Disclaimer : Harry Potter, ses personnages et leur monde appartiennent à JK Rowling.
L'histoire quant à elle appartient à ArielGobuss (Le lien est sur mon profil).
NOTE HONTEUSE : Hello à tous et toutes ! (et oui, dès le premier chapitre, des messieurs ! Yes!)
Je suis terriblement désolée pour le temps que j'ai mis à poster la suite de cette traduction ! Beaucoup ont cru que je l'avais oubliée ou abandonnée, mais rassurez-vous, rien de tout cela. J'ai très mal calculé mon moment pour mettre en ligne le premier chapitre, car je n'ai pas énormément de temps à consacrer à la traduction (j'écris aussi à côté) puisque j'ai entamé ma dernière année de formation et j'ai du boulot à revendre. Mais je ne vais pas abandonner cette traduction, même s'il faut dix ans pour parvenir au bout des soixante chapitres ! (si, si...)
Remarquez, j'ai bien vu une auteur (Elehyn, très talentueuse, d'ailleurs... foncez lire ou relire ses écrits car ce sont de vrais délices Snarryens) publier la suite d'une fiction qui n'avait pas été updatée depuis sept ans. Alors presque un an, c'est que dalle hein... Ahem... (Non, non, j'essaie pas de me déculpabiliser... Quelle drôle d'idée...)
Note moins honteuse : Je suis très agréablement surprise par l'engouement que vous avez témoigné à cette histoire ! C'est génial que ça plaise autant, et que ma traduction ne soit pas trop chaotique. C'est très encourageant pour la suite. ;)
Voici le chapitre 2, qui, je l'espère, vous plaira tout autant !
P.S. : On m'a demandé la rythme de parution plusieurs fois, alors je le mets ici, comme ça tout le monde est au courant. Je posterai un chapitre par mois normalement, mais comptez plutôt sur un mois et demi voir deux mois, pour les mêmes raisons qui ont créée ce retard de publication.
Bonne lecture !
ATTENTION, PRÉSENCE DE TERMES PARTICULIÈREMENT INJURIEUX !
(On ne sait jamais. Vous êtes prévenus, le M n'est pas là pour les lemons mais aussi pour le langage cru et difficile...)
Béta-Lecteur / Correcteur : Qui d'autre que mon adorable Marxiss ?
2. Barely breathing
I'm falling apart
I'm barely breathing
With a broken heart
That's still beating*
Harry dévalait les couloirs de Poudlard en courant, comme s'il tentait de s'échapper à lui-même. Il pénétra dans les premières toilettes qu'il vit, s'accrochant aux murs du mieux qu'il pouvait alors qu'il vomissait. Ce fut seulement au moment où il arrêta de vomir que son corps cessa de trembler. Il rinça son visage avec de l'eau froide, passant sa main sur sa bouche en regardant son reflet dans le miroir. Alors qu'il observait son visage pâle, il entendit l'écho de ses propres mots, qui revinrent à lui avec une force et une véracité qui lui fit encore plus mal à chaque fois.
Pendant que tu me prends.
Ses mains se crispèrent sur les bords du lavabo, ses jointures devenant blanches.
Prends-moi, Severus.
Le Gryffondor frappa son reflet terrifié de son poing, le réduisant en miettes et brisant le silence lourd d'un cri profond. Des morceaux du miroir déchirèrent sa main, le reste volant en éclat sur le sol. Ignorant le sang et la douleur, il glissa du lavabo jusqu'au sol glacé où il se recroquevilla et sanglota de désespoir.
Ça ne peut pas être vrai ! Absolument pas ! C'est n'importe quoi ! Snape a dû ajouter quelque chose dans la potion de Hermione, c'est impossible autrement. Il voulait m'humilier, me dénigrer. Il l'avait prévu depuis le début. Il m'a toujours détesté.
Le visage du professeur apparu devant lui, exprimant la même stupéfaction que le Gryffondor ressentait. Mais qu'importe, il chassa rapidement cette pensée.
Oui, je suis certain qu'il a voulu m'humilier. Et il l'a fait. Enfin ! Comment peut-il être aussi cruel ? Quel genre de personne ferait ce genre ce chose ? Il a finalement trouvé un moyen... De me détruire.
Harry se contracta encore plus, posant sa tête sur ses genoux.
Je ne veux pas le voir ! Je ne veux plus rien avoir à faire avec lui ! Je ne le regarderai plus jamais dans les yeux ! Il ne le mérite pas ! A partir de maintenant, Severus Snape n'existera plus pour moi.
Tout le monde l'a vu... Quel fou-rire ils ont dû avoir. Harry Potter, Le-Garçon-qui-a-Survécu, qui désire le plus au monde l'homme le plus détesté des étudiants, le graisseux professeur de potion. Peut-être même que ce sera publié dans la Gazette du Sorcier. Connaissant Malfoy, il l'a probablement persifler à tous les Serpentards encore ignorants de l'histoire, ainsi qu'à son père qui sans aucun doute ne manquera pas de vendre l'affaire aux journaux.
Harry se sentit encore une fois sur le point de vomir.
Oh Merlin, comme ils me regardaient... Même Ron et Hermione. Comment est-ce que je vais faire pour les regarder en face à nouveau ? Comment expliquer ? Personne ne me croira. Personne. C'est la fin de tout... De tout ce que je suis.
Le jeune homme fixa un point dans le mur. Ses yeux étaient vides et sans expression, comme s'ils se noyaient dans un flot trop vaste de souvenirs, regardant les images qui lui revenaient de loin. Après un moment, une ombre d'un sourire triste apparu sur son visage.
Moi et Snape ? C'est forcément une blague de malade. Je le hais ! Je l'ai toujours détesté ! Même le fait qu'il m'aie sauvé la vie ne change pas le fait qu'il est le plus dégoûtant, le plus dégueulasse et la plus grosse des enflures au monde !
Tu as les plus magnifiques yeux au monde.
Harry, désespéré, se couvrit les oreilles de ses mains, priant pour que l'écho qui s'acharnait à revenir à son esprit lui laisse enfin un peu de répit. Et toutes les fois où il revenait, il n'apportait que la misère et la peine.
