Chapitre 6
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Ce ne fut pas le retour d'Harry qui choqua la Directrice de Poudlard, mais la présence de Malefoy à ses côtés. Quand le Gryffondor lui expliqua ce qu'il avait fait, elle se dérida un peu, mais, et Malefoy le sentit clairement, il n'était pas le bienvenu dans le vieux Château… Le pire ce serait quand la vieille sorcière serait au courant du plus gros secret de tous les temps…
- Ce n'est plus vraiment comme dans mes souvenirs…
- Tu parles de McGo ?
Malefoy hocha le menton.
- C'est normal. Tu croyais qu'elle allait te sauter au cou ?
- Non, quand même pas mais son regard glacial, je ne m'y attendais pas…
Il jeta un oreiller au sommet du lit et soupira ensuite profondément. Harry, de l'autre côté du lit, jeta l'oreiller dont il venait de mettre une taie, tout en grimaçant.
- Comment aborder… ce que tu sais ? Elle va nous jeter dehors.
- Oh, pas toi ! répliqua le Serpentard en plissant le nez. Tu es comme son fils, Potter, jamais elle ne t'interdira l'accès à Poudlard. Moi par contre…
Il s'effondra dans un petit fauteuil aux pieds torsadés et ciselés et ajouta :
- Et ce n'est pas sur Rogue que je vais pouvoir compter !
- Pourquoi ?
- J'imagine qu'il traîne sa vieille carcasse dans les couloirs des cachots, qu'il hante plus sa classe qu'il y fait cours…
Harry eut une ombre de sourire. Il secoua alors la tête et le blond le regarda de travers.
- Depuis que je suis son tuteur, Malefoy, Rogue n'est jamais allé aussi bien. Même quand nous étions élèves ici. Allons le saluer, tu n'en croiras pas tes yeux.
- Maintenant ? Il doit faire classe…
La cloche sonna au même moment et Harry sourit. Il s'approcha alors de la cheminée flamboyante et jeta dedans une poignée de Poudre de Cheminette.
- Professeur Rogue ? appela-t-il.
- Potter ? répondit une voix rauque reconnaissable entre milles. Bon sang, pourquoi suis-je toujours le dernier informé ? Depuis quand êtes-vous au Château ?
- Quelques heures. Pouvons-nous venir vous voir ?
Il y eut un blanc puis les flammes eurent un hoquet et Harry sourit. Il tourna la tête vers Malefoy qui s'était approché et, d'un seul pas, ils s'engouffrèrent dans les flammes vertes.
- Bureau du Professeur Rogue ! s'exclama distinctement Harry.
Les deux jeunes sorciers se mirent aussitôt à tournoyer et furent rejetés devant la cheminée dans le bureau sombre du professeur Rogue. Sombre et glacial.
- Potter, d'ordinaire, vous ne venez jamais entre les vacances sco… laires… fit celui-ci tout en levant le nez de ses papiers. Mais qu'est-ce… ?
Le sombre homme venait de remarquer Malefoy, derrière Harry. Il pâlit aussitôt, si c'était possible, et Harry lui prit le bras comme il s'approchait, ayant abonnée sa plume rouge sur un parchemin qui en buvait déjà l'encre écarlate.
- Vous vous souvenez de Malefoy, Monsieur ? demanda-t-il.
- Si je me souviens ? Oh Merlin, Potter, bien évidemment que je me souviens de lui ! Drago, bon sang, vous êtes vivant !
Faisant un grand pas en avant, Rogue plongea sur le Serpentard et l'étreignit avec force, ce qui fit sourire Harry et statufia littéralement le blond. Quand Rogue recula, il prit le visage de son ancien élève entre ses grandes mains, resta un instant sans bouger, puis recula et posa une main sur l'épaule de Harry qui lui sourit.
- Pour quelle raison êtes-vous ici, tous les deux ? demanda alors Rogue en retournant à son bureau où s'amoncelaient des piles de parchemins à corriger. Rassurez-moi, Potter, vous ne venez pas me retirer votre protection, hein ?
Harry secoua la tête.
