Chapitre 7 : Tu as perdu, très chère.

« Où a bien pu passer mon livre ? Regina vous n'auriez pas vu mon livre ? C'est un recueil de contes qui appartient à la bibliothèque. » demanda Belle en passant la tête dans l'entrebâillement de la porte de la cuisine.

« Non. Vous devriez demander à Gold, il l'a surement rangé avec vos autres affaires. » lui répondit la maitresse de maison qui s'acharnait à préparer seule un énorme plat de lasagnes. Elle entendit la jeune femme crier depuis le rez de chaussée :

« Rumple tu es où ? »

« Aux toilettes. Qu'est-ce que tu veux ? » la voix de l'antiquaire provenait de l'étage. Regina surgit de la cuisine, son tablier maculé de sauce tomate, et cria à son tour :

« Ne me dit pas que tu es dans mes toilettes personnelles ? Je t'ai dit d'utiliser celles qui sont près du salon ! Franchement tu exagères ! »

« Je sais mais Henry y est depuis plus d'un quart d'heure ! » se défendit-il en grognant.

« C'est même pas vrai ! Il ment ! » clama le garçon qui justement sortait des toilettes « Et puis à son âge il devrait être capable de se retenir ! » ajouta-t-il avec malice alors que Rumple descendait les escaliers.

« Comment ça à mon âge ? Tu me prends pour un dinosaure ou quoi ? » s'exclama Gold en prenant un air choqué, ce qui eu pour effet de faire pouffer de rire Henry.

« Hé mais c'est toi qui m'a piqué mon livre ! » Belle venait de remarquer que le garçon tenait entre ses mains le précieux ouvrage.

« Oui, il est super. Je peux encore le garder Belle ? »

Regina n'attendit pas la fin de la conversation et retourna dans sa cuisine en trainant les pieds. Les choses devenaient vraiment compliquées. Non seulement Robin et Petit Jean étaient cloitrés dans la forêt, mais en plus elle se retrouvait obligée d'héberger Gold et Belle puisque sa chère mère avait brulée leur boutique et leur logement. Et par-dessus le marché Henry s'amusait comme un petit fou à enquiquiner le vieil antiquaire au lieu de faire ses devoirs. Sa maison était suffisamment grande pour accueillir tout ce petit monde, mais la cohabitation s'avérait compliquée. Et ce n'était que le premier jour ! Alors qu'elle se retournait pour prendre une spatule sur le plan de travail, elle sursauta en s'apercevant que Belle se tenait derrière elle en silence.

« Vous avez besoin d'aide ? »

Regina s'apprêtait à lui balancer un « non » glacial quand elle se ravisa. La jeune bibliothécaire tentait tout simplement de se montrer gentille en lui proposant son aide. C'était probablement sa façon de la remercier de les soutenir, Gold et elle, dans cette épreuve. Elle lui désigna du bout de sa spatule la corbeille de fruits posée sur la table :

« Vous pouvez peler et couper des fruits pour faire une salade de fruits pour le dessert. »

« D'accord. »

Belle dénicha un couteau propre parmi les ustensiles de cuisine éparpillés sur le plan de travail et commença à éplucher des poires. Au bout de quelques minutes d'un silence pesant, elle reprit la parole.

« En fait je voulais vous parler Regina… » puis elle ajouta en baissant la voix « J'ai l'impression que toute cette histoire avec votre mère est beaucoup plus difficile à vivre pour Rumple qu'il n'essaye de le faire croire. En fait ça commence à vraiment m'inquiéter. Vous savez pourquoi ils se détestent tant et pourquoi elle a brulé sa boutique ? Parce que moi j'avais compris qu'elle en avait après Robin, pas après Rumple. Et il ne veut pas en parler… Il prétend que tout cela ne l'atteint pas mais je vois bien que c'est faux. »

