Après une longue attente indépendante de ma volonté, voici la suite.

Je remercie tous ceux et celles qui commentent cette histoire et espère que vous serez toujours au rendez-vous.

Enjoy les amis….

Chapitre 8 Having Ups and downs

La 1ière chose que je constate lorsque mon cerveau traverse la brume épaisse de mon sommeil, c'est la chaleur étouffante autour de moi….. Il semblerait que je sois encore tombée endormi en laissant les volets et les rideaux ouverts….. Je laisse échapper un petit râle, puis, comme toutes les autres fois, je tente de m'éloigner de la source lumineuse en lui tournant le dos. Je roule donc sur le lit… Enfin, c'est ce que je désirais faire... Le problème, c'est qu'à peine le geste esquissé, ce n'est pas la fermeté agréable du matelas de Rick que je sens sous moi. Non, mon corps est en contact avec une dureté douloureuse pour mes côtes déjà blessées. Surprise, je force mes paupières encore lourdes de sommeil à s'ouvrir. Et ce que je vois me laisse estomaquée... Devant mes yeux se présente un magnifique ciel bleu sans nuages. Et la vision aurait pu être enchanteresse si je ne m'étais pas trouvée regardant au-delà d'un bâtiment sans toit. Toujours allongée, je baisse les yeux et tombe sur un mur partiellement détruit. Je fais le tour de la bâtisse du regard pour m'apercevoir qu'elle est au ¾ démolie. Je me tourne lentement sur le côté droit et, par-dessus un amas de brique, je distingue, à quelques mètres de ma position, deux corps allongés sur des matelas. Je me relève lentement puis m'approche d'eux avec précaution, et lorsque j'ai enfin un visuel sur l'un des occupants du lit, je ne peux retenir un hoquet de surprise… Face à moi, se trouve Rick..…

Mon petit cri de stupéfaction a eu pour effet de le faire ouvrir ses yeux. Et ceux-ci tombent directement dans les miens. Un sourire fleurit sur ses lèvres, mais il est rapidement remplacé par un rictus de douleur suivi par une quinte de toux grasse. Comme un signal, une jeune femme surgit de derrière moi et s'approche de mon partenaire. Elle tient dans sa main une tasse qu'elle lui tend

-« Vas-y bois. Ca soulagera ta fièvre. » Lui indique l'inconnue avec douceur.

Malgré la petite piqure de jalousie qui s'installe dans ma poitrine et mon envie farouche de l'éloigner de lui, je reste à ma place et observe cette femme prendre soin de Castle. Celui-ci s'empare du verre et avale, à petites gorgées, le contenu…. Sans un mot, il rend le mug à sa sauveuse qui, après un petit signe de tête, repart en passant devant moi sans même me jeter un regard. A peine a-t-elle quitté ce qui devait être autrefois une chambre, que je me rue au chevet de mon écrivain. Mais à moins de 3 pas de lui il s'exclame

-« T'approches pas… Voudrais pas… que tu tombes malade. »

Il se fiche de moi ! Il pourrait avoir la lèpre que je me précipiterai dans ses bras sans deuxième pensée, tellement il m'a manqué. J'amorce un nouveau pas mais à nouveau il m'interrompt

-« S'il te plait... Ne viens pas plus près. »

Je l'observe en silence perdue dans son regard océan... Contrairement à la dernière fois où je l'ai vu, son regard n'a plus ni la colère ni la haine que j'avais aperçue lorsque nous nous trouvions dans les bois... Me faisant face, se trouvait le Richard Castle que je connaissais et que j'aimais...

N'ayant pas réalisé qu'elle était là, la tension quitte entièrement mon corps. Et même si je n'ai qu'un souhait, celui de le rejoindre, j'accède, à contre cœur, à sa demande

-« Rick ? Que se passe-t-il ? T'es blessé ? Et qui est cette femme ? » Demandais-je, en tournant la tête vers la direction qu'elle avait pris

-« Hé ! Ce n'est rien, j'ai juste dû attraper froid. Et elle, c'était Diya. Elle habite… Ou habitait, je ne sais plus, ici.

