plus rien maintenant.

J'ai à peine le temps de voir Brittany qui regarde le spectacle sans ciller. Mais cela ne me surprend pas. Ce qui est surprenant c'est cette grande silhouette à côté d'elle. Une présence que je ne m'attendais pas à voir. Et un regard oscillant dangereusement entre le vide et la rage.

Puis l'obscurité.

Enfin.