Et voilà ! Ceci est le dernier chapitre de cette courte histoire, ou du moins de sa première partie. Après la révélation explosive du chapitre précédent, en voici une seconde, un peu moins explosive, on va dire, mais tout aussi... hum, je vais vous laisser faire votre propre opinion !

Merci pour toutes vos reviews, j'ai normalement répondu à tout le monde et si je ne l'ai pas fait, je m'en excuse platement !

A très bientôt pour la seconde partie de cette histoire, ou bien une autre fanfic !

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Chapitre 8

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- Ça va aller, professeur ? Vous voulez des Sels ?

Harry se leva lentement de sa chaise mais Rogue lui fit un signe de la main. Aussi blanc que du lait, il avait les yeux agrandis par la surprise et la bouche entrouverte. Il était sous le choc. Soudain, il se redressa et se racla bruyamment la gorge. Il attrapa la bouteille de Whisky et s'en servit un solide verre qu'il vida en deux gorgées. Il reposa ensuite bruyamment le verre sur le bureau et regarda les deux garçons en face de lui.

- Vous… commença-t-il. Vous… Malefoy vous… vous…

- J'étais enceint, oui, acheva le Serpentard. Je me suis retrouvé dans cet état après avoir couché avec Potter. J'ignore toujours, au jour d'aujourd'hui, comment une telle chose fut possible. Je parle du bébé, évidemment.

Harry serra les lèvres. Rogue déglutit et se frotta les yeux. Il se passa ensuite les mains sur le visage et soupira profondément.

- Où est cet enfant, maintenant ? demanda-t-il.

Malefoy et Harry échangèrent un regard et le Gryffondor détourna la tête en serrant les mâchoires.

- Nous l'ignorons, répondit le blond.

Rogue passa du choc à la surprise.

- Vous…. vous ignorez où se trouve l'enfant que vous avez porté et mis au monde ? fit-il d'une voix blanche.

- Je…

Malefoy se mordit les lèvres.

- Je ne l'ai pas mis au monde, fit-il.

Rogue eut un sursaut.

- Quoi ? Comment ça ? Je veux dire…

- J'ai bel et bien attendu un enfant, Monsieur, pendant cinq mois. Seulement… seulement à l'heure actuelle, je ne sais même pas s'il est toujours vivant.

- Il devrait avoir sept ans, fit Harry. Il en aura huit dans quelques mois…

- Comment diable peut-on ignorer où se trouve sa propre progéniture ! s'exclama soudain Rogue.

- Monsieur, laissez-nous continuer de vous expliquer… demanda alors Malefoy en rentrant légèrement la tête dans les épaules. Comprenez que c'est compliqué pour nous de vous en parler, nous n'en avons pas reparlé depuis huit ans…

Rogue le regarda et se gratta furieusement la tête. Il se servit un nouveau verre d'alcool puis enjoignit le Serpentard à reprendre son récit.

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- Tu attends donc un bébé…

- Oui.

- Depuis combien de temps ?

- Un mois. Je le sais depuis trois semaines. Il a été conçu pendant l'unique nuit que nous avons partagée ensemble...

- Et tu n'as pas jugé utile de m'en informer ? En suis-je… eh bien, le père au moins ?

Malefoy eut un sursaut.

- Bien entendu, triple andouille ! Tu crois que je couche avec d'autres mecs que toi ? T'es le seul, Potter ! répondit-il brusquement, les sourcils froncés.

- Ok, ok, ne t'emballe pas… Donc, tu attends un bébé, là… dans ton ventre. Un ventre qui n'est pas prévu pour ça, puisque que tu es un mec, un vrai mec avec des couilles et une queue, je le sais parce que j'y suis allé !

Malefoy ne releva pas. Il se contenta de hocher lentement la tête puis, se redressant, il dit :

- Je l'ai découvert quelques jours seulement après que nous ayons couché ensemble, Potter… Dans la semaine, en fait. Quand on s'est vus le lundi soir, j'avais déjà un peu mal au cœur, mais j'avais attribué ça aux œufs du petit-déjeuner. Le mardi, ça allait mieux du reste. Le mercredi, j'ai eut un vertige dans la salle de bains, après ma douche, après l'entrainement de Quidditch. Ça a passé et la journée s'est déroulée normalement. Le jeudi par contre, c'était… horrible. Je me suis levé avec une violente nausée, j'ai dégueulé dans les toilettes tout ce que j'avais mangé la veille, Blaise était à côté de moi à me demander si je n'avais pas la gueule de bois… Quel crétin…

Harry eut un léger sourire. Malefoy secoua la tête puis reprit la parole.