Regina enfourna son plat de lasagnes et vint s'assoir près de la jeune femme. Depuis que Belle était venue la chercher pour la conduire dans la forêt auprès de Robin, Regina avait appris à la connaitre un peu mieux. Elle ne comprenait toujours pas ce qu'elle pouvait bien trouver à Gold, cependant elle avait été forcée d'admettre que la jeune femme n'était pas la petite idiote qu'elle avait crue. Elle avait découvert une femme intelligente et très cultivée qui faisait preuve d'une grande gentillesse envers tout le monde, y compris elle. Regina l'observa à la dérobée : Belle tentait de se concentrer sur sa tâche pour garder contenance, mais il était évident qu'elle commençait à se sentir submergée par tous ces évènements. La maitresse de maison ne savait pas vraiment comment s'y prendre pour la réconforter, elle était tellement plus à l'aise dans les querelles et disputes en tout genre ! Après quelques hésitations, elle posa doucement sa main sur l'épaule de la bibliothécaire, dans un geste qu'elle espérait rassurant.

« Je suis persuadée que Cora a brulé votre boutique car elle a apprit que Gold lui avait menti en prétendant ne pas connaitre Robin. Elle s'est vengée tout simplement. Malheureusement, je n'ai jamais su ce qui les avait conduits à se haïr autant. Quand j'étais petite, ils s'entendaient à merveille, à tel point que Rumple venait souvent s'occuper de moi lorsque mes parents devaient s'absenter. »

Belle étouffa un rire et dévisagea Regina :

« Ne le prenez pas mal mais non seulement je ne vous imagine pas petite fille mais en plus je n'arrive pas à imaginer Rumple jouer avec vous ! Vous êtes constamment entrain de vous disputer ! »

« Vous savez c'était déjà le cas quand j'étais petite : Rumple et moi ne pouvions pas passer un après midi à jouer à cache-cache ou aux échecs sans qu'on en vienne à se chamailler ! Mais du jour au lendemain il a disparu. J'ai fini par comprendre qu'il y avait eu une grosse dispute entre ma mère et lui. Je lui en ai beaucoup voulu de ne pas avoir essayé de me revoir. Il était mon seul ami. » la politicienne fit une pause le temps de chasser ces sombres souvenirs de ses pensées, puis reprit « Je pense que c'est normal que Rumple se sente dépassé par tout ça, ça fait quand même beaucoup ! Le cambriolage de ma maison a échoué, Roland a failli mourir, son ancienne amie Cora est venue vous menacer dans votre boutique, il a fallu cacher les deux frères, Cora a brulé votre boutique et vous vous retrouvez à devoir loger chez moi ! Il a juste besoin d'un peu de temps pour digérer tout ça… Et je pense qu'il a aussi besoin de votre soutien. »

Belle n'en revenait pas : pour la première fois depuis qu'elles s'étaient rencontrées, Regina ne s'était pas adressée à elle avec mépris ou méchanceté, mais avec gentillesse. Décidément sa rencontre avec Robin l'avait métamorphosée ! Elle réfléchit aux paroles de la maitresse de maison : elle avait surement raison, ça faisait beaucoup d'évènements intenses en trop peu de temps. Pourtant elle avait l'impression que quelque chose clochait dans le comportement de Rumple. Dans le passé il avait vécu bien pire sans jamais trembler, sans jamais douter de sa toute puissance et de sa future victoire. Certes Cora était une adversaire de taille mais elle estimait que cet argument ne suffisait pas à expliquer l'attitude étrange de son amant. Toute la nuit puis toute la journée, il s'était comporté comme s'ils vivaient leurs derniers moments ensemble, la couvrant de baisers et de mots d'amour, ce qui n'était pas son genre. L'évidence lui sauta enfin aux yeux. « Il a peur de me perdre. » Rumple lui cachait quelque chose, et il craignait qu'elle ne le quitte si elle venait à découvrir la vérité. « Reste à savoir quel est ce secret. S'il en vient à avoir peur à ce point de ma réaction, c'est que ça ne doit pas être joli. Ça a surement un rapport avec la vie d'escroc qu'il menait avant de me rencontrer. » La jeune femme sentit un sentiment de mélancolie, qui lui était jusqu'alors inconnu, la gagner peu à peu. Elle avait toujours été persuadée que, malgré son passé difficile, Rumple pourrait être un homme bon et honnête et qu'ils pourraient mener une vie simple et heureuse. Pour la première fois depuis le début de leur romance, elle se surprit à en douter.