-« Pourquoi elle ne te conduit pas à l'hôpital ? »

-« Trop dangereux dehors… Ecoute. »

Au-delà du vent qui s'infiltre par les trous et qui laisse un sifflement dans son sillage, je distingue, effectivement, de nombreux autres bruits… Et ceux-ci ne sont pas du tout faits pour me rassurer… Je me retourne rapidement vers Rick

-« C'est quoi ce bordel ? Pourquoi on vous tire dessus ? Et pas avec n'importe quoi en plus. Ils utilisent des AK-47 et des Kalachnikov. »

La peur de ce qui pourrait se produire ou qui va plutôt fatalement se produire, me fait paniquer

-« Rick, vous devez partir. S'ils vous trouvent, ils… Ils vous tueront. Tu doi… »

-« KB, ils nous tueront aussi si nous tentons de fuir. On est plu… »

Une nouvelle quinte de toux l'empêche d'en dire plus. Une fois celle-ci passée, il est incapable de continuer. Je vois ses yeux voilés par la fièvre commencer à se fermer. La fatigue est en train de le rattraper et dans un sursaut de terreur, je me précipite vers lui en criant

-« Ne t'endors pas… Reste avec moi. S'il te plait, pas maintenant, pas encore… Rick, réveilles-toi… » Je pose, sans même y réfléchir, 2 doigts sur son artère carotidienne et, sous mes doigts, aucun battement. Je l'attrape par les épaules et le secoue véhément « -… S'il te plait ne meurt pas... Reviens. Ne me laisse pas seule ici. Rick… Rickkkk !

Comme un diable sortant de sa boite, je me redresse avec précipitation.

Désorientée, je ne reprends conscience de mon environnement que plusieurs minutes plus tard quand une sensation de fraîcheur se pose sur mon front. Je me focalise sur la forme encore légèrement floutée sur ma gauche. Petit à petit, je finis par reconnaître le visage de ma meilleure amie qui me regarde avec inquiétude et désespoir. Je tourne vers ma droite et distingue Alexis assise à genoux près de moi avec un regard identique à celui de Lanie. Et juste derrière l'adolescente se tient Martha.

Grâce au cadre suspendu au mur derrière la matriarche, je me rends compte alors que je suis assise dans le lit et non plus dans le bureau... Et je n'ai aucune idée de comment j'ai pu y arriver…

Je reporte donc mon attention sur mon amie

-« Lanie, que fais-tu ici ? Demandais-je avant que l'une d'entre elles aient pu ouvrir la bouche.

-« Martha m'a appelé. Tu as de la fièvre. »

-« Quoi !?... Non ! Je ne suis pas malade. Ce n'est pas moi, c'est Rick… Il faut… Il faut l'aider… Je… » M'écriais-je sans penser avant de me stopper en voyant le regard dévasté de Lanie. Et, soudainement, mes mots finissent par s'enregistrer.

Sous son regard, les pleurs d'Alexis et encore sous l'emprise de mon cauchemar, je fonds à mon tour en larmes. Lanie me recueille dans ses bras et je me brise dans son étreinte. Laissant s'écrouler les quelques barrières que j'étais parvenue, avec difficulté, à garder debout pour ne pas craquer et sautant à pieds joints dans cette noirceur effrayante que je savais m'attendait.

-« Il me manque tellement. »

-« Je sais girl. »

-« Je voudrais que ça s'arrête, mais je ne le veux pas non plus… Je crois que je suis en train de perdre la tête. » Reniflais-je en essayant de me reprendre.

-« Tu n'es pas folle, c'est juste ta façon de faire ton deuil. »

-« Je n'appelle pas ça faire son deuil que de s'imaginer, dans toutes sortes de situations, sa mort. »

-« Kate, parfois le cerveau prend des chemins détourné pour nous conduire là où on doit se rendre… Tu dois peut-être cesser de le combattre et au contraire, te laisser guider par lui . »

-« Peut-être… Mais ces rêves et cauchemars, ils ont l'air si réels.»

Le silence qui s'est installé dans la pièce est brisé par Alexis

-« Tu as vu quoi dans ton cauchemar ? Demande-t-elle faiblement.

Je m'extraie des bras de Lanie pour la dévisager. J'hésite à lui répondre. Mais son regard de sollicitude et de détermination me convainc de le faire.

-« Ton père se trouvait dans une chambre où les murs et le plafonds avaient été pulvérisés. Il… Il était allongé sur un matelas. Il avait de la fièvre et une femme lui a donné à boire. Il y avait aussi des tirs autour de nous. Puis il a fermé les yeux. Il ne respirait plus et alors je me suis réveillée. » Finissais-je les larmes s'échappant de nouveaux de mes yeux.

