Chapitre 11 : Un gage de paix.

Regina finissait de prendre son petit déjeuner chez Granny's en compagnie de Belle. Ce petit déjeuner entre filles était une idée de la bibliothécaire. Elle avait même proposé à sa nouvelle amie de se retrouver tous les lundi matins à huit heure chez Granny's, sans exception, afin de papoter. Pendant quarante minutes, elles pourraient ainsi se raconter leur semaine et échanger sur toutes sortes du sujet, du plus sérieux au plus futile. Le tout en dévorant un excellent petit déjeuner préparé par les bons soins de Ruby, la serveuse et petite fille de la propriétaire.

Au début, Regina ne s'était pas sentie très à l'aise. Et pour cause : elle n'avait jamais pris part à ce genre de séance de bavardage entre amies puisqu'elle n'avait tout simplement jamais eu d'amies avec qui partager ce type de moments complices. Elle s'était toujours consolée en se disant que de toutes façon c'était bien trop superficiel pour elle. Et finalement, elle se surprit à y prendre gout : Belle était une jeune femme très sympathique, et qui plus est Regina venait de découvrir qu'elle était dotée d'un grand sens de l'humour.

« Et dire qu'il y a quelques semaines à peine je la considérais comme une jeune nunuche horripilante. » pensa-t-elle, heureuse de constater qu'elle s'était lourdement trompée sur le compte de Belle.

Une autre chose rendait le petit déjeuner très agréable : la présence de Ruby. La politicienne n'avait jamais échangé plus de deux mots avec la serveuse du restaurant, se contentant de juger d'un œil à la fois étonné et dédaigneux ses tenues excentriques. Belle qui semblait bien la connaitre avait engagé la conversation avec elle, et le moins qu'on puisse dire était que Ruby avait apprécié. La jeune femme avait tout bonnement profité de l'absence exceptionnelle de sa grand-mère et du nombre restreint de clients pour s'installer près d'elles. Si Regina avait au départ trouvé que ce comportement relevait d'un manque de professionnalisme et de politesse, et était persuadée que sa grand-mère ne l'aurait jamais toléré, elle avait rapidement apprécié cette présence inattendue. Les questions indiscrètes de Ruby l'amusaient, tout comme son incroyable capacité à retenir tous les ragots qu'elle étendait entant que serveuse. Belle et elle avaient même fini par pleurer de rire en l'écoutant raconter qu'elle avait vu Leroy, un grand habitué du restaurant, tenter de draguer une bonne sœur après avoir ingurgité plusieurs verres d'alcool. Au bout d'une vingtaine de minutes, Ruby fut finalement contrainte de les laisser pour s'occuper des clients qui venaient d'arriver.

« Moi aussi je vais devoir y aller Regina. Rumple m'attend sur le chantier, les ouvriers sont entrain de reconstruire notre boutique et notre logement. » expliqua-t-elle en passant son manteau « Et toi tu vas faire quoi ? »

Après quelques hésitations, la politicienne lui répondit :

« Je vais venir avec toi, si ça ne te dérange pas. Comme ça je pourrai lui parler un peu… »

« Tu comptes lui parler de quoi ? »

En voyant l'air un peu soucieux de son amie, Regina comprit que celle-ci craignait une de ces sempiternelles querelles dont Gold et elle avaient le secret.

« Rassures-toi, c'est juste pour parler. J'ai aucune envie de déclencher une dispute, je veux juste que les choses se débloquent un peu, cette situation ne peut pas durer. Je vois bien que ça met aussi Robin et Jean mal à l'aise alors qu'ils ont toujours été proches de Gold. »

Les deux jeunes femmes quittèrent le Granny's et n'eurent à marcher que quelques minutes pour rejoindre le chantier. Regina, qui n'était pas repassée sur le site depuis longtemps, fut impressionnée de voir la vitesse à laquelle les travaux avançaient. Les gravats et les cendres avaient été nettoyés, les murs et le toit étaient désormais rebâtis, et l'installation électrique allait être bientôt fonctionnelle. Alors qu'elle entrait à la suite de Belle dans la partie boutique, elle aperçut Gold au fond de la salle. L'antiquaire ne les avait pas entendues arriver, en effet il était plongé dans une discussion des plus animée avec un ouvrier :

« Je dis et répète que ce papier peint sera très bien dans la boutique ! Ça va donner un côté très classe comme tu dirais ! » scandait le vieil homme.

