Chapitre 5 : Tout est absolument parfait.
Regina venait de passer un samedi matin superbe. Henry et elle étaient allés se promener au parc. Mais cette promenade n'était qu'un prétexte : en rentrant par la ville elle avait fait à Henry la surprise de l'emmener au magasin de jeux vidéo pour acheter le dernier jeu à la mode. Son fils avait littéralement bondit de joie lorsqu'il avait compris qu'après un mois de supplications elle avait enfin accepté qu'il y joue. Pas plus de deux heures par jours, avait-elle précisé tout en sachant pertinemment qu'il mettrait tout en œuvre pour ne pas respecter cette consigne. Ils s'étaient ensuite rendus dans le magasin de vêtements favoris de Regina où elle devait récupérer une veste qu'elle avait faite retoucher, puis ils avaient pris chez Granny's de délicieuses lasagnes qu'ils mangeraient chez eux. Comme ils arrivaient maintenant devant la porte de leur maison, elle demanda à son fils :
« Henry tu peux commencer à mettre la table, pendant que je vais ranger ma veste ? »
« Oui maman. » répondit-il tout sourire.
Regina monta les escaliers de marbres, une expression de bonheur flottant sur son visage. Depuis quelques jours, elle n'avait qu'une envie : faire plaisir à son fils et passer avec lui de merveilleux moments qui resteraient gravés à jamais dans sa mémoire. Elle ouvrit la porte de sa chambre et se figea. Robin était assis sur son lit. Elle dû se retenir de ne pas hurler, afin de ne pas affoler Henry.
« Qu'est-ce que vous faites là ? » chuchota-t-elle le cœur battant à tout rompre.
Il la regardait d'un air malicieux et semblait content de son effet de surprise.
« Bonjour Regina. Moi aussi je suis heureux de vous revoir. » Sa voix était douce et chaleureuse. Regina, qui était sur le point de piquer une de ces colères dont elle seule a le secret, se calma instantanément et se surprit à sourire.
« Bonjour Robin. Vous vous rendez compte que j'ai failli avoir une crise cardiaque ! Qu'est-ce que vous faites chez moi ? »
« Vous avez sauvé Roland. Je vous dois une reconnaissance éternelle. » s'exclama-t-il en prenant avec ferveur les mains de Regina dans les siennes.
En voyant le jeune homme à ses pieds entrain de serrer ses mains, Regina eu furtivement l'impression d'être une princesse courtisée par son prince charmant. Cette pensée la fit sourire de plus belle : leurs vies n'étaient pas des contes de fées, mais c'était peut être le signe que les choses étaient entrain de changer pour eux. Peut être que finalement ils pourraient connaitre le bonheur. « Oh mon dieu, qu'est-ce qu'il m'arrive ? Moi qui ai toujours détesté les contes de fées je me mets à croire aux : et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants ! Pitié Regina, ne devient pas niaise à ce point ! » se reprit-elle. Puis elle ajouta à l'intention de Robin en secouant la tête :
« Désolée mais je n'y suis pour rien. »
« Quelle modestie ! Elle vous honore mais est inutile. Je sais que c'est vous : Roland m'a dit qu'une belle dame qui vous ressemble comme deux gouttes d'eau est venue lui rendre visite, et ce juste avant que le don ne soit fait. Et en plus, l'infirmière du service pédiatrie nous a dit qu'une fée bleue veillait sur nous. Toujours d'après Roland, la belle dame était habillée en bleu. »
Regina réprima un geste d'agacement. Et dire qu'elle s'était crue discrète ! Elle n'avait pas voulu que Robin sache qu'elle avait payé l'opération et voilà qu'il l'attendait chez elle pour la remercier ! Elle repoussa nerveusement une mèche de cheveux qui retombait sur son visage et lança, plus agressivement qu'elle ne l'avait souhaité :
« Oui, bon. J'ai plus d'argent que je ne pourrai en dépenser tout au long de ma vie, alors autant que ça serve à quelqu'un qui en a vraiment besoin. Des millions de personnes font des dons tous les jours, alors on va pas en faire tout un plat ! »
