Chapitre 8 : Retrouvailles.
Petit Jean commençait à avoir le tournis à force de regarder son frère faire les cents pas autour de la table de la cuisine.
« Tu veux bien arrêter deux minutes ? Tu me stresses Robin ! »
Son frère tira une chaise et se laissa tomber lourdement dessus. Pour la énième fois depuis une heure, il répéta :
« Elles devraient déjà être là ! Cora a peut être encore frappé… il leur est peut être arrivé quelque chose de grave ! »
Et pour la énième fois, Petit Jean entreprit de lui démontrer que ses propos ne tenaient pas la route :
« D'accord Cora est une connasse, mais elle ne ferait jamais de mal à sa fille ! Enfin pas physiquement… Je te rappelle que si elle en a après nous, c'est justement parce qu'elle pense qu'on gâche la carrière de Regina. Et puis s'il s'était encore passé quelque chose, comme avec la boutique de Rumple, tu penses bien que quelqu'un nous aurai immédiatement mis au courant. »
Robin passa une main dans ses cheveux, qui décidément devenaient trop longs, et poussa un profond soupire. Jean ne put s'empêcher de penser que depuis qu'ils étaient enfermés dans ce chalet, Robin devenait lunatique. Il passait de la colère à l'abattement en un quart de seconde, ce qui avait pour don de l'agacer. Il comprenait que la situation était très stressante pour son frère, lui aussi était de plus en plus inquiet d'ailleurs, mais il ne passait pas pour autant ses journées à râler !
« Je sais, je sais… Tu as raison. Mais ça me rend fou tout ça. Et le pire c'est qu'il y a Roland au milieu de toute cette histoire ! Il ne comprend pas pourquoi ça fait deux jours qu'on ne vient plus le voir. Il a huit ans, il a failli mourir et son père n'est pas à ses côtés pendant sa convalescence ! »
« Et oui, de toutes les femmes de la ville il a fallut que tu choisisses celle qui a une mère psychopathe et sans cœur ! Franchement Robin tu abuses ! » s'exclama Petit Jean en riant.
Il avait essayé de faire un peu d'humour, histoire de détendre l'atmosphère, mais en voyant le regard noir que lui lança son frère il comprit que c'était raté. Il avait juste réussi à l'énerver un peu plus. Par le passé, les deux jeunes hommes avaient régulièrement dû rester cachés dans leur planque perdue au milieu de la forêt, et à chaque fois tout se passait merveilleusement bien. Petit Jean en gardait même d'excellents souvenirs ! En revenant dans le chalet, il avait couvé l'espoir de pouvoir revivre de tels moments en compagnie de Robin, mais il avait été rapidement ramené à la réalité. Rien n'était plus comme avant. Ils n'étaient plus deux jeunes voleurs libres et insouciants qui venaient de cambrioler la demeure d'un riche homme d'affaire et qui attendaient que Gold ai revendu les divers bijoux et objets d'arts pour offrir les bénéfices à des associations. Ils étaient désormais deux hommes avec un enfant malade à charge traqués par une femme surpuissante qui avait décidé de les envoyer croupir en prison. Et pour protéger cet enfant, ils ne pouvaient plus passer leurs journées et leurs nuits à l'hôpital. Ils ne pouvaient plus le voir, et cette situation devenait intolérable pour Robin, le rendant colérique et lunatique.
« Je te rappelle que sans elle Roland ne serait plus en vie. » commença le voleur d'un ton menaçant en se levant de sa chaise « Si elle ne te plait pas c'est la même chose ! Elle en vaut la peine ! »
Le jeune homme leva les mains en signe d'apaisement, tout en se disant que la journée allait être sacrément longue si finalement les filles ne venaient pas leur rendre visite. Il prit quelques secondes pour réfléchir aux phrases qu'il allait formuler : il n'était pas question de créer de nouvelles tensions.