- Jamais, Monsieur. Lorsque je ne vous protégerais plus, soit vous serez mort, soit ce sera moi. Non, Malefoy a été arrêté par des collègues à moi, il y a quelques jours, à Londres, et je lui ai fait bénéficier de ma Protection. C'était ça ou Azkaban à vie…
Rogue haussa les sourcils.
- Et Cinabelle ? Est-elle… ?
- Morte ? Merlin, non ! s'exclama Harry. Elle est retournée vivre chez sa mère, en France. J'ai transféré la protection sur cette femme. Elle sera mieux là-bas qu'ici. A la place, Malefoy est désormais sous ma Protection officielle et aucun mal ne peu lui être fait. Enfin du moment qu'il respecte le contrat…
Le brun coula un regard au blond qui lui tira la langue.
- Vous avez lues les petites lignes du contrat, j'espère, Malefoy ? interrogea alors Rogue.
- Concernant le droit de gestion de mon coffre fort et l'argent de poche ? Oui, oui…
- Je l'ai simplement accompagné refaire sa garde-robe hier, qu'il ait au moins quelque chose de plus sortable que ces vieilles nippes puantes de Mangemort mal soigné, grimaça Harry en plissant le nez.
- Hm, oui… Et vous logez où ?
- Pour l'instant, chez Potter. Mais j'espère ne pas trop m'y éterniser, cet appartement est bien trop Moldu à mon goût !
- Il n'empêche que la télévision, elle te plait bien ! répliqua Harry avec un sourire.
Le blond lui tira la langue. Rogue eut une ombre de sourire puis il s'appuya contre son dossier.
- Et sinon, quelle est la raison de votre visite impromptue, Potter, sinon pour faire cogner le cœur d'un vieil homme ?
Un silence s'installa brusquement dans la pièce et Harry baissa le nez. Il jeta un regard à Malefoy et haussa brièvement les sourcils.
- C'est toi qui vois, répondit-il. La Directrice serait plus appropriée mais…
Rogue fronça les sourcils.
- Mais de quoi diable parlez-vous, tous les deux ?
Harry le regarda et fit soudain apparaître deux chaises devant le bureau. Malefoy y prit place, puis Harry, s'asseyant, reprit la parole.
- Monsieur, nous ne sommes pas ici en visite…
- Je m'en doute, mais…
- Depuis que j'ai retrouvé Malefoy et qu'il est de retour dans la vie normale, dans ma vie plus précisément, il y a certaines choses qui doivent être mises à plat, acheva le brun.
- A plat ? Des choses ? Mais encore ?
- Professeur, fit alors Malefoy d'une voix plus grave que d'ordinaire. Est-ce que vous souvenez de notre septième année ici ?
- Si je m'en souviens ? Bien évidemment, je suis vieux mais pas encore sénile !
- Vous n'êtes pas vieux non plus, cru bon de préciser Harry avec un sourire en coin.
Rogue eut un mouvement de tête et un silence s'installa alors.
S'il s'en souvenait ? De l'année quatre-vingt dix-sept ? Quelle question, bien évidemment ! C'était cette année-là qu'il avait ordonné à Potter de remonter sa note en Potions avant les vacances de Noël, chose qu'il n'avait bien entendu pas réussie…
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Comme à son habitude, Minerva avait fait envoyer les bulletins de notes à ses élèves par la voie des airs. Outre les propres oiseaux des jeunes sorciers, en cette veille de vacances de Noël, ce furent des milliers d'oiseaux qui firent irruption à sept heures et demie du matin dans la Grande Salle dans un infernal concert de criaillements et de hululements.
Encore un peu endormi, Rogue avait fait un formidable bond dans son fauteuil, à l'extrême droite de la table des Professeurs. Dans la précipitation, il avait frôlé renverser son bol de café et, près de lui, Filius Flitwick avait manqué dégringoler de la pile de livres posée sur sa chaise qui lui permettait de voir au-dessus du plateau.
D'un œil morne, Rogue observa les élèves, ôter des tables tous les objets que les lourds oiseaux pourraient renverser en se posant. Des coupes de fruits et des pichets furent donc en suspension magique dans les airs pendant que les volatiles se laissaient tomber dans des bruits sourds devant leurs destinataires. L'attention de l'homme fut alors détournée par son hibou grand duc noir, unique en son genre, qui se posa avec grâce devant lui et se percha sur le beurrier.
