Chapitre 12 : Chez Granny's.
Le chauffeur de Cora s'ennuyait ferme. Il tourna la tête vers son collègue, invariablement vêtu de noir et chaussé de ses petites lunettes imitation écailles de tortues. La tête appuyée contre la vitre de la voiture, il baillait à s'en décrocher la mâchoire. Afin de lutter contre ces bâillements qui menaçaient de devenir contagieux, il attrapa le thermos de café et versa une bonne rasade du liquide brûlant dans un gobelet en plastique déjà utilisé.
« Tu en veux ? » demanda-t-il tout en respirant les fortes effluves du café, ce qui eu déjà un effet stimulant.
« Bonne idée, ça va me réveiller un peu… » répondit-il d'une voix traînante « J'en ai mare de poireauter ici, en plus il fait de plus en plus froid… Franchement elle aurait pu nous prêter sa limousine au lieu de nous refiler cette vieille voiture pourrie dont le chauffage ne fonctionne pas ! »
« La limousine aurait été trop facilement repérable et trop difficile à cacher. Il y a une couverture sur la banquette arrière, t'as qu'à la prendre ! »
« Et pourquoi elle est pas venue avec nous ? C'est toujours à nous de faire le sale boulot ! » râla le jeune homme qui se contorsionnait afin d'attraper la couverture en question.
Le chauffeur le regarda avec étonnement : c'était la première fois qu'il entendait son collègue se plaindre de Cora et de son travail. D'ordinaire il acceptait avec joie chaque mission que celle-ci leur proposait. Au début seule la perspective de la grosse somme d'argent qu'il allait toucher le motivait, puis son admiration grandissante pour leur maitresse était devenue sa principale motivation.
« C'est le principe des hommes de mains : on fait le sal boulot à sa place. » se contenta-t-il de répliquer.
« Je sais, je sais… Mais là je m'ennuie à mourir ! Je préfère quand elle me demande d'aller brûler des boutiques d'antiquités ou d'aider à vider les comptes de son mari ! Attendre pendant des heures planqués dans une veille bagnole que Regina et Daniel veuillent bien se pointer c'est vraiment chiant ! »
Le chauffeur ne répondit pas, se contentant d'acquiescer d'un signe de tête. Daniel était arrivé il y avait environ une demie heure, quand à Regina elle venait tout juste de faire son apparition. Eux étaient cachés dans le petit bois environnant depuis plus de deux heures. Il reprit sa paire de jumelle et la colla contre ses yeux. Regina était toujours entrain de crapahuter dans les écuries, pourtant un détail l'intrigua : une expression où se lisaient de la douleur et de la peur était désormais affichée sur son visage. Il regarda en direction du manège et devina aisément l'origine de son émotion : Daniel venait tout juste de sortir.
« Merde ! Elle est en train de partir ! Elle va pas lui parler ! » s'écria-t-il affolé en s'apercevant que la jeune femme tournait tout bonnement le dos à Daniel, s'éloignant à grands pas.
« Quoi ? » son collègue lui arracha ses jumelles et les braqua à son tour sur la jeune femme « Mais qu'est-ce qu'elle fout cette idiote ? Cora nous avait assuré qu'elle irait le voir ! »
Les deux hommes se regardèrent, paniqués. Ils avaient douté que Regina viendrait, mais ils n'auraient jamais imaginé qu'elle n'irait pas à la rencontre de son ancien amour lorsqu'elle le verrait. Cora avait été très claire : elle préférait que sa fille se remette avec Daniel, qui était devenu un homme tout à fait honorable, plutôt qu'elle continue sa relation avec un vulgaire voleur qui n'allait que lui attirer des ennuis et nuire à son ascension sociale.