« Je la connais pas tellement, mais je peux te dire que je l'ai trouvée très sympathique quand on s'est tous retrouvé au chalet pour faire le point. Elle a l'air d'être une femme forte et très intelligente… Et en plus elle est plutôt pas mal physiquement, hein ? Tu as vraiment bon gout frérot ! »
Les dernières phrases eurent l'effet escompté : un sourie où gêne et fierté se mêlaient apparut sur le visage de Robin. Il vint s'assoir près de son frère et se livra enfin à quelques confidences sur sa rencontre avec Regina et sur les sentiments qu'il éprouvait pour la jeune femme. Petit Jean savoura ce moment de complicité avec son frère, il avait l'impression que ça faisait une éternité qu'ils n'avaient plus discuté et ri ensemble de la sorte.
…
Gold exultait. Tout dans son attitude transpirait la victoire et la délectation, de ses yeux soudainement devenus brillants à son sourire carnassier qui lui donnait une allure de crocodile. Quand à Cora, elle semblait avoir été changée en statue. Elle regardait d'une façon peu élégante l'homme qui lui faisait face : les yeux écarquillés, la bouche grande ouverte, les épaules affaissées, elle avait perdu son maintien de reine et semblait sous le choc. L'homme la contemplait, une expression indéfinissable sur le visage. Etait-il triste, en colère ou au contraire soulagé ? « Probablement un peu tout ça à la fois » songea Gold avec un pincement au cœur. C'est à ce moment qu'il comprit à quel point son amour pour Belle l'avait transformé : bien que la chute de son ancienne maitresse l'emplisse de joie, il ne pouvait s'empêcher de s'en vouloir d'avoir du révéler à cet homme le véritable lien qui l'unissait à Regina. Gold avait beau se répéter qu'il n'avait pas eu le choix, que c'était le seul moyen de sauver ses amis, il n'en ressentait pas moins une forte culpabilité.
« Qu'est-ce que tu vas faire maintenant ? » demanda Cora à son mari d'une voix blanche.
Henry mit quelques secondes à répondre à sa femme, secondes qui leur parurent durer une éternité. Gold en profita pour se mettre en retrait. Le règlement de compte du vieux couple ne le concernait pas, toutefois il n'avait pas l'intention de quitter la pièce : connaissant Cora elle en profiterait pour tenter de manipuler son mari et le convaincre que toutes ces horreurs n'étaient que mensonge et illusion.
« Je vais demander le divorce. » la phrase tomba net, comme un couperet « Et comme le veut notre contrat de mariage, tu n'obtiendras rien de ma fortune. Pas même un centime. »
Sa femme s'effondra dans le canapé, enfouissant son visage entre ses mains délicatement manucurées. Gold comprit rapidement qu'Henry était touché de la réaction de Cora. Il était évident qu'il était pris dans un conflit intérieur, hésitant à la consoler, ne sachant que faire. Agacé, l'antiquaire qui s'était pourtant promis de ne pas s'en mêler, le mit en garde :
« Ne vous leurrez pas Henry, ce n'est pas la fin de votre mariage qu'elle pleure. C'est uniquement la perte de sa fortune et de sa puissance qui la mettent dans cet état ! »
Un rictus de douleur passa furtivement sur le visage du vieil homme. Pourtant il bomba le torse, affichant un air de profonde dignité que son impeccable costume noir ne faisait qu'accentuer. En cet instant il n'avait rien de l'homme faible dont Cora se plaignait et se moquait constamment. Avec sa couronne de cheveux blancs, son imposante chevalière en or et son regard empreint de noblesse, Gold se surprit à lui trouver cette allure majestueuse caractéristique des rois d'antan. Quand il ouvrit la bouche, ce fut pour parler à sa femme d'un ton posé :
« Durant toutes ces années je me suis persuadé que malgré ta froideur tu nous aimais, Regina et moi. En réalité tu ne fais que te servir de nous pour obtenir toujours plus de puissance et d'argent. Aujourd'hui tu es prête à jeter un jeune père en prison, à laisser son fils de huit ans, malade de surcroit, seul au fond de son lit d'hôpital, pour forcer ta fille à devenir le maire de la ville. C'est monstrueux. »
Cora se dressa comme une furie et lui hurla :
« Ce n'est qu'un sale voleur, un minable qui ne la mérite pas ! Comment peux-tu le défendre ? Si je fais ça c'est parce que j'aime Regina ! Tu n'es qu'un faible ! »
« Tu appelles ça de l'amour ? Ecoutes bien ce que je vais te dire Cora. Tu as raison : je suis un faible. Il y a bien longtemps que j'aurai du divorcer et t'écarter de ma fille mais j'ai été trop lâche pour le faire. Aujourd'hui c'est fini. Gold et moi feront tout ce qui est en notre pouvoir pour t'empêcher de faire du mal à Regina. »
Cora se leva et fit face à son mari. Le dos droit, les points serrés, la mâchoire crispée, elle avait retrouvé sa superbe et affichait une expression où la haine se disputait au mépris.