….

Gold raccrocha son téléphone et s'assit sur le grand lit de la chambre d'amis. L'homme avec lequel il venait d'avoir une longue conversation avait été atterré par ce qu'il venait de lui révéler. Pourtant il avait mieux prit la nouvelle que ce qu'il n'avait craint. « Je m'en doutais, vous ne faites que me le confirmer » avait-il murmuré, la voix brisée. Cet homme était la pièce maitresse de son plan pour se débarrasser de Cora une bonne fois pour toutes. Un refus de sa part aurait grandement compliqué les choses. Mais il avait immédiatement accepté. « Pour le bien de Regina » avait-il décrété. Gold n'avait pas été dupe, il savait qu'il ne faisait pas ça uniquement pour le bien de la jeune femme. Il le faisait aussi pour son propre bien. Pour sa propre délivrance.

Il ne savait pas bien pourquoi, mais il lui avait parlé de ce sacrifice qu'il était prêt à faire afin d'assurer l'avenir de tous ceux qu'il aimait. Il lui avait confié sa terreur à la simple idée de devoir révéler son secret. Il s'était attendu à ce qu'il se désintéresse complètement de son histoire, voire à ce qu'il lui ordonne de cesser d'étaler devant lui le pathétique spectacle de sa vie. Il avait eu tord, sa réaction avait été toute autre. L'homme l'avait écouté patiemment avant de lui tenir un discours qui l'avait plus que surpris : « mais pourquoi leur révéler votre secret ? Cora, vous et moi nous retrouvons demain matin pour l'obliger à arrêter ses méfaits et c'est tout ! Je ne peux pas vous certifier qu'elle n'en parlera pas à sa fille, mais ça vous fait tout de même une chance sur deux pour que votre petit secret ne soit pas ébruité. » Rumple n'avait jamais considéré les choses sous cet angle. Pour lui il était évident que l'affrontement avec Cora allait se faire en présence de sa fille, de Belle et peut être même des deux frères. La question ne s'était même pas posée. Et voilà que cet homme lui affirmait qu'une autre voie était possible, qu'il n'était pas obligé de risquer de tout perdre…

Tout bien considéré, cet homme avait raison. En suivant ses conseils, il avait une chance de s'en tirer sans avoir à risquer de perdre ses proches. Et s'il parvenait à manœuvrer suffisamment bien, il pourrait même s'en tirer avec les honneurs. Au lieu de le traiter comme le lâche qu'il était, ses proches verraient en lui un héro et lui voueraient une reconnaissance éternelle. Il n'aurait plus à avoir peur d'être abandonné et de voir Belle le quitter.

Quelqu'un frappa doucement à la porte, l'obligeant à sortir de ses pensées. Henry entra et lui annonça :

« On va passer à table Monsieur Gold. Vous allez voir, les lasagnes de ma maman sont super bonnes ! »

Gold gratifia l'enfant d'un sourire tout en le suivant dans le couloir :

« Je n'en doute pas ! Je pense qu'on va passer une super soirée gamin ! »

Rumple apprécia énormément la soirée chez Regina, tant son soulagement était grand. Il trouva la nourriture délicieuse, se chamailla avec Henry et plaisanta avec Robin et Petit Jean qu'ils eurent en visioconférence. Seule ombre au tableau, Belle semblait quelque eu renfermée. Il mit ça sur le compte des évènements de ces derniers jours : la menace de Cora ainsi que la perte de leur logement l'avaient surement perturbée, ce qui était parfaitement compréhensible. Ainsi il partit se coucher l'âme en paix, prêt à affronter son rendez-vous du lendemain matin.

