Chapitre 9 : Plus jamais seule.
L'homme vêtu de noir ne savait où se mettre. Il aurait volontiers quitté la somptueuse suite de Cora, mais il doutait fort que ça soit une bonne idée. La vieille dame d'ordinaire si raffinée s'était subitement transformée en mégère vociférante. Elle était partie confiante lui assurant qu'à son retour elle le paierait grassement pour ses bons et loyaux services, et était revenue le visage décomposé, l'air hagard. Il avait discrètement demandé au chauffeur de la limousine la raison de ce brusque retournement de situation, et lorsque celui-ci lui avait raconté que Gold et Monsieur Mills s'étaient ligués contre leur patronne, il avait compris que Cora était devenue une bombe à retardement. Le calme avant la tempête. Le calme avait duré plusieurs heures pendant lesquelles Cora était restée prostrée dans sa chambre, recroquevillée sur son lit ne faisant plus attention au monde qui l'entourait. Puis la tempête avait explosé avec une violence inouïe, à tel point que le directeur de l'hôtel s'était permis de venir frapper à la porte afin de s'assurer qu'il ne se passait rien qui puisse nuire à la réputation de son établissement.
« Elle va en avoir pour cher en réparation » souffla le jeune homme au chauffeur de la limousine qui était lui aussi resté dans la suite, ne sachant où aller puisqu'il n'avait reçu aucun ordre.
« Oui et je me demande comment elle va rembourser les dégâts puisqu'elle est ruinée. » répondit-il.
Cora se tourna vers eux. L'informateur et nouvellement homme de main de Madame Mills, eu la sensation que son sang se glaçait dans ses veines tandis que sa patronne marchait sur eux d'un pas rapide et décidé. Pour la première fois depuis qu'il était entré à son service, il se mit à regretter d'avoir accepté ce poste.
« Je ne serai pas ruinée, vous m'entendez ? Il est hors de question que je les laisse me retirer tout ce que j'ai ! Je ne peux plus rien faire pour Regina et ce Robin, mais je ne les laisserai pas me prendre mon argent ! »
L'informateur jeta un regard angoissé à son collègue et osa demander timidement :
« Mais Madame, que comptez vous faire ? Légalement vous êtes coincée sur tous les plans… »
Un sourire mauvais retroussa les lèvres de Cora :
« Ça tombe bien, je n'ai pas l'intention de passer par les voies légales. »
Les deux hommes de mains échangèrent un large sourire complice, heureux de voir que leur vénérée patronne était bien décidée à ne pas se laisser abattre aussi facilement. Puis ils écoutèrent avec une admiration quasi religieuse Cora leur exposer son plan simple mais efficace pour récupérer sa fortune.
…
Regina ne put réprimer un sursaut en voyant l'homme allongé à ses côtés. C'était tellement inhabituel. Puis elle se rendit compte que pour la première fois de sa vie, elle était nue dans son lit, ce qui était tout aussi inhabituel. Son désarroi ne dura que peu de temps, laissant place à un sentiment de plénitude qu'elle éprouvait pour la première fois et qui la ravissait. Son regard se posa finalement sur les chiffres lumineux de son réveil : il était déjà sept heure trente.
« Il faudrait que j'aille travailler. » pensa-t-elle. Pourtant elle n'avait aucune envie d'y aller. Depuis que Robin était entré dans sa vie, elle se désintéressait totalement de sa campagne électorale au grand désespoir de Léopold qui la bombardait chaque jour d'une quantité astronomique de messages. En y réfléchissant bien, son désintérêt soudain pour la politique était parfaitement logique. Elle s'était lancée à corps perdu dans sa carrière politique pour deux raisons : la première était que sa mère l'avait toujours conditionnée pour ça, la seconde était une vaine tentative pour combler le vide abyssal de sa vie. Mais Robin était arrivé, remettant tout en question. La jeune femme s'était longuement interrogée sur son avenir et n'avait pu que constater qu'elle souhaitait prendre du temps pour elle et profiter de ses proches : elle voulait donner toutes ses chances à sa relation avec son voleur, elle voulait passer du temps avec son fils et apprendre à mieux découvrir Belle et Petit Jean. Sa carrière n'était plus sa priorité, Robin avait bouleversé sa vision du monde : amasser de l'argent et obtenir toujours plus de pouvoir ne l'avait jamais rendu heureuse et ne le ferait jamais. Elle avait tenté de se persuader que devenir maire lui procurerait beaucoup de bonheur, mais elle ne pouvait plus nier que ce n'était qu'un mensonge de plus. En revanche, découvrir l'amour, passer du temps avec son fils et même avoir une véritable amie étaient des choses qui pouvaient la rendre heureuse. Elle ne voulait pas passer à côté de cette chance que la vie lui offrait. « A moins que ça ne soit le destin » se dit-elle en esquissant un sourire.
