Salut!
Encore une fois, merci à ceux qui ont posté des commentaires et à ceux qui continuent de lire mes écrits.
Et après une longue, trèèèèsssss longue attente… Indépendante de ma volonté :(… Voici enfin la suite de mon histoire.
J'espère qu'elle vous plaira
N'oubliez le bouton qui se trouve juste en bas…. Ca met du baume au cœur de savoir que l'on écrit pas pour rien :)
Chapitre 10 A case or not.
POV du Dr McGinn
A cette heure matinale, la circulation, lorsque l'on traverse New-York de Nord en Sud, est une vraie chienne. Un trajet de 25 min pouvait prendre ¾ heures voire 1 heure… Avec de la chance…
A côté de moi, Price s'est replongé dans le dossier de Mlle Beckett. Je profite d'un arrêt à un feu rouge pour me tourner vers lui.
-« T'en penses quoi ? »
-« Ce n'est pas moi le docteur. Tout ce que je peux dire, et ce n'est que mon avis, c'est qu'elle ne m'a pas l'air d'une mythomane ni de quelqu'un qui recherche l'attention… Je dirais même qu'elle la fuie. » Me répond-t-il sans relever les yeux des papiers.
Il semblerait bien que mon commentaire de plus tôt sur la possible mythomanie du Lieutenant n'ait pas encore été digéré. Mais je suis d'accord avec lui. Malgré la publicité qu'être la muse d'un grand écrivain pouvait lui apporter, elle n'en avait jamais profité. Contrairement à beaucoup d'autres personnes qui n'auraient pas hésité une seconde à s'en servir pour faire avancer leurs carrières.
Je ne prends même pas la peine de répondre, je le laisse juste à sa lecture…..
Peu de temps après, du coin de l'œil, je le vois sortir son portable, composer un numéro puis porter l'appareil à son oreille
-« Qui appelles-tu ? » Lui demandais-je sans quitter la route des yeux.
-« Un de mes amis au NYPD. Je veux en savoir plus sur ce Lieutenant. »
Avant que je ne puisse parler, je l'entends s'exclamer
-« Eh Vince ! Comment tu vas ?... Je suis en pleine forme merci… Tu pourrais me rendre un petit service ? J'aimerai avoir quelques informations sur 1 Lieutenant du 12th… Son nom est Katherine Beckett… QUOI !? T'es sérieux ?... Non, je n'ai jamais entendu parler d'elle… Tu pourrais m'envoyer par e-mail ce que tu trouves ?... Non, elle n'a pas de problème. J'aide juste une de ses connaissance qui s'inquiète après ce qui est arrivé à son équipier… Ouais, aucun problème… Te remercie Vince. On reste en contact. »
Il raccroche et tourne sa tête vers la fenêtre passagère sans un mot.
-« Tu vas me dire ce qu'il t'a dit ou je dois deviner ? Ou peut-être que tu ne veux pas partager ? »
-« Il ne m'a rien appris d'important. Juste que je dois être le seul flic à ne pas savoir qui est cette femme. »
-« Tu as quitté la police dep… »
-« JE n'ai PAS quitté la police. On M'A éjecté. C'est différent. »
Ils ne l'auraient pas fait si tu ne t'étais pas tourné vers l'alcool et rendu au poste complètement ivre… Et s'ils avaient été de véritables amis. Pensais-je en le regardant. Il y avait des tords des 2 côtés. Mais encore aujourd'hui, pour Price, c'était encore et toujours la faute des autres s'il n'avait plus de boulot. Et s'il continuait sur cette voie, il ne le récupèrerait jamais… Mais qui étais-je pour le juger. Je n'avais jamais perdu de mari.
Laissant tomber ce sujet sensible, je réfléchis plutôt à ce que nous devrons faire dès notre arrivée.