« Et moi je dis que ce papier peint est nul ! Il est trop fin, trop moche et fait trop vieux ! Même une grand-mère n'en voudrait pas ! Ça va faire fuir les clients ! »

Regina reconnu instantanément la voix de Petit Jean. Elle en était à se demander ce qu'il pouvait bien fabriquer sur le chantier en tenue d'ouvrier, quand celui-ci se tourna vers elles et les apostropha en brandissant un échantillon de tapisserie :

« Vous pouvez lui dire que cette chose est affreuse et aura un impact catastrophique sur le standing de cet établissement d'antiquités ? »

« Tu sais quoi Jean ? Tu vas me montrer ce que tu proposes, après tout j'ai aussi mon avis à donner. » déclara Belle en entraînant précipitamment le jeune homme vers l'arrière boutique.

« Hein ? Mais pourquoi on reste pas où on est ? » protesta-t-il malgré les regards insistants et peu discrets que la bibliothécaire lui lançait dans le but de lui faire comprendre qu'elle souhaitait que Gold et Regina restent seuls.

Malheureusement pour elle, le message avait du mal à passer et Petit Jean continuait de râler, restant planté au milieu de la pièce. Gold, que la situation commençait à exaspérer, lui ordonna sèchement d'aller montrer à Belle dans l'arrière boutique les plans qu'il avait dessinés. Une expression de surprise et d'incompréhension se forma sur le visage du jeune homme qui finit par obtempérer. Regina, qui n'avait pas encore osé croiser le regard de Gold, se mit à arpenter la pièce. L'antiquaire semblait tout aussi nerveux et gêné qu'elle, se contentant de contempler ses chaussures. Au bout de quelques minutes de silence pesant, Regina ne trouva que ces mots d'une banalité affligeante pour le briser :

« Les travaux avancent vite, c'est impressionnant. »

Son errance à travers la pièce la mena finalement près de Gold. Elle leva enfin ses yeux sur lui. Elle y lut une profonde tristesse qui la toucha, malgré toute la rancœur qu'elle éprouvait.

« Regina… » la voix du vieil homme se brisa.

Bien qu'il tourna brusquement la tête, Regina aurait pu jurer avoir vu une larme rouler sur sa joue droite. Elle ne l'avait jamais vu pleurer et s'était même régulièrement fait la réflexion qu'il en était tout bonnement incapable. Quand il la regarda à nouveau, toute trace de larme avait disparue. Gold était redevenu maître de ses émotions.

« J'espérai que tu viendrais me voir et mon vœu est enfin exaucé. Ça me fait très plaisir que tu ais fait cet effort. »

« Cette situation ne pouvait pas durer encore longtemps. » commença-t-elle d'un ton neutre afin de garder contenance « Cette situation gênait tout le monde. La preuve : Jean n'a même pas osé me dire qu'il passait du temps avec toi pour reconstruire ta boutique. Je voulais te dire que même si je t'en veux encore pour… ce que j'ai appris, je pense que c'est important qu'on se reparle. »

« Je comprend que tu m'en veuilles autant. Je veux que tu saches que je n'en ai parlé que pour convaincre Cora de vous laisser tranquille Robin et toi. C'était la seule solution. Je préférais que tu ne souhaites plus jamais me parler, même si ça m'aurai fendu le cœur, plutôt que de voir Robin et Jean en prison et de te savoir malheureuse. » Gold fit une pose le temps de reprendre sa respiration, puis reprit « Ecoute, je ne veux pas prendre la place d'Henry, je n'aurai jamais cette prétention. Je ne l'ai jamais eue d'ailleurs. Je voudrais juste qu'on puisse redevenir amis, comme avant. Je me doute que ça me prendra du temps de regagner ta confiance, mais je te promets que je ferai tout pour y parvenir. »

Regina ne savait que répondre. Elle ne doutait pas ne serai-ce qu'une seconde de la sincérité de l'antiquaire et au fond espérait qu'ils parviendraient à retrouver leur complicité, mais pour le moment quelque chose résistait toujours en elle. Elle lui en voulait encore, même si elle était touchée de constater qu'il était éprouvé autant qu'elle par cette situation.