Une seule ombre persistait au tableau : elle ne savait pas encore quoi faire concernant Gold et ses parents. Après de mures réflexions, elle avait tout bonnement décidé de ne pas s'en occuper pour le moment. Elle avait besoin de temps.
Alors qu'elle rechignait à se lever, elle repensa à quelque chose qui jusqu'alors l'avait toujours attristée au plus haut point : elle n'avait jamais osé faire de grasse matinée de peur de se retrouver seule avec elle-même, à s'ennuyer pendant une longue journée qui n'en finirait pas, sans personne à voir. Mais aujourd'hui, elle n'était plus seule...
Regina se tourna doucement vers Robin, tentant de faire le moins de bruits et de mouvements possible afin de ne pas le réveiller. Elle le trouvait magnifique. Et très virile. Elle se mordit les lèvres en repensant à la nuit qu'ils venaient de vivre.
Ils n'avaient pas eu le temps d'arriver au salon. A peine le pas de la porte franchit, ils avaient commencé à s'embrasser avec une passion dévorante. Elle s'était perdue dans ses baisers ardents, se laissant envelopper par son odeur boisée si rassurante et envoutante. Elle qui d'habitude s'évertuait à tout contrôler s'était abandonnée dans les bras de Robin au point de se laisser dévêtir et de le dévêtir à son tour. Contrairement à ce qu'elle s'était imaginée, elle n'avait ressentit aucune gêne du fait de son manque d'expérience : il n'y avait qu'eux, perdus l'un dans l'autre dans une étreinte fiévreuse. Regina avait découvert des sensations qu'elle n'aurait jamais cru expérimenter car elle ne pensait pas y avoir droit un jour. Dans les bras de cet homme, elle n'était plus la femme glaciale et détestée qu'elle avait toujours eu l'impression d'être, elle n'était plus qu'une femme blessée par la vie qui apprenait à être aimée et à aimer en retour. Le plaisir, la passion et l'amour qui l'avaient submergé n'étaient rien comparé à ce qu'elle avait ressenti en lisant dans les yeux azurs de son amant que tous ces sentiments étaient partagés et réciproques.
Robin remua sous les draps de satin et murmura d'une voix encore ensommeillée qui la tira de ses pensées :
« Je sens que tu me regardes, tu dois te lever c'est ça ? »
Regina passa ses bras autour du torse de son amant, l'enlaçant tendrement.
« Non, je reste avec toi. Et puis j'ai encore sommeil » fit-elle en étouffant un bâillement.
La jeune femme s'enfonça sous ses draps, profitant avec délice de la chaleur du lit. Elle se rendormit rapidement, Robin toujours serré contre elle.
…
« Mais c'est pas possible, il y a de tout sauf une petite poêle ! Il y aurait de quoi ouvrir un magasin avec tout ce bazar ! » pesta Robin qui contemplait d'un air dubitatif des ustensiles de cuisine dont il ne parvenait pas à déterminer la fonction. Comme tout le reste de la maison, la cuisine de Regina était excessivement grande et regorgeait d'objets designs derniers cri. Le jeune homme était complètement perdu au milieu des nombreux placards qui contenaient un nombre incalculable d'objets qu'il jugeait tous plus étranges et inutiles les uns que les autres.
« Je veux juste une petite poêle ! » grogna-t-il en ouvrant un nouveau placard.