….

Regina venait d'emmener Henry à l'école à pieds quand, sur le chemin du retour, elle vit Gold sortir d'une boulangerie, un sachet à la main. Ne sachant pas si il l'avait remarquée, elle lui fit un grand signe de la main. L'antiquaire lui rendit son salut et l'attendit sur le trottoir. Lorsque la jeune femme arriva à son niveau il lui lança :

« Alors on profite du soleil pour aller à l'école à pieds ? Tu as bien raison, le temps est magnifique ! »

« Oui il fait très beau. Tu as acheté du pain ? » demanda-t-elle en jetant un regard intrigué au paquet de son hôte.

« Non ce sont des viennoiseries. Je me disais que Belle et toi vous pourriez aller prendre le petit déjeuner avec Robin et Jean. Ça leur ferait plaisir de vous voir, et puis comme ça tu pourrais passer un peu de temps avec ton amoureux. » voyant que Regina piquait un fard, il ajouta d'un ton joyeux « Ne soit pas si gênée ! Je suis très content pour vous. Robin est un homme merveilleux, et toi… hé bien… tu seras surement parfaite pour lui ! »

Ne sachant pas comment prendre la dernière phrase de Gold, et ne voulant pas déclencher les hostilités à tout juste huit heures moins le quart du matin, la jeune femme prit le parti de ne pas répondre. Rumple continua de parler, mais cette fois avec un ton beaucoup moins joyeux :

« Et puis ça fera du bien à Belle de sortir un peu et d'aller voir Robin et Jean. J'ai l'impression que toute cette histoire la touche beaucoup, que ça l'a beaucoup marquée. Tu sais ça me fait plaisir de voir que tu essayes de te montrer sympathique avec elle… »

Regina l'écouta papoter tout le long du chemin, étonnée de voir que le vieil homme pouvait se montrer aussi loquace. En entrant ils trouvèrent Belle qui venait tout juste de sortir de la salle de bain du rez de chaussée. Son amant lui expliqua son idée de petit déjeuner au chalet. Immédiatement la jeune femme s'écria :

« Mais tu ne viens pas avec nous ! Pourquoi ? »

« Je dois m'occuper des assurances pour la boutique et notre logement. Je dois aussi contacter des artisans pour tout reconstruire au plus vite, et il faut nous trouver un nouveau logement. On ne peut pas profiter indéfiniment de l'hospitalité de Regina ! »

Belle acquiesça d'un signe de la tête, prit le sachet que lui tendait son compagnon et se tournant vers la politicienne :

« On y va Regina ? »

Les deux jeunes femmes mirent leurs manteaux et quittèrent la maison après avoir souhaité bonne chance à Gold pour ses rendez-vous.

En montant dans la voiture de Belle, Regina sentit l'excitation monter en elle. Un délicieux fourmillement, qui lui était désormais familier, apparut au creux de son estomac, pendant que son cœur commençait à battre la chamade. Elle avait tellement hâte de revoir Robin, de pouvoir à nouveau poser ses lèvres contre les siennes ! Regina souffrait de la situation actuelle, elle ne désirait qu'une seule chose : passer du temps avec son voleur, qu'ils puissent se découvrir mutuellement un peu plus chaque jour, comme un couple normal. Mais ils étaient loin d'en être un. Depuis que sa mère avait fait irruption dans leurs vies, elle vivait dans la crainte que celle-ci ne s'en prenne à son nouvel amour et qu'il finisse par subir le sort de Daniel. Elle craignait aussi que Robin ne la quitte, bien qu'il lui ait assuré qu'il n'en ferait rien. Cependant elle voyait bien que c'était une torture pour ce jeune père d'être séparé de son fils en convalescence. Et tout ça parce qu'elle était affublée d'une mère aux tendances psychopathes ! Ça avait de quoi rebuter plus d'un homme. Rapidement à ces pensées tristes se succédèrent le souvenir de leur dernier baiser, dans la forêt. Robin l'avait raccompagnée jusqu'à la voiture de Belle. Juste avant d'y arriver, il l'avait prise par la taille et l'avait embrassée avec passion. Elle ne savait pas bien comment elle s'était retrouvée le dos plaqué à un sapin, ses mains glissées sous le t-shirt de Robin, explorant son torse brulant. Tout ce qu'elle savait c'était que cette étreinte terriblement sensuelle avait fait naitre en elle des sensations et des envies dont elle ne soupçonnait même pas l'existence. « Cet homme me rend folle ! » Elle s'efforça de regarder par la fenêtre afin de cacher à la conductrice son grand sourire qu'elle jugeait niais. Au bout de quelques minutes, un détail la fit sortir de sa rêverie : elles n'étaient pas sur la bonne route.

