Merci à tous pour vos commentaires qui donnent du baume au cœur.
Je sais que l'attente entre les chapitres est longue (1 mois), mais je dois être sur tous les fronts et à la fin je suis sur les rotules.
Ca devrait aller de mieux en mieux, mais je préfère ne pas faire de promesse pour ne pas vous décevoir.
Tout ce que j'espère c'est que malgré les délais entre chaque post de chapitre, vous serez toujours au rendez-vous.
Je ne vais pas vous faire attendre plus longtemps.
Voici la suite, en espérant qu'elle vous plaira.
PS : J'ai failli oublier…. Il y a un lien qui se trouve dans mon profil (seul endroit où il a été accepté)pour une image… Quand vous l'aurez vu, si certaines personnes qui lisent l'histoire parlent la langue qui est sur cette image, je vous fais toutes mes excuses parce que je ne la parle ni ne l'écrit du tout… Sachez juste que j'ai fait du mieux que j'ai pu.
Et maintenant, place à la lecture
Chapitre 12 Some answers and more questions
POV de Kate
-« J'ai cru que tu étais mort ! Je t'interdis de me refaire un coup pareil tu m'entends !? » L'informais-je tout en me rapprochant de sa couchette.
-« Désolé Kate. Je ne voulais pas t'inquiéter… C'est juste que… je suis si fatigué… Et cette brulure dans ma poitrine… qui ne veut pas disparaitre. » Me répond-il dans une voix sifflante et essoufflée.
-« C'est une pneumonie. Tu as dû l'attraper dans la forêt… Faut que vous sortiez de là Rick. Si tu ne te fais pas soigner au plus vite, tu vas y rester. » Lui révélais-je en venant m'installer sur le lit près de sa hanche et en prenant sa main chaude dans la mienne.
-« Peux pas… partir… Pas… de force. Trop fatigué… Dormir… J'ai… tellement… tellement sommeil. »
-« Ne fais pas ça Rick. Ne laisse pas le sommeil t'emporter. Tu dois rester avec moi. Je vais te sortir de là je te le promets, mais j'ai besoin de ton aide… S'il te plait, n'abandonne pas. Je n'y arriverai jamais sans toi... Si tu meurs alors je mourrais avec toi. C'est toi et moi. Pas moi sans toi.» Finis-je en larmes en m'allongeant près de lui pour le serrer dans mes bras.
La dernière partie a pour effet immédiat de faire rouvrir les yeux à Rick et ceux-ci plongent dans mon regard vert émeraude qui continue à laisser échapper des perles salées sur mes joues. Il utilise sa main libre pour passer son pouce sous mes yeux, les faisant disparaître à peine celles-ci ayant quitté leurs berceaux.
-« Ne pleures pas Kate... S'il te plait, arrête… Je déteste quand… quand tu pleures. Ca me… brise le cœur. Je ne… »
Je cesse sa diatribe avec mon index que je pose sur ses lèvres.
-« Alors aides moi. Aides moi à te ramener à la maison. »
-« Je… D'accord. » Capitule-t-il face à mon regard suppliant.
Et il ne regrette en rien sa décision quand il voit un sourire éblouissant se dessiner sur ses lèvres. Malgré son dégout de devoir lui mentir à nouveau, il est prêt à tout pour qu'elle reste en vie et trouve le bonheur auquel elle a droit.
Même s'il sait que tout est déjà terminé pour lui, il ne peut lui refuser cette étincelle d'espoir, parce qu'il sait que le jour où elle arrivera à la fin de son rêve et se réveillera en se rendant compte qu'elle n'a pas réussi à le sauver malgré tous ses efforts, elle aura besoin de ces souvenirs pour n'avoir aucun regret. Et dès lors, elle pourra commencer son travail de deuil puis aller de l'avant.
Je quitte rapidement la couchette et tire les couvertures au pied du lit quand un hoquet de surprise franchi mes lèvres
-« Rick, pourquoi portes-tu 1 veste et 1 pantalon militaire pleins de sang ? Et que fais-tu avec une arme accrochée à ta hanche ?» M'écriais-je choquée.
-« Kate, plus… lentement… L'arme, c'est… pour nous… protéger… Les vêtements ?... Je ne sais… pas comment… je les… ai eu. » Me rétorque-t-il tout en regardant son corps dans un froncement de sourcils.