Tout d'abord, rencontrer le médecin et lui parler en espérant le convaincre de partager le dossier de sa patiente. Ensuite, entrer en contact avec la dite patiente et la persuader de me laisser l'aider à comprendre ce qui lui arrive ou du moins essayer. Lui faire pass…
-« On pourrait s'arrêter pour déjeuner ? Je commence à avoir faim. »
La voix de Price me ramène dans l'habitacle. Je jette un œil sur l'horloge digitale sur le compteur… 10h47… Je tourne la tête vers mon passager et suis sur le point de lui dire que nous sommes sur le chemin pour une affaire mais, en plongeant dans son regard rougis, je devine qu'il ne doit pas avoir pris autre chose que du whiskey depuis ce matin.
-« Tu peux patienter encore 10 mn ? I restaurant agréable pas loin de notre destination qui fait de très bons hamburgers. » Lui demandais-je à la place.
-« ouais. »
14 mn plus tard, nous franchissons la porte de chez Remy's et nous installons à la table la plus éloignée. Après avoir passé commande, je compulse une nouvelle fois le dossier tout en prenant des notes pendant que Whatley sort un ordinateur portable pour vérifier ses e-mails.
Un WOUAH ! Me fais relever la tête vers mon partenaire qui sans parler tourne l'appareil vers moi pour que je lise ce qu'il a reçu.
Et effectivement, lorsque je finis ma lecture, 1 Wouah est également sur le bout de ma langue.
Malheureusement, ce n'est pas un Wouah joyeux… Comment cela pourrait l'être quand on voit tout ce qui était survenu dans sa vie... Sa mère qui se fait poignarder dans 1 allée, L'affaire qui finit non classée. Qui retrouve son meurtrier plus de 10 ans plus tard mais qui lui tire dessus, le tuant, pour sauver la vie de son partenaire. Puis qui avait été prise pour cible par un sniper… Bons nombres de personnes auraient sombré pour moins que ça. Mais elle, elle était toujours debout… Elle avait un dossier sans tâche. Etait devenue la plus jeune Lieutenant. Avait le plus haut taux de résolution du NYPD. Et était respectée par ses pairs... Comment elle n'était pas devenue un flic sans cœur et contrôlée par la vengeance était un grand mystère…
Pas étonnant que Richard Castle l'ait décrite comme extraordinaire.
En observant Price, je remarque que lui aussi a été surpris par ces découvertes.
Nous passons le reste du repas à parler et mettre par écrit ce qui nous parait important et susceptible de nous aider à mieux la cerner et mieux la secourir.
Après un café, nous quittons le restaurant puis reprenons la route pour rencontrer Kate Beckett.
POV de Jim
Quand Lanie m'avait appelé pour me dire que ma Katie s'était enfin réveillée, mon cœur avait bondit dans ma poitrine. Pas seulement parce que cela avait signifié qu'elle allait mieux, mais parce que la seconde avant que le téléphone ne retentisse, j'avais été sur le point de détruire les dernières années de sobriété durement acquises. J'avais tenu le coup jusque-là, mais voir ma fille se perdre chaque jour un peu plus dans son affliction sans pouvoir la réconforter m'était finalement devenu insupportable. Je me sentais tellement inutile et démuni face à sa douleur... Je ne la comprenais pas… Certes, j'avais déjà traversé le deuil avec la mort de ma femme et sa perte avait été destructrice, mais sa disparition m'avait au moins laissé avec 2 magnifiques cadeaux... Notre vie ensemble et notre merveilleuse fille... Tandis que ma Katie, elle, n'avait eu droit qu'à un aperçu de ce qu'elle pourrait avoir eu. Leur histoire se terminant tragiquement avant même d'avoir commencée... Alors j'avais choisi la solution de facilité et m'étais tourné vers ma vieille amie la bouteille… Oui je sais, je suis un lâche. Je ne suis pas et n'ai jamais été le fort dans la famille… Je réalisais aussi, qu'en se réveillant aujourd'hui de tous les autres jours, elle venait, pour la 2ième fois en 13 ans, de me sauver la vie. J'avais ramassé le verre ainsi que la bouteille et je les avais vidés sans remords dans l'évier avant de me précipiter au chevet de ma fille. Une partie de moi était tentée de lui révéler ce que j'avais eu dans l'idée de faire, mais l'autre ne le voulait pas. De peur de voir la déception et le dégout dans ses yeux...