-« Kate, ton cauchemar n'était qu'un simple reflet de ce qu'il s'est passé dans cette chambre. » M'informe mon amie

-« Quoi ? Comment ça ? » M'exclamais-je en redressant la tête et en passant de l'une à l'autre…

Quel rapport avec nous ? Que je sache, il y avait toujours un toit au-dessus de nos têtes et nous n' éti… Je suis sortie de mes pensées par Lanie

-« Je t'ai fait boire un cachet et Alexis visionnait La chute du faucon noir… D'où les coups de feu. »

Je regarde vers Alexis qui a un air penaud sur le visage…OH ! Alors tout ceci n'était que le fruit de mon imagination… Rien n'était vrai… Rick est vraiment mort… Mes larmes se remettent à couler quand mon cerveau fatigué décide, le traître, qu'il est temps de faire face à la triste vérité du décès de Rick… Incapable de le combattre ou alors ne le souhaitant pas vraiment, je laisse l'idée faire son chemin en moi… Dès lors, ma fierté longtemps perdue, sous les yeux des 3 femmes m'entourant, je me pelotonne dans une boule puis m'enterre sous le drap pour pleurer la perte du seul homme dont j'ai été réellement amoureuse et qui, comble de l'horreur, aura cru jusqu'au jour de sa mort que je ne l'aimais pas… Hermétique à tout ce qui se passe autour de moi, je finis par sombrer dans un sommeil sans rêves. Avec, pour dernière pensée, que Rick avait tort, la magie et les miracles n'existent pas…..

2 jours que je suis alitée... Malgré les médicaments que Lanie me force à prendre, mon état ne s'améliore pas. La douleur a maintenant migrée vers les poumons qui me brûlent à chaque inspirations et me font tousser jusqu'à ce que je ne puisse plus attraper ma respiration, me laissant haletante et en douleur. La température ne fait pas non plus mine de baisser, me gardant en sueur et tremblante…

Et, dans un moment de lucidité, j'étais parvenue à entendre la conversation que Lanie et Martha avaient eue à mon sujet. Elles me donnaient encore un jour pour que ma santé s'améliore puis elles me conduiraient à nouveau à l'hôpital…

Je ne m'inquiète pas, je suis trop fatiguée et trop désespérée pour contester leurs souhaits. Bien que si l'on me demandait mon avis, je leurs dirais de sortir et de me laisser en paix… Une fois de plus, je laisse les ténèbres m'emporter loin de la réalité insupportable qu'est devenue ma vie sans Rick à mes côtés….

A mon réveil, la chambre est silencieuse… Ce qui ne s'était pas produit depuis que je ne quittais plus le lit… J'avais eu droit aux visites des gars, de mon père et même de Madison… Dans un de mes instants de clarté, j'avais même pensé qu'ils venaient me dire au revoir parce que j'étais sur le point de mourir…

Je me redresse et fais un tour de la pièce pour être sûre de mon observation… Personne… Je me lève puis me rend dans la salle de bain. Mon affaire faite, je me dresse devant le lavabo et contre ma volonté mon regard se plante dans le miroir. L'image que celui-ci me renvoie est effrayante… Je pourrais sans problème rivaliser avec les zombies du film la nuit des morts-vivants...

-« Wouah Kate! Tu devrais penser à postuler pour le prochain film de zombies. Tu serais parfaite. »

La voix de Rick me fait sursauter. Immédiatement après, je me tourne dans la direction d'où la voix est venue… Et là, appuyé contre le chambranle de la porte, se tient Rick avec sur son visage un sourire éclatant et un regard pétillant de malice… Bien que je puisse aussi distinguer en arrière-plan de l'inquiétude... Une larme solitaire s'écoule de mon œil gauche. Rick s'approche rapidement de moi et, avec douceur, il utilise son pouce droit pour faire partir la fugueuse. Sous son contact, je ferme les yeux et me laisse envahir par la chaleur qui suinte de son corps. Sa main poursuit son chemin jusque sur ma nuque où elle fait une halte. A travers mes paupières closes, d'autres larmes se mettent à rouler. La seconde main de Rick se pose sur ma hanche et s'achemine jusqu'au creux de mes reins avant de remonter le long de ma colonne vertébrale pour terminer son voyage au milieu de mon dos. D'une légère pression de sa main gauche, il fait entrer en contact nos 2 corps… Son odeur, sa chaleur, son souffle dans mon cou sont trop pour moi. Je fonds en larmes et m'accroche comme une désespérée à sa chemise.