Non. Ca n'est jamais arrivé. Ça n'a pas pu. C'était juste un rêve ! Dans quelques instants je vais me réveiller et tout sera exactement comme avant. Je dois être en train de rêver !
Son esprit, pas mécontent d'alléger la souffrance, commença à renier tout ce qui était arrivé. Mais ça ne l'aidait absolument pas du tout. La douleur de sa main blessée était trop réelle. Les larmes qui scintillaient sur ses joues étaient aussi vraies que le sol glacé sur lequel il était assis. Tout était vrai. Incroyable et foireux, mais toujours vrai.
Harry cacha son visage entre ses mains, désirant plus que tout virer les images et mots insistants qui se collaient à son esprit, voulant les enfermer dans un coin sombre, silencieux et sans danger de sa tête où personne ne pourrait jamais les retrouver.
Il entendit des bruits de pas dans le corridor.
Les cours étaient terminés et les étudiants filaient dans les couloirs en masse, la rumeur de leurs rires ramenant brutalement Harry à la réalité. Il sauta immédiatement sur ses pieds, essuyant rapidement ses larmes avec sa main ensanglantée.
Le jeune homme regarda la porte avec effroi.
Ils ne pouvaient pas l'attraper. Harry devait trouver un endroit où personne ne pourrait le trouver !
Il regarda désespérément la pièce qui l'entourait et, en glissant sur les éclats de verre, se précipita dans l'une des cabines de toilettes, s'enfermant à l'intérieur au moment exact où la porte s'ouvrait d'un léger craquement.
« Harry, tu es là ? » C'était la voix de Hermione.
Harry, assis sur les toilettes avec ses jambes repliées contre lui, ferma les yeux et retint sa respiration.
« Vieux, on sait que t'es là. On a tes affaires. » La voix de Ron était calme, mais nerveuse. « Si tu veux, on peut les laisser là pour toi ou... je sais pas. »
« Ron ! » Hermione le sermonna d'un murmure, puis se retourna vers le cabinet dans lequel Harry était caché. « Ecoute Harry... Ce qui est arrivé en classe... » Elle s'arrêta un moment, cherchant les mots justes. « Je suis certaine qu'il y a dû avoir un malentendu. Je dois avoir foutu en l'air la potion. »
« Mais tu ne loupes ja... Ouch ! » Ron fit un bruit comme si quelqu'un avait piétiné son pied, puis le silence tomba.
« Harry ? » Intima Hermione, se tenant proche de la porte, comme si elle s'appuyait dessus. « Sors, s'il te plaît ? On sait que ce n'est pas ta faute. Tu ne savais pas ce que tu faisais. On va aller voir le professeur Dumbledore et tout lui expliquer. »
Soudainement la porte s'ouvrit. Hermione recula, perdant son équilibre, et tomba sur Ron qui la rattrapa juste à temps.
« Vous. N'oseriez. Pas. » Gronda Harry, soulignant clairement chaque mot.
Quand ses amis le regardèrent, Ron ouvrit sa bouche sous l'étonnement et Hermione eut un hoquet.
« Harry que... » Sa voix s'éteignit alors qu'elle désignait vaguement de ses doigts tremblants le visage et la main de Harry. Celui-ci chancela devant le reflet dans le miroir et vit des griffures ainsi que des taches de sang sur sa figure. Il regarda sa main ensanglantée. Harry l'étudia, surpris, comme si elle ne lui appartenait pas, puis il se tourna vers ses amis :
« Ca va aller. C'est pas important pour le moment. » Il resta un instant pensif, comme s'il essayait de prendre une décision. « Il faut que vous me promettiez de ne parler à aucun professeur de ce qui s'est passé en classe aujourd'hui. »
« Mais Harry... Dumbledore doit être mis au courant ! Snape n'avait aucun droit de faire ça. C'est complètement illégal ! » Hermione était clairement en colère. C'était évident en regardant sa posture et ses mots durs. Ron s'éloigna d'elle, gardant une distance de sécurité. « Tu dois aller voir le professeur Dumbledore et tout lui raconter ! »
Harry essaya d'imaginer la conversation dans sa tête.
« Professeur, j'ai quelque chose à vous dire. Le professeur Snape m'a fait boire une potion qui révèle notre désir le plus profond et il s'est avéré que ce que je désire le plus c'est... Le professeur Snape. Je voulais qu'il me prenne, et à cette même pensée, j'ai bandé. Et tout le monde l'a vu...
- Oh, c'est un problème vraiment sérieux. Peut-être que tu voudrais quelques dragées au citron ? »
« Harry ? Harry, tu m'entends ? » La voix de Hermione brisa le flux de ses pensées, le ramenant au présent.
« Non ! » S'exclama-t-il brusquement. « Je ne vais raconter ça à personne ! Et vous non plus ! »
« Mais Harry... » Ron essayait de dire quelque chose.
« Si tu as envie de me trahir, alors vas-y, raconte à tout ceux que tu croises. Mais ne reviens jamais me voir si tu le fais ! »
Ron, embarrassé, détourna son regard.
« Snape a dû bien rire quand je suis parti. Qu'est-ce... Qu'est-ce qu'il a dit ? » Harry sentit une note d'hésitation dans sa propre voix.
« Rien. » Hermione regarda tristement son ami. « Il était pâle et restait à son bureau en regardant la porte.
« Honnêtement, il avait l'air bizarre. » Dit Ron. « Quand Malfoy a pouffé de rire, il s'est retourné et a dit que la leçon était terminée. Après il nous a dit à tous de partir. »
« Sûrement qu'il a voulu se délecter de sa victoire seul. » Dit Harry, amer, grinçant des dents légèrement. « Le célèbre Harry Potter enfin détruit et humilié par Severus Snape. »
« Harry, je pense pas, » Commença Hermione, mais elle fut coupée par le regard tranchant de Harry.