En franchissant les portes de l'hôpital, ma décision n'est toujours pas prise... Dans l'ascenseur, après moult réflexions, je décide somme toute de laisser le destin travailler. Si elle me demandait comment j'allais, je lui dirai la vérité. Dans le cas contraire, j'attendrai qu'elle soit en meilleure forme pour aborder le sujet… Et après ma visite, j'allais devoir appeler mon parrain pour une réunion d'urgence…..
Devant la porte de la chambre, je prends quelques minutes pour me préparer à la discussion qui va certainement avoir lieu. Je ferme les yeux et inspire profondément puis expire lentement. Enfin prêt, je frappe et ouvre la porte sans attendre.
Je la vois taper sur son ordinateur puis le repousser loin du lit tout en me donnant 1 petit sourire que je ne parviens pas totalement à identifier. Le mettant de côté, je m'avance puis me penche pour déposer un baiser sur le haut de sa tête.
-« A ce que je vois, Aurore s'est enfin réveillée. » La saluais-je en souriant et m'installant sur la chaise près de son lit.
-«Je ne vois pas de prince charmant ici papa. » Répond-t-elle bassement en tournant sa tête vers l'autre chaise qui est évidemment vide.
Moi qui avais voulu égayer l'humeur, je venais de faire un gros bide.
Elle n'a pas quitté la chaise des yeux, mais je peux dire qu'elle ne l'a voit pas vraiment. Je ne sais pas où elle est, mais elle n'est plus dans cette pièce. Une larme qui roule sur sa joue me dit qu'elle est quelque part avec Rick à l'esprit et vu les poings serrés posés sur ses cuisses, ce n'est pas quelque chose de gai qu'elle a en tête.
Je me penche en avant et pose doucement, ne voulant pas l'effrayer, ma main sur son genou. Sa réaction est immédiate. Son corps se raidi avant de se détendre quand son regard tombe sur moi. Dans une micro seconde, je me rends compte qu'elle avait totalement oublié ma présence.
Comme si de rien n'était, je retire ma main et lui souris tendrement.
-« Désolée... » Commence-t-elle.
Mais je l'interromps rapidement.
-« Katie, tu… »
-« Je suis désolée de te donner autant de soucis. » Me coupe-t-elle à son tour.
-« Tu es ma fille. C'est mon rôle de m'inquiéter. »
Elle se mure alors dans le silence….
Après quelques minutes, ne supportant plus de voir ma petite fille aussi apathique et préférant la voir furieuse, je lâche
-« J'ai acheté une bouteille de vodka et m'en suis servi un verre. »
J'omets volontairement de dire que je ne l'ai pas bu.
Et la réaction de colère voire de fureur que j'attendais ne viens jamais. Elle a levé son regard vers moi et il est seulement empli de tristesse et de déception. Mais je constate très vite que ces émotions ne me sont pas destinées lorsqu'elle se met à pleurer
-« Je suis désolée papa. Pardonne-moi s'il te plait. Pardonne-moi. »
POV de Kate
J'ai juste le temps de finir ma phrase, que je sens le matelas près de moi s'affaisser puis les bras de mon père qui viennent m'enserrer dans une embrassade farouche. Je m'accroche à lui avec force et désespoir… A cet instant-là, à cette seconde exacte, dans ses bras accueillant, je redeviens la petite fille qui allait se réfugier, au moindre problème, dans l'étreinte protectrice de son père. Son héros, l'homme le plus fort au monde et celui qui la protègerait toujours du mal… Mais aussi vite qu'elle est apparue, la petite fille sûre disparait pour laisser de nouveau sa place à la femme détruite.
La voix de mon père me parvient mais les mots ne s'enregistrent pas du tout. Et je me sens horrible parce que je le sais inquiet pour moi. Mais bizarrement, je n'arrive pas à vraiment m'en vouloir. Et pas pour la 1ière fois depuis ces 2 derniers mois, je me demandais si à la mort de ma mère, mon père avait ressenti cette sorte de détachement du reste du monde. S'enfermant dans la douleur en oubliant tout ce qui n'était pas sa femme… Se réfugiant alors dans l'alcool pour y faire face tandis que je m'étais enfermée dans mes rêves et cauchemars...