« Tu peux divorcer, tu peux me priver d'argent, ça ne m'empêchera pas d'intervenir dans la vie de Regina. Je veux qu'elle soit une femme puissante et influente et elle le sera. »
Gold s'approcha lentement du couple et vint se placer à côté d'Henry. Il nota avec satisfaction que Cora avait légèrement pâlit en voyant les deux hommes unis contre elle. C'est avec un immense sourire qu'il lui annonça :
« Mais très chère, quand Henry parle de t'empêcher de gâcher la vie de Regina, il ne parle plus du divorce… Il parle des preuves de tes méfaits que nous avons rassemblées ces derniers jours… »
« Quelles preuves ? Il n'y a aucune preuve ! » souffla Cora.
« Voyons très chère, comme tu l'as dit toi-même il y a quelques minutes, je t'ai aidé dans une bonne partie de tes méfaits. Notamment le pire d'entre eux : le sort que tu as réservé à Daniel. Et, vois-tu, je n'ai jamais détruit les preuves comme tu me l'avais demandé, juste au cas où. Je me disais que ça pourrait m'être utile un jour, et j'avais raison, comme toujours. »
« Autrement dit Cora, si une fois le divorce terminé tu ne sors pas définitivement de nos vies à tous et par tous je veux dire nous deux ainsi que Regina, son nouveau compagnon et la famille de celui-ci nous feront en sorte que tu passes le restant des jours dans une prison pour femmes. »
Le visage de Cora, d'ordinaire si beau, se décomposa. Malgré son maquillage subtilement travaillé pour la rajeunir, Gold eu la soudaine impression de se trouver face à une vieille femme. « C'est comme une fleur qui se fane » pensa-t-il. Elle était arrivée la tête haute et le sourire aux lèvres, pleine de confiance en elle. Mais maintenant ses traits étaient tirés, fatigués, ne laissant plus le moindre doute sur son âge. Elle attrapa son manteau, et marcha d'un pas raide jusqu'à la porte. Elle se retourna lentement, les yeux pleins de haine et de colère. Elle ouvrit la bouche, avant qu'elle n'ait le temps de prononcer le moindre son, Gold lui lança :
« Laisse tomber Cora, tu as perdu. »
Henry renchérit :
« Tu n'auras pas le dernier mot, alors épargne nous ta méchanceté et vas-t'en. Mes avocats te contacteront très vite. »
Cora fit volte-face et quitta la maison en claquant violement les portes et en reversant tout ce qui se trouvait à porté de ses mains.
…
Regina et Belle étaient toujours accroupies sous l'une des fenêtres du salon de la grande demeure de la politicienne. La bibliothécaire tenait fermement la main de son acolyte dans les siennes en signe de soutien. Elle avait bien conscience que c'était peu de chose face à la révélation qu'elle devait affronter, mais elle se disait que ça ne pouvait pas lui faire de mal de se sentir soutenue.