-« Kate, vous m'entendez ? »
La voix venue de nulle part me fait sursauter. Et sans savoir pourquoi, je lève les yeux vers le ciel.
Et quand je remets finalement un nom sur la propriétaire de la voix, légèrement gênée, je ramène mon regard dans la pièce ….
Avais-je vraiment pensé, pendant quelques secondes, qu'elle appartenait à une puissance supérieure ? Etais-je vraiment si désespérée pour me mettre à croire à l'impossible ?
Parce que tu crois que c'est normal de voir et de parler avec des morts ?
L'intervention inopinée de ma conscience me sort brutalement de ma léthargie.
Je pose mes yeux sur Rick pour le voir m'observer d'un air interrogateur.
Je m'apprête à lui parler quand la voix se fait entendre à nouveau
-« Kate, vous m'entendez ? »
-« Oui mais… »
-« Kate ? »
Castle s'est redressé sur l'un de ses coudes et ses yeux qui me fixent, laissent transparaitre l'inquiétude.
-« Chut, elle me parle. » L'informais-je alors qu'il commence à ouvrir la bouche.
-« Qui te parle ? Je n'entends rien. »
-« Elle est… dans ma tête. J'entends sa voix dans ma tête. » Répliquais-je comme si c'était un fait habituel.
Dans un autre contexte, m'entendre dire ça m'aurais soit fait rire, soit je me serai conduite moi-même chez les fous. Mais là, je n'étais plus à une bizarrerie près.
-« Qui est-ce Kate ? »
-« C'est le Dr… le Dr… »
-« Où êtes-vous Kate ? »
-« Je suis dans une chambre en ruine. »
-« Kate, c'est pas drôle. Tu com… »
-« Je ne cherche pas à l'être CASTLE… Elle veut savoir où je suis. Tu as une idée de là où vous vous trouvez ? » Lui demandais-je en posant l'une de mes mains sur son mollet gauche pour m'excuser de ma brusquerie.
Mais cette situation est tellement déroutante. J'ai l'impression de devenir folle tout en me sentant toujours saine d'esprit.
-« Non aucune… Je ne sais… même pas com… comment nous sommes arrivés… là. »
Avec un soupir fatigué et déçu, je fais 1 360° de la pièce.
-« Où est passée la femme de tout à l'heure ? Elle pourrait nous ai… » L'interrogeais-je avec l'espoir dans mon ton.
-« Elle est partie… après 1 tir de… de roquette… Je crois que… c'était une roquette. »
-« On se fiche de ce que c'était. On doit trouver un moyen de vous faire sortir d'ici. » Lui dis-je, abattue devant tous ces obstacles se dressant sur notre chemin.
-« Nous ne sommes pas en état de bouger. Ma compagne d'in… »
-« TA compagne !?... Tu es en train de me dire que cette femme est ta petite amie ? Que je me suis donc ren… » Commençais-je à m'énerver en le fusillant du regard et en serrant les poings à m'en faire mal aux articulations…..
Ce que Kate ne sait pas, c'est que dans la chambre d'hôpital, c'est l'effervescence. Depuis qu'elle s'est enfermée dans son inconscient, son cœur s'est emballé, son rythme cardiaque ayant dépassé les 190 battements par minute. Sa température a de nouveau augmenté et elle frôle maintenant les 42°. Sa respiration est, quant à elle, redevenue sifflante et difficile, et elle a une toux si mauvaise que le médecin, qui a été rappelé, s'attend presque à voir le sang sortir de sa bouche à chaque toussotement… Et les appareils ne sont pas en reste, ils sont complètement déchainés. L'électroencéphalogramme tressaute frénétiquement, identique à un sismographe qui mesure un tremblement de terre en cours, et l'imagerie fonctionnelle de Kate révèle de grandes zones rouge. Le cerveau de Beckett est dans une grande activité cérébrale.
McGinn, aidé du Dr Rizla, tente de la faire sortir de ce que l'on pourrait nommer une transe, en douceur. Mais sans résultats.
-« Ma compagne d'infortune Kate... Elle est juste ma compagne d'infortune. »
-« Oh ! Et euh… Qu'est-ce qu'elle a ? » Lui demandais-je, la colère et la tristesse s'évaporant comme par enchantement.
