Bonjour et voici un nouveau chapitre, axé sur le personnage de Rachel, avec un petit retour dans le passé au milieu en italique. Merci à tous ceux qui suivent cette histoire et qui continuent à la lire et à la commenter =)

Pour la personne "Guest" : Merci beaucoup pour ton commentaire, ça fait toujours extrêmement plaisir =)

McFly76 : les réponses arrivent dans ce chapitre, pas forcément comme tu t'y attendais...

seve2904 : ne t'inquiète pas, je n'essaye pas de faire du mélodrame mais le coma de Quinn était un point que je voulais mettre dans cette histoire, un point décisif qui est le commencement vers la chute finale =)

malau-chu : ça ne va pas exactement se passer comme tu l'imagines, il n'y a pas toujours quelqu'un pour sauver une autre, et parfois oui, je te laisse voir ça dans ce chapitre ;) comme toujours tes commentaires sont géniaux, merci de suivre cette histoire, j'espère ne pas te décevoir avec cette suite =)


Pov Rachel

Mon quartier a toujours été assez calme. Sans être ennuyant, il recèle nombre de détails qui à chaque fois ne cesse de m'apaiser. En rentrant en cette fin de journée déclinante, pourtant, rien ne m'invite à sourire en voyant Miss Turing tailler ses rosiers, ni en apercevant Mr Nash bricoler une énième voiture en me gratifiant d'un signe de main amical. Ni en détaillant la forme des nuages qui s'écartent lentement sous mes yeux.

J'ai toujours été une enfant que l'insécurité apeurait. Même aujourd'hui, mes pères aiment à me raconter combien, quand j'étais plus jeune, je voulais toujours vérifier chaque recoin de ma chambre avant de m'endormir. Le loquet de ma fenêtre, le dessous de mon lit, les placards et même les tiroirs. J'aurais bien entendu fait toute la maison si mes pères n'avaient pas calmer mon hardeur.

J'ai eu peur pendant une bonne partie de ma vie.

Et Quinn a été l'une de ses peurs. Puis son remède.

Alors que je franchis le portail de ma maison, un instant je laisse mes yeux remonter le long du grand arbre sur lequel Quinn avait l'habitude de m'attendre.

Comme cette fameuse nuit.


1 an et demi plus tôt...

Je fais le tour de ma chambre.

Je n'arrête pas de tourner en rond.

Cela fait deux jours. Deux jours que c'est arrivé.

Je ferme les yeux en essayant de décrisper mes mains. Mais à chaque fois que cela m'arrive, je revois ce moment. Je la revois « elle ».

Je revois ce qui s'est passé. Et je ressens encore cette brûlure. Qui devrait me paraître douloureuse, mais qui est tout son contraire. Et cela me terrifie. Qu'est ce qu'il me prend ?

Je n'ai pas pu faire ça. Je n'ai pas pu aimer ça comme je l'ai aimé. Et pourtant, si je ne veux pas me mentir, embrasser Quinn Fabray a été jusqu'ici l'une des expériences les plus sensuelles de ma vie. Si ce n'est la seule. Même si cela me tue ne serait-ce que de le penser.

Alors que pour la centième fois, je passe devant la fenêtre, une silhouette apparaît soudainement derrière elle. Je recule effrayée juste avant de la reconnaître.

Et que cette satanée sensation au creux de mon ventre ne se réveille à nouveau, comme enracinée à l'intérieur de moi.

Pour la combattre, je ressers les poings comme pour me persuader qu'il ne s'agit seulement que de colère.

Seulement cela.

Et rien d'autre.

Mais en avançant à nouveau vers la vitre, la seule pensée qui me vient est que Quinn Fabray sait où j'habite.

Je me reprends rapidement en fronçant les sourcils.

Mais quand j'ouvre la fenêtre, ce que je m'attends à trouver ne ressemble pas du tout à ce qui m'apparaît finalement. À la place de l'air sarcastique que j'imaginais, elle est simplement là, sans pouvoir me regarder.

Elle triture son haut et je sens imperceptiblement ma pseudo-colère s'évaporer aussi rapidement qu'elle est arrivée.

Elle est désemparée.

Et plus que cela, elle l'est assez pour venir me voir. Et c'est certainement l'une des choses les plus adorables que j'ai vu jusque ici.

Quinn Fabray, l'inaccessible Quinn Fabray, est devant ma fenêtre. Et rien que d'imaginer que l'état dans lequel je la vois peut venir de moi, laisse s'insérer en moi une tension que je ne cesserai jamais plus de ressentir en la voyant apparaître.

Et au lieu de la tirade que je m'apprêtais à sortir, je lui tends simplement la main. Elle hésite un long moment avant de la prendre et de pénétrer à l'intérieur de ma chambre.

