« Ouch ! »
Mac grimaça et tenta de faire lâcher prise à Jo qui, le sentant bouger, avait planté ses ongles dans sa hanche. Son geste brusque eût l'effet inverse de celui qu'il cherchait, et il sentit le sang perler sous les doigts de son amante. Il reposa la tête sur son oreiller, et changea de tactique. Il caressa son bras, depuis sa main jusqu'à son épaule, puis de son épaule jusqu'à sa main, où il dessina de petits cercles avant de jouer avec l'une de ses bagues. Progressivement, la grippe de Jo se desserra, et Mac retrouva un visage serein. Le réveil affichait 8h, et l'ironie voulait que, pour une fois, Mac était bien parti pour faire la grasse matinée avant que Jo ne montre sa possessivité en le griffant alors qu'il ne faisait que se tourner pendant son sommeil. Il la serra contre lui et soupira d'aise. Il ne réussirait pas à se rendormir, il se connaissait, mais s'il ne pouvait pas se lever, il avait au moins le temps de profiter de la vue. Les traits de Jo étaient détendus, sa respiration était profonde et régulière, et elle paraissait infiniment paisible. Ses cheveux étaient ébouriffés, et le soleil qui tombait sur ses jolies pommettes leur donnait une couleur orangée qui lui donnait envie d'y poser de tendres baisers, encore et encore... Ce qu'il ne fit pas, par peur de la réveiller. Il était encore d'astreinte pour les deux heures à venir. Si seulement les criminels pouvaient prendre leur dimanche, comme tout le monde... En profiter pour peaufiner leur prochain crime, se faire un bon repas, peut importait du moment qu'ils le laissaient profiter d'une matinée sous la couette avec la femme qu'il aimait tant. Adressant une prière silencieuse au dieu des criminels, il enfouit son nez dans le cou de Jo qui laissa échapper un ronronnement de bonheur, toujours profondément endormie.
Son horloge biologique la poussa à se réveiller sur le coup des dix heures, troublée par l'absence d'odeur de café ainsi que par la présence du corps de Mac collé au sien. Elle ouvrit un œil interrogateur qu'elle dirigea vers le réveil. Il était pourtant tard... Une vague de panique la saisit et elle secoua Mac qui sursauta.
« Mac ! » S'exclama-t-elle d'une voix qui trahissait sa surprise.
Celui-ci la dévisagea avec inquiétude.
« Qu'y a-t-il Jo ?
Elle appuya la paume de sa main doucement contre le cœur de son amant et secoua la tête.
-Non, je... Je suis idiote, j'ai trouvé ça tellement étrange que tu sois toujours au lit à cette heure que je n'ai pas pu m'empêcher de penser que... Elle secoua la tête plus vivement encore, et il sourit, taquin.
- Je suis vivant Jo, et mon cœur bat toujours... » Il faillit ajouter 'pour toi', mais se mordit la langue. Il devenait terriblement cliché et sentimental depuis que Jo et lui se voyaient, et c'était déstabilisant. Cependant il avait dû penser trop fort, car Jo eut un sourire gêné et elle leva les yeux vers lui, déployant ses longs cils de manière attendrissante tout en rentrant sa tête dans ses épaules. Mac posa un baiser sur son front, puis sur son nez, jusqu'à ce qu'elle prenne les choses en main en mêlant ses lèvres aux siennes pour un baiser plein de passion. Mac perdit pieds. Son odeur, le goût de ses lèvres, la douceur de sa peau lui faisaient toujours cet effet... C'était comme si son cœur voulait sortir de sa poitrine violemment, le faisant frémir des pieds à la tête. C'était complètement irraisonné, et il était sûr qu'elle aimait être l'objet d'une telle réaction. Ses ongles frottant délicatement son cuir chevelu déclenchèrent le ressort de trop, et il la renversa sous lui, sentant son désir s'intensifier. Il promena sa main le long de sa cuisse, la faisant immédiatement réagir. Elle s'agrippa d'une main à sa hanche, et, sentant une aspérité inhabituelle sur la peau de Mac, elle fronça les sourcils, rompit leur baiser contre la volonté de son amant, et son regard tomba sur la croûte qui s'était formée suite à sa griffure. Un 'Oh' silencieux se forma sur ses lèvres, que Mac tenta de dissimuler sous les siennes, sans succès. Elle le repoussa, les mains sur ses épaules.
« Mac... Je pensais avoir passé l'âge des ébats fougueux, je suis désolée, je ne me suis pas rendue compte que je te faisais mal... » S'excusa-t-elle en se mordillant la lèvre.
Mac ne put s'empêcher d'éclater de rire en l'entendant. Jo pouvait effectivement avoir l'air fougueuse, mais en réalité, leurs étreintes n'étaient jamais que tendres, pleines de caresses, et non d'accrocs. Jo ne comprit pas son hilarité et ses joues prirent une couleur rosée alors qu'elle levait des sourcils interrogateurs.
Mac reprit son souffle, prit son visage entre ses mains, mesurant la chance qu'il avait d'avoir Jo, et pas qui que ce soit d'autre à ses côtés.
« Tu dormais quand tu m'as griffé Jo...
- Oh..
- Tu ne voulais visiblement pas que je me décolle de toi. Expliqua-t-il avec un sourire plein de tendresse.
- Oses me dire que tu voulais quitter mes bras. Répondit-elle avec un regard sournois dont elle seule avait le secret. »
Il fit la moue, et alors qu'il s'apprêtait à lui démontrer qu'il n'avait aucune intention de l'abandonner au creux des draps, son téléphone vibra. Il soupira en voyant le numéro du labo s'afficher et passa une main dans sa nuque. Alors qu'il répondait, Jo se laissa retomber sur son oreiller. Tuer un Dimanche... Décidément, les valeurs se perdaient.