« Snape est un bâtard cruel et rien ne peut changer cela. Il a finalement gagné ! Qu'est-ce qu'il doit être fier ! » Sa voix tremblait de rage alors qu'il parlait avec la plus grande difficulté.
Juste à cet instant la porte de la salle d'eau s'ouvrit et un étudiant de première année entra.
« Tu vois pas que c'est OCCUPE ? » Cria Harry et le garçon devint pâle comme la mort avant de prendre ses jambes à son cou sans un mot.
« Calme-toi Harry. » Murmura Hermione. « On veut seulement t'aider. »
« Bien. Alors vous pouvez m'apporter ma cape d'invisibilité. Ici. »
Harry traversa les couloirs sous sa cape, essayant de ne foncer dans aucun étudiants. Il se demanda comment serait leur rire innocent et malicieux quand ils réaliseraient que le monde entier était en ruines.
De temps en temps ses oreilles captaient des bouts de phrases où les mots suivants revenaient incessamment :
« Potter... Désir... Snape... Choc... Amusant »
Alors les rumeurs ont déjà commencé à se répandre... Songea Harry avec colère. Génial. Juste putain de génial.
« ... Et ensuite Potter s'est mis à pleurer. On pouvait déjà voir son érection à travers ses pantalons quand il a commencé à marcher au travers de la classe pour aller vers Snape ! » Au son de la voix de Draco Malfoy, Harry se retourna abruptement et vit son ennemi détesté décrivant à l'audience autour de lui l'incident de la classe. Tout le monde éclata de rire, y compris Malfoy, alors qu'il se mit à imiter Harry tout en poursuivant son récit. Après avoir pris une position ridicule, il leva sa main vers Goyle, pantelant et le regardant avec de l'adoration peinte sur son visage rêveur. « Tu as les plus magnifiques yeux au monde » Dit-il, reniflant grossièrement et sanglotant. « Prends-moi, Severus ! »
Les Serpentards explosèrent de rire si fort que Harry eut mal aux tympans. Malfoy riait tellement qu'il devait se raccrocher à Crabbe pour ne pas tomber.
Harry était submergé par la rage. Il voulait se précipiter sur Malfoy pour lui déchirer le sourire de son visage laid et suffisant.
« Si Potter se pointe au dîner ce soir, » Draco hoqueta, tentant de reprendre son souffle, « Il regrettera le jour où il est né ! »
De la sueur froide apparut sur le front de Harry. Se répétant qu'il devrait tempérer ses émotions, il s'arrêta dans un coin, clos ses yeux et couvrit ses oreilles.
Il fallait qu'il se calme. Il ne pouvait pas se révéler maintenant. Ils le mangerait tout cru. Son désir d'enlever cet air suffisant du visage de Malfoy n'était rien comparé à la honte qu'il ressentait, et en se remémorant sa lamentable performance du jour qui avait également joué un rôle majeur. Il était trop faible pour affronter cela. Oui, c'était vrai, il avait combattu Voldemort en face à face quatre fois, mais Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom était juste un sorcier désirant lui faire du mal à lui et à ses êtres chers. Désormais, Harry ne devrait pas uniquement se battre contre l'école entière, mais également contre sa propre honte et humiliation. Son estime de lui-même était un adversaire beaucoup trop redoutable.
Il voulait disparaître, se dissoudre dans l'air. Devenir invisible pour toujours.
Jamais plus il ne pourrait comparaître devant quiconque. Il imagina quitter Poudlard. Mais pour aller où ? Poudlard était sa maison. Il ne pouvait pas la quitter. Il n'avait pas d'autre endroit où aller.
Harry prit plusieurs profondes inspirations, essayant de maîtriser l'orage nerveux à l'intérieur de lui, puis il ouvrit les yeux. Les Serpentards qui avaient encore quelques rires, se dirigèrent vers la Grande Salle. Harry soupira avant de se traîner jusqu'aux dortoirs.
« Harry ? T'es là ? » Le murmure de Ron se fit entendre dans le silence qui régnait jusqu'alors dans les dortoirs.
Harry toucha gentiment le rideau de son baldaquin. Ron jeta un coup d'oeil au relief que cela créa et se dirigea vers le lit de son ami.
« Je t'ai apporté un peu de nourriture, vieux. » Ron tenait un plat entier entre ses mains. La main de Harry émergea du néant, attrapa de quoi manger et disparu à nouveau sous la cape d'invisibilité. Quelques bruits de déglutition, et de lèvres claquées. Ron s'assit sur le lit, attendant patiemment jusqu'à ce que son ami ait terminé de manger. Quand Harry lui redonna le plat, murmurant un 'merci', Ron s'éclaircit la gorge et demanda : « Comment tu vas ? Bien ? »
Pendant un moment, seul le silence lui répondit.
« Mis à part que tout le monde pense que je suis gay doublé d'un taré pervers, tout va bien. »
Ron rougit et dit rapidement : « Hermione essaie d'arrêter les gens d'en parler, mais ils ne veulent pas. »
« Merci, Ron. C'est très réconfortant. » La voix de Harry était neutre, de façon inhabituelle.
Ron essaya pourtant de penser à quelques paroles encourageantes à dire, mais il n'en trouva pas une. Hermione était toujours meilleure dans ces situations, mais présentement elle n'était pas là et Ron était embarrassé. Après quelques minutes de silence maladroit, il prononça timidement : « On est avec toi. Hermione et moi. Et quelques autres personnes. Ce ne sont pas tous des branleurs comme Malfoy et son groupe de merdeux. Et comme Dean et Seamus, qui se foutent toujours de ta gueule. Si je pouvais, je...- »
« Okay. » L'interrompit Harry. « Tu n'as pas besoin de me réconforter. Tu n'as pas besoin non plus de rester assis avec moi. »
« On est frères, je peux pas te laisser tout seul. » Harry ne répondit pas. « Comment va ta main ? »
« Plutôt bien. » Répliqua Harry rapidement. « Le sang a arrêté de couler et ça ne fait plus autant mal. »
« Ok, bien... Hermione connaît quelques sorts de guérison, mais peut-être que ce serait mieux si tu allais voir - »
« Non ! » L'interrompit-il d'une voix nette et tranchante. « On a déjà parlé de ça. »
Soudainement la porte craqua brièvement.