Et soudain je ne suis plus celle que j'ai appris à devenir. Je redeviens la fille que j'étais à notre première rencontre. Et ces sensations que j'avais appris à canaliser en la voyant ressurgissent immédiatement. Je sens mon cœur s'emballer. Mes mains trembler légèrement. Comme une adolescente intimidée, je la regarde en prenant conscience du fait qu'elle est dans ma chambre. Qu'elle est venue pour une raison que l'on connaît toutes les deux.

Qu'elle est là pour moi.

Et cette pensée me donne un long frisson qui je l'espère n'est pas aussi visible qu'il est dévorant.

Comme il m'est impossible de lui dire que j'ai pensé chaque instant à ce baiser, je fais un pas vers elle, espérant silencieusement quelque chose d'imprononçable.

Elle me regarde étrangement, comprenant peut-être que je ne l'ai pas fait rentrer pour l'envoyer balader comme c'était censé être le cas au début.

Mais qu'au contraire, elle peut bien faire ce qu'elle veut de moi.

Elle fait un pas, puis, lentement, s'approche encore.

Et je comprends que ce qui planait entre nous depuis notre première rencontre n'attendait qu'une chose : enfin pouvoir s'exprimer.

Elle est maintenant si prêt. Assez pour que je sente mon cœur tressauter dans ma poitrine comme un forcené. Elle finit par lever l'une de ses mains avant de glisser lentement ses doigts vers ma nuque. Et cette fois-ci je suis certaine qu'elle a, elle aussi, senti le frisson qui me traverse. Je devrais avoir honte. Ce serait la chose adéquate. Mais l'émotion est trop forte pour que j'y fasse seulement attention.

En approchant ses lèvres, elle finit par m'embrasser.

Et pour la première fois depuis longtemps, je ressens à nouveau quelque chose.

Quelque chose d'instable et d'incroyablement puissant.

Quand sa bouche quitte la mienne, je sais que quelque chose a irrémédiablement changé.

Même si je ne me l'avoue pas.

Je le sens.

Un élément qui saisit ce qu'il y a de plus profond en moi.

Pendant un instant nous nous regardons simplement. Toutes les deux empruntes d'une vulnérabilité sous-jacente. Juste avant que, à mon tour, je ne me rapproche d'elle, envahie d'une envie plus pressante et plus irrésistible encore. J'appuie mes deux mains sur son ventre qui se tend sensiblement à mon contact alors que je l'embrasse d'une façon impétueuse, emplie d'un besoin nouveau.

Je sens sa langue se presser contre mes lèvres que j'ouvre immédiatement.

Elle plonge ses doigts dans mes cheveux avant de me pousser en arrière. Jusqu'à ce je sente son bassin se coller au mien alors que je heurte le mur derrière moi.

Il est étrange de voir que mon corps réagit au sien, comme si il n'attendait que ça.

Mes deux mains finissent par entourer le visage de Quinn pour la pousser encore un peu plus à approfondir notre baiser alors que je sens la sienne remonter sous mon haut, caressant mon ventre d'une façon sensuelle qui ne fait qu'accentuer la pression de mon bassin contre le sien.

Et doucement, je sens l'une de ses jambes s'insérer entre les miennes, et remonter légèrement alors qu'un gémissement s'échappe de ma bouche et qu'elle laisse la sienne embrasser le haut de ma gorge.

Puis elle me pousse vers mon lit pour que je m'y allonge, en faisant attention à ce que je ne me fasse pas mal. Ce détail presque invisible étreint quelque chose au delà du physique. Quelque chose qui rend ce moment un peu plus intense qu'il ne l'est déjà.

Elle enlève son t-shirt. Et ce que j'ai toujours su inconsciemment m'apparaît.

Quinn est magnifique.

Le grain de sa peau. La beauté de son corps.

Tout paraît incendiaire avec elle.

Puis elle s'allonge sur moi, sa bouche à hauteur de mon ventre, qu'elle embrasse en levant mon haut de plus en plus jusqu'à me l'enlever complètement.

Après cela, ma tête retombe légèrement sur le lit.

Et nous nous regardons.

Je trouve ce moment parfait.

Loin de tout.

Et j'ai l'impression de ne plus être moi.

Ou plutôt de l'être enfin complètement.


Je ne peux m'empêcher de rougir en repensant à ce moment. Avant de franchir la porte, je lève une dernière fois mes yeux vers la luminosité déclinante du ciel.

En arrivant à l'intérieur de chez moi, je constate que mes pères ne sont pas encore rentrés. Dans un vieux geste habituel, je caresse une photo de famille en traversant le couloir. Les escaliers en bois craquent alors que je les monte rapidement, essayant d'éviter les endroits les plus sensibles, en vain. Alors que je rentre dans ma chambre, je stoppe immédiatement.