- La matinée s'est bien passée, le mal de cœur a passé, j'ai mangé normalement à midi, mais l'après-midi, j'ai encore eut un vertige en Métamorphose.

- Je n'ai rien vu…

- Je suis derrière toi, c'est normal… Je n'ai rien laissé paraître, mais après, en Divination, j'ai eut un vrai malaise.

- Là oui, je m'en souviens, je me suis même inquiété…

- Trelawney m'a envoyé à l'Infirmerie après m'avoir réveillé avec ses parfums entêtants, et quand Pomfresh m'a examiné magiquement, quand j'ai vu qu'elle devenait aussi blanche que son tablier, j'ai cru que j'avais quelque chose de très grave. Elle m'a alors posé tout un tas de questions qui se sont vite orientées vers ma vie sexuelle et quand je lui ai avoué avoir un amant, elle m'a annoncé que j'attendais un enfant…

Harry haussa les sourcils.

- Pomfresh ? Donc elle est au courant ? Elle le sait et pas moi ?

- Potter… Laisses-moi t'expliquer…

Harry grimaça et agita la main pour balayer ses paroles.

- Est-ce qu'elle… commença-t-il à la place.

- Elle ne sait pas que c'est toi, répondit Malefoy en secouant la tête. Quand bien même elle le saurait, elle n'est pas tenue d'en parler, secret médical, tu sais.

- Oui, oui… Comment tu as réagi ?

- Comment réagirais-tu toi, si on te disait qu'au milieu de tes intestins, une espèce de haricot de quelques millimètres de long s'était fait un nid ?

- Mal, j'imagine…

- Tu as ta réponse.

Harry baissa le menton.

- Tu… ça fait un mois maintenant, tu…

- J'ai acceptée l'idée, oui, et je vais bien. Et lui aussi va bien.

- Bon, c'est l'essentiel. Est-ce que tu sais comment… ?

- Comment ça a été possible ? Non. Comme tu l'as dit si poétiquement, je suis un mec, je suis censé faire les enfants, par les porter. Tout ce que je sais c'est que tous les mercredi soirs Pomfresh m'examine et me pose des questions. Elle me suit de très près.

Harry hocha lentement la tête.

- Mais maintenant, fit alors Malefoy en lui prenant doucement la main. Maintenant Potter… Est-ce que toi, tu vas être capable d'accepter ça ? Je ne peux pas m'en débarrasser, et je ne le veux pas, du reste. Certes ce n'est pas normal, pour un garçon, d'avoir à porter un enfant dans son ventre, mais il est là, il n'a rien demandé à personne et si la magie qui régit ce monde et qui nous permet d'être ce que nous sommes, a décidé qu'il en serait ainsi, alors je n'ai pas à aller contre sa volonté. Tu l'as dit toi-même, nous n'aurons peut-être pas le temps d'être heureux, tous les deux…

Le Gryffondor remua les mâchoires. Il serra ses doigts sur ceux du blond puis se pencha et son front rencontra durement celui de son compagnon.

- Je suis avec toi, fit-il alors doucement. Quoi qu'il arrive, je serais toujours à tes côtés. Je t'aime, Malefoy…

Le blond se mordit les lèvres.

- Je t'aime aussi, Potty Potter… grimaça-t-il avec un sourire.

Harry releva la tête et l'embrassa vivement. Ils s'étreignirent alors longuement puis le Serpentard fit revenir le service à thé et ils prirent un moment pour se remettre de leurs émotions. La pendule sonna soudain onze heures et, relevant la tête, Harry soupira.

- Avec tout ça j'avais oublié… fit-il. Quand est-ce que tu pars ?

- A minuit…

Malefoy se rembrunit aussitôt. Il glissa sa main contre son ventre et serra les dents.

- Comment je vais faire ? demanda-t-il doucement en regardant son reflet dans sa tasse de thé. Si Voldemort apprend que j'attends un bébé, il va…

Harry regarda le profil de son compagnon et soudain, il se redressa en faisant sursauter le Serpentard.

- Mais oui, c'est ça ! s'exclama-t-il.

- Mais encore ? demanda Malefoy, la main sur le torse. Tu as… été piqué par quelque chose ?

- Non, crétin, je viens de trouver la solution à ton problème !

- A mon… Une solution ? Mais… Expliques-toi, tu veux ?

- Malefoy chéri, demain à midi, tu vas être intronisé Mangemort mais tu attends un bébé…

- Oui, et… ?

- Eh bien, les deux ne sont pas compatibles !

Malefoy grimaça.

- Comment tu sais ça ? bougonna-t-il avec une moue comique.