Au lieu de se vexer à cause du ton quelque peu violent de Regina et de se lancer dans une joute verbale, Robin se contenta de lui demander en l'enveloppant d'un regard tendre :
« Alors comme ça vous m'aimez beaucoup ? En tout cas, c'est ce que Roland m'a dit… » En voyant la mine perdue, presque effrayée qui s'affichait sur le visage de la jeune femme, il ajouta doucement « moi aussi je vous aime beaucoup Regina. »
Il s'avança vers elle. Il avait envie de la serrer fort contre lui, mais il se contenta de reprendre ses mains dans les siennes par peur de la brusquer. Il lui murmura au creux de l'oreille :
« Moi aussi j'ai peur Regina, tout cela est tellement nouveau. Mais je peux vous promettre une chose : je ne pourrai jamais vous faire de mal. »
Regina était bel et bien perdue. Elle avait voulu revoir Robin de toutes ses forces, et maintenant qu'il était devant elle, elle se sentait apeurée et ne savait plus quoi lui dire. Elle tenta de prendre du recul, elle réalisa que c'était complètement dingue de donner sa confiance à un homme qu'elle connaissait à peine. Un voleur de surcroit. Elle allait retirer ses mains et le sommer de partir immédiatement quand elle croisa ce regard azur qui la subjuguait et la poursuivait jusque dans ses rêves. Robin la regardait. Personne ne l'avait jamais regardée de cette manière, pas même Daniel. Il y avait quelque chose d'indéfinissable dans ses yeux azurs, dans son visage, son sourire, qui lui fit comprendre qu'à ce moment précis elle était tout ce qui comptait pour lui. Qu'elle était tout ce qu'il désirait. Ça pouvait paraitre complètement fou mais elle savait depuis le début que malgré son activité de voleur, Robin était un homme bien en qui elle pouvait avoir confiance. Elle ne devait ses craintes qu'à elle-même, et non au comportement du jeune homme. Elle sentit les barrières qu'elle s'était évertuée à dresser entre elle et le reste du monde s'effondrer. A l'hôpital, elle avait décidé de changer de vie, de briser cette solitude qui l'étouffait. Elle sut, comme s'il s'agissait d'une évidence, que Robin était l'homme qui allait la rendre heureuse, pour peu qu'elle décide de s'ouvrir à lui. Comme la première fois où ils s'étaient retrouvés si proches, elle eu envie de se blottir contre lui, à la différence qu'elle se sentait désormais prête à lâcher prise, à se laisser aller à ses sensations. Elle fit un pas vers lui, se pressant contre son torse. Elle sentit contre sa poitrine le cœur de Robin qui battait à la chamade. Les battements résonnaient en elle, à l'unisson avec son propre cœur. Elle approcha lentement son visage du sien.
« Maman ? » Henry se tenait sur le seuil de la porte, les yeux écarquillés, bouche bé.
Le voleur et la politicienne firent chacun un bond en arrière, tels deux adolescents pris en faute. A son grand désarroi, Regina s'entendit ricaner bêtement à cause de sa gêne. Elle ressenti une forte culpabilité en s'apercevant qu'elle avait complètement oublié que son fils l'attendait pour manger. Bien évidement elle était gênée qu'il la surprenne dans les bras d'un homme qui lui était inconnu, mais ce n'était pourtant pas ce qui la gênait le plus : la première fois que Robin et elle avait failli s'embrasser, elle l'avait repoussé, affolée par les sentiments contradictoires qui la traversaient et maintenant qu'elle se sentait prête à croire en eux et était bien décidée à le lui prouver, son fils débarquait dans sa chambre. Elle se rendit compte qu'elle se sentait frustrée par cette situation : elle en avait assez de jouer au chat et à la souris avec Robin, ils allaient devoir se mettre d'accord sur le type de relation qu'ils souhaitaient entretenir. Elle sortit de ses pensés et s'aperçut que le garçon et le jeune homme étaient plongés dans une grande conversation qui semblait extrêmement sérieuse. Immédiatement elle sentit son estomac se nouer. « Mon Dieu ! Pourvu qu'Henry ne soit pas trop choqué par la situation ! » Elle se composa un sourire qu'elle espérait détendu et les écouta.