« Il se passe quoi ? Dis-moi ce qu'il se passe ! » brailla le chauffeur « Tu crois qu'on doit intervenir ? Qu'est-ce qu'on doit faire, putain, qu'est-ce qu'on doit faire ? »
« Attends, attends ! Je crois que Daniel l'a vue… Oui c'est ça il l'a vue, il court vers elle ! » le jeune homme poussa un soupire de soulagement « C'est bon, les retrouvailles vont avoir lieu. Reste plus qu'à espérer que Cora ai raison : que Regina va retomber dans les bras de Daniel et se débarrasser de ce Robin. »
« Je ne me fais pas de soucis pour ça… elle était folle de lui et je parie qu'elle n'a jamais cessé de l'aimer. Tu crois qu'on doit rester vu que maintenant on est certain qu'ils vont se parler ? C'est quand même super indiscret, même si on n'entend rien. »
« On aurait peut être pu poser des micros dans les écuries… enfin Cora veut qu'on reste jusqu'à ce qu'ils partent. Et puis ça peut devenir intéressant… Si ça se trouve ils vont faire des trucs dans le foin ! » s'exclama l'homme en noir, un sourire vicieux sur les lèvres.
« Mon pauvre ami ! Il est grand temps que tu te trouves une copine ! »
…
« Regina ! » le cri résonna dans la plaine, comme un appel désespéré qui lui glaça le cœur.
« Il m'a vu. » murmura-t-elle en essayant de retrouver une respiration normale.
Elle jeta un coup d'œil à sa voiture. Elle n'était qu'à quelques mètres, la tentation de s'y engouffrer et de fuir cet endroit pour toujours était grande. Elle n'aurait qu'à renter chez elle, prétendre que rien ne s'était passé et s'efforcer d'oublier tout ça. Elle avait toujours été douée pour les faux semblants.
« Regina ! S'il te plait attends-moi ! » le second appel retendit comme un coup de tonnerre dans sa poitrine.
Elle regarda une dernière fois sa voiture avec un léger pincement au cœur et fit volte face. Elle ne pouvait pas partir, pas comme ça. Il ne le méritait pas. Et au fond elle ressentait le besoin de le voir, de lui parler, de le toucher afin de s'assurer que c'était bien lui et qu'il allait bien. Daniel avait maintenant ralenti, il ne courrait plus, rassuré de voir qu'elle s'était enfin arrêtée. Regina en profita pour l'observer. Il n'avait que peu changé : il lui sembla qu'il était un peu plus grand et plus élancé qu'avant son visage était désormais celui d'un homme mûr et non plus celui d'un jeune homme tout juste sorti de l'adolescence ses cheveux étaient plus longs et coiffés en arrière, ce qui mettait en valeur ses traits fins. Daniel était devenu un bel homme, elle ne pouvait pas le nier.
Regina se savait que faire : comment est-on censé se comporter dans une telle situation ? Que faire lorsque votre ancien compagnon que votre propre mère a envoyé en prison pour le punir de l'amour qu'il vous portait surgit soudainement devant vous bien des années plus tard ? Elle se sentait terriblement embarrassée. Ne sachant comme se tenir elle se dandinait maladroitement d'un pied à l'autre à la recherche d'une position qui serait confortable. A ce moment précis elle ne savait qu'une seule chose : elle était prise d'une irrépressible envie d'étrangler sa mère. Daniel n'étant plus qu'à quelques mètres, elle décida finalement de planter fermement ses deux pieds dans le sol, de bomber le torse et de relever le menton. C'était cette fameuse position qu'elle adoptait à chaque fois qu'elle s'apprêtait à mener un combat : engager un débat politique primordial pour sa carrière, faire face à sa mère, empêcher Robin de cambrioler sa maison… Ce souvenir de sa première rencontre avec son voleur la troubla, une pensée folle traversa son esprit : et si Daniel déclarait l'aimer encore et vouloir donner une nouvelle chance à leur amour que ferait-elle ?
« Ça suffit Regina ! » se sermonna-t-elle « Tout ça c'est du passé. On va un peu discuter ensemble, parler de nos vies et c'est tout. De toute façon lui aussi a surement tourné la page et trouvé quelqu'un d'autre. »
« Regina ! C'est incroyable ! Je pensais à toi et voilà que tu apparais comme par magie ! »
Daniel était maintenant face à elle, l'air à la fois étonné et ravis. Regina s'apprêtait à lui expliquer qu'elle n'était apparue là par magie mais bien à cause des manigances de Cora, puis se ravisa. Évoquer sa mère n'était certainement pas la meilleure entrée en matière qui soit.