-«Ca va aller Kate. Je suis là. Tu n'es… »

Je me recule avec empressement de l'étreinte et dévisage la personne en face de moi… Lanie… NON ! Sans un mot ni un regard, je la bouscule et sort de la salle de bains pour me réfugier dans le bureau de Rick où je sais que personne ne viendra me déranger… C'était devenu un accord tacite entre nous… Quand j'étais dans cette pièce, personne ne pouvait y entrer… Et jusqu'à maintenant, tout le monde l'avait respecté…

Je m'installe sur le canapé faisant face au secrétaire de Rick… De ma place, je peux voir la surface du bureau dans son entier... Rien n'avait été touché… Son serpent de trombone était toujours en équilibre précaire sur sa lampe. Sa tasse *Richard CASTLE* était toujours près de son ordinateur qui lui se trouvait au milieu du plateau… Son ordinateur… Une image éclair d'une clé USB traverse mon esprit. La boite. La clé USB qui se trouve encore dans celle-ci et que je n'ai toujours pas regardé. Je bondis du canapé, me déclenchant un étourdissement dans le processus. Je me rassoie et quand la pièce a cessé de tourner, je me relève mais avec lenteur cette fois. Je traverse la salle puis entre dans la chambre direction le dressing. Je récupère la boite que j'ai cachée sur l'étagère du haut dans mon sac de voyage. Je l'ouvre puis me saisis de la clé avant de tout remettre en place. Sur mon chemin vers le bureau, j'attrape mon PC portable posé sur la commode...

Une fois à l'intérieur, je ferme la porte qui communique entre la chambre et le bureau. A travers les étagères ouvertes, j'aperçois Lanie trifouillant je ne sais quoi dans la cuisine. Je me détourne et vais m'assoir sur le fauteuil de Rick. Prenant quelques secondes pour calmer mes battements et la brulure dans ma poitrine. Quand mes inspirations deviennent moins douloureuses, je fais glisser le siège près de l'écritoire. Je déplace le portable de Rick sur le côté puis pose le mien devant moi. Je l'allume et en attendant qu'il se mette en route, je laisse mon esprit s'évader vers ce que pourrait contenir la clé… Ca pouvait être tout et n'importe quoi. Mais quelque chose me disait que ce qui se trouvait dessus, était en rapport avec moi… Sinon pourquoi aurait-il voulu s'en débarrasser ?... Je suis sortie de mes réflexions lorsque j'entends la petite musique indiquant que l'appareil est prêt à être utilisé. J'entre mon mot de passe puis insère la clé USB dans la fente prévue à cet effet. Lorsque l'appareil l'a reconnu, je clique sur l'icône pour l'ouvrir… Shit ! Un mot de passe... Il me faut un mot de passe pour y entrer… Génial ! Avec son imagination débordante, je vais en avoir pour des heures…

Je commence par les mots de passe évidents… On ne sait jamais… Mais rien... Au bout de 10 mn, je suis presque tenter de balancer mon portable à travers la salle. Bon Dieu ! Il ne pouvait pas faire comme tout le monde et mettre un mot de passe qui soit personnel… J'ai essayé les prénoms et dates de naissances de sa mère et de sa fille, le surnom qu'il donne à Alexis, Derrick Storm, Rook, Nikki, j'ai même essayé avec le mien… Mais nada, nothing, niente… De frustration, je ferme le clapet de l'ordinateur pour ne plus voir l'écran me narguer… Penser comme RicK.. Je devais penser comme lui. Ouais, autant dire mission impossible…

Je devais procéder par étape… Je me dirige vers l'imprimante pour en récupérer une feuille vierge avant de m'emparer d'un stylo. Je note tous les mots que j'ai jusque-là essayés puis inscris ce qui me vienne à l'esprit….. Au bout d'un temps indéfini, je dépose mon stylo et considère la feuille dubitative. Celle-ci est pratiquement pleine. Je laisse sortir un soupir découragé tout en appuyant ma tête dans mes mains… Tous, tous pourraient convenir. Ca va me prendre des heures avant de tomber sur le bon, si bien sûr il se trouve dans la liste. Je m'adosse contre le fauteuil, déjà fatiguée par la tâche à accomplir…

Un frappement sur la porte me fait me redresser

-« Kate, c'est l'heure de prendre tes médicaments et je voudrais aussi t'ausculter. » M'informe Lanie à travers le battant.

Je regarde l'ordinateur, la clé, la feuille puis la porte.

-« J'arrive. » Répondais-je en me levant et en soufflant.