« Non ! C'est pas possible, je ne te crois pas ! » s'exclama son fils, visiblement déconcerté.
« Je sais que ça peut paraitre incroyable, mais c'est la vérité ! » rétorqua Robin.
Le cœur de Regina se remit à battre à cent à l'heure, mais cette fois c'était la crainte qui provoquait la rapidité des battements, et non la passion que Robin faisait naitre en elle. Le jeune homme lui avait certainement expliqué la situation et Henry devait se sentir dépassé par les évènements. Elle était entrain de chercher un moyen de rattraper les choses et de le rassurer quand il se tourna vers elle et clama :
« Maman, c'est trop génial ! Robin dit qu'il va y avoir un championnat de jeux vidéo dans la ville le mois prochain ! Je pourrai y aller ? S'il te plait, s'il te plait, s'il te plait. »
Regina poussa un profond soupire de soulagement avant d'exploser de rire. Son fils avait beau être plutôt mature pour son âge, il n'en restait pas moins un enfant. Un enfant dont la préoccupation principale concernait les jeux vidéo, et non des histoires d'adultes compliquées dont il ne soupçonnait même pas l'existence. Henry continuait de la fixer d'un air suppliant, un petit sourire craquant au coin des lèvres. Sa mère n'aimait pas beaucoup les jeux vidéo mais une fois de plus elle capitula devant la bouille angélique de son fils :
« Oui, pourquoi pas. On se renseignera quand même sur les conditions. »
Henry lui sauta au coup puis proposa d'aller manger avant que les lasagnes ne refroidissent. Au moment de sortir de la pièce, il ajouta à l'intention de sa mère :
« Au fait Maman, je trouve ça super cool que tu ais enfin trouvé un petit copain. »
Avant de rejoindre Henry dans la cuisine, Regina demanda à Robin :
« Mais comment avez-vous réussi à lui parler de ce championnat de jeux vidéo au bout de trois minutes de conversation à peine alors que c'est la première fois que vous vous rencontrez ? Vous lui avez dit quoi exactement ? »
Le jeune homme prit un air faussement mystérieux puis lui murmura, comme s'il s'agissait d'un secret :
« C'est des trucs d'hommes… Vous ne pouvez pas comprendre… »
La voix d'Henry retentit dans la maison :
« Bon vous venez oui ou non ? Vous aurez tout le temps pour vous faire des bisous plus tard ! »
Robin lui attrapa la main en rigolant puis l'entraina dans les escaliers de marbres blancs qu'il commençait à connaitre par cœur.
…
Belle rêvassait devant la fenêtre de la bibliothèque qui donnait sur la rue quand un couple attira son attention. Ce couple respirait le bonheur et la complicité. Ils marchaient lentement, main dans la main. De là où elle était, Belle avait l'impression qu'ils se parlaient tendrement. La jeune femme fleur bleue qu'elle était ne put s'empêcher de se sentir heureuse pour eux. Ce n'est que lorsque le couple se rapprocha qu'elle comprit de qui il s'agissait. Robin et Regina. Le voleur et la politicienne. Bref, le couple le plus improbable qu'elle ai jamais vu.