« On verra ce que l'avenir nous réserve. » répondit-elle évasivement.

Cependant une telle réponse ne pouvait pas rassurer le vieil homme. Il s'approcha d'elle, planta ses yeux noirs dans les siens et lui demanda d'une voix presque suppliante :

« S'il te plait Regina, dis moi que tu me pardonneras un jour. Même si je ne l'ai que très rarement montré, tu es très importante pour moi. Et pas uniquement parce que tu es ma fille… »

« Je te pardonnerai. Laisse-moi un peu de temps. » sur un ton qu'elle voulait plus gai, elle ajouta « Je vais rejoindre Robin, comme ça vous pourrez continuer de débattre de la future décoration de la boutique. Dis au revoir de ma part à Belle et Petit Jean, même si je pense qu'ils l'auront entendu. »

Elle tourna les talons, et dès qu'elle eu quitté la pièce Belle et Jean surgirent de l'arrière boutique.

« Finalement ça ne s'est pas mal passé. » commenta le jeune homme « Je m'attendais à quelque chose de plus… explosif venant de vous deux. »

« Vous avez tout écouté ? » s'écria Gold, effaré.

« On n'avait pas le choix Rumple : on entendait tout de là où on était. » plaida Belle pour justifier leur manque de discrétion « En tout cas regarde le bon côté des choses : Regina accepte de te revoir, et même de te pardonner et Jean et moi nous sommes mis d'accord sur le papier peint. »

En considérant l'air triomphant de Petit Jean, Gold poussa un gémissement :

« Laissez-moi deviner : vous avez pas choisis le mien. »

Regina arriva enfin chez elle. Après avoir relevé le courrier, elle entra dans sa maison et constata que Robin ne s'était toujours pas réveillé.

« Il faut dire que notre nuit n'a pas été de tout repos. » songea-t-elle avec délice.

Elle retira ses talons aiguilles bien trop bruyants, monta les escaliers aussi vite que ses collants glissants le lui permettaient et se glissa silencieusement dans sa chambre plongée dans la pénombre. Alors qu'elle se dirigeait le plus doucement possible vers le lit, son pied gauche glissa sur ce qui lui sembla être un vêtement. Après avoir fait de grands moulinets avec les bras pour tenter de conserver son équilibre, elle se rattrapa de justesse à sa commode, faisant tomber au passage la bouteille de parfum qu'elle avait laissé dessus le matin même. A sa grande surprise le claquement sec du verre se brisant sur le carrelage ne réveilla pas Robin, qui se contenta de pousser un grognement dans son sommeil. Le cœur battant à tout rompre, Regina, qui priait pour ne pas marcher sur les bris de verre, monta sur son lit. Elle chercha à tâtons le corps de son amant, et quand elle se fut suffisamment approchée de lui, se mit à caresser doucement son torse musclé. Cette fois ce ne fut pas un grognement mais bien un soupire de bien-être que poussa Robin. Encouragée par cette manifestation de plaisir, Regina s'assit sur lui à califourchon et posa ses lèvres au creux de son cou avant de faire remonter ses baisers jusqu'à ses lèvres. Elle sentit les bras de Robin enlacer sa taille.

« J'adore ce genre de réveils… On devrait faire ça plus souvent ! » murmura-t-il en l'embrassant à son tour.

Leur étreinte devint plus passionnée, plus intense pour la plus grande joie de Regina. Joie que Robin partageait entièrement. Il descendit avec une lenteur exagérée la fermeture éclaire de la robe de sa compagne, fit tomber le délicat tissu et commença à caresser des ses mains le buste de Regina que l'obscurité empêchait de contempler.

« Tu me rends fou ma reine ! » s'exclama-t-il alors que Regina faisait glisser ses mains sur son bas ventre tout en l'étourdissant de ses baisers.

….