Je pénètre dans la pièce de vie puis rejoint La métisse qui se tient devant le canapé du salon. A sa hauteur, je lui offre un léger sourire qu'elle me rend rapidement. Sur la table basse près des flacons de médicaments se trouve un plateau avec un bol de soupe, que je devine froide car aucune chaleur ne se dégage du récipient, une bouteille d'eau, un verre de jus d'orange et une coupelle de fruits… Je ne suis pas du tout affamée, mais je ne fais aucune remarque. Je m'installe sur le canapé et sans attendre je récupère les cachets, la bouteille et les avale. Je fixe le bol sans réelle envie. Mais parce que je ne veux pas me disputer avec mon amie, je me saisis du bol et de la cuillère puis en prend quelques cuillérées. Le liquide descend difficilement dans ma gorge, à cause de la douleur mais aussi parce que mon estomac ne semble pas apprécier ce que je lui donne. Je réussis à contrôler mon haut le corps assez longtemps pour parvenir à faire baisser le contenu de moitié. Je le repose et m'adosse au dossier du divan, attendant mon amie pour m'examiner. Une fois fait, aucunes des 2 ne bougent. J'ai le regard fixé sur mes mains tandis que Lanie range son matériel.

-« J'ai vu Rick dans la salle de bains. »

-« Ka… »

-« J'ai entendu sa voix. Il se tenait à l'entrée de la pièce et il souriait… Il s'est approché et m'a pris dans ses bras… Je pouvais même sentir son odeur. Je… J'étais sûre que c'était lui. Ca avait l'air si vrai… Qu'est-ce qu'il ne va pas chez moi ? Pourquoi toutes les personnes que j'aime m'abandonnent ?» Terminai-je en pleurs.

L'étreinte farouche de ma meilleure amie et ses larmes qui se joignent aux miennes me font me décomposer.

La légiste est celle qui met un terme à l'embrassade. Elle s'éloigne mais attrape mes mains dans les siennes au passage.

-« Ils ne t'ont pas abandonné sweetie. On te les a enlevés. C'est différent… Et tout va très bien chez toi. Tu as ton père, des amis, une jeune adolescente qui t'adore ainsi que Martha qui t'aime comme une fille... Tu n'es pas seule. »

-« Je sais, mais pourquoi je me sens comme si c'était le cas ? »

-« Tu viens de perdre l'homme de ta vie. La personne qui te connaissait le plus… Tu n'en avais peut-être pas conscience, mais Rick était devenu le centre de ta vie… Tu te rendais au poste avec le sourire parce que tu savais qu'il serait là. Tu acceptais d'aller manger un morceau ou boire une bière avec lui alors même que tu ne tenais presque plus debout. Et cela parce que tu ne voulais pas être séparé de lui... Et c'est doublement douloureux, parce que vous vous êtes séparés fâchés et que vous n'avez jamais été au-delà de votre attraction. Vous n'avez pas eu la possibilité de devenir plus que des partenaires de trav… »

-« Par ma faute… Si j'avais été moins lâche, si j'avais écouté mon cœur au lieu de ma raison, il serait toujours ici. »

-« Ou l'un de vous pourrait avoir été blessé voire tué pendant ces 2 derniers mois… Tu ne peux pas te sentir coupable pour quelque chose que tu ne peux pas contrôler. Personne ne sait de quoi demain sera fait. »

-« C'est drôle parce que… Parce que c'est quelque chose que Rick aurait pu dire.» Lui dis-je avec amertume.

La conversation s'achève sur mes dernières paroles… Moi ressassant mes sombres pensées et mon amie… Eh bien, je n'en ai aucune idée.

-« Je dois retourner à la morgue… Alexis ne devrait pas tarder, tu iras bien jusque-là ? »

-« Je ne … C'est pas la… Oui, ça va aller. Je vais juste aller me reposer. » La rassurais-je ne souhaitant pas aller plus loin dans la discussion. Car je n'étais pas sûre de pouvoir garder mon calme…

Je supportais de moins en moins de les voir marcher sur des œufs autour de moi et de me surveiller comme le lait sur le feu, comme si j'allais me casser… Ou pire, intenter à ma vie…

Après le départ de mon amie, je retourne dans l'antre de Rick où je me replonge dans mes tentatives de passer au-delà du mot de passe de la clé USB….

4 heures plus tard, j'en suis toujours au même point. Sentant la fatigue revenir et n'ayant plus d'idées, j'éteins mon portable et rejoins ma chambre pour un peu de repos.