« Oui c'est incroyable. Je… j'arrive à peine à y croire. »
Elle croisa son regard. Ces yeux bleus sombres qu'elle avait tant chéris et qu'elle avait cru ne jamais revoir la contemplaient avec une joie non dissimulée. L'assurance et le courage qu'elle avait tenté de rassembler en prenant sa position fétiche s'évapora soudainement. Après toutes ces années passées à se demander si il allait bien, et parfois même si il était en vie et à se sentir coupable pour le sort tragique qu'il avait subi, Daniel était là. Il était devant elle et il lui souriait. C'était tout ce qui comptait.
« J'ai cru que je ne te reverrai jamais… » sa voix se brisa, elle porta vivement ses mains à son visages afin de masquer les larmes qui roulaient sur ses joues. Daniel s'approcha d'elle et la prit doucement dans ses bras.
« Tout va bien Regina, je suis là. » chuchota-t-il.
Cette étreinte inattendue la déstabilisa au plus au point. Elle reconnu immédiatement cette odeur propre à Daniel qui jadis était synonyme d'amour. C'était une odeur douce, légèrement ambrée, tellement différente de celle de Robin. Finalement Daniel s'écarta d'elle. Elle ne parvenait pas à déterminer si ce moment avait duré quelques secondes ou quelques minutes. Quoi qu'il en soit, ses larmes s'étaient taries et elle se sentait beaucoup mieux.
« Ça va aller ? » s'enquit-il doucement.
« Oui ça va aller. On ne devrait pas rester là, il commence à faire très froid et j'ai l'impression qu'il va bientôt pleuvoir. » répondit-elle en levant les yeux vers le ciel qui était maintenant rempli de nuages noirs.
« Tu as raison, où veux-tu aller ? » avant qu'elle n'ai eu le temps d'y réfléchir, il demanda « Le Granny's existe toujours ? J'aimerai bien y retourner. »
« Oui il existe toujours, on peut y aller. Tu es venu en voiture ? »
« Oui, je l'ai garée de l'autre côté des écuries. On se rejoint au Granny's alors. » alors qu'il amorçait un mouvement pour partir, il ajouta « Je suis vraiment heureux de te retrouver. »
Tandis qu'il s'éloignait, Regina regagna enfin sa voiture, l'air un peu hagarde et joyeuse à la fois.
….
Gold prenait un peu l'air devant sa boutique. Abrité sous un grand parapluie noir, il regardait la pluie tomber. Il s'aperçut avec amusement que certains passants surpris par l'orage courraient aussi vite que les trottoirs glissants le permettaient, essayant avec peu de succès de protéger leur tête en rabattant dessus leur manteau dépourvu de capuche.
« Ça va mieux Rumple ? » demanda Belle en venant se glisser sous le parapluie.
« Oh oui ! L'odeur de la colle à tapisserie commençait vraiment à me faire mal à la tête. »
« Et alors cette tapisserie, tu ne trouves pas qu'elle rend vraiment bien dans la boutique ? » demanda-t-elle avec un petit sourire engageant.
« Elle n'est peut être pas si mal que ça en fin de compte… C'est vrai que ça fait plus moderne… » concéda-t-il. Mais en voyant l'expression de triomphe de la jeune femme il ne put s'empêcher d'ajouter « Mais j'attends de voir le résultat final, car on ne peut pas vraiment juger avec un seul mur de fait. »
Gold entendit sa femme grommeler quelque chose à propos de sa mauvaise foi, mais sa voix fut couverte par celle de Robin qui, lui aussi, venait prendre l'air devant la boutique. Le jeune homme avait revêtu un grand manteau de pluie dont la capuche masquait une bonne partie de son visage.
« On a bien avancé ! Si tu veux mon avis, en s'y prenant dès demain matin on peut avoir fini de poser le papier peint demain soir. »
« Les travaux avancent bien plus vite qu'on ne l'espérait ! » s'exclama Belle « Si ça continue comme ça tu pourras rouvrir la boutique la semaine prochaine. »
« Le problème Belle, c'est qu'une bonne partie de ma collection est partie en fumée. Le magasin ne sera pas très rempli… »
En voyant la mine sombre de son ami, Robin lui lança un clin d'œil complice et dit :
« Petit Jean et moi on t'aiderait bien à te reconstituer un stock d'œuvres d'arts et d'antiquités… Deux ou trois petits cambriolages seraient amplement suffisants… »
« Robin ! » la voix indignée de Belle fusa immédiatement.