Il s'aperçut que son souhait venait d'être largement exaucé : une quantité phénoménale de poêles et casseroles en tout genre était entassée dans le placard. Il en attrapa une et la posa sur la plaque de cuisson. Robin n'était pas un grand chef mais il s'estimait plutôt doué en cuisine familiale. Après tout il élevait seul un garçon de huit ans qui malgré son jeune âge avait déjà un appétit d'ogre. Comme il était bientôt dix heures, il avait décidé de se lever et de faire ses fameux pancakes. Il était certain que Regina se régalerait, même son fin gourmet de frère les trouvait meilleurs que ceux de Granny.
Il en était à sortir son troisième pancake de la poêle quand il entendit Regina descendre les escaliers. Il se dépêcha de poser sur la table le sirop d'érable lorsqu'il réalisa qu'il avait complètement oublié de faire du café. Il regarda la machine ultra-sophistiquée qui trônait sur le plan de travail et se consola en se disant que de toute façon il n'avait aucune idée de la façon dont cette chose fonctionnait.
« Bonjour ma reine. » lançât-il à la jeune femme qui venait de franchir le seuil de la cuisine « Tu as bien dormi ? »
« A vrai dire je ne me souviens pas de la dernière fois où j'ai aussi bien dormi. » répondit-elle avant de poser un baiser sur les lèvres de son amant « ça sent super bon dit donc ! Tu veux que je m'occupe du café pendant que tu finis de préparer les pancakes ? »
Robin acquiesça et quelques minutes plus tard, ils purent partager le premier petit déjeuner. Une fois leur repas terminé, c'est dans la bonne humeur qu'ils se préparèrent pour aller rendre visite à Roland et à Petit Jean à l'hôpital.
…..
Gold était dans sa boutique, ou du moins ce qu'il en restait. Il marchait au milieu des décombres, essayant de visualiser ce que pourraient donner les plans dessinés par l'architecte. Comme si les flammes n'avaient pas fait suffisamment de dégâts, les pompiers avaient été contraints d'abattre deux des trois murs qui étaient restés debout de peur de les voir s'effondrer. Quelques antiquités avaient pu être sauvées, d'autres avaient été envoyées aux meilleurs restaurateurs d'œuvres d'art du pays, mais malheureusement une grande partie d'entre elles avaient été réduites en cendres, y compris des œuvres rares d'une valeur inestimable.
Gold était dévasté : il perdait tout ce qu'il chérissait. Sa boutique et toutes les antiquités qu'il avait mis tant d'années à rassembler par amour pour l'art et les beaux objets étaient parties en fumée. Quand à ses proches, il n'avait tout simplement plus de nouvelles de leur part depuis sa confrontation avec son ex-maitresse. Son ami Robin, Jean qui lui rappelait son fils perdu et Regina, sa fille, avaient tout simplement disparus de sa vie. Seule Belle était restée à ses côtés, mais il avait bien conscience que la jeune femme avait du mal à se remettre des évènements de ces derniers jours, et qu'elle lui en voulait toujours pour ne pas lui avoir dit toute la vérité. Et le fait qu'elle ai découvert qu'elle avait pour belle fille une femme de son âge avec laquelle elle commençait tout juste à s'entendre n'arrangeait pas les choses.
« Quel gâchis. C'est terrible. »
Gold eu la surprise de voir Henry se tenir devant les ruines de son ancien logement. Le vieil homme semblait consterné de voir les dégâts dont sa femme était la seule et unique responsable.
« Bonjour Henry. Que faites-vous là ? » demanda Rumple en s'approchant de lui.
