« Oh il est tellement beau... »
Pour la Ixième fois de la soirée, Jo fit un tour complet sur elle-même dans le miroir, faisant tourner les pans de son nouveau manteau de cuir qui lui arrivait aux genoux.
« Il te va à merveille chérie. » Lui assura Charlotte en l'observant.
Depuis le canapé, Mac et Ellie observaient la scène. Mac jeta un rapide coup d'oeil à sa montre, et Ellie gloussa. Cela faisait plus d'un quart d'heure que Jo jouait à Narcisse avec son reflet, et une demie-heure que l'équipe était partie, se soumettant tous à la fatigue de Lucy qui voulait retrouver son lit. Le regard de Mac tomba une nouvelle fois sur sa bien-aimée. Elle était magnifique dans le manteau de cuir que l'équipe entière s'était cotisée pour acheter. Personne ne regrettait l'achat coûteux, on aurait dit qu'il avait été conçu spécialement pour elle. Ses boucles brunes retombèrent sur ses épaules après une nouvelle rotation. Son sourire était radieux, et Mac se prit à vouloir l'embrasser, encore et encore, jusqu'à ce qu'elle le supplie de lui faire l'amour. Il secoua la tête. Ces pensées parasites étaient de plus en plus fréquentes, et ce n'était pas digne d'un gentleman. Son esprit ne le laissa pas pour autant en paix : 'Ce manteau est beau, mais elle est mieux sans', lui murmura-t-il. Dieu, il fallait qu'il se concentre sur autre chose. Il attrapa le dessin de Lucy posé sur la table basse et tenta de deviner ce que représentait la tache sur ce qui devait être le T-shirt d'une Jo très... Cubique.
Finalement, Jo retira son manteau qu'elle posa avec soin sur le dossier d'une chaise.
« Maman, le cadeau de Mac est chez lui. Ca te dérange de prendre ma chambre pour la nuit et de garder Ellie pour que je passes la nuit chez lui ? »
Charlotte eut un sourire amusé.
« Je préférerais en effet que vous alliez vous sauter dessus ailleurs. La soirée a du être dure à supporter. Vous avez été sages, allez vous amuser. Soyez là pour les roulés à la cannelle demain matin. »
Jo et Mac échangèrent un regard soulagé alors qu'Ellie semblait plongée dans la contemplation du dessin que Mac avait abandonné sur le canapé. Décidément, était-elle la seule à être gênée par l'évocation de la vie sexuelle de sa mère ?
Mac posa un baiser sur le haut de la tête de la jeune fille avant de sauter sur ses pieds pour rejoindre Jo. Il avait hâte de voir sa tête en découvrant son cadeau.
« Bonne nuit Ellie, bonne nuit dame Charlotte. »
Les joues de Madame Danville se teintèrent de rose. Il avait marqué beaucoup de points en seulement une soirée, et elle devait admettre qu'elle avait un faible pour lui.
Une fois dans la voiture de Mac, Jo se mit en tête de deviner ce que lui réservait son conjoint :
« Alors, qu'elle est cette surprise que tu as mis tant de temps à préparer ? » Pour toute réponse, Mac la gratifia d'un regard signifiant à peu près 'Vraiment, tu penses que j'ai mis tant de temps à préparer tout cela rien que pour cracher le morceau sur demande ?'.
« Ok... On n'a qu'à jouer aux vingt questions ! Est-ce que c'est en acier ?
Mac soupira. C'était une très mauvaise idée... Mais le regard de pur amusement de Jo le fit craquer.
- Allez Mac ! C'est en acier ?
- Non.
Elle haussa les épaules.
- Dommage. C'est rond ?
- Non.
Elle leva les yeux au plafond pour chercher une idée.
- Ca sert à ranger des vêtements ?
Mac tapota le volant et accéléra en voyant le feu passer au vert.
- Non.
- D'accord... Mhh... Ca sent bon ?
- Jo, c'est vraiment une question ça ? Demanda-t-il en levant un sourcil.
- Bah oui. Ca élimine le parfum si tu dis non. Dit-elle en souriant.
- Alors non.
- C'est utile au labo ?
- Non Jo. On a un budget pour les fournitures de bureau.
- Et alors ? Lindsay m'a bien offert des stylos...
Mac eut un sourire amusé. C'était tentant d'offrir post-it, stylos et trombones à Jo, mais il avait fait mieux. Du moins était-ce ce qu'il éspérait. Jo gigota dans son siège et reprit :
- Alors ça sert à dormir.
Il éclata de rire.
- Non plus.
Elle fronça les sourcils.
- Ca sert à faire des choses coquines n'incluant pas forcément un lit ? Tenta-t-elle en scrutant sa réaction.
Il freina un peu brutalement.
- Jo !
- Mais quoi j'essaie de trouver !
Il lui jeta un regard exaspéré.
- Oh ! C'est ça ! Je touche au but !
- Et nous sommes arrivés. Alors arrête de poser des questions idiotes et monte voir. »
Elle sautilla en sortant de la voiture et prit sa main en entrant dans le bâtiment. Ils grimpèrent les marches quatre à quatre, et quand Mac ouvrit enfin sa porte, Jo s'engouffra dans l'appartement à bout de souffle. Elle s'appuya à la porte de la chambre et Mac la trouva le menton légèrement relevé, son cou exposé, les bras croisés derrière son dos. Il resta figé quelques secondes, subjugué par la beauté de la scène, jusqu'à ce que Jo ouvre les yeux pour planter son regard dans le sien. Il sentit son sang battre dans ses tempes. Ils ne jouaient plus.
« Mac... Souffla-t-elle. J'ai cru que la soirée ne se terminerait jamais...
Il fit un pas, puis deux, puis s'arrêta à moins d'un mètre d'elle.
- Tu comptes rester sur le tapis ou tu vas venir inaugurer ma cinquante-deuxième année ? » Demanda-t-elle avec un regard narquois.
Mac combla la distance qui les séparaient en un pas, et se jeta sur ses lèvres. Elle gémit, ce qui décupla son désir. Il prit son visage entre ses mains et elle serra son corps contre elle. Toute notion de cadeau était oubliée. Elle le voulait lui, là, maintenant.
Mac était en train de chercher à dégrafer son soutien-gorge quand un miaulement se fit entendre. Jo interrompit leur baiser.
« Mac... » Elle tourna la tête vers l'endroit d'où venait le bruit et son regard tomba sur un chaton qui venait de sauter du sofa et trottait fièrement vers elle.
« Que fait cette adorable petite bête chez toi ? »