« Belle, je crois que vous vous êtes trompée de route. »

Elle regarda la jeune femme. Son visage affichait une expression renfrognée et buttée qu'elle ne lui connaissait pas.

« Vous allez bien ? Si vous voulez je peux prendre le volant… » hasarda-t-elle. Regina commençait à comprendre qu'elle n'était pas prête de retrouver Robin. Cette simple pensé fit monter la colère en elle. Elle s'était promis de faire des efforts avec la bibliothécaire, mais si elle aussi se mettait à s'interposer entre Robin et elle, elle ne répondait plus de rien !

« Belle répondez-moi ! » ordonna-t-elle, retrouvant instantanément cet ancien ton glacial teinté de mépris qu'elle avait dédié à la compagne de Gold ces dernières années. Contre toute attente, la jeune femme ne se fâcha pas et se contenta de lui dire :

« Rumple nous ment. Il essaye de nous éloigner de votre maison. »

Une fois la stupéfaction passée, Regina décida de ne pas prendre ses paroles à la légère. La jeune femme aimait et connaissait Gold mieux qui quiconque. Si elle se permettait de faire ce genre d'affirmation sur son amour, cela signifiait que Gold devait effectivement préparer un mauvais coup.

« On continue de rouler encore quelques minutes. Après on va garer la voiture dans une rue pas loin de chez vous, et ensuite on va se planquer dans votre jardin et observer ce qu'il manigance. Une fois de plus. »

La voix de Belle était devenue rauque, elle parlait fort comme pour l'empêcher de trembler. Une fois de plus, la politicienne se demanda ce que cette jeune femme pouvait bien faire avec Gold. Elle était jeune, très jolie, intelligente et utopiste. Elle aurait pu choisir un homme qui lui ressemblait, mais non ! Elle s'était entichée de ce vieil escroc manipulateur, persuadée qu'elle pourrait faire de lui un prince charmant. Regina ressentit un élan de pitié pour elle, elle aurait aimé lui dire que tout irai bien, que Rumple tentait surement de les protéger, que tout ça n'était qu'un énorme quiproquo. Mais elle ne s'en sentait pas capable. De toute façon elle n'aurait été guère crédible puisqu'elle-même n'y croyait pas. Elle se contenta donc de murmurer un « d'accord » et d'attendre que la jeune femme décide de garer la voiture.

….

« J'ai l'impression que vous vous êtes trompée Belle. »

Une demie heure venait de s'écouler et Regina commençait à en avoir plus que mare de devoir se cacher dans son propre jardin. Afin de ne pas tâcher sa robe hors de prix, elle en était réduite à rester en position accroupie derrière son pommier. Comme elle était peu habituée à ce type d'exercices, ses cuisses commençaient à la faire terriblement souffrir. La patience n'avait jamais été le fort de la politicienne, et savoir qu'elle pourrait être dans les bras Robin au lieu de patauger dans la boue et les vers de terre ne faisait qu'empirer les choses. Cette situation l'exaspérait à un tel point qu'elle commençait à penser que Rumple avait peut être raison lorsqu'il prétendait que Belle était très marquée par les événements de ces derniers jours. Si ça se trouvait, elle s'était imaginé tout ça ! C'est à ce moment qu'elle sentit son nouveau portable vibrer dans son sac à main. Elle le sortit et vit un message s'afficher sur l'écran. « Où es-tu ? Tu me manques ma reine. » Son cœur bondit dans sa poitrine. Cette fois s'en était trop ! Elle se leva péniblement et épousseta ses vêtements, tout en ignorant les regards scandalisés de Belle. Elle s'apprêtait à quitter sa cachette quand un bruit de moteur attira son attention. La bibliothécaire tira sur le bas de sa robe pour la forcer à s'accroupir à ses côtés et lui désigna du doigt la grosse voiture luxueuse aux vitres teintées qui venait de s'arrêter devant sa maison. Regina reconnu instantanément le chauffeur qui descendit.