-« Elle est enceinte et malade aussi. »
-« Une autre bonne raison de vous faire sortir d'ici Rick. Son bébé ne survivra pas sans soins. » M'écriais-je, en pensant à ce petit bout'chou qui risquait de ne jamais voir le jour si lui et sa mère n'étaient pas pris en charge rapidement.
-« Tu crois… que je ne le sais pas... Ca fait des heures… que je cherche une… solution pour nous faire… sortir d'ici… Mais entre les tirs… dehors et ne sachant… pas où l'on est… je n'ai… toujours pas trouvé de… solution. »
-« As-tu pu te lever et explorer les alentours ? As-tu un seul indice qui pourrait nous ai… »
-« Kate, écoutez-moi... Vous êtes un esprit libre. Vous pouvez aller où vous le souhaitez dans la pièce… Approchez-vous d'une ouverture et décrivez-moi ce que vous voyez. »
Sous le regard fiévreux et intrigué de mon partenaire, je me dirige vers un des murs démoli.
-« Un village… Nous sommes dans un village. Ou du moins ce qu'il en reste…. Il n'y a aucun bruit. Il n'y a personne à part nous 3… La voie est libre, on va pouvoir partir. » Terminais-je en faisant volte-face pour regarder Castle.
-« Pour aller où ? »
-« Pour aller où ? »
-« Je ne sais pas, mais loin d'ici… Ils pourraient revenir. » Répondais-je en fixant mon coéquipier qui ne m'a pas quitté des yeux.
-« Kate, regardez bien autour de vous. Cherchez n'importe quoi qui pourrait nous aider à savoir où vous êtes. »
Je me retourne une nouvelle fois vers l'ouverture béante près de moi et observe. En face, à droite, à gauche. Là !
-« Sur un des murs, il y a des affiches déchirées et des écris » M'exclamais-je, le regard bloqué sur ma trouvaille
-« Dites-moi ce qui y est inscrit. »
-« Je ne sais pas… C'est écrit dans une langue que je ne comprends pas. »
-« Vous pourriez les réécrire pour moi ? »
-« Je… On dirait de l'arabe. »
-« Ok. Voyez-vous autre chose ? Une pancarte qui vous donnerez le nom du village ou des panneaux qui vous direz où vous êtes ? »
-« Non mais… »
Je marche vers une fissure dans l'un des autres murs de la chambre... Pour me retrouver devant une étendue de terre à perte de vue… Déçue, je me rends vers le 3ième et dernier mur de pierre qui est à moitié pulvérisé.
-« Kate ? Que se passe-t-il ? »
-« Kate ? Que fais-tu ? »
Tellement concentrée sur ma recherche de nouveaux indices, que la voix de Rick et celle de McGinn me font sursauter
-«Je cherche tout ce que je peux trouver pour nous aider à partir d'ici. » Répondais-je tout en avançant vers la plus grande brèche. »
Devant celle-ci, je pose mes mains à plat de chaque côté du trou puis place mes pieds de chaque côté de la faille sur le sol… Manquerait plus que je tombe maintenant Hein ?… Je me penche alors en avant, fais dépasser ma tête à l'extérieur du bâtiment et regarde à gauche puis à droite… Rien… Et alors que je suis sur le point de reculer, je distingue, à moitié couché sur la terre, à quelques mètres de ma position, un panneau.
-« IL Y A UN PANNEAU ! » Hurlais-je excitée tout en me repoussant vers l'intérieur de la pièce.
-« Kate !... Moins fort... ma tête est…»
-« Désolée Rick... Mais… mais, j'ai trouvé un panneau. Et qui dit panneau dit localisation. Ce qui signifie que si on découvre ce qui est inscrit dessus, alors on saura où l'on est et on pourra partir… Et tu rentreras à la maison Rick. » M'exclamais-je en venant m'agenouiller devant lui et en posant mon front contre le sien.
-« Je ne su… »
-« Je suis là Castle. On va le faire… Ensemble. » L'interrompais-je, ne voulant pas l'entendre dire qu'il ne pouvait pas le faire.
-« Kate ? Si vous voulez que l'on vous aide, vous allez devoir recopier ce que vous avez vu. Vous voulez bien essayer ? »
-« Bien sûr ! Bien que je ne sache pas ce que cela donnera. » Répliquais-je sans quitter Rick du regard et cesser de passer ma main dans ses cheveux sales mais doux à la fois…..