13 ans plus tard, je comprenais un peu mieux sa réaction. Certes Castle et moi n'étions pas mariés ni même un couple, mais je venais de perdre la personne la plus importante de ma vie. Et même si j'avais Alexis, la propre chair de l'homme que j'aimais, ainsi que mes amis et mon père m'entourant de leur amour. Aucuns d'eux n'étaient Rick. J'avais besoin de lui dans tous les aspects de ma vie. Il était l'autre partie de moi-même. Celle qui faisait de moi un être complet. Et sans elle, je n'étais plus rien. Bien sûr je pourrais vivre encore plusieurs années, mais ce ne serait pas vraiment vivre. Parce que, comment vit-on quand une partie de vous vous a été enlevé et que le trou qui y a maintenant prit résidence ne peut être comblé ?
J'avais toujours envié la relation que mes parents avaient eue. Ils avaient été un couple complémentaires et en harmonie, faisant toujours passer le bonheur de l'autre avant le sien… Oh bien sûr il y avait aussi eue des clashs, et de très grands parfois, mais jamais leur amour n'avait faillis. Ils avaient surmontés tous les obstacles mis sur leurs chemins en avançant main dans la main, rendant leur amour encore plus fort... En grandissant, j'avais espéré qu'à mon tour, un jour, je rencontrerai un homme qui m'aimerait sans condition et pour qui je serais une égale, une alliée. Et j'avais eu la chance de le rencontrer en la personne de Rick… Mais par peur et lâcheté, je l'avais repoussé jusqu'à le faire fuir. Et il était parti en pensant qu'il n'avait été rien d'autre qu'une épine dans mon pied alors qu'il me voulait dire le monde… Alors, toute la colère, la déception et la rancœur que j'avais eue envers mon géniteur durant toutes ces années s'étaient évaporées.
Certains pourraient dire que ce désastre aura au moins eu le mérite de me faire ouvrir les yeux sur beaucoup de choses... Extraordinaire, tu parles !
Je suis extraite de mes pensées horrifiques et des bras de mon paternel par l'ouverture de la porte. Lanie est dans l'embrasure et me sourit. Je le lui rends et elle prend ça pour une autorisation de progresser plus loin dans la chambre. Tout en l'attendant pour rejoindre le fauteuil vide, je remarque l'aide-soignante de plus tôt qui travaille sur mon IV. J'aperçois également un plateau posé sur la table près de mon ordi… Quel flic je suis. Je n'ai rien entendu...
Après le départ de la femme, je me tourne vers mon amie
-« Salut. »
-« Hé. Comment tu vas depuis ce matin ? »
-« Bien merci.
-« Aucunes douleurs ou gênes ? »
-« Non, rien du tout. »
-« Super... Tu devrais manger un peu. » Me dit-elle en avisant le plateau toujours intact sur sa droite.
-« Je… » En jetant une œillade vers les 2 personnes présentes et en voyant leurs regards désireux, je me saisis de la compote et de la cuillère puis sous leurs attentions, je me force à l'avaler. Alors que je repose le pot vide, Lanie attrape le paquet de madeleines et me le tend. Avec un serrement des mâchoires, j'ouvre l'emballage et englouti les 2 gâteaux. En me débarrassant du sachet, je défie du regard mon amie de me forcer à ingérer autre chose. Ce qu'elle ne fait pas…
Pendant notre discussion, ou devrais-je plutôt dire pendant la conversation entre mon père et ma meilleure amie, la porte s'ouvre une nouvelle fois pour, cette fois, laisser apparaître les gars.
Tout comme avec mon père et Lanie, je leurs offre un sourire forcé en les accueillant.
-« Salut les gars. Quoi de neuf ? »
-« Com d'hab ! Boulot, boulot, boulot. » Répond Esposito sérieux comme un pape.
Mais le tic au coin de ses lèvres laissant deviner un minuscule sourire le trahi.