De grands bruits retentirent dans la maison. La jeune femme en déduisit que Cora devait détruire des objets appartenant à Regina, sous le coup d'une rage dévastatrice. Elle sentit la politicienne lui retirer doucement sa main.
« Qu'est-ce que vous allez faire ? » chuchota-elle en s'apercevant que Regina se levait.
« Elle doit savoir que je suis au courant. » répondit-elle sans plus se donner la peine de murmurer.
« Vous êtes sûre que c'est une bonne idée ? »
« Je m'en moque. »
La jeune femme marcha aussi rapidement que ses escarpins couverts de boue qui s'enfonçaient dans la terre du jardin le lui permettaient. Elle se planta près de la limousine de sa mère et n'eu à attendre que quelques secondes pour voir celle-ci jaillir de la maison. Cora s'immobilisa et ne parvint qu'à articuler :
« Tu étais là ? » puis en se reprenant, elle ajouta « Ma chérie, tu dois comprendre que tout ce que je fais c'est pour ton bien. »
« C'est pour mon bien que tu as fait croire à Papa que j'étais sa fille, que tu as emprisonné Daniel et que tu me gâches la vie depuis que je suis née ? Je ne veux plus te voir. Plus jamais. »
« Regina… »
Le regard de Cora passa par-dessus l'épaule de sa fille pour fixer quelque chose derrière elle. Regina se retourna furtivement et remarqua que son père et Gold étaient à leur tour sortis de sa maison.
« Pars. » ordonna Regina d'un ton aussi glacial que menaçant.
Cora obéit docilement. Elle monta dans sa limousine et ordonna à son chauffeur de démarrer.
…..
« Vous avez l'air triste. »
« Ce n'est rien Roland, ne t'inquiète pas. » lui répondit Regina en ébouriffant les cheveux du petit garçon. Celui-ci afficha une moue dubitative qui fut presque immédiatement remplacée par un grand sourire. Il lui tendit sa grande figurine Spiderman en lui expliquant :
« Moi quand je suis triste je serre tout fort mon Spiderman. Je vous le prête pour qu'il vous console. »
Les mots si gentils de l'enfant lui arrachèrent un sourire. Elle le remercia et porta le super-héro de plastique contre son cœur.
« Ça va aller Regina ? » Petit Jean était revenu dans la chambre, tandis que Robin continuait d'échanger avec les médecins sur l'état de santé de son fils.
« Je vais avoir besoin d'un peu de temps… mais ça va aller, ça va toujours. J'espère que tout ira bien pour Belle, elle a été incroyable avec moi. Dire que j'ai toujours été odieuse avec elle… »
« Vous savez, moi je m'en fais pas pour Belle et Rumple. Bon les connaissant ils vont se disputer car Belle déteste qu'il lui cache des choses, et là comme secret c'est quand même du lourd. Mais ils s'aiment, ils sont fou l'un de l'autre alors je suis sur que tout finira bien. » expliqua-t-il en souriant.
« En parlant d'amour… Cette infirmière, Ariel, elle n'est pas là aujourd'hui ? » demanda-t-elle d'un air innocent.
Les joues rondes de Petit Jean prirent instantanément une teinte rosée, ce qui eu pour conséquence de faire glousser Roland. Son oncle prit un air faussement fâché et le menaça de le châtier à coup de chatouilles s'il continuait à se moquer de lui. Regina s'assit sur une petite chaise et, tout en regardant Jean chahuter avec son neveu, repensa aux évènements de la matinée.
« Gold est mon père. » Elle ne parvenait pas à se faire à cette idée, mais plus elle y réfléchissait et plus elle trouvait cela logique. Par exemple ça expliquait pourquoi sa mère, qui avait largement les moyens de payer les meilleures nounous du pays, tenait à la confier systématiquement à Gold lorsque ses parents devaient s'absenter. Et ça expliquait aussi pourquoi Gold laissait tomber toutes ses activités et chamboulait son emploi du temps pour se précipiter chez ses parents quand ceux-ci avaient besoin de la faire garder. Le matin même, quand la limousine de sa mère avait disparu de sa vue, elle s'était ruée sur sa voiture et avait conduis jusqu'au chalet où, entre deux pleures, elle était parvenue à expliquer aux deux frères ce qu'elle avait découvert en compagnie de Belle. D'ailleurs elle s'en voulait d'avoir quitté la jeune femme sans même l'avoir remerciée pour son soutien.