« A qui tu parles ? »
Neville entra dans la pièce. Ron s'empressa de sauter du lit de Harry.
« A personne ! » Répondit le jeune Weasley, faisant semblant de chercher quelque chose au sol. « Je n'arrive pas à trouver mon échiquier sorcier. »
« Harry est là, n'est-ce pas ? »
Ron était pétrifié. « Qu'est-ce qui te fait dire ça ? » Il essayait d'avoir une voix indifférente et naturelle, mais Neville ne l'écoutait déjà plus. Il se tint devant le lit de Harry, le fixant intensément, comme s'il calculait quelque chose.
« Harry, si tu es là, je voudrais que tu saches que je te crois. Snape voulait juste t'humilier. Il a probablement mis quelque chose dans cet élixir, tu... tu sais... » Des rougeurs apparurent sur ses joues. « Il t'a toujours détesté. Tu aurais dû voir comme il regardait intensément ta place vide au dîner. Il veut sûrement continuer de te faire payer. Mais ne t'inquiète pas. » Neville sourit, embarrassé. « Tu nous as nous. Je te crois. Luna te croit. Et quelques autres personnes aussi. »
Neville se trémoussa un moment, comme s'il voulait dire autre chose, mais il se retourna et se dirigea vers la sortie.
« Merci, Neville. » Chuchota Harry.
Harry courrait comme un dératé à travers les couloirs de Poudlard.
Il ne voulait pas être en retard pour ses cours. Il essayait de courir aussi vite qu'il le pouvait, mais c'était comme si une barrière invisible l'empêchait d'avancer. Ses mouvements étaient si lents et limités qu'il avait l'impression d'être sous l'eau. Mais il savait qu'il ne pouvait pas arriver en retard ! Il devait le faire, qu'importe ce que c'était !
Il bougea ses pieds aussi vite qu'il le put, mais c'était comme s'il s'était transformé en tortue.
Soudainement, un gigantesque mur grandit juste derrière lui. Le mur bloquait toutes les issues du corridor, allant d'un côté à l'autre. Sachant qu'il n'y avait pas d'autre chemin, il sauta et s'accrocha au mur. Puis, transpirant d'effort, il grimpa jusqu'au sommet. Quand il sauta de l'autre côté, il vit qu'en bas il y avait un vide angoissant sous ses pieds, un sombre et profond abysse au dessus duquel il y avait un pont branlant retenu par quelques cordes. Il se dirigea vers lui, s'accrochant aux cordes, sachant que celles-ci étaient les seules choses qui le retenait d'être englouti par l'abîme intense en dessous de lui. Doucement, il se mit à le traverser. Alors qu'il était au milieu, il sentit un souffle d'air chaud et, après un moment, une colonne de feu apparut soudainement juste à côté de lui. Il hurla, horrifié, s'agrippant aux cordes fermement tout en fermant les yeux alors que le pont commençait à trembler dangereusement. Puis un dragon norvégien à crête, énorme, terrifiant et hurlant s'envola du plus profond des ténèbres. Harry se figea d'horreur et fixa la bête dans les yeux. Au moment où le dragon ouvrait sa bouche pour exhaler du feu et le réduire en tas de cendre, la voix de Hagrid se fit entendre depuis en haut :
« Norbert ! Où es-tu, sale bête ! »
La bouche du dragon se ferma alors que Norbert déployait ses énormes ailes et s'en allait. Harry soupira de soulagement. Aussitôt que les cours seraient terminés, il aurait une conversation avec Hagrid et insisterait sur le fait que ce n'était vraiment pas une bonne idée de garder un énorme dragon souffleur de feu à l'intérieur du château !
Il traversa le reste du pont sans autres surprises majeures mais, au bout du chemin, un escalier sans fin qui s'enfonçait vers le bas et disparaissait quelque part dans l'obscurité l'attendait. A l'instant où Harry posa son pied sur la première marche, l'escalier se métamorphosa en une surface plane et inclinée vers le bas. Et dans un cri perçant, Harry glissa sur ses fesses droit vers les profondeurs obscures. Il atterrit sur le plancher d'une salle sombre dans un bruit sourd. La seule lumière venait d'une torche accrochée au mur.
Il se trouvait dans les cachots. Qu'est-ce qu'il faisait là ? Il devait se dépêcher d'aller en cours de Métamorphose.
Alors qu'il pensait cela, une silhouette se matérialisa derrière lui et une main lui couvrit la bouche. Harry essaya de crier, mais aucun son ne sortit. Il sentit de fortes mains le soulever et le coincer contre un mur. Un corps extrêmement froid se colla contre son dos et Harry réalisa soudain qu'il était nu. Il grogna lorsqu'une seconde main agrippa fermement son pénis et commença à le caresser. A cet instant, son corps sembla exploser en plusieurs milliers d'éclats scintillants, fourmillants, brûlants tous ses nerfs, emportant sa vigueur au loin et le laissant affaibli. Il sentit ses jambes pendre sous lui, mais il se rattrapa aux crevasses dans les pierres du mur avec ses doigts avant de tomber. Soudainement, il sentit un souffle chaud sur sa nuque et une morsure douloureuse sur sa clavicule. Il gémit silencieusement alors que son pénis frissonna violemment. Il rassembla toute sa force pour essayer de se libérer, mais il en était incapable. Il se sentait faible et vulnérable, et la main, qui bougeait de plus en plus vite sur son érection palpitante, lui donnait des sueurs froides qu'il ne pouvait pas contrôler le long de son échine. C'était comme si un courant courrait à travers ses veines, le paralysant et lui ôtant toute sa volonté.