POV d'Alexis

J'étais rentrée depuis maintenant 2 heures, et Kate n'avait pas quitté une seule fois le bureau de papa. Le Dr Parish m'avait répété ce que la détective lui avait dit sur le fait qu'elle avait vu papa dans la salle de bains. J'étais triste de la voir comme ça et je m'en voulais également…

Je m'en voulais de ne pas avoir vu à quel point elle était aussi malheureuse. De ne pas avoir été là comme elle l'avait été pour moi. D'avoir cru, à tort, qu'elle était assez forte pour s'en sortir par elle-même... J'avais encore des progrès à faire avant de pouvoir la lire et la comprendre aussi bien que mon père en était capable... Et en plus de ma culpabilité envers Beckett, j'avais l'impression d'avoir laisser tomber mon paternel…

Depuis la disparition de papa, Kate naviguait entre la neurasthénie et la quiétude. En quelques minutes, elle pouvait passer du plus profond abattement à la plus grande allégresse. Et c'en était de même en ce qui concernait ce qui était arrivé à papa. Un jour, elle baissait les bras convaincue de sa mort et le jour suivant, elle repassait, pendant des heures, par son dossier qu'elle gardait dans son bureau, persuadée qu'il était toujours en vie. Cet effet de yoyo la rendait de plus en plus vulnérable et détériorait sa santé à vue d'œil… Mais cela, je ne le savais pas il y a encore 2 jours. Et je n'en aurai peut-être jamais rien su si je n'avais pas surpris une conversation entre Kate et son père… Je vivais avec elle et pourtant je n'avais rien détecté.

Ce jour-là, avant de partir, Jim, comme il avait exigé que je l'appelle, était venu me trouver dans ma chambre... J'avais cru être passé inaperçu, mais il m'avait repéré sur les marches de l'escalier… Il avait voulu savoir comment je me sentais. J'avais été honnête. Je lui avais dit que j'étais perdue, triste, en colère et effrayée. Que j'aimais Kate et que j'avais peur de la perdre. Alors, il avait tenté de me rassurer malgré sa propre inquiétude...

« Est-ce qu'elle a réagi pareil quand votre femme est morte ? » Les mots avaient été hors de ma bouche avant même que je le réalise. J'en avais été choqué et je m'en été immédiatement voulu quand j'avais vu la douleur s'installer dans les yeux de Jim. J'avais pensé qu'il ne me répondrait pas, mais après un certain temps, il m'avait appris que sa fille avait réussi à garder la tête hors de l'eau grâce aux livres de mon père. J'avais été étonné mais aussi heureuse que mon père, sans même la connaitre, ait réussi à aider Beckett… Et qui sait, d'autres personnes.

Sachant cela maintenant, je me disais, qu'à moins qu'un nouvel auteur ou quiconque parvienne à attirer son attention loin de lui, je doutais que cette fois-ci, elle y parvienne. J'avais aussi compris que son comportement tourmenté révélait un autre problème lié au départ précipité de mon père. Je ne savais pas de quoi il retournait exactement, mais j'avais très vite deviné que pour qu'il décide de fuir la ville et sa famille, le problème était important. Et Kate devait vivre avec ça.

Descendant du tabouret de bar, je jette un ultime regard vers le bureau fermé puis, mon verre et mon encas en main, je rejoins ma chambre.

POV de Kate

J'avais réellement un Karma de merde. Ou bien j'étais maudite… Ou les 2… Car me revoilà à l'hôpital. Excepté que cette fois mon état était, d'après le médecin qui m'avait ausculté, réellement préoccupant… A travers le brouillard induit par ma fièvre, j'étais parvenue à saisir 2 mots de la discussion… Pneumonie et hospitalisation…..

Voguant entre la conscience et l'inconscience, je ne vois pas les heures passer. Lorsque je suis capable de garder les yeux ouverts plus de 5 mn, mon regard tombe sur Lanie qui se tient près de mon lit la tête plongée dans un livre. Je bouge légèrement la main pour essayer de la toucher. Elle doit avoir vu mon action car elle se tourne vers moi et avec un sourire laisse tomber son bouquin sur le lit

-« Hey Girl. Bon retour parmi nous. »

Je fronce les sourcils dans l'incompréhension

-« Tu as dormi pendant 4 jours. Tu étais déshydratée et la fièvre était impossible à faire tomber. »

-« Qu'est-ce que j'ai ? »

-« On ne sait pas… Au départ, on pensait que tu avais une pneumonie, mais en approfondissant les examens, rien n'a été découvert. Ta respiration est sifflante, et pourtant, tes poumons sont en parfaite santé. Aucun encombrement des bronches, aucun liquide dans eux ni présence de pus… Ton corps n'est pas seulement affaibli par la fièvre, il l'est aussi par ton poids insuffisant. Tu dois reprendre des forces. Tu dois faire attention à toi. »

-« Je pourrais sortir quand ? »

-« Bon Dieu Kate ! Est-ce que tu as écouté ce que je viens de dire ? Tu es malade!»

