Bonjour à tous!

Désolée d'avoir mis tant de temps (je sais avec moi la notion de temps est relative xD) pour écrire la suite des aventures de nos deux z'amoureux! J'ai été pas mal débordée ces derniers temps (ce n'est pas un mal un soi), et en plus mon petit bout m'a fait la scarlatine (ça, par contre, c'est moche!)

Bref! Je ne suis pas là pour vous raconter ma vie mais pour poser ce nouveau chapitre qui, je l'espère, vous plaira!

Bonne lecture,

BabyD

CHAPITRE 17

Il faisait étonnement beau ce matin, et Harry avait passé une excellente nuit. Oui, il avait dû user de sa main en retournant aux dortoirs des Gryffondor, non, il n'aimait pas cela plus qu'avant, mais au moins son esprit ne vagabondait plus vers l'inconnu. Quand il avait compris que son érection ne finirait pas par partir toute seule comme par magie, il avait décidé de prendre littéralement les choses en mains. Maintenant qu'il connaissait le goût des lèvres de Malefoy, de Drago, la caresse de ses longs doigts, ils n'avaient eu aucun mal à les imaginer, il était presque même parvenu à croire que les doigts qui le tenaient fermement n'étaient pas les siens mais ceux de celui qui l'obsédait. Il s'était tant mordillé les lèvres pour ne pas gémir son nom entre deux coups de poignet qu'il en avait rouvert la blessure que l'accusé lui avait infligée.

Il passa une nouvelle fois la langue sur la plaie alors qu'il avançait dans les couloirs de Poudlard. Il fallait qu'il parvienne à convaincre Drago que leur relation n'était pas vouée à l'échec, qu'ils pouvaient faire un trait sur leur passé de conflits et de haine. Bien sûr, il savait que tout ne serait pas rose, mais ils devaient tenter leur chance. Leurs corps vibraient au même diapason : ils avaient envie l'un de l'autre. Mais c'était bien plus que physique, Harry en était certain. Il devait en convaincre Drago aussi… Drago… Qui avait gémit son prénom… Harry sentit ses joues s'empourprer.

Il lui fallait se ressaisir, il ne pouvait décemment pas se rendre dans la Grande Salle au garde-à-vous devant tout le monde ! Alors qu'il descendait les dernières marches de l'escalier qui menait au vestibule, il percuta quelqu'un de plein fouet, un quelqu'un qui tomba à la renverse dans un petit cri de stupeur.

— Oh, pardon ! J'étais perdu dans mes pensées ! baragouina Harry en se précipitant sur l'élève qu'il avait envoyée au sol.

— Ce n'est pas grave, murmura celui-ci en se redressant difficilement.

Harry était déjà accroupi à côté d'elle, l'aidant à s'asseoir, quand il la reconnut. Un beau brin de jeune fille appartenant à la maison des Serpentard : la nouvelle copine de Drago. Il fit la grimace malgré lui avant de se ressaisir. Que Drago veuille se voiler la face en sortant avec elle n'était en rien la faute de cette fille, bien au contraire. Comme toujours le Serpentard ne pensait pas aux dommages collatéraux de ses plans foireux.

— Non, je suis vraiment désolé, insista-t-il en l'aidant à se relever. Je suis vraiment maladroit et complètement tête en l'air.

Elle lui offrit un petit sourire, alors qu'elle remettait de l'ordre dans sa tenue.

— Ce n'est pas entièrement de ta faute, admit-elle, en rougissant légèrement. J'étais aussi perdue dans mes pensées.

À la coloration framboisée de ses joues, Harry n'eut pas de mal à imaginer à qui elle pouvait bien penser. Il soupira lourdement. C'était un bien vilain tour du destin : deux personnes complètement obnubilée par le même être, partageant sûrement les mêmes pensées à son égard, se percutant violemment. Toute l'histoire de sa vie.

— Et moi qui pensais que c'était la vue du grand Harry Potter qui t'avait fait défaillir ! plaisanta-t-il, un peu nerveux.

Il avait l'habitude de plaisanter sur ce sujet avec ses amis, surtout quant à sa taille (mieux valait être celui à se moquer de ses défauts, plutôt que d'attendre que d'autres le fassent), mais en général, il se limitait à la maison des Gryffondor qui était plus encline à goûter à cet humour. Mais là gêne qu'il ressentait en présence de Katarina l'avait poussé à parler malgré lui.