- Tu as quoi, pour moi ? demanda le sombre professeur.
L'oiseau lui tendit sa patte dont les griffes acérées étaient plantées dans La Gazette du Sorcier. L'homme remercia l'animal d'un morceau de toast puis ce dernier s'en alla et disparu au milieu de ses congénères. Rogue jeta alors un coup d'œil vers Harry et la mine que lui offrit le jeune sorcier lui fit pousser un profond soupir et secouer la tête d'un air profondément navré. Depuis le début de l'année, il avait dit à ce fichu Gryffondor de remonter sa note en Potions car un P c'était parfaitement insuffisant pour avoir l'ASPIC de Potions. Or, voulant devenir Auror, Harry se devait de connaître les Potions sur le bout des doigts et non pas se contenter de survoler cette si noble matière.
- Rends-moi ça… Malefoy ?
Rogue releva les yeux de son journal dont il était en train d'ôter la bague de papier. Il fronça les sourcils en voyant Drago Malefoy debout au bout de la table des Gryffondors, tenant dans sa main, hors de portée de sa Némésis, un parchemin qu'il reconnu comme étant le bulletin de notes du Leader de Gryffondor.
- Malefoy, qu'est-ce que tu fous là ? grogna soudain Ronald Weasley. Rends son bulletin à Harry tout de suite !
- Ou sinon quoi, tu vas me faire mal ? railla Malefoy sur un ton amusé. Hum, fit-il ensuite en reportant son attention sur le parchemin rigide qu'il avait dans les mains. Tu es plutôt bon élève dans l'ensemble, Potter, c'est surprenant… Sauf en Potions. P. C'est franchement moyen, tu ne trouves pas ?
- Qu'est-ce que ça peut te faire ? siffla en retour Hermione Granger, la Miss Je-sais-tout la plus exaspérante de tous les temps. Je l'aiderais, s'il n'y a que ça !
Oh ça oui, on pouvait compter là-dessus. Rogue plissa les lèvres. Afin de ne pas lui mettre un Optimal à tous les devoirs et dans son bulletin général, il trouvait toujours une petit faute ici ou là, un chiffre mal dessiné, ce qui pouvait être grave dans la confection d'une potion, ou bien une description trop simpliste, des petites choses de ce genre-là. Et jusqu'à maintenant, il ne lui avait jamais mit un O, mais tôt ou tard, il y serait contraint, aux ASPICs pour commencer…
Avec un soupir, Rogue reporta son attention sur son journal. La Une était désolante de platitude, comme toujours, et pendant une seconde, il se demanda pourquoi il continuait à se faire livrer ce torchon. Autant lire le Chicaneur si ce n'était que pour lire…
- Pardon ?
Rogue releva la tête et son regard se posa aussitôt sur Harry qui s'était redressé, le buste penché en arrière, comme si Malefoy l'avait insulté. Malgré le brouhaha des élèves en train de commenter leurs propres bulletins, Rogue avait l'impression de n'entendre que le Gryffondor et sa Némésis…
- A prendre ou à laisser, Potter, répondit ce dernier.
- De quoi ? demanda Hermione.
- De…
Harry sembla soudain hésiter.
- Cela ne te concerne pas, Granger ! rétorqua aussitôt le Serpentard en se détournant.
Il récupéra un papier entre les mains de la Gryffondor et s'en alla en le rangeant dans sa manche. La cloche sonna soudain et Rogue plia son journal, vida son bol de café et se hâta de regagner sa salle de classe. Il en oublia dans la foulée ce qu'il venait de voir.
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- Pour quelle raison vous étiez-vous accrochés, juste avant les vacances de Noël ?
Harry haussa un sourcil et sembla ensuite chercher dans sa mémoire.
- Bulletin de notes, répondit platement Malefoy, occupé à se moucher. On venait de recevoir nos notes de la première partie de l'année scolaire et j'ai sottement proposé à Potter de l'aider en Potions contre une aide en DCFM…
Rogue eut un plissement d'yeux.
- Et… vous l'avez fait ? demanda-t-il.