Après 1 dernier sourire et un léger mais intense baiser sur ses lèvres sèches, je m'éloigne de lui pour retourner là où j'ai vu l'affiche.
Parce que je n'ai ni stylo ni papier, je m'accroupis, me saisis d'une pierre et petit à petit, je recopie les dessins, car cela ressemble à des dessins pour moi, sur le sol poussiéreux. Pourquoi je le fais je n'en ai aucune idée, mais cela me semblait juste… Une fois terminée, je regarde mon travail et je suis fière de moi car ça ressemble à peu près à ce qu'il y a sur le mur. Je me dirige ensuite vers l'autre ouverture et lentement, contentieusement, je forme les caractères et chiffres que je vois sur le panneau….
Une nouvelle fois, quand je compare l'original avec mon travail, un sourire de fierté se dessine sur mes lèvres. Et, toujours souriante, je me tourne vers Castle pour le perdre immédiatement quand je m'aperçois qu'il est en train de somnoler. Lâchant la pierre, je me rue à son chevet et le secoue sans ménagement
-« Regarde-moi... Fixe-toi sur moi… Tu ne dois pas céder au sommeil. On y est presque… S'il te plait Rick, reste avec moi… Tu ne peux pas me laisser maintenant… j'ai bes… »
-« Je… fatigué… besoin… me reposer… minutes… t'aime. » Sa phrase est entrecoupée à chaque fois, par une toux devenant de plus en plus grasse.
-« Je t'interdit de t'endormir sur moi… Tu ne peux pas me dire ça puis me laisser seule… Rick ! Non, non,non ! S'il te plait réveille-toi !... CASTLE !
Je me redresse dans mon lit le regard hagard et désorienté. Quand ma vision redevient normale et mon cerveau me rappelle où je me trouve, je serre les poings devant les regards ébahis des personnes m'entourant… Bien, seule ma main gauche réussi à se fermer car ma droite est arrêtée dans sa tentative par quelque chose dans elle. Je baisse les yeux vers celle-ci et y découvre un crayon puis un bloc note dessous. Je lâche le bout de bois et me saisis du calepin pour découvrir avec stupéfaction ce que j'ai écrit sur le sol de la maison démolie.
Je jette un autre coup d'oeil autour de moi, et les visages, en plus du choc, sont emprunts de tristesse et d'inquiétude. Sans rien dire, je tends le bloc en direction de Price puis me rallonge et ferme les yeux.
-« J'ai besoin de savoir ce que ça signifie… Si ça signifie quelque chose bien sûr. »
Après avoir récupéré le calepin, Price jauge le Doc du regard qui lui donne le feu vert.
Dans la chambre personne n'ose parler. Tous sont fixant Kate puis le médecin mais aussi l'un l'autre.
Pendant que Wathley fait la recherche, McGinn étudie les résultats de l'électro et de l'imagerie. Elle les envoie ensuite par e-mail à son collègue Rishi Karna resté au centre Talmadge pour des observations plus poussées.
Dans le silence de la pièce, le Dr Rizla s'avance vers Kate puis pose sa main sur son bras. Celle-ci ôte le sien qu'elle avait posé sur ses yeux et le regarde sans mots.
-« Comment vous sentez-vous ? »
Et maintenant qu'il le demande, comme si sa question avait été un déclencheur, elle ressent chaque partie de son corps. Et la douleur se fait connaitre. Tout d'abord le mal de tête qui tambourine contre ses tempes, ensuite son corps qui se sent sur le feu. Sa gorge qui a du mal à faire passer sa salive dans sa trachée irritée. Ses poumons qui la font manquer d'air à chaque inspiration et pour finir, tout son être qui semble peser une tonne.
-« J'ai un peu mal… partout en fait. » Répond-elle avec franchise.
Bien, de toute façon, si elle avait dit le contraire, il ne l'aurait pas cru… C'est écrit partout sur son visage.
Il se penche au-dessus de la tête de lit et récupère le masque à oxygène qu'il pose sur le nez et la bouche de sa patiente qui se laisse faire. Avec son autre main, il sort son thermomètre auriculaire et l'insère dans l'oreille de Kate. 40,7°. Le médicament qu'il lui a injecté est en train de faire son effet. Il attrape ensuite son stéthoscope
-« Pouvez-vous vous assoir que je puisse écouter vos poumons ? »
Elle se redresse avec difficulté, garde en place le masque qu'il a lâché puis elle sent l'embout froid se poser dans son dos.