Belle observa l'adjointe au maire, la détaillant minutieusement. Elle avait l'impression que quelque chose avait changé chez elle, mais sans parvenir à définir ce dont il s'agissait. Puis l'évidence lui sauta aux yeux : Regina Mills souriait. Pas d'un de ces sourires moqueurs et froids dont elle la gratifiait à chaque fois qu'elle la voyait. Non, elle avait un vrai sourire qui illuminait son visage et qui à cet instant précis faisait d'elle la plus belle des femmes. Regina s'était toujours montrée désagréable envers Belle, ne tentant même pas de dissimuler le mépris que lui inspirait son histoire d'amour avec Gold, pourtant elle fut contente pour elle. Gold, qui avait très bien connu la mère de Regina, lui avait souvent narré la triste jeunesse qu'elle avait subie à cause de Cora et qui avait fait d'elle cette femme glaciale et intraitable. D'ailleurs elle trouvait que son histoire était relativement proche de celle de son amant : lui aussi avait eu une enfance malheureuse qui avait fait de lui un homme dur, malhonnête et avide de pouvoir. Mais grâce à elle, il avait trouvé le véritable amour et était devenu un homme bon et comblé. Elle fut donc heureuse de voir que Regina avait finalement retrouvé l'amour. Au fond, elle aussi méritait de connaitre le bonheur. Et peut être qu'à l'instar de Rumple, elle allait cesser d'être cette femme froide et détestable.
« Ça serai bien que tu quittes un peu la fenêtre, à ce rythme là on finira l'inventaire dans un mois ! » son compagnon la regardait, les bras chargés d'une énorme pile de livres qui le faisait chanceler. Comme elle ne bougeait toujours pas, ce qui était très étonnant de la part de Belle qui était loin d'être paresseuse et adorait son travail à la bibliothèque, il lui demanda, interloqué «Tu as l'air complètement absorbé par ce qui se passe dehors, qu'est-ce que tu regardes comme ça ? »
Belle se tourna vers lui et déclara :
« Tu ne devineras jamais ce que je viens de voir ! »
…
Robin et Regina marchaient tranquillement pour se rendre à l'hôpital. Le jeune homme appréciait de plus en plus la compagnie de l'adjointe au maire, à chaque minute passée auprès d'elle il découvrait de nouvelles facettes de sa personnalité qui le ravissaient. Il avait d'abord rencontré une Regina froide et déterminée qui n'avait pas hésité à pointer sur lui son revolver, puis il s'était rendu compte qu'elle était en réalité une femme meurtrie par la vie et emmurée dans sa solitude. Aujourd'hui, il découvrait une Regina maman d'un garçon à l'esprit vif qui l'avait battu à plate couture aux jeux vidéo. Et depuis qu'ils avaient laissé Henry devant sa console pour aller voir Roland, il se rendait compte que sous ses airs hautains, la jeune femme était dotée d'un grand sens de l'humour.
Cependant quelque chose tracassait Robin. Quand il avait remercié Regina pour avoir sauvé Roland, elle avait eu l'air très contrariée, voire en colère. Il ne comprenait pas une telle réaction. Après quelques hésitations, il décida d'aborder le sujet avec elle :
« Regina, je me demandais… quand je vous ai remercié pour Roland, vous avez eu l'air très contrariée. Comment ça se fait ? » voyant que le jeune femme s'était arrêtée en entendant sa question et était perdue dans ses pensées, il continua « Je sais que vous êtes contente que je sois venu vous voir, alors pourquoi cette colère ? »
« Vous allez me trouver puérile… » marmonna Regina.