« Je ne peux pas m'empêcher de me sentir coupable pour tout le mal que ma… que Cora a fait. Et puis c'est amusant, j'ai beau vous en vouloir pour Regina, mais plus le temps passe et plus je me rends compte que nous avons des points communs… »
Gold restait perplexe face à Henry Mills. Il était persuadé qu'après leur victoire sur sa femme, il ne le reverrait plus jamais. Et voilà qu'il venait le plaindre, lui l'ex-amant de sa femme et le père biologique de sa fille, pour la perte de sa boutique et se mettait à deviser sur leurs supposés points communs. L'antiquaire était d'un naturel suspicieux, et ce type de comportement ne faisait qu'éveiller sa méfiance, c'est pourquoi il se contenta de répondre :
« Que voulez-vous dire ? »
Le vieil homme poussa un profond soupire, écartant les bras en signe d'impuissance :
« Vous n'êtes plus le seul à qui elle s'en ai pris dans toute cette histoire de fou. Elle a vidé mon compte bancaire principal, ça fait plusieurs millions qui se sont subitement volatilisés ! »
« Attendez ! » l'interrompit Gold « Comment est-ce possible ? Vous avez supprimé toutes les procurations qu'elle avait sur vos comptes ! Elle n'avait plus accès qu'à un seul compte à son nom sur lequel il n'y avait presque rien ! A moins que vous n'ayez oublié de prendre ces précautions... »
« Voyons Gold, je vous parle de mon compte bancaire principal ! Pour qui me prenez-vous ? » Mills semblait offensé par la supposition de l'antiquaire, néanmoins il continua « Une cyber-attaque a été lancée contre la banque et mon compte a été entièrement vidé. Et comme vous le savez probablement Cora a à son service un jeune hacker de génie. »
« En fait je ne m'en souvenais pas… Il faut dire qu'elle possède tellement d'hommes de mains aux compétences diverses et variées que je ne peux pas me souvenir de tous… » après une courte pose Rumple reprit « Vous êtes bien sur que Cora est derrière le piratage de votre compte ? Vous avez des preuves ? »
Henry soupira de plus belle, expliquant que les chances de mettre la main sur le jeune pirate et la partie de sa fortune dérobée étaient quasi nulles et que sa certitude concernant l'implication de sa femme dans le coup n'avait pas la moindre valeur. Même le juge de la ville, un ami de longue date, lui avait affirmé ne rien pouvoir faire pour lui compte tenu de l'absence totale de preuve.
« Mais maintenant je crains pour mes autres comptes bancaires ! J'ai encore plusieurs millions et je ne sais pas du tout comment les protéger… Vous savez je ne suis pas quelqu'un de superficiel, mais il est hors de question que je la laisse me mettre sur la paille… Seulement je n'ai aucune idée de ce que je peux faire, d'autant plus que ni les banques ni la police ne m'ont pris au sérieux quand je leur ai dit que ma femme était derrière tout ça… »
En entendant ces mots, Gold comprit enfin pourquoi Henry était venu le voir : le vieil homme avait besoin de son aide pour dissimuler l'argent qui lui restait. L'antiquaire réfléchissait à toute vitesse. Il se sentait partagé entre deux réactions diamétralement opposées. D'un côté il n'avait pas besoin de compliqué un peu plus sa vie, d'autant plus que Cora ne semblait pas décidée à s'avouer vaincue. Il ressentait la tentation de dire à Henry qu'il ne pouvait rien pour lui. Mais d'un autre côté, il savait pertinemment que c'était faux, qu'il avait le pouvoir de l'aider, et que même si cela signifiait prendre des risques, il pourrait en retirer des bénéfices. En effet, Belle serait fière de lui et il pourrait remonter dans l'estime des deux frères. Et plus que tout, il était persuadé que Regina lui serait grée d'avoir aidé son père adoré.
« Belle a raison : c'est comme s'il y avait deux hommes en moi. » songea-t-il « Le Rumple égoïste et avide de pouvoir, prêt à manipuler tout le monde et à prendre toutes les mauvaises décisions possibles quitte à faire souffrir ses proches. Et à côté il y a le bon Rumple, qui veut rendre sa femme heureuse et mener une vie tranquille auprès de ceux qu'il aime. Pourquoi est-ce toujours mon mauvais côté qui prend le dessus ? »
Gold se sentit soudainement très fatigué, cependant il assura au père de Regina qu'il ferait tout son possible afin de l'aider. Devant l'air insistant et inquiet du vieil homme, il finit par proposer de le retrouver l'après-midi même dans la grande villa qu'il occupait désormais seul.
« En attendant je vais aller me reposer auprès de Belle, je crois que j'en ai grandement besoin »
« Vous avez de la chance d'avoir cette jeune femme avec vous. Belle est exceptionnelle. J'espère que vous la traitez à sa juste valeur. » lui glissa-t-il juste avant de partir.