Katarina en resta comme deux ronds de flan, avant de cacher timidement sa bouche derrière sa main alors qu'elle s'esclaffait. Par le rire de Morgane ! Il avait amusée une Serpentard, et pas n'importe quelle Serpentard ! La copine de Drago ! Le timbre de sa voix était à peine aigu, agréable à l'oreille, et les petites fossettes qui étaient nées sur ses joues étaient très jolies. Il pouvait comprendre que Drago soit intéressée par elle : elle avait l'air d'être une fille sympathique et agréable. Le monde puait !

— Par Merlin, Potter ! s'exclama-t-elle, les larmes aux yeux. Tu es drôle !

— N'aie pas l'air si surprise ! C'est vexant ! rit-il à son tour.

— Désolée, Potter…

— Tu peux m'appeler Harry, tu sais.

— Alors, tu peux m'appeler Katarina, sourit-elle, en lui tendant la main. Tout le monde dit, enfin les Serpentard, que tu as la grosse tête… Mais, en fait, tu es drôle et… gentil.

— Et maladroit, ajouta-t-il en lui serrant la main.

— Et maladroit, confirma-t-elle, les yeux toujours rieurs.

Mince, il la trouvait vraiment très sympathique. Pourquoi le destin avait-il voulu qu'il croise la route de la fille qui sortait avec le garçon qu'il voulait pour lui ? Comment parviendrait-il à présent à sortir Drago de ses griffes (qu'il ne voyait plus comme des griffes) s'il la trouvait gentille ? Impossible. Il la connaissait à peine qu'il ne voulait pas lui faire du chagrin. Il était faible.

— Qu'est-ce que tu fais, Potter ? s'écria quelqu'un qui descendait les marches au grand galop.

— Blaise ? s'étonna Katarina. Harry et moi parlions…

— Vous parliez ? s'étonna Zabini, les yeux plissés (oui, c'était juste tellement incroyable qu'un Gryffondor et un Serptendar puissent parler ensemble sans essayer de se mutiler par sorts interposés !). Moi, ce que j'ai vu, c'est Potter en train de te draguer !

— Quoi ? s'écrièrent-il en chœur, le rouge aux joues.

— Mais non… reprit Katarina, désemparée.

— Pas du tout, tenta de se justifier Harry.

— Qu'est-ce qu'il y a Potter ? Aucune Gryffondor ne veut sortir avec toi alors tu essaies de trouver une victime dans les autres maisons ? Et tu as cru que tu pourrais sortir avec une Serpentard, sérieusement ? Et avec la copine de Drago, en plus ?

Zabini avait fait tant de grabuges que de nombreux élèves s'attroupaient dans le vestibule. La situation tournait au ridicule.

— Katarina est la copine de Drago ! répéta Zabini, le réprimandant d'un doigt accusateur.

— Katarina peut parler avec qui elle veut quand même, grinça Harry entre ses dents. Et je ne la draguais pas.

— Qui draguait Katarina ? demanda la voix traînante mais pas moins fielleuse de Drago, alors qu'il descendait les marches tel un prince pour les rejoindre.

— Je ne la draguais pas ! pesta Harry, en le regardant droit dans les yeux, le défiant de prétendre le contraire.

Drago se plaça devant Katarina, dans une posture défensive. Ils étaient tous deux, l'un face à l'autre, se juchant. Ils avaient les sourcils froncés et se dévisageaient comme prêt à se sauter dessus pour s'écharper. Tous les élèves attroupés autour d'eux suivaient la scène avec une curiosité morbide, attendant, apparemment, avec grande impatience, qu'ils en viennent aux mains ou à la baguette.

— Il la draguait, je l'ai vu, reprit Zabini. Il lui tenait même la main !

Harry vit rouge. Ce n'est pas à Drago qu'il referait le portait, non, il était trop joli pour ça, par contre, il n'en disait pas autant de ce Zabini de malheur qui ne cessait de mettre de l'huile sur le feu. Ils s'étaient juste serrés la main pour se présenter, par Merlin !

— Ce n'est pas du tout ça, reprit Katarina, visiblement gênée par toute cette attention. Drago, Harry n'a rien fait de mal… Il m'a juste aidé à me relever…

— Harry ? siffla Drago entre des lèvres pincées. Tu appelles Potter, « Harry » ?