-« Je ne te vois pas beaucoup bosser là. » S'exclame Lanie avec dédain.
A ma plus grande surprise je dois le reconnaitre.
Esposito se tourne vers son ex petite amie en lui lançant un regard noir.
-« Nous sommes en attente de résultats qui, d'après les techniciens, vont prendre un certain temps. Donc, nous avons décidé de ne pas attendre la fin de la journée pour venir voir comment tu allais. » S'interpose Kévin en venant s'installer au pied de mon lit.
L'intervention de l'irlandais casse le combat de regard entre les 2 autres. Après un dernier coup d'œil désapprobateur pour Lanie, Javier vient se poster à côté de mon père puis me gratifie d'un sourire.
-« Comment vas-tu Becks ? Est-ce que les toubibs ont enfin posé un diagnostic ? »
-« Non. Je suis toujours un cas plein de mystère. »
Ma remarque à peine terminée, que la pensée de Rick envahit mon esprit. Il aurait adoré étudier mon cas... Il aurait lâché des théories totalement irréalistes sur les enlèvements et expériences faites sur les humains par les E.T, sur l'espionnage par la CIA ou le KGB… Et Dieu sait quoi d'autres… Mais cette fois, il l'aurait fait pour mon bien, pour me détourner de ce qui m'arrivait vraiment, pour me faire sourire… Oui, mais s'il avait été là, je ne serais pas dans cet état. Je serais au travail avec lui par mon côté.
Enterrant du mieux que je le peux mon chagrin, je me reconcentre sur les 4 personnes qui m'entourent. Mais en croisant les yeux de mes 2 collègues et de Lanie, j'y trouve la même expression de tristesse. Sans surprise, eux aussi avaient immédiatement pensé à Castle… Seigneur ! Avait-il une idée de l'impact qu'il avait eu sur moi mais aussi sur le reste du groupe ? Savait-il à quel point les garçons et Lanie l'appréciaient ? Avait-il réalisé qu'il était une partie intégrante de notre famille ? Avait-il compr...
-«% µ £ $ # ¥ β͌͌͌͌ϫᴪ % !°+α ʢ» Retentie subitement la voix de mon père.
Nous quatre sommes arrachés de nos pensées mélancoliques par son exclamation. Et dans un même ensemble, nous nous tournons vers lui.
-« Quoi !? » L'interrogeais-je.
Parce que, bien que j'ai entendu sa voix, personnellement, je n'ai absolument aucune idée de ce qu'il a dit.
-« Vous êtes sûrs qu'il n'y a personne qui puisse nous dire ce qu'a Katie ? » Répète-t-il en nous fixant tour à tour.
Cette fois, nos regards se dirigent vers ma meilleure amie. La seule de nous tous à pouvoir répondre à cette question. Parce qu'elle est celle qui, dans cette pièce, a fait des études de médecine.
-« EH ! Ne me regardez pas comme ça. J'ai étudié tous les examens et tests que Mark a pratiqué. Et croyez-moi sur parole, il y en avait un grand nombre… Dont certains auxquels je n'aurais pas pensé moi-même… Et tout ça pour rien. Parce qu'il n'y avait rien à voir… Je ne sais pas ce que tu as Kate. Je suis désolée de le dire, mais c'est au-delà de nos compétences. Nous ét…» Nous explique-t-elle tout en me dévisageant, une expression d'excuse sur le visage.
-« Alors quoi ? Vous allez la laisser comme ça ? » S'écrie Javier avant que je ne puisse l'assurer que ce n'est aucunement sa faute.
-« Tu crois vraiment que c'est ce que je pourrais faire ?... Si c'est ce que tu penses, alors c'est que tu ne me connais pas. » Lui rétorque-t-elle en bondissant de la chaise, le venin clairement présent dans son ton.
-« Lanie… » L'appelais-je doucement. Ne comprenant pas cette froideur entre Esposito et elle.
-« Javier… » S'exclame Ryan en même temps que moi.
Cela a pour effet de les faire rompre leur bataille de regards furieux.