« Mais non ! Expliquez-moi, ça m'intrigue vraiment ! »
« Il était hors de question pour moi de laisser Roland mourir, mais je ne voulais pas que vous sachiez que j'étais à l'origine du don… » la jeune femme fit une pause, puis continua en soupirant « je voulais qu'on se revoit et que vous soyez heureux de me revoir parce que vous m'appréciez et que vous avez envie de passer du temps avec moi. Et non car vous estimez me devoir une reconnaissance éternelle, comme vous me l'avez dit. » En levant la tête, elle s'aperçu que Robin la regardait en souriant « Vous vous moquez de moi… Vous me trouvez ridicule… »
« Non ! Je ne souris pas parce que je vous vous trouve ridicule… je souris parce que je découvre une facette de votre personnalité que je n'aurai jamais soupçonnée ! Vous êtes une romantique Regina ! »
La jeune femme leva les yeux au ciel et s'écria :
« Mais c'est encore pire ! »
Robin riait intérieurement, il aimait beaucoup la taquiner et il avait la certitude qu'il allait pouvoir s'en délecter pendant longtemps. Il passa un bras autour des épaules de Regina et lui avoua :
« C'est parfaitement normal que je vous remercie pour ce que vous avez fait, mais rassurer vous je ne suis pas venu vous voir car je m'en sentais obligé. J'aurais très bien pu faire semblant de ne pas savoir que c'était vous d'ailleurs. Je suis venu car j'ai envie de vous découvrir encore plus et d'avoir une place dans votre vie. »
Regina le regardait avec intensité, toute trace de peur avait disparu de ses yeux bruns. Il s'approcha d'elle encore plus près, réduisant à néant l'espace qui subsistait entre leur deux corps. Elle pressa doucement ses lèvres contre les siennes, se moquant éperdument des passants qui les fixaient avec curiosité et des conséquences que cela pourrait engendrer. Robin serra Regina dans bras, comme pour l'empêcher de s'échapper une fois de plus. Il était heureux. Un bonheur pur et simple qu'il ne se souvenait pas avoir déjà ressenti. Il avait la sensation que tout ce bonheur circulait en lui et envahissait son esprit qui exultait de sentir ce baiser qui s'était fait tant attendre. Lorsqu'ils se séparèrent il ne savait pas si leur baiser avait duré quelques secondes ou quelques heures, mais son souffle lui manquait comme si leur étreinte avait duré une éternité. Il l'entendit soupirer de plaisir lorsqu'à son tour il effleura ses lèvres. Elle détourna finalement son visage qu'elle enfouit dans son cou, respirant cette odeur musquée et boisée qui le caractérisait.
Sans avoir à se concerter, ils finirent par se séparer pour reprendre leur marche vers l'hôpital où Roland et Petit Jean les attendaient.
….
Robin et Regina arrivèrent à l'hôpital par le jardin. Les feuilles des arbres étaient presque toutes tombées, signe que l'hiver approchait à grand pas. La jeune femme aperçut assis sur un banc l'infirmière rousse qui travaillait au service pédiatrie en compagnie d'un homme de forte corpulence vêtu d'un costume noir qui lui donnait une allure très chic. Regina n'était pas une experte en relations amoureuses mais elle comprit instantanément qu'il ne s'agissait pas d'un rendez-vous professionnel.
« Regarde, l'infirmière qui n'a pas su tenir sa langue est en pleine séance de drague avec un type aux cheveux longs ! » chuchota-t-elle à son compagnon.
« Le type aux cheveux longs c'est Petit Jean ! » s'étouffa Robin « Pourquoi il m'a pas dit que cette fille lui plaisait ? Je suis son grand frère quand même ! »
« Je suppose qu'il n'a pas voulu t'en parler car tu avais d'autres préoccupations avec la maladie de Roland. Comment s'appelle cette fille ? »
« Ariel. Elle s'appelle Ariel. »
« Hein ? Une rousse aux yeux bleus qui s'appelle Ariel ! Il ne manquerait plus qu'elle soit championne de natation et collectionne les fourchettes et ça serait la totale. » se moqua-t-elle « En tout cas ton frère est très élégant. Je ne l'imaginais pas du tout comme ça. »
« C'est surement parce que d'habitude il n'est pas comme ça. Je peux compter sur les doigts d'une main le nombre de fois où je l'ai vu en costume ! J'en reviens pas qu'il me fait autant de cachotteries ! » bougonna Robin en croisant les bras, tel un enfant mécontent. Regina le contemplait, une moue réprobatrice sur le visage :
« Parce que toi tu lui as parlé de nous peut-être ! »
« C'est pas pareil. » répondit-il avec mauvaise foi « Bon on va voir Roland, on va faire attention à ne pas les déranger. »
Le couple contourna le banc en faisant le moins de bruit possible, ce qui n'était pas bien utile dans la mesure où Ariel et Petit Jean étaient comme enfermés dans une bulle. Le reste du monde semblait ne plus exister pour eux.