-« J'ai besoin que vous enleviez le masque et que vous preniez une profonde inspiration. »
Elle le fait, mais son action est vite coupée par une importante toux qui lui fait monter les larmes aux yeux, dû à la douleur dans sa poitrine et sa gorge.
Mark la rallonge immédiatement et lui redonne son masque. Délicatement, il fait passer la courroie derrière la tête de sa patiente pour l'attacher de l'autre côté. Avant de s'éloigner, il lui offre un petit sourire auquel elle répond, puis elle clos une nouvelle fois ses yeux et tombe dans un léger assoupissement induit par la fièvre.
Les sons autour d'elle lui arrive aux oreilles aussi bruyant qu'un marteau piqueur cognant sur un sol en béton... Le bip du moniteur cardiaque, le son des doigts qui tapent sur les touches de claviers. Les mouvements des personnes assises sur les chaises.., Tous ces bruits lui donnent la nausée, mais elle n'en dit mots car la fatigue et plus forte que son désir de faire cesser tout ce boucan. Et puis, qui dit souffrance dit être en vie. Et elle a besoin d'être en vie pour pouvoir ramener l'homme qu'elle aime parmi les siens.
Dans la chambre toujours très peu éclairée, sa famille et amis ne savent pas comment réagir à la situation. Doivent-ils la laisser seule ou aller la voir et lui parler ? Lui faire savoir qu'ils sont là ? Que tout va bien ?
Ce à quoi ils ont assisté les a toujours légèrement sous le choc. Surtout les hommes qui n'avaient encore jamais assisté à un de ces fameux rêves dont Kate était coutumière. Certes on leur en avait parlé, mais être raconté et voir et entendre par soi-même, était entièrement différent…
Price finit par trouver quelque chose et le montre à sa partenaire. Celle-ci qui ne sait toujours pas remise de son incrédulité, est maintenant abasourdie.
1ierement, elle sort d'elle-même d'une séance d'hypnose et 2ièmement, ses mots ont réellement donné des résultats.
Elle se saisie du portable et du calepin puis s'avance vers le lit où se trouve Kate.
McGinn allume le néon qui se trouve au-dessus de la tête de Beckett et cette dernière gémit immédiatement à la lumière vive l'atteignant. Instinctivement, elle remonte le drap par-dessus sa tête.
-« Je suis désolée mais j'ai besoin de lumière pour vous montrer ce que Price à découvert. »
Toujours sous le drap, la main de Kate tâtonne sur le matelas à la recherche de la télécommande. Une fois trouvée, elle appuie sur le bouton qui permet à la tête de lit de se relever. Enfin dans la position désirée, elle s'installe confortablement contre les coussins et alors, laisse le drap glisser jusqu'à sa taille. Elle rouvre lentement les yeux en grimaçant quand la lumière pénètre ses iris et envoie une douleur dans son crâne, mais elle persévère et les ouvre complètement, son attention entière tourner vers McGinn.
-« Tout d'abord, vous aviez raison, c'est de l'arabe. Ensuite, la 1ière ligne, qui est incomplète mais que Price a pu compléter, signifie ¤ A MORT L'AMERIQUE¤ » Commence-t-elle en montrant à la brunette les 1iers mots qu'elle a écrit sur le bloc.
(Avant de lire la suite, n'oubliez pas d'ouvrir le lien qui se trouve tout en bas dans mon profil)
-« Pas très réjouissant. » Rétorque Kate à travers son masque.
-« Effectivement » Confirme McGinn. Puis elle continue en montrant les 2 autres lignes –« Les chiffres sont des Kilomètres, et ici et ici... » Dit-elle en posant le doigt sous 2 mots –« Ce sont les noms de 2 villes. Mais avant de vous les citer, j'aurai une question à vous poser. »
-« Je vous écoute. »
-« Vous avez parlé de Mr Castle portant une veste militaire. Avez-vous remarqué s'il y avait un nom sur celle-ci ? »
-« Il y en avait… bien un oui. »
-« Pourriez-vous me le donner ? »
-« Pourquoi ?... Pourquoi ça vous… intéresse ? Et qu'est-ce que… ça à avoir avec Rick ? » S'écrie Kate malgré la douleur dans sa cage thoracique et qui n'aime pas du tout la direction que prend la conversation.