Elle se réinstalle dans le siège, attrape ma main qui est posée sur le matelas puis s'adresse à moi comme si elle n'avait pas été interrompue quelques minutes plus tôt
-« Nous étions à bout d'idées et de réponse. Alors avec Mark, nous avons contacté d'autres confrères un peu partout dans le pays et leurs avons envoyé une copie de ton dossier. Ils ont accepté d'y jeter un coup d'œil. Et qui sait, peut-être que l'un d'entre eux a déjà eu affaire à un même cas ou un assez proche pour nous permettre d'avancer. Tout ce que l'on peut faire pour l'instant, c'est nous assurer que ton état n'empire pas de nouveau. C'est une autre des raisons de pourquoi Mark veut te garder à l'hôpital. Pour pouvoir agir au cas où quelque chose se lèverait. Tu n'es cer… »
La sonnerie de son téléphone l'interrompt dans son explication. Elle s'en saisie rapidement
-« Quand on parle du loup. » Dit-elle en me montrant son écran qui affiche *Mark*
Elle accepte l'appel tout en s'éloignant de quelques pas
-« Du nouveau ?... Qui est-ce ?.… C'est une QUOI !?... Sûr que je vais lui parler… Ok j'arrive. »
Elle raccroche rapidement et tout en se dirigeant vers la porte s'écrie
-« Je reviens au plus vite. »
Et avant que l'un de nous ne comprenne ce qu'il vient de se passer, la porte de la chambre se referme sur elle.
POV du Dr McGinn
-« Bonjour, je suis le Dr McGinn, pourriez-vous me dire où je peux trouver le bureau du Dr Rizla s'il vous plait ? »
Je mets un peu plus d'emphase sur le *Dr* en espérant que mon titre empêchera à la femme assise derrière la station des infirmières de poser trop de questions.
Celle-ci relève à peine la tête de son écran lorsqu'elle me répond
-« Prenez le couloir de gauche et c'est la 3ième porte à droite. »
Je la remercie avant de m'éloigner suivis par mon partenaire. Me demandant tout de même s'il ne faudrait pas s'inquiéter de la facilité avec laquelle on peut entrer en contact avec les médecins et les patients…Puis subitement, la voix de l'hôtesse d'accueil me revient en mémoire. Et je la reconnais. C'est celle de la femme qui m'a contacté. Je fais volte-face vers le comptoir et je ne suis pas surprise de découvrir qu'elle me regarde et lorsque nos regards se croisent, elle m'offre un petit hochement de tête avec un sourire. Je lui rends son geste puis reprends ma route sous les yeux interrogatifs de mon collègue
-« C'est elle qui m'a appelé. » L'informais-je simplement sans lui tourner la tête...
Arrivés devant la porte en question, je fais face à Price
-« S'il te plait, laisse-moi parler. Et par pitié, garde tes réflexions pour toi. »
-« Si ma présence te déranges tant que ça, je peux aller t'attendre dans la voiture comme un bon toutou. » Répond-t-il vexé.
-« Ne joues pas l'offusqué avec moi. Que tu fasses tes réflexions devant des civils passent encore, mais devant des médecins non merci. Ça ne va déjà pas être facile de le convaincre, alors si en plus il voit que l'on n'est pas d'accord, ça pourrait être mission impossible. Les médecins refusent de croire en 2 choses : les miracles et le surnaturel. A leurs yeux, tout problème médical à une réponse médicale. Alors si tu ne penses pas pouvoir rester tranquille, tu peux effectivement m'attendre à l'extérieur…. Ta décision ? Lui demandais-je les bras croisés et les sourcils levés.
-« Je viens… Et je ne dirais pas un seul mot. » M'informe-t-il avant de me dépasser et de cogner contre la porte.
Un « Entrez » sonore retentie de l'autre côté du battant. Sans attendre, Price tourne la poignée de la porte, pousse celle-ci puis nous entrons à la rencontre de l'homme qui s'assoit toujours derrière son bureau, la tête penchée sur un dossier posé devant lui.
Au son de nos pas, il redresse la tête avant de se lever de son fauteuil et faire le tour de son bureau pour nous rejoindre.