Les deux garçons eurent un échange de regard et Rogue fronça carrément les sourcils.
- Que dois-je comprendre ? demanda-t-il en posant ses mains sur ses accoudoirs.
- Eh bien… disons que les choses ne se sont pas tout à fait passées comme nous l'avions espéré, début janvier…
- Je vois… Et pourquoi m'en parler à moi plutôt qu'à la Directrice ?
- Elle ne voit pas mon retour d'un bon œil, Professeur, répondit Malefoy. Alors si en plus nous rajoutons à cela… ça, elle ne risque pas d'apprécier du tout, voir même de me faire jeter dehors, pis encore, de contraindre Potter à retirer sa Protection…
Harry ouvrit la bouche pour protester mais Rogue lui coupa l'herbe sous le pied.
- Bien, dans ce cas je vous écoute. Dites donc tout à ce vieux professeur Rogue…
Les deux plus jeunes se regardèrent et ce fut Malefoy qui entama le récit de leurs souvenirs.
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Janvier… Le début d'une nouvelle année civile et la fin de l'année scolaire. Enfin la « fin »… Mais psychologiquement parlant, et tous les élèves le disent, une fois Noël passé, la fin est plus proche que le début de l'année en septembre.
Malefoy n'était pas tout à fait du même avis, lui. En effet, dès sa sortie de Poudlard, courant du mois d'août, il allait recevoir une seconde couche du sang empoisonné de Voldemort sur sa Marque des Ténèbres et devenir ainsi officiellement un Mangemort. C'était une condition du testament de Lucius Malefoy, son père. Bien qu'un testament ne doive être ouvert qu'après la mort de son auteur, Lucius étant enfermé à vie à Azkaban, le notaire n'avait pas cru utile de respecter ce fait. D'autant plus qu'il avait une note qui supplantait cela, à savoir une note écrite de Lucius, officielle, qui lui demandait, avant qu'il ne se fasse arrêter, deux ans plus tôt, d'ouvrir son testament à une page bien précise et de lire un paragraphe indiqué en vert, en présence de Drago et de Narcissa et uniquement d'eux deux.
Cette entrevue, Malefoy l'avait eue quelques jours avant la rentrée de janvier. Exceptionnellement, McGonagall l'avait autorisé à se rendre à Londres pour y rejoindre sa mère et écouter ce que ce notaire avait à dire. Il était revenu au château muet et pâle comme un mort et même Rogue n'avait pas su le faire parler.
Aujourd'hui, c'était le premier jour de la rentrée de janvier et le blond voyait son avenir s'assombrir de plus en plus. De plus, pour rajouter à tout cela, il avait enduré une semonce de sa mère qui l'enjoignait à obtenir au moins un E en DCFM car un Mangemort qui est incapable d'obtenir un Patronus ou de lancer un Sortilège Impardonnable, c'est « nul » selon ses propres termes. Hors Malefoy avait un A en Défense Contre les Forces du Mal, un misérable Acceptable car il était incapable de se concentrer suffisamment pour obtenir des sortilèges concrets. Sur le papier, il se débrouillait très bien, mais dès qu'arrivait la pratique, c'était terminé. Le jour de la remise des bulletins, il avait donc laissé traîner une oreille dans les environs des Gryffondors, dans le but premier de se moquer, bien évidemment, mais en voyant la tête de misérable de leur leader, sa curiosité avait été piquée et, toujours dans le but de se moquer, mais avec une cible plus précise, il avait chapardé le bulletin d'Harry…
Aujourd'hui, en ce premier jour de la reprise, il avait donc en tête, et après y avoir songé pendant toutes les vacances, de redemander au Gryffondor son aide en Défense contre de l'aide en Potions. Cela leur permettrait de remonter leurs notes respectives dans ces deux matières et uniquement cela, bien entendu. Mais comme les choses ne se passent jamais comme on les a imaginées…
- Potter ?
- Hm ? Ah…
Malefoy garda pour lui la pique qu'il avait en réserve et se contenta de serrer les lèvres.
- Y a moyen de causer… en privé ? demanda-t-il à la place.
Harry haussa un sourcil et croisa les bras.
- Et pourquoi je ferais ça, selon toi ?