« Je retire ce que je viens de dire. Vous aviez parfaitement raison. » chuchota-elle à son acolyte.

Comme elle s'y attendait, le chauffeur ouvrit la portière arrière et Cora sortit majestueusement du véhicule.

…..

Une sensation de toute puissance se répandit dans son corps lorsqu'elle entra dans le hall de la maison. Elle était toujours aussi belle, elle avait toujours cette attitude altière qui faisait d'elle une femme aussi mystérieuse que désirable. Malheureusement pour elle, ses charmes n'avaient plus aucun effet sur lui. A ses yeux, elle n'était plus qu'une proie avec laquelle il allait jouer un peu avant de lui donner le coup de grâce. Une proie qui lui avait donné du fils à retordre, certes, mais son triomphe n'en serait que plus grand. Il pouvait déjà ressentir la jouissance qui allait inonder son esprit quand elle comprendrait que tout était fini. Sa chute allait être vertigineuse, tout comme l'avait été son ascension sociale.

« Bonjour Rumple. » la voix de Cora était calme, posée. Un petit sourire ironique se dessina au coin de ses lèvres « Je ne pensais pas que tu trouverais du temps pour me voir après ce malencontreux accident qui est arrivé à ta boutique. »

Gold ne releva pas la pique, et décida de passer outre l'hypocrisie à peine dissimulée de sa vieille ennemie. « Moque-toi de moi très chère ! D'ici quelques minutes tu te traîneras à mes pieds ! » songea-t-il avec délectation. Il décida d'entrer dans son petit jeu, histoire de s'amuser un peu à son tour, et lui répondit tout en l'invitant d'un geste à passer dans le salon :

« Rassure-toi je trouve toujours du temps pour une ancienne amie. Je te préviens tout de suite, ta fille n'est pas ici. »

« Je m'en doutais. Tu veux négocier loin des oreilles indiscrètes… » Cora enleva son long manteau noir et le déposa sur une chaise, dévoilant une robe, noire elle aussi, et surtout très décolletée. « Alors mon ami, que me veux-tu ? »

Elle s'assit non pas face à lui, comme il s'y était attendu, mais à sa droite. Elle riva ses yeux bleus dans les siens et posa une main gantée sur la cuisse de l'antiquaire. Ses lèvres rouges se retroussèrent en un grand sourire, laissant apparaître des dents d'une blancheur immaculée.

« J'espère sincèrement que tu ne m'en veux pas trop Rumple… Moi qui t'aimais tant… »

Sa voix était chaude et envoûtante. Sa main exerçait une douce pression sur sa cuisse, près de son entrejambe. Il la regarda. Non, vraiment, ses charmes n'avaient plus aucun effet sur lui. Cette vaine tentative de séduction ne faisait qu'augmenter la haine qu'il ressentait à son égard. Comment osait-elle croire qu'elle pourrait lui faire oublier Belle ? Il décida qu'il était grand temps de passer à l'attaque. Il se releva brusquement, se planta face à elle, et lui lança :

« Arrête ce petit jeu, c'est pitoyable et indigne de toi Cora ! Je vais être très clair, si tu ne laisses pas tomber immédiatement ton plan pour te débarrasser de Robin, alors je vais être obligé de révéler certaines choses à Regina… »

Cora se leva à son tour. Son sourire enjôleur avait disparut pour laisser place à un rictus de colère qui déformait son visage. Elle lui jeta un regard hautain empli de mépris.