Une haute stature m'y attend devant ma fenêtre, cachant en partie la luminosité qu'elle apporte encore. Il ne bouge pas quand il m'entend arriver et reste simplement à regarder au dehors. Je baisse la tête. Je sais ce que je dois faire. Je le sais depuis déjà trop longtemps. Il est maintenant temps pour moi d'affronter certaines choses. Aussi désagréables soient-elles.

- Finn...

Mais il ne retourne toujours pas. Je finis par avancer vers lui avec prudence. Je sens que quelque chose cloche et peut-être au fond sait-il de quoi je dois lui parler, peut-être le sent-il depuis cette fameuse soirée.

- Je dois te parler de quelque chose.

À seulement quelques pas de lui, je prends une légère inspiration en essayant de trouver les mots. Adéquats sans être trop maladroits.

- J'ai été distante. Je le sais.

Il bouge légèrement sans véritablement faire un mouvement.

- Je ne veux pas te faire de mal. Je ne sais pas si tu sais déjà de quoi je veux te parler, mais...

Un nouveau silence.

- J'ai été égoïste. Je ne dis pas être différente aujourd'hui, mais je ne veux plus te mentir.

Alors que je vais continuer, il se retourne enfin. Ses deux yeux me regardent de façon étrange. Comme si il n'était qu'à moitié conscient. Puis, sa bouche se crispe dans un rictus et je ne comprends pas immédiatement ce qu'il lui arrive. Idiotement, je reste planter là quand il s'avance dangereusement vers moi.

Puis l'une de ses mains agrippe fermement ma gorge en me soulevant du sol.

- Tu es désolée...murmure-t-il pour lui-même.

J'étouffe complètement. Je cherche mon air et essaye d'ouvrir la bouche sans que rien ne se passe. Surpassant même la douleur qui pourtant menace de briser ma nuque. Il rapproche mon visage du sien, me détaille alors que je commence à voir trouble. Puis la colère revient comme une vague qui se serait simplement éloignée du rivage. Il me balance à travers la pièce comme si je n'avais rien pesé. Mon dos s'écrase contre l'un des murs avant que je n'atterrisse violemment sur le sol.

La bouche contre le sol l'air passe à nouveau même si c'est de façon affreuse et douloureuse. Je sens chacun de ses pas se rapprocher de moi. Et je pourrais abandonner. Je pourrais rester sur le sol. Mais rapidement, je me relève sur un genoux et laisse le feu se déverser à travers mes deux mains avant que je ne la modèle instinctivement comme si j'avais toujours fait ça. Puis je tends l'une de mes mains de laquelle s'échappe une orbe enflammée qui l'atteint assez rapidement pour ne pas qu'il n'arrive jusqu'à moi.

Finn a peut-être une force surhumaine. Mais il n'est ni insensible à la douleur ni invulnérable.

Touché au flanc, un cri lui échappe alors qu'il arrache comme il peut sa chemise que la flamme que j'intensifie à distance commence déjà à dévorer.

Ma respiration est sifflante et j'essaye de ne pas m'évanouir malgré ma tête qui menace d'exploser d'une minute à l'autre.

Quand il comprend qu'il n'éteindra pas la flamme, sa rage est redoublée. Avec un hurlement il se jette vers moi et même si je recule le mur derrière moi m'empêche de le faire comme je le veux. Si bien qu'une de ses mains me touche et m'envoie contre l'une des commodes qui sous la violence de l'impact se fend légèrement. J'essaye de me raccrocher à elle, tendant ma main à nouveau devant moi alors que ma vision devient complètement trouble.

Je ne lâcherai rien. Si je dois mourir ici, je le ferai sans abandonner. Je l'ai fait toute ma vie, il est maintenant temps que cela change.

Je sens un liquide visqueux couler le long de ma paupière gauche mais je n'y fais pas attention.

Les jambes tremblantes, les mains qui le sont toutes autant, je puise dans mes maigres réserves et me relève, le regard empli de flamme qui n'ont qu'une hâte : pouvoir s'exprimer.

Il a un sourire qui ne lui ressemble pas quand il arrive vers moi. L'une de mes mains est complètement en feu comme la moitié de mon corps alors que je m'apprête à nouveau à attaquer. Mais soudain, je sens se glisser dans mon autre main des doigts étrangers. Avant que j'ai pu me poser la moindre question, je vois simplement Finn s'arrêter en chemin, le regard alternant entre colère et perplexité.

Je m'attends à ce qu'il m'attaque à nouveau. Mais il ne fait que tourner la tête de gauche à droite.

Puis je comprends.

Je suis invisible.