Alors qu'elle était encore plongée dans ses pensées, elle sentit une main douce et chaude se poser sur son épaule. Elle n'eu pas besoin de le regarder pour savoir qu'il s'agissait de Robin.
« Comment vas-tu ma reine ? » lui chuchota-il au creux de l'oreille.
« Ça va… alors que disent les médecins ? »
Le jeune homme posa un baiser sur sa joue gauche et s'assit sur le lit de ton fils.
« J'ai une bonne nouvelle les amis ! » s'exclama-t-il « Roland, tu pourras sortir dans une semaine ! »
Tous applaudirent la bonne nouvelle, heureux d'apprendre que le garçon allait pouvoir reprendre une vie normale. Quand à Roland, il souriait de toutes ses dents et parlait de toutes les activités qu'ils pourraient enfin faire une fois sorti de l'hôpital. Lorsque Regina expliqua qu'elle devait les quitter pour aller chercher son fils à l'école, la liste d'activités de Roland était tellement longue qu'il lui faudrait bien plus d'une année pour parvenir à tout faire.
Robin la raccompagna jusqu'au parking de l'hôpital où il l'embrassa tendrement pendant de longues minutes.
« Quand est-ce qu'on se revoit ? » lui demanda Regina, toujours blottie dans ses bras.
« Je… je ne sais pas. On se revoit très vite, mais je ne peux pas te dire exactement quand.»
Ils s'embrassèrent une dernière fois, puis la jeune femme monta dans sa voiture, laissant derrière elle la chaleur, la bonne humeur et l'amour que lui apportaient Robin et sa famille.
….
Regina se sentait seule. Sa maison lui semblait immense et vide, dépourvue de vie. Elle était allée chercher Henry à l'école, avait joué avec lui au parc, puis l'avait déposé chez un camarade de classe pour une soirée pyjama. Après avoir tourné en rond dans la cuisine, elle alla finalement s'asseoir dans un fauteuil du salon. Elle ne se sentait pas d'humeur à cuisiner, ni à manger d'ailleurs. Elle alluma machinalement la télévision et mit la chaîne d'informations en continue. C'était une vieille habitude, lorsqu'elle se sentait trop seule, elle mettait la télévision. La plupart du temps elle n'écoutait même pas le programme, c'était juste une façon de ne pas subir le silence pesant qui imprégnait chaque pièce.
Elle ne voulait pas repenser à la révélation que Gold avait faite, pourtant les souvenirs s'imposaient sans cesse à son esprit. Chaque image, chaque mot, chaque sensation lui revenait, envahissant ses pensées, ne lui laissant pas une seconde de répits. Si son fils avait été là, elle aurait pu se distraire en jouant avec lui, mais non il était chez un ami. « Tout le monde m'abandonne. » songea-t-elle. La fatigue de cette journée qui n'en finissait plus la rendait amère. Elle commençait à en vouloir à la terre entière : ses parents, Gold, Belle qui avait découvert qu'il se tramait quelque chose, elle les jugeait tous responsables de son mal-être. Même Robin commençait à ne plus trouver grâce à ses yeux.
Alors qu'elle ruminait ces sombres pensées, elle entendit la sonnette de la porte d'entré résonner. Le bruit strident ne s'arrêtait plus, comme si la personne laissait son doigt appuyé sur le bouton. Regina se leva d'un bon alors que la sonnette était redevenue silencieuse et se précipita sur la porte qu'elle ouvrit brutalement. Il n'y avait personne. Surprise, elle avança de quelques pas, observant la rue qui s'étendait devant elle. Là encore, il n'y avait personne. Il était dix neuf heure et il faisait déjà nuit noire, à en juger par les lumières qui sortaient des fenêtres ses voisins étaient tous au chaud chez eux.