L'antiquaire serra les dents, ne lui répondant que par un regard courroucé. Il en avait plus qu'assez que tout le monde se permette sans cesse de lui répéter qu'il avait de la chance d'avoir Belle, un air d'incompréhension sur le visage se demandant clairement comment elle avait pu tomber amoureuse d'un homme comme lui. Il était parfaitement conscient que sa compagne était une femme « exceptionnelle » comme le disait Henry, et lui-même avait régulièrement l'impression de vivre un rêve éveillé grâce à elle. Il avait aussi conscience qu'il n'était qu'un vieil homme au passé plus que trouble qui avait bien du mal à rentrer dans le droit chemin. Mais il ne voulait plus que les personnes qu'il rencontre lui fassent comprendre que Belle était trop bien pour lui et qu'elle n'avait rien à faire avec un homme dans son genre. Il voulait que les gens continuent de lui dire qu'il avait de la chance de l'avoir, mais qu'ils se disent qu'en retour elle aussi avait de la chance. Pour cela il devait changer. Il en revenait toujours à ce point. Malheureusement, changer était bien plus complexe et demandait bien plus d'efforts qu'il ne l'avait cru.
C'est en ressassant ces sombres pensées qu'il retourna dans l'apparentement où il logeait en compagnie de sa bibliothécaire en attendant la reconstruction de leur ancienne maison et boutique.
…
Ils marchaient main dans la main, goûtant le bonheur de cet instant si simple mais si beau. Ils avaient décidé de faire un détour, ainsi ils rentraient en longeant la plage. Un vent fortement iodé aux parfums du grand large fouettait leurs visages, s'engouffrait sous leurs manteaux les faisant parfois frissonner. Ces frissons ne les dérangeaient guère, au contraire ce n'était qu'une excuse de plus pour se pelotonner l'un contre l'autre. Ils contemplaient l'horizon infini, promesse de jours meilleurs encore inconnus. La mer scintillait doucement, au loin un gros bateau de pêche fendait l'écume à la recherche de poissons.
« Et si on faisait une croisière, ou quelque chose comme ça ? » la voix de Robin brisa le silence apaisant de leur promenade « Quand j'étais petit je rêvais d'être un pirate, mais à bientôt trente ans je n'ai encore jamais mis les pieds sur un bateau. »
« Marin d'eau douce ! » le taquina Regina « C'est une bonne idée, ça fait des années que je n'ai pas voyagé ou prit de vacances. Ça nous ferait du bien… »
« On pourrait se reposer sur un immense bateau, près d'une grande piscine, allongés en maillot de bain sur des transats à prendre le soleil… »
« Avec des cocktails aux fruits exotiques, tu sais ceux qui ont une petite ombrelle ! » renchérit-elle imaginant déjà la scène qu'elle trouvait terriblement attirante, surtout l'image de Robin en maillot de bain.
« Il faut absolument qu'on fasse ça Regina ! Ça nous ferrait un bien fou ! » s'exclama Robin qui lui aussi ne pouvait s'empêcher d'imaginer sa reine se prélasser au bord d'une piscine, à moitié dévêtue.
Au bout d'une demi-heure de promenade, ils arrivèrent enfin chez Regina où ils eurent la surprise de trouver Henry entrain de jouer dans le salon à son nouveau jeu vidéo. Le garçon leur expliqua qu'Emma venait de décrocher un poste d'adjointe du Sheriff, ce qui l'avait contrainte à se rendre au poste pour s'occuper des formalités administratives.
« Emma c'est ma mère biologique. » ajouta Henry à l'intention de Robin.
« Je sais. Et pour être tout à fait honnête, la première fois que j'ai vu une photo de vous trois je ne connaissais pas encore Regina et je me suis demandé si Emma n'était pas sa compagne. »
Le garçon explosa d'un grand rire tandis que sa mère s'étranglait avec le thé qu'elle s'était servi.
« Quoi ? Moi avec Emma ? » parvint-elle à articuler entre deux quintes de toux, ce qui fit redoubler l'hilarité de son fils et de Robin.