Roland était toujours hospitalisé au service des soins intensifs : l'opération qu'il avait subie avec succès était très lourde, l'enfant avait donc besoin des soins permanents et devait rester sous une surveillance constante. Lorsqu'ils entrèrent dans la chambre blanche, le petit garçon était endormi à cause des sédatifs qui lui avaient été administrés en début d'après midi. Il s'éveilla finalement au bout d'une demi-heure. Un grand sourire illumina son visage quand il vit son père main dans la main avec Regina. Robin serra son fils dans ses bras. La jeune femme se demandait ce qu'elle devait faire et qu'elle était sa place auprès de l'enfant quand Roland lâcha son père pour tendre ses petits bras dans sa direction. Elle s'avança timidement vers lui et le serra à son tour dans ses bras. Le petit garçon en profita pour lui glisser dans l'oreille :
« J'étais sur que vous êtes l'amoureuse de Papa. C'est trop bien. »
En entendant les paroles de son fils, un sentiment de plénitude envahit Robin. Après des années de tristesse et de malheurs, la vie lui souriait à nouveau : il avait rencontré une femme magnifique qui avait sauvé son fils, celui-ci appréciait déjà Regina, et cerise sur le gâteau Petit Jean semblait sur le point de vivre une jolie histoire avec l'ancienne infirmière de Roland.
« Tout est absolument parfait. » songea-t-il en écoutant Regina promettre à Roland qu'elle regardera en sa compagnie la suite des X-men avec plaisir.
….
Gold venait de fermer sa boutique quand il entendit des coups frappés à la porte. Il se contenta de crier depuis l'intérieur :
« C'est fermé ! Revenez demain ! »
Les coups redoublèrent d'intensité, ce qui eu pour effet de l'énerver au plus haut point. Il se rua sur la porte, l'ouvrit brutalement et resta paralysé sur place. Une femme encadrée de deux grades du corps se tenait sur le seuil du magasin. Elle devait avoir pas loin de soixante ans, mais grâce à son attitude majestueuse, ses vêtements luxueux et à un maquillage sophistiqué elle en paraissait à peine cinquante.
« Bonsoir Rumple. Tu ne m'invites pas à entrer ? »
« Non. Je te l'ai dit, la boutique est fermée. » siffla-t-il en tentant de masquer ses craintes.
« En fait ce n'était pas une question ! » en disant ces mots, elle bouscula l'antiquaire et entra dans le magasin tout en faisant signe à ses gardes du corps de rester à l'extérieur.
« Qui êtes-vous ? » demanda Belle qui venait de surgir de l'arrière boutique. La jeune femme avait un ton agressif, présentant que la venue de cette femme n'allait apporter que des problèmes. L'intruse posa son regard sur elle, un sourire de dédain se dessina sur ses lèvres :
« Alors c'est ça ta nouvelle femme ? Franchement je pensais que tu avais plus de gout ! Enfin assez discuté de quelque chose d'aussi inintéressant. Je suis venue te voir car je sais que tu es au courant de tout ce qui se passe dans cette ville. J'ai entendu dire que l'adjointe au maire ne s'occupait plus de sa campagne électorale à cause d'un homme à l'origine plus que trouble. Est-ce vrai ? »
« Je n'en sais rien. Je ne me mêle pas de ce genre histoires. » bluffa-t-il en espérant que ça suffirait à la faire partir.
Malheureusement pour lui, un des gardes du corps entra alors dans la boutique, sortit de derrière son dos une batte de Baseball et pulvérisa un vase en porcelaine.
« Belle va-t-en ! » ordonna Gold à sa femme.
« Non ! Je reste avec toi ! Et vous faites partir vos gardes du corps ! » cria-t-elle à l'intruse.