-« Malade, pas mourante. Je peux très bien me soigner chez moi. »

-« Toi et moi savons que tu n'en feras rien. Que tu continueras à te laisser dépérir. »

Que puis-je dire si ce n'est qu'elle a raison... J'ai beau savoir que je ne suis pas seule, pourtant, même leurs présences constantes n'arrivent pas à combler le vide que Rick a laissé dans ma vie et encore plus dans mon cœur... Pas assez en forme pour combattre Lanie, je laisse tomber l'argument… Pour le moment

-« Bien ! »

Au regard de mon amie, je sais qu'elle a compris que le sujet n'était pas clos. Que je nous donnais juste un peu de répit.

-« Je vais aller chercher le Doc. »

Elle quitte la salle sans attendre de réponses. Je me renfonce dans l'oreiller et fixe le plafond sans réellement le voir, les mémoires de mon dernier rêve encore en tête. A la différence des autres, celui-ci était vraiment heureux… L'effet des médicaments ?

-Mom', tu n'aurais pas vu mon livre sur le code des procédures juridiques ?

-Lex ! Tu es en vacances. Alors profite.

-Mais j'ai un partiel à préparer.

Je me détourne de ma préparation culinaire et dévisage la jeune femme tout en croisant les bras

-Regarde-moi dans les yeux et dis-moi que tu n'as pas déjà révisé toute la nuit dernière.

Son silence est sa seule réponse. Je contourne l'îlot de cuisine et la prend par l'épaule en la serrant contre moi.

J'étais une bosseuse, mais Alexis l'était encore plus et autant j'étais fière d'elle, de son sérieux et de son implication dans les études, autant je détestais qu'elle ne se laisse pas aller en se comportant comme toutes les jeunes femmes de son âge. Je ne dis pas qu'elle se dévergonde, mais qu'elle lâche prise et profite de ce que la jeunesse nous offre.

-Faisons un compromis… Je t'aide à trouver ton livre et te laisse étudier jusqu'au diner si tu appelles Amanda et lui dis que tu acceptes son invitation.

-C'est pas un compromis, c'est du chantage ! S'exclame-t-elle offusquée en s'éloignant de moi.

-Alors ? Demandais-je imperturbable

Elle me jauge à son tour quelques secondes

-Très bien, je vais lui téléphoner. Finit-elle par dire avec un petit sourire avant de se détourner tout en sortant son portable de sa poche.

- Alexis Castle ! Ôte-moi ce sourire de ton visage... Interdiction de rentrer avant 3 heures du matin. L'informais-je.

Sa réaction est immédiate, elle fait volte-face

-Mais…

-Il n'y a pas de mais... L'interrompais-je… Les cours c'est bien, mais tu dois aussi penser à t'amuser… Parce qu'avant que tu ne le saches, tu crouleras sous les responsabilités, et alors, tu regretteras de ne pas avoir profité de ta liberté.

-1 heures.

-2 heures et demi et c'est mon dernier mot jeune fille.

-Ma mère est une tortionnaire. S'écrie-t-elle en s'échappant en courant vers les escaliers.

-Et tu n'as encore rien vu. Hurlais-je amusée.

Après avoir entendu la porte de la chambre claquer, je me dirige à nouveau vers la cuisine.

-Lâche tout de suite cette cuillère.

-Mais !?

-Castle, si tu veux garder ton oreille et ton nez intacts, tu reposes cette cuillère… Maintenant.

-Pumpkin a raison, t'es une tortionnaire. Réplique-t-il d'un ton boudeur… Mais j'aime ça continue-t-il avec cette fois un air coquin sur le visage.

-Du calme Writer boy. Le médecin a dit aucune activité physique pendant 1 semaine.

-Writer man hon'… Et puis, je connais d'autres façons de te donner du plaisir.

-Rick… Le suppliais-je d'arrêter alors que des images pas très catholiques me passaient par la tête… Parce que, oh que oui, il était capable de me rendre folle sans même que cela ne devienne charnel.