- J'étudie les Mangemorts depuis des mois, ne l'oublie pas ! Je veux devenir un Auror, Marius me fait avaler des livres par dizaines chaque mois ! Malefoy, c'est un fait reconnu, les femmes enceintes ne peuvent pas recevoir la Marque des Ténèbres, la douleur que cela provoque risquerait de leur faire perdre le bébé et Voldemort n'est pas sans cœur à ce point, au contraire, plus "ses" femmes peuvent avoir d'enfant en étant des Mages Noirs, plus il est content !

Un silence s'installa.

- Tu comprends ce que je suis en train de te dire ? demanda Harry. Tu peux y échapper ! Tu es enceint d'un mois, c'est super fragile ces petites bêtes à cet âge-là ! Écoute, ce soir, je t'accompagne chez Voldemort, je demande une trêve pour la nuit et nous lui expliquons tout. Oh, bien entendu, il voudra une compensation, sans aucun doute, mais… eh bien je trouverais bien le moment venu !

Malefoy secoua la tête.

- Ok, au point où j'en suis de toute façon… fit-il. Et tu as pensé à Rogue ? Tu en fais quoi ?

- Rien, on va lui dire que je veux venir avec toi c'est tout et… non, minute…J'ai une meilleure idée…

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- Oh misère, voilà la migraine qui se pointe…

Rogue fit apparaître une bouteille contenant un liquide blanc qu'il avala en une gorgée. Il soupira ensuite et regarda Harry durement.

- Vous m'avez drogué, Potter ! siffla-t-il. Vous avez glissé quelque poison à mon insu dans mon verre et vous m'avez drogué ! Bon sang, j'ai mit des semaines à trouver un coupable et les premières années qui ont prit la punition à votre place… Oh Merlin tout puissant ! Mais qui m'a donné une bande de cornichons pareille !

Harry pouffa doucement. Il se mordit ensuite les lèvres pour se calmer et souffla.

- Je n'avais pas le choix, Monsieur… reprit-il. C'était ça ou tout vous dire et… ce n'était alors pas une option.

- Non, pas du tout, étant donné que vous étiez encore un espion actif, répondit Malefoy en secouant la tête. Je l'ai grondé quand j'ai su ce qu'il avait fait…

Harry se gratta le nez.

- Il n'empêche que si je n'avais pas fait ça, tu aurais perdu notre enfant à cause de la douleur de la marque…

Malefoy eut un mouvement de tête et Rogue soupira.

- Qu'avez-vous fait alors ? demanda-t-il. Vous vous êtes fait passer pour moi ? Polynectar ?

- Non, je n'avais pas absolument pas le temps. Non, j'ai simplement utilisé un sortilège miroir.

- Allons bon, qu'est-ce que c'est encore que ça ?

- C'est un vieux sortilège qu'Hermione a découvert un jour en lisant un vieux bouquin moisi, expliqua Harry. Il se nomme Magia Speculo. Il suffit de le lancer sur la personne que l'on désire copier, puis de se le lancer à soi-même et le sortilège réplique l'âme de la personne d'origine. Ce n'est pas très fiable, on ne peut pas imiter la démarche, par exemple, ou la façon d'être ou de parler, mais je vous connaissais alors assez bien pour vous imiter de façon suffisante pour duper Voldemort. Il m'avait suffit d'user d'Occlumencie pour bloquer mon esprit et le tour a été joué.

- Je vois… Duper Voldemort n'est pas donné à tout le monde… admit Rogue avec un hochement de tête admiratif. Si je suis bien votre histoire, le Lord est au courant pour cet enfant ?

- Oui, mais sous votre apparence, j'ai réussi à obtenir de lui le secret absolu. Çà été compliqué, je ne vous le cache pas. Çà m'a prit pas mal d'heures pour le convaincre de repousser la date de l'intronisation et la remettre à plus tard. D'ici-là, Malefoy aurait eut le bébé et il aurait été confié à son autre père dont j'ai, bien entendu, gardé le nom secret.

- Bien entendu, grimaça Rogue. Mais ?

Harry serra les lèvres.

- Mais il a désiré une compensation pour son silence…

Rogue fit jouer ses mâchoires.

- Oh misère... Le bébé ?

- Le bébé, confirma Malefoy. Mon fils a été magiquement transféré dans l'abdomen d'une des maîtresses du Lord au mois de juillet… Voldemort n'a pas voulu repousser la date de mon intronisation au-delà de celle prévue par mon père. Je n'ai pas eut le choix. C'était abandonner mon bébé et devenir un Mangemort, avec un espoir qu'il reste en vie… ou bien nous mourrions tous les deux.