-« Nous avons besoin de toutes les informations que vous pouvez nous donner pour différencier le réel de l'imagination. »
-« Je ne suis pas folle ok ? » Continue à crier Kate en retirant brusquement son masque et fusillant la Doc du regard.
-« Je n'ai jamais dit le contraire. Mais le stress, la fatigue et un état dépressif combinés au traumatisme de la perte d'un être cher peuvent embrouiller votre cerveau que ce soit conscient ou pas. En parvenant à faire la part des choses, nous serons capable de savoir comment continuer et surtout dans quelle direction. » Répond-elle calmement.
Kate fixe ses doigts serrés autour de son masque sur ses cuisses, probablement en pesant le pour ou le contre….
-« T. Bradford. » Finit-elle par répondre sans même relever la tête.
McGinn se tourne vers Price qui est déjà tapant sur son clavier.
Après quelques minutes de silence, l'ex-flic redresse la tête et dans un hochement affirmatif, il lui fait comprendre qu'il a trouvé quelque chose.
-« Kate ?... Il y a une correspondance avec le nom que vous nous avez donné. »
POV de Kate
Je rehausse la tête et dévisage la blonde avec une boule dans le ventre. Et s'ils avaient raison ? Et si j'étais vraiment devenue folle ? Et si… ?
Non, je n'ai pas perdu la tête. Rick est vivant. Je l'ai touché, j'ai senti sa chaleur, son odeur. C'était le son de sa voix, ses yeux… Ses yeux que je reconnaitrai entre mille. Non ! Il ne peut pas être mort. Parce que s'il est mort, alors je suis morte aussi… Je ne veux pas aller de l'avant, je ne veux pas continuer à vivre sans lui à mes côtés... Je ne suis pas forte. Je ne VEUX pas être forte... Je VEUX juste qu'il me revienne.
-« Je me fiche… de savoir qui est… ce type... Tout ce que… je veux, c'est retrouver Rick... Parce qu'il n'est… pas mort Ok ? Il n'est… pas mort. » Terminais-je dans un chuchotement.
-« Bradford est u… »
-« Vous avez… parlé de 2… villes. Quelles sont-elles ? » La coupais-je sans cérémonie.
-« Il s'agit de Paghman et de Kaboul. Vous nous avez donné le nom de 2 villes afghanes… Mr Castle aurait-il eu une raison de se retrouver dans ce pays ? »
Avant notre dispute, j'aurai répondu non sans aucune hésitation. Seulement aujourd'hui, je n'en été plus aussi sure… Il pouvait très bien s'être retrouvé au mauvais endroit au mauvais moment. Mais il avait pu aussi se rendre délibérément en Afghanistan… Pour me fuir. Pour se sentir utile. Pour m'oublier. Pour se fair…
J'abandonne la liste des raisons pour lesquelles il aurait pu être là-bas quand les informations données par McGinn s'infiltrent enfin dans mon cerveau fatigué, Alors, une nouvelle lueur d'espoir refait surface. Et à être prise pour une folle, autant l'être jusqu'au bout non ?
Je redresse la tête et plante mon regard dans celui de Wathley
-« Combien de dé… décalage entre New-York et… l'Afghanistan ? »
Je vois Price détourner les yeux en direction de sa collègue. Quand je la fixe à mon tour, je la vois me dévisager. Et malgré la douleur dans mon crane, je lève un sourcil vers elle.
-« En quoi est-ce important ? » Finit-elle par demander quelques secondes plus tard sans m'avoir quitté du regard.
Je ne cligne pas des yeux, je ne baisse pas le regard. Non, j'attends juste qu'ils répondent à ma question.
-« 9h30… Pourquoi ? »
J'entends répondre Price.
Sans le remercier, je plonge dans mes pensées ne me rendant pas compte que je réfléchis à voix haute
-« Il est plus… de 17h ici donc là-bas, il est… près de 03h. 11 Km jusqu'à Kaboul... En roulant doucement… on peut être à l'ambassade… en 1 demi-heure... 1 heure tout au plus. »
Je me penche vers ma gauche, attrape l'alarme puis appuie sur le bouton….
5 mn plus tard, 1 infirmière franchit la porte.
-« Tout va bien Mademoiselle? » Me demande-t-elle en se stoppant près de moi.