Katarina blêmit visiblement, et les chuchotements de la foule reprirent de plus belle. Tous la considéraient déjà coupable. Coupable de quoi ? De s'être montrée agréable envers lui ?

— Quelle surprise ! gronda Harry. C'est juste mon prénom. Comment aurait-elle dû m'appeler ? Merlin ? Gabriel ?

Le regard d'acier de Drago se posa de nouveau sur lui.

— Elle n'aurait pas dû t'appeler du tout, lâcha-t-il, mauvais.

Oh, monsieur, se la racontait mâle alpha jaloux et possessif à présent ? Sale hypocrite, pensa Harry. Dois-je te rappeler que toi aussi tu m'as appelé Harry, et pas plus tard qu'hier ! Même mieux : tu as gémis Harry ! Il se rappelait la manière dont son prénom avait quitté les lèvres de Drago la veille, ce gémissement rauque et sonore qu'il avait arraché à sa gorge offerte. Non, il ne lui fallait plus penser à cela où il menaçait de s'en prendre physiquement à Drago en public, mais pas de la manière dont tout le monde semblait attendre.

— Bon, on arrête les conneries là, intervint Ron, son sauveur, qui avait fini par les rejoindre.

D'ailleurs, tout Poudlard avait bien dû les rejoindre à présent.

— Ne te mêles pas de cela, Weasley ! siffla Malefoy.

— Je me mêle de ce que dont je veux, répondit Ron, nonchalant. Harry n'a pas dragué Katarina, il ne draguerait jamais une fille !

Harry se tourna vers Ron, les yeux ronds. Drago le regarda, bouche bée.

— Une fille qui sort avec quelqu'un d'autre, se reprit rapidement son ami. Harry est loyal et droit, il ne draguerait pas quelqu'un qui est déjà en couple.

Harry déglutit péniblement. Ron lui donnait bien trop de crédit. Il n'était pas aussi bon que cela, il s'en rendait de plus en plus compte. N'avait-il pas décidé de lui-même que Katarina n'était qu'une couverture pour Drago ? Qu'il ne sortait avec elle que pour ne pas reconnaître ses sentiments envers lui ? Et il avait été tout disposé à les faire rompre, sans remord, sans vergogne. Qu'était-il devenu ?

Peut-être se trompait-il tout simplement ? Peut-être que tout cela n'était qu'un fantasme de sa part ? Peut-être que Drago ne ressentait pas du tout la même chose que lui ? Il avait répondu de manière enchanteresse à ses caresses, ses baisers, mais cela ne voulait rien dire dans le fond, juste un corps qui répond biologiquement à un stimulus. Qu'est-ce que Harry avait à lui offrir ? Qui était-il pour décider qu'il était mieux que Katarina ? Pourquoi cette dernière ne plairait-elle pas vraiment à Drago ? Elle avait tous les atouts, et c'était une fille.

— Potter draguait Katarina, reprit Zabini.

— Harry ne draguait pas Katarina, le contra Ron.

— Tu n'étais même pas là !

— Oui, mais je connais Harry !

Harry soupira. La situation lui échappait, c'était de pire en pire, et tout ce qu'il réussissait à faire c'était de se perdre dans l'acier du regard de Drago. Drago Malefoy l'avait détesté hier, il le détestait tout autant aujourd'hui et le détesterait probablement jusqu'à la fin des temps.

— Désolée, articula Katarina à l'attention de Harry, croyant probablement qu'il essayait de croiser son regard.

Drago la maintenait derrière lui, cachée derrière son dos robuste, un bras tendu devant elle comme pour empêcher Harry de lui bondir dessus et de lui faire subir les pires outrages. C'était bien la meilleur celle-là. Cette situation devenait de plus en plus rocambolesque. La seule personne qu'il avait envie de molester physiquement dans ce gigantesque château était l'abruti blond qui semblait réellement croire qu'il draguait sa copine, à présent. Quel message n'était pas bien passé : sa langue dans sa bouche ou sa main dans son pantalon ?!

Il fit un petit sourire en niant brièvement de la tête vers Katarina. Rien de tout cela n'était de sa faute. Harry se passa une main lasse sur le front.

— Harry ne la draguait pas !

— Harry la draguait !

Drago se tourna vers Zabini, perplexe.

— Toi aussi tu appelles Potter « Harry » maintenant ?

— Ma langue a fourché à cause de Weasley !