Rogue secoua lentement la tête.

- Quel atroce choix ! souffla-t-il.

- J'en ai été malade pendant très longtemps…

Malefoy tourna les yeux vers Harry puis baissa la tête.

- Ça a brisé notre couple… Je suis resté près de lui après son intronisation et plus je voyais cette affreuse marque sur son bras, et plus je sentais au fond de moi que cela me répugnait… expliqua-t-il. Et puis fin novembre, j'ai craqué et j'ai mit un terme à notre relation. Elle n'avait même pas un an.

- Ça a été très dur pour moi, reprit Malefoy. J'avais perdu mon bébé, et maintenant je perdais mon compagnon… Mais je ne peux pas lui en vouloir, je ne lui en ai jamais voulu d'ailleurs. Il a fait de son mieux, il m'avait prévenu qu'il ne supporterait pas la vue de la Marque définitive… alors avec la perte du bébé par-dessus le marché…

- N'allez pas croire que je n'ai pas souffert de tout cela, Monsieur, précisa alors Harry, les sourcils froncés. Je n'aurais pas coupé tous liens avec mes amis, sinon…

Rogue haussa les sourcils, surpris.

- Alors c'est pour cela que… ? Potter, bon sang, cela fait huit ans…

- Huit ans, oui… Mais vous ne pouvez pas comprendre.

- Non, sans doute, je n'ai ni femme ni enfants, mais je sais ce que c'est de perdre quelqu'un à qui l'on tient. N'oubliez pas que votre mère, Potter, a été ma meilleure amie quand nous étions enfants !

Harry serra les mâchoires. Il avait oublié ce détail… En silence, il s'excusa et le sombre professeur se tourna vers Malefoy.

- Allez-vous chercher cet enfant maintenant que vous êtes libéré des Mangemorts ?

- Je ne suis point libéré, Monsieur, répondit le blond en secouant la tête. Je suis simplement un lâche qui préfère se cacher dans l'ombre du Survivant plutôt que d'affronter ses démons et de faire face au Lord pour récupérer son fils.

Rogue se crispa.

- Un lâche… souffla-t-il. Je ne suis pas un lâche, Monsieur Malefoy.

Malefoy eut un léger sursaut.

- Ah mais… Non, je ne pensais pas…

- Mais vous l'avez dit néanmoins. Sachez que je ne me cache pas derrière Potter, reprit Rogue en se redressant dans son fauteuil. Il est mon passeport pour la vie, mon bouclier contre le Lord. Sans lui, je serais mort depuis des années. Je lui dois ma vie comme il me doit la sienne. Un jour, nous n'aurons plus besoin l'un de l'autre, et ce jour-là…

- Ce jour est encore loin d'être là, professeur, acheva Harry d'une voix un peu morne. Mais je me bats chaque jour pour qu'il arrive plus vite. Chaque jour je permets l'arrestation d'un Mangemort, mes collègues en font autant, et plus Azkaban en comptera, plus le Lord sera à notre merci. Un jour, il n'aura plus personne pour le protéger car un jour, tous les sorciers se poseront une question : est-ce que cela vaut vraiment le coup de rejoindre l'autre côté ? Est-ce que cela vaut vraiment le coup de risquer ma vie pour finir en prison et y mourir atrocement ? Ce jour-là alors je pourrais abattre cette face de serpent, lui faire payer la mort de mes parents, de Sirius, de Dumbledore et des autres. Ce jour-là, je récupérerais mon enfant et le monde sorcier sera enfin libre. A jamais.

Sur ce, un profond silence plomba la pièce. Le grand duc noir de Rogue se glissa alors par un vasistas en se tortillant et se posa avec légèreté sur le bureau de son maître.

- Je n'attendais pas de courrier, qu'as-tu, donne ?

Le volatile tendit la patte et Rogue prit la lettre qui y était ficelée. Il coupa la cordelette avec son coupe-papier et l'oiseau sauta ensuite du bureau pour aller se percher sur son perchoir. Le sombre professeur retourna à la lettre et plissa la lèvre en lisant le nom du destinataire.

- Ce n'est pas pour moi… fit-il en tendant ladite lettre à Harry. Mais pour vous, Monsieur Potter.

- Pour moi ?

- Monsieur H. Potter, Poudlard, lu Rogue. C'est vous, il me semble, non ?

- Oui mais… J'ai Hedwige…

- Quelqu'un aura sûrement reconnu mon oiseau et l'aura convaincu de porter ce courrier…

Malefoy haussa un sourcil et regarda Harry.