Deux heures plus tard, Regina redescendait les escaliers de marbres blancs, un sourire béat flottant sur ses lèvres, les yeux brillants et les joues rouges. Robin, quand à lui, profitait de la salle de bain qu'elle venait de libérer pour prendre une bonne douche. Se rappelant du courrier qu'elle avait ramené de la boite aux lettres, elle prit les enveloppes qu'elle avait laissées sur un meuble du hall d'entrée et partit s'installer dans un fauteuil du salon. Les deux premières lettres n'étaient en fait que des publicités et la troisième une facture. La dernière lettre l'intrigua instantanément. C'était une petite enveloppe blanche qui ne comportait pas la moindre inscription. Elle n'avait pas non plus de timbre et avait vraisemblablement été déposée à la main dans sa boite aux lettres. Regina la décacheta et en sortit une feuille pliée en quatre. Elle la déplia fébrilement. Son cœur fit un bond dans sa poitrine lorsqu'elle reconnu la fine écriture de sa mère.

« Rends-toi cet après midi aux écuries que tu as fréquentées lorsque tu étais une petite fille, puis une adolescente. Tu y trouveras la preuve que je ne veux que ton bien, considères la comme un gage de paix. J'espère te revoir bientôt. Ta maman. »

Regina resta perplexe face à ces trois lignes dont elle ne comprenait pas le sens et qui ne ressemblaient tellement pas à Cora.

« Alors ma reine, que fais-tu ? »

La voix de Robin la fit sursauter. Elle se tourna vers lui et se rendit compte avec satisfaction qu'il n'avait pas encore passé son t-shirt qu'il tenait dans une main.

« Qu'est-ce que c'est ? » lui demanda-t-il en désignant la lettre de la main.

« Une lettre, si on peut l'appeler ainsi, de ma mère. »

Robin se figea, l'air déconcerté. Mais son étonnement fut de courte durée : son regard d'habitude si doux se durcit, et sa voix se mua en un grondement sourd :

« Qu'est-ce qu'elle nous veut ? »

« Elle me demande de me rendre aux écuries cet après midi où je trouverai la preuve qu'elle fait les choses pour mon bien. Elle parle aussi d'un gage de paix. » expliqua-t-elle le plus calmement possible en lui tendant la feuille de papier « Je pense que je vais m'y rendre. »

« Il est hors de question que tu y ailles seule ! » intima Robin avant même d'avoir lu les quelques lignes rédigées par Cora.

« Je n'ai pas d'ordres à recevoir ! Pas même de toi ! » lâchât-elle de ce ton glacial qui lui avait été si coutumier.

Le jeune homme passa ses mains dans ses cheveux et vint s'asseoir dans le canapé face à Regina. Il était évident qu'il peinait à retrouver son calme. Sa compagne s'en rendit compte et tenta de justifier sa réaction :

« Je ne veux pas que tu viennes car cette affaire doit se régler entre ma mère et moi. Ça fait trop longtemps que ça dure : elle doit comprendre qu'elle ne peut plus interférer dans ma vie, dans notre vie. »

Robin lui prit les mains et lui dit d'une voix douce mais ferme :

« Je comprend, il est grand temps que vous régliez ça. Mais laisse-moi au moins t'accompagner jusqu'à ces écuries, je resterai dans la voiture si tu veux… Comme ça je serrai rassuré, je saurai sur qu'il ne t'arrivera pas de mal. »

« Robin, je ne risque rien. Elle ne me fera pas de mal. Tu ferais mieux de profiter de ce moment pour aller voir ton frère chez Gold. » voyant qu'il s'apprêtait à lui rétorquer qu'il n'était toujours pas d'accord, Regina s'empressa d'ajouter « Je sais me défendre toute seule en cas de problèmes Robin. »

Le jeune homme se leva en bougonnant, enfila vivement son t-shirt et se rendit dans la cuisine, sans même daigner jeter un regard à Regina. Celle-ci se leva prestement et lui cria depuis le couloir d'un ton amusé :

« Oh ! Ne me dis pas que tu boudes ? » ne recevant aucune réponse, elle continua sur le même ton « Tu me fais la tête Robin ? »

La jeune femme poussa la porte de la cuisine et y trouva Robin plongé dans le frigo entrain de sélectionner les aliments de son petit déjeuner. Une fois encore, il ne tourna pas la tête dans sa direction.

« Tu me fais vraiment la tête ! » s'exclama-t-elle en sentant poindre l'agacement.