Il se mit à geindre de plaisir. Il appuya son front contre le mur froid du donjon et essaya de contrôler l'alternance entre les vagues chaudes et glacées à l'intérieur de son corps. Il se sentait comme s'il était en train de plonger dans un gouffre collant et étouffant, oubliant tout ce qui avait jamais été important pour lui. Et la seule pensée tangible qu'il avait, c'était la main fraîche qui caressait rapidement son pénis et mettait son corps ainsi que son esprit dans un état inimaginable d'intoxication. L'homme derrière lui le torturait avec des coups de langue lents, explorant l'espace derrière l'oreille de Harry, sa nuque et ses épaules. Chaque contact de la langue humide et chaude était comme une marque au fer rouge, une brûlure aiguë sur sa peau. Il était incapable de faire quoique ce soit. Le garçon se sentait comme une marionnette, dirigé par les mains et les lèvres d'un étranger, complètement impuissant dans ses bras.
Puis il entendit un murmure puissant et sinistre dans son oreille droite :
« Quand j'en aurais fini avec vous, vous ne serez rien d'autre qu'un tas de cendres. »
Harry songea qu'il ne faudrait plus qu'un court instant avant d'exploser dans les bras de l'homme et le pouvoir de cette explosion serait tellement impressionnant que le château lui-même serait secoué dans ses fondations. Il émit une douce plainte lorsque le corps derrière lui changea légèrement de position et que la main qui couvrait sa bouche bougea vers l'arrière de sa tête. Des doigts longs et fins se glissèrent dans ses cheveux et Harry haleta de plaisir, ses propres doigts étaient pris au piège entre la peau froide de l'homme et les pierres humides du mur, et la chaleur qui envahissait sa poitrine se propageait lentement dans tout son corps. Il sentit des dents se planter dans son cou, ses cheveux furent violemment tirés alors que sa tête s'orientait vers le haut. Cela le fit souffrir, mais il ressentit un plaisir impensable qui le frappa comme un coup de fouet et le jeta contre le mur.
« Je constate que vous aimez la douleur. » Ce n'était pas une question, mais Harry acquiesça, jouissant du sentiment aiguë qui courrait dans ses veines comme une drogue. C'était même meilleur que le plaisir. Non, c'était le plaisir lui-même... Le plaisir à l'état pur.
« Parfait, » continua la voix sombre et rauque pendant que la main froide qui continuait de masturber son érection se figea soudainement et resserra sa prise avec force. « Parce que je vais vous causer beaucoup de douleur. »
Harry gémit, sentant un autre tiraillement puissant dans ses cheveux et, en ce même moment, il fut retourné et poussé durement contre le mur. Lorsqu'il regarda vers le haut, il vit des yeux démoniaques derrière lui et -
... et se réveilla s'exclamant rauquement. Son cœur battait la chamade, comme s'il essayait de s'échapper de sa poitrine. Son corps entier était en train de trembler alors que les vagues de plaisir dans sa cage thoracique disparaissaient progressivement. Il grogna encore un moment et enterra sa tête dans son oreiller, essayant d'empêcher ses émotions d'assaillir son corps. Quand Harry fut capable d'enfin se calmer et de brûler le reste de sensations délicieuses qui persistait, il ouvrit ses yeux et regarda le bas de son pyjama. Il vit sur la jointure une énorme auréole collante. Et quand il souleva l'ourlet de son habit, il vit que son abdomen était couvert de semence.
« Merde ! Merde ! Merde ! » Maudit-il silencieusement, regardant le désastre, paniqué. « ça ne peut pas arriver ! C'est impossible ! Fais chier ! »
Harry regarda le dortoir et ses camarades endormis qui sommeillaient paisiblement. Dieu merci il avait pensé à jeter un sort de silence autour de son lit avant de s'endormir.
Il retomba sur le coussin avec un soupir et ferma ses yeux hermétiquement. A l'intérieur de son esprit, les scènes de son rêve commencèrent à apparaître.
Harry se souvint des escaliers... et des donjons... et des yeux noirs sans fond...
Son cœur s'accéléra.
Non, ça ne peut pas être vrai !
« Harry ! Harry ! Réveille-toi ! » Harry sentit une secousse ferme sur son bras et entendit la voix de Ron à travers le nuage laiteux et dense du sommeil, troublant son esprit endormi. « Nous sommes tous allés déjeuner. Habille-toi et viens. »
« Je ne vais nulle part. » Dit le Gryffondor, ramenant les couvertures sur sa tête.
« Sois pas idiot, mec. Après tout, il faut que tu manges quelque chose. »
« Apporte-moi de la nourriture ici, comme hier. »
« Mais Harry - » Commença Ron, mais Harry le coupa d'une voix forte :
« Ron, s'il te plaît ! »
Le rouquin ferma sa bouche et acquiesça. Avant que Harry n'ait l'occasion de sortir du lit, son ami avait disparu.
Alors qu'il se préparait, Harry songea à la façon qu'il devrait vivre à partir de maintenant. Il n'y avait aucun moyen au monde pour qu'il puisse simplement marcher librement à l'intérieur du château désormais. Pour tout ses cours, il devrait avoir sa cape d'invisibilité et la retirer au dernier moment avant d'arriver en classe, juste à temps pour être admit par le professeur pour la leçon. Ron et Hermione pourrait lui procurer ses repas. Et pour le Quiddich... C'était le plus gros problème de Harry. Le Quiddich était sa plus grande passion mais comment pourrait-il désormais regarder les membres de son équipe dans les yeux ? Il pourrait se trouver une excuse. Peut-être que s'il leur disait qu'il avait attrapé froid et qu'il ne pourrait plus participer aux prochains entraînements ? Et jusqu'au prochain match la situation pourrait se calmer et il pourrait alors y participer. Si toutefois, bien sur, il n'était pas exclu de l'équipe parce qu'ils pensent que Harry veut baiser le professeur le plus détesté de l'école. Mais peut-être que les entraînements manqués seraient une raison suffisante pour l'exclure également...
Harry s'assit au bord de son lit en soupirant.