Harry n'en pouvait plus d'entendre Drago répéter son prénom, son prénom, comme si c'était la pire des souillures qui soit. Il en avait par-dessus la tête de cette conversation, ou plutôt de ce débat, complètement idiot.

— Bon, Harry Potter a dragué la copine de Drago Malefoy ou pas ? finit par demander une des élèves, préfet des Serdaigle, si Harry ne s'abusait, clairement complètement happée par ce drame scolaire.

Elle ne voulait pas non plus mâchouiller des dragées de Bertie Crochu pour passer un meilleur moment ?

— Il l'a draguée, éructa Zabini.

— Il ne l'a pas draguée, le contra à nouveau Ron.

— Il ne la pas draguée ! articula Harry dans un grondement sonore, agacé qu'on parle pour lui. Et si tu veux tout savoir, Blaise, Harry Potter peut avoir une conversation civilisée avec une Serpentard sans mourir sous la torture ou même sans avoir d'arrière-pensées salaces. D'ailleurs, flash spécial, il n'a jamais d'arrière-pensées salaces quand il parle avec une fille parce qu'il n'est pas intéressé par la gent féminine ! Du tout !

Ça y est : Harry Potter était sorti du placard. Personne ne pipa mot.

— Bien, maintenant que le malentendu est levé, tonna la voix du professeur MacGonagall qui les avait rejoints, quelque peu gênée, tout le monde dans la Grande Salle.

— Bonne idée ! s'écria Ron, en attrapant Harry par l'épaule. Je meurs de faim !

— Tu meurs toujours de faim, se moqua Hermione, en prenant Harry par le bras et en l'entraînant à leur suite.

Le regard d'Harry croisa brièvement celui de Drago qui était clairement resté sans voix. Si son message n'avait pas été clair cette fois-ci, plus rien ne le serait. Il s'était complètement dévoilé, il avait fait le choix d'affronter toutes les difficultés pour être lui-même. Si Drago ne voulait pas en faire de même, ou si tout simplement Drago ne partageait pas ses sentiments, il le saurait bien assez tôt.

Alors qu'il prenait place à la grande table, le professeur McGonagall posa une main brève mais ferme sur son épaule avant de rejoindre les autres professeurs. Tous les amis d'Harry prirent place à table, ne commentant pas ou lui faisant savoir que son homosexualité (la porte du placard était grande ouverte !) ne leur posait aucun problème. Hermione déballa même toute une liste d'illustres sorciers homosexuels étalant sa science pour laisser l'occasion à Harry de se remettre de ses émotions. Durant tout le petit-déjeuner il tritura son assiette, refusant de lever les yeux vers Drago. Il pouvait sentir le poids de son regard, mais il refusait de céder à l'envie de le regarder. Le souafle était dans son camp à présent.

Toute la journée était passée sans anicroches. Ses amis étaient restés auprès de lui, comme pour le protéger de toute tentative homophobe à son égard. Comme si de toute sa vie il n'avait eu à faire face à une hostilité quasi générale ! Harry se sentait quelque peu submergé, mais ne voulait pas rabrouer ces gestes amicaux et sincères.

— Dis, Harry, pourquoi tu as fait ton « coming out » comme ça devant tout le monde, tout à coup ? demanda Ron, alors qu'ils se préparaient à aller dîner. Je ne te critique pas, hein. C'est juste que je ne comprends pas. Je sais que j'ai failli faire une gaffe mais…

— Ce n'est pas à cause de ça, reconnut Harry. Mais il y a déjà tellement de secrets autour de moi. Je n'avais pas en plus envie d'ajouter cela. Je me suis dit que plus le temps passerait, plus ce serait dur pour moi de le reconnaître. J'ai saisi ma chance. Enfin, je crois.

— D'accord, sourit Ron. Si tu es content, alors je suis content. Et tu sais que personne ne pourra te faire du mal à cause de ça, ok ? On est tous là pour te défendre et te soutenir.

— T'es le meilleur, Ron, sourit Harry. Et je sais que je peux compter sur toi et les autres.

Ils sortirent de la salle commune accompagnés d'Hermione.

— Par contre, rassure-moi, reprit Ron. Le garçon pour qui tu craques… Ce n'est pas Zabini, hein ? Parce que tu avais l'air très remonté contre lui…

Harry éclata de rire à l'idée. Par contre, il eut un pincement au cœur à la seule idée de dire à son meilleur ami de toujours que le garçon dont il était amoureux était celui-là même qui avait fait de sa vie et de celle d'Hermione un enfer.