« On voit bien que vous ne les avez jamais vues ensemble ! Avant elles passaient leur temps à se disputer, et maintenant qu'elles ont décidé de bien s'entendre elles sont toutes coincées quand elles se voient et échangent politesse sur politesse ! »
« Et bien ! J'ai hâte de voir ça ! » lança Robin, un sourire narquois sur les lèvres « Au fait Henry, je te l'ai déjà dit la première fois qu'on s'est vu : tu n'es pas obligé de me vouvoyer. En plus ça me donne l'impression d'être vieux. »
« Bah t'es plus tout jeune non plus… » rétorqua Henry avant d'ajouter rapidement « Au fait Roland va mieux ? J'ai super hâte de le rencontrer ! Ça se trouve je pourrai jouer avec lui comme avec un petit frère vu qu'aucune de mes mamans n'est décidée à m'en faire un ! »
« Roland va de mieux en mieux, il va bientôt sortir de l'hôpital et je suis sur qu'il sera très content de pouvoir jouer avec toi. Et à juger par ton T-shirt Superman, tu as l'air de bien aimer les super-héros, ce qui vous fait déjà un sacré point commun. »
Regina s'était assise sur un fauteuil un peu en retrait et observait son amant et son fils discuter, une expression indéchiffrable sur le visage. Robin vint s'accroupir près d'elle, laissant Henry se concentrer sur son jeu.
« Tu as l'air pensive ma reine, quelque chose ne va pas ? »
« C'est bête mais j'ai l'impression que tout ça est trop beau pour être vrai. Tu es là avec moi, Henry t'apprécie déjà, il a hâte de rencontrer Roland… J'ai peur qu'une fois de plus mon bonheur ne soit qu'éphémère, que quelque chose vienne tout détruire et de me retrouver à nouveau seule à devoir subir une vie morne et triste. Sauf que cette fois je ne suis pas sure que je le supporterai… »
Robin prit les mains de la jeune femme qui étaient glacées, riva ses yeux azurs dans lesquels brillaient une franchise désarmante dans les siens et lui affirma :
« Tu ne seras plus jamais seule Regina. Bien sur, je ne peux pas te promettre que le restant de ta vie sera tout rose et que tu ne connaitras jamais plus la tristesse, mais je peux t'assurer que nous ne vivrons plus des choses aussi terribles que celles que ta mère nous a fait subir. Et je te promets que je serais toujours là, à tes côtés, et que nous partagerons de merveilleux moments, que ça soit en amoureux ou avec nos enfants, notre famille ou nos amis ! »
Submergée par ses sentiments, Regina se jeta dans les bras de son voleur, enfouissant sa tête au creux de son cou. Soudain, elle sentit une autre personne se presser contre elle. Elle tourna la tête et vit qu'Henry se serrait à son tour contre elle. Le garçon, qui avait écouté leur conversation lui murmura :
« Je voulais te dire depuis longtemps que je suis désolé pour la façon dont je me suis comporté quand Emma est arrivée. Je t'ai dit des choses très méchantes que je ne pensais pas parce que j'étais en colère. Tu as du te sentir seule et triste à cause de moi. Mais je veux que tu saches que je ne t'aurais jamais abandonné pour aller vivre chez Emma, même si elle avait obtenu ma garde car tu es ma maman, celle qui m'a élevée et qui a toujours été là. Moi non plus je ne te laisserai pas seule. »
Des larmes ruisselaient sur les joues de la jeune femme, mais pour la première fois de toute son existence c'était des larmes de joie. Bien sur tous ses problèmes n'étaient pas réglés et elle avait besoin d'encore un peu de temps pour remettre de l'ordre dans sa vie. Pourtant, l'avenir ne l'angoissait plus, toutes les peurs qui l'enserraient depuis de nombreuses années s'étaient finalement évanouies. Car elle savait qu'elle ne serait plus jamais seule.
Et voilà, un chapitre de plus terminé. J'espère qu'il vous a plu ! Je suis désolée de l'avoir posté avec un jour de retard, j'ai essayé de le poster ce week end depuis mon téléphone portable mais je n'y suis pas arrivée (d'ailleurs si quelqu'un pouvait m'expliquer par PM comment faire, ça serait gentil :) Je posterai le suivant dans deux semaines, le week end. Je vous remercie encore pour vos reviews (auxquelles je n'ai pas encore pu répondre, mais promis je m'en occupe très vite). Comme d'habitude vous pouvez me laissez vos impressions qu'elles soient positives ou négatives, c'est toujours bon à prendre pour s'améliorer. Passez tous un super week end ! :-)