-« Bonjour, en quoi puis-je vous aider ? »
-« Bonjour Dr Rizla, je suis le Dr McGinn du Centre pour la santé comportementale Talmadge et voici mon partenaire Price Whatley. » Nous présentais-je en lui tendant la main.
Une fois les introductions effectuées, je lui explique la raison de notre venue. Et pendant les ¾ heures suivantes, faites de questions-réponses, d'appels téléphoniques, de lecture de dossiers et d'articles des 2 côtés, le Dr Rizla se saisie de son portable posé sur son bureau puis se lève
-« Pourriez-vous me donner 5 minutes ? Je dois contacter une consœur. » Nous demande-t-il.
-« Bien sûr. »
Il contourne à nouveau son secrétaire et ensuite met de la distance entre nous pour pouvoir téléphoner en toute intimité.
Je profite de cette interruption pour me tourner vers mon acolyte qui, depuis notre entrée dans le cabinet n'a, comme annoncé, prononcé aucun mot. Il doit sentir mon regard sur lui car il s'exclame le nez toujours dans un des fichiers.
-« Quoi ? »
-« Rien. »
-« Mais encore ? » Continue-t-il en fermant le dossier et en inclinant sa tête vers moi.
-« Je suis juste surprise c'est tout… Je crois que c'est la 1ière fois que je te vois garder le silence aussi longtemps. » Lui révélais-je sincèrement étonnée.
-« Je suis un vr… »
Notre conversation est suspendue par la voix du Dr
-«... Non, mais j'ai dans mon bureau une femme qui pense pouvoir aider ton amie… Elle s'appelle Kate McGinn. C'est une psychologue qui s'est spécialisée dans tout ce qui est réincarnation, vie intérieure, â… Ouais, j'ai eu la même réaction que toi. Bien que je l'ai gardé à moi-même. Tu sais quoi ? Pourquoi tu ne viendrais pas nous rejoindre à mon bureau et voir par toi-même. Vous pourrez discuter avant qu'elle ne rencontre Kate. Après tout, tu es un médecin mais aussi son amie. Tu es donc la mieux placer pour savoir ce qui est le meilleur pour elle … Parfait, je vais le lui dire. On t'attend. »
POV de Lanie
La porte franchie, je me dirige prestement vers le bureau de mon ami. Mon esprit est encore légèrement repris par la spécialité de ce Dr McGinn.
Je me considère comme une personne ouverte d'esprit et je veux bien croire à toutes ces choses, mais pas aveuglément. J'ai besoin de preuves. Un peu comme Saint Thomas face à Jésus, je ne crois que ce que je vois. Et cette doctoresse va devoir avoir de bons arguments si elle veut que je lui permette de rencontrer Kate. Parce que dans son état et face à son cartésianisme, la mettre en présence d'un psy, qui plus est explore un territoire auquel elle ne croit pas, risque d'être un vrai sacerdoce à faire accepter. Mais bon, ne mettons pas la charrue avant les bœufs. Ecoutons d'abord ce qu'elle a à dire et ensuite nous irons de là….
J'entre dans la pièce sans frapper et me dirige droit vers la jeune femme blonde
-« Dr Lanie Parish. Kate est ma meilleure amie et je ne vous laisserais la voir seulement si je pense que ça en vaut vraiment la peine. Je ne veux pas la voir souffrir plus qu'elle ne l'est déjà... Ne le prenez pas mal, je respecte votre boulot, mais mes intérêts vont à mon amie. » Lui apprenais-je, allant droit au but.
-« Dr McGinn. Ravie de vous rencontrer Dr Parish. Et voici mon associé Price Whatley... Et il va de soi, que nous respecterons votre volonté.» Me répond-t-elle nullement offensée ou troublée par mon entrée en matière… Un bon point pour elle…
-« Parfait, convainquez-moi. »
Nous nous installons autour du bureau et commençons alors une longue conversation à la fois médicale, personnelle et il faut le dire, surréaliste.