-Si tu changes d'avis, tu n'as qu'un mot à dire.

Son souffle dans mon oreille me fait sortir de mes pensées et envoie en même temps des frissons dans tout mon corps.

Il a enroulé ses bras autour de ma taille et je fais de même avec mes bras que je passe autour de son cou où je laisse mes doigts se perdre dans sa chevelure.

-Si tu te comportes jusqu'à ce soir, tu pourrais devenir chanceux. Lui dis-je avant de capturer ses lèvres dans un baiser ardant…

Qui suis-je essayant de berner, je suis incapable de résister à cet homme… Je n'aurai aucun problème à ne vivre que d'amour et d'eau fraîche avec lui pour le reste de ma vie.

Un coup dans mon bas ventre met un terme à notre intermède.

-Je crois que quelqu'un a besoin d'attention. Exprime Rick en se penchant vers mon abdomen. Ne sois pas jaloux babe, je t'aime aussi. Finit-il en embrassant la bosse proéminente sous mon T-shirt.

Il la caresse avec tendr…

-« Vous allez bien ? »

Les mémoires de mon rêve disparaissent au son de la voix féminine près de moi.

Je tourne la tête pour voir l'intruse. C'est une aide-soignante qui me dévisage.

-« Oui, je vais bien merci. »

-« Vous savez, j'ai déjà vu ça 1 fois. »

-« Je vous demande pardon ? »

-« Il y a quelques années, 1 malade a été emmené aux urgences. Il avait tous les symptômes de la peste bubonique… Pourtant, quand ils ont fait tous les examens et prélèvements, ils n'ont rien trouvé. » Elle jette un regard vers la porte puis continue « -C'est l'une de ses réincarnations qui souffrait de la peste… Si vous voulez, je peux vous donner le nom du médecin qui s'était occupé de ce patient. »

-« Merci, mais non merci. » Répliquais-je quelque peu inquiète de son état psychologique… Travaillait-elle-même réellement ici ? Peut-être était-elle une patiente du service psychiatrique... Alors que je baisse les yeux pour essayer de voir son nom, celle-ci se détourne vers la sortie

-« Je vais vous laisser vous reposer. Je reviendrai plus tard pour changer votre poche de perfusion. »

Je fixe la porte fermée de la chambre impuissante à comprendre ce qu'il vient de se passer.

Très vite, la porte s'ouvre à nouveau pour cette fois laisser apparaitre Lanie et le docteur qui s'était occupé de moi la dernière fois. Il s'approche en souriant

-« Bonjour Mlle Beckett. Comment vous sentez-vous ? »

-« Mieux… Qu'est-ce qu'il ne va pas ? »

Il échange un regard avec mon amie avant de répondre

-« Nous n'en avons aucune idée. Quand le Dr Parish vous a conduit ici, vous présentiez tous les symptômes d'une pneumonie sévère. Votre respiration était très difficile et il y avait un sifflement dans les poumons. Vous toussiez aussi très grassement. Pourtant lorsque l'on vous a fait passer une Fibroscopie, la caméra a montré des poumons nullement encombrés et secs. Ils étaient de dimensions et de couleur normaux... Je dois avouer que je suis perplexe. Je suis dans l'impossibilité de dire ce qu'il vous arrive et pourquoi cela vous arrive. Nous avons pu soigner votre fièvre. Par contre, je ne comprends pas comment votre respiration est parvenue à redevenir normale. Pour dire clairement, je suis dans le flou total… Je vais quand même vous garder quelques jours pour être sûr que les symptômes ne reviennent pas ou que vous développiez finalement une pneumonie. Mais aussi pour aider votre corps à reprendre des forces. Vous avez besoin de reprendre du poids si vous ne voulez pas vous effondrer. Je vais demander à une infirmière de vous apporter un plateau. Mais tout d'abord, je vais vous ausculter. »

Après la prise de température, de tension, l'écoute de mon cœur et de mes poumons, le médecin quitte la chambre avec la promesse de revenir en début de soirée… Pendant tout l'examen, les paroles de l'aide-soignante n'ont pas cessé de tourner dans ma tête…

C'est ridicule pas vrai ? La réincarnation n'existe pas… Quand on est mort, on est mort, on ne revient pas sous une autre forme ou dans une autre personne. C'est de la science-fiction… C'est comme les fantômes, ça n'existe pas… N'est-ce pas ?

To be continued…

N'oubliez le petit comm… Ca fait toujours plaisirs.