- Y a moyen ou pas ?
Harry décroisa les bras et soupira. Il jeta un regard à Hermione et Ron puis se leva de la longue table qui encombrait les rayonnages de la Bibliothèque, où tous trois étaient en train de réviser.
- Par ici, lâcha le brun en s'éloignant.
Malefoy le suivit, non sans jeter un regard aux deux autres Gryffondors qui le toisèrent méchamment. Il se contenta de leur faire une grimace avant de rejoindre Harry près de la haute grille qui fermait la Réserve.
- Bon, tu veux quoi ? attaqua aussitôt celui-ci en lui faisant face.
- Je veux juste te demander… un service.
- Ben voyons. Écoute, Malefoy, je n'ai pas de temps à perdre avec des conneries et…
- Non, attend, je suis sérieux, Potter…
Harry pinça les lèvres puis soupira profondément et s'adossa à la grille soigneusement verrouillée.
- Vas-y, je t'écoute, invita-t-il alors.
- Tu te souviens, avant les vacances, quand on a tous reçu notre bulletin ?
- Ouais…
- Je t'avais proposé de t'aider à remonter ta moyenne en Potions…
- Hm, continue ?
- En échange, tu m'aides à obtenir un E en Défense.
Harry plissa les yeux. Il se redressa alors et grimaça.
- Et j'y gagne quoi ?
- Un E en Potions, au moins.
Il y eut un silence pendant lequel le Gryffondor réfléchissait et soudain, il hocha lentement la tête.
- Très bien. Je t'aide à remonter ta note en DCFM, de…
- A…
- Hm, d et en échange, tu m'aides à remonter d en Potions. Mais tu es au courant que la Défense ça va avec les Sortilèges aussi ?
- Oui, mais là, j'ai E, donc ça va…
Harry ferma les paupières une seconde.
- Une minute, tu as Effort Exceptionnel en Sortilèges mais tu t'es rétamé en Défense ? Comment tu t'es débrouillé ?
- Je déteste les sortilèges d'attaque et de défense, répondit Malefoy en plissant le nez. Jeter des petits sort pour changer une souris en verre à pied ou bien de l'eau en rhum, ça me suffit. Agiter ma baguette pour faire cuire un repas ou faire le ménage, nickel. Mais pas attaquer et tuer des gens.
Il se tut brusquement et baissa le nez. Il passa alors sa langue sur ses lèvres et soupira en suivant des yeux une élève avec trois livres dans les bras.
- Mais là, je n'ai pas le choix, on m'a donné un ultimatum, Potter.
Harry dodelina du chef.
- Ton père ? demanda-t-il.
- Ouais. Il a programmé, avant d'être emprisonné, mon intronisation en tant que Mangemort, pour le mois d'aout. Oui, celui qui arrive… Je n'ai pas le choix, je vais être ordonné Mangemort et je ne sais même pas lancer un Imperium. Quant à obtenir un Patronus…
Harry haussa brièvement les sourcils.
- Je reconnais que ce n'est pas donné à tout le monde… fit-il.
- Mais l'Armée de Dumbledore y arrive ! Tous savent le faire ! Moi j'en suis incapable ! Alors quant à jeter un Sortilège Impardonnable, je te laisse deviner…
Harry passa sa langue contre ses dents en se grattant la tête. Il soupira ensuite par le nez et hocha la tête.
- Très bien. Je vais t'apprendre ce que j'ai apprit aux membres de l'Armée de Dumbledore, décida-t-il. Ça remontera ta note en Sortilèges et en Défense dans la foulée. En échange, Malefoy, je veux que tu me dises tout sur les Potions, d'accord ? On a moins de six mois pour obtenir tous les deux un E, sinon un O, dans des matières qui risquent de nous coûter notre avenir…
- Devenir Mangemort n'est pas exactement le type d'avenir dont je rêvais, vois-tu, rétorqua le blond en grimaçant.
Harry secoua la tête. Il tendit ensuite la main et le blond la serra brièvement mais franchement.
- Je te propose de nous retrouver dans une salle de classe désaffectée après les entraînements de Quidditch, pour commencer, fit-il alors. Tu en as deux de la semaine, moi aussi, c'est parfait.