Gold en revanche ne semblait absolument pas choqué, au contraire ses yeux brillaient et un petit sourire venait d'apparaître au coin de ses lèvres, preuve irréfutable qu'il était intéressé.
« Je ne sais pas si tu dis ça pour rire ou si tu y songes sérieusement mais ça pourrait être une solution… »
« Rumple ! » cria Belle, qui cette fois semblait véritablement outrée.
« Mais Belle nous avons besoin d'argent ! Si je dois fermer ma boutique comment est-ce que je ferai pour m'occuper de toi ? » expliqua-t-il pour tenter de justifier ses paroles.
Malheureusement pour lui, c'était une très mauvaise idée : la bibliothécaire était peut être jeune mais elle ne se laissait pas berner aussi facilement.
« Ne me prend pas pour une idiote Rumple ! Premièrement tu parles d'avoir de l'argent pour t'occuper de moi mais je te rappelle que je suis bibliothécaire ! J'ai un travail, je gagne mon propre argent et je n'ai pas besoin du tien pour vivre ! Deuxièmement tu es le propriétaire de la ville ! Donc tu as plein d'autres sources de revenus ! C'est juste que comme toujours tu es attiré par ce qui est malhonnête. »
« Voler au riches pour donner aux pauvres n'a rien de malhonnête Belle. Au contraire, ça permet de rétablir un peu de justice dans ce monde. » expliqua doucement Robin tout en se retenant de rire en voyant l'air penaud de Gold, qui en cet instant avait la tête d'un enfant prit en faute.
« Effectivement ça n'est pas si mal que ça… mais faire fructifier son commerce sur des vols ça l'est ! » répliqua-t-elle en jetant un regard désapprobateur à son amant.
C'est à ce moment que Petit Jean sortit à son tour afin de les rejoindre sur le trottoir. Comme la pluie continuait de tomber, le jeune homme avait passé un immense imperméable jaune qui lui donnait une allure de pêcheur. Alors qu'il essayait d'enfiler dans sa capuche les grandes mèches de cheveux ondulées qui tombaient sur ses épaules, il leur demanda pourquoi ils ne rentraient pas.
« Parce que Rumple parle de refaire des cambriolages pour reconstituer son stock d'antiquités ! » déclara Belle avec le vague espoir de trouver un allié dans le jeune homme. Espoir presque instantanément déçu :
« Ah oui ? Mais c'est génial ! Moi ça me manque les cambriolages, les planques, l'argent qu'on redonne aux associations et tout et tout ! En tout cas je suis partant ! »
Belle poussa un profond soupir où l'exaspération se disputait à la résignation. Gold s'empressa de la prendre dans ses bras avant qu'elle ne retourne dans la boutique et proposa :
« Et si on allait tous chez Granny ? Ça nous ferait du bien de faire une pause et de nous restaurer un peu après tout ce travail. »
Comme tous les trois acceptèrent sa proposition, ils retournèrent prendre leurs affaires dans le magasin. Robin en profita pour regarder son téléphone portable : il n'avait toujours pas de nouvelles de Regina.
« Je suis persuadé qu'elle va bien Robin. » lui dit Gold en posant une main qu'il souhaitait rassurante sur l'épaule du jeune homme.
« Je sais que j'ai tord de m'inquiéter autant pour elle. Regina est une femme forte. »
Robin avait beau se raisonner et se répéter que Cora ne voulait pas véritablement de mal à sa fille et que Regina était effectivement capable de se débrouiller toute seule, il n'en ressentait pas moins un mauvais pressentiment. Le voleur qu'il était avait l'habitude de se fier à son instinct, et depuis qu'il avait lu cette lettre celui-ci lui hurlait que quelque chose de mauvais se tramait. Et même s'il ne cessait de dire qu'il était inquiet pour Regina, au point de s'être comporté de façon relativement puérile avec elle, il avait la sensation qu'au fond c'était plus pour lui-même qu'il devait être préoccupé. En effet, il savait que Cora le détestait et son instinct lui soufflait que ce soi-disant gage de paix n'était en réalité qu'une tentative de plus pour le séparer de sa reine. Ce qui commençait à le rendre véritablement soucieux c'était que sa raison ne pouvait que confirmer cette impression. Il s'apprêtait à confier ses craintes à Gold puis se ravisa : le vieil antiquaire n'en savait pas plus que lui sur ce mystérieux gage de paix, comme il ne pourrait ni infirmer ni confirmer ses doutes la discussion serait forcément stérile et fastidieuse. Il se contenta donc de fourrer son portefeuille dans sa poche et de rejoindre les autres pour se rendre au Granny's.