Robin ferma finalement le frigo, les bras chargés de nourriture qu'il posa sur la table. Il planta ses yeux azurs dans les seins et lui dit :

« J'ai peur que ça ne soit qu'un leurre, qu'elle essaye une fois de plus de nous faire du mal. Je ne veux pas te perdre. »

Regina s'approcha de lui, posa ses mains sur ses épaules, le regardant à son tour droit dans les yeux :

« Je ne la laisserai pas nous faire de mal. Et tu ne me perdras pas. »

Cette matinée qui avait pourtant bien commencé se déroula avec une lenteur qui leur sembla atroce. Robin était inquiet, Regina fébrile. La lettre de sa mère ne comportant pas d'horaire précise, Regina décida de se rendre aux écuries dès le début d'après midi. Robin s'était résigné à la laisser partir seule, le voleur n'était pas parvenu à faire plier la volonté de fer de sa reine. Il se rendit donc sur le chantier de Gold afin de voir l'avancement des travaux et de donner un coup de main à son frère s'il en avait besoin.

La jeune femme était à présent au volant de se grosse berline noire. La route ne devait durer qu'une vingtaine de minutes mais ce trajet lui semblait si long qu'elle dépassait fréquemment les limitations de vitesse au mépris des règles qu'elle était censée faire respecter en tant qu'adjointe au maire. Enfin, les écuries furent en vue. Elle ne s'y était plus rendue depuis que sa mère avait fait emprisonner Daniel. En effet, ce lieu abritant régulièrement leurs rendez-vous secrets, il lui avait semblé impossible d'y retourner sans avoir à subir la souffrance et la culpabilité liées au sort de Daniel. Puis avec les années, elle avait tout simplement cessé d'y penser.

Elle gara sa voiture sur le petit parking, en descendit et contempla ce lieu qu'elle avait fui depuis tant d'années. Les écuries n'avaient pas beaucoup changé. L'établissement avait un peu vieillit mais semblait entretenu, signes que les écuries étaient encore en activité. Pourtant en ce jour, elles paraissaient vides. Il n'y avait pas de dresseurs occupés au dressage des chevaux comme lorsqu'elle était petite, ni de moniteurs entrain de donner des leçons d'équitation. Il n'y avait pas non plus la moindre preuve de la présence de Cora, le parking étant vide lorsqu'elle y était arrivée.

« Pourvu que Robin n'ai pas eu raison en pensant que c'était peut être un piège. » songeât-elle en se dirigeant à grands pas vers les box des chevaux.

Au moment où elle franchit la porte, une forte odeur de paille mélangée à celle des animaux envahit ses narines. Cette odeur, qui jadis lui était familière et réconfortante, fit rejaillir en elle des souvenirs qu'elle s'était acharnée à enfouir au plus profond de sa mémoire.

C'était à ce même endroit qu'elle avait échangé avec Daniel son premier baiser, puis qu'ils avaient projeté de s'enfuir afin de pouvoir vivre leur amour en toute sérénité. C'était aussi à cet endroit que sa mère lui avait brisé ses rêves et sa vie en lui annonçant qu'elle ne reverrait plus Daniel.

Elle sortit précipitamment du bâtiment, en proie à des sentiments qu'elle craignait de ne pouvoir contrôler. Elle décida de se rendre au manège où s'entraînent les cheveux lorsque le temps ne permet pas de les sortir, peut être y trouverait-elle sa mère ou ce gage de paix dont elle parlait. La porte du grand bâtiment rectangulaire était fermée. Regina redoutait de ne pouvoir y entrer. Pourtant avant même d'y arriver, elle vit la porte s'ouvrir et un homme en sortir.

Il était à plusieurs centaines de mètres d'elle, à contre jour, à l'ombre d'un vieil arbre dont les feuilles étaient presque toutes tombées, et de nombreuses années s'étaient écoulées depuis la dernière fois qu'elle l'avait vu. Pourtant elle le reconnu immédiatement. Daniel.


Coucou tout le monde ! Je m'excuse d'avoir publié le chapitre avec une semaine de retard, j'ai du me rendre d'urgence à l'autre bout de la France pour des raisons personnelles ce qui m'a empêché de le poster. En tout cas j'espère que le chapitre vous plait :) N'hésitez pas à me laisser des reviews pour me donner vos impressions, ça me fait toujours plaisir ! Je posterai le chapitre 12 dans deux semaines, en attendant passez une bon week end :)