- Lundi soir et mercredi matin, dit Harry.
- Mardi soir et samedi matin, répondit Malefoy. Quatre soutiens dans la semaine, on devrait s'en sortir, non ?
- Faut compter dessus, je n'ai pas envie de foutre en l'air mon seul moyen de refaire la face de ce serpent galeux !
Malefoy eut un sourire un peu forcé puis il se détourna et quitta le Bibliothèque. Harry rejoignit ensuite ses amis qui lui posèrent aussitôt des questions, auxquelles il ne répondit pas.
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- Pendant… aller, un mois ?
Malefoy hocha la tête.
- Pendant un mois, on s'est retrouvés quatre fois dans la semaine, dans la salle de classe désaffectée du quatrième étage. On avait installé un chaudron dans la cheminée, et une zone pour envoyer voler des objets, les détruire et les transformer, sans faire trop de bruit, reprit Harry.
- Je n'en ai jamais rien su, vous avez su rester discret, c'est bien, félicita Rogue.
Malefoy le regarda de travers. Un compliment de la part de cette vieille chauve-souris ? Effectivement, il avait bien changé en huit ans !
Harry lui jeta un regard amusé et soupira ensuite.
- Bien évidemment, c'était trop beau pour durer… fit-il.
- Que s'est-il passé ? demanda Rogue. Vous vous êtes disputés, battus et la bonne entente a volé en éclats ? Cela ne m'étonne pas de vous deux…
Malefoy grimaça.
- En réalité, c'est le contraire qui est arrivé…
Rogue cligna des yeux bêtement, surpris, en regardant les deux garçons devant lui. Son esprit vif eut alors une brutale connexion et il pâlit.
- Merlin, ne me dites pas que vous… vous deux… vous avez… bégaya-t-il.
- Ce fut notre première erreur, fit Harry.
- Une erreur qui nous a coûté très cher et qui encore aujourd'hui, nous torture, enchaîna Malefoy. Oui, professeur, malgré les huit années que nous avons passées séparés par la vie…
Les deux jeunes sorciers se regardèrent et Harry serra les lèvres. Soudain, il baissa les paupières et deux larmes glissèrent sur ses joues. Il porta aussitôt une main à son nez en s'excusant et Rogue se redressa, interdit.
- Mais qu'est-ce que… Potter ?
Harry, les doigts serrés sous son nez, fronça les sourcils puis releva la tête en reniflant profondément. Il eut un soupir saccadé et Rogue poussa vers lui une boîte de mouchoirs qu'il venait de faire apparaître.
- Bon sang, expliquez-moi ce qu'il s'est passé, enfin ! fit-il. Que sont ces larmes, Potter, jamais je vous ai vu aussi ému !
Harry se moucha bruyamment puis essuya ses yeux sous ses lunettes et Malefoy, qui le regardait, baissa la tête et se tourna alors vers le sombre professeur.
- Laissez-moi vous raconter la suite… fit-il.
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- Potter, t'es là ?
- Ouaip !
Malefoy ferma après lui la porte de la petite salle de classe désaffectée qu'ils s'étaient appropriée depuis environ un mois et, déposant son sac de cours sur une table ronde où trônait un grand chandelier, il s'approcha de la cheminée flamboyante. Harry était accroupi devant, sur un tapis de grosse laine brune qui les avait accueillis à plusieurs reprises lors de la pratique des sortilèges ou bien quand il fallait surveiller étroitement une potion en train de cuire.
- Mais qu'est-ce que tu es en train de faire ? demanda le Serpentard en se penchant.
Harry leva la tête et lui décocha un sourire. Il s'écarta alors et Malefoy découvrit dans les braises, un visage.
- Oh là ! Bon sang, mais qui… ? sursauta-t-il.
- Je m'appelle Marius, Monsieur Malefoy, répondit le visage de braises.
- Euh, ok… Et vous êtes… quoi ?
- Je suis quoi ? Oh, je suis un sorcier, bien évidemment !
- Un sorcier. D'accord. Et que faites-vous dans notre cheminée ?
- Malefoy, Marius est un Auror, c'est un peu comme mon professeur, expliqua alors Harry en s'asseyant en tailleur sur le tapis.