Tout ça c'était la faute de Snape ! Ce fils de pute graisseux avait complètement bousillé sa vie! Jamais il ne lui pardonnerait pour cela. Il trouverait un moyen de le renvoyer à Snape, et à ce moment-là ce connard regretterait toutes les paroles vicieuses, tous les commentaires mauvais qu'il a jamais prononcé à l'encontre de Harry depuis toutes ces années. Personne ne serait capable d'enrager pareillement Harry si ce n'est Severus Snape ! Rien que d'entendre le nom de Snape faisait bouillir le sang de Harry. La simple pensée qu'il puisse jamais désirer un tel homme huileux comme Severus Snape était ridicule !
A l'intérieur de la tête de Harry apparu une image de deux iris sombres et insondables qu'il avait vu dans son sommeil... Le simple souvenir de cette image suffit à lui donner chaud et à lui faire prendre quelques rougeurs au niveau des joues.
Ça n'a pas pu être lui.
Non, ça ne l'était pas.
De plus, le souvenir du rêve était si vague que quand Harry s'était réveillé, il s'était demandé s'il l'avait vraiment rêvé ou juste imaginé. Quoiqu'il en soit, visiblement tous les jeunes hommes de son âge se réveillaient parfois dans cet état... et le sujet du rêve n'avait pas d'importance... Pas vrai ?
Des bruits de pas dans les escaliers interrompirent les pensées de Harry. Effrayé, il sortit rapidement sa cape d'invisibilité et l'enroula autour de lui, mais ce n'était que Ron qui lui avait rapporté du petit-déjeuner. Harry mangea rapidement et marcha jusqu'en classe de Métamorphoses avec la cape de son père fermement serrée autour de lui.
Il ne pouvait pas dire qu'il était nerveux, ou même effrayé, avant sa première rencontre avec les autres étudiants, mais il décida de ne pas leur donner la chance de le troubler. Le moment où le Professeur McGonagall apparut, Harry enleva rapidement sa cape, la mit dans son sac de cours, pris quelques inspirations profondes et sauta hors de sa cachette pour courir dans la classe à l'instant où McGonagall fermait la porte derrière le dernier étudiant. L'enseignante le regarda, surprise, mais ne commenta pas son arrivée subite. Néanmoins, auprès des autres élèves, son apparition causa une excitation considérable. Tout le monde le dévisagea et murmura des choses entre eux, couvrant leur bouche et étouffant occasionnellement un rire.
«Qu'est-ce qui se passe ? » Trancha la voix acérée du professeur McGonagall, interrompant les murmures qui assaillaient sa salle de classe. « Silence ! Asseyez-vous et sortez vos livres. »
Pour la première fois de sa vie, Harry fut reconnaissant que McGonagall soit un professeur sévère et ne tolère pas les bavardages dans son cours. Il s'assit à côté de Ron, essayant de ne regarder personne en particulier, spécialement personne du côté des tables de Serpentard. Il savait que si Malfoy essayait de le provoquer avec quelque chose, il finirait par perdre son sang-froid et ferait quelque chose de stupide. Le souvenir de ce que Malfoy avait dit la veille dans les corridors était encore frais dans son esprit, et Ron lui avait dit que durant le souper et le petit-déjeuner les Serpentards étaient en train de compléter leurs chansons 'amusantes' sur lui et Snape. Harry n'avait pas envie de savoir ce qu'ils avaient inventé.
Durant le reste de la leçon Harry se demanda comment il pourrait faire avorter son cours de Potions. Il préférerait encore mourir plutôt que d'aller demander à Snape. Il ne voulait pas avoir à faire quoique ce soit en rapport avec ce bâtard. Le meilleur, ce serait s'il n'avait plus jamais avoir à voir cet énorme nez graisseux et ces lèvres fines tordues en un rictus sarcastique.
Cependant il savait qu'il avait besoin du cours de Potions pour devenir un Auror. Mais il y avait des tas d'autres carrières dans le monde sorcier dans lesquelles il pourrait être bon. Il pourrait devenir joueur de Quiddich professionel... pour quoi il n'aurait définitivement pas besoin des Potions.
La pichenette de Ron le tira de ses pensées. Il regarda vers le haut pour constater que McGonagall était en train de le regarder avec une expression consternée sur le visage.
« Peut-être que Monsieur Potter pourrait arrêter de nager dans les nuages et pourrait revenir à nos leçons ?
« Désolé. » souffla Harry, baissant ses yeux vers le pupitre. Des murmures malicieux étaient audibles autour de lui.
« T'es en train de rêver de Snape, Potter ? » C'était la voix de Seamus.
« La ferme ! » Siffla Harry. Seamus et Dean commencèrent à pouffer et Harry finit par rougir furieusement.
Pendant la leçon de Métamorphose, changeant des escargots en linges de ménage – ce à quoi il ne pouvait voir aucun intérêt pratique, vraiment – Harry se trouva lui-même trop distrait pour se concentrer intensivement. Le brouhaha qui accompagnait les exercices pratiques était l'opportunité idéale pour les étudiants de parler de Harry, et de temps à autres divers commentaires dégoûtants et déroutants l'atteignirent. Ron et Hermione prirent place de chaque côté de Harry, comme des gardes du corps personnels, et réfutaient toutes les provocations qui concernaient leur ami. Harry était reconnaissant envers eux pour cela. Avec toutes les remarques vicieuses qui lui avaient été transmises par ses anciens amis, il sentait pousser en lui un profond sentiment d'irritation. 'L'amant de Snape', 'La pute de Snape' – c'étaient les termes les plus polis avec lesquels ils l'insultaient.
La main de Harry tremblait alors qu'il essayait de métamorphoser son escargot.
« Harry, dit à McGonagall, » La voix de Hermione était presque plaintive. « Elle stoppera tout cela. »
« Non ! » Vociféra Harry, essayant de se focaliser sur le sortilège.
Il rêva que la leçon était terminée et que tout le monde lui fichait enfin la paix. Il voulait juste courir au loin et se cacher dans les dortoirs. Le garçon décida qu'il n'irait à aucune autre leçon. Il ne voulait plus donner d'opportunités de l'humilier aux autres étudiants.