-« Oui… Enfin non… Je voudrai un… un somnifère… maintenant. » L'informais-je haletante et sentant le concert de Hard Rock se jouant dans ma tête augmenter en intensité.
-« KATE ! » S'exclame mon amie en se précipitant à mon chevet « - Qu'est-ce que tu fais ? »
-« Je dois le… rejoindre… pour lui dire de partir. »
-« Kate, ma chérie… »
-« S'il te plait Lanie… n'utilise pas ce… ton, je ne suis pas folle… Ok ?... Je ne peux… pas l'expliquer, mais je… sais… je sens que Rick… n'est pas mort… Je ne v… »
-« Kate, tu l'as vu comme nous tous, il a reçu 1 balle à bout portant dans la poitrine, et toi mieux que personne, sait les dégâts qu'1 balle peut faire. »
-« J'ai reçu… une balle… et je suis… toujours en vie… Rick peut… l'être aussi… Il doit l'ê… »
-« Kate, tu… »
-« Il n'est pas mort… Il ne peut pas… Il… il a promis Lanie. Il m'a promis… d'être toujours là… TOUJOURS. » Je termine en fondant en larmes dans ses bras.
-« Tu dois reprendre le dessus Kate. Castle ne voudrait pas que tu te mettes dans cet état. Il t'ai… » Déclare-t-elle en brisant le silence qui s'est installé dans la chambre.
-« Il me manque tel… tellement, et ça à l'air… si réel. Et si… si ce ne sont… que des rêves, alors je ne… veux plus… me réveiller par… parce que ça fait… trop mal d'ê… d'être éveillé. »
-« Très bien, prend un somnifère. Mais avant, écoute ce que le docteur McGinn a à te dire. Et promet moi que tu retourneras voir Burke bientôt. »
-« …. »
-« Kate !? »
-« Bien… Et promis… dès que je… serai prête, j'irai… le voir. » Lui répondais-je finalement.
Lanie se retire de mon étreinte et toujours la tête baissée, je l'entends s'adresser à l'infirmière
-« Elle doit se reposer. Vous pourriez lui donner un léger sédatif pour l'aider ? »
Du coin de l'œil je la vois quitter la pièce et en attendant son retour, je garde les yeux sur mes genoux, voulant éviter de croiser les regards des autres occupants dans la chambre. Je ne m'étais jamais autant laisser aller devant mes amis ni même mon père... Depuis longtemps, je suis cataloguée comme une femme forte par mes collègues et amis et je ne voulais pas, non je n'étais pas prête à affronter leurs regards de désolation...
-« Qui est ce Bradford ? » Demandais-je le regard toujours fuyant.
-« Trevor Bradford, né le 26 Avril 1971 à Hamilton. Célibataire. Lieutenant-colonel dans la 10th Mountain Division (Light Infantry)* basée à Fort Drum à New-York. Déployé en Afghanistan le 17 Février 2007. Le 16 Mai 2011, son véhicule a été pris en embuscade par des Talibans sur la Kaboul Ghazni Highway alors qu'il se rendait à Ghazni. La voiture a été retrouvée par une équipe qui passait par là 2 jours plus tard. Elle était vide. Malgré les recherches, Bradford et ses 3 autres compagnons n'ont jamais été retrouvés. »
-« Alors quoi ?... Vous êtes en train… de me dire que ce… n'est pas de Rick que… je rêve mais de… ce Bradford ?... Que c'est… lui que je suis en… train d'aider et non… Rick ?... Que depuis le… début ce n'est pas lui ?... Et bien… vous… vous… trompez... Je… sais… que… c'est… Cast… » Je ne peux plus continuer, car je n'ai plus de souffle et la brulure dans ma poitrine m'empêche de reprendre ma respiration.
Remarquant le plateau dans la main de l'aide-soignante, qui est revenue, je m'empare du verre et du médicament qui se trouve dessus puis fais disparaitre le comprimé avec l'eau. Puis en évitant toujours le regard des autres et en ne prenant même pas la peine de remettre le masque qui pend autour de mon cou, je me rallonge et ferme les yeux. Attendant que le cachet fasse son effet et me ramène auprès de la seule personne qui puisse me sauver….. Ou de l'homme qui me mènera à ma mort.
*La 10e Division de Montagne (Infanterie légère)
A suivre…..