Et je dois l'avouer, au fil de la discussion mais aussi des rapports et autres informations que l'on me met sous le nez, il ne fait aucun doute que cette McGinn maitrise très bien ce sujet. Mais ce qui fait pencher la balance un peu plus en sa faveur, c'est lorsqu'elle me fait lire le dossier d'un certain Warrick Rollanos. Son nom ne me disait rien, mais au fil de ma lecture, les souvenirs de ce cas me reviennent en mémoire… Je ne l'avais jamais rencontré, mais j'avais été en contact avec un membre de sa famille lorsque le corps d'un jeune adolescent s'était retrouvé sur l'une de mes galettes à la morgue. Devon, de son prénom, avait 17 ans et venait de succomber à une chute de 8 étages. Plus tard, quand la famille était venue voir le corps, j'avais entendu parler du père qui, lui, était tombé soudainement malade. J'avais donc suivi l'affaire mais de loin. Et j'avais, comme beaucoup, entendu les rumeurs comme quoi le patient était hanté pour certains, possédé pour d'autres ou simplement fou... Je n'avais jamais entendu la fin de cette histoire, jusqu'à aujourd'hui. Et d'après ce que j'avais sous les yeux, il avait eu la visite d'une de ses réincarnations. Mais plus étrange, étaient les dates d'arrivées et de sorties de cet homme. Il avait été pris en charge le jour de la mort de son fils puis s'était rétabli le jour où son enfant avait été mis en terre.
Un décès, une maladie mystérieuse… Cela faisait penser à ce qui se produisait avec Kate. Mais de là à imaginer qu'une de ses réincarnations s'était manifestée était dure à croire. Surtout que de ce que j'en avais appris, les cauchemars de Kate ne concernait que Rick. Elle n'avait jamais prononcé un autre prénom.
-« Est-il possible qu'une réincarnation ou vie antérieure ait le visage d'une personne récemment disparue ? » L'interrogeais-je peu convaincu par mon idée.
-« Pourquoi ? »
Priant ne pas faire une erreur en lui révélant la vérité, je réponds
-« Elle fait des cauchemars étranges et a des hallucinations, mais à chaque fois, c'est le visage de son partenaire qu'elle voit. »
-« C'est rare, mais c'est déjà arrivé. Ça se produit quand le mort et la personne toujours en vie avaient un lien très puissant. »
Dieu merci elle ne la prend pas pour une folle. Et pour ce qui est d'avoir un lien puissant, ça ils en avaient un. S'en était même effrayant parfois…
Avant de changer d'avis, je me tourne vers le duo
-« Je vais vous permettre de la rencontrer, mais à plusieurs conditions. Vous ne lui dites pas ce que vous allez réellement faire. Vous ne lui faites pas de fausses promesses. Mais plus important, vous ne lui parlez pas de Rick à moins qu'elle ne le fasse. »
-« Comment voulez-vous que nous l'aidions si nous ne lui disons rien. Nous avons besoin de la coopération du patient pour savoir quoi faire, où aller et que trouver. Sans parler que nous allons devoir brancher des électrodes sur elle. »
-« Faites votre travail, je me charge de lui parler. Tout ce que vous aurez à faire si besoin est, c'est acquiescer et confirmer mes dires… Même si j'ai encore mes doutes, je suis prête à tout faire pour l'aider. Je ne me pardonnerai jamais si je ne vous laissais pas essayer. »
-« Très bien. Quand pensez-vous que nous pourrions faire sa connaissance ? »
-« Donnez-moi ½ heure. » Puis me tournant vers Mark je continue « Je suppose qu'ils vont avoir besoins de discrétions alors si t… »
-« Je m'occupe d'interdire l'accès à sa chambre jusqu'à nouvel ordre. » Termine-t-il.
Avec un merci à son encontre et un hochement de tête aux étrangers, je quitte le cabinet pour aller retrouver ma meilleure amie.
J'espérai juste qu'à la fin de cette étrange réunion, l'état de Kate ne serait pas plus mauvais qu'il ne l'était déjà.
To be continued…..
Alors ?
La suite sera plus rapide maintenant que je suis revenue.