Le bruit d'un 'knock' à la porte brisa le bruit qui dominait la salle de classe. McGonagall alla l'ouvrir, parla brièvement avec la personne qui se tenait derrière elle, puis elle dit aux étudiants : « Je reviens dans quelques minutes. Poursuivez vos leçons. » Elle jeta un regard sinistre à la classe et sortit de la pièce.
Aussitôt que la porte fut fermée derrière elle, Harry se tendit et gémit « Oh, non... »
« Potter ! » Harry se figea, entendant la voix de Draco Malfoy d'où il était assis de l'autre côté de la pièce. « Où t'étais passé tout ce temps ? Caché dans les donjons de Snape ? »
« Ta gueule Malfoy ! » Aboya Ron, mais le blond l'ignora complètement.
« Qu'est-ce que tu étais en train de faire ? » Continua le Serpentard, souriant malicieusement. « Est-ce que Snape a satisfait tes fantasmes de pervers ? »
Harry sentit une montée de honte et de haine. Il vit autour de lui les visages amusés, prenant plaisir à cette scène alors que les Serpentards étaient en train de l'humilier.
« Dis-nous comment c'était quand il t'a pris. » Poursuivit Malfoy, chacun de ses mots étaient comme une blessure faite au cœur de Harry qui chauffait déjà en signe de revanche. « C'était comme dans tes visions ? Il t'enculait et tu regardais ses yeux noirs et excités, suppliant pour plus ? »
Les rires autour de lui s'amplifièrent et Malfoy sourit juste, satisfait de lui-même. La seule chose que Harry ressentait pour lui en ce moment, c'était de la haine flamboyante.
« Potter, dis-nous, comment c'est quand tu suces la queue de Snape ? Est-ce que son sperme a le même goût que les potions ? »
Tout devint sombre autour des yeux de Harry. Il n'entendait rien en dehors de la voix de Malfoy, et ne voyait que lui. Il sentit une brûlure dans le coin de ses yeux. Ron et Hermione le regardaient, inquiets.
« Potter, montre-nous comment tu gémissais son nom » Malfoy ferma les yeux et lança sa tête en arrière. « Oh, Severus, baise-moi... juste comme ça... Plus fort ! Ah ! »
Les rires, qui brisaient tout dans toute la salle de classe, n'étaient rien comparé au hurlement de rage qui avait conquit l'esprit de Harry et qui s'échappait de sa bouche. Dirigé par son instinct et oubliant complètement tout le reste, Harry sauta et fit basculer sa chaise, pris quelques pas d'élan et s'élança à toute allure contre le Serpentard blond. Malfoy cria de surprise alors qu'il décollait du sol pour atterrir plus loin sur le plancher avec Harry au-dessus de lui, menaçant. Harry était aveuglé par sa haine brûlante. Il ne ressentait rien en ce moment à part le désir de meurtre. Il désirait détruire Malfoy, écraser son crâne, lui arracher les yeux, briser ses os ! Il se battit inconditionnellement alors que la bête à l'intérieur de lui hurlait, jouissant de la peur et de la douleur qui émanait de Malfoy. Les blessures sur ses mains se rouvrirent quand il frappa le nez du Serpentard duquel s'écoula une grande quantité de sang. Au même moment, le poing de Malfoy frappa la mâchoire de Harry en défense, et le Gryffondor avait désormais le goût métallique du sang dans la bouche. Autour de lui, il entendait des cris et des exclamations surprises, mais ils semblaient venir de très loin. Malfoy agrippa ses cheveux quand la main de quelqu'un le saisit par derrière et essaya de le tirer loin de sa cible.
« Harry, arrête ça ! » Le cri terrifié de Hermione parvint à ses oreilles.
Harry se tordit et s'échappa de la prise puis sauta à nouveau dans la direction du Serpentard trempé de sang, mais une barrière fut créée entre eux que Harry ne pouvait pas franchir.
Un silence soudain régna sur la classe.
Harry se détacha du sol, essoufflé, et regarda vers la porte. A l'entrée se tenait le Professeur Mcgonagall avec sa baguette levée et une expression terrorisée mêlée à de la rage sur son visage.
« Que tout le monde excepté Monsieur Potter et Monsieur Malfoy quitte cette pièce immédiatement ! » Sa voix tremblait d'indignation. « Partez ! »
Les étudiants, sans un mot, rassemblèrent leurs affaires et se dépêchèrent de sortir de la salle de classe. La respiration de Harry revint lentement à la normale alors que l'adrénaline dans son système subsistait. Il sentit alors une douleur fulgurante sur sa main droite. Il sentit également du sang s'écouler de ses lèvres. Malfoy, tenant son nez qui saignait abondamment, se leva lentement du sol.
McGonagall marcha rapidement vers son bureau, s'assit derrière et observa les deux étudiants avec un regard menaçant.
« Est-ce que quelqu'un peut m'expliquer ce qu'il s'est passé ? »
Harry regarda le sol et serra les poings.
« Bodder est darré. » Dit Malfoy. « Il s'est jeddé sur boi sans aucude raison et a essayé de be duer. »
« Vraiment ? » McGonagall regarda Malfoy sévèrement, comme si elle doutait de son innocence. « Potter, expliquez votre attaque sur Monsieur Malfoy. »
Harry resta obstinément silencieux, essayant de ne pas la regarder dans les yeux. Il ne pouvait pas penser à une quelconque excuse et de toute manière, McGonagall ne croirait certainement pas n'importe quel mensonge qu'il pourrait inventer. Il s'était jeté sur Malfoy et avait cassé son nez. Aucune excuse ne pouvait le tirer du trouble dans lequel il se trouvait.
« Potter, je t'ai posé une question ! » La voix de McGonagall était aussi tranchante d'un rasoir. Quand Harry poursuivit son mutisme, l'enseignante pinça les lèvres. « Très bien, si vous ne voulez pas vous expliquer je ne vais pas vous forcer. Cependant, ce n'est absolument pas le genre de comportement que j'attends venant d'élèves de sixième année. Ce qui est arrivé aujourd'hui durant ma leçon, c'est un comportement inacceptable et répréhensible ! Surtout en mon absence ! Vous avez tous les deux enfreint au moins cinq règles de cette école et devriez vous sentir honteux ! Cinquante points seront retirés de vos maisons ! Monsieur Malfoy, allez à l'infirmerie s'il vous plaît, et vous arrangerez ensuite un moment avec le Professeur Snape pour votre retenue. Vous êtes exclus des leçons pour la journée. »
Malfoy tourna les talons, lança un regard énervé à Harry, comme s'il disait 'Je n'en ai pas encore fini avec toi... ' puis il quitta la salle de classe.