« C'est surement une blague. » murmura-t-elle pour se rassurer.
Comme la morsure du froid la faisait frissonner, elle referma la porte qu'elle verrouilla soigneusement à double tours. En passant devant la cuisine, elle s'aperçut que de la lumière filtrait sous la porte. « Il y a un intrus chez moi. » Elle se sentait étrangement calme lorsqu'elle empoigna une lourde statuette en bronze à l'effigie de la déesse Diane qu'elle comptait utiliser en guise d'arme. Elle posa la main sur la poignée de la porte, faisant tout son possible pour respirer doucement, leva sa statuette et l'ouvrit à toute volée en hurlant.
« Bonsoir ma Reine. »
Robin se tenait près de la table, une bouteille de vin à la main.
« Je pensais être plus discret que ça… Je voulais te faire une surprise… » expliqua-t-il en désignant de la main la table sur laquelle étaient déposés des paquets de chez Granny's.
Regina avança et posa le bronze sur la table. Elle contempla Robin, qui avait revêtu une élégante chemise, et remarqua avec amusement que le jeune homme était vexé d'avoir été surpris.
« Ce n'est rien, ça me fait très plaisir. » lui assura-t-elle en déposant un baiser sur ses lèvres.
« Mais je voulais que tout soit prêt ! Je voulais mettre la table et sortir la nourriture. » dit-il en prenant une mine boudeuse « Avant j'étais le meilleurs des cambrioleurs : je pouvais m'introduire chez des gens sans même qu'ils remarquent ma présence. J'ai l'impression que j'ai perdu mon talent. »
Tout en sortant des assiettes, Regina lui demanda comment ça se faisait qu'il venait la voir ce soir.
« Je ne voulais pas te laisser seule après tout ce qu'il s'est passé aujourd'hui… Mais en même temps je ne voulais pas laisser Roland seul. J'en ai parlé à Petit Jean et bizarrement il m'a tout de suite encouragé à passer la soirée avec toi en m'expliquant qu'il resterait dormir avec Roland. »
« Laisse-moi deviner… Ariel est de garde de nuit ! » s'exclama la jeune femme en riant.
« Tu as tout compris ! »
Une fois la table mise, Robin proposa à Regina de s'installer pendant qu'il servait la nourriture. Le voleur avait choisi des chaussons à la viande, accompagnés de salade et de la fameuse purée traditionnelle de Granny, le tout servi avec un peu de vin. La politicienne était aux anges. Les plats étaient délicieux, Robin se comportait en véritable gentleman, toute la pression accumulée au long de la journée retombait enfin. Elle se sentait apaisée, riant de bon cœur aux récits de son compagnon, profitant au maximum de cet instant de bonheur. Une fois leur repas terminé, Regina se leva et proposa à Robin, le regard brûlant :
« On peut passer au salon si tu veux. »
Ils n'eurent pas le temps d'arriver au salon. A peine le pas de la porte franchit, ils commencèrent à s'embrasser avec une passion dévorante.
J'espère que le chapitre vous a plu ! Merci à tous pour vos reviews et pour avoir eu la patience d'attendre la suite. Continuer à me laisser vos impressions, vos suggestions et avis, ça me fait très plaisir :) Je publierai le prochain chapitre dans deux semaines, le week end. En attendant passez un bon week end.
P.S pour ElsaFowl : comme tu es une guest je ne peux pas te répondre pas messages privés donc je te laisse un petit mot. Déjà un grand merci pour suivre mon histoire depuis le début et pour tous tes encouragements. Sinon pour répondre à ta question, bien sur que tu peux faire lire mon histoire aux fans de OUAT que tu connais. ça me fait toujours très plaisir d'avoir de nouveaux lecteurs ! Bise et bon week end.
