Hey ! Ça faisait un petit moment que je n'avais pas rajouté d'OS donc voilà. Je le publie surtout pour m'excuser du retard des suites de Chute et de Choisi, vraiment désolé...
En attendant, bonne lecture!^^
Anniversaire
Il s'arrêta au bout de l'allée. Il hésita. Il n'avait pas le droit d'y aller. Son père et quelques amis de sa mère étaient réunis autour de la tombe, il vit son père déposer un bouquet de roses devant la tombe.
Les tiges de ses propres fleurs étaient serrées dans sa main. C'était idiot, c'était tout de même la tombe de sa mère, et c'était son père devant elle, mais il n'osait pas approcher, les gens qui accompagnaient l'homme l'avaient tous regardé avec mépris lorsqu'elle était morte, après aussi, et même avant.
Son père aussi.
Même si lorsqu'il était enfant il ne voulait pas lire ce dégoût dans ses yeux, il n'avait pas pu l'ignorer lorsque l'homme blessé qui venait d'enterrer sa femme l'avait frappé en lui disant que c'était de sa faute. C'était lui qui l'avait tuée. Sans lui, elle serait toujours là. Sans lui, elle aurait vécu heureuse.
Mais malgré tout il l'aimait, mais malgré ce que les gens pensaient, il ne l'avait pas tuée. Alors il n'avait pas à avoir peur, ni à avoir honte.
Il releva la tête et parcouru les quelques mètres qui le séparait de la tombe, lorsqu'il arriva, les gens hoquetèrent. Son père serra les poings, sans doute prêt à le frapper. Peu importe. Il ne dit pas un mot, s'agenouilla pour poser ses quelques fleurs à coté des autres, laissa sa main remonter pour caresser le nom connu puis il se releva, fit demi-tour, et partit, toujours la tête haute, ignorant les regards méprisants qui le suivaient.
Il ne s'autorisa à s'arrêter que quelques rues après le cimetière, soupira, ses épaules et son menton se baissèrent et il reprit sa marche bien plus lentement qu'auparavant.
Peu importe.
Il avait réussi.
Il n'avait même pas tressaillit devant son père.
Il pouvait être fier de lui. Mais il se doutait que sa mère le soit, elle. Après tout, c'était vrai. Sans lui, elle serait encore là, sans lui, elle serait heureuse. Si elle le voyait depuis la mort, elle avait sûrement frémi lorsqu'il s'était approché et avait laissé les fleurs sur sa tombe.
Mais malgré ça, il savait qu'il recommencerait sûrement l'année suivante. Il ne pouvait s'en empêcher. Au fond de lui, il était toujours un enfant. Et elle était toujours sa maman. Alors il continuait à l'aimer et à venir chaque année voir sa tombe, poursuivi par les vagues de regrets qui l'assaillaient.
Des regrets d'enfant blessé. Ou peut être de monstre blessé.
Fin...