- Je crois savoir qui… fit-il.

- Qui… ?

- Ouvrez donc cette damnée enveloppe, Potter ! Vous avez encore des souvenirs à me raconter ! s'impatienta soudain Rogue.

Le Gryffondor cligna des paupières puis brisa le sceau marron et déplia le parchemin.

- Tu avais raison… fit-il à l'intention de Malefoy. C'est une lettre d'Hermione… Comment sait-elle que… Oh !

- Oh ? répéta Rogue. Quoi « oh » ?

- Oh… Elle vient à Poudlard.

- Quoi ? Quand ?

- Demain… avec Ron aussi. Et… eh bien…

Harry parut très étonné et soudain Malefoy lui arracha la lettre des mains et la lu rapidement dans sa tête en marmonnant.

- Oh ! fit-il. Eh bien, en voilà une surprise !

- Allez-vous enfin me dire ce qu'il se passe ? demanda Rogue sur un ton grondant.

- Lisez…

Malefoy lui tendit le parchemin et Rogue renifla dédaigneusement en le prenant. Il posa sur son long nez une paire de petites lunettes rondes et grogna alors.

- Eh bien… Je dois aller avertir le Directrice, que des appartements soient préparés, fit-il alors en rendant la lettre à Harry. Vous deux, vous savez où coucher. Je ne vous fais pas conduire…

Harry hocha lentement du menton et Malefoy haussa un sourcil étonné. Rogue les abandonna ensuite et, pivotant vers son ancien amant, le Serpentard sourit doucement.

- Tu as gardé notre salle de classe désaffectée ? demanda-t-il.

Harry sembla sortir de sa torpeur. Il s'ébroua et hocha la tête.

- Je l'ai un peu arrangée au fil des années, mais oui… Si cela te dérange de la partager avec moi, je comprendrais, tu sais, ajouta-t-il. Nous ne sommes plus des ados après tout…

- Potter… fit alors Malefoy avec un doux sourire. Notre enfant a été conçu là-bas et tu crois que je vais refuser d'y retourner après ce que nous y avons vécu ? C'est bien mal me connaitre…

Le Gryffondor baissa le menton. Il regarda la lettre et soudain, pivota vers Malefoy en lui saisissant la main. Le blond eut un léger sursaut.

- Malefoy…

- Non, Potter, ne dit rien, d'accord ? On vient de se retrouver, nous avons tout à réapprendre et l'ombre de notre bébé plane encore entre nous. Prenons notre temps cette fois-ci…

La référence à leur passé était si flagrante qu'Harry en eut un coup au cœur. Il eut un petit rire aigrelet à peine contrôlé puis, un sourire étirant sa bouche, il se laisser glisser à genoux sur le sol de pierre devant le blond. Là il se serra sur ses cuisses et se mit à sangloter.

D'abord surpris, Malefoy entreprit ensuite de lui caresser doucement le dos et il sourit à son tour. Son cœur se déchargea soudain de plusieurs gros poids et il soupira d'aise. A présent, sa vie avait de nouveau un sens, il avait de nouveau un but, plusieurs même. Le premier, retrouver son bébé, le second, reconquérir Harry, et le troisième enfin, réunir toute sa famille au même endroit, sa mère et son père y comprit. La tâche s'annonçait ardue mais il allait le faire, il le savait, il s'en sentait capable. Avec Harry à ses côtés, ils défonceraient tous les murs qui se dresseraient devant eux, peu importe leur épaisseur. Il le savait, il savait qu'un jour, que ce soit dans six mois ou dix ans, il serrerait son enfant dans ses bras, quand bien même il serait adulte. Mais, et il en fit le serment à Harry alors qu'ils se dirigeaient vers leur ancien antre, il ne mourrait pas avant d'avoir de nouveau sa famille au grand complet.

Parole de Sorcier.

FIN

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Et voilà ! Une nouvelle fic de terminée ! J'ai bien aimé l'écrire, l'idée m'est venue comme un claquement de doigts et j'espère que vous avez aimé la lire et que vous resterez dans les environs pour la suite. Pour l'instant, elle est en cours d'écrire, techniquement, elle devrait être plus longtemps étant donné qu'il y a beaucoup de questions posées dans cette première partie qui nécessitent une réponse dans la seconde partie.

Mais je vous tiendrais au courant, n'ayez crainte !

Merci à toutes celles et tous ceux qui ont lu et/ou commenté, c'est toujours un régal de lire vos commentaires, qu'ils soient long ou courts ! Merci donc et à très vite pour la suite, ou bien une nouvelle fanfic !

Bisoux !