L'antiquaire se tourna vers elle dans le but de réitérer son ordre quand il s'aperçu que la jeune femme tenait entre ses mains une grande épée effilée qui avait appartenu à un pirate. Il vit la femme demander à ses gardes du corps de battre en retraite. « Belle est vraiment une femme courageuse et intelligente. » se félicita-t-il.
« Rumple, je m'inquiète pour Regina ! Léopold m'a appelé, il ne comprend pas ce qui se passe avec elle. Si elle continue comme ça, elle ne deviendra pas maire et perdra son travail ! »
« Et toi la seule solution que tu as trouvé pour l'aider c'est venir me menacer et casser mes affaires ! » répliqua-t-il avec ironie.
« Je sais ce n'est pas très subtile, mais je me souviens de ce qui s'est passé la dernière fois qu'on s'est vu… Je voudrais juste que tu me dises si ces rumeurs sont fondées ou non. Je sais que toi tu ne me mentiras pas car, même si tu refuses de l'admettre, tu as encore beaucoup d'affection pour elle. »
« D'accord mais après tu t'en vas. Je sais qu'elle entretient une nouvelle relation avec un homme. Par contre ne me demande qui c'est, je n'en ai aucune idée ! Léopold aussi m'a contacté pour me dire que son désintérêt pour la campagne électorale l'inquiétait… Tout ce que je peux te dire c'est qu'elle a l'air très amoureuse, et que j'en suis heureux pour elle. »
En entendant Rumple parler d'amour, son interlocutrice avait pâlit. Gold qui la connaissait bien savait que sous son air calme, elle était folle de rage, ce qui le réjouissait profondément. Il haïssait cette femme autant qu'il la craignait.
« Je ne laisserai pas cet homme réduire à néant des années de travail. Regina doit devenir maire. » les traits de Cora se crispèrent « Il est grand temps que ma fille se souvienne de la plus importante leçon que je lui ai inculquée : l'amour est une faiblesse. »
La mère de Regina quitta la boutique sans même daigner jeter un dernier regard à Gold et sa compagne. Belle se précipita sur son téléphone pour avertir Regina et Robin de la menace qui pesait sur eux, mais le portable de l'adjointe au maire sonnait désespérément dans le vide.
« Rumple qu'est-ce qu'on fait ? Si elle apprend que Robin est un voleur elle va le jeter en prison, comme Daniel ! Et cette fois elle n'aura même pas besoin d'inventer des mensonges ! On ne peut quand même pas la laisser faire du mal à Robin et Jean… Rumple qu'est-ce qu'on fait ? »
Gold fixait la porte de sa boutique. Cora était un monstre. S'il aidait Robin et Jean et qu'elle s'en apercevait il savait parfaitement qu'elle le punirait en s'attaquant à la personne qu'il aimait le plus au monde : Belle. La simple idée que Cora essayera de faire souffrir son amour et de briser leur couple le révoltait. D'un autre côté une profonde affection le liait aux deux frères, ainsi qu'à Regina, bien qu'il refusait de l'admettre en public. Il ne voulait pas que Robin et Jean se retrouvent en prison, laissant le pauvre Roland tout seul. Il ne voulait pas non plus que Regina ai une seconde fois le cœur brisé alors qu'elle commençait tout juste à connaitre le bonheur. Gold réalisa que quoiqu'il fasse, il n'en sortira pas indemne.
Belle connaissait son amant, quand il ouvrit la bouche pour lui répondre elle savait déjà quels seraient ses mots. Elle savait aussi qu'ils n'allaient pas lui plaire.
« Honnêtement Belle, je ne sais pas. »
Le chapitre est fini :) N'hésitez pas à me laisser vos remarques, qu'elles soient positives ou négatives. Je posterai le chapitre 6 le week end prochain, j'espère qu'il vous plaira ! Encore un grand merci à tous ceux qui me laissent des reviews, je ne vous dirai jamais assez à quel point ça me fait plaisir d'avoir des retours !