…
Regina et Daniel étaient assis à une petite table au fond du restaurant. Un silence qui commençait à devenir un peu pesant régnait entre eux : après avoir passé une dizaine d'années sans avoir eu la moindre nouvelle l'un de l'autre alors qu'ils souhaitaient ardemment en recevoir, ils ne savaient pas quoi se dire. Ils se souriaient avec embarras, n'osant aborder le sujet qui leur brûlait les lèvres mais qui était un véritable tabou : que c'était-il passé pour chacun d'eux une fois que Cora avait envoyé Daniel en prison ? Heureusement Ruby vint leur apporter leur commande, brisant ainsi leur mutisme :
« Et voilà ! Un cappuccino pour toi Regina, et un grand café pour… » lançât-elle d'une voix enjouée avec une indiscrétion à peine dissimulée.
« Daniel, enchanté. » répondit-il avec un sourire amusé « Vous êtes une amie de Regina ? »
« On ne se connait pas depuis très longtemps, grâce à une amie commune, mais à mon avis on est bien partie pour le devenir ! » expliqua-t-elle tout en observant la jeune femme du coin de l'œil, comme pour obtenir son assentiment.
« Tout à fait d'accord. » déclara Regina.
La serveuse à l'excentrique tenue rouge vif les gratifia d'un grand sourire avant d'aller prendre les commandes des autres clients.
« Elle a l'air vraiment sympa, originale mais sympa. Et cette amie commune je la connais ? Elle était en classe avec nous ? » demanda Daniel, de façon à engager enfin la conversation.
« Non, Belle n'était pas en classe avec nous. D'ailleurs elle n'a pas grandit ici. C'est la femme de Monsieur Gold, tu te souviens de lui ? »
« Oui. C'était un grand ami de ta mère… »
Ça y était ! Le terrible sujet était enfin abordé. Regina s'en sentit soulagée, d'autant plus qu'elle avait qu'une hâte : écouter Daniel lui faire le récit de sa vie depuis qu'ils avaient été séparés par Cora.
« Ils ne sont plus amis… Enfin on va parler de quelque chose de plus intéressant : et si tu me parlais de toi, de ce que tu es devenu, de ta vie quoi ! »
« D'accord mais en retour toi aussi tu me parleras de tout ce qui t'es arrivé ces dernières années. Je veux tout savoir de toi Regina… Bon comme tu dois t'en douter ma vie a été assez mouvementée, à commencer par le moment où des policiers ont débarqué chez mes parents et m'ont arrêté pour trafic de drogues. Au début je pensais juste que c'était une erreur, même si je trouvais que le comportement des policiers était très étrange. Ce n'est que quand l'un d'eux à laisser ta mère entrer dans ma cellule après plusieurs jours de garde à vue au commissariat que j'ai compris : elle avait découvert que nous étions amoureux et que nous avions prévu de fuir ensemble afin de pouvoir construire notre vie et être enfin heureux. Son regard était empli de haine et elle m'a juré de faire tout ce qui était en son pouvoir pour m'éloigner de toi et m'empêcher de gâcher ta vie. Et elle a tenu sa promesse : j'ai eu le droit à un simulacre de procès qui a dévasté mes parents, j'ai été envoyé dans une prison minable et surpeuplée… »
Daniel fit une pause. Il était évident qu'il était encore très marqué par ce qu'il avait vécu. Regina lui prit la main en signe de compassion ce qui sembla le stimuler puisqu'il reprit la parole :
« Le côté positif c'est que je n'y suis pas resté longtemps : seulement deux ans et demis grâce à ma bonne conduite. En sortant j'étais fou de joie, je ne pensais qu'à une chose : aller te chercher et t'emmener loin de ta mère pour qu'on puisse réaliser notre rêve. C'est cette pensée qui m'a permis de tenir, d'affronter toutes ces épreuves. La nuit quand le désespoir s'emparait de moi, je pensais à toi, je revivais tous les moments passés en ta compagnie, j'imaginais que tu étais près de moi et que je ne t'avais jamais quitté… Mais là encore ta mère avait tout prévu : elle m'attendait et m'a dit que je n'avais pas intérêt à revenir dans la ville. Elle a menacé de me renvoyer en prison mais je m'en moquais. Elle a donc menacé mes parents et à la petite sœur qui était née pendant que j'étais en prison. Je t'aimais plus que tout Regina mais je ne pouvais pas les mettre en danger. Encore moins après tout ce qu'ils avaient vécu par ma faute. Mon incarcération à été terrible pour eux, mon père a même fait une dépression… Je ne pouvais risquer de briser leur vie et encore moins celle de cette petite sœur que je n'avais encore jamais rencontrée. Tu ne peux pas savoir à quel point cette situation était horrible : dans tous les cas j'étais perdant et dans tous les cas les personnes que j'aimais souffraient. Je m'en suis souvent voulu de ne pas avoir pris le risque de retourner auprès de toi. Tu dois me trouver bien lâche… »
Regina était émue par le récit de son ancien amour, elle sentait les larmes monter à ses yeux mais tentait de toutes ses forces de les refouler. Elle n'avait pas lâché la main de Daniel, au contraire elle l'avait même serrée de plus en plus fort au fur et à mesure de son histoire.