— Ron ! le gronda cette dernière. Harry a le droit d'être amoureux de qui il veut. Et qui que soit ce garçon secret, il a beaucoup de chance.

Le sourire chaleureux d'Hermione le rassura quelque peu, même s'il était quasiment convaincu qu'elle changerait de chanson quand elle apprendrait qu'il en pinçait pour Drago. Enfin, si elle l'apprenait un jour. Inutile qu'il mette de l'essence dans le feu pour rien.

Quand ils s'assirent à la grande table pour dîner, les hiboux arrivaient pour distribuer le courrier. Harry n'avait pas l'habitude de recevoir de correspondance à part son abonnement à Balai-Magazine, alors quand une grosse enveloppe rose atterrit dans son assiette où il venait de verser son porridge à la citrouille, il sursauta. L'enveloppe s'ouvrit avant qu'il n'ait pu mettre la main dessus. Une pluie de paillette lui explosa à la figure, et la Grande Salle éclata de rire. Harry, les lèvres pincées, tenta de rester calme. Il aurait dû se douter qu'il aurait le droit à ce type de blagues ridicules.

Pourtant, quand il eut fini d'essuyer ses lunettes, dont les verres étaient encore constellés de paillettes, il put voir qu'un message s'était formé devant lui : « Tu veux sortir avec moi ? » Il en resta bouche bée. Un nom était inscrit sur l'enveloppe, juste un nom : Benedikt Engelmann. Ron lui donna un petit coup de coude pour le sortir de sa torpeur et lui fit signe du menton de regarder la table des Poufsouffle. Là, un grand blond, le fixait avec un petit sourire aux lèvres. C'était un élève de cinquième année qu'il avait déjà croisé. Il lui fit un petit signe de la main pour lui assurer, sûrement, que la lettre était bien de lui. Il se fit gentiment chambrer par certains de ses camardes, et Harry rougit jusqu'aux oreilles. S'il s'était attendu à cela !

Il avait voulu mettre Drago devant le fait accompli, l'obliger à réfléchir à leur situation, et qu'avait-il en retour ? Une proposition d'un autre blond, plus jeune que lui, plus grand aussi, dont la blondeur n'avait rien à envier à celle du dragon de Serpentard. Harry rougit plus profondément à cette seule pensée et se mit à gigoter sur le banc.

— Il est plutôt mignon, dit Ron tout en s'empiffrant.

— Carrément sexy ! affirma Dean.

— Chaud comme la braise ! renchérit Seamus.

— Euh… très… joli, oui, intervint Neville pour ne pas être en reste.

— C'est vrai qu'il n'est pas mal du tout, sourit gentiment Ginny. En tout cas, pour un blond.

— Je préfère les blonds, reconnut Harry.

— Oh ! répondirent tous ses amis en chœur, des sourires de prédateurs sur les lèvres à présent.

Et Harry tenta de se faire tout petit, encore plus petit que d'habitude, face à cette révélation qu'il avait faite malgré lui. Avouer qu'il était gay était une chose, mais dire à tout le monde qu'il avait envie de manger un certain blond tout cru en était une autre.

— Arrêtez de le dévisager ! intervint Hermione en faisant les gros yeux à tout le monde. Je crois qu'il essaie de se creuser un trou pour se cacher, maintenant. Benedikt a été très courageux, tout comme Harry, alors, nous ne les embarrasseront pas ! De même, être les amis d'Harry, ne nous donne pas le droit de commenter ou de critiquer ses conquêtes !

— Conquêtes ? baragouina Harry.

— D'accord ! répondirent tous les autres.

Ils acquiescèrent aussi de concert, avant de se tourner comme un seul homme vers Benedikt Engelmann pour lui adresser de grands sourires et des pouces levés. Du genre : tu as le feu vert pour faire du rentre-dedans à notre meilleur pote ! Harry allait mourir d'embarras. Son « coming out » ne l'avait nullement gêné mais le comportement, trop solidaire, de ses amis risquaient bien de venir à bout de son courage légendaire.

Heureusement pour lui, il était bien trop loin de la table des Serpentard pour entendre Drago Malefoy maugréer un « dégoutant » virulent.