« En ce qui vous concerne, Potter, » La voix du professeur McGonagall se fit plus sévère encore. « Je ne sais pas ce qui vous a poussé à un tel désespoir pour vous jeter sur un autre étudiant durant ma leçon, mais en laissant de côté cette raison, vous vous êtes comporté honteusement et vos actions étaient une disgrâce à la Maison de Gryffondor. »
Pendant tout son discours, Harry était en train de regarder fixement un endroit sur la moquette.
« Maintenant, » Sortit l'enseignante, « Allez à l'infirmerie, puis allez voir Monsieur Rusard en ce qui concerne votre retenue. Compris ? »
Harry acquiesça lentement et se tourna pour quitter la pièce. Puis une idée lui vint.
« Professeur... » Dit-il doucement. « Puis-je vous poser une question ? »
McGonagall le regarda par-dessus ses lunettes. « Quoi donc ? »
« J'aimerais arrêter le cours de potions. » Déclara Harry. « Pourriez-vous aller voir le Professeur Snape et le convaincre de me donner la permission d'avoir une exemption de sa classe ? »
Les sourcils de McGonagall tremblèrent un instant avant que l'un d'entre eux ne s'élève. « Vous n'avez pas de cours de Potions avant lundi. Avant cela - »
« Non ! » L'interrompit Harry. « Je veux dire, je n'ai plus envie d'y aller du tout. J'aimerais le remplacer par une autre branche. »
Un silence perdura quelques instants.
« Je ne vais pas vous demander pourquoi vous en êtes arrivé à cette décision, Potter, parce que je suis certaine que je n'aurais pas de réponse. Néanmoins j'aimerais que vous réalisiez que si vous abandonnez le cours de Potions, vous ne serez pas permis d'être un Auror. Vous êtes bien sûrs que vous voulez faire cela ? »
Harry acquiesça, grinçant des dents.
« Vous êtes certain de ne pas vouloir y réfléchir encore une fois ? » Il y avait une intonation d'espoir dans la voix de McGonagall.
« Non, c'est ma décision finale. »
Le professeur réfléchit un instant, examinant les yeux de Harry, puis déclara tranquillement « Très bien, je vais en parler avec le Professeur Snape. Vous pouvez partir. »
Harry ne se rendit pas à l'infirmerie. Il voulait éviter les questionnements désagréables concernant sa main blessée. Il passa l'après-midi et la soirée dans son dortoir, excepté lorsqu'il se rendit chez Rusard pour sa retenue. Harry avait prévu avec le concierge qu'il nettoierait tous les placards de l'école durant le week-end une fois que sa main aurait guéri suffisamment.
Pendant le souper, Hermione vint le trouver et lui dit que Hagrid lui avait demandé ce qu'il se passait et pourquoi il ne s'était pas montré depuis plusieurs repas.
Ron apparut quant à lui dans la soirée, après le souper, l'informant que McGonagall voulait lui parler.
Harry sortit sa cape d'invisibilité et l'enroula autour de lui, puis se précipita vers le bureau de son enseignante avec son coeur qui battait puissamment.
Il espéra que Snape avait accepté. Après tout, il avait toujours détesté Harry et voulait s'en débarrasser à tout prix. Il était probablement très heureux que son rêve devienne enfin réalité.
Harry retira sa cape et cogna à la porte. La directrice de sa maison l'invita à entrer et lui ordonna se s'assoir.
« J'ai parlé avec le Professeur Snape. » Commença-t-elle en regardant Harry du dessus de ses lunettes. « Il était très indigné que vous vouliez arrêter ses cours et a catégoriquement refusé votre demande. »
« Quoi ? » Harry était sans voix. Lorsqu'il regarda McGonagall, il vit qu'elle aussi était surprise.
« Eh bien, Potter, je crains que je ne puisse faire grand chose de plus pour vous. Si vous voulez, vous pouvez essayer de le convaincre par vous-même. Le Professeur Snape m'a laissé entendre qu'il voulait vous voir pour en parler avec vous. »
Harry se tendit violemment à la pensée de se retrouver seul avec Snape.
Jamais !
Il se traîna jusqu'aux dortoirs, absent et essayant de faire sortir ces choses de sa tête.
Pourquoi Snape n'avait-il pas approuvé sa volonté d'arrêter ses cours ? C'est ce qu'il avait toujours souhaité.
Harry s'arrêta un moment.
Mais bien sur. C'était évident ! Maintenant il voulait le harceler pendant les cours ! L'humilier encore plus. Et pourquoi pas, finalement ?
Il ne serait plus jamais capable de faire face cet homme. Plus jamais. Harry rougit de honte et d'embarras. Comment, après tout ce qu'il s'était passé en classe, pourrait-il ne serait-ce que parler avec Snape normalement ? Le jeune homme préférerait encore laisser les jumeaux Weasley essayer leur marchandise sur lui plutôt que de rencontrer Snape seul.
A la seule pensée d'une rencontre Harry se sentit faible et les battements de son coeur s'accélérèrent.
Il allait devoir continuer de suivre les cours de Potions. Il n'avait pas d'autre choix. Il allait devoir se rendre en classe et juste faire avec.
A suivre...
Voilà voilà, j'espère que ce deuxième chapitre vous aura plu. Dans le prochain, c'est le grand retour de Snape et leur première confrontation depuis l'incident.
N'oubliez pas d'aller dire à ArielGobuss que vous avez aimé leur histoire, je vous assure que ça leur fera plaisir.
A tout bientôt et merci d'avoir lu !
K.
*Broken, de Lifehouse.