« Comment peux-tu penser ça Daniel ? » murmura-t-elle « Tu n'es pas un lâche bien au contraire : tu t'es sacrifié pour protéger ta famille, c'est très courageux. C'est même noble. »
Elle contempla Daniel. Ses yeux sombres exprimaient une émotion très forte qu'il peinait à contenir. Il se leva de sa chaise, se plaça à la droite de Regina et avant même qu'elle ne puisse anticiper son geste, l'enlaçât avec force.
« Tu ne peux pas savoir à quel point ça me soulage de t'entendre dire ça. C'est comme si un poids que j'avais sur le cœur depuis toutes ces années venait de se volatiliser. Merci Regina, merci. »
…
« Vous savez quoi ? Finalement j'ai plus trop envie d'aller prendre un goûter ici ! » Gold qui venait d'ouvrir la porte du restaurant la referma précipitamment.
« Hein ? Mais j'ai faim moi ! J'ai passé la journée à travailler dans ta boutique, je le mérite ce goûter ! » protesta Petit-Jean.
« Tu auras à goûter mais pas ici ! » rétorqua violemment Gold à l'incompréhension générale.
Constatant que Belle commençait vraiment à en avoir assez et était sur le point d'exploser, Robin prit le parti de rire de la saute d'humeur du vieil homme :
« Allons Rumple ! Qu'est-ce qu'il t'arrive ? Tu deviens sénile ou quoi ? Tu as toujours adoré cet endroit. »
« J'ai envie de changement. » fut la seule réponse qu'il put tirer de Gold.
« Bon j'en ai marre ! Il pleut, il fait froid, moi je vais à l'intérieur ! » Belle empoigna la poignée de porte, l'ouvrit brusquement et entra.
Les deux frères la suivirent sans prêter la moindre attention aux protestations de l'antiquaire. Une fois à l'intérieur, Robin comprit immédiatement la raison du comportement de Gold. Le vieil homme tentait seulement de lui éviter de devoir subir la vision de sa reine dans les bras d'un autre homme.
« Quelle salope. » siffla Rumple entre ses dents.
« Rumple ! Comment oses-tu ! Je suis certaine qu'il y a une explication… Regina aime trop Robin ! » s'empressa de dire Belle alors que Robin jetait des regards meurtriers à l'antiquaire.
« Je ne parlais pas de Regina ! Surtout que c'est ma fille je te rappelle ! Je parlais de Cora : le voilà son gage de paix. Daniel ! »
Robin resta bouche bée, ne sachant comment réagir face à une telle situation. Il ne pu que constater qu'une fois de plus son instinct ne l'avait pas trahi.
Coucou ! Voici le chapitre 12 posté avec un peu de retard. Je suis pas mal débordée depuis quelques moi, alors j'ai un peu de mal à poster à temps, j'en suis désolée. J'espère que vous allez aimer le chapitre. comme d'habitude vous pouvez me laisser une review, je prends avec plaisir tous les commentaires :)
Passez une bonne semaine et à bientôt pour la suite :)