- Un Auror ? Et vous êtes au Ministère, là ?
- Oui, mon garçon, dans le Département des Aurors, précisément, répondit Marius avec un sourire enflammé. Mais je dois m'en aller, Harry, maintenant. J'espère avoir répondu à toutes tes questions et n'hésites pas à m'envoyer un hibou si tu en as d'autres.
- Entendu. Merci Marius, à bientôt.
Le visage s'agita alors, hochant la tête, puis les braises redevinrent de simples braises et Harry regarda Malefoy avec un sourire amusé.
- Tu as l'air un peu… effrayé, fit-il.
Le blond grommela. Il s'éloigna alors et soupira profondément, provoquant la surprise du Gryffondor qui le suivit.
- Eh, j'ai dit un truc qui ne va pas ? demanda-t-il.
- Nan, nan… Ce n'est pas toi…
- C'est Marius, alors ? Pourtant…
Malefoy secoua la tête. Les mains sur son sac, il soupira et fit alors face à Harry en lui tendant une lettre.
- Qu'est-ce que c'est ?
- Une lettre de ma mère… Lis-la.
- Euh… Bon…
Harry déplia le parchemin rigide dont le sceau serpentesque avait été déjà brisé, et le lu dans sa tête. Son teint tanné vira au crème avant qu'il n'arrive en bas de la feuille.
- C'est une blague ? demanda-t-il alors. Malefoy…
Le blond serra les mâchoires et secoua la tête.
- Non, ce n'est pas une blague… Je vais être intronisé fin mars… Voldemort est à cours de sang neuf, il recrute tous les enfants de ses fidèles pour des intronisations massives… Tu dois m'aider, Potter, il est hors de question que je devienne un Mangemort ! Ni maintenant, ni jamais !
Malefoy saisit les poignets d'Harry et serra les doigts. Lentement, Harry se défit des prises et déposa le papier sur la table près du blond puis lui fit face. Il leva alors une main et, repliant ses doigts, il les passa sur la joue de sa Némésis qui ferma les yeux.
- Tu as ma parole que personne ne s'approchera de toi tant que je serais vivant, Malefoy, tu entends ? souffla-t-il. Je ne suis pas quelqu'un qui laisse ses proches se faire tuer sans réagir.
Détournant la tête sous la caresse, Malefoy fronça les sourcils et passa sa langue sur ses lèvres.
- Nous ne sommes pas proches… fit-il. Nous nous haïssons et nous ignorons même pourquoi…
Harry resta silencieux un moment puis, se détournant, il s'approcha de la cheminée. Il récupéra sa baguette magique sur la table basse devant le tapis et observa les flammes un moment.
- Ça fait un mois qu'on se retrouve ici quatre fois dans la semaine, Malefoy… fit-il. Est-ce que tu crois vraiment que si nous nous détestions autant que tu le dis, on continuerait ? Je suis presque… content, de revenir ici, tu te rends compte ? Là dehors, dans les couloirs et en classe, on ne peut pas se rapprocher et discuter comme çà l'air de rien, mais ici si, on peut, et c'est ce qu'on fait, Malefoy.
Le Gryffondor pivota en glissant sa baguette magique dans sa manche.
- Ici, nous déposons nos masques sur la patère comme nos manteaux…
Le visage triangulaire de Malefoy devint alors pur étonnement et il sentit ses doigts se desserrer du bord de la table qu'il avait étreint depuis plusieurs secondes.
- Et tu sais quoi ? demanda alors Harry en revenant vers lui.
Il lui prit les mains et les glissa dans son dos en posant ses propres mains sur les épaules de son vis-à-vis.
- Tu sais quoi… ? répéta-t-il en s'approchant dangereusement. Je crois que j'aime ça…
Il déposa alors tout doucement ses lèvres sur celles du Serpentard qui resta de marbre les deux premiers centièmes de seconde avant de participer et de rendre le baiser…
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Hmmm, milles excuses, ce n'était pas dans ce chapitre le warning du chapitre 5, j'avais oublié que j'avais scindé ce bout de texte en deux parce que ça faisait vraiment trop long. Désolée !