« Tu as tort de me défier Rumple… Et que vas-tu lui révéler ? Que tu m'as aidé à envoyer ce Daniel en prison ? Je suis sûre que ça l'intéressera… D'ailleurs je devrais peut être le lui dire moi-même… »

« Je pensais plutôt au fait qu'Henry n'est pas son père… » rétorqua-t-il d'un ton faussement nonchalant.

Comme il s'y attendait, Cora se contenta d'exploser d'un rire mauvais.

« Alors c'est ça ton grand chantage ? Mais qu'est-ce que ça peut bien faire qu'elle apprenne que tu es son vrai père mon pauvre Rumple ? Elle te détestera un peu plus, et cette gourde de Belle te quittera surement ! Mon idiot de mari est tellement faible qu'il ne fera rien, comme d'habitude. Et moi je continuerai de m'assurer que rien ni personne ne vienne entraver la carrière de Regina ! Autrement dit j'enverrai ce Robin et son frère pourrir en prison. » Elle fit une pause, se rapprocha de son ancien amant et lui chuchota, ses lèvres à quelques millimètres de son oreille « Et toi tu resteras seul, à me supplier de bien vouloir encore de toi. »

Gold vrilla ses yeux dans les siens, un sourire de triomphe s'étirant sur ses lèvres alors que des bruits de pas retentirent dans le couloir menant au salon. Cora se retourna et ne put retenir un cri en voyant l'homme qui se tenait dans l'embrasure de la porte.

« Tu as perdu, très chère. »

….

Regina s'agrippait nerveusement au manteau de Belle, tel une naufragée à sa bouée de sauvetage. La bibliothécaire se sentait tout aussi perdue qu'elle, et ne savait que faire pour aider la jeune femme. Lorsque Cora était entrée dans la maison, elles avaient quitté leur cachette pour venir se dissimuler sous l'une des fenêtres du salon.

« Comme ça on pourra tout entendre sans être vues. » avait-elle expliqué. Maintenant Regina le regrettait amèrement. Elle ne savait plus quoi penser, en fait elle ne parvenait tout simplement plus à penser. Sa mère, Daniel, Gold, son père… tout se mélangeait dans sa tête en une spirale infernale. Toute sa vie n'était que mensonges. Son premier réflexe avait été de se précipiter dans sa maison, pour leur hurler dessus. Déverser sur eux tout ce qu'elle avait sur le cœur, et plus que tout, faire souffrir sa mère. Mais quelques secondes plus tard, elle n'avait plus qu'une envie : aller chercher Henry à l'école, et partir loin de cette ville en compagnie Robin et son fils. Au fond elle savait pertinemment que la fuite ne pouvait pas être une solution à long terme, mais elle en avait assez de toutes ces histoires. Elle avait besoin de se reposer, de penser à autre chose. De penser à elle, à son bien être. Regina était sur le point de se relever pour se rendre à sa voiture, quand une voix d'homme retentit dans le salon. Elle connaissait cette voix par cœur, elle l'aurait reconnu entre mille. Une lueur d'espoir brilla dans ses yeux. Si quelqu'un pouvait aider Gold à mettre un terme à cette histoire de fou, c'était bien lui.

Le chapitre 7 est enfin terminé ! Je m'excuse pour tout le temps que j'ai mis à le publier, j'ai beaucoup de travail ces derniers temps. J'espère que ça aura valut le coup pour vous d'attendre une semaine de plus ! Comme d'habitude je vous remercie pour vos reviews qui m'aident toujours autant. N'hésitez pas à me donner vos avis et vos impressions sur ce nouveau chapitre :) Je vais tout faire pour publier le chapitre 8 le week end prochain ! En attendant passez un bon week end et une bonne semaine :)